Une lame fila sous ses yeux voilés, proche de l'asphyxie, et la pression sur sa gorge disparue soudainement.
Prenant une longue inspiration, toussant en même temps en direction du sol calciné, son larynx douloureux, Cloud saisit sans discuter la main tendue par un allié aussi improbable que son ennemi.
- Ça va...?
Le blond fit mine que ça pourrait aller mieux, sentant toujours chaque doigt démoniaque enserrer sa gorge avec force.
- Bon sang... Seph'! T'es vraiment chiant!
- Une remarque digne d'un chiot...
Le plus puissant soldat du monde faisait face à la génération suivante, dans un environnement mort. Son arrivée avait tout détruit de ce paradis personnel, y compris le maigre espoir de le quitter.
Étendant le légendaire Masamune sur un côté, comme une réponse à l'aile immense et noire qui s'élevait de l'autre, Sephiroth se dressait devant eux, empereur d'une terre désolée, le regard fendu sur deux iris vert pâle, un fin sourire dessiné sur son visage blanc.
- J'ai appris à mordre, depuis.
Zack détestait ce surnom moqueur et méprisant, qui lui avait été affublé du temps où... où il était vivant.
Dans ce lieu incartable, oublié de tout, il ne ressentait ni la faim, ni la soif, ni la douleur. Son corps ne vieillissait pas et ne souffrait d'aucune altération. Ainsi figé, pour une durée inconnue, il ressentait toutefois des émotions comme la colère, la frustration, la tristesse ou la joie.
Et par dessus tout, bien qu'Aerith partageait son sort, il se sentait terriblement seul dans cette plaine infinie, où chaque morceau du décor n'était qu'un mensonge.
Son précieux héritage apparut dans sa main et vint fendre le sol à ses pieds. La buster sword brilla comme un miroir, en réponse au plus terrible des katanas jamais forgés.
A cet instant, Cloud percuta qu'il était, lui, sans arme et que rien ne semblait vouloir se présenter pour le défendre.
- T'es pas censé être là. Ce monde ne rentrera pas en résonnance avec toi. Du moins... Je l'espère...
Toute voix mourant dans sa gorge meurtrit, le blond acquiesça en silence, tout en serrant les dents. Cela allait être difficile de se défendre contre le diable en personne, s'il n'avait que ses poings.
- Ne t'inquiètes pas... Il ne te touchera plus.
Le sourire avait littéralement fuit le visage de son ami. Zack se montrait sous un jour rare. Le regard froid de colère et la détermination vibrante dans chacun de ses muscles, sa lame sembla chanter lorsqu'il la souleva pour la caler sur son épaule. Il serait le bouclier de son avenir.
- Oh... C'est étrange...
Sephiroth détourna les yeux, un doigt sur les lèvres, et sembla réfléchir.
- Ah mais oui!
Et son sourire devint éclatant sous le coup d'une soudaine révélation.
- La petite fleuriste m'a dit la même chose... Avant que je ne la transperce, une seconde fois.
Une vague bleue déferla sur le soldat, tel un rouleau blanc d'écume, agité par une colère sourde.
Zack, dont la lame venait de s'abattre sur une légende, hurlait sa rage... et sa douleur.
Sur la nacelle qu'avait fait descendre Cid, au plus profond du gouffre, Barret tenait fermement dans ses bras un fantôme étonnement tangible, dont le corps chaud, emmitouflé dans son large manteau, était un acte de rébellion vis à vis du principe, censé être immuable, de la vie et de la mort.
Mais étant donné qu'un infernal cauchemar se plaisait à faire constamment des allers et retours entre ces deux face du monde, l'artilleur se convainquit que l'âme contre lui pouvait, elle aussi, réaliser un tel prodige.
- Tiens bon s'il te plaît... On va te soigner...
