Cette fois un chapitre assez long, histoire de rattraper tout ce temps ou je ne fut pas sur le site !
Bonne lecture.
Dire que Saga, fut dans une colère noire est un euphémisme.
Depuis une semaine que Kanon héberge un spectre, pire, un juge, dans sa chambre, sous leur temple. Une semaine que Kanon est complètement en alerte et ne cesse de le tourner en bourrique, lui, sans pratiquement aucun repos.
"Si j'avais su, je serais resté un peu plus longtemps dans le coma, je pense" pense-t-il morose, alors qu'il sirote une tasse de café dans sa cuisine.
Se morfondant de se retrouver malgré lui dans cette situation, et de ne pas avoir réussit à convaincre son gémeau de l'emmener ailleurs. Oh joie, oh bonheur...
"Me reste plus qu'à récupérer des meubles" dit-il en observant autour de lui "Je n'ai jamais fait gaffe, mais ce temple est assez triste"
Alors qu'il songe à quoi prendre à ses prochaines sorties, le responsable de son humeur, arrive, soudainement, dans la cuisine, un étrange objet en main.
"Tu as quoi en main ?"
"Un sac de glaçon"
"Encore ?"
Il hausse les épaules "Il s'est encore évanoui au mur, j'en profite"
Saga se gratte les yeux, blasé "Tu n'en as pas marre de l'enfermer ici ?"
"Il est malade" dit Kanon, d'un ton sec "Tu suggères que je le laisse crever dehors ?"
"C'est vrai que la routine, réveil/grognement/évanouissement et dodo est quelque chose de très reposant" dit Saga du même ton que son frère "Pourquoi tu ne le laisse pas à l'infirmerie ?"
"Pour qu'il soit enchaîné et cloitré à nouveau ? Non, je veux faire autrement"
"En...?"
"En gagnant sa confiance"
Saga en aurait bien rit s'il n'était pas si blasé, à la place, il ne peut s'empêcher un sourire moqueur. Kanon furax, remplit son sac de glaçon, rapidement, et s'en va, pronto, vers sa chambre.
Saga soupire, à nouveau, s'en voulant un peu de ne pas s'être montré plus...encourageant.
Depuis tout petit, Kanon à toujours eu tendance à en faire qu'à sa tête, encore plus quand on le contrarie. A cette allure, ils seront encore coincé dans cette ambiance pendant, un bon bout de temps.
Il se lève, marche en direction de la chambre de son frère. Il y trouve en passant la porte, Kanon, sur une chaise, observant paisiblement le juge, endormi et fiévreux. A pas de loup, il s'approche, pour finir par se retrouver, à côté de lui. La pièce silencieuse, Saga se gratte la nuque, hésitant, un instant, à parler...
"Tu est curieux ?" dit Kanon à voix basse.
"...Un peu" dit-il " j'aimerai savoir ce qui peut, tant te motiver à aider un juge ?"
Kanon répond, doucement "C'est, compliqué..."
"Je comprend..."
Saga n'insiste aucunement, se doutant que l'histoire entre ses deux hommes devaient être plus profond, qu'il ne la connaisse. Il se penche, observant le juge sous toute ses coutures.
"Il parait moins menaçant comme ça" dit-il en faisant référence aux yeux clos et au visage détendu, excepté la rougeur sur ses joues et la respiration plus rapide que la normale, témoignant de son état maladif, le sac sur le front ne comptant pas.
"Et pourtant, j'ai encore le souvenir du coup qu'il ma lancé" dit Kanon nonchalant "Mais c'est vrai, qu'il paraît limite...Gentil ?"
"Calme ?" renchérit Saga.
"Paisible ?"
"Pacifique ?"
"N'abusons pas" dit moqueur Kanon "C'est clairement un guerrier, un vrai"
Saga ne dit rien d'autre à ce sujet, alors qu'il commence à partir "Tu veux manger quoi ce soir ?"
"Ce que tu veux"
"Bon..."
Il laisse seul son frère.
Kanon avait sa joue posé sur sa main, alors qu'il observe le temps dehors. Le soleil fut au rendez-vous, mais, sortir ne lui manque pas pour l'instant, une légère brise semble passer, en témoigne les feuilles des arbres, bougeant par la fenêtre.
Sa doit être agréable.
Mais il ne voulait pas y aller, pas encore.
Son regard retourne au juge, endormi, alors que sa main, commence à vouloir toucher les cheveux dorés, elle place au dessus du crâne, hésitante.
