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La shinobi et les courtisanes
(Le geai paré des plumes du paon)
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Au sommet d'un toit se tenait séant,
Esseulée, une shinobi se languissant.
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« Depuis une éternité, mon Gin ne m'a pas regardée !
Il me torture, qu'attend-il de moi ?
Je sais qu'il passe bien du temps à Yoshiwara
À tourner autour de cette blonde balafrée !
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C'est certain, il essaie de me tester !
Aurait-il un fétiche sur les prostituées ?
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Quelle abjection, quel opprobre ce serait là !
Veut-il que je me mette à faire le trottoir ?
Attends un peu pour voir, mon gaillard !
Crois-tu vraiment que je vais m'abaisser à ça ?
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… Évidemment, j'y vais de ce pas !
Oh, mon Gin, tu sais vraiment t'y prendre avec moi ! »
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À ces mots, la shinobi s'en alla procurer
Une de ces parures à faire rêver les clients
Qui pour les lunettes avaient un penchant,
Et confiante partit se mêler aux prostituées.
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Mais alors qu'errant parmi les hommes hagards,
Elle cherchait son samouraï argenté du regard,
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Ses charmes virent à attirer un œil intéressé :
« Hé, ma jolie, dis-moi quel est ton prix ?
Viens avec moi, sois ma femme pour la nuit,
Je suis du Bakufu et j'ai de quoi payer ! »
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Ce fut d'un kunai qu'elle accueillit ses avances,
Balayant sans remord le galant sans méfiance.
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« Qui est cette folle qui chasse nos habitués ? »
S'écrièrent les courtisanes en furie
Qui découvrirent bien vite la supercherie
« Elle est des nôtres ? Quelqu'un la connaît ? »
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Des lanternes rouges, elle dut décamper
Sans voir une boucle blanche, un œil de poisson crevé.
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Cette aventure aurait pu finir là
Si la route de Zenzou elle n'eut croisé ;
Se serait-il abstenu de commenter ses effets
Alors qu'il constatait son triste état,
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Le malheureux aurait pu s'en sortir
Sans de son cul souffrir le martyr.
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