Les passions de la famille

Harry passa les années suivantes entre les douleurs et les mauvais traitements infligés par sa famille et le réconfort et l'amour de sa mère. Il avait hâte de recevoir sa lettre de Poudlard et de ne plus être à Privet Drive au moins durant l'année.

Il devint rapidement un garçon intelligent et rusé, curieux de nature, un peu impulsif par moment – 'c'est ton tempérament Gryffondor, mon chéri' –, et un puissant sorcier déjà. Grâce à sa mère qui l'aidait à se focaliser, il arrivait à subtiliser par magie un peu de nourriture – pas trop pour éviter de se faire prendre – que ce soit à la maison ou à l'école. Cela lui permettait de ne pas trop mourir de faim.

Il n'avait pas d'ami à l'école du quartier à cause de Dudley qui les chassait. Personne n'avait le droit de jouer ou de s'amuser avec son cousin, en tout cas pas sans lui. Dudley Dursley n'avait hélas pas la même notion de l'amusement que le commun des mortels. Mais cela, finalement, ne dérangeait pas Harry plus que cela. Il y aurait toujours une personne auprès de lui que même Dudley ne pourrait jamais chasser. Sa mère. Il avait caché jusqu'à présent sa présence aux Dursley. C'était son petit secret.

Il avait réussi un soir à voir sa mère en se plongeant dans ses pensées. Il était d'une certaine manière entré dans son monde intérieur, au plus profond de son esprit et il l'avait vue pour la première fois. Il avait huit ans.

Flashback

Son esprit était une immense bibliothèque avec un salon où ronflait un doux et chaleureux feu dans une cheminée. Il avait trouvé sa mère dans un fauteuil avec un livre sur les genoux. Il s'était avancé un peu et l'avait observée. Elle, habituée à être seule dans cet espace, ne l'avait pas remarqué.

'Maman ?'

Lily redressa la tête et le regarda, d'abord surprise avant qu'un immense sourire illumine son visage. Elle jeta son livre sur le côté et se précipita sur son fils pour le prendre et le serrer dans ses bras. Elle pleurait de joie.

'Oh Harry !' Elle l'embrassa dans le cou, sur les joues, les cheveux, … 'Mon chéri, je suis si contente de te voir enfin. Comment as-tu fait ?'

'J'ai appliqué le conseil de Mme Blondel en morale. A propos de la zénitude et de la méditation.'

'Oh. Tu fais bien. Ton père n'en sera que plus heureux. La méditation est une étape indispensable pour apprendre l'occlumencie.'

'Et c'est quoi ?'

'Une branche de la magie. Elle te permet de protéger ton esprit des intrusions extérieures. Et ton père est un très bon occlumens.'

'Alors je deviendrai aussi bon que lui,' promit Harry.

'Et je sais que tu le feras, mon chéri. Viens, je vais te montrer à quoi ressemble ton père.'

'Comment ?'

'Il y a un projecteur dans la pièce à côté. Je vais te montrer quelques-uns de mes souvenirs.'

'Cool !'

Fin du Flashback

Depuis, Harry revenait souvent dans son esprit et apprenait tout ce qu'il pouvait, il profitait de ces moments passés avec sa mère. Il développa un certain don tant pour le dessin que pour la musique. Il aimait dessiner pour représenter ses parents le plus fidèlement possible. Et plus il vieillissait, plus il s'améliorait au point que ses croquis ressemblaient plus à des photos.

La musique. Une passion commune à ses deux parents. Lily jouait du piano. Une véritable virtuose. Elle transmit sa passion à son fils quand ils découvrirent tous deux la présence d'un piano dans la bibliothèque, création pure et simple de l'esprit d'Harry sur base des souvenirs de sa mère. Son père, Severus Snape, était un violoniste hors pair et passionné de claquettes. Harry avait pu voir de nombreux souvenirs de son père souriant, jouant du violon tout en tapant du pied le sol en rythme et en harmonie, accompagnant sa mère qui jouait au piano.

Harry avait appris par lui-même à faire des claquettes, à chaque fois que sa famille moldue le laissait un peu tranquille. Et il avait le rythme dans les pieds. Il en était si heureux. D'abord, il l'avait appris dans sa tête sous le sourire et le regard chaleureux de sa mère. Puis, il était allé se cacher dans le garage ou dans un endroit à l'abri de Dudley pour le faire réellement.

Harry apprit aussi de nombreuses choses sur Poudlard et sur les cours qui y étaient dispensés. Les potions, vu comment sa mère en parlait, avec tellement de feu, de passion, devint une de ses matières favorites. Il apprit que c'était aussi la passion de son père. Il avait hâte d'être à Poudlard pour pouvoir en faire.

En attendant, il faisait ses corvées et se faisait le plus petit et plus obéissant possible. Ses seules punitions n'étaient que pour la plupart à causes de ses notes excellentes qui dépassaient toujours de loin celles de Dudley. Ce dernier, pour se venger, sabotait son travail, surtout ses corvées. Au début, Harry se faisait avoir et se prenait une sévère correction de la part de son oncle. Puis, lui et sa mère restèrent vigilants. Et à chaque fois que Dudley faisait du sabotage, il le nettoyait dans la seconde ou presque dès que Dudley disparaissait. Et quand il cassait quelque chose, Harry le réparait par magie avec l'aide de Lily. Même si c'était de la magie sans baguette, avec la formule, il arrivait à faire certaines choses.

Ce qui les faisait rire, c'est que cela rendait Dudley dingue parce qu'il était persuadé qu'Harry allait être puni. Mais à chaque fois qu'il revenait avec l'un de ses parents derrière, il n'y avait plus rien et Harry était visible un peu plus loin à faire ses corvées. Sans désordre, il ne fut jamais puni.

La dernière de ses découvertes fut son don d'oniromancie. Il était un oracle des songes. Souvent, il faisait un rêve des plus réalistes et quelques temps plus tard, quelques jours ou quelques semaines, cela arrivait.

Il était certain de son don car il avait pu le vérifier plusieurs fois, du moins pour les choses les plus graves. Une nuit, il avait rêvé que sa tante se casserait la jambe et deux semaines plus tard, elle avait fait une mauvaise chute dans les escaliers et se retrouva avec une jambe dans le plâtre. Il s'était passé aussi quelque chose de similaire avec Tante Marge, la sœur de son oncle. Pour de sérieux problèmes de santé, elle était restée deux mois chez les Dursley, dans la chambre d'ami, pour le plus grand déplaisir d'Harry.

C'est ainsi qu'Harry atteignit tout doucement mais sûrement, et avec une certaine impatience par moment, l'âge de onze ans. Il attendait sa lettre avec impatience. Celle qui le délivrerait. Il avait hâte d'entrer dans le monde sorcier, loin de sa famille moldue. Il regardait avec attention le courrier tous les matins dans l'espoir d'enfin la voir. En attendant, après ses corvées, Harry développait son talent tant pour le dessin que pour les claquettes, discutait avec sa mère sur de nombreux sujets et jouait avec elle.