"Non, je ne dois pas le refaire"
Avant de s'écarter, néanmoins dépité...
Il espère tenir son engagement et que le juge se montre plus confiant envers lui, même si, il a du mal à définir réellement ce qu'il le pousse à faire ça, nulle doute, qu'il s'y tiendrait.
Parole des gémeaux.
Cristal se trouve dans le temple du verseau, discutant avec Camus, dans le salon. Cristal aide de temps en temps le verseau, jusqu'à ce qu'il récupère totalement, bien heureusement, solide comme un roc, Camus s'améliore vite.
"Tu ne voudras pas rester ?" demande Camus.
"Non" dit Cristal "Je resterai quelques jours quand Hyoga sera arrivé, puis je repartirai en Sibérie"
"Pourquoi ?"
Il soupire "J'ai à faire, et puis, je veux vous laissez tranquille, tous les deux"
Le verseau répond, platement "Il serait content de te voir"
"Je le sais"
"Alors pourquoi ?"
"Camus" dit Cristal doucement "Je ne vais pas partir éternellement, j'ai simplement besoin de régler deux ou trois choses"
"Tu ne veux pas d'aide"
"Non"
"Vraiment"
"Absolument"
Camus reste de marbre, physiquement, paraissant indifférent à cette conversation, néanmoins, Cristal sait déchiffrer derrière la face glacée. Très peu y arrivent, en même temps, quand on s'entraîne pour être chevalier du verseau, les émotions sont dur à afficher par la suite.
Il sait que Camus a pris comme résolution de faire des efforts de ce coté en échange, de la vie, nouvellement offerte par Athéna. Pour lui, il n'avait pas besoin de faire ça, surtout maintenant, alors qu'il a peine ouvert les yeux.
Bien entendu, il n'en dit rien, lui laissant le soin, de lui en parler de lui-même.
"Reste au moins quelques jours"
La proposition fit hésiter le chevalier d'argent, jusqu'à ce qu'il dise.
"Et bien, si cela ne te dérange pas"
Cristal commencé à observer la pièce autour d'eux, lui, qui n'est jamais venu ici, jusqu'au temple du verseau, il trouvait que cette endroit, bien rangé, bien propre, mais remplit à ras bord de livre et de tout un tas d'objet étrange, correspondait bien à Camus.
Alors qu'il commence à regarder la couverture du livre, que le verseau lui avait donné sur ses genoux peu avant, il sentit quelque chose sur sa joue.
C'était léger comme une brise, mais doux, comme un papillon qui s'est juste poser.
Avant qu'il ne s'en rende compte, Camus vient de partir dans une autre pièce, donnant presque l'impression, qu'il fut seul.
Quelque part à Athènes, un duo se baladent, tranquillement, dans la foule athénienne.
"Cela fit si longtemps que je ne suis pas allé dans les magasins, c'est gentil de m'accompagner Shura !"
"En même temps, tu ne m'as pas laissé de choix"
En effet, Aphrodite traîne son compagnon, boudeur, à travers les vitrines, profitant d'avoir l'espagnol sous la main tant, qu'il le peut. Shura, qui fut tranquille chez lui aujourd'hui, s'est retrouvé emmené dans la ville bondée, alors qu'il espérait passer une journée de repos calme, pleine de méditation et de travaux à faire dans son temple.
"Sourit biquette !" dit Aphrodite "Profitons-en pour acheter des meubles"
"Je ne suis pas vraiment dans la décoration" dit Shura "Et puis, mon temple à son charme pour son côté rustique et minimaliste, non ?"
Le suédois rétorque "Tu me connais voyons, je t'aiderai à conserver le charme de ta demeure, simplement, il n'y a rien de mal à l'améliorer"
"Certes, certes"
Soudain, Aphrodite s'arrête, devant une boutique d'antiquité "Là, c'est parfait pour toi !"
Shura se demande si Aphrodite ne le prend pas pour un vieux à force. Il est encore jeune quand même.
Ils rentrent donc, la sonnette annonçant leur venu. Shura se sentait déjà plus à l'aise, sans le bruit de la ville et le brouhaha de la foule. Se séparant, chacun cherche dans leur coin.
Le poisson n'est absolument pas fan de cet endroit, trop vieux, pas assez glamour, ni chic, certes, il reconnaît que l'ambiance posée est agréable, mais sincèrement, il préfère se balader chez un fleuriste ou un magasin de décor plus coloré.
