Note de l'auteure:

Cette histoire raconte l'après, quand tout est terminé ou, du moins, quand on croit que tout est fini.

Cloud et Tifa essayent d'avancer, comme ils peuvent, entourés de tous leurs amis, pas toujours très doués, hélas.

Une ultime aventure pour un couple qui n'en est pas un et qui doit tout réapprendre sur la vie.

Post Advent Children et Dirge of Cerberus

Essentiellement basé sur le jeu original, avec quelques emprunts au remake.

Sans oublier une touche de folie, d'humour, d'amour et de larmes!


Prologue

Deux ans auparavant.

La terre vibrait sous l'attaque qu'elle subissait. Un météore d'une dizaine de kilomètres d'envergure était au plus proche de son point d'impact, soulevant la couche terrestre et libérant la pression des volcans alentours.

Du vaisseau dont l'arrivée providentielle les avait tous sauvé, un groupe d'amis blessés et épuisés, liés par le sort funeste qui les attendait, ne quittaient pas des yeux cette ultime bataille.

Leurs cœurs étaient suspendus aux quelques secondes précédent la déflagration, priant pour qu'un miracle se produise et mette un point final au piège maléfique savamment installé par un esprit dévoré par la haine et la vengeance.

Quand soudain, alors que la roche née de l'obscurité du monde percutait avec violence l'origine de toute vie, une lumière fendit l'espace telle une lame divine, s'arrachant à la terre comme le cri d'un nouveau né.

Gaia hurlait tout à la fois. Son désir de vivre, son refus de se soumettre au jugement dernier et sa douleur, alors que son adversaire brisait toutes ses défenses.

La rivière défia la gravité pour se diriger droit sur l'intrus, comme autant de globules blancs devant une dangereuse infection.

Mais c'était trop tard...

Rien ne semblait pouvoir détourner la mort de sa cible, s'enfonçant sans ciller au travers la plaie sanglante et se rapprochant inéluctablement du cœur de toute chose.

Et alors que tout était perdu, une voix s'éleva depuis les ténèbres, réveillant tous les espoirs. Chaque esprit pu entendre le dernier vœux d'une âme rendue trop tôt à son créateur et de cette prière naquit l'ultime œuvre d'une planète dont le chant du cygne resterait, cette fois-ci, coincé dans ses entrailles.

Sacre, énergie pure et absolue, aussi destructrice que créatrice, était venue en ce monde pour cautériser ses plaies et annihiler le virus qui cherchait à le tuer.

Sa lumière digne d'une étoile à son firmament, transperça le météore de part en part avant de le réduire en ce tas de poussière, dont il n'aurait jamais du sortir.


Deux mois plus tard.

- Strife Delevery Service? Pourquoi vous voulez coller mon nom là dessus?

Cloud regardait, avec énormément de scepticisme, le camion que venait d'acquérir Barret Wallace. L'ancien chef de leur groupe, Avalanche, toisait fièrement, les mains sur les hanches, le nouveau véhicule blanc qui lui permettrait d'assurer les échanges entre Edge et les autres villes de la région.

- Parce que ça sonne mieux! Arrêtes donc de râler. Avoues que ça claque!

C'était à se demander s'il n'allait pas être à l'étroit dans une cabine si simple. Barret n'était pas un petit gabarit et jouait même carrément dans la catégorie poids lourd. Du haut de ses deux mètres dix, la montagne devait bien peser dans les cent trente kilos de muscles et Cloud était certain que le camion s'affaicerait à la seconde où son ami mettrait un pied sur la ridicule petite marche.

- T'es pas fait pour ça, tu sais?

Posant ses immenses yeux noirs sur lui, l'artilleur le défia d'aller au bout de sa pensée. Son teint était celui des roches volcaniques qui ne connaissaient jamais la paix et ses cheveux taillés très courts se dressaient sur sa tête tel un nuage de cendre noir. Une éruption se préparait, certainement due à une quarantaine d'années d'insatisfaction, de stress et de déception et tout ceci allait sévèrement leur péter à la figure, un jour, sans crier gare.

Blasé, le blond se détourna de ce paysage menaçant et retourna dans le bar, le Heaven, tenu par sa meilleure amie, Tifa Lockhart. La barmaid s'affairait aux côtés de leur folle bande, à la création de cette nouvelle entreprise qui leur permettrait, à tous, de se trouver une place dans ce nouveau monde. Et comme à leur début, cet endroit familial et fédérateur, serait le lieu parfait pour démarrer une nouvelle vie.

Avant même de franchir la porte, Cloud pouvait entendre sa voix douce mais ferme, porter son agacement au travers les murs. Il pouvait imaginer ses grands yeux rubis tirer des salves incendiaires à son malheureux interlocuteur et ses mains délicates se refermer avec violence sur le bois d'une chaise, à défaut d'une nuque. La jeune femme n'avait pas vingt cinq ans, mais elle dégageait une force que personne ne devait sous-estimer pour son propre salut. Ses longs cheveux bruns qui descendaient le long d'un dos musclé et d'une taille parfaite, étaient une arme dévastatrice lorsqu'ils se balançaient au rythme de ses pas, au même titre que sa poitrine dont elle savait manier toute l'ampleur sous des yeux voraces, sans oublier ses lèvres, dont la douceur laissait rêveur, quant son simple sourire pouvait défibriller n'importe quel cœur trop fatigué.

Mais ce qui finissait toujours par achever toutes les âmes qui s'approchaient trop près de la jeune femme, c'était indéniablement sa profonde gentillesse. Si ses jambes et ses poings pouvaient fracasser un ennemi en l'espace de quelques secondes, il lui fallait moins de temps encore pour tendre une main à un ami, ou un parfait inconnu, dans le besoin.

Tifa était ainsi, un vrai cœur d'artichaut. Et il lui fallait bien un tel don pour supporter l'éternel dépressif que le blond s'entetait à devenir.

- Mais écoutez moi, bon sang! Rallier Juno est notre priorité, c'est le seul port qui est encore en état. Et on a besoin de rétablir la ligne avec l'autre continent.

- On a le Shera pour ça! Mon vaisseau peut faire le tour du monde!

Soufflant toute sa lassitude face au manque de lucidité du pilote, la jeune femme planta ses yeux carmins dans les siens, éternellement perdus quelque part entre les nuages et le soleil.

- Tu te fiches de moi, Cid? Dois je te rappeler que ton précieux aéronef est en kit depuis son dernier tour dans le cratère nord?

Cid Highwind, les sourcils froncés, tira sur sa cigarette avant de libérer la fumée au travers de dents serrées. La gamine l'agaçait à toujours avoir raison. Elle lui rappelait sa femme, et à cause de ça, il était incapable de réagir autrement qu'en s'enfermant dans un mutisme boudeur.

Passant une main calleuse dans ses cheveux blonds, taillés sous le coup de la colère, il tenta une approche différente, se souvenant qu'il avait quand même dix ans de plus qu'elle et qu'il devait arrêter de se comporter comme un sale gosse.

- OK, va pour Juno. Mais on fait comment pour le carburant? Tous les réacteurs sont à l'arrêt depuis que la rivière et Sacre les ont tous détruit. La cité tourne sur les réserves de la Shinra et d'après Rufus, le fond est déjà visible, malgré toutes les mesures restrictives mises en place. Sans compter que ça fait plaisir à personne de devoir compter sur ces voyous.

