Chapitre 24 : Avancées
Le matin de la sortie, Maria accompagna le trio a Pré-au-Lard tandis que Sarah, pas encore en âge d'y aller, en profita pour passer du temps avec ses amis qu'elle avait délaissé depuis la rentrée et pour leur présenter sa cousine.
Ce fut ce jour là que, comme Harry deux ans plus tôt, la jeune fille décida qu'il était temps que ses deux amis sachent ce qu'elle avait vécu chez les Dursley. Après tout ce qu'ils avaient fait pour elle, c'était la moindre des choses.
Elle les emmena dans une salle de classe abandonnée. Elle les fit asseoir en ajoutant qu'elle avait quelque chose d'important à leur dire et leur demanda de ne surtout pas l'interrompre, sachant qu'elle serait incapable de repartir si jamais elle venait à faire une pause dans son récit. Elle préférait tout dire d'un coup. Elle commença donc à expliquer ce qu'ils savaient déjà, à savoir que Harry et elle avaient été confiés à leur famille maternelle après la mort de leurs parents. Ce fut ce qui vint ensuite qui les horrifia au plus haut point. A ce moment là, Colin et Astoria prirent conscience qu'avant d'aller à Poudlard, leur amie n'avait jamais connu un seul instant de bonheur, contrairement à eux qui n'avaient jamais manqué de rien.
Ils apprirent ainsi à cette occasion d'où venait la cicatrice que Sarah avait sur la main gauche. En entendant cette partie du récit de la jeune fille, ses deux amis n'eurent qu'une envie : aller régler leur compte à la famille Dursley. Ce qu'ils ne savaient pas encore, c'était que le pire était à venir…
A mesure qu'elle continuait son récit, ses deux amis sentaient leur haine pour les Dursley monter en flèche. Celle ci atteignit son paroxysme lorsqu'elle raconta ce qui s'était passé pour elle durant la première année de Harry à Poudlard. Ils furent heureux et soulagés d'apprendre qu'elle avait réussi à fuguer, mais cela fut de courte durée puisqu'ils apprirent que son oncle avait réussi à la retrouver.
Puis vinrent les conséquences de la fugue et la, Sarah failli ne pas pouvoir retenir ses larmes et continuer son récit tandis que Colin crut qu'il allait vomir. Astoria, elle, ne put s'empêcher de fondre en larmes. Le seul garçon du trio, lui aussi au bord des larmes, tenta tant bien que mal de la consoler en lui disant que c'était fini, que Sarah ne retournerait plus jamais la bas. La suite du récit fut heureusement plus calme, bien que pas forcément plus joyeuse.
OoooO
Au même moment, à Pré-au-Lard, l'ambiance était beaucoup plus joyeuse. Harry et sa tante avaient laissé les amis de l'adolescent a l'entrée du village et rejoignaient le lieu de rendez-vous indiqué par Sirius. Ils arrivèrent en vue d'une barrière et comprirent qu'ils étaient arrivés à destination lorsque le gros chien noir posté là vint leur faire la fête. Enfin, il vint faire la fête à Harry et ne semblait pas avoir remarqué Maria. Jusqu'à celle ci se racle la gorge. Il se tourna vers elle et si un chien pouvait pâlir, celui ci serait livide. Il repris instantanément forme humaine. S'il n'avait plus grand chose à voir avec l'homme effrayant et décharné que montraient les avis de recherches du ministère, signe qu'il avait au moins réussi à prendre un minimum soin de lui pendant sa fuite - ou tout du moins à se laver plus ou moins régulièrement - il n'en restait pas moins d'une maigreur alarmante et ses cheveux étaient très longs, n'ayant probablement pas été coupés depuis son arrestation, et très emmêlés.
Maria se promit de s'occuper de ça le plus vite possible. Avec cette dégaine, l'homme allait faire peur aux enfants. Elle revint toutefois au moment présent et eut envie de pleurer en voyant comment Harry regardait Sirius : comme s'il était une sorte de miracle vivant ou qu'il l'avait attendu toute sa vie. Cela lui donna encore plus envie d'envoyer les Dursley devant un tribunal. Aucun enfant ne devrait regarder son parrain, ou même un adulte en général, de cette façon.
Sirius les emmena ensuite dans la grotte ou il venait de s'installer et les choses sérieuses purent débuter. Harry et lui commencèrent par faire connaissance et à mesure que le garçon lui racontait qu'elle avait été sa vie jusque là, l'animagus avait de plus en plus de mal à contenir sa colère. Maria, qui apprenait les détails de l'affaire en même temps que lui, fut obligée de sortir plusieurs fois pour éviter de déverser sa colère sur le meilleur ami de son frère ou, pire, sur son neveu. Elle savait qu'un tel incident réduirait à néant tout le chemin parcouru depuis septembre.
Lorsque Harry eut finit son récit, les deux adultes étaient d'accord sur un point : les Dursley devaient payer au centuple toutes les souffrances infligées à leurs neveux.
L'histoire de Harry eut cependant un autre avantage. Avec ces informations supplémentaires en main, Maria et Sirius n'eurent pas à discuter très longtemps pour se mettre d'accord sur la suite des événements. Il était pour tous les deux hors de question de séparer Harry de sa sœur, quitte à, si cela était nécessaire, emménager tous ensemble dans une grande maison. Elle espérait toutefois ne pas en arriver là car elle ne voulait pas savoir ce que donnerait une cohabitation entre Harry, ses aînés et Sirius. Probablement la fin du monde. L'autre solution était un système de garde alternée mais ce ne serait pas très pratique.
Harry suivait attentivement la conversation et se montra très enthousiasmé par l'idée d'une colocation géante avec sa sœur, sa tante, ses cousins, son parrain et son professeur de défense. En voyant sa tante prendre une délicate teinte de tomate trop mûre, il se dit qu'il y avait anguille sous roche.
Maria avait le même genre de pensées. A l'adolescence, elle avait eu des sentiments pour Remus. Seulement elle avait dû quitter le pays avant qu'il ait pu se passer quelque chose entre eux. Lors de sa dernière année de lycée, sa rencontre avec celui qui deviendrait le père de ses enfants avait peu à peu permis de reléguer ces sentiments au rang de souvenir de jeunesse. Les derniers événements s'étaient chargés de les faire resurgir. Depuis son arrivée à Poudlard, elle était petit à petit retombée amoureuse de l'ancien Maraudeur. Et si jusque là ça n'avait pas été un problème parce qu'ils ne se voyaient que lorsqu'ils devaient préparer leurs cours, cela risquait fortement de changer dans les semaines à venir. Surtout, si comme elle le pensait, ses enfants étaient ouverts à l'idée d'une colocation.
Elle savait que Sarah dirait oui aussi, tant qu'elle pouvait rester avec son frère.
Une fois la partie sérieuse de la rencontre passée, Maria décida de les emmener se balader dans le village. Bien qu'il ait été officiellement disculpé des accusations qui pesaient sur lui, Sirius préféra ne prendre aucun risques et les accompagna sous sa forme de chien. Leur trio faisait plaisir à voir, entre Harry qui jouait avec son parrain sous forme canine, et Maria qui veillait sur lui du coin de l'oeil. Harry, lui, se sentait étrangement bien. C'était la première fois, depuis aussi longtemps qu'il se souvienne, que quelqu'un d'autre que la vieille voisine folle des Dursley, Mrs Figgs, faisait attention à lui. Il y avait bien Mrs Weasley également mais ce n'était pas pareil. Oh évidemment, il lui était reconnaissant, mais il était le meilleur ami de son fils, c'était normal qu'elle le nourrisse. Quoique maintenant qu'il y repensait, elle avait également accepté d'accueillir sa sœur alors qu'elle ne la connaissait pour ainsi dire pas du tout et avait semblé réellement préoccupée par leur bien-être. Alors après tout, peut-être l'avait-elle réellement fait par gentillesse et non par obligation ?
La mère de famille ignorait tout des pensées de son neveu mais si elle avait su, elle aurait probablement foncé chez les Dursley pour leur refaire le portrait. Elle conduisit le petit groupe jusqu'à un café et ils s'installèrent à une table à l'intérieur. Un serveur vint leur demander ce qu'ils souhaitaient consommer tout en jetant un regard suspicieux au gros chien noir couché à leurs pieds, lequel y répondit par un grognement. Harry se pencha pour le caresser doucement tandis que Maria leur commanda chacun une bierraubeurre. L'adolescent lui demanda :
- Qu'est-ce que c'est ?
Ce à quoi Maria répondit :
- Je te laisse le découvrir par toi-même, mais je pense que tu aimeras.
Tandis qu'à côté du plus jeune, le chien émit un aboiement qui devait sans doute tenir lieu d'indignation.
Harry et Maria ne purent retenir un rire. Quelques minutes plus tard, le serveur revint avec leur commande. En voyant que l'un d'eux était très clairement mineur, il sembla vouloir dire quelque chose mais se tut. Il se contenta de déposer les boissons devant eux. Harry attrapa la sienne et y trempa timidement les lèvres, la gastronomie sorcière l'ayant jusque là toujours laissé sceptique. La bierraubeurre fut en revanche une véritable révélation. Il lui sembla n'avoir jamais rien bu d'aussi bon. En le voyant se lécher littéralement les lèvres, Maria demanda en souriant :
- Alors ? Ton verdict, jeune homme ?
