Bonjour à tous !

Je sais ça fait une éternité que je n'ai pas publié sur cette histoire, ni sur aucune autre.

Mais nous voilà pour l'ultime chapitre.

J'espère que vous avez apprécié.


Depuis le jour où Lexa était allée tester sa théorie et sa nouvelle immunité face aux macchabées, quelques semaines passèrent dans le plus grand calme.

Après une longue réflexion et une violente dispute entre la Commandante et Wanheda, cette dernière avait décidé de faire comme la brune. De s'infecter sciemment afin d'être immunisée elle aussi.

Bien évidemment, la Griffin n'en avait fait qu'à sa tête et sa compagne n'avait pu faire autrement que l'accepter. Mettant tout de même la blonde sous très haute surveillance pendant toute la durée de la « procédure ». Toutes les deux ressentirent un très grand soulagement après que tout se soit bien passé. Donnant pour Clarke le même résultat que pour les deux autres Natblida.

Pendant ce temps, les travaux de Raven avaient avancé à grande vitesse et elle avait même dû retourner se réapprovisionner à l'Eligius plusieurs fois. La construction de bâtiments en béton avait même commencé dans la nouvelle enceinte étendue de l'usine.

Lexa et Clarke qui étaient toutes les deux justement en train d'en faire le tour et de remercier ceux qui y avaient pris part entendirent du vacarme provenant des voitures tout juste arrivées d'une chasse.

L'un des passagers ne tarda pas à sortir d'un véhicule, aidé par deux hommes, n'arrivant vraisemblablement pas à poser ses deux jambes au sol. En s'avançant, les deux jeunes femmes se rendirent compte que du sang dégoulinait abondamment de sa jambe gauche.

— C'est une morsure, leur dit rapidement l'un des hommes le tenant, tandis qu'il criait de douleur.

— Dépêchez-vous de le conduire à l'infirmerie, ordonna Lexa. Nous allons les prévenir qu'il faut se préparer à amputer sa jambe.

— Non! cria le blessé. J'ai été injecté, on ne pourra pas voir si ça fonctionne si vous me coupez la jambe!

— James, nous savons que c'est le cas, l'en informa Clarke. Mais pour l'instant, nous n'avons pas pu vérifier que ça fonctionne, et l'on peut retirer ta jambe pour te garder en vie.

— Non, justement, répéta-t-il avec une grimace. C'est le moment de savoir. J'y suis prêt si ça peut aider tous les autres.

Elles acquiescèrent, mais se mirent tout de même en route vers l'infirmerie pour s'assurer que tout irait bien. Pour le moment, tous n'avaient pas subi ce qui devait être un vaccin, puisqu'il n'y avait aucune preuve que ce soit utile ou même sans aucun danger. Seuls les volontaires avaient subi une injection. Et aujourd'hui ou dans les jours suivants, elles verraient si c'était une avancée positive ou non.

— James… Tu es certain de vouloir faire ça? lui demanda Lexa, tandis qu'ils l'avaient déposé dans un lit de l'infirmerie. Si l'on attend encore, ça ne servira plus à rien de te couper la jambe. L'infection se sera trop étendue.

— Je sais, mais c'est ce que je veux, répondit-il avec une effroyable grimace de douleur.

— Tu as pensé à ta femme? À ton fils? lui demanda à son tour Clarke.

— Oui, justement, répondit-il une nouvelle fois. C'est pour eux que je fais ça. Pour pouvoir leur donner une chance de vivre dans un monde normal. Et même si… ah! Même… Même si j'y reste, je sais que vous veillerez toutes les deux sur eux.

Les jeunes femmes se regardèrent, avant que Clarke ne soupire finalement.

— Bien. Alors ta décision sera respectée, James. Mais laisse tout de même Abby te donner un calmant.

Lexa n'avait rien ajouté, se contentant de marcher jusqu'à l'une des fenêtres et de regarder à travers le verre. La blonde vint à côté d'elle, lui prenant la main qu'elle sera légèrement. Elles restèrent quelques minutes dans cette position, la Commandante la mâchoire serrée et sa compagne ne disant rien.

— Si j'avais pu prendre sa place, je l'aurais fait sans réfléchir, déclara finalement cette dernière, d'un air froid sans quitter l'extérieur des yeux.

— Je sais, répondit la blonde, même si cela lui fit un pincement au cœur. Je le sais, et je suis persuadé que chaque personne ici le sait également. Mais tu ne peux pas et nous avons besoin de notre Heda.

La brune la regarda brièvement, avant de reporter son attention sur les barricades mises en place autour de l'usine. Puis elle porta la main de la blonde toujours dans la sienne jusqu'à son visage, avant de l'embrasser avec douceur.

