NOTES
DRACO MEMORIAE est composée de deux parties.
La première partie "La prophétie" se déroule durant la sixième année et met en place une relation secrète entre Drago et Hermione, tandis que chacun essaie de manipuler l'autre pour arriver à ses fins.
La seconde partie "Oblivio", légèrement plus courte, se déroulera après le septième tome et fera suite aux aventures de nos héros préférés.
La première partie est rédigée à 80% et l'oeuvre ne sera pas abandonnée. Je pense publier un chapitre par semaine. Cette oeuvre a été commencée il y a dix ans et inachevée. Je la réécris depuis plusieurs mois et je bénéficie de l'aide de trois adorables bêta-lectrices.
Le travail de JKR sera respecté et l'enjeu de cette fiction est d'insérer les évènements au sein du sixième tome comme une histoire parallèle qui aurait réellement eue lieu. Théoriquement, il sera donc possible de lire en vis-à-vis 'HP et le prince de Sang-Mêlé' et découvrir une nouvelle facette derrière l'histoire et ainsi donner une nouvelle signification aux humeurs de Hermione et Drago.
N'étant pas adepte des Notes, je ne pense pas vous en laisser d'autres. J'espère de tout mon coeur que vous prendrez autant de plaisir à lire cette fiction que j'en ai pris à l'écrire. Bonne lecture et merci!
Je vous remercie infiniment pour les reviews que vous accepterez de me laisser !
PROLOGUE
« Les mots sont à mon avis, qui n'est pas si humble, notre plus inépuisable source de magie. Ils peuvent à la fois infliger des blessures et y porter remède. » A.D.
C'était le début de la troisième année. La brillante étudiante se devait, à la demande du professeur McGonagall, de s'entretenir avec chacun des professeurs dont les cours risquaient d'être dérangés. La journée touchait à sa fin et tandis qu'elle gravissait les étages avec lenteur, elle distinguait le ciel prendre des couleurs chaudes à travers les quelques fenêtres de la tour. Devoir se justifier sur le nombre de ses options l'épuisait. Sans compter qu'il allait falloir endurer un énième enseignant la mettant en garde contre les dangers d'un retourneur de temps.
Hermione terminait par la tour Nord où se tenait la classe de Divination. Elle avait accepté de suivre ce cours par acquis de conscience. En effet, son scepticisme concernant l'existence de son "troisième œil" avait été accentué par les anecdotes extravagantes des jumeaux Weasley.
Sa directrice de Maison avait insisté sur ces visites aux professeurs avec véhémence – d'autant plus que personne n'avait joué avec le temps au sein de l'école depuis de nombreuses années. Hermione s'était donc pliée à l'exercice avec beaucoup de bonne volonté bien que chacun d'entre eux l'eut gentiment sermonné. Désormais, elle s'avançait vers sa future classe en soupirant. Lentement, elle gravit l'échelle qui la séparait de la salle circulaire et enfumée.
Ce qu'elle vit la marqua sans doute pour le reste de ses jours à Poudlard.
Elle avait vaguement entendu parler de cette transe typique chez un maître de Divination, mais peu en avait été témoin. Face à elle, Sibylle Trelawney tremblait, son châle pailleté grelottant autour de son corps maigre. Son visage émacié était blanc comme un linge et ses yeux, amplifiés par les verres épais qui reposaient sur son nez, semblaient sortir de leurs orbites. L'index osseux de sa main gauche, orné d'une grosse bague de fer, se mit à pointer son visage. Le cœur battant, Hermione se pétrifia. Dans la main droite de Trelawney, un globe laiteux, complètement opaque, se matérialisa. L'enseignante était en transe : de lourds râles sortaient de sa gorge, son regard vitreux semblait traverser l'étudiante et des spasmes agitaient sa chevelure désordonnée.
Enfin, elle se mit à parler.
« Je vois... » murmura-t-elle d'une voix éraillée qui s'élevait désagréablement dans les aigus, tel un cri de corbeau blessé. Ses yeux s'écarquillèrent et un voile de peur sembla s'accrocher au visage de la voyante qui commença à psalmodier d'une voix atone :
« Alors que l'ultime printemps s'achèvera dans les ténèbres, le grand serpent s'élèvera dans le ciel et dansera sur la tombe de l'espoir. » Une lueur bleutée se mit à luire dans le globe qu'elle tenait toujours.
Hermione fronça les sourcils. Se devait-elle de noter ce que marmonnait Trelawney pour en avertir McGonagall ?
