Chapitre 4 : Enfin, ma lettre de Poudlard

Harry se réveilla avec le sourire. Elle allait bientôt arriver. Il en était certain, sinon il n'aurait pas rêvé d'un long périple à travers tout le Royaume-Uni avec ses relatifs moldus pour finir dans une vieille bicoque sur un rocher en pleine mer. Il n'aurait pas non plus rêvé d'Hagrid, le garde-chasse de Poudlard, qui entrait en défonçant la porte de la dite bicoque. Son oncle et sa tante allaient essayer par tous les moyens de l'empêcher de lire sa lettre en espérant qu'il n'aille jamais à Poudlard.

'Qu'ils essaient' rit sa mère. 'De toute façon, tu y es inscrit depuis ta naissance et tes études sont déjà payées.'

'S'ils essayent, je vais leur raconter le rêve et je vais dire à Tante Pétunia que tu es là depuis le début et que tu n'es pas contente du tout.'

'Je ne sais pas quoi penser de ça. Est-ce Gryffondor ? Ou Serpentard ?'

'Vu que je suis le fruit de l'union entre une Gryffondor et un Serpentard, on peut dire que c'est les deux. Et puis, j'ai pas envie de me taper deux jours de voitures en compagnie d'un Dudley ronchon – enfin plus que d'habitude – et d'un Oncle Vernon complètement cinglé !'

'Oui, à éviter. Tu ferais mieux de te lever avant que ma maudite sœur s'énerve.'

'D'acc.'

Harry sortit de son placard au moment où sa tante descendait les escaliers. Le jeune garçon se dirigea directement dans la cuisine sans faire plus attention à elle et lança le percolateur pour le café de son oncle, et la bouilloire pour le thé du reste de la maisonnée. Il mit ensuite la table sous le regard perçant de sa tante avant de commencer à cuisiner. Il termina pile au moment où son oncle descendit. Tout pour mettre sa famille de bonne humeur.

Il se dirigea ensuite vers la porte d'entrée pour récupérer le courrier et revint dans la cuisine en consultant les différentes enveloppes.

'MAMAN !'

'C'est super, mon chéri !' dit-elle en regardant à travers les yeux de son fils. 'Maintenant direction le Chemin de Traverse !'

Harry s'appuya contre le mur et commença à ouvrir son enveloppe quand la grosse main de Dudley s'en empara violemment.

« Regarde Papa ! Harry a reçu une lettre ! »

« Eh ! » s'indigna ce dernier bien que pas le moins du monde surpris, il l'avait vu. Mais pour le principe … « C'est à moi ! »

« A toi ? » rit l'Oncle Vernon. « Mais qui pourrait bien t'écrire, voyons ? »

L'homme regarda l'enveloppe à moitié décachetée. Son visage blêmit légèrement alors qu'il la fixait. Il échangea un regard avec son épouse avant de fixer son neveu.

« Tous les deux, dehors, » dit-il d'un ton froid.

« Et mon rêve se concrétise, » sourit Harry. « C'est ma lettre de Poudlard. Faites pas cette tête, » ajouta-t-il en levant les yeux au ciel. « Je suis au courant de tout cela depuis que j'ai environ six ans. »

« Qui t'en a parlé, garçon ?! » fit Vernon un peu furieux, mais surtout surpris.

« Pas sûr que vous vouliez l'entendre. »

« Parle, Potter ! »

Harry retint une grimace au nom de Potter. Un peu de respect pour cet homme qui s'était sacrifié pour lui malgré tout, même s'il était dans son cœur un Snape.

« C'est maman qui me l'a dit ! » répondit-il.

« Ta mère est morte ! » siffla Pétunia.

« En me protégeant contre un méchant mage noir du nom de Voldemort et non dans un accident de voiture comme vous vouliez tous les deux me faire croire ! »

Harry se dressa de toute sa hauteur – c'est-à-dire pas grand-chose tellement il était petit - et fit face à son oncle et à sa tante.