Il souffla des paroles encourageantes à une amie épuisée, qui semblait s'accrocher de toutes ses forces à une corde invisible. Aerith n'avait prononcé aucun mot. Seuls ses yeux, mi-clos, se faisaient interprètes de ses pensées. Brillants, tremblants, humides... Ils retournaient le cœur d'un homme qui souhaitait déjà la fin d'une journée, tout juste commencée.
Donnant un grand coup d'épaule dans le bouton de mise en sécurité de la nacelle, il entendit une enceinte grésiller.
- Ça y est?!
- Ouais! Go!
Barret sentit la propulsion du Shera et se cala spontanément contre la paroi, maintenant fermement le corps vide dans ses bras. Denzel avait fait tout ce qu'il pouvait. Mais son mog avait été clair et n'avait pu rendre ce qui avait été perdu.
En quelques minutes, ils seraient au dessus de la clinique et il sauterait de l'aéronef si cela permettait de gagner du temps sur celui, compté, de son amie. Son cœur battait faiblement sous le manque cruel d'un fluide vital. Ce qui devait être un torrent de vie n'était devenu, pour elle, qu'un simple filet au bord de l'assèchement.
Malgré le vrombissement autour de lui, son regard capta un léger mouvement sur les lèvres, blanches, de la jeune femme. Instinctivement, il rapprocha son oreille pour essayer d'entendre ce qu'elle disait.
- ...solée...
- Désolée? T'es désolée? Mais de quoi bon sang... Si c'est pour dire des bêtises, tu ferais mieux de te taire.
Il avait parlé d'une voix si basse, resserrant d'autant plus un être en peine pour l'apaiser de sa chaleur, que ses mots parurent mourir dans sa bouche.
Mais un maigre sourire, petit pli sur la commissure des lèvres, signait la capture de ses paroles par des oreilles attentives.
- Hoï! On y est! Accroches toi!
La voix de Cid raisonna dans l'habitacle, et la montagne dû forcer sur les muscles de ses cuisses pour garder son équilibre, alors que l'intraitable pilote poussait son vaisseau dans un ultime dérapage aérien, avant d'enclencher l'ouverture de la nacelle.
L'air froid s'engouffra et Barret pu voir le sol s'ouvrir plus bas, à une proximité étonnante. Le blond avait réussi à se glisser dans un mouchoir de poche.
Sans attendre, le père de Marlène sauta pour franchir les quelques mètres restant et pénétra dans le bâtiment.
- ERIK! ELENA!
Mais les têtes qui apparurent ne correspondaient à aucune des toubibs espérés.
- Papa?!
Tandis que sa fille se précipitait sur lui, Reno, blessé mais debout vint à sa rencontre. Il allait lui poser une question, sauf que l'air sembla soudainement lui manquer.
- Ca urge! Je sais que ce n'est pas la seule victime mais elle... elle a déjà...
Toujours sans rien dire, le roux lui fit signe de le suivre au travers les couloirs, ne s'attardant pas ni sur le trou béant dans un mur, ni sur toutes les fissures qui menaçaient la structure, et sous la main puissante du Turk, une porte battante s'ouvrit.
- Mets là dans un lit dispo!
Bardés de protections, masques, blouses, charlottes, gants, plusieurs soignants s'affairaient aux chevets de patients dans un état grave. Et Barret connaissait autant les êtres alités et inanimés que ceux qui s'affairaient autour d'eux, comme des abeilles dans une ruche.
Se débarrassant d'une paire de gants dans une poubelle et se dirigeant vers le lavabo de la pièce pour se laver les mains jusqu'aux coudes, Erik les interpella.
- Qu'est-ce que tu nous ramènes?
- Un truc bien moche dans le ventre. Mais la plaie a été refermée. Par contre... Elle est blanche comme un cadavre...
Reno garda les yeux sur la jeune femme qui était installée avec beaucoup de délicatesse dans le lit médicalisé, une partie de son cerveau toujours bloqué sur cet état insensé, pendant que le père de Marlène détaillait le peu qu'il savait.
- Ok... Sauf que notre stock de sang a touché le fond.