Le silence qui suivit autour de la table fut rompu par un grincement de porte, franchit par l'autre blond de la bande, plus jeune mais tout aussi acariâtre, et qui marmonnait tout un tas de malédictions à l'attention des imbéciles qui avaient osé coller son nom, à lui, sur ce fichu camion.

Ces deux là, partageaient d'ailleurs un autre raccord physique. Des yeux d'un feu bleu, paradoxalement glacial, qui figeaient quiconque osait les regarder avec insistance. Même si pour Cloud, une pointe de vert lumineux faisait briller ses iris, signant la présence de mako dans son sang et de son ancienne appartenance à l'élite de l'armée génétiquement modifiée par la Shinra Corporation.

- Si c'est l'énergie qui t'inquiète, j'ai entendu que le réacteur numéro trois était sur le point d'être relancé par les Turks. Et la mine de charbon de Nibelheim a été rouverte.

L'ancien soldat avait balancé l'information, comme on jetterait une grenade dégoupillée, au milieu d'un champs de mines, et s'orienta directement derrière le comptoir, pour se servir un café. Pas encore trente ans et déjà totalement accro à la caféine.

- Les Turks? L'unité spéciale de Rufus? Elle n'a pas été dissoute? Et c'est quoi cette connerie avec le réacteur?! Ils ont rien compris, ces abrutis!

Cid n'en revenait pas. Alors comme ça ce groupe d'assassins était toujours opérationnel et bossait pour l'héritier de la firme? Quel genre d'avenir allaient ils bien pouvoir construire, ceux là? Rufus Shinra était à la tête d'un héritage de cadavres, de monstres et de cauchemars. Et cela ne le troublait tellement pas qu'il rouvrait un réacteur, le salopard.

- Tu iras leur demander. Dites, qui a décidé que mon nom devrait servir pour l'entreprise?

Le regard de glace se fit électrique, alors qu'il se posait sur les occupants de la salle. Remuant sa cuillère pleine de sucre pour tenter d'adoucir un nuage noir, et les pupilles rétractées, le Soldat avait tout d'un psychopathe en manque d'herbe à chat. Sa longue chevelure or rappelait à Tifa le plumage d'un chocobo, immense volatile atteignant souvent les deux mètres au garrot, majestueux, têtu comme un mur de briques et susceptible comme une fille qui ne rentrait plus dans son 36, et sa carrure était celle d'un dieu vivant façonné par Minerve en personne, avec amour et énormément d'obsession.

Pour la jeune femme, il était un vrai fantasme sur pattes. Chacun de ses muscles avaient été dessinés avec une incroyable finesse, visibles mais discrets, sans aucune exagération. S'il n'avait pas été dans l'armée, il aurait été un merveilleux danseur après lequel un public complètement fou et désœuvré aurait couru. Parce qu'il dansait superbement bien, en plus, ce fichu rêve inaccessible.

Heureusement pour Tifa, il n'était pas gay. Sinon elle aurait dû laisser s'envoler toutes les étoiles qui peuplaient sa tête, comme les papillons qui avaient élu domicile dans son bas ventre. Tout en se faisant nonne et éleveuse de chats. Ça ou plonger dans le sexe et l'alcool. Elle n'était pas encore sûre.

Pour autant, le combat était loin, très loin d'être gagné pour la brune.

Taillé dans le marbre, le regard incertain et la délicatesse dans le moindre de ses gestes, il pouvait être bi. Le traître. Ou l'opportun

Question de point de vue.

Pour Tifa, ce serait assurément de la traitrise et risquerait de multiplier considérablement ses rivaux, la poussant fermement à songer à acquérir un crematorium pour se débarrasser de tout ce petit monde discrètement. Le sous-sol du bar n'était pas assez grand. Elle s'était renseignée.

Point positif toutefois, Cloud avait beau dégager un sex-appeal dès plus torrides, il ne s'en rendait même pas compte, complètement aveugle qu'il était.

Mais cela faisait aussi tout son charme.

Il n'y avait rien de plus contradictoire et de plus fou qu'un cœur épris.

Et celui de Tifa s'emballait tellement, à la vue de cet homme et depuis si longtemps, que son palpitant avait déjà vécu trop de vies pour une seule âme.

Elle l'avait vu grandir, puis disparaitre, pour revenir perdu comme jamais. Meurtrit profondément dans sa chair et son âme, il avait connu ces épreuves qui feraient de n'importe qui, non pas un vainqueur, mais un survivant.

Lui qui avait sauvé le monde, était persuadé de valoir moins qu'un vulgaire sac de vieilles noix de caroubes, friandises préférées des chocobos. Et à chaque fois qu'il prononçait cette sentence terrible vis à vis de lui-même, le cœur de la brune se fissurait un peu plus. Mais elle savait aussi pourquoi il pensait ainsi, pourquoi il souffrait autant et pourquoi il se punissait encore aujourd'hui.

S'il avait sauvé le monde, il n'avait pas pu sauver la femme qu'il avait aimé, ni elle, ni le plus précieux des amis qu'il avait eu, par le passé. Deux jeunes personnes qui s'étaient sacrifiées dans cette folie, pour lui donner la force nécessaire à la victoire.

Alors, oui, pour Cloud, sauver un monde dans lequel les gens qu'il aimait n'étaient plus, n'avait vraiment rien de glorieux.

Aerith Gainsborough et Zack Fair, étaient leurs noms. Une longue chevelure châtain, de grands yeux verts et un sourire magique, pour l'une, et des cheveux noirs comme la nuit, de grands yeux bleus teintés d'un vert brillant, et une détermination chevillée au corps, pour l'autre.

Elle avait été la dernière Ascient du monde, descendante d'une lignée disparue d'humains capables d'entendre la voix de Gaia, la voix de Minerve, mais aussi toutes celles des défunts qui circulaient dans la rivière de la vie. Avant d'être fauchée par le plus terrifiant des adversaires, qui, contrôlant un blond amoureux, retenant toute action, l'arracha sous ses yeux. Mais Aerith connaissait son destin et savait que c'était là, la seule voie possible pour un avenir meilleur.

Un avenir meilleur pour les autres, mais certainement pas pour un Soldat anéanti.

Quant à Zack, il avait été un puissant soldat de première classe, plus âgé de quelques années que le blond. Victime des mêmes atrocités que son cadet, leurs esprits s'étaient mués en un seul, les liant comme des frères, et les poussant à une solidarité puissante, au cours des cinq années de tortures infligées à leurs corps, par les scientifiques de la Shinra. Plus fort que tous les autres, Zack avait finalement trouvé un moyen de s'enfuir, emportant avec lui, son précieux petit frère, inconscient, perdu dans les abimes de sa mémoire. La mako, énergie vitale de la planète, aussi appelé rivière de la vie par les Ascients, avait été injectée au plus profond de leurs âmes, avec l'ADN d'une autre entité, maléfique.

C'était le Projet S.

A l'époque, la Shinra cherchait coute que coute à créer des clones de son premier super soldat, jugé meilleur en absolument tout, mais qui leur avait échappé, comme toute création parfaite. Sephiroth Crescent. Et ce terrible ennemi, qui ne cessait d'hanter le dernier soldat en vie, s'amusait constamment à lui rappeler sa piètre condition de clone, de marionnette, dont l'esprit était si faible, qu'il était aisé de le manipuler et de le faire douter d'absolument tout.

