Bonjour/Bonsoir ! Je suis de retour ! Les vacances sont enfin là, ce qui veut dire beaucoup plus de fanfictions de mon côté.
J'avais fini de corriger ce chapitre vers fin mars, mais à cause de mes examens, j'ai du repousser sa publication. Le chapitre quatre est entièrement écrit tandis que le chapitre cinq est en cours d'écriture.
J'espère que vous apprécierez ce chapitre, bonne lecture à vous !
Gaolang ne savait pas comment réagir. Et au vu du visage de Saw Paing, lui non plus ne savait pas quoi faire. Toutefois, le Roi Rama semblait bien s'amuser. Il avait mis sa main devant sa bouche pour cacher son rire, mais ces soubresauts le trahissaient. Les joues de Gaolang commençaient à chauffer et il espérait que son rival ne remarquait rien. Ce dernier ouvrait et fermait frénétiquement la bouche, cherchant quelque chose à dire. Ses yeux passaient de Gaolang à l'orchidée posée sur sa table de chevet. Ils étaient tous les deux très mal à l'aise ce qui divertissait beaucoup sa Majesté. Le boxeur allait dire quelque chose quand le docteur Hanafusa à ouvert la porte. Il regarda les trois hommes tour à tour et fronça les sourcils.
-Est-ce que j'interromps quelque chose ? Demanda le nouveau venu.
-Non pas du tout ! Crièrent à l'unisson Gaolang et Saw Paing.
Le Roi pouffa de rire et tourna le dos pour ne pas vexer les deux combattants. Gaolang se passa une main sur le visage pendant que Saw Paing se mordait la lèvre inférieure. Un geste qui n'échappa pas à Gaolang qui ne pouvait s'empêcher de fixer des yeux les dents qui dévoraient la lèvre pulpeuse de l'homme. Il se demandait quel goût elle pouvait avoir...
-Gaolang, Saw Paing, toussota le roi qui s'était remis de son fou rire.
Les deux hommes se tournèrent comme un seul homme vers lui et le docteur. Le regard de Rama XIII ne laissait pas de place au doute. Il savait. Et ce n'était pas une bonne nouvelle.
-Nous avons demandé à Yoroizuka Saw Paing de venir ici, car il est un spécialiste des os cassés. Nous avons fait nos recherches et nous avons appris que l'art martial que pratique Saw Paing inclut un entraînement très rigoureux visant à renforcer les os. Nous pensons qu'il sera le plus à même de t'aider, Gaolang. Expliqua le roi.
Tous les regards se tournèrent vers Saw Paing qui papillonna des yeux.
-Et bien... Bafouilla l'homme. Il me faudrait d'abord les résultats des différentes radios. Le Docteur Hanafusa m'a déjà expliqué pour ton opération. Tu ne pourras bouger avant au moins deux semaines. Cela nous laissera le temps de créer un programme d'entraînement adapté. Peut -être que je pourrais aussi...
Saw Paing fronça les sourcils, semblant plongé dans ses pensées. Tout à coup, il poussa un cri de joie qui cassa les oreilles des personnes présentes. Cela alerta les gardes du corps du roi qui accoururent pour vérifier si tout allait bien. Ils ne trouvèrent qu'un Saw Paing survolté dont un des boutons de chemise avait sauté. Ce qui laissait une vision très agréable à Gaolang. Rama les rassura et ils sortirent de la pièce en fixant Saw Paing du regard.
-Quelque chose t'est venu à l'esprit ? Interrogea Hanafusa.
-Totalement ! Hurla-t-il en réponse. Mais j'ai besoin d'une feuille et d'un stylo.
Gaolang haussa un sourcil tandis que le docteur sortit ce que Saw Paing avait demandé. Il s'assit sur le lit de Gaolang, le poussant sans ménagement. Il commença à écrire furieusement, son écriture restant soignée malgré tout. Cela permit à Gaolang de prendre le temps de calmer sa respiration.
-Vous devez me fournir cela ! S'exclama Saw Paing en tendant la liste au roi.
Est-ce qu'il prend le roi pour son marchand ? Pensa Gaolang. Cela ne dérangea pas le roi qui sortit de la pièce et appela l'un de ses gardes.
-Ce sont des plantes médicinales qui sont utilisées depuis des générations dans mon village natal. On les mélange pour en faire un baume puis on les applique sur les membres blessés. Ça fonctionne particulièrement bien sur les os cassés. Je l'ai très souvent utilisé quand j'étais gamin donc je peux vous assurer que ça marche !
-Tu es sûr que ce n'est pas juste un effet placebo ? Demanda Hanafusa intrigué.
Puis s'ensuivit une conversation houleuse entre les deux hommes. Le docteur était à la fois sceptique et intrigué tandis que Saw Paing était convaincu de l'efficacité de sa pommade. Après quelques minutes, Hanafusa hocha la tête, prit quelques notes et sortit à son tour de la chambre. Saw Paing lui avait fourni le numéro de téléphone du médecin de son village et il allait rapidement le contacter pour en apprendre plus sur cette recette miracle. Ce serait tragique que l'un des plus grands boxeurs du monde meurt à cause d'un mélange de plantes hautement toxique. Enfin, cela ne gênerait pas trop Hanafusa, il aurait alors le plaisir de les disséquer, lui et Saw Paing. Après tout, le roi ne lui pardonnerait jamais la mort de sa précieuse épée.