Erik bourra du pied son chariot au delà du rideau qui avait été tiré, avant d'enfiler de nouveaux gants stériles.
- Elle s'appelle comment?
- Aerith. Faut pas qu'elle meurt... Pas encore...
Le Doc ne releva pas les derniers mots de Barret, prononcés dans un murmure, et posa une large main gantée sur le visage de sa patiente, cherchant le moindre signe de choc.
- Hey! Aerith! Je m'appelle Erik! Je suis médecin. Est-ce que vous me comprenez?
Deux émeraudes se posèrent sur lui, étonnement brillantes pour quelqu'un dont la pâleur rendait chacune de ses veines plus apparentes qu'une carte routière à même la peau. La jeune femme frissonnait de fièvre mais semblait encore consciente.
Ajustant son stéthoscope, à l'écoute d'un pouls rapide, presque imperceptible, mais présent, le doc congédia ses spectateurs et continua l'examen clinique de sa nouvelle urgence. La plaie avait été large comme une main, nette, mais la cicatrice était propre. Ne subsistaient que les croûtes de sang séché et une couleur rouge sombre sous la peau. Le ventre était tendu, mais souple. En revanche, il pouvait sentir la température trop basse de son corps, rien qu'à la pulpe de ses doigts, et distinguer un important déficit en oxygène.
Mais la transfusion l'inquiétait. Tout leur faible stock avait été envoyé à la pauvre gamine qui était arrivée plus tôt et il ne lui restait plus grand chose pour combler le manque de son actuel patiente.
- Elena?
- Oui?
- Il nous reste combien de solutions?
- NS (1) ou LR (2)?
Tout en discutant avec sa collègue, chacun dans un box, il entreprit de déshabiller complètement sa patiente, avant de lui mettre une chemise longue d'un coton épais, dans laquelle son corps sembla se fondre.
Avant de la prendre dans ses bras et de sortir du box.
- Si je peux me payer le luxe de choisir, j'ai sérieusement besoin d'HES (3).
- Des colloïdes (4)? On a rien en stock. Il nous faudrait un labo digne de ce nom pour ça...
Erik s'en doutait mais il avait espéré que des solutions avaient pu être récupérées avant la destruction complète des laboratoires du secteur zéro. Ou au moins les principes actifs.
Il réinstalla sa patiente dans le dernier caisson de régénération disponible fournit par Cid. Question régénération, ils n'étaient plus très efficaces. Mais ils restaient indéniablement le matériel le plus hightech en leur possession. Notamment car ils étaient équipés en oxymètre et oxygénothérapie.
- Et le reste?
Il entendit Elena marmonner, pendant qu'il mettait le masque à oxygène à une jeune femme qui commençait méchamment à tourner de l'œil, et l'oxymètre sur l'index à sa portée.
- Il doit nous rester un carton de 10 en NS. Du 500. J'ai prévu de passer ce qu'il nous restait en LR à Yuffie. Le mieux serait d'avoir des donneurs.
Posant un cathéter avec une précision chirurgicale, Erik fit carburer ses méninge. Sans laboratoire, nouvelle priorité se promit-il une fois ce bordel terminé, il ne pouvait pas tester de façon fiable le rhésus de ses patients. Ce qui était un vrai problème. Il savait comment procéder, mais cela lui prendrait trop de temps d'obtenir des résultats s'il réalisait les tests à l'ancienne.
Refermant le caisson après avoir vérifié le débit en oxygène et la température intérieure, il se dirigea vers l'entrepôt de fortune, dans la pièce d'à côté. Tout en jetant une nouvelle fois sa paire de gants à la poubelle.
- Reno? Tu devrais manger quelque chose.
Le roux, assis à côté de Barret, lui même tenant Marlène sur les genoux, regardait d'un air perdu, hors du temps, la scène qui se jouait devant lui. Ses yeux avaient beau lui marteler que tout était vrai, son cerveau refusait catégoriquement tout en bloc, s'enfonçant toujours plus profond dans le sol. Une petite main sur son bras l'obligea à tourner la tête.