- C'est trop bon ! s'exclama ledit jeune homme avec un entrain qui fit plaisir à voir aux deux adultes.
Ou plutôt, à l'adulte et au chien. Lequel se mit d'ailleurs à aboyer vivement en direction du verre de son filleul, qui ne comprit d'abord pas pourquoi il réagissait ainsi.
Ce fut Maria qui l'éclaira :
- Harry, je crois qu'il veut goûter à ta boisson.
Le visage du garçon s'illumina tandis qu'il répondait :
- Oh !
Il pris sa boisson et allait tendre le verre à l'animal, lorsque sa tante intervint :
- Attend, ce n'est pas très hygiénique.
Elle se leva pour aller parler au serveur qui était venu vers eux. Harry n'entendît pas ce qu'elle lui dit mais il vit le jeune homme acquiescer et revenir quelques secondes plus tard avec une coupelle qu'il déposa aux pieds du jeune garçon, devant le chien qu'il ignorait être Sirius Black. Harry récupéra le récipient et y versa un peu de bierraubeurre puis le remit à sa place. Il semblait que Maria ait bien interprété la demande de l'animagus, puisque celui-ci se jeta aussitôt sur l'objet de ses désirs.
Une fois leurs consommations terminées, la mère de famille demanda l'addition et paya les deux boissons. Ensuite, Harry alla rejoindre ses amis pour leur raconter l'entrevue tandis que Maria raccompagna Sirius jusqu'à la grotte où il vivait, avant de retourner à Poudlard rejoindre ses deux plus jeunes fils.
À peine eut-elle franchi le tableau qui permettait d'accéder à ses appartement que les deux petits garçons lui sautèrent dessus en la pressant de questions, voulant savoir comment s'était déroulé l'entretien. Ils furent aux anges en apprenant que la solution retenue était une colocation. Elle allait commencer à leur expliquer que ce serait sans doute compliqué de trouver une maison assez grande pour accueillir huit personnes, sans compter leurs amis à tous, quand deux claquements de portes se succédèrent à quelques secondes d'intervalles.
La jeune femme demande aux deux enfants qui occupaient ses genoux :
- Vous savez ce qui se passe, les garçons ?
Alex, le plus âgé des deux, supposa :
- Jade m'avait dit que Sarah voulait lui présenter ses amis aujourd'hui. Peut-être que ça s'est mal passé ?
Sa mère acquiesça et dit :
- Je vais aller voir. Pas de bêtises, d'accord ?
Les deux enfants hochèrent positivement la tête et Maria partit en direction de la chambre que partagaient les jumeaux. Elle frappa et demanda :
- Je peux entrer ?
Après une dizaine de secondes, qui lui parurent interminables, la voix de sa fille se fit entendre :
- Oui.
Maria poussa la porte et trouva son aînée en larmes. Elle soupira et s'assit à ses côtés puis demanda :
- Ça s'est si mal passé que ça avec les amis de Sarah ?
La plus jeune secoua la tête et hoqueta :
- N… Non, ça s'est bien passé. C'est pas ça le problème.
La jeune fille continua :
- Sarah nous a raconté ce qu'ils avaient vécu chez les Dursley… Maman, comment peut-on être assez monstrueux pour faire vivre un enfer à des enfants sans défense ?
- Je n'en sais rien ma chérie… Mais je vais tout faire pour envoyer les Dursley devant un tribunal. Je ne les laisserais pas s'en tirer.
La plus jeune acquiesça et ajouta :
- Si je pouvais, j'irais leur régler leur compte moi même.
Maria dit :
- En temps normal, je ne devrais pas être d'accord avec ce genre de phrase mais en l'occurrence, je ne peux qu'approuver. Seulement, je ne peux pas prendre ce risque. Tes frères et toi êtes mineurs, et Harry et Sarah ont besoin de tout le soutien possible. Je ne peux pas me permettre de prendre le risque d'être envoyée en prison pour meurtre.
Sa fille, voulant aborder des sujets plus joyeux, demanda :
- Et l'entretien avec le parrain de Harry ? Comment ça s'est passé ?
- Très bien. Je vais attendre que Harry soit rentré de Pré-au-Lard pour expliquer à tout le monde la solution qu'on a trouvé.
La plus jeune acquiesça et Maria quitta la pièce après s'être assurée que tout allait bien. Peu de temps après, Luke franchit le tableau, rapidement suivit par les Potter.
Tous les concernés étant la, Maria rassembla les enfants dans le salon et revint avec une collation pour tout le monde. Puis elle expliqua, secondée par son neveu, quelle était la solution dont ils avaient convenu. Comme elle l'avait supposé, ils étaient tous partants. Et tous voulurent avoir leur mot à dire sur le choix de l'endroit où ils vivraient en dehors de Poudlard.
Elle leur assura qu'ils choisiraient ensemble mais précisa toutefois que ce seraient les adultes qui auraient le dernier mot. Après le dîner, elle renvoya les plus âgés dans leurs salles communes respectives et coucha les deux plus jeunes.
Après cela, elle quitta ses appartements et pris la direction de ceux de son co-enseignant, pour l'avertir de l'évolution des événements. En arrivant à destination, elle frappa contre la toile. Il fallut quelques minutes avant que celle-ci ne s'ouvre, preuve que le propriétaire des lieux était encore debout - ou qu'il avait été réveillé -.
Le passage laissa apparaître un Remus Lupin à l'air endormi. Ce dernier mit un moment à reconnaître sa visiteuse. Une fois qu'elle fut identifiée, il demanda d'une voix ensommeillée :
- Maria, pourquoi tu viens aussi tard ?
- J'ai pas pu venir plus tôt. Je peux entrer ?
- Vas-y, dit-il en baillant.
Il se décala pour la laisser passer et entra à sa suite. Tandis qu'elle s'installait dans le salon, il alla se préparer un café pour rester éveillé. Il lui demanda :
- Tu veux boire quelque chose ?
- Non merci, ça ira.
Il alla s'asseoir en face d'elle et lui demanda :
- Et donc, qu'est ce qui t'amène ici à… - il regarda sa montre - … 23h40 ?
Elle lui expliqua ce qui s'était passé dans la journée, sans oublier de détails. Elle finit en lui proposant :
- Si l'idée se concrétise, tu serais intéressé ?
Il acquiesça en disant :
- Bien sûr ! Ce sera l'occasion d'apprendre à tous se connaître.
Elle lui répondit en souriant :
- Je me doutais que tu dirais ça.
Elle ajouta :
- Si l'idée se concrétise, il faudra qu'on trouve un endroit assez grand pour tous nous accueillir.
- Qui serait concerné, exactement ?
- Mes enfants, Harry, sa sœur, toi, Sirius et moi.
- Donc neuf personnes en tout. Effectivement, ça va être compliqué de dénicher une maison assez grande.
Maria compléta :
- Et ça, c'est sans compter les amis des enfants.
- En plus, oui. Maria ?
- Oui ?
- Tu crois que Sirius accepterait de me rencontrer ? Je lui dois des excuses.
La jeune femme, sachant à quoi il faisait allusion, répondit :
- Je pense que ça ne devrait pas poser de problème. Je lui enverrais une lettre demain et je reviendrais vers toi quand j'aurais sa réponse, mais je ne pense pas qu'il dira non. Quand on s'est vu aujourd'hui, il n'avait pas l'air de t'en vouloir.
Le jeune adulte acquiesça mais tous deux savaient qu'il ne serait réellement rassuré que lorsqu'il ferait face à l'ancien détenu. Les deux adultes discutèrent durant encore quelques minutes, puis ils se dirent au revoir et Maria repartit en direction de ses appartements après avoir souhaité une bonne nuit à son collègue.
Deux jours et deux où trois lettres plus tard, il fut convenu d'une rencontre dans la cabane hurlante à la fin de la semaine suivante entre les deux anciens maraudeurs. Durant les jours qui le séparaient de ses retrouvailles avec son ami d'enfance, le jeune professeur fut si anxieux que cela se ressentit sur son humeur, au point que même les élèves habituellement proches de lui n'osaient plus l'approcher. Ainsi, jusqu'à la date de la rencontre, Harry et Sarah, en dehors des moments où ils voyaient leurs amis, passèrent la majeure partie de leur temps libre avec Maria et ses enfants.
Durant le week-end, Maria trouva un moment pour parler à ses neveux en privé. Elle leur expliqua qu'elle voulait envoyer les Dursley en prison mais que pour cela, ils devraient porter plainte et, donc, témoigner contre eux. Les deux enfants échangèrent un regard hésitant. Leur tante leur avait déja parlé de ce projet, en début d'année, mais ils n'y avaient plus vraiment repensé depuis. Maria précisa :
- Il n'y a rien d'urgent, prenez tout le temps que vous voulez pour y réfléchir.
Harry répondit :
- C'est tout réfléchit, on serait ravis qu'ils passent le restant de leurs jours derrière les barreaux. C'est juste que… Il nous a fallu des années pour oser en parler, et jusque-là on ne l'avait dit qu'à des personnes de confiance. Donc apprendre qu'on va devoir parler à des inconnus… Les Dursley nous ont bien fait comprendre, depuis toujours, que personne ne nous croirait si on parlait… Et avant cette année, tous les adultes à qui on en a parlé n'ont fait que leur donner raison… Il y a deux ans, j'ai littéralement supplié, plusieurs fois dans l'année, Dumbledore d'aider Sarah, de ne pas la laisser là bas. Il n'a jamais levé le petit doigt.