Enfin, c'est pour Shura qu'il regarde, ne l'oublions pas.
Alors qu'il observe des bibelots, des vielles lampes, et quelques dentelles, Shura regarde les livres anciens, certains parlant de magie et de sorcellerie.
"Ma foi, pourquoi pas, le cosmos existe bien après tout" pense-t-il nonchalant.
Cependant, un bruit l'attire à sa gauche, curieux, il jette un coup d'œil, pour trouver, étonné.
"Jabu ?"
"Sei...Seigneur Shura ?!"
L'espagnol regarde le jeune bronze, se gratter la nuque, comme semblant gêné d'être pris dans cet endroit.
"Vous, venez souvent ici ?" demande Jabu, nerveux.
"Non"
"Oh...Très bien"
Aie, le voilà encore plus mal à l'aise...Shura a toujours eu le don pour ça, il le sait, il n'est pas comme Aphrodite à sourire facilement et à blablater facilement.
"Et toi ?" demande l'espagnol "Tu n'as pourtant pas l'air d'aimer les objets anciens"
Jabu répond "Oh, ce n'est pas pour moi, c'est pour..."
Mais il n'eut le temps de terminer sa phrase, qu'apparaît, tout à coup, Nachi, des tonnes de livre à la main, l'air content. Il parle rapidement sans prendre en compte tout de suite les personnes, en particulier Shura, autour de lui.
"Regarde Jabu, des tonnes de livres de sorcellerie et de magie noire, avec ça, je suis sûr que..."
Le jeune bronze s'arrête, voyant Jabu, pointer du doigt, le capricorne. Gêné, le loup s'excuse grandement.
"Pardonnez-moi seigneur Shura ! Je ne vous avais pas vu !"
"Ce n'est rien"
Jabu se sent honteux, se demandant ce qu'il pourrait encore débarquer ici.
"Oh, des nouveaux !" dit soudainement Aphrodite.
"Seigneur Aphrodite !" dit Nachi étonné "Vous, aussi !"
"Oui, étonnant je sais" dit Aphrodite, pas très fière que quelqu'un le trouve dans ce lieu ne lui ressemblant pas.
Shura soupire mentalement, se demandant qui d'autre se trouve dans ce fichu magasin.
"Et bien, je ne pensais pas rencontrer deux petits bronzes ici" dit Aphrodite "Je pensais que vous serez dans des endroits plus, branché, vu votre âge ?"
Nachi répond timidement "J'aime les livres anciens, surtout de magie et de sorcellerie...Jabu m'a juste accompagné"
Aphrodite sourit narquoisement, adorant accumuler les dossiers, en particulier quand on le lui donne de plein gré.
Shura décide de couper court à la conversation "Je pense que l'on ferait mieux de partir Aphrodite, ne les gênons pas plus"
"Oh mais non non ! On va partir !" réponds rapidement Jabu, approuver par Nachi "ce n'est pas à..."
Cependant, le suédois décide de mettre tout le monde d'accord.
"Allons prendre un verre, messieurs !" dit-il, l'air enjoué "Après tout, nous sommes en dehors du sanctuaire, on peut se laisser aller sur nos titres !"
"Aphrodite..." dit Shura, blasé.
"Pas de discussion !" dit-il fermement.
Les deux bronzes ne dirent rien, n'osant pas aller contre cet ordre.
Aldébaran fut content d'avoir invité son ami Mu chez lui, cela a fait si longtemps qu'il n'a pas eu de la visite. Mu partage son avis, même si, cela lui fait bizarre, lui, qui a pris l'habitude de la solitude.
Autour d'un bon thé et d'une bonne tasse de café bien fort, ils discutent, calmement.
"Les travaux on l'air d'avoir bien avancé " dit Mu, en faisant référence au temple de la vierge en particulier.
Aldébaran répond "C'est sûr, bien que je me demande si Shaka aimerait tant qu'il y a l'eau courante chez lui"
"Et l'électricité"
"Surtout"
"Ou est Kiki ?"
"Il se balade, je lui laisse vaguer à ses occupations"
"Tu n'as pas peur ?"
Mu hausse les épaules " Il est habitué, et puis, je préfère qu'il soit débrouillard et qu'il ne dépend pas entièrement de moi"
Du point de vue du taureau, s'il considérerait l'un de ses apprentis comme son fils, il ne serait pas aussi à l'aise que lui. Enfin, il ne peut pas juger sur ça, encore moins son ami.