« Une fille-de-Moldus aura trahi sa maison, isolée par ses mensonges, elle ouvrira les portes de la Mort sur ce château ! » s'écria soudain la démente en saisissant de sa main gauche l'une des épaules de Hermione, désormais terrifiée. Trelawney la secoua, faisant tinter les nombreux bracelets à ses poignets.
« Peur… Trahison… Meurtre… » Sa voix s'éteignit et Hermione eut à peine à se débattre que la poigne de la vieille sorcière sur son épaule s'évanouit. À présent, Trelawney chuchotait. « Cette rancœur qui la mènera à sa perte la consume déjà. Elle ne pourra se défaire de son emprise. Alors que s'envoleront amour et amitié, la compassion ravira son cœur noirci de haine. » Sa voix gagna en intensité et résonna jusque dans la poitrine de Hermione. « La grande main noire l'affaiblira et son cœur brave cessera de battre... L'oubli l'avalera, tandis que la mort sera sur notre route à tous. » Trelawney poussa Hermione de son doigt tendu, la faisant reculer d'un pas vers la trappe qui menait à la salle de classe.
La fureur s'entremêla à la peur de la jeune fille, lui nouant l'estomac. Elle comptait dire à Trelawney ce qu'elle pensait de ses calembredaines, lorsque celle-ci sursauta violement. Le globe lui échappa et roula dans un coin de la classe. Enfin, les traits de son visage s'adoucirent et un sourire bienveillant étira ses fines lèvres en s'apercevant de la visite d'une étudiante égarée.
Hermione fulminait. « Quelle vieille folle » grogna-t-elle pour elle-même en s'enfuyant par l'échelle à toute vitesse afin de rejoindre le pied de la Tour Nord. « Tout cela est absurde. »
« Aurais-je dit quelque chose ? » balbutiait la professeure désemparée, quelques instants plus tard. Sybille Trelawney ne comprendrait jamais ces étudiants qui s'enfuyaient avant même de lui parler.
Hermione Granger était emplie d'effroi et s'appuyait à l'un des murs pour reprendre son souffle en s'invectivant au calme. Tout va bien, tout va bien, se répétait-elle, comment cette vieille folle peut-elle se prétendre enseignante ? Elle croisa l'une des armures décoratives du château qui lâcha un rire sardonique sur son passage, ajoutant à son malaise.
Elle traversa rapidement les couloirs de l'école, jusqu'au septième étage et le tableau de la Grosse Dame. Elle toussait en entrant dans sa salle commune, les poumons encore chargés de l'air vicié et capiteux qui encombrait la classe de Divination.
Que devait-elle croire ? Devait-elle en parler ? La fille-de-Moldus… Était-elle concernée par la prophétie ? Son esprit cartésien analysa la situation et tandis qu'elle allait se réfugier sous ses couettes, tremblante, elle décida de classer ce souvenir étrange comme un terrible malentendu.
Alors que Hermione entamait ses cours de troisième année, elle n'eut plus beaucoup de temps à consacrer à ce malencontreux épisode. Toutefois, à chaque cours de Divination, l'étudiante maugréait intérieurement et un profond malaise la tiraillait dès que les yeux de la voyante se posait sur elle.
Elle porta ce fardeau de longs mois sans jamais se confier. Sibylle Trelawney n'était pas connue pour la justesse de ses visions. À la connaissance de Hermione, l'enseignante n'aurait fait qu'une seule prédiction juste, ou censée l'être. Personne n'en connaissait la contenance mais cela lui aurait valu son poste, apparemment. Ce savoir la rassurait, elle s'y accrochait comme un marin se cramponne à un morceau de son vaisseau après un naufrage en mer. Cependant, elle était toujours passablement dégoutée lorsqu'elle rentrait dans cette classe où, tout au long du cours, sa professeure simulait des états de clairvoyance.
En son for intérieur, Hermione fut ébranlée lorsque Harry lui narra la prédiction faite par Trelawney, le jour même où Pettigrow dévoila sa vraie nature avant de s'enfuir. Quand il lui expliqua son rêve dans lequel Pettigrow se tenait aux côtés du mage noir, serviteur et maître réunis… elle n'en dormit pas, cela la hanta durant des semaines.
Était-ce vrai... ? Allait-elle trahir sa maison, répandre la mort à Poudlard ? Jamais, se promettait inlassablement Hermione.
Les mois et les années s'envolèrent jusqu'à effacer toute trace de cette appréhension. La jeune sorcière décréta qu'elle n'y croyait pas et qu'elle n'alimenterait plus cette peur. Elle était l'amie fidèle de Harry Potter, et quoiqu'il arrive, elle se tiendrait toujours à ses côtés.