Maria se dit que ça ferait un ajout supplémentaire à la, déjà longue, liste des choses que le directeur avait à se reprocher dans la gérance des suites de l'attaque du 31 octobre. Y avait-il seulement un moment, durant toute cette affaire, où il n'avait pas fait preuve d'ingérence ? Tout indiquait pour le moment que la réponse à cette question était négative.
Sortant de ses pensées, elle revint au moment présent et chercha un moyen de mettre les plus jeunes en confiance. Elle eut alors une idée et la soumit à l'adolescent :
- Si vous ne vous sentez pas capables de parler à des inconnus, ce que je comprends tout à fait, pourquoi ne pas retranscrire votre témoignage sur papier ?
Harry se sentit idiot de ne pas avoir pensé à cette solution. À en croire le regard qu'elle lui lança, Sarah était visiblement du même avis. Maria s'absenta et revint quelques secondes plus tard avec le nécessaire pour mettre son idée à exécution. Elle patienta le temps qu'il leur fallut pour mettre à l'écrit leurs années passées à Privet Drive, puis récupéra le tout. Il lui semblait plus prudent d'envoyer les feuilles à un tribunal moldu, sur lequel Dumbledore n'aurait aucun pouvoir. En effet, en tant que président du Magenmagot, et compte tenu de l'ampleur de son influence au sein du monde magique, le directeur de Poudlard avait tout pouvoir sur le Département de la Justice Magique et il lui serait sans doute facile de faire en sorte que les Dursley échappent à un procès côté sorcier.
Ils réfléchirent ensuite ensemble à un moyen de transmettre leurs écrits à qui de droit. Maria proposa :
- Je pense que le mieux serait de les transmettre à un commissariat proche du quartier, mais qui ne soit pas celui de Privet Drive.
La solution vint de Sarah :
- Il y à deux ans, j'ai été recueillie par une femme…
Les deux autres comprirent immédiatement à quoi elle faisait allusion et Harry demanda :
- Tu penses qu'elle accepterait de nous aider ?
- Oui, surtout si c'est pour envoyer Vernon derrière les barreaux. Je ne suis pas restée en contact avec elle, pour diverses raisons, mais je n'oublierai jamais ce qu'elle a fait pour moi. Je ne peux pas donner la distance exacte, parce que je n'ai fait le trajet que deux fois dans ma vie, mais je pense qu'elle n'habite pas très loin.
Sarah, sous la supervision de son frère et de Maria, écrivit donc une lettre à celle qui, deux années auparavant, avait égayé sa vie l'espace de quelques mois. Elle lui expliqua la situation dans les détails - en omettant bien évidemment tout ce qui concernait le monde magique -, s'excusa de ne pas lui avoir donné de nouvelles en précisant que c'était parce que son oncle ne lui laissait pas une seconde de répit, ce qui n'était pas très loin de la vérité. Elle expliqua ensuite qu'elle joignait à la lettre, par écrit, leurs témoignages à son frère et elle-même contre les Dursley et lui demandait de les porter au commissariat le plus proche de chez elle.
Une fois la lettre rédigée elle y inscrivit l'adresse de sa bienfaitrice en espérant que cette dernière n'ait pas déménagé puis remis la missive à sa tante qui promit de la poster la prochaine fois qu'elle irait à Pré au Lard.
Ce qu'elle fit le vendredi suivant, date de la rencontre entre Sirius et Remus, après avoir accompagné son collègue et ami jusqu'à la grotte où vivait l'ancien détenu.
Maria préféra les laisser seuls, sachant qu'ils avaient beaucoup de choses à se dire et douze ans à rattraper. Elle prit la direction de la poste du village qui, elle le savait grâce au professeur McGonagall, était l'une des seules d'angleterre à fonctionner également à la manière moldue. Si bien que lorsqu'elle se présenta et expliqua qu'elle voulait envoyer une lettre à une amie à elle qui vivait dans le monde moldu - elle préféra ne pas dire la vérité de peur que l'information remonte jusqu'à Dumbledore, surtout à Poudlard où les murs avaient littéralement des yeux et des oreilles -, on la fit attendre quelques minutes. Un jeune homme arriva ensuite, qui expliqua être avoir des parents moldus. Il ajouta que sa hiérarchie avait préféré demander à quelqu'un qui connaissait le monde moldu, et s'excusa pour l'attente générée. Elle lui assura que ce n'était rien et le suivit jusqu'à la section moldue de l'établissement.
Elle le remercia puis lui fit signe qu'il pouvait partir et ajouta qu'elle saurait se débrouiller. Une fois qu'il eut accepté de la laisser seule, elle glissa son courrier dans la fente prévue à cet effet et quitta les lieux.
Elle rejoignit ensuite la rue principale et attendit le retour de son collègue. Elle ne patienta pas longtemps et eut la surprise de le voir arriver accompagné de Sirius. Leur proximité physique semblait indiquer que l'entrevue s'était bien déroulée mais elle n'en n'aurait la certitude qu'en les interrogeant. Ce fut pourquoi elle leur posa directement la question :
- Alors ? Tout s'est bien passé ?
Ce fut le blond qui répondit :
- À merveille !
Il ajouta :
- Tu avais raison, Sirius ne m'en voulait pas. Et on est sur la même longueur d'onde.
Le plus âgé acquiesça en disant à voix haute ce que tous trois pensaient tout bas :
- Le bien être et les intérêts des enfants passent avant tout.
Maria approuva et ajouta :
- Je reviens à l'instant de la poste. J'ai envoyé les témoignages des enfants à la femme qui à hébergé Sarah il y a deux ans. Si, comme elle le pense, cette femme accepte de nous aider, ce sera déjà ça de fait.
Les deux autres acquiescèrent et les deux professeurs regagnèrent Poudlard. Sirius fit ce qu'il n'avait encore jamais osé faire : il les suivit, sous sa forme animagus.
OoooO
Quelques jours plus tard
Dans un petit village a une dizaine de kilomètres de Privet Drive, une jeune femme était en train de prendre son petit-déjeuner quand elle entendit sonner à sa porte. Elle se leva, se demandant qui cela pouvait bien être, et se retrouva nez à nez avec le facteur. Elle en fut d'autant plus étonnée qu'elle ne recevait jamais de courrier. Stupéfaite, elle attrapa la lettre qu'il lui tendait sans vraiment savoir quoi en faire.
Elle revint à l'intérieur et sentit les larmes lui monter aux yeux en reconnaissant l'écriture sur l'enveloppe. C'était celle de Sarah. Elle avait recueilli la jeune fille deux ans plus tôt, après que celle ci ait fugué de chez son oncle et sa tante. Elle l'avait hébergé durant quelques mois mais l'oncle de l'enfant avait fini par la retrouver et était venu la récupérer. Elle n'avait jamais eu de nouvelles par la suite. Après cet événement, elle avait alerté les services sociaux mais sans autre preuve que sa seule parole, ces derniers ne l'avaient pas prise au sérieux.
Elle s'empressa de déchirer le papier et commença à lire :
Bonjour Alice !
Tout d'abord je tenais à m'excuser de ne pas avoir donné de nouvelles ces deux dernières années, ce n'était pas l'envie qui manquait mais ma famille ne m'a laissé aucun répit. Je veux également que tu saches que je te serais éternellement reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour moi.
Les deux paragraphes suivants relataient les événements de l'année précédente et ceux des derniers mois, en restant dans le respect du secret magique. La lettre s'achevait de cette façon :
Je te joins mon témoignage écrit, ainsi que celui de mon frère, contre les Dursley. Accepterais-tu de le confier au commissariat le plus proche de chez toi ?
Merci pour tout,
Sarah
La jeune femme sourit en lisant que sa protégée avait fini par retrouver une partie de sa famille biologique. Mais étrangement cette pensée lui amena un pincement au cœur. Elle était heureuse que la jeune fille et son frère aient enfin trouvé des adultes sur qui ils pouvaient compter. Lorsqu'elle avait rencontré Sarah, son visage lui avait paru familier, sans pour autant qu'elle sache d'où cela lui venait. Peut-être une ressemblance avec quelqu'un qu'elle aurait connu étant enfant ? Elle n'aurait su le dire, puisqu'elle n'avait de souvenirs ni de son enfance, ni de son adolescence. C'était comme si sa vie avait commencé alors qu'elle était déjà dans la vingtaine. En fait, ses premiers souvenirs remontaient à son réveil dans une chambre d'hôpital, avec son prénom comme seul souvenir, un peu plus de dix ans auparavant.
Elle avait passé les mois suivants à chercher des indices, des informations, n'importe quoi qui lui permette de savoir qui elle était et d'où elle venait. En vain. Elle avait fini par se résigner et par se reconstruire une vie. Elle avait commencé des études de psychologie, avec une spécialisation dans le domaine de l'enfance traumatique. Elle y avait travaillé plusieurs années, avant de se reconvertir dans la vente à domicile. Peu après, elle avait rencontré Sarah, qui avait partagé sa vie durant quelques mois.
Ce fut cette pensée qui la ramena au moment présent. Elle parcourut les deux témoignages, sachant déjà dans les grandes lignes ce qu'ils contenaient. Elle fut choquée en prenant connaissance des détails de l'histoire, et cela ne fit que consolider la décision qu'elle avait déjà prise de porter lesdits témoignages auprès des autorités compétentes.