- Tiens.
La petite fille lui tendait une barre de céréales, qu'elle venait de sortir de sa poche. Par quel miracle avait-elle ça en stock?
- Je les ai piqué dans la salle de repos. Il y a une boite dans laquelle Elena met plein de gâteaux.
L'information fit plaisir à son cerveau et il se promit intérieurement d'utiliser celle-ci à bon escient, dans le futur, une fois que le calme serait revenu. Remerciant la fillette, il entreprit de mordre dans la barre, dont il apprécia chaque bouchée. Depuis quand n'avait-il pas mangé?
- On sert à rien là. Ca me rend fou.
Barret n'en pouvait plus de savoir ses précieux amis dans un tel état, sans rien pouvoir faire d'autre que de les regarder, impuissant.
- J'ai une mission pour vous trois.
Le Doc, revenu les bras chargés d'un carton ouvert, passa devant eux sans s'arrêter, pour se diriger vers le caisson où était installée Aerith.
- Avec les différents séismes, il y a sans doute d'autres blessés, plus légers. J'ai laissé à Rude la matéria de soin pour qu'il puisse s'en servir sur la population qui n'arriverait pas jusqu'ici. Mais je me demande si on ne pourrait pas s'en servir pour tester le rhésus des gens... Ou alors il faut qu'on demande au mog de Denzel. Trouvez moi des solutions. Vos amis ont besoin de sang et donc de donneurs compatibles.
Marlène sauta des genoux de son père, déterminée à rendre service.
- Je vais chercher Denzel avec mon Choco d'amour! J'ai rien compris, mais je suis sure que lui, il saura t'aider!
Les deux hommes assis regardèrent la petite fille remettre son manteau, son écharpe et son bonnet, avant de disparaitre au pas de course, dans le couloir. A croire que ces fichus mômes disposaient d'une ressource infinie d'espoir et d'énergie pour des situations aussi folles que celle-là.
- Je vais retrouver Rude et essayer de lister les personnes qui connaissent déjà leur rhésus, avec un moyen de les contacter.
Reno se leva à son tour, pour disparaitre aussi dans le couloir, après avoir saluer d'un petit geste, ses collègues .
- Ok. J'appelle Cid et on retourne à la faille. Je crois qu'il y a toujours Rufus et son équipe, avec Tifa, sécurisant la raison de ce massacre.
- Cloud?
La voix d'Erik trahissait son inquiétude.
- Non. Son ennemi à priori. Pour le hérisson... Personne ne sait où il est.
L'artilleur se leva, les deux mains sur ses genoux, fatigué et lui aussi inquiet. Son dernier échange avec le blond avait été désastreux, et il détestait l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose avant d'avoir pu s'excuser pour son comportement d'ours mal léché.
- Boss. Restez à distance s'il vous plait. On ne sait pas de quoi il est encore capable...
Un regard glacial se posa sur un être difforme, à la respiration difficile et au teint cadavérique. L'héritier, de ce qui restait le plus puissant empire du monde, s'était accroupi aux côtés d'un soldat qu'il pensait mort depuis longtemps. Génésis avait disparu, après la mort de ses frères, conscient de sa finitude et de la mutation monstrueuse qui l'attendait. Son choix avait été respecté, et il n'avait pas fait l'objet de recherches poussées de la part des Turks, en remerciement pour son éternelle loyauté, malgré toute la folie qui l'avait constamment entouré.
- Il va s'en tirer?
Rufus avait levé les yeux vers un jeune garçon qui gelait de froid, mais toujours vaillant. Un mog, imposant, revêtu d'un manteau blanc et d'une capuche de la même couleur, trônait à côté d'eux, parfaitement calme et silencieux.
- Mogta n'est pas sur. Sa maladie lui est inconnue.
