Chapitre 5 : Le Chemin de Traverse et la Prophétie

Harry se leva tôt, c'était lundi et Hagrid allait venir le chercher. Il avait hâte de rencontrer l'homme. Enfin, homme … Demi-géant, plutôt. Il s'occupa rapidement de ses corvées du matin avant de sortir pour se rendre à l'arrêt de bus.

Il attendait en discutant avec sa mère, littéralement perdu dans ses pensées, dans la discussion. Il sursauta quand une voix bourrue et grave se fit entendre tout près de lui.

« Salut, c'est toi, Harry ? »

« Oui, bonjour, » sourit Harry, rassuré qu'il ne s'agisse que du demi-géant.

« Je m'appelle Rubeus Hagrid. »

Harry lui serra la main. Elle semblait si minuscule dans les mains du géant, aussi grandes que des couvercles de poubelle.

« Prêt à faire tes courses pour Poudlard ? »

« Oui, monsieur. »

« Appelle-moi Hagrid, tout le monde m'appelle Hagrid, » sourit le géant. « Tu as ta liste ? » Harry la sortit en souriant. « Bien alors, allons-y. »

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En arrivant dans le Chaudron Baveur, Harry fut surpris de voir tous ces sorciers le regarder comme une bête curieuse, venir lui serrer la main avec énergie, …

'C'était quoi ça ?'

'Je ne sais pas, mon chéri. Demande à Hagrid.'

« Qu'est-ce qui s'est passé Hagrid ? » demanda-t-il alors. « Tous ces gens, je ne les connais même pas ! »

« Parce que tu es célèbre. »

« Et pourquoi je suis célèbre ? »

« Je me demande si je suis le mieux placer pour répondre à ta question … » Hagrid sortit son parapluie et tapa sur plusieurs briques. « Bienvenue sur le Chemin de Traverse. »

Harry vit enfin la rue sorcière de ses propres yeux et non au travers d'un souvenir. Il regarda partout, à travers toutes les fenêtres de boutiques, tout en suivant Hagrid qui le menait à Gringott's. Pendant ce temps-là, Lily réfléchissait aux propos du demi-géant.

En arrivant devant la banque des sorciers, Harry admira les marches de marbre blanc menant à des portes de bronze. Un gobelin vêtu d'un costume écarlate en gardait l'entrée. Quand le jeune garçon entra dans le hall d'entrée de la banque, il fit face à des portes d'argent dans lesquelles une mise en garde avait été gravée.

Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.

Hagrid le mena à un guichet où une série de gobelins travaillaient.

« Mr Harry Potter voudrait retirer un peu d'argent. »

« Ah ! » fit le gobelin en posant sa plume et en se redressant. « Est-ce que Mr Potter a sa clef ? »

« Oh ! Un petit instant ! » fit Hagrid en farfouillant et vidant ses poches sur le comptoir. « Je l'ai quelque part. »

Le gobelin se rassit en jetant un regard noir au géant qui salissait ainsi son plan de travail.

'J'espère qu'il va vite trouver la clef dans ses poches parce qu'il va finir par se faire tuer…,' fit la voix inquiète de Lily.

'Comment il fait pour avoir autant de trucs dans ses poches ?' demanda Harry en voyant sachets de nourriture séchées, niffleur, mornilles, noises, bouteilles et flacons en tous genres, un hibou, … être déposés sur le comptoir.

'Magie. Sûrement un sortilège de poche sans-fond. Je te conseille de l'apprendre rapidement. C'est très pratique.'

'Noté.'

« Ah ! Voilà la petite coquine, » fit Hagrid en montrant la petite clef en or. « Et le professeur Dumbledore vous remet également ceci. Il souhaiterait que je récupère vous-savez-quoi dans le coffre vous-savez-lequel. »

« Très bien, » fit le gobelin en récupérant la clef et une enveloppe que lui tendait le géant.

'J'aime bien Hagrid mais il a toujours été nul pour ce qui est de la discrétion …,' soupira Lily.

'En même temps, c'est un demi-géant. Difficile de passer inaperçu … »

Lily rit dans la tête d'Harry alors que ce dernier et Hagrid suivaient le gobelin en direction des wagonnets pour descendre dans les profondeurs de la banque. Ils passèrent d'abord par la voûte que lui avaient laissée sa mère et James Potter. Hagrid tendit à Harry une bourse pour prendre une bonne poignée de galions pour les courses.

'Je te conseille d'en prendre un peu plus, mon chéri,' fit sa mère. 'Pour le train et aussi au cas où tu aurais besoin d'acheter quelque chose en urgence une fois à Poudlard.'

Harry le fit donc avant de quitter le coffre. Le chemin vers le coffre suivant fut bien plus long. Harry jura avoir vu des flammes au loin, ainsi qu'avoir entendu le grondement d'un dragon. Une fois devant le coffre 713, le gobelin fit glisser un de ses doigts fins dans une rainure de la porte et toute une série de mécanismes de verrouillage se firent entendre. La porte s'ouvrit sur un coffre pratiquement vide. Au centre se trouvait un petit objet emballé dans du papier kraft – ou quelque chose qui y ressemblait.