« Preuve de ce que j'avance. Ma mère s'appelle Lily Claire Evans, mariée d'abord à Severus Snape, puis à James Potter. Elle est née le 30 janvier en 1960. Elle a rencontré Severus Snape sous un saule pleureur dans le parc à côté de chez elle, elle avait dix ans et tu étais présente, la traitant de monstre. Quand elle a été à Poudlard, elle a été répartie à Gryffondor et lui à Serpentard. Je continue ou cela suffira ? »

Pétunia s'était assise sur sa chaise sous la surprise. Comment son neveu pouvait-il savoir tout cela ? Vernon restait immobile. Sans voix.

« Oh ! Tante Pétunia. Maman est vraiment pas contente sur toi ! Depuis le premier jour en fait. Elle regrette juste qu'elle est coincée dans ma tête car elle ne peut pas te donner la correction que tu mérites… Ses mots, pas les miens. Vous vous arrangez entre sœurs ! »

'Bien dit, Harry !'

« Sinon voilà ce qui va se passer ensuite si on ne répond pas à cette lettre. D'autres arriveront. Dans trois jours, il y en aura une dizaine devant la porte avec des chouettes sur ta voiture, Oncle Vernon. Dimanche, la cheminée va en recracher des centaines. Tu vas nous emmener en périple à travers l'Angleterre et tout le Royaume-Uni à la recherche d'un endroit où ces lettres ne pourront pas me trouver. Et au final pourquoi ? Etre dans une vieille maison en plein milieu de la mer, sans électricité, sans chauffage avec seulement quelques paquets de chips pour manger. Et les lettres finiront quand même par arriver ainsi qu'un demi-géant du nom d'Hagrid ! »

Le visage de ses relatifs moldus se fit de plus en plus étonné. Harry ne voyait même plus les sourcils de sa Tante tellement ils étaient relevés et cachés sous sa frange. Il appréciait le spectacle mais n'en fit rien paraître.

« Pour éviter de tels désagréments, autant que vous me donniez tout de suite cette lettre, j'y réponds, je vais faire mes courses, je vais à King's Cross le 1er Septembre et vous ne me voyez pas avant le 30 juin. Vous ne me supportez plus pendant dix mois complets. Ce ne serait pas un soulagement pour vous ? Une vie totalement normale sans un monstre, un sorcier dans la maison ? »

« T'es pas un sorcier, Potter, » ricana Dudley.

« Vraiment, Dudley ? » fit Harry en levant un sourcil, qu'il espérait snapien. « Alors comment expliques-tu le fait que tous les objets que tu as cassés dans le seul but de me faire punir se sont retrouvés intacts quand tu revenais avec l'un de tes parents ? Hmm ? Je n'allais quand même pas me laisser faire juste pour ton bon plaisir ! La Chasse au Harry me suffit amplement ! »

« Tu as osé user de ta chose dans cette maison ! » hurla son oncle.

« Si je ne l'avais pas fait, tu aurais dû racheter cette bibliothèque trois fois, réparer le robinet une fois, remplacer la tondeuse, jeter les oreillers imbibés de je ne sais plus quelle substance, remplacer la télévision cinq fois, il y a aussi le frigo, le micro-onde, le téléphone, et je ne sais plus encore quoi d'autre tellement Dudley voulait que je me fasse punir ! Tu aurais préféré que je les laisse cassés ? Oh cela aurait été parfait pour ton précieux portefeuille, Oncle Vernon ! Juste magnifique ! Vous seriez beaucoup moins partis en vacances ! Pas que cela aurait beaucoup changé pour moi, je viens jamais avec vous ! J'aurais juste été puni, une bonne correction et jeté dans mon placard ! Excuse-moi d'avoir pensé à ton foutu portefeuille, Monsieur je me plains que lui coûte la peau des fesses ! »

Harry inspira profondément pour se calmer sous les conseils de sa mère tandis que son oncle était devenu blanc à mesure d'entendre l'étendue des dégâts. Il n'était pas vraiment convaincu mais il savait que son fils était souvent venu les voir, lui ou sa femme, pour dire qu'Harry avait fait une grosse bêtise et que finalement il n'y avait rien du tout.