Zack était mort au cours de ce sauvetage, pour protéger la vie du plus jeune, et lui avait alors légué tous ses rêves, au travers d'une injonction impossible.

Il lui avait demandé de vivre pour eux d'eux.

- C'est moi qui ai choisi!

Marlène Wallace dessinait avec beaucoup d'application le nouveau logo de l'entreprise, aux côtés de Cid. La petite fille de six ans avait ce regard espiègle, sombre, intelligent et comploteur, propre aux enfants qui allaient en faire voir de toutes les couleurs aux adultes de leur entourage. Et cela commencerait par un soldat mal luné.

- Et depuis quand tout le monde t'écoute, toi?!

- Hep, le hérisson, parles mieux que ça à ma princesse d'amour!

Le sourire vainqueur d'une gamine énervante, couvée par le regard brun et surprotecteur d'un tank armé dont les canons s'étaient tous braqués sur lui depuis qu'il avait franchi la porte du bar, fit rendre les armes à un pseudo héro trop désabusé pour combattre.

- Alors ma puce, ça avance ce logo?

- Oui! Regardes!

Devant le gribouillage enfantin juste, immonde, Cloud poussa un long soupir et décida qu'il n'en avait plus rien à faire, de rien. Qu'ils aillent donc mettre ça sur le camion. Après tout, ce n'était pas lui qui le conduirait et qui en subirait les moqueries.

- Je refuse de mettre ça sur mon aéronef!

- Oh...

C'était sans compter le franc parler d'un pilote bien moins enclin que le soldat, à faire des concessions.

- Cid.

- Cid...

- Papy...

Les lèvres de Marlène se mirent à trembler et ses yeux se noyèrent de larmes. Mais, étonnement, la petite fille se renfrogna à grands coups de manches sur les yeux, déchira son dessin et recommença sur une page blanche. Dans le plus grand silence et sous les regards surpris de toute l'assistance.

Comme tous les membres de ce groupe, Marlène n'était pas une petite fille classique. Elle n'était déjà, pas vraiment la fille de Barret. Ce dernier l'avait adopté suite au décès de son meilleur ami, qui avait déjà lui-même dû dire adieu à son épouse. La petite fille avait fait alors la connaissance, à trois ans, de son nouveau papa ours et cela avait été la plus belle rencontre de sa jeune vie. Ce père, qui avait appris à l'être au fil des années, se donnait corps et âme à l'être fabuleux qu'était la fillette, son plus beau cadeau dans une vie jugée, jusqu'alors, toute pourrie.

Ayant besoin d'une aide féminine, il l'avait naturellement beaucoup confié aux soins de Tifa et de Jessie, les deux femmes de l'unité d'Avalanche, pendant le temps où le groupe écolo-terroriste était actif. La brune étant la seule à avoir survécu, le lien entre les deux filles s'était considérablement renforcé, ouvrant la voie à un sentiment plus maternel.

Et puis, était arrivé Cloud. Même s'il l'avait complétement effrayé au début, la prunelle des yeux sombres de Barret était vite tombée sous son charme, au plus grand désarroi d'un jeune homme qui ne savait absolument pas quoi faire avec tout ce qui était petit et innocent. Mais, il avait lâché prise, comme tout le monde, devant l'acharnement d'une petite fille déterminée et câlineuse professionnelle. C'était devenu son papa blond.

Et avec Cid, elle avait aussi un papy blond, bien que ce dernier ne soit pas le plus vieux. Mais il mettait tellement d'énergie à passer pour un vieux chien renfrogné, que les plus jeunes l'avait surnommé ainsi.

- T'es pas gentil. Excuses toi, vilain papy!

- Rofl.

Sous les yeux perçants d'une ninja infernale, le pilote quitta la table pour aller bouder au bar, en compagnie d'un autre champion dans ce domaine.

La petite brune était son pire calvaire. Seize ans et toujours en train de le chatouiller. Yuffie Kisaragi, héritière du clan du même nom, dont le paternel était l'actuel chef incontesté. Une famille de ninja régnant sur la région du Wutai depuis des siècles et ayant des soldats partout dans le monde. La gamine était aussi agile qu'un bébé pampa. Trop mignonne et piquante à souhait. Encore une qu'il ne fallait pas sous estimer. Elle distribuait les shurikens comme des bisous et sautillait partout telle une puce dans les poils de Nanaki.

- Hmm...

Le lion étira toute sa puissante musculature, baillant outrageusement, et laissa apparaître chacun de ses crocs tranchants, avant de se secouer et venir poser sa tête ensommeillée sur la table où dessinait la petite fille.

- J'ai faim.

L'animal, dernier de son espèce, avait fait l'objet de nombreuses expériences abominables au sein des centres de recherche de la Shinra. Il avait lui aussi, en son sang, la capacité des Ascients, et avait beaucoup suscité la convoitise du Professeur Hojo.

Nanaki avait un pelage rouge feu, dont l'élément faisait tellement parti de lui, qu'une flamme éternelle embrasait le bout de sa queue. Quand il ne parlait pas de nourriture, il était d'une infinie sagesse, doux protecteur des âmes brisées. Elevé depuis son plus jeune âge par un vieil homme à Canyon Cosmo, il avait tout appris de son grand-père, comme il l'appelait encore aujourd'hui. Comme un autre de leurs amis, il serait de ceux qui survivraient à la ruine du monde, béni d'une très longue vie.

- Et moi j'en ai marre. Personne ne m'écoute.

Tifa, maudissant chaque imbécile qui composait son groupe d'amis, s'assit sur la chaise qu'elle n'avait pas arrêté de martyriser et posa son front sur la table, disparaissant derrière ses cheveux bruns.

Jusqu'à ce qu'une main, paternelle, ne se pose sur sa tête.

- Tu sais très bien que si. On fini toujours, tous, par faire exactement ce que tu dis.

Un petit sourire aux lèvres, la jeune femme se sentit rougir à cette affirmation doublée d'une forme de reconnaissance indirecte.

La porte grinça de nouveau, sous les pas lents d'un nouveau visiteur.

- Tiens Tifa, j'ai rapporté ce que tu as demandé.

Un homme, à l'allure des plus mystérieuses, déposa un grand sac en tissu sur une table libre, avant de se défaire de son manteau de cuir écarlate. Vincent Valentine était quelqu'un de particulièrement discret, malgré cette couleur sanguine qu'il portait fièrement, trompant régulièrement son monde en se faisant passer pour un vampire, par exemple. Grand, élancé, de longs cheveux noirs descendant en cascade sur sa nuque et sur ses épaules, il avait dans les yeux, la souffrance d'une vie trop longue pour un corps qui ne faisait pas trente ans. Car lui aussi, avait tout perdu, avant de se voir proposer une forme de renaissance.

Alors qu'il allait se retourner, une ombre le percuta, le faisant reculer d'un pas.

- T'étais où!? Je voulais t'accompagner, moi!

Se laissant étreindre par la jeune fille qui passait aisément du statut d'adolescente immature et trop énergique pour les nerfs d'un pilote, à la brise glaciale d'une main mortelle délaissant une gorge cernée de rouge, Vincent garda le silence, perpétuellement surprit par cette recherche de contact dont il faisait désormais l'objet.

