Et voici le chapitre 2 ! Sérieusement, je l'ai écrit assez vite, mais j'ai fait un nombre de retouches pas possible pour tenter de l'améliorer.

Aujourd'hui, on en apprend un peu plus sur la vie de Yang et Zénith ! Je préviens, pour les premiers chapitre on va alterner entre les vies de Yang et Weiss jusqu'à ce que leurs routes se croisent à nouveau. Ça me permet de poser quelques bases, je vais essayer de rendre ça intéressant à suivre.

Bref, trêve de bavardages, bonne lecture !


Yang soupira. Accompagnée de Zénith, ils étaient actuellement dans la rue, se dirigeant vers leur logement. Elle tenait fermement la main du petit garçon, empêchant ainsi toute possibilité que ce dernier n'aille sur la route ou ne la suive plus. Zénith ne protestait pas, semblant plongé dans ses pensées et suivant sa mère sans réellement faire attention. Habituellement, lors de trajets comme celui-ci, le blondinet était un vrai moulin à parole, parlant de ce qu'il avait fait et posant de nombreuses questions à sa mère. Pourtant, Yang ne s'inquiéta pas de son silence actuel : il avait tendance à rester silencieux lors de jours de 'jobs ratés' comme celui-là. Elle se doutait que son incapacité à trouver même un petit boulot pesait sur son fils, et certainement plus qu'il ne le laissait paraître. Son petit rayon de soleil avait un côté très mature sous ses airs d'enfant insouciant...

Yang connaissait le quartier comme sa poche : pour cela, elle n'avait même pas besoin de réfléchir pour se diriger vers leur logement. Elle laissa faire le 'mode autopilote' -en faisant tout de même attention à ses alentours et lors des passages piétons- et en profita pour organiser ses pensées quand à sa journée. Le petit boulot, pour commencer...

Quand elle avait vu l'annonce expliquant que la bibliothèque recherchait quelqu'un pour aider à ranger les livres, elle avait sauté sur l'occasion : dans sa situation, tout était bon à prendre. Évidemment, elle ne l'avait pas eu, car, comme l'avait intelligemment fait remarquer le gérant, son handicap ne lui permettrait pas d'avoir la vitesse nécessaire pour travailler correctement. Elle n'était pas vraiment étonnée : elle l'avait vu venir de loin, et se doutait dés le départ qu'elle ne serait pas retenue.

Elle évitait toujours de se faire de faux espoirs lors de ses tentatives, sachant pertinemment qu'être recrutée dans son état actuel tiendrait du miracle. Pourtant, elle ne pouvait pas empêcher la pointe de déception qu'elle ressentait à chaque refus, chaque défaite augmentant ses insécurités, diminuant sa confiance en soi et ébranlant sa détermination. Chaque jour devenait un combat, dans lequel Yang luttait contre l'abandon et continuait d'avancer vers ce qu'elle espérait des jours meilleurs. Cependant, ce combat devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure des échecs accumulés. La seule chose qui lui donnait la force de continuer était Zénith : elle s'était juré d'être une bonne mère, d'être présente pour lui et de ne jamais l'abandonner, et elle comptait bien tenir sa parole ! Avec sa bonne humeur, son optimiste et son incroyable perception, son fils était la lumière chassant les ténèbres qui menaçaient de l'engloutir. Il était la meilleure chose qui lui soit arrivé.

Penser à son fils lui fit également penser au deuxième sujet du jour : l'inconnue.

Elle n'avait pas vraiment stressé en voyant Zénith discuter avec une inconnue : d'une part car une bibliothèque n'est pas -en général- un endroit utilisé par de mauvaises personnes pour approcher de jeunes enfants, et d'autre part car malgré son jeune âge son fils était étonnamment bon pour juger une personne. D'instinct, il semblait savoir si une personne était dangereuse ou inoffensive. Évidemment, en tant que mère, elle s'inquiéterait toujours, mais elle avait plus souvent peur que son fils ne dérange quelqu'un plutôt que cette personne ne se révèle être mauvaise.

Aujourd'hui, il semblait avoir trouvé une personne plutôt intéressante : au début très gardée et assez agacée, Zénith avait réussi le tour de force de la faire sourire et oublier tous ses problèmes pendant un temps. Yang sourit : c'était typique de son fils.