Le jeune garçon serrait fort la main de la jeune femme près de lui, protectrice. Il avait peur de ce qu'il voyait. La monstruosité qu'était devenue cet homme lui rappelait les marques laissées par les géostygmates, qu'il avait lui-même porté. Serait-il devenu comme ça, si Cloud ne les avait pas tous sauvé...?
- Il faut qu'on trouve un endroit où le mettre, sans que cela ne devienne dangereux pour le reste de la population...
- Il n'ira nulle part...
Le vent sembla s'élever sous la force d'une colère noire, qui s'était faite incroyablement silencieuse jusqu'à présent. Un éclair rubis frappa dans le ciel, illuminant le groupe au fond du gouffre.
- Tifa...
La brune s'embrasait d'une flamme rouge, comme le sang qui pulsait dans chacune de ses veines. Sa main, refermée sur celle de Denzel, se fit plus forte, douloureuse.
- Tifa... Tu me fais mal...
Le jeune garçon chercha à se défaire de la poigne de fer qui l'emprisonnait, mais la jeune femme restait inaccessible.
Jusqu'à ce que la pression disparaisse soudainement.
Tseng tira d'un coup sec sur le haut de Rufus pour l'éjecter en arrière, loin du souffle brulant de la rage d'une femme terriblement amoureuse.
Tifa se saisit, de ses deux mains, du cou du Soldat, qu'elle surplombait de tout son corps, souhaitant le réduire au néant qui menaçait son âme.
- Ou est il !? Qu'as tu fait!?
Le gémissement de sa victime ne fit qu'attiser la flamme qui la dévorait toute entière.
- Parles!
- ... Pas... moi...
Le brasier, se muant en rivière de lave, tournoyant lentement autour d'elle, pulsant à la vitesse de son cœur écrasé d'angoisse, et ses yeux, brillant d'une intense lumière rouge, donnèrent à la barmaid une aura dangereusement volcanique.
- Sois plus clair.
Le magma vint fondre sur un bras maudit, le brulant jusqu'à l'os et arracha un cri de douleur, atroce, à son propriétaire.
- Tifa! Arrêtes!
- Je veux qu'il parle!
Un regard bleu mako, sur le point de basculer dans l'inconscience, s'accrocha désespérément aux deux balles de sang qui le visaient, cherchant un moyen de lui faire comprendre...
De lui faire entendre...
Les lèvres du Soldat bougèrent, lentement, et le cœur de Tifa s'arrêta, une seconde, peut être deux.
Dans ce laps de temps si court, elle reconnue ces mots, formulés dans le plus grand silence, destinés à l'invisible, et pourtant...
Tellement lourds de sens...
Je suis désolé.
Le même regard...
La même souffrance...
Le même désir... De mourir...
Son cœur meurtrit reprit sa course, battant avec douleur, combattant la fureur et le chagrin, balayant les flammes écarlates, et étouffant le volcan à naître.
Ses mains se firent plus douces et saisirent l'homme devant elle, avec la même intention de le sauver, que celle destinée à son unique et plus grand amour.
- Je t'en prie... Dis moi où il est...
Et alors que ses larmes noyèrent le visage blanc et froid devant elle, une voix porta jusqu'à ses oreilles, chuchotante, presque morte...
- La déesse...
Evitant de justesse le tranchant d'une lame immense, Cloud chercha des yeux le moyen de mettre fin à ce cauchemar.
Zack se battait avec la puissance du dieu de l'océan qui animait le moindre de ses muscles. Son épée virevoltait autour de lui, dans une danse mortelle, et hurlait de rage, chaque fois qu'elle rentrait en contact avec son adversaire.
Mais ce combat titanesque était vain. Les trois soldats le savaient.
Sephiroth n'arrêtera jamais de le pourchasser, que ce soit dans la vie ou dans la mort. Il était son destin. Inéluctable.