— Je ne suis pas Heda pour toi, Klark. Plus depuis longtemps en tout cas, tu le sais bien. Viens, allons-y. Je ne tiens pas vraiment à rester ici, ta mère nous préviendra de ce qui arrivera.

Toutes les deux sortirent de l'infirmerie, Lexa donnant des ordres à quelques gardes avant de quitter les lieux. S'assurant de cette manière qu'aucun accident n'arriverait en son absence.

Le soir même, elles étaient retournées voir James à l'infirmerie. Sa fièvre était très élevée, le faisant complètement délirer, et la brune savait à quoi cela allait mener. Leurs recherches avaient été complètement vaines. Et quelqu'un, une personne de leur peuple, allait mourir pour avoir essayé de prouver leur théorie.

Et ils ne pouvaient rien faire pour mettre fin à ses souffrances, mis à part lui donner de quoi faire baisser sa température corporelle. Ils devaient voir exactement ce qui se passerait lorsqu'il se transformerait. En espérant quece ne soit pas bien pire qu'avant.

Mais au grand étonnement de tout le monde, sa fièvre baissa peu à peu et il redevint cohérent. Se contentant de finir par s'endormir face à la fatigue.

Ai em op. Ai gaf kom ge klin bilaik no sich. Gon de fos sainen, chit yu don kom. « Surveillez-le. Je veux être certaine qu'il n'y ait pas de problème avec ce qu'on lui a injecté. Au moindre signe, faites ce que vous devez. »

Sha, Heda, lui répondirent les guerriers.

Elle avait préféré donner cette mission à ceux venant de l'Ancien Monde. Pas par manque de confiance en ceux qui étaient nés ici. Mais tout simplement parce qu'elle savait que les habitants de l'ancienne Terre n'hésiteraient pas une seule seconde. Et également parce que cela pèserait moins sur leur conscience.

Au plus grand étonnement et à la plus grande joie de tout le monde, l'homme ne se transforma jamais. Il mit quelques jours à retrouver toutes ses forces, mais aucun signe de transformation, malgré plusieurs analyses sanguines.

— Tout me semble normal, Lexa lui apprit Abby. Aucun signe d'infection.

— Abby… Je ne sais même pas quoi dire. Cette découverte… Ça va nous permettre de retrouver une vie normale, de rebâtir une vraie civilisation.

Il était rare de voir Lexa comme ça, même en tant qu'Alicia et même pour sa compagne, mais à cet instant ses yeux étaient profondément brillants de joie.

Les quelques cas de morsures qui eurent lieu par la suite conduisirent au même résultat sur les personnes ayant été vaccinées. De plus, les personnes décédant ne se transformèrent plus.

La seule différence était que contrairement aux Natblida, les rodeurs prenaient toujours pour cible ceux qui avaient déjà était mordu.

Et le temps passa.


La musique se faisait entendre à un niveau sonore assez élevé, tandis que la fête annuelle battait son plein. Cette fois elle se passait au sein de la Coalition, qui était bondée. Chaque année depuis sa mise en place un peu plus de sept ans auparavant, l'une des grandes communautés du pays était tenue de l'organiser, et les autres se déplaçaient pour y participer et y assister.

À cet instant, mis à part les habitants originels, ou du moins ceux y habitants depuis l'arrivée sur cette Terre de l'Eligius, maintenant une quinzaine d'années avant aujourd'hui, personne n'aurait pu dire à quoi ressemblait l'usine, la Coalition, au tout début.

Cette dernière s'étendait sur plusieurs kilomètres carrés, une grande partie au centre protégée par de grandes plaques de métal quasiment indestructibles, le reste autour protégé par des murailles de pierre. L'endroit était tout de même accueillant, même si les étrangers pouvaient se rendre tout de suite compte qu'aucune transgression ne serait tolérée et que le lieu serait bien protégé.

Clarke était en train de faire la discussion avec certains des dirigeants des autres villes, quand elle vit un peu plus loin l'une de ses meilleures amies, qui était partie depuis quelques semaines. Elle s'excusa rapidement auprès de ses invités, avant de se dépêcher de rejoindre la brune.

— Salut Raven ! s'exclama-t-elle en lui souriant. Comment ça va ?

— Salut Clarke ! Parfaitement ! Surtout que nous sommes revenus pile à temps, à ce que je vois ! Et je suis surtout soulagée de ne plus avoir à repartir pour le moment…

— Alors, vous avez réussi à arrêter complètement le dernier réacteur ?

— Oui ! Bon… Je vais éviter de dire à la Commandante et aux autres qu'on a failli tout faire péter, mais tout est réglé ! Et je vais aussi te passer les détails techniques, mais il n'y a plus de risque de vague nucléaire.