Le départ des deux hommes laissa un blanc. Aucun des deux ne savait comment agir. D'habitude, c'était toujours Saw Paing qui entamait la conversation avec son énergie débordante. Mais à présent, ils étaient tous les deux tendus, comme si leurs quatorze années de rivalité et d'amitié s'étaient envolées. Saw Paing n'osait pas poser les yeux sur Gaolang. Il ne savait pas comment agir avec son ancien rival. Une ride apparut au milieu de son front. Il s'en voulait énormément d'avoir dit cela à Gaolang. Il avait été pathétique et n'avait plus le droit de se considérer comme son ami. La seule raison pour laquelle il était venu ici, c'était parce que le roi le lui avait demandé. Il ne s'attendait pas à ce que Gaolang lui pardonne ou ait envie de discuter avec lui. Alors il se taisait, supportant le malaise ambiant.
De son côté, Gaolang s'inquiétait pour Saw Paing. C'était rarissime de ne pas le voir crier ou gigoter dans tous les sens. Il savait qu'il s'en voulait, mais il ne pensait pas que cela l'affecterait autant. Il avait tendance à prendre tout un peu trop à cœur et cela lui faisait très plaisir. Bien sûr, il n'aimait pas voir ses sourcils froncés et son regard fuyant. Mais une petite partie de lui se disait que peut-être ce n'était pas seulement de l'inquiétude liée à l'amitié. Qu'il y avait possiblement plus derrière ses yeux caramel. En tout cas, il savait qu'il ne pouvait pas laisser cette situation continuer. Il prit quelques minutes pour chercher les mots juste puis il se jeta à l'eau.
-Je sais ce qui a failli arriver à ton village.
Il valait mieux crever l'abcès dès le départ d'après Gaolang. Saw Paing haussa les sourcils puis baissa la tête.
-J'ai appris ça quelques jours avant mon combat contre Rei. Grand-père ne voulait rien me dire, car il savait que cela m'affecterait et il ne voulait pas me mêler à leurs affaires. Je n'étais pas au courant que nous étions sous le joug de Toyo Electricité ou que mon match contre Karo devait être truqué. Et à la fin, j'ai perdu. Je n'ai rien pu faire pour les aider, j'ai été inutile. C'est lamentable.
Il avait parlé d'une voix monotone qui tranchait avec son entrain perpétuel. Le cœur de Gaolang se serrait même s'il n'en montrait rien. Il se devait de faire quelque chose pour aider Saw Paing.
-Tu n'es pas lamentable.
Saw Paing releva la tête surpris. Il s'attendait à ce que Gaolang lui demande de s'en aller ou de se taire. À la place, il le rassurait.
-Tu es juste un idiot simplet, c'est tout. Tu penses que tout peut être réglé à la force de tes poings et tu ne vois pas tous les efforts que tes proches mettent pour te protéger. S'il ne t'a rien dit, c'est parce que tu ne pouvais rien y faire. Et tu aurais vraiment été inutile si tu n'avais pas essayé. Tu t'es battu pour les protéger, tu as mis ta vie en jeu pour aider ce qui te sont chers. Je trouve que c'est loin d'être lamentable ou inutile. Enfin, mieux vaut vivre avec des remords qu'avec des regrets. Tu as essayé et c'est ce qui compte, crétin.
Saw Paing ouvra la bouche, incapable d'articuler des quelconques mots. Gaolang l'avait consolé. Cette même personne qui pendant des années avait réfuté leur rivalité et leur amitié. Il se mordit la langue puis se tourna, tentant de cacher les larmes qui menaçaient de sortir.
-Je suis désolé. Pour tout. Murmura-t-il piteusement.
Il s'excusait à la fois pour ses paroles après son combat, mais aussi pour son comportement digne d'une lycéenne au cœur brisé.
Gaolang fronça les sourcils. Ce n'était pas la réaction à laquelle il s'attendait. Il devait se ressaisir et pas s'enfoncer un peu plus. Le dieu thaï enleva l'un de ses poids et l'envoya dans la tête de Saw Paing. Étant à la main gauche, son lancé était beaucoup moins puissant, mais cela suffit à attirer l'attention de son vis-à-vis.
-Crétin ! Je ne t'ai pas dit ça pour que tu t'enfonces. Reprends toi bon sang. Tu ne t'es pas appelé mon rival pendant toutes ses années juste pour te laisser abattre à la première difficulté ?!
Le visage de Saw Paing se décomposa puis il fronça les sourcils. Il se donna deux claques et hurla. Cela détruisit les oreilles de Gaolang et certainement ceux des personnes autour d'eux.
-Tu as raison, Gaolang ! Je suis l'enflure au sang chaud des combats Kengaaan !
Gaolang esquissa un petit sourire en coin, ravi de voir son ami aller mieux.
-Toutefois, tu vas devoir te surpasser pour redevenir un rival à ma hauteur. Ajouta-t-il.
