Petit mot de l'auteure : une petite introspection sur Phoebe.


En se baladant avec un chapeau en forme de papier toilette, elle s'attendait à avoir quelques regards médusés.

Il fallait dire que le truc était assez laid – en même temps, un rouleau dont on peut tirer du vrai papier toilette, ce n'était pas très esthétique. Mais l'idée d'avoir de quoi essuyer ses larmes ou son maquillage à portée de main la faisait rire. Quand elle vit la désapprobation chez les passants, elle se dit qu'elle devait être la seule à avoir un minimum de sens de l'humour.

Elle continua donc sa route, jusqu'à surprendre un commentaire acerbe d'une mère à sa fille.

- Ce truc a dû lui coûter les yeux de la tête... C'est indécent quand on voit toute la misère du monde.

Et ça... ça lui fait mal.

Car Phoebe a connu l'époque où se payer un café coûtait une véritable fortune. Elle a connu des jours où ce breuvage qu'elle peinait tant à se payer était la seule nourriture qu'elle avalait. Des gens comme cette femme n'ont jamais rien fait pour elle si ce n'est détourner le regard. Alors aujourd'hui, si elle achète des choses un peu inutile, ce n'est pas seulement pour rire : c'est aussi pour se prouver que son enfance dans la rue est bien loin. Qu'aujourd'hui, elle a les moyens de faire quelques folies idiotes. Mais comment faire comprendre ça à de tels médisants ?

Alors elle ne relève pas les propos, garde la tête droite.

Elle sait d'où elle vient et elle sait où elle va, et personne ne pourra jamais le lui enlever.