A cette pensée, le blond fut tenter d'abandonner. Il ne supportait plus de voir ses amis souffrir par sa faute. Le repos éternel se refusait à lui, comme à tous ceux qu'il aimait et il ne voyait pas comment mettre fin autrement à cette spirale funeste.
Seulement... il avait promis...
Il avait promis à Marlène de vivre le plus longtemps possible...
Il avait promis à Zack de vivre pour lui...
Il avait promis à Tifa... De toujours lui revenir...
- CLOUD!
Dans un réflexe salvateur, il para de ses deux mains le bras puissant qui s'abattait sur lui, retenant la lame aiguisée d'un katana qu'il ne voulait plus jamais voir.
- Abandonnes...
Son regard percuta celui de son fantôme le plus odieux, en même temps que son pied frappa le torse noir devant lui, le faisant reculer violemment.
Dégagé de cette prise diabolique, le cadet couru, poursuivi par son chasseur, avant de se laisser glisser sur le sol.
Au dessus de lui, vola son protecteur, droit sur leur ennemi commun, fondant sur ce démon tel un aigle sur sa proie. Et le chasseur devint le chassé.
La lame de Zack, puissante et large, se fit invisible, disparaissant en une brise légère dont le vent fit danser les cheveux argents d'une icone, alors qu'elle le traversait, sans causer la moindre blessure. Le chiot, élevé tel un dragon des mers, venait de mordre un molosse qui s'était toujours cru plus grand que lui.
Sephiroth dû poser un genou à terre, alors qu'une partie de sa force venait de s'évaporer dans les nuages, sans vraiment comprendre ce qui venait de se produire.
Il ne ressentait aucune douleur et ne semblait pas blessé. Même ses vêtements étaient intacts. Alors, pourquoi ses muscles ne répondaient subitement plus? Enfin... Si, ils répondaient un peu. Mais tout était pesant... Son corps était devenu un poids qu'il n'arrivait plus à soulever, et son aile, écroulée derrière lui, tirait sur son dos, l'ancrant férocement sur le sol.
- J'ai ressenti ça aussi, au début.
Le brun vint se placer devant ce qui fut, autrefois, son ami, les mains dans les poches, désarmé. Et alors que des yeux verts pales se posèrent sur lui, trahissant une haine farouche qui lui était destiné, il reprit.
- C'est le poids de l'honneur, Seph. De l'honneur et des rêves... De toutes les vies que tu as prise...
Le soldat le plus puissant du monde tenta de se relever, usant de ses bras et de ses jambes, et de toute sa volonté... Mais rien ne sembla suffisant pour le propulser debout.
- Trop lourd, peut être?
Cloud, en arrière, était sidéré par ce qu'il voyait. Sans verser la moindre goutte de sang, Zack venait de mettre à genoux leur plus affreux cauchemar. Et le pire était ce calme profond que son ami affichait. Serein, le regard clair, un sourire bienveillant sur le visage, il fixait son ennemi, attentif, prêt à lui accorder du temps.
- Qu'est ce que tu as fait...?
- Je t'ai juste transmis un peu de mon précieux héritage. J'avais besoin d'une pause. T'as peut être tout massacré en arrivant, mais je suis chez moi, ici.
Avec grâce, le chiot qui n'en était plus un, se laissa tomber sur le sol, les jambes étendues devant lui, fatigué.
- Seph... Qu'est ce que tu veux... Vraiment?
La crinière argent fut légèrement secoué, sous le rire aussi glacial qu'amère, d'un soldat qui ne voulait pas tomber dans l'oubli.
- J'ai rien à te dire. Ni à toi, ni à lui, ni à personne.
Zack soupira.
- On est coincé ici, tous les trois, pour... Je ne sais combien de temps, si tant est qu'il y ait une ligne de temps, dans cet espace perdu...
- Je partirais dès que j'aurais mis la main sur l'un de vous deux. De préférence, un officiellement toujours en vie et à l'esprit faible.
Le blond, clairement visé par l'allusion, ferma les yeux quelques secondes et se força à inspirer et expirer calmement.