À nouveau, Saw Paing fut choqué, mais il se ressaisit rapidement. Il s'approcha de Gaolang et lui tendit la main. Le malade soupira, mais serra quand même la main de son rival. Revoir le magnifique sourire de Saw Paing lui mettait du baume au cœur et inconsciemment, il lui sourit en retour.
Pendant ce temps, dans les appartements du roi…
Une ombre rodait dans le palais. Elle se déplaçait tel un serpent, ne se faisant pas remarquer par les gardes. Elle était venue de loin pour voir le roi et son voyage l'avait grandement fatiguée. Elle poussa délicatement la porte, ne faisant aucun bruit. Le roi Rama était allongé dans son canapé, mangeant des raisins tout en lisant un document. L'ombre se déplaça calmement derrière lui, son ombre se projetant sur la feuille de papier. Le roi se retourna, écarquilla les yeux et s'exclama :
-Hassad mon vieil ami ! Merci d'avoir pu venir aussi rapidement.
L'ombre enleva son foulard, dévoilant une longue chevelure noire et une peau bronzée par de longues heures passées au soleil.
-Tu as l'air en forme mon ami. J'ai été surpris par ton appel, mais cela me fait très plaisir de revenir ici.
Ils échangèrent une accolade puis le roi l'invita à s'asseoir avec lui.
-Tu es retourné dans ton pays ?
Hassad hocha la tête, prenant une gorgée de Karak Tea.
-J'avais confiance en mon frère. Il a bien pris soin de la patrie et il est devenu un très bon roi. Notre nation est entre de bonnes mains avec lui. J'ai mis mes connaissances sur papiers et je l'ai lui ai donné. Je sais qu'il saura en faire bon usage.
-Ça nous étonne qu'il ne t'ait pas demandé de prendre sa place en tant que roi.
-Il a essayé, rigola Hassad. Mais j'ai refusé. Le peuple a confiance en lui, je ne serais qu'un usurpateur à leurs yeux.
-Et tu es un voyageur avant tout.
-Tu as tout compris mon ami !
Ils continuèrent de discuter durant quelques minutes avant que le roi ne prenne un air sérieux.
-Si nous t'avons fait venir, c'est parce que nous avons besoin de ton aide.
Hassad haussa un sourcil, attendant la suite.
-Nous avons demandé à Saw Paing de venir pour qu'il aide Gaolang. Il est un spécialiste en fractures et autres. Toutefois, nous avons un autre but.
Le roi sourit tel un renard et Hassad plissa les yeux, intrigué.
-Nous voulons qu'ils sortent ensembles.
-Je me doutais que c'était quelque chose comme ça. Mais je ne vois pas comment je pourrais t'aider. Déclara le tourbillon arabe. Je ne suis pas un entremetteur ou autre.
-Nous sommes au courant de ça. Nous avons besoin de toi pour mettre au point des stratégies. Oui, nous aurions pu le faire seul, coupa le roi. Mais Gaolang nous connaît trop bien. Il verra venir à des kilomètres nos moindres tentatives. C'est pour cela que nous t'avons appelé ! Est-ce que tu acceptes ?
Hassad resta de marbre quelques secondes avant d'éclater de rire.
-Ça te ressemble bien de faire ça. Ça a l'air amusant donc j'en suis. Mais Gaolang ne sera pas furieux que tu te mêles de ses affaires de cœur ?
-Il n'aura aucune raison d'être fâché s'il est en couple avec Saw Paing. Au contraire, il sera sur un petit nuage et il nous oubliera complètement.
-Si tu le dis.
-Alors pour commencer, il faudrait-
-Votre Majesté.
Hanafusa était entré des documents à la main et un sourire effrayant au visage.
-Docteur. Avez-vous pu parler avec le médecin du village de l'Aurore ?
-Oui, et son aide m'a été précieuse. Les résultats des analyses et des enquêtes prouvent que le baume de Saw Paing est très efficace. Il ferait un malheur auprès des sportifs de haut niveau. Mais évidemment, le médecin a ordonné notre silence sur la recette et ses ingrédients.
-Très bien. Y a-t-il autre chose ?
-Oui, mais ça ne concerne pas la santé de Gaolang, du moins pas directement.
-Cela concerne notre discussion, c'est ça ? Devina Hassad.
Le rire du docteur glaça le sang des deux hommes, mais ils n'en montrèrent rien.
-Oui en effet. Vos plans ne me concernent pas donc je garderais ce que je sais pour moi.
-Merci, nous apprécions.
Hanafusa se retint d'ajouter qu'il n'avait de toute façon pas le choix.
-Puisque vous êtes là et que vous savez déjà tout, pourquoi ne pas nous aider à les réunir ? L'invita le roi.
Bien sûr, le docteur n'avait pas une tête de bourreau des cœurs, du moins au sens figuré du terme. Mais il était très intelligent et un cerveau en plus ne faisait pas de mal.
-Pourquoi pas ? L'état de mon patient est stable et Saw Paing le surveille. J'ai du temps à perdre.