Mu fit tournoyer sa cuillère, pensif...Jusqu'à ce qu'il demande.
"Dis-moi Aldé ?"
"Oui ?"
"J'aimerais savoir deux ou trois choses, si possible, à propos de Deathmask"
Le taureau faillit en recracher son café.
"Pourquoi tu veux savoir ça ? Il t'a causé des ennuis ?"
"Oh non non, aucunement, je te rassure !" rassure le bélier, ne voulant pas provoquer des grabuge entre le cancer et le taureau "Simplement, je suis curieux"
Aldébaran hausse un sourcil, se demandant d'où la curiosité de Mu a pu être piqué, en particulier pour un personnage aussi peu sympathique qu'est Deathmask.
"Je t'écoute" dit-il, tranquillement.
Mu prit une gorgée de son thé, avant de commencer à parler...
"Voilà...Tu sais, les choses ont bien changé pendant toutes ces années, toi, moi, tous...Et on s'en rappelle encore que nous, les enfants d'hier, ne nous sommes plus vraiment les mêmes, que nous, les adultes d'aujourd'hui..."
"Logique, en effet"
"Toi qui étais si timide, moi avec mon mauvais caractère"
"Milo qui aimait faire tourner en bourrique Shion, Shaka qui avait peur des autres, Aiolia qui ne tenait pas en place" renchérit Aldébaran, se plongeant, nostalgique, dans ses souvenirs "Oh, et aussi Saga et Aiolos qui voulaient très souvent nous tuer, vu comment on les rendait fous"
Mu sourit, se remémorant ces temps durs mais simples.
"Tu vois le tableau ?" dit le bélier.
"Oui ?"
"Et bien, à propos de Deathmask...A-t-il toujours été, aussi, horrible ?"
Il y a eu un léger silence, ou Aldébaran réfléchissait, perplexe et confus à la fois...
Le taureau finit, par répondre "Il a...Toujours été mal aimable, horrible et vexant...Pas mal avec moi, surtout quand ils étaient en duo avec Aphrodite"
"Je m'en rappelle bien, hélas"
Aldébaran ne fut pas gâté par son apparence, ne lui permettant pas de se comporter comme un simple enfant, ce qu'il fait que quand il se montrait sensible, surtout au niveau des fleurs, il se faisait souvent moqué et humilier, sans compter Aphrodite qui n'a pas été tendre sur les mots, concernant son apparence.
Néanmoins, si Aphrodite semble avoir changé, en mieux, du moins, dans cette deuxième vie, Deathmask, semble s'être enfoncé dans un destin bien sombre...Si sombre, qu'elle semble le hanter encore aujourd'hui...
"Même après ton départ...Il n'a pas changé" dit Aldébaran "Pire, il est même devenu pire je trouve..."
"Comment ça ?"
"Plus cruel, plus sombre...Plus seul même..."
Mu ne dit rien, ne sachant pas quoi rajouter de toute manière.
"Enfin, je ne suis pas le plus objectif Mu, surtout avec Deathmask" dit le taureau en se redressant, agacé, comme s'il lui passait des images peu agréable, lui rappelant un passé plus douloureux. Mu comprenait bien que le sujet semble être délicat et n'insiste pas plus.
"Si tu veux mon avis, tu devras parler à Aphrodite ou Shura, ils s'y connaissent mieux que moi"
"Je ne risque pas de les gêner ?"
"Shura, aucune idée, il n'est pas facile à deviner" dit Aldé "Par contre, mon petit doigt me dit qu'Aphrodite prendrait grand plaisir, à t'expliquer deux ou trois trucs"
"Pourquoi ?"
"Et bien, ils ont toujours été ensemble, et puis, Aphrodite a toujours été prompt à défendre Deathmask pendant un large temps, je pense qu'il serait content que quelqu'un cherche à voir au-delà de ce que le cancer a voulu laisser"
"Oh, très bien"
"...Mu"
Le bélier regarde le taureau se pencher vers lui de toute sa stature, avant de décréter, l'air sérieux.
"Je ne sais pas pourquoi tu t'intéresses au cancer, mais je suis personne pour juger...Néanmoins, si jamais par, je ne sais quel excuse, ou tentative, avec plus ou moins de mauvaises intentions, il te fait du mal...Je ne te promet pas...Absolument pas...Que je ne le lui ferais pas, amèrement, payer..."