- Gamine! Arrêtes de te jeter sur les gens comme ça! Ton père t'a rien appris?!

Et le pilote se renfrogna aussitôt, pensant subitement que c'était justement à son paternel que la jeune fille devait son comportement spontané. Après tout, il était son professeur d'art martiaux et avait fait de son unique enfant et héritière d'un puissant empire, un dangereux assassin.

- Je trouve qu'il y a du mieux, moi. Contrairement à nous, la petite n'a pas encore essayé d'étrangler Vincent.

Barret souriait de toutes ses dents, aussi moqueur que mordant.

- Je suis pas petite!

- Si, t'es une naine!

- C'est toi qui est un monstre!

Les autres, soudainement anonymes aux yeux d'une crevette menaçant un monolithe des pires souffrances, partagèrent brièvement un regard blasé, avant de se détourner du spectacle. Tifa rejoignit leur ami ténébreux pour faire le point sur ce qu'il avait ramené, quand les deux blonds au bar étaient à la limite de sniffer directement le café avec du sucre, directement dans les narines. Et puis il y avait un lion à l'agonie, bavant sur le sol en pensant à sa future proie, vu que personne ne se souciait de son estomac, sagement allongé au pieds d'une chaise, de laquelle se balançaient les jambes d'une petite fille en pleine création.

Aucun d'eux n'étaient prêts pour la suite, mais il n'y avait ni angoisse, ni tristesse à cet instant.

Juste des crayons de couleurs, un sac rempli de surprises et beaucoup de sucre dans un café bien noir.


Chapitre 1

Deux ans plus tard.

Cloud n'en pouvait plus. La journée avait été longue et il n'avait qu'une seule envie : rentrer se coucher. Ses paupières n'en finissaient pas de s'alourdir sous le poids de sa fatigue, alors qu'il luttait pour rentrer chez lui sans s'encastrer quelque part. Dans ces moments là, il oubliait tout. Même les raisons qui le poussaient à sortir sa moto tous les matins.

Au début, cela n'avait été qu'un moyen de tromper l'ennui et surtout... De l'empêcher de déprimer.

Et cela avait plutôt bien réussi jusqu'à maintenant. S'ennuyer ou se morfondre étaient devenus un luxe.

Il ralentit alors qu'il pénétrait enfin dans la ville.

Edge, descendance d'une capitale détruite, continuait sa construction, et de nuit, cette ville persistait dans sa course folle, même s'il dû ralentir encore lorsqu'il s'engagea sur le nouveau périphérique, qui lui permettrait de rejoindre rapidement son quartier. Malgré le trafic intense qu'il y avait ce soir, cette nouvelle installation lui permettait de mettre considérablement moins de temps pour rentrer.

Voyant sa sortie, il braqua légèrement et sa moto prit naturellement la voie qui le mènerait à son oreiller.

Son quartier s'ouvrit sous ses yeux, baigné par la lumière de quelques lampadaires et des bars encore ouverts à cette heure tardive.

Et en parlant de bar, il arriva doucement aux côtés d'un petit bâtiment qu'il connaissait bien. Depuis sa moto, il actionna l'ouverture du garage pour entrer et se garer. La lumière du comptoir était encore allumée, mais les autres fenêtres montraient que le reste des habitants semblaient dormir paisiblement. Ce qui fit naître un sourire timide sur ses lèvres.

Ces enfants... Il était fréquent de les voir l'attendre de pieds fermes, armés de questions et de récits sur leur journée respective. Et même s'il rentrait souvent tard, ils s'arrangeaient pour rester debout le plus longtemps possible, malgré les menaces, toujours plus imaginatives, de Tifa.

Lorsqu'il descendit de sa moto, il sentit ses muscles se plaindre. Cela faisait des jours qu'il travaillait, sans prendre vraiment de repos. Tous ces aller-retour, ces kilomètres, ces marchandises... C'était vraiment épuisant. Heureusement qu'il n'était plus seul pour tout gérer. La jeune femme, qui avait déjà l'esprit d'entreprise, gérait les comptes et les commandes de marchandises, en plus de faire tourner son propre bar. Leur ami, Cid, assurait les transports longues distances et les destinations les plus escarpées, avec son vaisseau flambant neuf. Et Barret, l'ancien chef de leur petite unité, se faisait incroyablement commercial, trouvant les fournisseurs avec une capacité déconcertante en regard d'un profil de catcheur toujours prêt à donner des baffes. Et il négociait, Cloud ne savait comment, toujours les meilleurs tarifs. Le pire était que les gens, en général, adorait cet énergumène.

Maudissant intérieurement son imbécile d'ami, il prit une partie de ses colis entre les mains et poussa la porte, avec l'épaule, qui le menait au bar. Tifa l'avait probablement entendu arriver. Elle était, elle aussi, du genre à se surmener. Pourtant, ils avaient essayé de reprendre une vie plus paisible. Mais ils n'avaient pas réussi... A cause de lui.

- Cloud ! Te voilà enfin! Je termine ma vaisselle et je viens t'aider !

- Pas la peine, je peux m'en occuper tout seul.

Et il s'engagea directement vers la remise, à l'arrière du comptoir. Il avait ramené les produits dont Tifa avait besoin, mais aussi pour quelques clients de Edge. C'étaient des produits assez variés, mais pas toujours facile à trouver.

Pour Tifa, il avait dû se rendre à Canyon Cosmo et à Wutaï. Ce qui lui avait pris des jours. Par Minerve, c'était quand même à l'autre bout du monde! Mais bon, cela lui avait permis de retrouver de vieux amis. Yuffie avait été tellement folle de joie de le voir, qu'il avait dû user de ses talents de combattants pour éviter ses attaques embarrassantes. Elle n'avait pas arrêté de vouloir lui sauter dessus pour lui faire des câlins, sa nouvelle lubie, et toutes ces effusions d'émotions restaient très compliqué à gérer. Surtout qu'il n'aimait pas particulièrement les contacts physiques. Mais son père avait monté une entreprise qui produisait un alcool très liquoreux et dont Tifa raffolait pour la réalisation de ses cocktails. Et ce que Tifa raffolait, les clients du bar adoraient.

De la même façon, il avait été à Canyon Cosmo pour acheter l'un des ingrédients nécessaires au cocktail qui avait rendu célèbre la barmaid. Et Nanaki avait été son guide tout au long de sa visite. De toute sa drôle de bande d'amis, c'était sans nul doute son préféré. Toujours calme et bienveillant. Il avait un sens inné pour le comprendre et lui apporter ce dont il avait besoin.

Le lion était doté d'un esprit fin et calme, ce qui était très reposant. Ainsi, Cloud pouvait être tel qu'il était en sa compagnie, sans craindre un quelconque jugement.

Une tête amusée fit son apparition dans l'encadrement de la porte, alors qu'il essayait de construire un château fort en carton dans cette remise qui n'en finissait pas de rétrécir.

- Tu as fait bonne route ? Oh ! Tu as pu tout ramener ! Je suis contente... Le bar tourne bien en ce moment. Et avec l'automne, j'aimerais bien renouveler la carte!

Ecartant prudemment les mains des cartons, s'assurant de leur équilibre précaire, il posa un regard rapide sur la jeune femme à ses côtés, et remarqua ce petit sourire qui lui était si particulier sur les lèvres, contrastant fortement avec ses yeux marqués par une grande fatigue.