Il avait même réussi à avoir le nom de la personne ! Weiss, si elle se souvenait bien. Yang ne savait pas pourquoi, mais ce prénom lui disait quelque chose... mais elle eut beau se creuser la tête, impossible de retrouver où elle l'avait déjà entendu.

La blonde fût tirée de ses pensées lorsqu'elle se rendit compte qu'ils étaient arrivés. Leur logement était une maison de taille moyenne, un peu éloignée du centre-ville. Bien sûr, elle ne pouvait pas se payer le luxe d'une maison dans sa situation -même un appartement aurait été compliqué-. C'est pourquoi chaque jour Yang bénissait la personne qui les logeait et les aidait financièrement. Puis grimaçait en se rappelant qu'ils étaient aidés depuis depuis plusieurs années et qu'ils pesaient chaque jour un peu plus sur cette personne. Elle avait l'impression d'abuser de sa générosité sans rien donner en retour. De plus, elle savait pertinemment que l'autre ne lui avouerait jamais si Zénith et elle la dérangeaient. Retenant un soupir, elle sortit la clé, la tourna dans la serrure, et ouvrit la porte en annonçant "nous sommes rentrés !".

Visiblement, elle fût entendue puisque quelqu'un sorti de la cuisine quelques secondes plus tard. Il s'agissait d'une femme plutôt grande, aux cheveux blonds platines attachés en chignon, avec des yeux verts émeraudes couverts par des lunettes. Elle avait un air sévère, mais Yang savait qu'elle n'était pas une personne stricte ou froide. Enfin, pas tout le temps.

Lorsqu'il eut fini d'enlever ses chaussures, Zénith se précipita vers la nouvelle venue.

"Glynda ! Tu cuisinais quoi ?" pépia-t-il.

Glynda le regarda, puis répondit d'un air prudent :

"Des pâtes, rien de nouv-"

Dés que le mots 'pâtes' eu franchi ses lèvres, l'enfant s'écria "youhou !" avant de se précipiter vers le salon, vraisemblablement pour mettre la table. Glynda le regarda partir sans rien dire, puis se tourna vers Yang en haussant un sourcil.

"Je ne comprends toujours pas son enthousiasme pour les pâtes."

"Moi non plus... peut-être que c'est tout simplement le 'plat de son enfance' ?" répondit Yang, qui souriait devant l'attitude de Zénith.

"Peut-être..." répliqua Glynda d'un air pensif. Elle sembla débattre intérieurement pendant quelques secondes, puis continua d'un air plus prudent.

"Alors ?"

Yang perdit immédiatement son sourire et fit une grimace qui disait tout. Glynda hocha la tête, puis lui lança un regard qui signifiait 'on en reparle tout à l'heure'.

Les deux femmes rejoignirent Zénith qui commençait à s'impatienter, et quelques minutes plus tard, les trois s'installèrent à table.

"Alors Zénith, ça allait à la bibliothèque ?" demanda Glynda une fois qu'ils eurent commencés à manger.

La jeune garçon avala une fourchette de pâtes avant de répondre.

"Oui, j'ai rencontré une dame très gentille ! Elle était habillé tout en blanc, même ses cheveux l'étaient ! Et elle avait une marque sur l'oeil !" répondit l'enfant de manière enthousiaste.

"Une... marque ?" répéta Glynda d'un air confus.

"Une cicatrice." clarifia Yang.

La cicatrice avait été impossible à rater. Elle se situait sur l'œil gauche de Weiss, rendant son visage asymétrique. Cependant, Yang ne trouvait pas cela laid ; au contraire, cela donnait à la femme pâle l'impression d'une princesse guerrière, belle, charismatique et menant elle-même ses troupes au combat, se positionnant dans les premières lignes. La blonde s'était rapidement questionnée sur l'histoire derrière cette marque et sur l'effet que cela avait eu sur la vision de l'œil avant de laisser tomber le sujet et d'éviter soigneusement de fixer trop longtemps la cicatrice par la suite, comprenant parfaitement le malaise que cela pourrait engendrer chez l'autre femme.