Elle décida de s'en occuper dans l'immédiat, et de répondre ensuite à la lettre. Elle arriva peu après au commissariat de quartier. Elle était bien connue des habitants, si bien qu'elle fut rapidement reçue. Elle expliqua la situation, ainsi que la raison de sa venue.
Le jeune homme qui la prit en charge récupéra les deux paquets de feuilles et y jeta un rapide coup d'œil. Il put voir que cela semblait avoir été écrit par quelqu'un de très jeune. Le simple fait que l'écriture était indéniablement enfantine et les tâches qui ressemblaient à s'y méprendre à celles faites par des larmes abondaient dans ce sens. La jeune femme ajouta qu'elle souhaitait être avertie de la suite des évènements, ce à quoi le jeune agent accèda.
Après qu'elle fut partie, il se plongea dans la lecture des documents qu'elle venait de lui remettre. Il en fut horrifié, d'autant qu'il avait la conviction que rien n'était inventé ou exagéré. Il se rappela soudainement de quelque chose. Cette femme était déjà venue, environ un an et demi auparavant, mais n'avait pas été prise au sérieux, faute de preuves.
Il fit une copie des deux témoignages qu'il transmit à ses supérieurs et alla en personne remettre l'original aux services sociaux. Il ne fallut que quelques minutes aux deux organismes pour organiser une visite conjointe au couple domicilié au 4, Privet Drive, Little Whinging, Surrey.
Une vingtaine de minutes plus tard - le temps de parcourir la dizaine de kilomètres séparant les deux villages -, une voiture de police suivie d'un véhicule appartenant aux services de protection de l'enfance se garait devant la maison du couple Dursley.
La voiture garée dans l'allée attestait que la maison était habitée. Le plus âgé des agents de police présent frappa à la porte. Un homme au gabarit des plus imposant vint leur ouvrir et grogna :
- C'est pour quoi ?
Il se rendit compte avec un temps de retard de qui était son interlocuteur et reprit sur un ton aussi faux que mielleux :
- Que puis-je pour vous Monsieur l'agent ?
Le plus âgé nota mentalement de se méfier de cet homme et demanda :
- Êtes-vous Vernon Dursley ?
Le propriétaire des lieux hocha positivement la tête. Le policier ajouta :
- Permettez-vous que je visite votre maison ?
Il n'attendit pas la réponse de son interlocuteur pour s'engouffrer dans l'entrée, rapidement suivi de ceux qui l'accompagnaient. En voyant plusieurs policiers, ainsi que deux autres personnes qu'il ne connaissait pas, pénétrer dans sa maison, Vernon Dursley comprit qu'il y avait anguille sous roche. Il demanda, d'un ton faussement aimable :
- Je peux peut-être vous aider ?
Le policier à qui il avait parlé la première fois, ayant déjà eut à faire à ce genre de cas, lui assura que non. La voix d'un collègue plus jeune se fit entendre :
- J'ai trouvé quelque chose !
Le plus âgé le rejoignit et demanda :
- Que se passe-t-il ?
L'autre répondit :
- Regardez dans le placard…
Il s'exécuta et ce qu'il vit l'horrifia. Tout d'abord, parce qu'il ne faisait aucun doute que l'endroit avait été habité. Ensuite parce que le fait qu'il ne contenait, en tout et pour tout, qu'une couverture usée jusqu'à la corde et un matelas si fin qu'il s'agissait plus vraisemblablement d'un tapis de sol ne laissait que très peu de doute quant aux conditions de vie desdits habitants. Enfin, le sol, la couverture et ce qui devait tenir lieu d'oreiller étaient parsemés de taches plus où moins récentes et difficilement identifiables mais dont la provenance ne lui inspirait rien de bon, s'agissant probablement principalement de sang séché. Si la découverte du placard était amplement suffisante pour inculper les propriétaires, la suite de la visite fut également une véritable mine d'or. L'homme, pourtant habitué aux pires horreurs de par sa profession, eut envie de vomir en découvrant la cave. Le sol était constellé de tâches et jonché de ce qui s'avèra être des préservatifs usagés. Il comprit alors qu'il n'y avait pas que du sang parmi les tâches retrouvées dans le placard…
Cela l'horrifia d'autant plus. Comment pouvait-on être assez monstrueux pour faire subir de telles horreurs à des enfants innocents ? Il en fut d'autant plus déterminé à envoyer ce couple de monstres, car il savait de par leur informatrice ainsi que par les témoignages à l'origine de leur visite, que Mr Durlsey avait une femme et un enfant, derrière les barreaux. L'enfant serait sans doute placé en foyer où envoyé chez d'autres membres de la famille. À vrai dire, son sort lui importait peu. Après tout, il était complice de ses parents. Il avait activement participé aux sévices infligés aux deux autres enfants. Il avait beau savoir qu'il ne devrait pas être aussi dur parce que ce petit n'était que le fruit de l'éducation que lui avait donné ses parents, il ne pouvait s'en empêcher. Il était le premier à répéter à ses hommes de ne pas s'impliquer émotionnellement lors d'une enquête, ce qui n'était déjà pas facile, mais cela devenait particulièrement difficile quand les victimes étaient des enfants.
Il revint au moment présent et remonta puis rejoignit son hôte. Il se demandait tout de même pourquoi le couple avait laissé les preuves de leur culpabilité traîner partout dans la maison, autant en évidence. Pensaient-ils que leurs victimes n'oseraient jamais les dénoncer ? C'était sans doute l'hypothèse la plus probable. Lorsqu'il s'adressa au propriétaire de la maison, ce fut pour lui dire :
- Vernon Dursley. Vous êtes en état d'arrestation pour violence aggravée et agression sexuelle sur mineur de moins de quinze ans. À compter de cet instant, je vous déchois de tous vos droits parentaux. Votre femme sera également arrêtée, pour violence sur mineur et non assistance à personne en danger.
L'homme tenta de se défendre :
- Je ne comprends pas de quoi vous parlez, vous devez faire erreur.
- N'essayez pas de me berner, cette maison est un véritable nid à preuves. Si vous ne vouliez pas que l'on vous arrête, il ne fallait pas laisser aussi en évidence les preuves de votre culpabilité.
Cette fois, Vernon montra son vrai visage :
- Comment on aurait pu deviner que les monstres allaient nous dénoncer ? Dit-il sur un ton où se mêlaient la haine et le mépris. Le mot "monstres", notamment, semblait avoir été craché et sonnait clairement comme une insulte.
Ils durent s'y mettre à plusieurs pour passer les menottes au père de famille tant ce dernier se débattait, hurlant, malgré ses presque aveux, qu'il y avait erreur sur la personne et qu'il exigeait de voir son avocat. Tandis qu'une voiture emmenait l'homme toujours vociférant, le policier cria à ceux toujours sur place :
- Et trouvez moi la femme de cette ordure !
Lui même se chargea de placer les lieux, désormais considérés comme une scène de crime, sous scellés. Il trouva, dans un carnet, le nom et l'adresse de l'établissement où était scolarisé le fils du couple.
OoooO
Au même moment, Alice réfléchissait à un moyen de répondre à la lettre de Sarah. Elle s'était en effet rendue compte que la jeune fille ne lui avait laissée aucune adresse de retour. Elle en était à ce stade de ses réflexions lorsque son téléphone sonna. Elle décrocha :
- Allô ?
- Mrs Green ?
- Oui ?
- Je suis l'agent York, c'est moi qui vous ait reçue tout à l'heure. Je tenais simplement à vous faire savoir que Vernon Dursley vient d'être interpellé à son domicile. Sa femme est également activement recherchée, et mon supérieur est parti chercher leur fils au sein de son établissement scolaire. Si les témoignages que vous nous avez fournis n'avaient pas suffit à les inculper, la maison s'en serait chargée. Cet endroit était un véritable nid à preuves. Ils n'avaient rien nettoyé ni fait disparaître. Ca ne leur était visiblement même pas venu à l'esprit que l'on puisse les dénoncer.
- Merci beaucoup de m'avoir prévenue.
- Si jamais vous êtes en contact avec eux… Dites aux enfants qui ont témoigné que c'était très courageux de leur part.
Bien qu'il ne puisse la voir, la jeune femme acquiesça. Elle aussi trouvait que les petits Potter avaient été très courageux.
OoooO
À Poudlard, Maria s'en était également rendue compte : Alice n'avait aucun moyen de leur faire parvenir sa réponse. Il fut donc décidé qu'elle se rendrait en personne au domicile de la bienfaitrice de sa nièce. Comme lorsqu'elle s'était rendue à Poudlard, ce fut le professeur McGonagall qui l'emmena, cette dernière souhaitant également rencontrer celle qui avait aidé sa jeune élève. Sarah ne faisait peut-être pas partie de ses lions mais son frère si, et elle avait vu sa détresse l'année précédente après que la jeune fille ait été victime du basilic, ainsi que deux ans auparavant, lorsqu'il était resté sans nouvelles d'elle durant plusieurs mois.
Au début de l'année, lorsque la vérité concernant les Dursley avait éclaté, elle s'était sentie horriblement coupable de n'avoir jamais rien remarqué. C'était cela avant tout qui l'avait poussée à contacter Maria, et force était de constater qu'elle avait eu raison de prendre cette initiative. Quoique puisse en penser le directeur. Tous les professeurs n'avaient pu que se rendre que les Potter n'avaient jamais parût aussi heureux et épanouis que depuis que leur tante était entrée dans leur vie.