- Tu devrais aller dormir. Je vais terminer de décharger et je fermerai le bar.

La jeune femme sembla légèrement déstabilisée et afficha un autre de ses sourires, dont il n'avait pas encore percé le secret. Même s'il sentait qu'il y avait quelque chose de triste, dans ce sourire. Il voulut se rattraper, mais elle se détourna pour s'éloigner.

- C'est vrai, je suis épuisée. Mais tâches de ne pas t'éterniser. Toi aussi, tu as besoin de repos. Et Denzel compte vraiment sur toi demain.

- Oui... Je n'ai pas oublié.

- Bonne nuit Cloud.

- Bonne nuit...

La conversation avait été brève. Comme à chaque fois qu'ils se croisaient, en fait. Il voyait bien les efforts de la jeune femme mais il n'arrivait à rien. Il ne savait pas comment, ou même, quoi faire pour que la situation puisse évoluer. Tout ce qu'il disait ou faisait semblait la décevoir, et accentuait son profond sentiment d'être un vrai boulet, même après toutes ces années passées en sa compagnie.

Pourtant, sa compagnie était tout ce qu'il avait rêvé, lorsqu'il était enfant. Enfin, aujourd'hui, il n'en était plus très sur.

Depuis leur rencontre, cette petite fille au long cheveux sombres et aux grands yeux pétillants, n'avait pas cessé le l'attirer, comme un aimant. Il avait tout fait pour attirer son regard sur lui, lui qu'elle ne voyait pas. Et quand, un jour, il avait eu son attention et son sourire pour lui tout seul, il n'avait pas su quoi en faire.

Le temps avait passé et de nouvelles épreuves les avaient rapproché. Mais entre eux, était apparue une rose unique en son genre, et son cœur s'était un peu plus perdu. Avant de se briser violemment.

Il secoua la tête à cette pensée. Cela devait cesser. Cet amour, aussi puissant que fugace, n'était plus là. Il fallait vraiment qu'il passe à autre chose. Tout le monde le lui répétait, et même son cerveau placardait des affiches partout dans sa tête, à ce sujet. Mais si c'était facile, ni lui, ni Tifa, n'en seraient encore là, à se dire bonjour comme des collègues de travail, et non comme les meilleurs amis qu'ils étaient l'un pour l'autre, ou, mieux, des amants secrets.

Il termina de décharger ses cartons, et retourna au bar, pour éteindre les lumières et fermer la porte. En se retournant, dans l'entrée et faisant face à la salle, il se rappela de la première fois qu'il avait retrouvé Tifa au Heaven, dans le secteur 7 de Midgar, il y a quelques années. A l'époque, elle avait semblé vraiment heureuse de le voir.

Mais encore une fois, lui, il n'avait pas su comprendre.

Alors qu'il remontait les escaliers, il commença à déboutonner son manteau. La fatigue se rappelait à lui et il ne put retenir un bâillement. Même penser devenait difficile.

Cependant, impossible de se jeter tête la première sur son oreiller, car celui-ci était manifestement occupé par une autre tête que la sienne. Plus petite et infiniment plus jeune que lui.

Soupirant, il enleva son manteau, ses différentes protections et déposa l'ensemble sur une chaise, avant de s'avancer vers son lit et de prendre, avec toute la délicatesse dont il était capable, le jeune garçon dans ses bras.

- Hmm... Cloud... T'es rentré...

- Oui. Mais tu devrais aller dormir dans ta chambre.

Il transporta Denzel, en pyjama et complètement ensommeillé jusque dans la chambre de ce dernier, où il le déposa dans son lit.

- Je voulais être sûr que tu rentrerais...

Le jeune garçon se tourna sur le côté et se rendormit profondément, pendant que Cloud replaçait sur lui l'épaisse couverture.

- Je suis là maintenant.

Denzel... Comme avec Tifa, il était toujours désemparé avec lui. Cet enfant vouait une admiration sans borne au soldat qu'il n'était plus, à tel point qu'il avait plusieurs fois émis le souhait de ressembler à cette image du passé.

Mais prendre exemple sur quelqu'un comme lui, était-ce une bonne chose ? Cloud n'avait plus rien à voir avec ce qu'il avait été. Et aujourd'hui, il se sentait cruellement inutile, inadapté dans un monde qui voulait se reconstruire en paix.

Il ne comprenait pas l'entêtement du garçon à vouloir l'imiter, lui, alors qu'il y avait bien d'autres personnes sur qui prendre exemple, que ce soit pour leur réussite personnelle, professionnelle, voire pour leur stabilité mentale et leur joie de vivre. Cloud n'avait rien, ou si peu. Il n'était personne et ne se sentait pas heureux. Sans compter qu'il ne se sentait même pas libre, sur cette route totalement balisée.

Refermant la porte derrière lui, perdu dans ses pensées sombres, il retourna dans sa chambre.

Toutes ces questions... A chaque fois qu'il rentrait à la maison, c'était la même chose. Son esprit persistait à lui envoyer toutes ces interrogations, telles des petits cailloux pointus, en pleine figure, sans qu'il ne lui soit possible de les éviter ou de les renvoyer. Mais aucune solution ne venait jamais. Rien de bien en tous cas.

Il se déshabilla, garda son caleçon et enfila un t-shirt pour aller se coucher. La nuit était très avancée maintenant, et il avait besoin de sommeil.

Demain... Demain, c'était l'anniversaire de Denzel. Et il avait promis de ne pas se défiler...


Tifa, seule dans sa chambre et son lit, ne dormait pas.

Elle avait inutilement espéré qu'il s'arrête devant sa porte et la franchisse, sans poser de questions, fatigué comme il était. Elle l'aurait accueilli dans ses bras et se seraient serrés l'un contre l'autre, pour dormir d'un sommeil doux et réparateur. Hélas, Cloud restait seul, dans sa vie, dans son cœur et dans sa tête.

Cela faisait plusieurs jours qu'il était parti pour répondre à cette commande, et il lui avait terriblement manqué, comme à chacune de ses absences. Certainement au plus grand regret du concerné, sa présence illuminait chaque lieu qu'il traversait, et son regard doux réconfortait toutes les âmes sur lequel il se posait. Tifa ne se lassait jamais d'observer ses interactions avec les autres, depuis le bar où elle préparait ses meilleurs cocktails. Il était le soleil de nombreuses vies, mais comme tout astre perdu dans l'univers immense, il était persuadé d'être seul.

Alors, quand il rentrait, elle le voyait se tendre, et se perdre dans ses pensées, indéchiffrables. Cloud n'était pas un livre facile à lire. Il était de ces ouvrages mystérieux, prenant la poussière dans l'obscurité d'une bibliothèque sombre, elle-même enfouie dans le profond souterrain d'une vieille maison abandonnée. Avare de ses secrets, une fois entre les mains de son lecteur, il ne se révélait pas, ne montrant, presque effrontément, que des pages blanches.

Son histoire était écrite à l'encre invisible, et ne se livrerait que sous certaines conditions. Seulement, Tifa n'avait pas encore découvert lesquelles.

Pourtant, mieux que quiconque, elle savait ce qu'il avait traversé et quelle avait été sa vie jusqu'à aujourd'hui. Et elle lui avait toujours tout donné. Sans conditions.

Sa confiance, son temps, sa force... Son amour...

