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Quand un personnage se rebelle

(Le lion et le moucheron)

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Dans la tiédeur d'une nuit d'été,

Baignant dans la senteur des fleurs de cerisier,

Et sous la lueur de la lune reflétant

La douce beauté d'une princesse d'antan,

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Flotte et dérive un long vaisseau noir,

Muet et discret comme un oiseau du soir,

Où reposent au fond de ses entrailles

Les ombres ternies d'anciens samouraïs.

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Sur sa proue se dressait, droit et fort comme le pin,

Tel le chrysanthème, délicat et fin,

Son maître et capitaine, solitaire contemplant la nuit,

Les étoiles dans le ciel pour sa seule compagnie.

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La fumée de son kiseru, comme une brume l'enveloppait,

Lui donnant l'aspect d'un des fantôme qui le hantaient.

Ceux ci chuchotant à son oreille, angoissants, exaltants,

Leurs plans pour un avenir incertain, lorsque à cet instant !

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« Ah non, je ne suis pas d'accord ! »

Un permanenté ailé surgit alors

Et de son vol sifflant, se mit à vrombir et tournoyer

Autour de la crinière noire d'un Takasugi sidéré.

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« Quoi, Gintoki ! Que diable fais-tu ici ?

Que me veux-tu, je n'ai encore rien fait ni rien dit ! »

Il secoua la main pour chasser la nuisance

Mais le moucheron l'évita avec aisance.

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« Barre toi, ce n'est n'est pas un conte pour les incapables !

Aucune cigale fainéante n'est prévue dans cette fable ! »

Ce qui ne dissuade pas le diptère en colère

Qui de surcroît bourdonne et tournoie dans les airs.

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« Il est bien assez que dans la distribution des rôles,

Quand je ne joue qu'une misérable bestiole,

Takasugi, lui, se taille la part du lion !

En plus, il faut qu'il multiplie les apparitions ? »

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« Et il prend la mouche pour une telle indigence !

Pour une malheureuse fable de différence !

Et que fais-tu en moucheron répugnant ?

Si cela te sied, cigale tu étais dernièrement ! »

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« La ferme, je reste dans les insectes !

Et malgré ces yeux et ces poils infects,

Je vais reprendre la place qui me revient de droit,

Celle de personnage principal de ce foutu manga ! »

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Takasugi tentait de se débarrasser de l'importun

Mais le harcèlement ne voulait pas prendre fin.

« Dégage avant que je ne t'écrase, maudit moustique ! »

« Ah ! Alors être lion n'est finalement pas si pratique ! »

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Il se tira enfin une fois la fable gâchée.

C'est bon, tu es content, enfoiré ?

Tu vas voir ce qu'il en coûte de me chercher !

Cette fable a une suite, et tu y fonces tête baissée !

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Enhardi de son méfait, il ne remarqua pas

Qu'il se jetait dans de dangereux rets.

« Ah ! Qu'est-ce encore que ça ?

C'est collant, filandreux, comme un filet ? »

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Plus précisément, mon ami, une toile d'araignée

Dont la propriétaire s'avançait d'un pas assuré.

« Comme on se retrouve, le frisé.

As-tu enfin de quoi payer ton loyer ? »

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« Quoi ? Quelle mouche te pique, vieille mémé ?

Et en araignée, plutôt qu'en une bête fourmi ! »

« Si tu en as changé, pourquoi je m'en priverais ?

Je reste dans les insectes moi aussi. »

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« L'araignée n'est pas un insecte, espèce d'arriérée !

Tu veux que je t'arrache deux pattes pour te réajuster ? »

« Vas-tu vraiment tenter seul cet exploit

Alors que présentement, je suis le prédateur, et toi la proie ? »

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« Ah, non ! Ne t'approche pas de moi ! Barre-toi loin d'ici ! »

Ainsi se finit la fable et l'épopée de notre frisé

Qui à défaut de la morale d'origine, aura au moins appris

À ne pas provoquer celle qui est derrière le clavier.

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Euuuh... Désolée pour ça. La prochaine sera normale, promis.