Mu, d'un sourire rassurant, lui répond "Ne t'inquiète pas, je ne veux m'immiscer dans sa vie privée, simplement, satisfaire, une simple curiosité"
Shura soupire mentalement, encore, pour la millième fois de la journée...
Le voilà bloqué à une table de terrasse, en plein centre Athènes, au milieu de la foule et tout ce bruit insupportable. Bougonnant, il regarde Aphrodite, ayant pris, voir forcé, si on peut dire, dans une conversation le chevalier du loup, qui n'ose rien dire pour arrêter ce bavardage.
Quelque chose lui dit que le suédois doit en prendre grand plaisir.
Et à côté de lui, un Jabu, muet comme une carpe, regardant ailleurs, partout, tout, sauf vers lui.
Il sait qu'il préfère la tranquillité, mais, à ce prix-là, il serait resté chez lui, or, cela fait bien une heure, presque, qu'ils sont coincés ici. Si cela continue, il va encore se commander une bière, encore, et encore, jusqu'à réussir par on ne sait quel miracle, à finir complètement saoul.
Ce n'est pas glorieux.
"Euh..." commence à dire le capricorne "Dis-moi Jabu ?"
"Oui seigneur Shura ?"
"Bon sang de...Appelle-moi Shura, s'il te plaît"
"Je n'y arrive pas" dit nerveusement la licorne "Ca serait vous manqué de respect !"
"Et si je t'y autorise ?"
"Même..."
Têtu, on dirait le chevalier pégase.
"Bon, tu sais quoi, comme cela risque de devenir compliqué lors des entraînements, tu n'as qu'à me trouver un surnom"
"Que...Quoi ! C'est encore pire !"
Shura passe une main sur son front, blasé, se demandant si ce n'est pas lui le problème à force.
"Tu y arrivais bien de temps en temps"
"Oui, mais je n'aime pas ça, c'est plus fort que moi"
Quant à Jabu, il sait que la demande du capricorne n'est pas si incongru, il a vu beaucoup de maître demander à leurs apprentis de leur appeler par le prénom, soit pour ne pas se sentir vieux, ou parce qu'ils sont proche, après, lui et Shura ne sont pas proche, mais il peut comprendre qu'il le lui demande, c'est son droit même...
Simplement, il ne peut pas, c'est plus fort que lui.
"Pardonnez-moi"
Shura hausse les sourcils, perplexe "Pourquoi tu t'excuses ? Ca m'agace, mais ce n'est pas la mort"
"Et bien, je ne devrais pas non plus vous provoquer ce sentiment, sans compter, que vous m'entraînez à ma demande" dit Jabu, en se tournant les pouces "Je devrais moi aussi faire en sorte que cela se passe bien"
Jabu garde les yeux baissés, alors que Shura le regarde, curieux.
"Pourquoi cela te gêne tant ? On dirait que c'est plus que de la timidité ou de la politesse"
Lui qui se savait très à cheval sur les règles, il se trouve lui-même étonné d'un tel comportement de la licorne, lui qui est connu comme aussi que pégase, du moins, pour l'ancien pégase, cependant, si Seiya est devenu, semble-t-il, plus mature et serein, Jabu, semble être parti pour devenir plus agressive et tendue.
"Et bien, j'ai toujours appris comme ça, depuis tout petit"
"Tu étais dans une famille stricte ?"
"Aucunement"
"Oh, un orphelinat"
"Jabu sourit amèrement "Je pense, que j'aurais aimé"
"Oh, excuse-moi, je n'insiste pas"
"C'est bon seigneur Shura" dit doucement Jabu "C'est derrière moi maintenant, du moins, en grande partie"
"Je comprends" dit-il "Il y a beaucoup de choses dont aimerai oublier, ou effacer"
Le passé n'est jamais bien loin, Shura en est parfaitement conscient. En témoigne ses cicatrices sur ses bras, devenu marque d'entraînements, de missions et de meurtres...
"Vous, avez parfois, des habitudes, dur à effacer ?" demande timidement Jabu.
"Oui, comme tout le monde j'imagine"
"Et du coup, vous arrivez, on va dire, de les cacher ?"
L'espagnol hausse les épaules "Peut-être, je ne me regarde pas toujours"
"Parfois, j'aimerai bien"
"Et bien..." dit doucement le capricorne "Si tu le veux vraiment, je pense, que tu y arriveras"
Jabu ne le dit pas, mais, cela lui fait plaisir, que le taciturne capricorne, l'encourage, certes, à sa manière, mais, le lui montre.