"Oui c'est ça ! Et elle m'a même donné son prénom, elle s'appelle Weiss !" reprit Zénith.

À ces mots, Glynda, qui buvait de l'eau écarquilla les yeux et avala de travers, ce qui la fit tousser pendant quelques secondes. Yang fronça les sourcils en voyant cela, et se promis de lui demander si elle savait quelque chose sur cette 'Weiss' plus tard. Elle finit par répondre :

"Ce qu'il ne précise pas, c'est qu'au départ c'est lui qui l'a embêté pendant qu'elle travaillait, et que si elle lui a donné son prénom c'est parce qu'il l'a appelée 'dame en blanc'. J'ai facilement cru trois fois que j'allais mourir de honte pendant la conversation !"

"Mais elle avait pas l'air d'aller bien ! Si elle m'avais dit de partir je l'aurais fait !" bouda son fils.

Glynda continua de les écouter, mais Yang remarqua qu'elle semblait plus distraite par la suite. Finalement, après avoir fini de manger et avoir fait la vaisselle, Zénith se prépara à aller dormir. Il alla voir Glynda et lui fit un câlin, qu'elle lui rendit de bon cœur, puis se monta dans sa chambre pour attendre sa mère. Cette dernière finit par le rejoindre.

"C'est bon ? Tu es prêt ?" lui demanda-t-elle en souriant.

Son fils était déjà enfoui sous les couvertures, sa peluche dragon -sa préférée- à la main. Il s'agissait d'un dragon aux écailles dorées et aux yeux rouges flamboyant. Les yeux donnaient l'impression d'une colère farouche, cependant lorsque l'on regardait la bouche du dragon, on s'apercevait que ce dernier arborait un sourire moqueur. Les écailles étaient recouvertes de poils synthétiques : cela enlevait du réalisme, mais rendait la peluche toute douce et très agréable à toucher. Quand il l'avait reçu de son parrain à un de ses anniversaires, le garçon l'avait tout de suite adoré. Il l'avait nommé Yin sans hésitation. Quand sa mère lui avait demandé pourquoi, il avait simplement répondu, comme s'il s'agissait d'un évidence "c'est maman quand elle s'énerve". Sa réponse avait tiré des sourires et des hochements de têtes approbateurs des autres adultes, tandis que Yang était restée perplexe, ne sachant pas comme elle devait le prendre - même si elle félicitait complètement son fils pour le jeu de mot.

Zénith hocha la tête pour montrer qu'il était prêt. Yang se prépara pour lui donner un bisou et lui souhaiter bonne nuit, mais elle remarqua qu'il avait l'air préoccupé, le visage fermé et les oreilles abaissées. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre ce qui n'allait pas, aussi elle lui prit la main pour attirer son attention.

"Eh, petit soleil, ne t'inquiète pas ! Je finirais bien par trouver quelque chose. Tu sais bien que dans la famille nous sommes trop têtus pour abandonner comme ça ! Et puis, tu es là pour me donner me soutenir, donc tout va bien se passer." lui dit-elle en souriant.

Son fils la regarda d'un air hésitant, comme si il ne croyait pas qu'elle pouvait rester aussi joyeuse après cette énième échec. Il n'avait pas tort, sa mère n'était pas dans le meilleur état d'esprit. Pourtant, elle continuait d'afficher le sourire le plus confiant possible en le regardant : il n'était qu'un enfant, il était du devoir de Yang d'être forte devant lui. Pour le rassurer, Yang décida de sortir le grand jeu.

"Après tout, je t'ai toujours dit de ne jamais baisser les bras, n'est-ce pas ?" lui dit-elle avec un clin d'œil complice.

À ces mots, Zénith sourit et laissa échapper un petit rire.

Elle aurait pu faire n'importe quoi pour ce son.

"Je suis ton bras droit, hein m'man ?"