Ce fut sur cette pensée qu'elle arriva à destination. Elle laissa Maria frapper et toutes deux attendirent que la propriétaire des lieux vienne leur ouvrir. La directrice adjointe de Poudlard était très loin de se douter qu'elle était sur le point de se trouver face à un fantôme. Où, plus exactement, à une très vieille connaissance.
La porte s'ouvrît sur une jeune femme âgée d'une trentaine d'années environ, qui avait de courts cheveux bruns, des yeux de la même couleur et un visage rond. La professeur se figea imperceptiblement. Ni Maria, ni leur hôte ne remarquèrent quoique ce soit, même si la sœur de James avait l'impression d'avoir déjà rencontré celle qui lui faisait face. Mais elle était incapable de se rappeler d'où lui venait cette impression de déjà vu.
Alice, de son côté, n'avait pas manqué le malaise de ses deux visiteuses mais décida de ne pas en tenir compte. Elle les invita à entrer, ayant le pressentiment que leur visite était lié aux derniers événements. Cependant, bien qu'elle ne les connaissent pas, elle avait l'impression que, tout comme Sarah deux ans plus tôt, leurs visages lui étaient familiers et avait le sentiment qu'elle aurait du savoir pourquoi. Et que la réponse résidait dans la partie manquante de sa mémoire.
Et effectivement, les deux autres lui expliquèrent, sans lui parler du monde magique, qu'elles étaient venues suite à la lettre qu'elle avait reçue. Maria se présenta comme la tante et la marraine de Sarah, et le professeur McGonagall comme la directrice adjointe de l'établissement où étaient scolarisés la jeune fille et son frère. Lorsque Maria se présenta, Alice eut envie de se jeter dans les bras de celle qui avait tant fait pour sa protégée et le frère de celle ci. Elle se retint, se contentant de lui dire :
- Merci infiniment pour tout ce que vous avez fait pour ces petits. Je n'ai jamais rencontré le frère aîné de Sarah, mais elle m'en à dit tellement de bien que j'ai un peu l'impression de le connaître.
- Ce sont mes neveux, c'est normal que je me préoccupe de leur bonheur. Contrairement à certains, ajouta-t-elle après un temps d'arrêt.
Là conversation des deux jeunes femmes permit au professeur de métamorphose de se reprendre. En temps normal, son premier réflexe aurait été de partager sa découverte avec son supérieur. Mais les événements survenus depuis la rentrée avaient sérieusement entamé - pour ne pas dire réduit à néant - sa confiance en Dumbledore.
Elle suivit les deux plus jeunes à l'intérieur et garda le silence presque tout le temps que dura l'entrevue. Elle accepta volontiers la boisson que leur proposa la propriétaire des lieux.
Quand elles lui donnèrent la raison de leur venue, elle les remercia d'avoir pensé à elle et leur raconta dans le détail ce qui s'était passé au cours des derniers jours. Les deux femmes furent soulagées d'entendre que les témoignages des enfants avaient été pris au sérieux et, surtout, avaient pu aboutir a l'arrestation de leurs bourreaux. Car elle avait également été avertie un peu plus tôt, par le même policier que la première fois, que Pétunia avait également été arrêtée, et déchue de ses droits parentaux.
Alice avait cependant une autre préoccupation, qu'elle garda pour elle. Elle se demandait si c'était réellement une bonne chose que le fils Dursley soit récupéré par un membre de sa famille paternelle, quand on savait quel genre de personne était son père. Le jeune policier lui avait dit qu'ils faisaient des recherches pour retrouver la famille de Vernon. Si cela aboutissait et qu'il était envoyé chez ces gens, le garçon risquait d'être élevé dans l'idée que ses parents avaient été emprisonnés à tort, ce qui ne serait pas une bonne chose. Elle se souvenait également de ce que lui avait Sarah au sujet de la sœur de Vernon, et cette dernière semblait tout à fait le genre de personne qui donnerait raison à son frère. Ne valait-il pas mieux, dans ce cas, que l'adolescent aille chez une personne extérieure à son cercle familial ? Il lui vint alors l'idée que prendre l'adolescent chez elle serait le peut-être le meilleur moyen de lui assurer un bon avenir. Elle ignorait encore qu'en plus de tout ça, son passé allait bientôt se rappeler à son souvenir…
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Un peu plus tard dans la journée, Maria et son accompagnatrice regagnèrent Poudlard et annoncèrent la bonne nouvelle aux enfants. Ce soir la, dans les appartements de la jeune femme, l'ambiance fut à la fête. À la demande de Sarah, Maria lui donna des nouvelles d'Alice. La jeune fille fut heureuse et soulagée d'apprendre que celle qui avait tant fait pour elle allait bien. Elle avait eu peur que Vernon ne s'en prenne à elle pour s'assurer qu'elle ne le dénonce pas.
La mère de famille, de son côté, maintenant que les Dursley avaient été arrêtés, allait pouvoir passer à la deuxième étape de son plan : faire une demande de garde pour ses neveux. Elle savait que le fait d'avoir déjà des enfants, et de ne pas être seule, ainsi que son jeune âge, allaient jouer en sa faveur. Ou du moins, elle l'espérait très fortement.
Elle craignait toutefois que Dumbledore n'interfère mais savait qu'elle n'aurait, cette fois, d'autre choix que de passer par le ministère de la magie. Heureusement, ils avaient, d'après Sirius, le ministre de leur côté. Ce qui présentait un avantage certain. Avec un peu de chance, le ministre aurait les moyens d'empêcher le directeur de Poudlard de leur mettre des bâtons dans les roues. Il était leur seul espoir : lui seul avait assez d'influence pour cela.
Ainsi, les jours suivants furent très remplis pour la jeune femme : elle devait partager son temps entre ses enfants, ses cours et la préparation du dossier pour la demande de garde.
Ce dernier fut prêt peu de temps avant les vacances de Noël. Maria emprunta la chouette de son fils aîné pour l'envoyer au ministère.
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Tandis que Maria se préparait à offrir à ses neveux le meilleur noël de leur vie, Alice avait fini par arriver à la conclusion qu'accueillir Dudley chez elle était la meilleure façon de s'assurer qu'il ne tournerait pas mal. Elle savait qu'elle aurait du travail pour le défaire de l'éducation donnée par ses parents, mais elle était déterminée à faire de l'adolescent quelqu'un de respectable.
Et justement, la matinée fut consacrée au nettoyage complet de la maison, puisque les services sociaux devaient lui amener son nouveau « pensionnaire » en début d'après-midi.
Elle venait tout juste de finir de débarrasser la table lorsque la sonnette retentit.
Elle eut brusquement une vague de doutes. Était ce réellement une bonne idée ? N'était-il pas déjà trop tard pour renverser la tendance ? Elle secoua la tête pour chasser ces pensées, prit une grande inspiration et alla ouvrir.
Face à elle se trouvaient un jeune homme qu'elle connaissait bien pour l'avoir rencontré à plusieurs reprises depuis le début de l'affaire, et l'adolescent qu'elle allait accueillir. Si le plus âgé lui fit un sourire en lui tendant la main, Dudley, lui, était clairement mécontent d'être là. L'homme l'obligea à dire bonjour. Le garçon s'exécuta à contrecoeur, en grognant. Il marmonna qu'il aurait préféré aller chez sa tante Marge.
Les deux adultes échangèrent un regard, comprenant que les choses seraient probablement plus difficiles que prévu. Alice n'avait pas peur : elle aimait les défis, et en avait vu d'autres. Elle les invita à entrer et les accompagna jusqu'au salon. L'ampleur de la tâche qui l'attendait commença à lui apparaître lorsque Dudley s'assit sans même demander la permission. Elle soupira mais laissa couler, ne voulant pas faire une scène dès le départ. Elle invita l'homme à faire de même, puis demanda :
- Vous voulez boire quelque chose ?
- Non. fut la réponse de Dudley, dénuée de toute forme de politesse
Tandis que son accompagnateur répondit :
- Un café avec un sucre, s'il vous plaît.
Alors qu'elle prenait la direction de la cuisine, elle l'entendît sermonner l'adolescent pour son manque de politesse. Elle n'entendît pas la réponse de Dudley.
Lorsqu'elle revint quelques minutes plus tard, ce dernier semblait… bouder ? Elle ne commenta pas, mais n'en pensait pas moins.
En fin d'après-midi, l'homme se leva et lui dit :
- J'aurais aimé pouvoir rester plus longtemps mais j'ai une réunion importante dans une heure. On reste en contact, et n'hésitez pas à m'appeler si ça se passe mal, dit-il en jetant un coup d'œil au jeune garçon.
Elle acquiesça et le raccompagna jusqu'à la porte. Elle referma derrière lui après une dernière poignée de main, puis revint au salon. Dudley n'y était plus mais sa valise, elle, était toujours là. Elle se dit qu'il avait dû aller satisfaire un besoin pressant et décida d'attendre qu'il revienne.
