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La tavernière et le frisé

(La cigale et la fourmi)

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Un été, une tavernière,

Bosseuse et propriétaire,

Alla quérir son bien

Chez le frisé qui l'était moins.

Car des mois furent passés

Sans qu'elle ne vit son loyer.

« Lâche moi la vieille, de l'argent j'en ai point,

Du travail, y'en a pas, j'y peux rien ! »

« Hé bien, lève ton cul et va toi-même en chercher ! »

« Par cette chaleur, impossible, mes boules resteraient collées ! »

La vieille ne se laissa pas démonter.

« Sans loyer, pas d'électricité.

Dis au revoir à ton courant,

On ne l'a pas inventé pour les feignants ! »

Le frisé ne fit qu'en rire.

« Vas-y vieille peau, fais toi plaisir,

Mon ventilateur est cassé,

L'éventail l'a remplacé,

Et mon frigo si vite vidé

Par cette gamine affamée

Que tu peut bien le débrancher,

Rien n'aura le temps de dégivrer ! »

La tavernière mit sa menace à exécution,

Et son locataire n'ayant pas climatisation,

Il n'y eut là rien pour l'inquiéter.

N'y pensant plus, il retourna glander.

Après quoi l'hiver arriva

Et avec lui ses glaçants frimas.

Le frisé en eut les pieds glacés,

Son kotatsu n'ayant pas pu brancher,

Car du loyer n'ayant pas vu la couleur,

La vieille garda baissé l'interrupteur.

De bon matin elle entendit frapper

Son locataire, à demi congelé :

« La vieille, réponds-moi, arrête de déconner,

Faut que je réchauffe, ou mes boules vont tomber !

Que ce soit à cause du froid,

Ou des coups de Kagura ! »

La tavernière, sourire bienveillant,

Alla ouvrir au pénitent grelottant.

« Alors maintenant, tu veux du courant ?

Aucun problème, as-tu mon argent ? »

« Je n'ai pris nul travail en cette saison brûlante,

Comment aurais-je fait, dans la chaleur suffocante ?

« Tu avais chaud, et maintenant froid ?

Et bien danse, le frisé, ça te réchauffera ! »

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