Hanafusa prit place avec les deux hommes et ils commencèrent à élaborer des plans pour mettre ensemble les deux combattants.
Revenons à Gaolang et à Saw Paing...
-Et enfin, du Cinnamomum zeylanicum aussi appelé Cannelier de Ceylan !
Saw Paing écrasa avec délicatesse les morceaux d'écorces et les ajouta à sa préparation. Il mélangea le tout et déposa un chiffon dessus.
-Maintenant, il faut laisser le tout reposer au moins trois heures ! S'époumona l'homme.
Il s'est rapidement remis, pensa Gaolang. Cela lui faisait plaisir de voir son ami aussi joyeux. Depuis que les gardes du roi avaient ramené les ingrédients, il s'était concentré sur l'élaboration de la pommade. Il s'était tu et son volume avait baissé. Il se demandait si un jour, il réussirait à le calmer pendant une journée entière. Une journée sans cris... Quel rêve. Il pourrait se concentrer sur d'autre chose au lieu de protéger constamment ses oreilles. Il devrait lui en faire part une fois sa réhabilitation complète.
-Tout va bien Gaolang ?
Saw Paing s'était avancé vers lui et le regardait avec des yeux ronds. Gaolang hocha simplement la tête, ne voulant briser l'ambiance calme et sereine qui s'était installée. Toutefois, plus il se rapprochait, plus il avait une vue des plus agréable sur le torse magnifiquement sculpté de Saw Paing. Ses yeux faisaient des vas et viens entre le buste et les yeux du brun. Il devait se ressaisir. Il se doutait que sa Majesté avait déjà remarqué l'objet de ses intentions. Il ne voulait pas que Saw Paing s'en rende compte lui aussi. Pas avant qu'il ne trouve le courage de lui avouer.
D'ailleurs, il avait un mauvais pressentiment depuis le départ de son Altesse. Il savait que cela le concernait d'un peu trop près et il n'aimait pas ça. Bien sûr, il avait entièrement confiance dans le jugement du roi. Toutefois, ils se connaissaient depuis des années et il savait que le roi concevait des plans assez... Surprenant. Cela ne l'étonnerait même pas de finir dans un placard à balais fermé à clé avec Saw Paing. Il allait devoir être prudent. Éviter les pièges que lui tendrait le roi tout en ne le froissant pas. S'il pouvait éviter que Saw Paing comprenne leur petit manège, cela serait parfait.
-Je peux te poser une question Saw Paing ? Demanda Gaolang.
-Bien sûr !
-Est-ce que c'est le Roi qui t'a demandé de venir ?
-Oui. D'ailleurs, ça m'a surpris. Il a appelé directement sur mon téléphone. Je ne savais même pas qu'il avait mon numéro. C'est toi qui le lui as donné ?
-Pas du tout.
Au début je ne voulais pas que vous vous rencontriez, pensa Gaolang. Et j'avais raison.
-C'est bizarre. Bah, il a dû l'avoir avec l'un des combattants. En plus, c'est l'un de mes petits frères qui a répondu ! Il l'a traité de personne étrange. J'ai cru qu'il allait se faire arrêter !
Gaolang esquissa un sourire en imaginant la scène. Et il savait que le roi ne l'avait pas mal pris. Du moins, il l'espérait.
-Il t'a appelé en personne ?
-Oui !
-Et tu te souviens de ce qu'il t'a dit ?
Saw Paing fronça les sourcils et prit une chaise pour s'asseoir.
-Il ne pas dit grand-chose. On a juste échangé quelques banalités puis il m'a demandé si j'accepterais de venir t'aider. J'étais assez incertain au début, mais j'ai finit par accepter. C'est tout.
Il conclut par un immense sourire et Gaolang ne put s'empêcher de lui sourire en retour. Saw Paing se retint de lui parler de l'aveu du roi, se rappelant qu'il lui avait demandé de garder cet échange secret. Il allait devoir enquêter de son côté pour savoir si le boxeur le portait vraiment dans son cœur ou si c'était juste un moyen de le faire venir. Il allait aussi devoir faire un bilan sur ses sentiments pour lui. Autrement dit, un énième mal de tête en vue.
Gaolang, Saw Paing, le Roi Rama et ses complices pensèrent tous à la même chose : les mois qui allaient venir allaient être pleins de rebondissements.
Quelques mois et mésaventures plus tard...
Ils étaient tout les deux épuisés. Cela faisait des heures qu'il frappait sans relâche le makiwara et que Saw Paing faisait des squats. Il l'avait interrogé sur cet entraînement typique des catcheurs et il lui avait expliqué qu'il avait longuement discuté avec Sekibayashi sur son entraînement pour devenir catcheur professionnel. Il lui avait dit que l'endurance était un des points à améliorer et à prioriser, surtout quand il combattait plusieurs fois dans la journée. Et puis, plus il était endurant plus il pouvait s'entraîner longtemps sur d'autres points.