- On a pas fini de courir alors. T'auras aucun de nous, et surtout pas lui.
S'asseyant à son tour, les jambes repliées, le front posé contre ses mains jointes, Cloud tenta de faire évoluer la situation, de sa voix brisée.
- C'était toi, n'est-ce pas...? A la place de Génésis? Pourquoi ne pouvais tu pas t'en contenter...? Pourquoi n'es-tu pas parti avec son corps, à lui?
- Je n'ai fait qu'utiliser un cadavre. Ma mère est en train de le tuer. Alors que vous...
Sephiroth leva lentement les yeux pour s'accrocher fermement à ceux, légèrement effrayés, d'un blond incertain.
- Vous êtes des clones parfaits. Après moi, la plus grande réussite de mon abominable père.
- Et quoi? Tu veux un nouveau corps pour rester éternellement vivant, dans un monde qui ne veut tellement pas de toi qu'il te pourchassera jusqu'à la fin des temps? T'es pathétique!
Le cadet s'effondra, allongé sur la terre désolée qu'il frappa durement de ses poings.
- On est coincé ici à cause d'un connard qui refuse de mourir!
A cet instant, Zack esquissa un petit sourire, amusé par la réaction de son ami, qui avait tout d'un gosse capricieux, à se rouler et à frapper la terre d'énervement. Mais il avait raison. S'il ne pouvait pas vivre paisiblement, tout comme lui ne pouvait profiter d'un repos éternel, c'était uniquement à cause d'une âme qui s'accrochait encore, de toutes ses forces, à un monde dont elle avait perdu le droit d'accès.
- Comme s'il était facile de mourir... Sans n'avoir jamais rien vécu...
La bombe venait d'être lâchée, soufflant ses victimes dans une déflagration silencieuse. Les deux jeunes soldats tournèrent la tête vers cet ancien idole, qui avait motivé leur vocation et leur intégration dans la plus puissante des armées terrestres, pour le découvrir sous un jour irréel.
Pour la première fois, Sephiroth ne les défiait pas du regard. Il avait posé ce dernier sur un horizon lointain, invisible, les yeux cachés par un voile d'argent...
C'était une blague. Cela ne pouvait pas être autre chose qu'une fumiste blague!
Cloud se redressa lentement, l'orage logé dans chaque iris, pour se faire lourd sur les épaules d'un psychopathe rongé par les regrets... Sentant sa colère, Zack le piégea à son tour, dans un océan agité. Tous deux devaient se protéger de la tempête qui les frappait, ou elle se ferait ouragan et détruirait à jamais leur chance de mettre fin à ce cycle infernal.
Mais que dire après une telle révélation? Tous deux avaient tellement souffert de son écrasante existence, que ce soit directement, ou indirectement, via les blessures qu'il avait infligé à tous ceux qu'ils aimaient, et via toutes les vies qu'il avait fauchées...
Il aurait pu choisir un autre chemin, que celui du sang et de la destruction. Lui qui avait été ce héro tant aimé d'une population terrifiée par la guerre, l'injustice et la faim, aurait pu tout faire pour conserver son aura et construire un monde meilleur pour tous...
Non, hélas.. Ce fut la vengeance, froide, terrible, implacable, qu'il avait choisi et dans laquelle il s'était perdu. Bien sûr, il avait été accompagné sur cette voie, par une présence maléfique qui s'était infiltrée dans chacune de ses cellules, le poussant aux pires extrémités, et à laquelle il n'avait pas sur résister.
Ce qui était ironique de la part de celui-là même qui considérait Cloud comme un esprit faible et Zack comme un clone parfait. Tous deux avaient fait front, difficilement pour l'un d'entre eux, mais ils avaient réussi à s'affranchir complétement de la domination mortelle de Jenova.
Ils avaient réussi... Là où Sephiroth avait échoué.
- Alors... Ton véritable désir... C'est de vivre?
