Bonsoir à tous,
j'ai pris du retard sur le rythme que j'avais pris. Beaucoup de découragement sur le plan personnel, j'ai du mal à me sentir en résonnance avec ce que j'écris. C'est un chapitre malheureusement plus court, j'espère qu'il vous plaira néanmoins. Si vous avez des mots d'encouragement, ils sont les bienvenus. Mes meilleurs vœux pour cette année 2023 ! 3
13 juillet 1997
« Comment est-ce que tu as procédé, Granger ? »
« Hm… ? »
« Tes parents. Comment as-tu fait pour leur faire oublier quelque chose d'aussi important que ton existence, sans toucher au lien qui les unit ? »
« Je…ne sais pas. Je crois que c'est précisément le lien qui m'unit à eux et le désir de ne pas leur faire de mal qui m'a permis d'y parvenir. Peut-être que la magie ressent le caractère désintéressé de celui qui l'emploie. »
« Sûrement. Regarde Potter… »
« Cela résonne étrangement dans ta bouche… »
« La ferme, Granger. Mais, oui, je pense que les intentions peuvent transformer la magie en sortilège en ou en maléfice. »
« C'est ce qui s'est passé, me concernant ? Un beau jour, tu n'étais plus capable de souhaiter m'envoyer de maléfice ? »
« Qui te dit que j'en étais capable ? »
« Oh, je t'en prie Malefoy… ce maléfice que tu as envoyé sur mes dents… »
« Je visais Potter. Réfléchis, Granger. J'ai toujours visé Weasley ou Potter. »
« Avec ta magie certes, mais en paroles… »
« Au détail près que la magie ne saurait mentir, Granger. »
Le silence s'installa, paisible.
« Pourquoi tu restes, Granger ? »
« Tu n'es pas encore totalement remis. De toute manière, je n'ai plus de foyer… »
« L'ordre du Phénix ? »
« Oh, ils m'accueilleraient, sans doute… mais je n'aurais pas le courage de leur dire ce que j'ai dû faire, je me sentirais égoïste d'exhiber mon chagrin alors que d'autres ont réellement perdu leurs proches. Il me reste une quinzaine de jours à tuer. Et toi, personne ne t'attend pour exécuter une…mission ? »
« Depuis le fiasco de la dernière qui m'a été dévolue, moins je me montre, mieux c'est. La seule chose qu'on attend de moi, c'est que je prenne le moins de place possible jusqu'à ce que je sois expédié à Poudlard pour une dernière année factice. Donc, si je comprends bien, tu restes parce que tu n'as pas à m'expliquer ce que tu as fait à tes parents ? »
Il entendit ses lèvres s'étirer en un sourire dans la pénombre.
« En partie, oui. Tu n'as jamais pensé à t'enfuir loin de tout cela ? »
« Si, bien sûr. Mais pour aller où ? Dans un autre espace, avec d'autres préjugés, d'autres clivages ? »
« C'est vrai. Rien ne ressemble plus à l'humanité que l'humanité dans les temps de noirceur. Que comptes-tu faire, alors ? »
« Mes options sont limitées. Je ne me reconnais plus dans le camp qui m'a vu naître. Je n'aurais aucune crédibilité dans le tien, et je mettrais la vie de ma famille en danger. Je suppose que, d'une manière ou d'une autre, il faut que je continue comme j'ai commencé : en faire le moins le moins possible. Le Seigneur des Ténèbres m'estime inapte au meurtre. J'imagine qu'ils vont essayer de m'apprendre à torturer pour soutirer des informations. Il se trouve que je suis quelqu'un d'assez persuasif. Je devrais parvenir à mener ma tâche sans infliger de sortilège impardonnable… »
« Mais les informations que tu collecteras contribueront à tuer des gens. »
« Ma dernière année à Poudlard me laisse encore quelques mois avant d'être employé pour ce type de mission. Peut-être que vous aurez gagné d'ici là ? »
« Alors, c'est tout ? Tu comptes remettre ton sort entre nos mains ? »
« Parfois, ne rien faire est la chose la plus difficile à faire… »
Nouveau silence.
« Granger, j'entends ta cervelle s'agiter d'ici… »
« Et si… et si nous utilisions le même système de badges que celui qui nous a permis de rester en contact pour que je retrouve l'emplacement de ce cottage ? »
« Tes affreux badges à la gloire des elfes de maison ? »
« Tu pourrais nous communiquer des coordonnées, des horaires. Nous pourrions mettre au point un code. »
« … »
« Malefoy… »
« Laisse-moi y réfléchir. Les elfes de maison… pourquoi, Granger ? »
« Toi qui es si sensible à la magie et à ce qu'elle révèle de nous, regarde-la-leur…elle est magnifique. Elle est le prolongement de leur loyauté et de leur bienveillance envers ceux qui les emploient. Et pourtant, les sorciers ne leur renvoient que du mépris et de l'esclavage en retour. »
« Ton idéalisme te perdra… »
« Sûrement. »
« Tu as déjà pensé à la politique, Granger ? »
« Quelque fois, oui… mais j'ai peur d'y laisser mes convictions. La SALE me permettait de défendre un idéal sans être corrompue… »
« Mais la SALE n'intéressait personne Granger, pas même ton propre camp. Tu n'as pas envie de voir plus grand ? »
« Qu'est-ce qui te dit que je serais davantage écoutée ? »
« Tu peux être très persuasive lorsque tu t'en donne les moyens… »
Nouveau sourire. Il pouvait sentir les muscles de sa joue qui reposait contre son torse.
« Je croyais que je ne savais pas parler aux hommes ? »