Gaolang lui avait donné raison et il s'était mis à s'entraîner ensemble, veillant l'un sur l'autre. Évidemment, c'était souvent Gaolang qui s'évanouissait à cause de la douleur et Saw Paing qui le soignait en le mettant à l'ombre pour lui éviter une insolation. Quelques fois, Saw Paing en faisait beaucoup trop et perdait connaissance en plein entraînement. A ces moments-là, Gaolang prenait une grande inspiration et le portait en essayant de ne pas suivre les gouttes de sueur qui glissaient lentement le long de ses muscles. Il le posait contre un arbre et mettait une bouteille d'eau à côté de lui. Il le surveillait aussi du coin de l'œil et le déplaçait quand le soleil changeait de direction. Il s'inquiétait pour lui.
Naturellement, le roi avait tenté de les mettre dans des situations embarrassantes. Cela avait commencé par des allusions gênantes qui les mettaient tout deux mal à l'aise. Puis, comme il l'avait prédit, il avait fini dans un placard à balais qui n'avait été ouvert que quelques heures plus tard. Loin de les avoir rapprochés, Saw Paing s'était juste inquiété tout le long de sa main droite et avait gardé sa tête entre ses abdominaux tout le long. Gaolang s'était figé, son sens du toucher se décuplant comme par magie. Il avait pu sentir les cheveux de Saw Paing caresser sa peau, ses lèvres pulpeuses se presser contre son torse et son nez frotté de manière adorable contre sa chemise. Il ne parlera pas non plus de la manière dont leurs jambes s'étaient entortillées. Ce qui se passe dans le placard à balais reste dans le placard à balais.
Les événements de ce style étaient devenus récurrents et il était devenu assez fort pour les éviter. Il s'était mis à douter de l'impartialité du Docteur Hanafusa et il supposait que le roi avait rallié une troisième personne à sa cause. Heureusement, Saw Paing n'avait pas fait le lien et s'étonnait simplement de toutes ses coïncidences.
Du côté du roi, ses plans avaient fonctionné à moitié. Comme il s'y attendait, Gaolang n'avait pas vu venir les plans confectionnaient par Hassad et Hanafusa. Néanmoins, cela n'avait pas déclenché la réaction attendue. Saw Paing semblait ne pas y porter d'importance tandis que Gaolang rougissait de plus en plus. Le pire, c'était que son épée commençait à comprendre leurs schémas et a éviter de mieux en mieux leurs pièges. Il devait monter un cran au-dessus et appuyer sur la partie faible : Saw Paing. Il devait trouver un moyen de le faire réagir et lui ouvrir les yeux. Et il connaissait la personne parfaite pour ce travail. Il avait juste un coup de fil à passer.
o~o~o~o~o
-Tu n'as pas remarqué quelque chose d'étrange ces derniers temps ?
Gaolang fronça les sourcils et s'arrêta de frapper la latte de bois. Il attrapa un chiffon et essuya sa main droite qui était en sang. Il ne savait pas quoi lui répondre. S'il reconnaissait les événements inhabituels, Saw Paing pouvait se douter de quelque chose. Mais il ne pouvait se résoudre à lui mentir, surtout quand cela le concernait. Il se décida à lui donner une réponse en demi-teinte, ne renforçant pas ses doutes, mais ne les inhibant pas non plus.
-C'est possible.
Saw Paing fit la moue, ne sachant pas comment prendre cette réponse. Si l'on pouvait considérer cela une réponse. Il savait que quelque chose se tramait dans l'ombre, il n'était pas si idiot. Il savait aussi que cela les concernait tous les deux et il se doutait que le roi Rama était derrière tout cela. Mais dans quel but ? Le faire partir ? Non, après tout, c'était lui qui l'avait fait venir. Peut-être qu'il n'avait plus besoin de lui et n'osait pas le lui dire. Mais lui ou Gaolang serait venu le voir au lieu de créer des situations aussi rocambolesques.
Alors pourquoi ? Quel point commun avaient toutes ses péripéties ? Lui, Gaolang, des sous-entendus étranges, eux deux seuls et le roi Rama tout sourire. Il se creusa la tête tout en continuant ses squats. Il avait pu augmenter son endurance et se concentrait à présent sur une manière d'améliorer sa garde. Il savait que c'était le point faible du lethwei et cherchait un moyen de le compenser. Il avait pensé à inclure plus d'esquive ou une attaque moins permanente mais c'était le cœur de son art martial. Il ne pouvait se résoudre à l'enlever.
Saw Paing hurla, espérant ainsi faire sortir tous les tourments et indécisions de son esprit. Gaolang ne réagit pas, habitué aux crises aléatoires de son ami.
-Vous avez l'air d'aller bien tous les deux.
Gaolang se tourna brusquement puis s'inclina. Saw Paing fit un signe de la main au roi sans cesser son entraînement.
-Nous sommes venus pour vous dire que nous avons invité quelqu'un à passer quelques vacances au palais.
Gaolang ne dit rien, n'aimant pas la lueur dans les yeux de son roi. Il manigançait encore quelque chose.
-Il devrait arriver dans très peu de temps, nous avons envoyé l'un de nos serviteurs le chercher.
Juste à ce moment-là, une silhouette s'approcha tranquillement d'eux. Même de loin, Gaolang l'avait reconnu. Il se releva et partit serrer la main de l'invité surprise.