"Vous le pensez sincèrement ?"
"Pourquoi je mentirais"
"Je n'ai pas dit ça"
Shura eut un micro-sourire "Je le sais bien, je taquine"
L'ambiance fut plus détendue entre les deux, cependant, la glace est loin d'être tranché, sans compter leurs caractères respectifs.
"Pour l'entraînement" demande doucement Jabu "Peut-on commencer demain matin ?"
"Bien sûr" dit Shura, prenant une gorgée de sa bière.
"Merci"
Quelques semaines plus tard...
Kanon visite encore l'hôpital, cette fois, plus uniquement pour son frère, mais pour les restes des chevaliers d'ors, encore présents.
Au temple, s'il en profite pour passer de petits moments simples avec son frère, essayant malgré lui de rattraper le temps perdu et de soulager la culpabilité de Saga, il est plus compliqué pour le juge.
Sa fièvre a baissé, déesse soit louée, mais la relation ne change toujours pas.
A chaque fois qu'il entre dans la chambre, il arrive à se terrer dans un coin de la pièce, soit, à se cacher dans son placard...Dont il ne pensait pas qu'il serait assez grand pour un humain, un humain plus grand que lui en plus.
Et étrangement, il tient assez à la vie pour ne pas tenter d'ouvrir ce dernier.
Alors qu'il se dirige vers une chambre, il positive, se disant qu'au moins, le juge accepte la nourriture qu'on lui donne...C'est déjà un grand pas.
Il ouvre la porte, doucement, ne voulant pas faire de bruit quand, il entendit des bavardages, calme, assez pour qu'il ne les a pas, entendu avant.
"Tient, un revenant ?"
"Milo ?" dit Kanon, abasourdi "Tu est réveillé ?"
"Non, je suis mort et c'est mon fantôme...A ton avis connard ?"
Kanon sourit, Milo fut réveillé, parfaitement en forme, avec Camus à ses côtés. Refermant la porte derrière lui, Kanon s'avance, sincèrement heureux de retrouver le scorpion.
"Tu vas bien ?"
"J'ai mal partout et j'ai envie de me pendre à force de rester enfermé ici, dans cette maudite pièce"
Camus lève les yeux au ciel "Tu n'aurais pas mal si tu n'as pas tenté de te lever brusquement"
"Mais je n'aime pas rester assis !"
"Ne fais pas l'enfant"
"Oui Milo" dit moqueusement Kanon "Ne fait pas l'enfant"
Milo pointe son doigt manucuré vers Kanon "Ne fait pas le malin toi, ou tu vas regretter quand je me lèverai"
"D'accord, d'accord, je plaisante" dit Kanon en levant les mains devant, en signe de paix.
Milo sourit fièrement, avant de demander "Alors au sanctuaire, comment ça se passe de ton côté ? Tu as réussi à te trouver une place ?"
"Ouais, j'ai même rajouté un juge" pense-t-il avant de dire "Sa passe"
"J'espère pour toi"
"C'est gentil"
Camus rajoute "Avec Saga, ça se passe bien ?"
"On rattrape, doucement, mais sûrement, le temps perdu"
Il ne dit rien d'autre à ce sujet. Kanon aussi, préférant laisser Saga donner son avis. Il s'en doute que Milo, s'il doit vouloir tenter de se consoler avec le passé, irait parler à son frère aîné.
"Enfin" dit Milo en s'étirant, j'ai hâte de retrouver mon temple, ainsi que notre nouveau confort !"
"Tu ne risques pas de te, laisser un peu trop aller ?" dit Camus.
"Mais non, quel mal il y a de lire un bouquin avec une lampe et de prendre une réelle douche bien chaude ?"
Kanon rajoute "C'est vrai que cela change"
"Tu comptes faire quoi maintenant Kanon ?" demande Milo "Moi, je ne sais pas encore, qui sait, tu pourrais me donner une idée"
"Et bien..." dit Kanon, réfléchissant "Je ne sais pas encore, on va dire..."
"D'accord...Tu cherches encore"
"Exact" dit le gémeau, approuvant rapidement "La Guerre Sainte fut très dur et assez éprouvante, je pense on va dire, me détendre"
"Ne m'en parle pas"
Camus reste silencieux, observant l'échange entre les deux, le visage impassible.