Même quand une autre avait pris sa place, elle avait continué de l'aimer. Elle avait tout accepté. Et elle aurait accepté de n'être que la deuxième, si Aerith était restée.

Tifa baissa la tête et détailla son corps. Il était bien plus musculeux que celui de la jeune femme disparue, à présent. Elle n'avait pas sa finesse, ni sa joie de vivre, ni son sourire, ou son apparente fragilité.

Alors qu'elle se savait charmante aux yeux des autres, elle continuait de douter sur sa valeur, devant l'azur de son amour secret, qui ne brillait plus en la regardant. A croire que les sentiments qu'ils avaient éprouvé, autrefois, n'avait été qu'un simple rêve.

Et si elle pouvait assurément douter de l'affection du jeune homme à son égard, ce n'était pas le cas pour les sentiments qu'il avait ressenti, à l'égard de leur défunte amie.

Aerith avait tout changé. Elle, son humour décapant, sa légèreté, sa bienveillance naturelle... Elle avait traversé leur vie comme une étoile filante, illuminant un ciel trop sombre et porteuse d'un immense espoir. Sans rien connaitre du soleil, elle l'avait percuté de plein fouet, emportant avec elle, plein de petits morceaux de son âme. Et lui qui était persuadé d'être seul, dans les ténèbres absolues de l'espace, avait montré qu'un cœur puissant pulsait férocement sous ses flammes dangereuses.

Du moins, c'était comme ça que Tifa l'interprétait. Car son ami ne lui avait jamais vraiment expliqué ce qu'il avait ressenti. Elle l'avait juste vu s'illuminer comme jamais, avant de s'effondrer sur lui-même, devenant petit à petit, un trou noir sans fond.

Singularité dont elle n'arrivait pas à le sortir.

Et la question du temps devenait cruciale, aux abords d'un tel objet céleste. Si pour lui, le monde ralentissait sa course sur une ligne vide, pour elle, il filait, telle une étoile s'effondrant sur elle-même, faute de chaleur pour la maintenir en vie.

Il fallait vraiment, qu'avant son prochain voyage, ils parlent, tous les deux.

Car, finalement, cela lui faisait beaucoup trop de mal.

Sans aucune conscience des uns et des autres, ils n'étaient pas une galaxie. Ils faisaient juste semblant d'en être une.

Denzel et Marlène, même s'ils étaient compréhensifs et adorables, méritaient mieux que ça.

Et elle aussi...


- Debout ! Allez ! C'est l'heure ! T'as promis !

- Hmpf... Il est quelle heure... ?

Denzel avait élu domicile sur son dos. Mais du haut de ses douze ans, il commençait à peser son poids ! Il faudrait vraiment qu'il arrête de se comporter comme ça.

- Il est 8 h ! Cid va arriver !

- Cloud ! T'es toujours pas réveillé ?

Le dit-nommé tourna péniblement sa tête sur le côté, toujours à moitié endormi et déjà fatigué par cette journée qui s'annonçait longue, pour regarder Marlène, les poings sur les hanches, les sourcils froncés, prête à le sermonner.

- Descends de mon dos... Denzel...

- Seulement si tu te lèves !

- Oui oui... J'arrive...

- Tifa est déjà en bas, elle prépare le petit-déjeuner !

Décidément... Ces deux là étaient terribles, lorsqu'ils étaient réunis. Marlène, 8 ans, avait un cerveau qui carburait au cacao et aux plans machiavéliques et Denzel, 12 ans, discret mais déterminé, était toujours ravi de participer activement à la conquête du monde entreprise par sa soeur. Alors quand ils avaient un objectif commun, c'était peu dire qu'ils étaient intenables.

Les deux enfants quittèrent sa chambre et descendirent en trombe les escaliers pour rejoindre Tifa, faisant craquer violement le bois de celui-ci.

Il remit sa tête face contre son oreiller et inspira fortement. Son cœur battait à tout rompre devant la perspective de retrouver plein de monde, et surtout à l'idée de devoir jouer un rôle d'ami qu'il ne maîtrisait tellement pas. Sans compter les questions sur sa vie auxquelles il devra répondre... Par Minerve... Comment allait-il survivre à cette journée ? Ses poings se serrèrent sous l'oreiller. Il avait promis.

Et il tenait ses promesses.

- Bon... Allez !

Il se releva pour se diriger vers la salle de bain et tenter de retrouver forme humaine.

La douche chaude lui fit le plus grand bien et il sortit un jean et une chemise noire, constatant qu'il n'avait que cette couleur à disposition, dont il retroussa les manches, pour une allure plus décontractée. Un coup d'œil au miroir... ça devrait aller. Peut être... Qu'est-ce qu'il en savait !?

C'était tellement effrayant qu'il n'arrivait pas à calmer ce fichu palpitant. Il porta inconsciemment une main sur sa poitrine, comme pour tenter d'apaiser son angoisse. Affronter sa famille ou ses amis semblait définitivement pire que d'affronter une chimère en colère.

- Ah ! Te voilà !

- Bonjour à toi aussi...

Tifa sourit et posa un café sur le bar, pour lui.

- Ils sont passés où les deux monstres ?

- Hé hé ! Ils sont partis rejoindre Cid.

- Il est déjà arrivé ?

La jeune femme hocha la tête et porta sa propre tasse de café à ses lèvres, alors qu'elle s'adossait au meuble derrière elle.

- Et les autres aussi ! Il les a ramené avec le Shera.

Cloud acquiesça et s'installa au bar avant d'attraper le sucre pour en mettre un peu dans son café. Il appréciait incontestablement les vertus de cette boisson, mais il en détestait le goût, et noyait donc ce dernier sous plusieurs cuillères de poudre magique, en grand drogué qu'il était.

Pendant qu'il remuait sa cuillère, il détailla Tifa qui s'affairait derrière le comptoir. Elle aussi, avait troqué sa tenue habituelle pour quelque chose de plus décontractée. Un pantacourt noir, qui ne cachait rien de ses formes généreuses et un haut blanc, lui aussi court, dont elle avait noué l'excès de tissus bien au-dessus de sa taille, laissant à découvert une partie de son ventre.

Il ne voyait pas les chaussures qu'elle portait. Mais au son, cela devait être des chaussures à talons.

Elle était vraiment belle. Mais il fut surprit de ne rien ressentir à cette pensée. Son cœur ne semblait plus capable de s'émerveiller et de battre pour autre chose que l'angoisse.

- Cloud...

Il remarqua qu'elle avait posé ses mains devant elle, sur le plan de travail, mais qu'elle ne s'était pas retournée pour lui parler.

- Je...

- Tifa ! Cloud ! Comme je suis content de vous voir !

Cette fois-ci, la jeune femme se retourna complètement, affichant un air aussi surpris que le sien.

Il se détourna légèrement sur son siège, posant un coude sur le bar et regarda l'énergumène qui venait de faire irruption sans prévenir, à grand coup de pied dans la porte. Sauvage.

- Barret ! Cela faisait longtemps !

- Pas assez longtemps...

L'ancien chef d'Avalanche s'approcha d'eux et s'installa sur un siège, juste à côté de Cloud.

- Ton sale caractère m'a manqué aussi, fichu soldat ! Comment va Marlène ? Et Denzel ?

- Ils boivent trop de café.