Lorsqu'il lui parut évident que ce ne serait pas le cas, elle se résigna à monter la valise dans la chambre qu'elle lui avait préparée. Elle posa le bagage et ressortit, estimant qu'à treize ans, Dudley était parfaitement capable de ranger lui-même ses affaires. La jeune femme s'attela ensuite à la préparation du repas. Elle ne connaissait pas les goûts de son jeune invité et décida donc de préparer quelque chose qui serait à la fois simple et bon pour la santé. Elle cuisina des escalopes à la créme et du riz pilaf, avec quelques légumes.
Une fois le repas prêt et la table mise, elle alla se poster au pied des escaliers et appela :
- Dudley ! À table !
Elle n'eut pas de réponse, en revanche, la maison se mit à trembler et quelques secondes plus tard, le fils Dursley débarqua dans la cuisine. Sa première question en arrivant fut :
- On mange quoi ?
Pas de bonsoir, rien. Sans attendre la réponse, il s'installa à table et attendit que son assiette soit remplie. Alice les servi tous les deux et commença à manger sans remarquer que le plus jeune s'était littéralement jeté sur son repas. Dudley dévora la viande et le riz mais refusa de toucher à ses légumes. Alors que l'adulte était en train de manger, la voix de l'adolescent se fit entendre :
- Pourquoi il y a des légumes dans mon assiette ? demanda-t-il en fixant lesdits légumes d'un air profondément dégoûté.
Alice répondit, tout en se faisant la réflexion que la suite allait être compliquée :
- Comme je ne connaissais pas tes goûts alimentaires, j'ai voulu faire quelque chose qui soit à la fois simple et bon.
Elle lui demanda ensuite :
- Qu'est-ce que tu aimes, que je sache quoi faire pour les prochains repas ?
- Tout ce qui est gras et salé. Les gâteaux aussi.
- Je vois… Une fois de temps en temps, pourquoi pas mais pas à tous les repas non plus.
- Bah si. Ma mère ne cuisinait que ce que j'aimais.
Alice répondit :
- Mais moi, je ne suis pas ta mère. Et crois-moi, je ne ferais pas les mêmes erreurs qu'elle. Tu vas donc commencer par manger tes légumes, et tu ne sortiras pas de table tant que tu n'auras pas fini.
- Non. J'aime pas les légumes. Ce que j'aime pas, je le mange pas.
Sans répondre, Alice se contenta de croiser les bras et d'attendre. Des enfants difficiles, elle avait recueilli plus d'un au cours des années et elle savait qu'ils étaient généralement moins patients qu'elle. La plupart du temps, ils finissaient par craquer : ils cédaient pour avoir la paix.
Et ça ne manqua pas : après une vingtaine de minutes à bouder, l'adolescent blond poussa un profond soupira et se résigna à finir son assiette à contrecœur. Après quoi, il quitta la table. Avant de monter, il demanda sèchement :
- Où est ma chambre ?
La plus âgée répondit :
- C'est la première à gauche en arrivant en haut. Tu ne pourras pas la louper, ta valise y est déjà.
Il hocha la tête, monta les escaliers puis elle entendit la porte claquer.
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Quelques jours plus tard, à Poudlard, les vacances de Noël venaient tout juste de commencer. Maria s'était fixée pour mission de faire passer à ses neveux le plus beau Noël de leur vie et avait, pour se faire, mis tout le monde à contribution pour la décoration de l'appartement. Harry et Sarah, qui le faisaient pour la première fois, ne savaient pas quoi faire pour aider et se contentaient donc généralement de faire ce qui leur était demandé, sans grand enthousiasme, comme s'ils avaient été conditionnés à juste obéir sans discuter. Ce qui était d'ailleurs probablement le cas, réalisa Maria en les voyant s'exécuter.
Les deux enfants Potter avaient encore du mal à croire que quelqu'un veuille bien d'eux. Jusque là, les seuls Noël qu'ils avaient vraiment pleinement vécu étaient ceux datant d'après leur entrée à Poudlard, les précédents pouvant être résumés à faire la boniche pour les Dursley et passer la soirée dans le placard à tenter de se faire oublier par leurs bourreaux. Avant 1991, un bon Noël était un Noël où ils ne recevaient aucun coups, ni aucun coups de ceinture.
Harry et sa sœur revinrent rapidement à des pensées plus joyeuses. Le temps qu'il restait jusqu'au soir du réveillon leur sembla passer trop vite. Il avait été décidé avec leurs directeurs de maisons respectifs que les deux Potter passeraient les vacances dans les appartements de Maria.
Si bien que le matin du premier jour des vacances, ils passèrent dans leurs dortoirs récupérer des affaires pour deux semaines. Lorsqu'ils durent décider où ils s'installeraient, les appartements s'agrandirent automatiquement de deux nouvelles pièces, comme si la magie du château les avait entendus, ce qui était probablement le cas.
Harry, Sarah et les jumeaux firent leurs devoirs au début des vacances afin d'en être libérés et de pouvoir pleinement profiter de leur temps libre. Pour la première fois, Harry et Sarah osèrent demander de l'aide à Maria. Cette dernière le vit comme une preuve de confiance et s'en réjouit.
Avec un adulte pour les aider, ce fut vite expédié. Harry et Sarah allèrent ensuite écrire à leurs amis respectifs pour les informer des derniers événements. Le lendemain matin, Remus se présenta à l'entrée des appartements accompagné d'un grand chien noir.
Harry eut un sourire jusqu'aux oreilles en reconnaissant Sirius. Sarah, elle, se figea en reconnaissant le chien qui les avait abordées, Astoria et elle, lorsqu'elles étaient sorties en ville pendant l'été.
Les deux nouveaux venus entrèrent dans l'appartement. Sirius reprit ensuite forme humaine et Harry se jeta dans ses bras. Sarah se fit la réflexion que c'était la première fois qu'elle voyait son frère se comporter de cette façon avec un adulte. Pour la première fois de sa vie, elle le voyait avoir un comportement en accord avec son âge. À cette pensée, elle ne put s'empêcher d'avoir une violente envie de frapper l'ordure qui les avait envoyés chez les Dursley.
Elle ne remarqua pas que son aîné s'était tourné vers elle pour lui présenter son parrain. Elle ne s'en rendit compte que lorsqu'il passa sa main devant ses yeux. Elle sursauta, sortie de ses pensées. La jeune fille se tourna vers son frère et lui demanda :
- Qu'est-ce qu'il y à, Harry ?
L'adolescent lui expliqua :
- Je voulais te présenter Sirius mais tu semblais perdue dans tes pensées.
La plus jeune s'excusa. Il lui répondit que ce n'était pas grave et que cela pouvait arriver à tout le monde. Le garçon fit ensuite les présentations. Sarah demanda, pour être sûre :
- Le chien qui nous à abordées cet été, mon amie et moi… C'était vous, n'est-ce pas ?
L'adulte acquiesça et expliqua :
- Oui… Je suis désolé si je vous ai fait peur à toutes les deux.
Il expliqua ensuite qu'il avait à peine connue Sarah, qui était encore bébé lorsqu'il avait été arrêté et emprisonné et qu'en la voyant cet été avec son amie, elle lui avait rappelé quelqu'un mais qu'il n'avait pas été sûr. Après cette mise au point, l'ambiance se fit nettement plus détendue.
Après qu'ils aient tous avalé un solide petit déjeuner, apporté par les elfes, la journée fut consacrée à la préparation du repas du réveillon. Tout le monde mit la main à la pâte, parfois littéralement.
À 18h, tout était prêt pour qu'ils passent à table et ils purent enfin s'installer pour l'apéritif. Maria alla en cuisine et revint avec un plateau contenant un verre pour chacun et des boissons adaptées à l'âge des convives : une bouteille d'alcool pour les adultes et du jus de fruits pour les mineurs. Elle fit ensuite plusieurs aller-retour pour aller chercher ce qu'ils avaient préparé dans la journée.
Tout en prenant l'apéritif, ils procédèrent à l'échange des cadeaux. Maria commença en allant chercher un tout petit paquet. Elle expliqua :
- C'est pour tout le monde, de notre part à Sirius, Remus et moi.
Elle déballa le paquet, laissant apparaître des clés. Les enfants eurent tous un regard émerveillé. Luka demanda :
- Est-ce que ça veut dire ce que je pense que ça veut dire ?
Sa mère acquiesça et, tandis que les plus jeunes laissaient éclater leur joie, expliqua :
- Ça fait un moment qu'on à les clés, mais on voulait vous faire la surprise.
Les quatre enfants de Maria et les deux Potter se jetèrent dans ses bras en hurlant de joie, si bien qu'elle eut du mal à tous les réceptionner. Une fois que l'excitation des enfants fut plus où moins retombée, les trois adultes purent reprendre et expliquer qu'ils avaient trouvé une grande maison en bord de mer et qu'une visite était prévue au début de la semaine suivante. Maria fit une description de la maison. Il y avait trois étages. Le premier comprenait un grand salon séparé de la cuisine, qui était toute équipée, par un comptoir. Sept chambres, dont quatre doubles, étaient réparties sur les deux autres étages et chacune était rattachée à une salle de bain.
L'ouverture des cadeaux se poursuivit par une enveloppe que Maria tendit à ses neveux. Harry la déchira, sa sœur lisant par-dessus son épaule. Les deux Potter purent ainsi lire ceci :
Mrs Potter,
Nous avons l'immense honneur, ainsi que la joie, que vous annoncer que le dossier que vous aviez envoyé afin de demander la garde de votre neveu Harry James Potter et de sa sœur Sarah Maria Potter à été validé et accepté à l'unanimité par le Magenmagot.