-KANEDA SUEKISHI ! Hurla Saw Paing en se précipitant vers le nouveau venu.
Kaneda serra la main gauche de Gaolang et accepta l'accolade un peu brutale de Saw Paing.
-Heureux de te revoir, Kaneda.
-De même Gaolang.
-C'est trop cool ! Tu es venu t'entraîner avec nous ?
Kaneda rigola puis déclina poliment l'invitation. Il tenait un minimum à sa vie.
-Je vois que tu tortures ton poing droit. Remarqua le jeune homme.
Gaolang hocha la tête en essayant de deviner ce que le roi avait derrière la tête. Il n'était pas dupe. Kaneda avait un rôle à jouer dans cette affaire, de manière consciente ou non.
Se tenant à l'écart du trio, le roi les observait d'un œil malicieux. Il comptait sur Kaneda pour faire changer les choses et pour forcer Saw Paing à bouger.
Quelques heures avant la rencontre avec Kaneda...
-Votre Majesté, Docteur Hanafusa, Monsieur Hassad.
Le japonais s'inclina devant le roi qui balaya toutes ses formalités de la main.
-Encore merci d'être venu aussi rapidement. Sais-tu pourquoi nous t'avons fait venir ?
-J'ai fait quelques suppositions.
Il avait toujours voulu rencontrer la personne qui menait d'une main de maître le Royaume de Thaïlande, surtout après les éloges de Gaolang. Et il n'était pas déçu. Le roi avait la même prestance que Katahara Metsudo. C'était à la fois terrifiant et stupéfiant, surtout pour une personne de son âge.
-Prends un siège voyons. Veux-tu du thé vert ? Proposa le roi.
-Volontiers.
Il se sentait un peu mal à l'aise autour de ses hommes de puissance. Il était conscient qu'il aurait un rôle à jouer dans les plans du roi, quel qu'il soit. Il se doutait que cela avait un lien avec Gaolang, et il craignait qu'il ait découvert son secret. La seule bonne nouvelle était qu'il semblait accepter cela, du moins si ses présomptions étaient correctes.
-Nous avons besoin de ton aide. Nous nous sommes donné la mission de mettre Gaolang et Saw Paing en couple. Acceptes-tu de nous prêter main forte ?
Kaneda ne répondit pas immédiatement. Il devait peser le pour et le contre. S'il acceptait, il y avait une chance que leur plan réussisse. En vérité, il savait que le roi ne reculerait devant rien pour qu'ils deviennent un couple. Il pouvait être de son côté pour éviter qu'il n'aille trop loin. Mais d'un autre côté, il trahirait la confiance de son ami. Il était dans une situation délicate. Refuser voudrait dire se mettre potentiellement le roi à dos et accepter se mettre Gaolang à dos.
-Je vous aiderais. Mais j'ai le droit de refuser certaines choses si je trouve que c'est trop pour moi.
-Bien évidemment. Répondit le roi. Je vais donc te donner ta première tâche.
Kaneda haussa les sourcils, surprit de la rapidité des événements.
-Tu vas rendre jaloux Saw Paing.
Retour au présent...
-Tu comptes rester combien de temps ? Demanda Gaolang.
-Je ne sais pas trop. Certainement une semaine ou moins, histoire de prendre quelques jours de vacances.
-C'est trop bien ! Cria Saw Paing tout excité.
-Je trouve aussi. Toutefois, je vais vous laisser vous entraîner tous les deux.
-Je suppose que le roi t'a invité à dîner. Devina Gaolang.
Kaneda hocha la tête puis discuta quelques minutes avec les deux hommes avant de les laisser. Le roi partit lui aussi, non sans sourire de manière énigmatique. Cela envoya un frisson dans le dos du boxeur alors que Saw Paing ne s'en formalisa pas. Il commença à s'étirer, demandant à Gaolang de l'aider pour certains étirements. Gaolang ne rougissait plus, s'étant habitué au contact de leur peau. Toutefois, cela lui envoyait toujours des étincelles dans le corps et ses paumes de mains se mettaient à chauffer.
Gaolang reprit à son tour son entraînement, l'esprit toujours tourmenté par Kaneda. C'était très étrange. Sa présence n'était pas due au hasard, il en était certain, surtout après l'attitude du roi. Ce dîner allait être mouvementé. Et il ne savait pas à quel point il avait raison et tort à la fois.
L'entraînement fini et une bonne douche prise plus tard...
-C'est super bon !
Comme à l'accoutumée, Saw Paing mangeait énormément et criait beaucoup trop fort. Néanmoins, il arrivait par un miracle inconnu à ne pas se salir. Il prenait aussi toujours ses couverts et était d'une grande politesse. Encore un mystère à ajouté à la liste des « Choses inexpliquées autour de l'Idiot ».
En terme de nourritures, le roi n'avait pas fait les choses à moitié. Toute leur table était remplie de divers plats provenant de différentes cultures. Il avait même fait venir des danseuses et des musiciens ainsi que des lanceuses de fleurs. Et après, il s'étonnait de se faire remarquer quand il allait en ville.