"Se fut horrible" dit Milo sombrement "Surtout ce maudit et infâme juge, qui nous a fait sombré moi, Mu et Aiolia"
Kanon se sentait un peu nerveux.
"Jamais je n'oublierai son regard froid, son air imposant, je le déteste officiellement de tout mon être !"
De plus en plus mal à l'aise, Kanon se racle la gorge.
"Je te jure que si je l'attrape, je te..."
"Milo, ne te fatigue pas, le passé est derrière nous, cette guerre avec surtout" dit Camus, sagement.
"Qu'un dieu ou déesse, bénit le verseau" pense Kanon, soulagé de ne pas entendre la suite de la tirade énerver de Milo, surtout avec ce qu'il contient chez lui.
"Oui Milo, pense à l'avenir" dit Kanon "Fait comme moi !"
"Bon, vous avez sûrement raison, pardonner moi"
"Ne t'excuse pas, les rancœurs ne s'oublie jamais vraiment" dit Kanon "Je le sais bien, et sache que je serais prêt à te soutenir si tu as besoin"
"Merci Kanon"
Assez heureux que Milo, pas également Camus, n'ai pas remarqué son moment ou il avait l'air mal à l'aise, il continuent de discuter tranquillement, profitant de ce moment simple, comme départ du scorpion. Ce départ, doux, permettant à Milo de démarrer agréablement dans cette deuxième chance.
"Kanon, bon sang, magne toi" marmonne Saga dans sa barbe.
Quelques jours ont passé, Kanon a dû être appelé en urgence pour aider quelqu'un, qui ? Il ne le sait pas, peut-être Aldébaran. Pendant ce temps, Saga tourne en rond dans son salon, sans cesse, depuis bien plusieurs minutes.
Pour la première fois de sa vie, il se sent craintif dans sa propre maison.
Car, laissé seul, avec un juge, certes, peu mobile, mais toujours aussi dangereux. La seule tâche qu'il a pu faire, c'est amener une corbeille de fruits, afin de ne pas le laisser mourir de faim, mais, sans plus.
"Sacrebleu, je ne suis pas baby-sitter de spectre, moi, je n'ai pas envie de mourir d'un mauvais coup porté à la tête" pense-t-il agacer.
Enfin, ce n'est pas la faute de Kanon, qu'il lui a demandé ce service, gêné de demander à son frère de s'occuper, de, ce qu'il considère comme sa tâche personnelle.
Saga ne l'avouera jamais, mais, il le lui a déjà pardonné...
Quelques minutes sont passées, en fin de compte, l'aîné se dit que se faire un café et lire un livre, serait bien plus productif et reposant, que tournoyer en rond, au point de se tourner le tournis.
S'attelant à la tâche, il vient à peine de se verser du café dans une tasse, qu'il entendit un bruit, léger, mais perceptible. Se retournant calmement, pensant qu'il s'agit encore de l'écureuil venant voler sa nourriture, il se stoppe, net, quand il vit, immobile, comme lui...
Radamanthys...
Il ne bouge pas...Lui non plus...Comme si, le moindre petit doigt, frétillant, pouvant déclencher une catastrophe...
Si Saga n'en montre rien, intérieurement, c'est la panique, l'apocalypse même...
"MERDE MERDE MERDE MERDE MERDE ! Pourquoi par Athéna, c'est moi qui dois lui tomber dessus quand ce maudit juge décide de sortir son popotin hors de la chambre !? " pense-t-il paniquer "Bougera, ne bougera pas...?...Je fais quoi...?...TU FAIS VRAIMENT CHIER KANON !"
La bonne nouvelle pour lui, c'est que le juge ne semble pas vouloir l'attaquer, néanmoins, il reste à bonne distance, le regard méfiant...
Radamanthys se tient droit, ne voulant pas donner l'impression d'être en position de faiblesse, malgré la tenue peu vêtu, que Kanon lui a laissé. Bon, ce sont ses propres affaires, rien de bien affriolant.
L'ennui, c'est que Kanon à pas dû trouver des vêtements à la taille, du juge, plus grand et imposant que son frère, et lui-même. Il a réussi à trouver un pantalon...
"Merci Seigneur" se dit Saga, heureux de ne pas se trouver dans une situation plus embarrassante "Par contre, le haut...Arg ! Oublie Saga, oublie, tente quelque chose, ou, on y sera pour la prochaine Guerre Sainte !"