Yang ria doucement. En grandissant, son fils prenait l'habitude d'imiter sa mère en faisant des jeux de mots à tout va. Récemment, elle l'avait même encouragé à en faire sur son bras, arguant qu'elle préférait en rire et qu'elle avait déjà pleuré sa perte suffisamment longtemps.
En retour, son fils avait déclaré qu'elle pouvait faire des jeux de mots sur les lions quand elle lui parlait, disant qu'il préférait rire et être fier de son côté animal plutôt que d'en avoir honte. Son fils était un petit malin... Cependant, ils évitaient tout de même de le faire devant des inconnus, ne souhaitant mettre l'autre mal à l'aise sans le faire exprès. Des jeux de mots fusaient donc régulièrement entre les deux quand il étaient dans la maison, au grand dam de Glynda qui pinçait son arrête du nez d'un air exaspéré dés qu'elle en entendait un. Cependant, mère et fils voyaient bien qu'elle n'était pas aussi agacée qu'elle le prétendait : au contraire, la plupart du temps elle était plus amusée qu'autre chose de leur 'gamineries' comme elle les appelait. Après les avoir entendu autoriser les blagues sur le bras et les oreilles de lions, elle les avait même autorisé à en faire de même sur elle quand ils lui parlaient. Des jeux de mots en rapport au thème de la sorcellerie surgissaient donc souvent, étant donné que son nom et son apparence 'prouvaient indéniablement qu'elle en était une' selon le duo mère-fils. Glynda avait depuis largement eu le temps de regretter sa décision...

Perdue dans ses pensées, Yang n'avait pas remarqué que Zénith s'était redressé dans son lit. Il se jeta au cou de sa mère, la serrant le plus fort possible.

"Je t'aime très fort maman."

Il y avait un tel réconfort dans les mots et le câlin du petit garçon que la vision de Yang se brouilla : décidément, elle ne comprenait pas comment il arrivait aussi bien à savoir quand elle avait besoin de réconfort. Retenant les larmes qui menaçaient de couler, elle le sera très fort de son unique bras, et lui répondit d'une voix tremblante.

"Moi aussi, je t'aime Zénith. Du plus profond de mon cœur."

Ils maintinrent le contact pendant quelques minutes, puis, lentement, se détachèrent l'un de l'autre. Yang vérifia que son fils était bien installé, puis lui, souriante, lui déposa un bisou sur le front.

"Bonne nuit petit soleil."

"Bonne nuit maman !" répondit Zénith en baillant.

Yang alla éteindre la lumière, puis sorti de la pièce après avoir lancé un dernier regard au garçon. Au fur et à mesure qu'elle descendit les marches pour rejoindre Glynda, son sourire s'estompa. Une fois arrivée en bas, son expression était sombre : les sourcils froncés, le regard préoccupé, des cernes plus visible que jamais. Elle se dirigea vers la table, s'y assit et se couva le visage de la main. Un gémissement, faible mais long, se fit entendre.

Glynda, qui avait assisté à la scène sans rien dire, grimaça en entendant le son. Elle alla dans la cuisine, et revint avec deux tasses de tisanes. Sans rien dire, elle en déposa une devant Yang, et alla s'installer sur la chaise d'à côté avec la deuxième. Puis, toujours silencieuse, elle attendit.

Au début, il semblait que Yang n'avait même pas remarqué la tasse fumante à côté d'elle. Cependant, au bout de quelques minutes, elle releva la tête, attrapa la tasse de sa main et en but une gorgée. Gardant la tasse dans sa main, elle se tourna vers l'autre femme d'un air fatigué.

"Merci."

Glynda hocha la tête. Les deux femmes tombèrent dans un silence confortable. Glynda savait parfaitement qu'assaillir Yang de questions ne mènerait à rien : elle préférait donc attendre que cette dernière se décide à lui parler plutôt que tenter de la forcer à communiquer. Finalement, sa patience porta ses fruits : ayant fini sa tisane, la jeune femme se mit soudainement à parler.

"Visiblement un seul bras n'est pas assez performant pour le tri de livres." déclara-t-elle. Puis, continuant d'un air déprimé "Si même la bibliothèque ne veut pas de moi, je ne vois pas comment je peux espérer trouver quelque chose...".