- Cloud ! Ils vont bien. Ne t'inquiètes pas. Tu vas les voir bientôt, ils sont partis rejoindre Cid et les autres, à l'entrée de Edge.

- Cool !

Barret enleva son blouson de cuir et sorti un petit paquet, soigneusement emballé, de sa poche.

- Je peux te le confier Tifa ?

- Oui bien sûr.

L'homme sourit en guise de remerciement et apprécia le café que venait de lui servir la jeune femme.

- Et vous ? Comment allez-vous tous les deux ?

La question le surprit légèrement. Comment il allait ? Non... Comment ils allaient, tous les deux...

- Bien ! Ça va ! Ne t'en fais pas !

Tifa avait répondu si vite... Sans même le regarder. Un étrange sentiment s'installa au creux de son ventre, et son cœur reprit sa danse infernale. Il fallait qu'il sorte prendre l'air.

Il termina son café et se leva.

- Je vais rejoindre les enfants et les autres. A tout à l'heure.

Ses deux amis ne dirent rien en le regardant partir. Oh, il pourrait reconnaitre qu'il avait l'habitude et que cela ne le touchait pas.

Mais en réalité... Il aurait tellement aimé qu'on lui demande à lui, s'il allait bien.


- Ça va pas, hein ?

- Si si... Ne t'inquiètes...

- Tifa...

La jeune femme s'arrêta et releva la tête vers son vieil ami. En fait, Barret était presque comme un père pour elle, même s'il avait plus l'âge d'être son grand frère. Il avait toujours été très protecteur et bienveillant. Et malgré son côté ours, il était plutôt perspicace avec les gens. Et vis à vis de Tifa, il avait tendance à agir comme il faisait avec sa propre fille, Marlène.

- Tout va bien, tu sais... Il est gentil... Il travaille beaucoup... Il s'occupe des enfants... Pourquoi je me plaindrais ? Pourquoi...

Ses mains tremblèrent, contre le lavabo dans lequel elle venait de placer la tasse de l'objet de ses pensées.

- Tifa... Peut être... Je sais pas comment te dire ça mais... C'est peut être pas une bonne chose que tu restes avec lui.

Interloquée, elle plongea son regard dans celui brun, et incroyablement doux, de son ami. Alors... Lui aussi il pensait ça ?

- Ne me regardes pas avec tes yeux de chatons! Ce que j'essaie de te dire, c'est que tu devrais penser à toi maintenant. Tu as beaucoup trop donné au hérisson. Tu as fait ce que tu as pu ! T'es une sainte, Tifa ! Mais tu as vraiment besoin qu'un mec gentil s'occupe bien de toi. Tu le mérites !

Elle soupira et saisit une serviette pour s'essuyer les mains, avant de contourner le bar pour venir s'installer à côté de Barret.

- Tu as toujours été incroyablement direct...

Souriant, il se décala pour la regarder.

- Mouais. Ça ne m'a pas toujours réussi. Mais là, maintenant, je pense très sincèrement chaque mot.

- Je...

Des gouttes d'eau tombèrent sur le bar. Elle releva la tête, mais ne vit aucune fuite. Avant de réaliser que c'était elle qui pleurait. Quelle blague... Elle se sentait si mal...

Elle avait tellement rêvé de cette vie qu'ils auraient pu partager tous les deux. De cette famille qu'ils auraient peut être pu fonder. De cet amour qu'ils auraient pu s'offrir, sans limite.

Mais malgré toutes ses tentatives, Cloud était resté enfermé dans sa douleur, l'entrainant, petit à petit, avec lui.

- Qu'est-ce que je dois faire...

Barret, le visage tourné vers elle, vint placer sa lourde main mécanique sur sa tête, avec une délicatesse surprenante. C'était une caresse légère et protectrice, qui fit trembler tout son être. Son regard brouillé de larmes chercha le sien, brillant. Et elle pleura encore plus fort, manquant de tomber.

L'homme l'attira contre lui et la serra dans ses bras fermement, tel le pilier qu'il serait à jamais pour elle.

- Tu as besoin de te reposer... Tu devrais prendre des vacances. Partir, loin d'ici... Quelque temps...

Elle chercha à disparaitre dans les bras puissants de son ami, s'agrippant à lui, comme à une bouée.

- Je ne peux pas faire ça... Denzel, Marlène... Et même Cloud... Il ne s'en remettrait pas...

Barret la saisit brusquement par les épaules et l'obligea à le regarder. Ce qu'elle fit, presque sidérée.

- Raah ! Tifa ! Écoutes ! Pour Denzel et Marlène, on trouvera des solutions. Je les emmènerai avec moi. Et je suis sûr que Yuffie ou même Cid seront contents de les recevoir. Ils verront du pays ! Ils apprendront plein de choses et s'amuseront comme les satanés gosses qu'ils sont! Et pour Cloud... Qui sait ? Ça lui donnera peut-être l'occasion de réfléchir ? Ou de se réveiller. Mais ça ne doit plus être ton problème!

- Ce n'est pas si simple... Ça fait trop longtemps...

Elle se détacha complètement de son ami et se releva pour se rapprocher du miroir accroché près de la remise. Il fallait qu'elle retrouve un peu de contenance, avant l'arrivée des autres. Heureusement, elle ne s'était pas maquillée. En fait, elle ne se maquillait plus. Vu qu'il ne la regardait plus...

Mais les mots de Barret raisonnaient dans sa tête. Il n'avait sans doute pas tort. Des vacances lui feraient sans doute le plus grand bien. Même si elle ne savait pas trop où aller. Après la dernière guerre, de nombreuses villes avaient connues des dommages importants et étaient toujours en pleine reconstruction. Les zones de loisirs n'étaient pas la priorité de la population, d'autant que l'hiver serait là bientôt.

Et puis... Est-ce qu'elle pouvait vraiment se le permettre ? La question n'était pas financière, l'entreprise de Cloud et le bar tournaient vraiment bien. Le problème était plus profond. Car si elle s'absentait... Elle n'était pas sûre de revenir.

- Hoï ! Comment ça va la d'dans !? Est-ce qu'on peut réclamer un ptit dej ?

- TIFAAAAA !

- Oh par Minerve !

Tifa n'eut pas le temps de faire face à ses amis qu'une furie brune lui fonça dessus et la renversa de toute sa hauteur, sur le parquet, dans un strike parfait.

- Les filles ?! Ça va ?! Bon sang ! Yuffie ! Faut que tu arrêtes de faire ça !

- Hihi ! M'en fiche ! Je suis trop contente ! C'est tout !

La jeune femme, très énergique, se redressa et lui tendit une main pour l'aider à se relever à son tour. Son sourire immense et sincère était particulièrement contagieux, et Tifa sentit son moral revenir en force.

- Je suis contente aussi de te voir, Yuffie. Mais tu sais, quand je serais vieille, faudra vraiment que tu arrêtes de faire ça. Je pourrais ne pas m'en relever !

- Quand tu seras vieille ?! Nan... Ça n'arrivera jamais un truc pareil. T'es immortelle !

- Bon, et ce ptit dej alors !? Ça vient ?!

- Cid ! Je suis contente aussi de te voir ! Installez vous à une table, je vous apporte ça !

Les portes du bar s'ouvrirent à nouveau, cette fois-ci pour laisser passer deux gamins excités, suivis par un blond chargé comme un chocobo.

- Tifa ! Attends ! Je vais t'aider !