— C'est une très bonne nouvelle, dit-elle avec un grand sourire.

La blonde était plus soulagée qu'elle n'aurait même pu le penser. La mission que venait de mener l'Hispanique avec brio avait été une des plus importantes pour elle, et avait pris quelques années à pouvoir être mise en place.

Une fois que les recherches sur le Nightblood furent bien avancées et le vaccin trouvé, Clarke avait rappelé à sa compagne de l'époque ce qui s'était passé sur leur Terre après sa mort : le deuxième Pramfaya.

Elles avaient décidé de laisser les usines nucléaires de côté un moment, pour se focaliser sur la reconstruction d'une vraie société. Après tout, dans leurs autres vies les radiations avaient fait fondre les usines seulement un peu plus d'un siècle plus tard, ce n'était donc pas un problème immédiat ni imminent.

— Miles n'est pas avec toi ? demanda la blonde en haussant un sourcil, étonnée de ne pas le voir.

— Je l'ai laissé derrière ! répondit-elle avec un grand sourire à sa mention. Il m'a dit de venir profiter de la fête le temps qu'il s'occupe de tout ranger. Mais il ne devrait pas tarder, Eugène était avec lui d'ailleurs et Miller devait lui donner un coup de main pour tout enlever du camion.

Raven était heureuse comme elle ne l'avait peut-être jamais été et la blonde savait que c'était en grande partie du fait de Miles Shaw, l'homme qu'elle avait accepté d'épouser il y a maintenant quelques années. Après tout ce que la pilote avait vécu, elle méritait amplement d'être heureuse.

Tandis qu'elles parlèrent encore pendant un petit moment, deux des hommes précédemment cités arrivèrent effectivement à leur niveau.

— Comment ça va, Clarke ? la salua l'ancien pilote de l'Eligius, avec qui elle avait lié des liens amicaux avec le temps.

— Bien, merci ! Ravie de te voir en un seul morceau ! Bonjour, Eugène.

— Mes salutations, Clarke. Je suis ravi d'être ici une nouvelle fois et de pouvoir profiter de la fête, mais j'aimerais demander formellement à avoir un endroit où je puisse déposer mes biens et prendre du repos.

— Tu peux aller à l'endroit où tu t'es installé la dernière fois, ne t'en fais pas. Dis-leur simplement que tu viens de ma part.

— Je te remercie aussi platement que possible, dit-il avec un signe de tête avant de s'éloigner.

La blonde eut un sourire amusé en le voyant partir et secoua légèrement la tête, tandis que Raven et Shaw levèrent les yeux au ciel en riant.

Chaque fois qu'elle voyait cet homme, elle ne pouvait s'empêcher de le trouver bizarre, même si elle en était finalement venue à l'apprécier. Elle l'avait rencontré quelques années auparavant, quand Lexa ainsi qu'elle-même avaient décidé de gérer le problème que représentaient les installations nucléaires. De là, les esprits les plus brillants encore vivants avaient été regroupés pour réfléchir à une manière d'agir. Et Eugène en faisait partie, ainsi que Raven.

— On te laisse, décréta cette dernière. On va aller boire un coup ! À plus tard.

La blonde sourit en leur disant de bien profiter –après tout ils l'avaient bien méritée- avant de se mettre à faire le tour des différents stands. Ses invités pourraient s'en sortir seuls et elle ne les voyait déjà plus, alors ils devaient très certainement eux aussi être en train de se promener.

Clarke n'aurait pas pu être plus heureuse en voyant que dix ans après leur arrivée la Coalition s'était adaptée, devenant un mélange parfait de chacune de leur culture. C'est ainsi que Lexa avait voulu la rebâtir. Une bonne partie de ce monde qui était en quelque sorte assez ressemblant au mode de vie des Skaikru, mais également assez proche de la façon de vivre des Natifs de sa première Terre.

— Bonjour Wanheda ! la salua un jeune d'environ la quinzaine, tandis qu'elle s'était arrêtée devant un stand.

— Bonjour Eliott ! Alors, tout se passe bien ?

Elle discuta un petit moment avec lui, le connaissant assez bien, parce qu'il avait été l'un des premiers enfants à naitre d'un couple mixte entre cette Terre et la première, Kasto et Angélina. Mais il était également le premier de la nouvelle génération de Natblida, le premier né dans ce Nouveau Monde, ce qui était encore plus rare maintenant que les descendants Natifs étaient moins nombreux.

Après les injections et les naissances qui suivirent, l'étonnement général il s'avéra que certains enfants naquirent comme Natblida, alors qu'aucun de leurs parents n'était un natif.

Le vaccin n'avait, comme l'avait pensé Abby, pas changé le sang de la personne à qui on l'avait injecté, mais il était en fait maintenant devenu un gène récessif ressortant chez certains nouveau-nés. C'était par exemple le cas d'Aurora, la petite fille de Bellamy et Écho qui avait maintenant dix ans.