Zack avait l'impression de détenir une clé en or massif entre les mains et il était certain qu'elle allait ouvrir un coffre magique, avec tout plein de pierres précieuses dedans. Il sentait qu'il était au bout d'une quête, qu'il avait longtemps cru sans issue, et devant les dernières cases à franchir, il su, au plus profond de lui même, que ni Cloud, ni lui, n'avaient jamais été aussi proches de mettre un terme à ce cauchemar.
Cauchemar dont le silence soudain fut la réponse la plus inespérée de leur histoire.
A tous les trois.
Notes
(1): Solution Normal Saline / D'une composition similaire à celle du sang humain, elle est très souvent utilisée comme base pour administrer des traitements par voie intraveineuse. C'est une solution à court terme qui sert aussi à réhydrater les patients.
(2) : Solution Lactate de Ringer / Plus intéressante que la solution NS, elle permet d'augmenter le volume de liquide en cas de chute de débit sanguin (hémorragie massive, par exemple). Le cœur a besoin de sang, donc de liquide, pour faire circuler l'oxygène dans tout le corps.
Les solutions (poches de perfusion) 1 et 2 sont dites naturelles et font partie des cristalloïdes. En opposition avec la 3 et 4.
(3): HES / Hydroxyethyl Starch (en anglais) ou Hydroxyethylamidon : une solution dite artificielle et bien plus efficace, car elle génère moins d'effets secondaires. Notamment sur la fluidification du sang (moins forte avec HES). En cas de blessures hémorragique, on privilégiera les solutions HES, à défaut d'avoir des poches de sang de donneur, ou en complément de ces dernières.
(4): Pour faire simple, les colloïdes sont des solutions artificielles, quand les cristalloïdes sont des solutions naturelles.
Chacune ont des intérêts spécifiques, en fonction des cas cliniques.
Si certain d'entre vous font des études dans ce domaine, je suis preneuse de vos avis et conseil!
Réouverture du bureau des plaintes
Quelque part, dans une clinique en carton, au milieu d'un couloir fissuré...
Elena: QUI S'EST SERVI DANS MA BOITE A GATEAUX ?!
Erik: 'Tin! Mais arrêtes! Y en a qui dorme là! C'est tout juste si on les retient par les tifs, alors tais toi, bon sang! Sois un peu responsable!
arrive dans la salle de repos pour ouvrir une petite boite*
Erik: QUI A FINI LE CAFE ET N'EN A PAS RAMENE !?
*
Quelque part, dans une ruelle paumée avec un large trou au milieu...
Reno: T'en en train de me dire que notre unique matéria de soin est tombée là dedans?
Rude: ...
Reno: MAIS COMMENT T'AS FAIT ?!
Rude: ...
*
Quelque part, perdue dans un ciel immense, à cheval sur un poussin obèse qui vole...
Marlène: *mange un cookie*
Choco: Kwaa...
Marlène: Mais il y en avait plein! Et j'ai faim moi! Pas eu de petit déj ce matin!
*
Quelque part, perdu dans un ciel immense, assis comme deux vieux sacs de noix dans un cockpit vide...
Cid: *trempe un cookie dans un mug de café bien chaud*
Barret: *sert sa grande main sur la tasse bien chaude, remplie de café, en mode papy*
Cid: Tiens, c'est pas les deux comiques là? Qu'est ce qu'ils font... Oh!
L'artilleur adressa un regard curieux en contre-bas, au travers le vitrage.
Cid: Le rouquin vient de balancer son pote chauve dans une faille... T'avais pas dit qu'il devait aussi chercher des donneurs?
Barret: C'est un Turk. T'espérais qu'il demande poliment?
Thème de Blanche Page: Un jour, ma review viendra
Un jouuuur, des petits coeurs, viendroooont!
Un joooouuuur, des petits commentaires, m'aimeroooont!
A la fin, sur des petits boutons d'amour, ils cliqueroonnt!
Et heureux comme touuuut, nous continuerooont!