Marlène accouru jusqu'au bar, passa de l'autre côté pour se laver les mains et attrapa son tablier. C'était une jolie petite fille, intelligente, pleine d'énergie et très serviable. Même si, avec Denzel, elle pouvait se transformer en véritable dragon et pousser la barmaid à user de son autorité implacable pour l'empêcher de mettre le feu partout.

- Dis, ma puce, tu pourrais quand même dire bonjour à ton vieux père !

- Bonjour papa !

La fillette lui adressa un beau sourire, mais continua sa mission en transportant plusieurs tasses de café, du pain, de la confiture et du beurre, à la table où s'étaient installés leurs amis. Ces derniers avaient réquisitionné la salle, bougeant les meubles à leur guise et ramenant autant de chaises que nécessaire.

- Fais pas cette tête Barret !

Cid se moquait du chef, en pleine désillusion face à cette fille qui n'arrêtait pas de grandir et de s'éloigner de lui.

Un bruit sourd leur fit tourner la tête vers la remise.

- Cloud ? Ça va ?

Aucune réponse. Mais une main passa la porte, et le corps tout entier du blond s'extirpa de la petite pièce, presque en rampant.

- Oh non... Qu'est-ce qu'il s'est passé !?

Tifa se précipita aux côtés du jeune homme, accompagné de Yuffie qui alla regarder dans la remise ce qui avait bien pu mettre leur ami dans cet état.

- Je crois que cette pièce est vraiment trop petite pour tout ce que vous essayez de mettre dedans.

- Ça va... Je me suis juste pris les caisses d'alcool. J'espère que rien est cassé...

Cloud se frottait douloureusement la nuque, et avait l'air un peu sonné. Alors que Tifa lui proposa de l'aide pour se relever, il attrapa le haut du bar avec une main et se remit debout sans difficulté. Comme toujours. Il n'avait pas besoin d'elle...

Sa main ne resta pas suspendue en l'air longtemps, disparaissant très vite sous son petit tablier, pour cacher son trouble.

- Bon alors ! Il va bien le hérisson ?

- Qui c'est que tu traites de hérisson ?!

Barret ne se démit pas de son sourire, à la vue d'un Cloud énervé. A croire que tout le monde cherchait à provoquer chez lui une émotion différente de l'éternelle tristesse greffée sur son visage.

- Baah ! Faudrait bien plus que de vulgaires cartons pour avoir raison de toi et de ton fichu caractère !

- Ça suffit tous les deux...

Tifa retourna derrière le bar et saisit la cafetière de café pour l'apporter à la table où Cid et Barret s'étaient installés, avec Denzel et Marlène.

- Merci ! Dites, vous croyez que Vincent viendra ?

- Je ne sais pas.

Cloud les rejoignit, une main toujours sur sa nuque douloureuse, et se resservit une tasse de café. Tifa attrapa une chaise pour en faire de même, accompagnée de Yuffie et de son sourire plein de mystères.

- On verra bien ! Il sait où nous trouver. Et sinon, Denzel, que veux-tu faire aujourd'hui ?

Le jeune garçon, sur qui tous les regards s'étaient tournés, sembla s'écraser sur lui-même, l'air gêné et détourna légèrement les yeux.

- Je... J'aimerais qu'on aille se promener... A l'extérieur...

Ses joues prirent une teinte rouge et ses mains avaient disparu sous la table.

- C'est tout ?

- Avec des chocobos...

- Oh...

Les visages se tournèrent cette fois-ci, vers Barret et Cid.

- Quoi ? Non ! M'enfin !

- Hors de question que je monte sur le dos d'un de ces piafs de malheur !

- C'est vrai ça, Denzel. Tu devrais avoir un peu plus pitié pour ces pauvres volatiles. Ils n'arriveront jamais à supporter l'odeur de tabac de l'un et le poids de l'autre.

Cloud inclina légèrement la tête sur le côté, pour éviter une tartine de confiture qui lui avait été envoyé par un pilote énervé, et s'écarta vivement de la table, pour éviter un coup de pieds de Barret. Mais le mouvement fut trop brusque pour les tasses de café, qui se vidèrent à moitié sur la nappe.

- Je vous préviens, je refuse de nettoyer vos conneries !

Tifa était en train de s'embraser intérieurement. Ils ne changeraient donc jamais ! Elle se leva et ôta son tablier pour le poser sur le bar. Ce n'était pas souvent qu'elle s'énervait de la sorte. Mais les voir jouer avec la nourriture... Cela avait vraiment le don de la mettre hors d'elle.

- Ceci dit, c'est une bonne idée Denzel ! Je vais nous préparer un pique-nique !

Les trois hommes continuaient de se battre, tout en nettoyant ce qu'ils avaient renversé, sous le regard amusé de Yuffie et foudroyant de la barmaid. Denzel et Marlène se levèrent pour rejoindre cette dernière.

- C'est vrai ? On va pouvoir monter des chocobos ?

Tifa regarda les deux pré-adolescents. Sortir de Edge, leur était déjà interdit. Monter à dos de chocobo aussi. Même si la vie redevenait paisible, il y avait encore beaucoup de monstres, à l'extérieur de la ville et ils étaient encore trop jeunes pour s'en protéger.

Mais aujourd'hui, ils feraient une exception.

- Oui. Nous serons tous ensemble. Il n'y aura aucun risque !

- Le risque serait quand même de me forcer à monter sur le dos d'un de ces bestiaux !

- Pareil ! Vous êtes sûr qu'on ne peut pas y aller avec le Shera ?

Tifa allait les calmer, mais Yuffie les acheva.

- En fait, vous êtes vraiment des trouillards tous les deux.

Il n'y eut aucune réplique. Cela aurait pu être sanglant, si une chose aussi belle que rare ne s'était pas produite, figeant toute l'assemblée. Et bousculant surtout un pauvre cœur déjà bien fragile.

Cloud riait.

- Et bien. Cela fait plaisir de t'entendre rire.

Vincent, qui surgissait toujours de nulle part, venait de briser l'instant magique, ranimant d'une voix mystérieuse, tous les ensorcelés.

- Désolé... Leur tête m'a tué. Mais je dois être un peu fatigué en ce moment.

Il continuait de sourire, et de rire légèrement, tentant de retrouver son calme, tout en essuyant une petite larme au coin de ses yeux.

- Toi..

Barret tremblait en le désignant du doigt.

- Faut vraiment que tu préviennes quand tu fais un truc pareil ! Mon cœur ne le supportera pas une seconde fois ! Et toi, arrêtes de surgir comme un fantôme !

- Vincent ! T'es venu finalement !

Pendant que Denzel, Marlène et Yuffie se jetèrent sur leur ami ténébreux, qui se laissa submerger vaillamment et presque sans ciller, Tifa ferma les yeux quelques instants pour s'imprégner de ce moment.

C'était tout ce qu'elle avait rêvé.

Des amis, une famille... Cloud qui riait...

Mais ce n'était qu'une illusion.

Et comme toute illusion, elle allait devoir la briser, pour tenter de changer sa vie et d'atteindre le bonheur, qui lui manquait cruellement.


Teaser du prochain épisode!

"- Dites, promettez d'être sages et de ne pas faire exploser Barret"

"- Cloud! Pour qui tu nous prends!"

"- Pour ce que vous êtes. Des bombos kamikazes."