« Maintenant, donnez-moi ma lettre et je vous épargne un enfer sans nom. Car c'est dans un enfer que l'on va finir si on ne répond pas. Le professeur McGonagall ne va pas lâcher l'affaire. D'après maman, ce n'est vraiment pas son genre. »

'Oh que non ! C'est une Gryffondor !'

« Rends-la-lui, Vernon, » fit Pétunia en soupirant. « Moins nous aurons affaire à ces gens, mieux ce sera ! »

'Oh ! Tuney aurait-elle récupérer quelques neurones ?'

'Je ne me risquerai pas à lui demander. Je suis déjà chanceux de ne pas être puni pour mon éclat et d'avoir évité le périple !'

'Tu es sans conteste le digne fils d'une Gryffondor et d'un Serpentard, Harry !' rit Lily. 'Tu as eu le courage de les affronter et tu as eu les mots justes pour les faire plier !'

'Merci maman.'

Harry récupéra sa lettre et l'ouvrit. Il mit de côté la lettre de la directrice adjointe et professeure de métamorphoses, Minerva McGonagall et s'attarda sur la liste de fournitures.

« Je te préviens, gamin. Il est hors de question que je paie quoi que ce soit pour ton école de dégénérés ! » fit Vernon d'une voix autoritaire.

« Mes études sont payées depuis ma naissance, » répondit le garçon en sortant une feuille de papier et un bic de son sac dans son placard. Il allait directement répondre en demandant un accompagnateur pour ses courses. « Et je vais sûrement avoir droit à une bourse pour acheter mes affaires vu que je suis un orphelin. »

'Tu sais que j'ai laissé de l'argent pour toi dans ma voûte ?'

'Et le dire tout haut ? Pas question ! Oncle Vernon est tellement avare et cupide qu'il serait capable de le réclamer puisqu'il « m'élève » ! Mentir un peu ne fera de mal à personne …'

'Pas bête.'

Il se leva et se dirigea vers la porte.

« Je vais poster ma lettre. J'ai demandé à ce que quelqu'un m'accompagne pour faire mes courses comme ça vous ne les ferez pas avec moi. »

Harry sortit et alla chez Miss Figgs dont il savait par sa mère qu'elle était une Cracmolle. Il toqua à la porte et fit à la dame son plus beau sourire quand elle lui ouvrit.

« Bonjour Miss Figg. »

« Bonjour Harry. Que puis-je pour toi ? »

« Est-ce que vous pourriez m'aider à poster ma lettre. Mon oncle et ma tante ne voudront pas. »

« Bien sûr, tu veux entrer un moment ? »

« Je veux bien. »

Il resta quelques heures auprès de la vieille dame à s'occuper de ses chats et de lui rendre quelques menus services avant de repartir. Pas une fois il ne parla de magie avec elle. Il ne voulait pas risquer de la blesser avec son enthousiasme d'aller à Poudlard alors qu'elle, venant du monde magique, ne pouvait même pas en faire.

Quand Harry fut parti, Miss Figg s'attarda sur la lettre et vit l'adresse de Poudlard. Elle soupira dans un faible sourire en montant à l'étage pour faire porter la lettre par hibou à l'école de sorcellerie.

Harry reçut deux jours plus tard une réponse lui demandant d'attendre un certain Rubeus Hagrid à l'arrêt de bus de son quartier le lundi suivant.

'Tu vas voir, Harry. Hagrid est super gentil. C'est un Poufsouffle.'

'J'ai hâte de le rencontrer, plus encore. J'ai hâte d'être à Poudlard, de suivre les cours et surtout de ne plus avoir les Dursley sur le dos !'

'Oui moi aussi. Bizarrement, avec toute cette normalité durant toutes ces années, j'ai envie de magie. Cela me manque de ne pas en voir H24 ou de ne pas faire de potions.'

'On fera tout ensemble,' fit Harry en entrant dans son esprit pour embrasser et serrer sa mère dans ses bras.

'Oui, Harry. Ensemble.'