Je vous retrouve pour une nouvelle fanfiction essentiellement centrée sur des OCs: les miens ainsi que ceux d'une amie.

Je vous avoue que cette histoire me tiens un peu à cœur. C'est fictif bien sûr mais les sujets abordés sont réels, sont fréquents dans le Caucase et même si ça paraît très pessimiste de ma part, je sais que d'une manière ou d'une autre, ces situations se reproduiront bientôt dans la région comme toujours et si je peux sensibiliser sur ça en le faisant à travers une œuvre que j'apprécie, alors je n'hésite pas !

Le titre fait référence à Naltchik, capitale de la Kabardino-Balkarie. Une très belle ville dans une magnifique république Caucasienne.

Voici la présentation des personnages principaux:

- Bosnie-Herzégovine: Boro Mushanovic

- Ingouchie: Ali Chamilev

- Géorgie: Zaal Thamarchvilli

- Kabardino-Balkarie: Dahe Valii (Ueliikher) Inal

- Tchétchénie: Nej Chamilev

- Abkhazie: Mizan Gulia

Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser une review !


En se levant ce matin, Boro savait d'avance qu'il allait passer une sale journée. Son réveil n'avait pas sonné donc il était en retard pour sa nouvelle journée de cours, une dispute avait éclaté entre ses frères et sœurs ce qui avait bousillé le moral de tout le monde, surtout le sien. Mais son frère aîné l'avait rassuré comme il pouvait, maladroitement certes mais son humeur s'était amélioré et il était partie au lycée, l'esprit un peu plus tranquille.

Son moment de répit n'avait pas duré puisqu'à peine arrivé en classe, il s'était tapé un contrôle surprise en philosophie et bien sûr, il n'avait pas révisé ses leçons.

C'est ainsi qu'il avait passé sa matinée qui n'avait durée que trois pauvres heures mais qui pour lui était passées d'une lenteur insupportable.

- C'est vraiment la pire journée, je hais le lundi..., Soupira Lazar.

- Pareil, quel salaud met des contrôles surprise de philo un lundi matin ! Se plaignit à son tour Noyemie.

Boro ne dit rien mais approuvait silencieusement; il détestait vraiment ce lycée, ses profs et même la plupart de ses camarades de classe. Les adultes étaient tous méchants et les ado, idiots. Il ne savait toujours pas comment il avait fait pour étudier sans tirer une balle sur quelqu'un voir sur soi-même tout simplement.

Le seul avantage qu'il pouvait accorder à cette école c'est sa modernité. Le bâtiment principal donnait l'impression d'être dans un film de science-fiction, et puis ils avaient la télé gratuite. Enfin... C'était surtout un moyen de divertir les élèves durant la pause en passant quelques dessins animés ou les infos du jour mais c'était déjà bien.

En repensant à cette fameuse télé, le bosniaque se tourna vers celle-ci et remarqua la petite foule qui s'était formée devant. Le son de la télé augmenta soudainement, plongeant tout le bâtiment dans un silence pesant. Tous les élèves étaient maintenant concentré sur la télé qui passait les infos.

Si d'habitude, il s'agissait de nouvelles centrées sur la France ou sur l'Europe, ce n'était pas le cas aujourd'hui. C'était même une surprise d'entendre la présentatrice prononcer le mot "Caucase" alors que personne n'en avait jamais vraiment parlé depuis des années.

Noyemie et Boro s'étaient aussitôt rapprochés, suivies de leur ami qui n'en avait honnêtement rien à faire. Pas grand monde n'était intéressé par la nouvelle, ce n'était pas vraiment une nouveauté; une guerre civile avait démarré et faisait des ravages, comme dans plusieurs autres pays dans le monde. Ils n'étaient pas concernés de toute façon donc à quoi bon s'en soucier ?

- "Après plusieurs mois de silence, le groupe de journalistes envoyé à Erevan, la capitale arménienne, donne enfin des nouvelles sur la situation du Caucase en proie à un terrible conflit peu médiatisé et pour cause, la récolte d'informations est compliqué entre la propagande russe, les enlèvements, les prises d'otages et les bombardements. Ce conflit, eu départ civil et essentiellement centré sur Grozny, s'est étendu dans tout le Caucase du Nord et touche à présent la Géorgie. Des chiffres officiels ont enfin été donnés et ils sont dramatiques; plus de trois cent milles morts du côté russe, dont une centaine de disparues et des blessés de plus en plus nombreux. Les chiffres sont plus inquiétant du côté des insurgés qui..."

Boro avait arrêté d'écouter lorsque la présentatrice a expliqué l'étendu du conflit. Il ne savait rien de cette région, il n'y connaissait rien au Caucase, mais Grozny ne lui était pas inconnu. Il savait qu'il s'agissait de la capitale de la Tchétchénie et, même si il était plutôt jeune à l'époque, il se souvenait des protestations au centre de Sarajevo contre la guerre, des bosniaques qui protestaient contre les bombardements russes sur Grozny.

Il n'aurait jamais cru entendre ce nom à nouveau après tant d'années et surtout pour les mêmes raisons: guerre et bombardements.

- "L'union européenne et le Pentagone se sont engagés conjointement dans des négociations avec Moscou au sujet du conflit afin de parvenir à une solution pacifique et garantir la préservation des villes et du patrimoine culturel du Caucase du Nord. Aujourd'hui, nous savons seulement que trois grandes villes emblématiques de Ciscaucasie sont tombées: Soukhoumi, Grozny et Naltchik."

Le balkan senti son souffle se couper. Le nom de la ville résonnait dans sa tête en boucle.

Naltchik

Naltchik

Naltchik...

- On a peut-être pas grand chose mais nos paysages sont les plus beaux ! Dzhily-Su, Elbrouz et surtout Naltchik, notre capitale ! Tu devrais visiter un jour, c'est vraiment joli !

Il n'avait jamais visité Naltchik. Il n'en avait jamais eu l'occasion mais le nom de la ville lui était resté en tête jusqu'à aujourd'hui. Et il venait d'apprendre qu'il ne pourra probablement pas la visiter avant très longtemps voir jamais. Peut-être qu'il ne le reverra jamais lui non plus...

- Boro... Boro !

Noyemie lui donna une tape derrière la tête, sortant le bosniaque de ses pensées. Il regarda un peu autour de lui et remarqua un élève assis à l'écart, pleurant silencieusement malgré les tentatives de son ami pour le calmer.

Il n'avait aucune famille là bas, aucun ami, aucun lien avec cette région. Mais voir cet élève si désespéré par la situation lui fit monter les larmes aux yeux.

Il aurait aimé visiter Naltchik avant tout ça...