Kaneda s'était bien intégré à cette ambiance festive même s'il détonnait de par son kimono. Ils avaient passé tout le dîner à discuter de tout et de rien. Il avait pu prendre des nouvelles d'autres combattants, mais aussi de l'Association Kengan. Il avait entendu dire que Nogi la dirigeait d'une main de maître et qu'il arrivait à passer outre les guerres intestines, ce qui était une bonne chose. Enfin, Kaneda avait confirmé les rumeurs qu'il avait entendues concernant une organisation rivale de l'Association. Elle était dirigée par un riche homme d'affaires très influent et se faisait petit à petit une place dans le monde des combats illégaux.
Étrangement, et c'est ce qui l'inquiétait le plus, le roi n'avait pas beaucoup parlé. Bien sûr, il avait fait quelques remarques, mais sans plus. Il avait passé sa soirée à les observer, surtout Saw Paing. Ce dernier n'avait pas parlé non plus. Il s'était contenté de manger son poids en viande et de faire du bruit comme à son habitude. Gaolang avait essayé de l'intégrer à leur conversation à de nombreuses reprises, mais il se faisait interrompre soit par Kaneda, soit par Sa Majesté. Il se doutait qu'ils tramaient quelque chose sans arriver à déterminer quoi.
De son côté, Saw Paing avait passé une mauvaise soirée. On l'avait empêché de discuter avec son meilleur ami durant tout le repas et il n'avait pu que les regarder s'amuser sans lui. De plus, cela devait amuser le Roi, car il n'avait cessé de le scruter avec un sourire de renard collé au visage. C'était assez terrifiant et stressant et il avait souvent avalé de travers en croisant son regard.
C'est pour cela que Saw Paing ruminait dans sa chambre, essayant de comprendre ce qui n'allait pas avec lui. Il n'était pas le genre de personne à se voiler la face ou à penser que ce sont les autres le problème. C'était normal que Gaolang et Kaneda parle pendant des heures, après tout, ils étaient amis et ne s'étaient pas vu depuis quelques mois. En plus, il s'était passé beaucoup de choses récemment, ils avaient beaucoup de sujets à aborder.
Mais il revenait à une même question. Pourquoi cela le gênait ? Il n'aimait pas les voir ensemble. À chaque fois, il sentait des milliers de fourmis le mordre et ses sourcils se baissaient sans qu'il ne le veuille. Il voulait se mettre entre deux et emmener Gaolang loin du japonais. Bien sûr, il ne le ferait pas. Il était impulsif, mais il savait réfléchir quand il le voulait.
Peut-être que c'était lié à leur amitié ? En-dehors de Gaolang, il n'avait jamais eu d'amis. Il considérait tous les membres comme une famille avant tout et peu de personne pouvait supporter sa personnalité énergique. De plus, les personnes qui l'approchaient n'étaient malheureusement pas des gens recommandables. Ils venaient principalement pour rencontrer Gaolang ou pour le recruter en tant que combattant. Il les avait tous envoyé balader les uns après les autres.
Ce serait donc de la jalousie ? Est-ce qu'on était jaloux quand on voyait l'un de ses amis partir avec un autre ? C'est possible. Il devrait faire des recherches ou en parler avec un membre de son village. Pourtant, quelque chose ne collait pas. Gaolang passait aussi du temps avec sa Majesté. Et cela ne le gênait pas. Alors pourquoi c'était différent avec Kaneda ? Qu'est-ce qui changeait entre eux deux ? Gaolang était bien plus proche du roi, ils sont comme des frères, le Roi le lui ayant confirmé. Alors il verrait Kaneda comme une menace extérieur ? Comme un rival ?
Tout cela n'avait aucun sens. Saw Paing prit une grande inspiration et se retint de frapper son front contre le bureau en chêne. Il savait que son crâne n'aurait rien, mais il ne pouvait pas en dire autant du bureau. Il avait l'impression que son cerveau se liquéfiait au fur et à mesure de sa réflexion. Il avait besoin d'une bonne douche. Et de dépenser son énergie en trop en s'entraînant. Mais pas dans cet ordre. Il partit laver son visage avec de l'eau bien froide puis se dirigea vers le terrain d'entraînement, l'esprit toujours rempli de doutes et de questions.
Allons voir ce que font Gaolang et Saw Paing...
-Le repas était délicieux. J'avais rarement vu autant de mets sur une table, à part lors du tournoi Kengan.
Gaolang hocha simplement la tête, observant la lune et les étoiles. Ils étaient partis faire un tour dehors, loin de l'opulence du palais. L'air frais lui faisait toujours du bien et il put remettre de l'ordre dans ses pensées.
-Kaneda, je vais être franc avec toi. Est-ce que tu es impliqué dans les plans du roi ?
Une goutte de sueur coula le long de la nuque de Kaneda et il sut qu'il devait bien choisir ses mots. Le roi le ferait exiler pour avoir osé révéler ses plans, surtout à la personne concernée. Il présenta ses excuses intérieures à Gaolang avant d'ouvrir la bouche :
-Désolé de te dire cela, mais je ne sais rien du tout. Je ne te dis pas que je me doute de rien. J'ai remarqué que quelque chose clochait, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.