Ainsi, par la présente lettre, nous vous notifions de notre décison :
À compter de la date du 11 décembre 1993, vous obtenez la garde exclusive et devenez la tutrice légale de :
Harry James Potter, né à Ste Mangouste le 31 juillet 1980 à 23h
Sarah Maria Potter, née à Ste Mangouste le 12 juillet 1981 à 15 h
En vous remerciant pour l'attention que vous porterez à ce courrier, je vous prie d'agréer, Mrs Potter, l'expression des mes salutations distinguées.
Cornélius O. Fudge, Ministre de la magie
Amélia Bones, Directrice du Département de la Justice Magique
Daniel Bennett, Directeur du Département de la Protection de l'enfance
Harry et Sarah échangèrent un regard abasourdi et se jetèrent dans les bras de leur tante qui les reçut avec un sourire éclatant. Aucune des personnes qui assistaient à la scène ne purent manquer les larmes de joie des deux jeunes Potter.
Maria dit en leur tendant une deuxième lettre, marquée cette fois du sceau du tribunal :
- J'ai une autre bonne nouvelle pour vous.
Harry déchira l'enveloppe et positionna la lettre de façon à ce que sa soeur puisse lire en même temps que lui :
Madame,
Conformément à votre demande, nous vous notifions de la décision prise par le tribunal des assises de Londres à l'encontre de Mr Vernon Dursley et de sa femme, Mrs Pétunia Dursley, née Pétunia Evans, pour les chefs d'accusations suivants sur la base des témoignages de leurs deux victimes et des preuves accablantes trouvées sur la scène de crime et pesant sur les deux accusés :
Négligences graves
Coups et blessures sur mineur
Mutilation permanente d'un mineur
Attouchements sexuels et viol sur mineure de moins de quinze ans
Pour tous ces chefs d'accusations, Vernon Dursley à été reconnu coupable à l'unanimité. Il à été condamné à une peine de prison à perpétuité sans possibilité de remise en liberté.
Pour les trois premiers chefs d'accusation, Pétunia Dursley à été reconnue coupable à l'unanimité. Pour le dernier chef, elle à avoué devant le tribunal avoir été au courant mais qu'elle avait laissé faire parce que "c'était mérité". Pour cela, elle à été reconnue coupable de non assistance à personne en danger et de non-dénonciation de crime sexuel. Elle à été condamnée à une peine de prison à perpétuité sans possibilité de remise en liberté.
Ils ont tous deux l'interdiction formelle d'entrer en contact avec toute personne concernée, directement où non, par l'affaire.
La lettre était signée par le procureur en charge du tribunal. Harry et sa sœur hurlèrent littéralement de joie en comprenant que cela signifiait qu'après des années de souffrance physique et morale, ils avaient enfin obtenu justice. Rapidement, les deux lettres circulèrent de main en main - à l'exception du plus jeune fils de Maria, qui n'avait pas encore appris à lire -.
À part ça, Harry et Sarah eurent également des cadeaux de leurs amis respectifs. Harry reçut un kit de farces et attrapes, accompagné d'un mot « À tester sur tes amis », de la part de Sirius et Remus. Bien que rien n'indique l'identité de l'expéditeur, en réalité, l'air faussement innocent des deux ex-Maraudeurs ne trompa personne. De Mrs Weasley, il reçut le traditionnel pull de Noël ainsi qu'un colis contenant des fondants au chocolat. De Ron, un sachet de confiseries sorcières et de chocolats. Jade lui remit en main propre un kit d'entretien pour son balai, en précisant qu'il s'agissait d'un cadeau collectif : elle avait choisi le cadeau avec ses frères, et c'était leur mère qui avait payé, puisqu'aucun d'entre eux n'étaient majeurs.
Sarah, elle, reçut un miroir à double sens, avec un mot d'Astoria expliquant qu'elle et Colin s'étaient cotisés pour le lui offrir avec qu'ils soient toujours en contact. Elle expliquait également que, leur ami étant issu d'une famille moldue, c'étaient ses parents à elle qui avaient payé l'objet. Bien que ce n'était pas précisé dans le mot, Sarah se douta que les origines du petit Gryffondor n'avaient pas plus aux parents de son amie. Elle avait rencontré le couple Greengrass l'été précédent et savait qu'ils n'aimaient pas beaucoup les moldus. Son ami rouge et or, de son côté, lui avait envoyé un assortiment de bonbons moldus.
Maria leur offrit également à tous les deux plusieurs bon d'achats pour des magasins de vêtements et leur dit :
- La semaine prochaine, après la visite de la maison, je vous emmènerai tous les deux acheter des vêtements, pour que vous ayez une garde robe digne de ce nom.
Lorsqu'ils entendirent ça, les jeunes Potter hurlèrent de joie avant de se jeter dans ses bras. Ce serait, après tout, la première fois que quelqu'un les emmenait acheter des vêtements neufs. Les enfants Brown reçurent de leur mère une boîte de chocolats à se partager. Samuel et Alexander, les deux plus jeunes, eurent respectivement un balai pour enfant et un kit d'apprenti potionniste, à n'utiliser que sous la surveillance d'un adulte. Les jumeaux reçurent, quant à eux, une tenue complète de quidditch, protections incluses, chacun, ainsi qu'un balai. Ils n'avaient aucunement l'intention d'intégrer l'une des équipes de l'école mais aimaient tellement ce sport que leur mère n'avait pas pu résister à l'envie de leur faire plaisir en leur permettant de pratiquer leur sport favori. Après cela, Maria fut prise dans un câlin collectif de la part de ses enfants en guise de remerciement.
Ce fut ensuite à elle d'ouvrir ses cadeaux et elle eut les larmes aux yeux en découvrant un album contenant des photos de famille. Sur certaines, il n'y avait qu'elle et James. Sur d'autres, il y avait avec eux un garçon un peu plus jeune qui ressemblait beaucoup à James. Il y en avait également où ils étaient avec deux adultes qui étaient vraisemblablement leurs parents. L'album contenait également des photos de James et Maria à travers le temps, depuis leur plus jeune âge jusqu'à l'adolescence. Les dernières avaient visiblement été prises peu de temps avant le départ de Maria.
La distribution se termina avec Sirius et Remus, qui reçurent respectivement une flasque de l'un des meilleurs whiskey pur feu et une série de livres de niveau avancé sur la lutte contre les forces du mal.
Tous deux remercièrent chaleureusement Maria. Sirius expliqua ensuite à son ami que ces livres étaient utilisés pour la formation des aurors.
Après cela, ils purent passer à table. Après une entrée composée de divers toasts (saumon, œufs de poisson et foie gras), ils passèrent au plat principal : une dinde fourrée aux marrons, accompagnée de purée et d'une poêlée de légumes.
Il n'y avait pas de dessert de prévu et, dans tous les cas, après le plat principal, ils étaient tous incapables d'avaler quoique ce soit d'autre. Ils repassèrent ensuite sur le canapé, où les adultes prirent un digestif et les enfants une tisane.
Maria ouvrit ensuite l'album qu'elle avait reçut et, à la demande des plus jeunes, commença à leur montrer les photos. Samuel s'assit sur ses genoux et les autres se répartirent autour d'elle.
La première photo montrait Maria et James avec un garçon un peu plus jeune qui prenait la pose entre eux. Tandis que les trois adultes eurent les larmes aux en le reconnaissant, les enfants, eux, se demandaient de qui il s'agissait. Alexander, avec toute l'innocence qu'ont les enfants de son âge, demanda :
- Maman ?
- Oui Alex ?
- C'est qui le garçon sur la photo avec toi et oncle James ?
La mère de famille se demanda si elle devait dire la vérité, avant de décider que oui. Elle commença donc à raconter :
- Il s'appelait Maxence… Il était notre frère, à James et moi. Il avait un an de moins que nous. Regulus et lui étaient inséparables, ils se sont rencontrés en même temps que James et Sirius et, comme leurs aînés, se sont tout de suite entendus.
Ils étaient tous pendus à ses lèvres, et personne ne demanda pourquoi elle en parlait au passé. Ils se doutaient de la réponse. Maria continua :
- Seulement, au cours de leur dernière année d'études, un différent irresolvable est apparu entre eux : Maxence à appris que Regulus avait rejoint les rangs de Lord Voldemort. Ils se sont violemment disputés, et Maxence à dit à Regulus que tant qu'il serait dans les rangs de Voldemort, ce ne serait plus la peine qu'il vienne lui parler.
Maria continua son récit en racontant qu'un drame était survenu en décembre 1980, quelques mois après que les deux garçons aient quitté Poudlard : peu avant Noël, une attaque avait eu lieu sur le chemin de traverse. Maxence y était venu pour faire des courses. Regulus participait à l'attaque. Maria expliqua que, ce jour-là, Regulus avait vu son ancien meilleur ami d'enfance être torturé et tué par deux mangemorts, sans pouvoir intervenir.
Lorsqu'elle eut fini, Maria dut passer plusieurs minutes à consoler ses deux plus jeunes fils, en larmes suite au récit de la mort de cet oncle qu'ils n'avaient pourtant pas connu. Elle préféra donc ne pas leur dire que Regulus était lui aussi décédé, quelques mois après l'attaque.