"Ne dis pas ça." l'interrompit l'autre femme d'un air sévère. "Tu finiras forcément par-"

"Non." la coupa Yang. "Non. Pas la peine d'essayer de me convaincre, tu n'y crois pas toi-même. Peux-tu penser à un seul métier pour lequel le nombre de bras n'est pas important ? Évidemment que non puisque ça n'existe pas. Alors arrête de me faire croire que ça finira par s'arranger, car de toute évidence ça N'EST PAS LE CAS !".

Elle avait presque crié la dernière partie, se retenant au dernier moment en se rappelant que Zénith dormait à l'étage. Durant sa tirade, elle avait serré sa tasse de sa seule main, si fort que cette dernière était maintenant brisée. Des éclats tranchants de la tasse étaient plantés dans la paume de sa main, du sang coulait, mais elle ne semblait même pas ressentir la douleur. Se rendant compte qu'elle s'énervait, Yang ferma les yeux et essaya de se calmer, prenant de grandes inspirations.

Glynda n'avait pas bronché pendant la petite explosion. Sa seule réaction avait été d'écarquiller les yeux quand Yang avait brisé la tasse. Voyant le carnage, elle se dirigea vers la salle de bain pour aller prendre des bandages, et laisser Yang se calmer par la même occasion. En revenant, elle remarqua que la jeune femme était redevenue calme. Elle était visiblement honteuse de son comportement, puisqu'elle évita de regarder dans sa direction. Glynda se dirigea vers la table, prenant une pince à épiler afin de retirer les bouts de tasse qui restaient coincés dans la main de la plus jeune. Au moment où elle allait commencer, Yang reprit soudain la parole.

"Je suis désolée. C'est complètement injuste de ma part de passer mes nerfs sur toi, tu n'y es pour rien et tu essayes juste d'aider."

"Contente que tu l'ais remarqué. Maintenant tais-toi et montre moi ta main."

Le ton que Glynda avait utilisé était si autoritaire que la jeune femme ne songea pas un seul instant à désobéir. Elle regarda silencieusement l'autre femme retirer patiemment tous les éclats, désinfecter méthodiquement les coupures et finalement bander la main en faisant attention à ne pas trop serrer.

"Voilà. La prochaine fois, va frapper un oreiller, comme ça ta main et ma tasse resteront en bon état."

Le commentaire sarcastique ne tira aucune réponse de Yang. Elle se contenta de rester à sa place, sans bouger et l'air encore plus misérable. Glynda soupira.

"Yang. Regarde-moi s'il te plaît."

Voyant que la jeune femme s'obstinait à ne pas bouger, elle leva les yeux au ciel avant de lever elle-même le menton de Yang. Il était impossible de décrire la souffrance visible dans les yeux de la jeune mère. Doute, colère, frustration, stress, honte et culpabilité se mélangeaient, rendant son regard douloureux à soutenir. Glynda ne supportait pas de se sentir si impuissante face à la détresse qui émanait de la plus jeune. Elle devait faire quelque chose.

"Yang. Parle-moi. Il faut que tu extériorises." supplia-t-elle.

Yang resta silencieuse, son regard emplit de culpabilité en regardant son aînée.

"Non... c'est injuste. C'est toujours toi qui m'aide alors que je reste un poids pour toi. C'est toujours toi qui doit recoller les morceaux. Je ne peux pas... continuer de te peser comme ça." murmura-t-elle.

En entendant cela, l'autre femme se figea. Puis, lentement, elle prit Yang par les épaules et la regarda droit dans les yeux, ses prunelles émeraudes emplies de détermination.

"Yang Xiao-Long. Je te l'ai déjà dit de multiples fois, et je continuerai de le répéter autant de fois qu'il le faudra : tu n'es en aucun cas un poids pour moi."

La jeune femme émit un bruit amusé, comme désabusée par ce qu'elle entendait. Cela n'arrêta pas Glynda, qui continua dans sa lancée.

"Tu pourras dire ce que tu voudras, je n'ai aucune intention de te lâcher. Malgré tout ce que tu peux penser, tu es quelqu'un d'admirable. Tu t'es toujours relevée de ce que la vie t'a infligé, et je suis bien placée pour savoir savoir que tu as un mental à toute épreuve. Tu essaies d'être la meilleure mère possible. Tu essaies de de ne pas te reposer sur les autres malgré ta situation. Tu continues de chercher un travail là où beaucoup auraient déjà abandonnés."