Gaolang observa Kaneda, son expression devenant plus légère après les paroles de Kaneda. Il comprenait sa position. Il était entre deux feux et l'un était bien plus brûlant. Il ne lui en voulait pas. Il savait que sa Majesté avait un pouvoir de persuasion universel à quelques exceptions près. Et puis, personne ne voulait se mettre le roi de Thaïlande à dos.
-Et toi Gaolang, tu as compris quelque chose ?
Kaneda devait apprendre jusqu'où aller les doutes de Gaolang pour que le roi puisse affiner ses plans en conséquences.
Gaolang ne voulait pas répondre à cette question. Il ne devait pas donner un avantage à l'ennemi. Pourtant, il ne pouvait jouer l'idiot. Pas quand il était le premier à soulever les incohérences. Il allait lui répondre quand un cri les firent sursauter et se retourner. Un miracle du nom de Saw Paing venait dans leur direction, un énorme sourire sur le visage.
-Gaolang ! Allons nous entraîner !
Saw Paing ne laissa pas le temps au Dieu de la Guerre de répondre. Il le prit par le bras et l'emmena vers le terrain d'entraînement sous le regard stupéfait de Kaneda. Ce dernier, remit de sa surprise, souhait un bon entraînement aux deux hommes tout en rigolant intérieurement.
Dire que Gaolang était abasourdi serait un euphémisme. Cela n'était pas dans les habitudes de Saw Paing d'emmener les gens de force. Habituellement, il était calme et compréhensif. Ils marchèrent dans un silence religieux jusqu'au terrain d'entraînement extérieur. Saw Paing prit une grande inspiration et Gaolang mit instinctivement ses mains sur ses oreilles. Et cela ne rata, pas car Saw Paing hurla à pleins poumons. Il se tourna ensuite vers son ami et se gratta nerveusement la tête.
-Désolé de vous avoir interrompu aussi brutalement. Tu avais l'air mal à l'aise donc j'ai voulu te sortir de là. Ce n'était pas la bonne chose à faire. J'irais m'excuser auprès de Kaneda demain matin.
Gaolang papillonna des yeux avant de sourire.
-Un jour, ton impulsivité te portera préjudice. En-tout-cas, tu m'as sorti d'un sacré pétrin tout à l'heure. Merci beaucoup.
Sans savoir pourquoi, Saw Paing rougit et détourna le regard.
-De rien. C'est normal. Nous sommes amis.
Cela sonnait faux. Pourtant, c'était le cas. Ils étaient amis. Alors pourquoi son cœur s'était pincé à ce mot ?
-Même si c'était un prétexte, ça te dit de t'entraîner un peu avec moi ?
-Je pense que tu n'arrêteras pas de me harceler jusqu'à ce que je le fasse. Donc autant accepter.
Gaolang enleva sa chemise et les deux hommes commencèrent une session qui durerait toute la nuit.
Pendant ce temps, que fait le Roi Rama ? Allons voir cela...
-Et voilà ce qui s'est passé.
Kaneda était retourné voir le Roi et ses complices et leur avait raconté leur discussion et l'interruption de Saw Paing.
-C'est merveilleux ! Le plan fonctionne comme c'était prévu. Tu n'as plus qu'à faire la même chose durant toute la semaine.
Le roi rayonnait de joie. Saw Paing commençait à bouger. La seule ombre au tableau était les doutes de Gaolang, mais cela ne l'empêcherait pas de les mettre ensemble.
-Mais que comptez-vous faire une fois que je serais partie ? Demanda Kaneda.
-Nous avons deux possibilités : Saw Paing ou Gaolang. Saw Paing est le plus facilement manipulable et le plus ouvert sur ce qu'il ressent. Toutefois, nous ne savons pas s'il s'est rendu compte de ses sentiments. Expliqua Hanafusa.
-Deuxième choix, Gaolang. Continua Hassad. Le plus difficile des deux. Il s'est rendu compte de ses sentiments, mais en dirait qu'il a du mal à les accepter. C'est le moins facile à manipuler, il faudra être prudent.
-Mais nous avons un plan pour les faire réagir tous les deux. Termina le roi en rigolant, suivi de ses deux complices.
Un frisson parcourut le dos de Kaneda en voyant le visage des trois hommes. Il plaignait Gaolang et Saw Paing de tout son cœur. Il avait vraiment hâte de repartir au Japon.
Karak Tea : boisson du Moyen-Orient
Cannelier de Ceylan : plante médicinale et aromatique cultivée dans le monde entier et originaire de l'Asie.
Makiwara : instrument utilisé dans les arts martiaux japonais. C'est une planche en bois ou un rondin autour duquel sont enroulées des cordes.
Petite question : qui a cru que j'allais faire tuer le roi Rama ?
J'aime bien penser que Saw Paing est plus qu'un imbécile heureux. Qu'il a une infime parcelle d'intelligence qu'il n'utilise qu'en cas de grand danger.
Et un autre chapitre de terminé. J'espère qu'il vous a plus. Le prochain devrait sortir en juillet (sauf problème de mon côté).
D'ici là je vous dis à bientôt et prenez soin de vous !
