Disclaimer : Les personnages qui apparaissent ici sont la propriété exclusive des studios Square Enix et Disney.
Note : Bon. Je suis en retard de presque deux ans mais hé, c'est à peu près le temps que je mets à chaque fois pour finir mes fanfics. Merci à toustes celleux qui ont commenté jusque là, d'avoir lu, d'avoir aimé ou non, d'avoir réagi, d'avoir pensé parfois à cette histoire. C'était un défi assez perso et agréable, et L'Éclaireuse va me manquer.
Je ne sais pas quand est-ce que je réécrirai sur KH, ni même si je réécrirai avec la grande maj du site, mais je garde Axel et Saïx avec moi. Je pense à eux, souvent, et à vous aussi.
Merci de m'avoir suivie, difficile d'imaginer un meilleur thème pour le chapitre de fin ! Comme toujours, je vous souhaite une très bonne lecture.
Le thème du 30 avril était : Ce n'est que le début
Sur le départ
— Je suis en retard ?
— Non. Ils devaient commencer il y a cinq minutes.
Saïx désigne sa chaise à Terra d'un geste de la tête, déjà tirée pour lui faire discrètement une place en face de lui.
La même qu'il lui a fait dans sa vie quelque mois plus tôt.
Terra est fidèle, ambitieux, buté. Ils sont fait du même bois, sur le même modèle, à ceci près qu'il a cette douceur d'eau grise dans les yeux, si loin du feu d'Axel. Il est plus calme, plus posé, aussi. Une pluie qui parfois se transforme en orage quand il ne sait plus dire les choses, mais Saïx sait. Il est passé par là. La tempête. Les silences.
Contrairement à son ex-mari, Terra n'éclate pas. Il parle, et ils se laissent le temps.
Saïx le laisse s'asseoir en retenant la question qui lui brûle les lèvres. C'était sa semaine de garde, après tout. Une exception pour qu'Axel et ses caprices puissent répéter en vue de cette nuit. Il ne sait pas s'il a hâte d'être éblouit par le spectacle, mais il sait que le regard de Terra est, lui, souvent happé par la débrouillardise de ses enfants. Confus, parfois, quand il réalise l'empreinte de renard dans leurs expressions ou leurs manières de faire. Ils grandissent. Et dans ces moments là, Saïx regrette de travailler si tard. De rechercher sur le chemin du retour la présence d'Axel au bord de la maison, pour pouvoir lui rejeter la faute et attraper sa bouche.
Les spots s'éteignent brusquement. Tous les regards se tournent vers la scène, le brouhaha des amateurs de musique monte jusqu'à ces couleurs qui peignent l'air d'un flux effervescent, et Saïx se penche vers Terra. C'est bref, toujours. Sa main frôle la sienne.
— Les enfants ?
— Confiés au babysitter. Il est venu récupérer les clés.
— Parfait.
Saïx hoche la tête, soupire – respire à nouveau. Ses yeux froids reviennent se fixer sur scène, et il note à peine le pli entre les sourcils de son compagnon. Peut être qu'il devrait. Mais il pense à Xion et Roxas endormis, au maquillage de guépard venu habiller la figure de l'ombre rouge qui émerge lentement des faisceaux de lumière, et il range ça dans un coin de sa tête.
Il sursaute en sentant une chaleur inattendue se poser sur sa main.
— Saïx ?
— Oui ?
Axel fait des tests avec le micro, grattant quelques cordes avec l'air de celui qui sait déjà parfaitement que tout fonctionne. La guitare électrique réveille en lui des souvenirs lointains, et Saïx soupire en se forçant à affronter le malaise qui monte dans son ventre. La fatigue du boulot tire sur sa nuque.
Il regarde Terra, perplexe.
Le rideau derrière la scène s'agite pour faire entrer les autres membres. Demyx et son sitar, soliste, les jambes dans du faux cuir et sa batterie qui trône comme une part de l'atmosphère. Des connaissances lointaines d'Axel revenues pour l'occasion. Il essaie de se concentrer sur elles mais le regard de Terra pèse toujours sur le sien, et il finit par détourner la tête avec la sensation que le rideau, tombé pour la représentation, ne se lèvera jamais.
— J'aimerais qu'on parle, Terra chuchote.
— De quoi ?
Saïx a fait des progrès, trouvé un équilibre. Et pourtant la tension urgente dans la voix de Terra le ramène une année en arrière. Ils sont là, ensemble, à observer la première du groupe de son ex. Et quelque chose lui dit qu'il peut abandonner l'idée de se perdre dans le déhanché de l'homme qui lui adresse un geste de la main.
— D'Axel, continue Terra. J'aimerais…
Saïx se tait. Il sait déjà ce qu'il va dire. L'ironie qui sort de la bouche du brun lui arrache un rictus, et il ne peut que récupérer sa main. Les premières notes retentissent. Axel salue le public.
À nouveau, la scène tremble. Mais cette fois, Saïx est prêt. Ça ne veut pas dire qu'il va bien.
— Je crois que j'ai besoin d'air.
— Tu n'aime pas partager ?
— Non, c'est juste…
Terra soupire.
— Je ne savais pas exactement dans quoi je m'engageais. Toi et lui, ce type de relations… Axel. Regarde où on est.
Un silence. Une éternité dans quelques secondes. C'est long, presque une minute.
— Tu veux qu'on se sépare ?
Cette fois, Saïx va droit au but. Aussitôt, Terra secoue la tête.
— Non. Enfin…
Il lève le nez vers Axel et sa guitare et ses yeux et son groupe et ça y est, Saïx les sent peser sur ses épaules. Ce vert ardent, et le rideau. Cette relation qui avait pourtant si bien commencé engloutie dans le feu.
— Laisse moi juste le temps d'y penser, le brun souffle.
Saïx s'entend pratiquement grimacer. Il rit de lui-même, détourne le visage et, debout sur les planches, le rouquin lui sourit.
Sous les projecteurs sa bouche, rouge, articule en silence.
Rideau.