Pendant tout son discours, elle fixait Yang avait une telle intensité dans le regard que cette dernière restait figée, incapable de se détourner.

"Je t'aiderais autant que je le pourrais et autant qu'il le faudra, non pas parce que je suis ta marraine et que j'en ai l'obligation, mais parce que je te connais et que je veux t'aider au maximum. Je te considère de ma famille, que cela te plaise ou non."

Glynda pausa pendant quelques instants, avant de prendre une grand inspiration.

"Je t'aime, espèce d'imbécile, et rien de ce que tu pourras dire ne me fera bouger d'ici, alors parle-moi. S'il-te-plaît."

C'était rare pour Glynda de montrer autant ce qu'elle ressentait. C'était encore plus rare de l'entendre avouer l'affection qu'elle possédait envers sa filleule -Yang pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où c'était arrivé-. En entendant ça, les barrières que la jeune fille avait érigées faiblirent, et une larme roula sur sa joue. Pourtant, elle s'efforça de retenir les autres larmes qui menaçaient de fuir ses yeux, et lutta pour trouver ses mots.

"Je... je suis juste... tellement... fatiguée de tout ça. Je n'en peux plus... je ne peux plus, je ne... je..."

Elle n'arrivait pas à s'exprimer, n'arrivait pas à contrôler les émotions négatives qui envahissaient son esprit. Alors qu'elle commençait à paniquer, elle sentit deux bras l'entourer, doucement mais fermement.

"Ne t'inquiète pas. Tu n'as rien à expliquer. N'enferme pas tes émotions, laisse-les sortir : je suis là pour te rattraper." murmura doucement Glynda.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder la piscine. Les dernières barrières de Yang s'effondrèrent, et cette dernière se mit à pleurer librement, sans aucune retenue, appuyant sa tête contre l'épaule de sa marraine. Durant tout le temps du craquage de sa filleule, cette dernière continua de la tenir fermement contre elle, lui murmurant de temps en temps des mots rassurants. Quand les pleurs commencèrent à se calmer, Glynda se mit à passer doucement sa main dans les cheveux de Yang. Elle était l'une des très rares personnes autorisées à accéder à la chevelure dorée de sa filleule, et avait pris pour habitude de faire cela pour la calmer quand elle était plus jeune. Cela fonctionnait toujours, apparemment, puisqu'elle sentit Yang se relaxer au fur et à mesure. Finalement, au bout de longues minutes de silence durant lesquelles aucune des deux femmes ne bougea, la plus jeune finit par détacher lentement de son aînée, jusqu'à la regarder droit dans les yeux. Un sourire, bien que faible se dessinait sur son visage encore humide.

"Merci. Et... je t'aime aussi. Très fort."

Sa marraine souria simplement en entendant cela, heureuse de constater que Yang semblait déjà aller bien mieux qu'un peu plus tôt. Se rasseyant chacune à leur place, les deux femmes tombèrent dans un silence confortable. Soudain, au bout d'un long moment, Yang laissa échapper un petit rire, avant de déclarer à une Glynda qui l'observait d'un air interrogateur :

"Je ne sais vraiment pas ce que je ferais sans toi. Je me faisais simplement la remarque que j'avais vraiment de la chance que tu sois toujours là pour me donner un coup de main."

Elle fit un clin d'œil à sa marraine sur la fin de la phrase tout en montrant ostensiblement son moignon, un large sourire sur le visage. L'autre femme secoua la tête au jeu de mot, souriant pourtant en même temps qu'elle accomplissait le geste. Elle savait que si Yang se mettait à faire des blagues, c'est qu'elle était sortie de l'état semi-dépressif dans lequel elle était depuis le début de la soirée.

Après quelques autres minutes de silence, Yang repensa soudain à ce qu'elle avait remarqué durant le dîner.

"Glyn ?"

"Hm ?" répondit l'intéressée.

"Tout à l'heure, j'ai remarqué que tu avais réagi bizarrement quand Zénith avait parlé de Weiss, tu la connais ?"