Lorsqu'elle regarda l'heure, Maria se rendit compte qu'il était déjà plus de minuit et envoya les enfants au lit. Pour les adultes non plus, la soirée ne s'éternisa pas et, très vite, Remus regagna ses appartements, suivi par Sirius qui passerait la nuit là-bas. Bien qu'il n'en dit rien, le jeune professeur avait passé une soirée très agréable et en vint presque à regretter de ne pas en avoir profité pour déclarer ses sentiments à Maria.
Cependant, aussi eut-il formulé cette pensée que sa condition lui revint en mémoire. Même dans l'hypothèse où ses sentiments seraient réciproques, il n'avait aucune chance avec elle. Il était un monstre, qui pourrait vouloir de lui ?
Sirius, qui avait remarqué l'air trouble de son vieil ami, sembla lire dans ses pensées et lui donna un coup à l'arrière de la tête en disant :
- Je t'interdis de penser ça ! T'es pas un monstre, Remus.
Le plus jeune lui jeta un coup d'œil interrogatif et demanda :
- Comment… ?
- Comment je sais que c'est à ça que tu pensais ?
Le blond acquiesça et Sirius répondit :
- Je te connais par cœur, mon vieux. Et puis, à l'époque où on était encore à Poudlard, tout le monde avait remarqué que tu craquais pour Maria. Même James s'en était rendu compte, alors qu'il n'avait d'yeux que pour Lily.
Sirius fit une pause et continua :
- Et avant que tu poses la question, non, ça ne le dérangeait pas. Avec n'importe qui d'autre ça se serait mal passé, mais toi, il savait que tu ne lui ferais jamais de mal.
Remus promit qu'il allait réfléchir à cela puis mît fin à la conversation. La fin du trajet se fit en silence et lorsqu'ils furent arrivés à destination, ils allèrent tous les deux se coucher directement.
Quelques jours plus tard, toute la troupe sortit de Poudlard, avec l'accord des professeurs des enfants. Remus fit plusieurs allers-retours afin de faire transplaner tout le monde jusqu'à la côte où était située la maison.
À peine arrivés, les enfants partirent devant, Harry et sa sœur en tête. Aucun d'eux n'avait jamais eu un si grand espace autour d'eux. Même les enfants de Maria, qui avaient pourtant grandi dans une maison avec un jardin, étaient impressionnés par la taille du terrain. Une fois que tout le monde fut arrivé, ils entrèrent dans la maison.
Ils passèrent par un portail qui donnait sur une entrée avec une porte. Maria ouvrit la porte et tout le monde la suivit. Ils arrivèrent dans un salon qui leur parut gigantesque, composé d'un ensemble de canapé et d'une télé équipée d'un lecteur de cassettes.
Le salon donnait sur une grande cuisine avec plusieurs plans de travail, un lave vaisselle, un évier, une gazinière, un four et de nombreux placards, ainsi qu'une poubelle à pédale située sous l'évier. Il y avait également une grande table. Ils ne pouvaient pas tous y tenir pour le moment, mais cela était quelque chose que la magie pourrait arranger sans problème.
Ils passèrent ensuite à l'étage, où les enfants tombèrent sous le charme des deux premières chambres qu'ils visitèrent. La première avait des murs clairs et un lit superposé, et deux bureaux posés contre le mur avec chacun une chaise. Il y avait également un tapis posé sous le lit. Les deux chambres communiquaient par une porte.
Celle d'à côté était une chambre individuelle avec un papier peint étoilé. Pour le reste, l'aménagement était le même que dans la première chambre. À mesure que la visite avançait, ils purent se rendre compte que toutes les chambres étaient agencées de la même façon, à ceci près que l'une des chambres avait été pensée pour être occupée par un couple, puisqu'elle avait un lit double.
Comme précisé dans le descriptif de la maison, chaque chambre avait accès à une salle de bain toute équipée - douche, lavabo, toilettes -. Ils sortirent ensuite de la maison et débouchèrent sur une terrasse avec une grande table, qui donnait sur un jardin avec un chemin permettant d'accéder à la plage.
Tous furent d'accord pour dire que la maison était parfaite. À la fin de la visite, Remus emmena Maria et les Potter sur le chemin de traverse puis repartit chercher le reste du groupe pour ramener tout le monde à Poudlard.
Maria emmena ses neveux jusqu'à un grand magasin réputé pour vendre des vêtements moldus de qualité. Harry et Sarah dévalisèrent pratiquement le magasin et prirent chacun une vingtaine de sous-vêtements et plusieurs pantalons. Lorsqu'ils eurent finis leur shopping, ils quittèrent l'allée marchande pour revenir côté moldu et Maria demanda à Harry de donner un coup de baguette dans le vide, en lui expliquant que cela permettrait d'appeler leur moyen de transport pour le retour. L'adolscent, bien qu'intrigué, s'éxécuta.
Quelques secondes plus tard, un bus à impériale violet apparut devant eux. Un écriteau à l'avant indiquait "Magicobus". Le trio monta et Maria paya leurs places en donnant leur destination. Une dizaine de minutes plus tard, le bus les déposa. Harry et sa soeur descendirent en se promettant intérieurement de ne plus jamais remettre les pieds dans, je cite, "cet engin de malheur".
Ils regagnèrent ensuite l'appartement de Maria pour une séance d'essayage qui les occupa jusqu'à la fin de la journée.
OoooO
Allons voir ce qui se passe du côté d'Alice et Dudley, la veille de la rentrée. Noël et nouvel an s'étaient déroulés plutôt calmement, à savoir qu'il n'y avait eu aucune crise, alors que depuis l'arrivée de l'adolescent, chaque journée était un combat pour le faire obéir. Dudley avait été un enfant roi, et cela se ressentait clairement dans son comportement. À chaque fois qu'il n'obtenait pas immédiatement ce qu'il voulait, il piquait des crises dignes d'un enfant de deux ans.
La jeune femme était à bout, après seulement deux semaines de cohabitation. Heureusement, il reprenait les cours le lendemain et elle allait enfin pouvoir souffler.
Elle savait qu'elle allait devoir lui dire qu'il devrait changer d'établissement en septembre prochain mais n'avait pour l'instant pas la motivation pour le faire. Le lendemain matin, elle monta le réveiller et, pour une fois, tout se passa bien.
À 7h30, Dudley partit à l'arrêt de bus. Alors qu'Alice pensait pouvoir souffler pendant que l'adolescent était en cours, en fin de matinée, elle reçut un appel. La jeune femme décrocha :
- Allô ?
La personne au bout du fil se présenta :
- Je suis Oliver Town, le principal du collège Smelting.
Alice demanda :
- Que se passe-t-il ?
Alice réfléchit puis se rappela que Smelting était le nom de l'établissement où était scolarisé Dudley. Elle demanda alors :
- Dudley à des problèmes ?
Après un temps de silence, son interlocuteur dit :
- Je dirais plutôt que Dudley est le problème.
- Que voulez-vous dire ?
Le principal expliqua :
- L'un de ses professeur l'à surpris en train de frapper un élève plus jeune. Ce n'est pas la première fois que ça arrive et ses parents avaient été mis au courant mais ils n'ont manifestement rien fait pour y remédier. Je voulais simplement vous avertir que Dudley à écopé d'une heure de retenue et qu'il rentrera plus tard ce soir. Toutefois, si cela venait à se reproduire, je serai dans l'obligation d'envoyer Dudley en conseil de discipline.
Alice répondit qu'elle allait s'en occuper quand Dudley rentrerait puis souhaita une bonne après-midi à son interlocuteur. Elle en profita ensuite pour nettoyer la maison et pour réfléchir à la sanction qu'allait recevoir Dudley. Car elle estimait qu'une seule heure de colle était une sanction trop indulgente, au vu du motif de cette dernière.
La seule chose dont elle était sûre, c'était qu'elle l'enverrait directement dans sa chambre lorsqu'il rentrerait, avec pour ordre de faire ses devoirs et de se coucher tout de suite après.
Quelques heures plus tard, alors qu'elle lisait dans sa chambre, elle entendit claquer la porte d'entrée et comprit que l'adolescent était de retour. Elle descendit et vit rouge en le voyant se diriger directement vers la cuisine, sans même prendre le temps de poser son sac où de lui dire bonjour, et commencer à ouvrir les placards les uns après les autres.
Alice se racla la gorge pour signaler sa présence et dit :
- Ça va ? Je te dérange pas trop ?
L'adolescent se retourna, surpris, comme s'il venait seulement de remarquer qu'il n'était pas seul. L'adulte demanda :
- Qu'est-ce que tu cherches ?
Ce à quoi le jeune garçon répondit :
- Où est mon goûter ?
Alice répondit :
- Parce que tu crois réellement que tu vas avoir droit à un goûter après le coup de fil que j'ai reçu ce matin ?
- Quel coup de fil ?
- Ne fait pas l'innocent, Dudley. Le principal de ton collège m'à appelé ce matin pour me dire que l'un de tes professeurs t'avait vu frapper un élève plus jeune. Alors maintenant, tu vas monter faire tes devoirs dans ta chambre et réfléchir à ton comportement. Je ne veux pas te voir avant demain matin. Et tu es bien évidemment privé de repas ce soir. Maintenant file.
Le garçon s'exécuta sans faire d'histoire, ce qu'Alice prit comme une victoire. Elle alla se coucher sans revoir Dudley et lorsqu'elle se leva le lendemain, il était déjà parti.