Son ami était un vrai papa-poule, bien que très protecteur, peut-être trop même. Et Clarke savait qu'avec le temps ça n'allait pas s'arranger, même si c'était l'une de ses manières de montrer à sa fille qu'il l'aimait. Heureusement, la petite Blake avait sa mère ainsi que sa tante O'.

Cette dernière n'avait pu être plus heureuse pour son frère, prenant son rôle avec le plus grand sérieux. Et la petite lui apporta tout l'amour dont elle avait besoin. Parce qu'avec tout ce qui était arrivé, la jeune Blake n'avait jamais retenté l'expérience de la vie de couple, pas après Lincoln.

Reprenant sa balade, la blonde remarqua avec un sourire que Madi avait parfaitement repris son rôle avec les autres dirigeants des grandes communautés, leur faisant visiter tous les stands sur la place. Elle n'aurait pas pu être plus fière de sa fille, qui avait fait bien du chemin depuis qu'elle l'avait rencontrée.

Clarke s'arrêta finalement devant la grande statue de marbre érigée au milieu de la grande place. Elle la regarda en soupirant, mais avec un sourire en coin.

Elle était l'une des deux personnes de cette statue, mais ce qu'elle ne pouvait s'empêcher de regarder, c'était la deuxième personne. Le visage fin, une mâchoire parfaitement ciselée, la Grande Commandante avait parfaitement été représentée. La fille d'Abby ne pouvait s'empêcher de la regarder, même si la statue ne pourrait jamais être aussi belle que ne l'était Lexa à ses yeux.

Elle resta devant l'œuvre un long moment, faisant fi de la musique et du tumulte ambiant autour d'elle, jusqu'à sentir une main se poser sur sa hanche.

— Tout va bien ? demanda la voix féminine. Qu'est-ce que tu fais là ?

— Tout va bien. J'étais juste en train de regarder la statue. Elle représente tellement.

— Je le sais bien, ai houmon « ma femme ».

La blonde aux yeux bleus se retourna avec un sourire, pour regarder celle qu'elle avait maintenant épousée quelques années auparavant.

— On devrait y retourner, au lieu de rester ici. De toute manière, tu compteras toujours plus que cette statue, déclara la mère de Madi en déposant un baiser sur la bouche de sa femme.

— Je suis ravie de l'apprendre, ricana la brune aux yeux aussi verts que l'émeraude. Sincèrement, je n'aurais pas vraiment apprécié que tu puisses te contenter de cette pâle copie de moi.

— Oh, ne t'en fais pas Lexa… commença la blonde en se rapprochant de son oreille. Il y a des choses que tu fais que ne peut pas faire une statue de marbre.

Les yeux verts s'assombrirent d'un seul coup, alors Clarke déposa un léger baiser sur les lèvres de sa femme, avant de se reculer et de reprendre la parole.

— Mais là tout de suite, on doit y aller. Maggie, Victor, Carl et les autres nous attendent. Madi est avec eux, mais je pense qu'ils préfèreraient voir la Grande Commandante, et pas la Commandante.

— Et quand j'y pense, j'aurais dû interdire à Niylah et Althéa d'aller visiter Alexandria, si c'était pour ramener l'idée de faire de nous une statue… Après tout, si personne d'ici n'avait vu leur satanée statue, personne n'aurait voulu en faire de même… soupira Lexa.

— Tu crois ça ? ricana la blonde. Tu es Bos Heda, la Grande Commandante. Personne avant toi n'a eu ce titre. Est-ce que tu pensais vraiment pouvoir t'en sortir sans ? Allez, allons-y ! On va tout louper sinon !

Clarke prit le bras de la brune et la tira vers le plus gros des attractions de la journée, toutes les deux en faisant le tour en riant et discutant.

Peu importe comment leur vie avait commencé, ni quand, ni comment. Peu importe comment elles s'étaient rencontrées ni ce qu'elles avaient vécu avant. Leur vie ensemble avait été plus qu'heureuse et plus brillante que de l'or.

Et s'était peu à peu répandue la légende de Bos Heda an Wanheda, de la Grande Commandante et la Commandante de la mort.

Deux femmes brillantes qui avaient réussi à ce que le monde redevienne complètement normal avec le temps.

Deux femmes à la cheville desquelles n'arriva aucun des Commandants qui leur succéda, pas même leur fille, pas même leur descendant. Peu importe les décennies qui passèrent. Ni les siècles.

Deux femmes, qui selon cette même légende, seraient toujours ensemble dans leur vie à venir, rien ne pouvant rompre leur lien, pas même la mort.