"Euh..." dit-il doucement "Café ?"
Le juge hoche la tête d'un côté, perplexe...
"Bravo Saga, décidément, tu as toujours le mot pour illuminer l'ambiance..." pense-t-il, dépité de lui-même.
Prenant son courage à deux mains, et la cafetière, Saga sert une tasse et prudemment, le pousse de l'autre côté de la table. Reculant rapidement, il reste vers le lavabo, ses mains accrochées à sa tasse.
Le temps passant, Radamanthys finit par prendre, doucement, la tasse devant lui, avant de reculer pour se coller vers le mur. Le silence pesant, ne s'en allant pas, Saga se dit, que, quitte à rester dans la même pièce qu'un juge, autant, tenter un premier contact.
Jusqu'à ce que Kanon arrive au moins...
"Euh...Dites moi...Juge Radamanthys...?" commence à dire Saga "Vous allez bien ?"
Pas de réponse, le juge garde ses yeux sur sa tasse. Le gémeau se demandant s'il l'a écouté.
"Votre fièvre...?"
Pas de réponse, encore, Saga pense donc qu'il refuse de parler. Alors qu'il bougonne dans son coin, il entendit, tout à coup...
"...Mieux..."
Saga n'en croyait pas ses oreilles, il a même cru rêver...Non...Il peut être fou, mais, pas sourd...
"Oh...Bien...Tant mieux..."
"..."
"Et...Comment vous, vous sentez dans la chambre..."
"...Ca va..."
"D'accord...D'accord..." dit Saga, mal à l'aise "Euh...Vous connaissez le café, en enfer ?"
"Non...C'est comme ça, que cela s'appelle ?"
"Oui, vous aimez bien ?" dit-il Saga "Voilà Saga, continue de le vouvoyer, à mon avis, ce genre d'énergumène doit être très à cheval sur ce genre de chose" pense-t-il, un peu fière de maintenir la conversation.
Qui aurait cru qu'un jour, il parlerait à un spectre, juge même, autrement, que dans un combat. Nul doute que si on lui avait dit ceci, il n'y aurait pas cru, un seul mot. Cependant, Radamanthys semble méfiant, quoique, un peu perdu, se rappelle-t-il de tout depuis que Kanon l'a amené chez eux ?
"Ca va..."
"Pas très causant, je retiens..." pense Saga "Et donc...Kanon, vous, vous en rappelez ?"
Le sourcil se fronce, le regard se fit perçant, rien, qu'à la mention de son frère...Ce ne fut pas bon signe.
"Oubliez ça..." dit Saga, un peu nerveux.
"...C'est bon, parle..."
Saga décide d'ignorer le ton légèrement autoritaire, bien que peu appréciable, il sait, que cela ne va rien mener. Pour l'instant, il reste calme, ainsi, le plus poliment possible, il continue la conversation...
"Et bien, je ne sais pas, le passif, entre vous...Néanmoins, il vous a amené ici, pour sincèrement vous aidez, et, je me demandais..."
"..."
"Sans être obligé de répondre, pourquoi vous habitez dans la forêt, maintenant ?"
"..."
"Je vais prendre ceci pour, une réponse..."
"...C'est, personnel..."
Saga pose sa tasse, sans décrocher des yeux le juge "Mon frère ne va pas tarder à rentrer" dit-il en regardant l'horloge de la cuisine "Voulez-vous, rester ?"
Radamanthys regarde sur le côté, pensif, réfléchissant sûrement à la proposition "Si tu ne vois pas d'inconvénients, je me mettrais dehors..."
"Non, non"
Chaque temple à son extérieur, celui des gémeaux et un jardin bien vert et lumineux, néanmoins, le temps passé à être à l'abandon, a rendu les herbes hautes, cachant le moindre pied dedans. Les arbres sont encore vigoureux, mais on voit que certaines branches sont prêtes à tomber sur la tête du malheureux qui passerait par ici.
Radamanthys s'installe sur les marches, toujours la tasse en main, regardant le jardin, sans sembler plus intéressé que ça.
Nul ne sait pourquoi, maintenant, le juge s'approche d'eux...Saga n'a pas envie de lui poser plus de questions, et puis, ce n'est pas censé être son boulot de s'occuper de lui.
"Je te jure Kanon, quand tu reviendras, je te passerai le pire, savon, de ta vie !" pense-t-il, en colère contre son frangin.
Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me donner votre avis dessus ^^