Glynda regarda sa filleule pendant quelques secondes en clignant des yeux, puis sorti son Scroll et commença à pianoter dessus sous le regard curieux de l'autre blonde. Elle finit par se tourner vers Yang en lui montrant une image sur son Scroll. Il s'agissait d'une photo de Weiss ayant la même expression neutre que Yang l'avait vu arborer au début de la rencontre.

"La Weiss dont vous parliez... c'est elle ?" demanda prudemment Glynda.

"Oui ! Est ce qu'elle est connue ou quelque chose comme ça ? Je me disais qu'elle avait un air familier..." répondit sa filleule.

En l'entendant, l'autre femme reposa son Scroll et retira ses lunettes quelques secondes, un air consterné sur le visage, comme si Yang était un élève particulièrement lent à la détente. Remettant ses lunettes, elle répondit finalement :

"Ton fils est devenu 'ami' avec Weiss Schnee, la PDG de la Schnee Tech Company."

Quand Yang eu complètement compris ce que Glynda avait dit, ses yeux s'écarquillèrent comiquement tandis que sa bouche s'ouvrait en une expression de surprise totale. Puis, lentement, presque au ralentit, elle amena sa main près de son front avant de finalement la plaquer contre ce dernier avec un 'paf !' à peine audible. Le son fut suivit d'un grognement de douleur, Yang ayant oublié que sa main était blessée.

"Je suis une imbécile."

"Depuis le temps que je te le dis."


Hey ! C'est encore moi ! J'espère que ce chapitre vous a plus. J'ai essayé de ne pas trop faire quelque chose qui semblait forcé ou irréaliste mais je voulais vraiment montrer à quel point la situation pèse non seulement sur Yang mais aussi ceux qui l'entourent. Donc... j'espère que les réactions/les conversations et les actions vous semblent naturelles. J'espère aussi que la fin n'est pas trop abrupte dans le changement d'atmosphère !

Sinon normalement vous devez vous poser une tonne de questions sur la vie de Yang (à juste titre). Je ne vais évidemment pas spoil, mais voici mon commentaire sur un point important :

- Glynda est la marraine de Yang ?

Oui, et pour plusieurs raisons.

Premièrement, j'aime bien Glynda et je trouve que son personnage est sous-utilisé, que cela soit dans le show ou les fanfictions en général (elle a souvent un rôle de soutien ou de personnage tertiaire voire spectateur). Donc, ça me faisait plaisir de pouvoir l'intégrer en temps que personnage important à l'intrigue.

Deuxièmement, j'aime beaucoup l'idée de cette relation. Je dis ça dans le sens où je trouve que leurs personnalités sont très intéressantes mises ensembles. Au premier abord, on pourrait croire qu'elles sont complètement opposées (exubérante/réservée, colère explosive/colère froide, perte de contrôle facilement/maîtresse de soi en toutes circonstances, affiche ses émotions/garde un visage neutre, amène le chaos/amène la discipline, toujours chaleureuse/toujours froide -sérieusement est-ce que Glynda a souri plus de zéro fois dans l'anime ?- etc...) mais quand on y réfléchit bien on s'aperçoit qu'elles ont quand même plusieurs points communs (s'agacent facilement, n'ont pas peur de dire ce qu'elles pensent, sont loyales et se préoccupent de leurs proches... -oui comme Glynda est pas trop développée c'est pas très facile de connaître sa personnalité, je fais de mon mieux à partir de ce qu'on connait !-). Bref, elles peuvent donc faire un très bon duo (de mon avis), et Glynda me paraît très bonne en tant que figure adulte présente depuis toujours dans la vie de Yang en étant capable de lui apprendre à mieux se contrôler par exemple. D'où la décision d'en faire sa marraine quand j'ai eu besoin de quelqu'un pour ce rôle.

Et, troisièmement... ça va paraître idiot, mais j'ai éclaté de rire quand j'ai imaginé sa tête au moment où elle apprend qu'elle va être marraine...

Et sinon, autant je ne galère pas trop à écrire pour Yang, autant j'ai un peu plus de difficultés pour Glynda. J'espère que j'ai bien réussi à retranscrire sa personnalité...

Voilà ! (Purée, il va vraiment falloir que je me calme avec les notes d'auteur...).

Prenez soin de vous et à la prochaine !