'Je me demande ce que c'est,' fit Lily.

Harry répéta la question à hagrid.

« Je ne peux pas te le dire, Harry. Cela concerne Dumbledore. C'est top secret. Il faudra n'en parler à personne. »

'Ah. Nous voilà vraiment éclairés,' répliqua Lily, sarcastique, en s'enfonçant dans son canapé en soupirant.

'Tu es trop curieuse,' rit Harry.

'Ose dire que tu ne l'es pas !'

'Ben un peu. Mais il y a tellement de choses à voir, que je ne suis pas à une près…'

Hagrid et Harry remontèrent et sortirent de Gringott's pour rejoindre le Chemin de Traverse. Ils passèrent rapidement chez Fleury et Bott pour acheter tous ses livres et quelques-uns en plus pour sa culture générale sorcière que sa mère ne pouvait malheureusement pas combler par manque d'intérêt dans sa propre vie ou parce que c'était trop récent pour qu'elle soit elle-même au courant. Ils passèrent ensuite rapidement chez l'apothicaire et chez Mme Guipure.

Chez cette dernière, Harry rencontra un garçon arrogant et imbu de sa personne que Lily identifia tout de suite comme étant un membre de la famille Malfoy. 'Surement un futur Serpentard comme tous les Malfoy.' Harry le détesta tout de suite. Ils firent quelques autres magasins avant qu'Hagrid l'envoie chez Ollivander's prétextant avoir une petite course à faire rapidement.

Harry rentra donc dans la boutique du fabricant de baguettes. Le vieil homme aux mains noueuses prit ses mesures et lui fit essayer un bon nombre de baguettes. Tellement qu'Harry en avait perdu le compte.

'Il semblerait que tu sois un grand sorcier, mon chéri. Il est rare de donner autant de fil à retordre à ce vieil Ollivander.'

'La manière dont tu l'as dit me rassure pas, bizarrement …'

'Je pense juste à quelque chose …'

'A quoi ?'

'Attendons qu'il te trouve ta baguette et après on verra.'

Harry soupira en brisant un énième vase dans la boutique. Pas encore cette baguette. Ollivander était tout excité et farfouillait le moindre recoin de son magasin à la recherche de LA baguette qui lui conviendrait. Il prit finalement une boîte poussiéreuse dans le fond.

« Je me demande si … » murmura-t-il.

Il revint à l'avant et tendit la baguette à Harry. Quand ce dernier la prit, il ressentit une intense et douce chaleur le parcourir tandis que des étincelles rouges et vertes s'échappait du bout de bois.

« Etrange. Vraiment très étrange,' fit le vieil homme.

« Excusez-moi, Mr Ollivander, mais … Qu'est-ce qui est étrange ? »

« Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendu, Mr Potter. Il est étrange que ce soit celle-ci qui vous est convenu quand on sait que sa sœur vous a fait cette cicatrice. »

'Et merde,' soupira Lily.

'A quel point est-ce problématique pour qu'une telle révélation, que je ne comprends pas d'ailleurs, te fasse jurer de la sorte ?'

'C'est la baguette jumelle de celle de Voldemort. Du moins c'est ce que Ollivander sous-entend.'

'Ah. C'est grave ?'

'Ben tu es un grand sorcier destiné à faire de grandes choses. Un peu comme ce taré. Il a fait de grandes choses, terribles, mais stupéfiantes.'

'On pourrait presque dire que vous vous êtes mis de concert tous les deux,' sourit intérieurement Harry. 'Ollivander et toi venez de dire exactement la même chose !'

'Rappelle-moi de te parler de la prophétie ce soir, Harry. Profite de ta journée encore.'

'Okay,' fit Harry en payant. 'Oh ! Regarde ! Hagrid est de retour !'

En effet, le demi-géant était de retour et tenait une cape avec une magnifique chouette blanche à l'intérieur.

« Voici ton cadeau d'anniversaire un peu à l'avance, » dit-il en souriant.

« Merci, Hagrid. »

'Elle est vraiment belle. Comment vas-tu l'appeler ?'

'Aucune idée. Je vais y réfléchir.'

Hagrid raccompagna ensuite Harry au 4, Privet Drive et lui tendit son billet pour le train avant de lui souhaiter une bonne fin de vacances. Le jeune garçon retourna dans son placard avec ses affaires et s'occupa avec ses nouvelles lectures jusqu'à ce que sa tante l'appelle pour préparer le souper. Quand il retourna dans son placard, naturellement sans nourriture – ce n'était pas parce qu'il avait dit que sa mère était dans sa tête et qu'elle était furax que cela allait changer quoi que ce soit … malheureusement – il entra dans son esprit et s'installa dans le canapé au coin du feu, à côté de sa mère qui avait le regard plongé dans les flammes.

'Maman ?'

'Hmm. Oui, Harry ?' fit-elle en sortant de ses propres pensées.

'C'est quoi cette histoire de prophétie ?'

'Il y a une dizaine d'années, une voyante a fait une prophétie au sujet d'un enfant à naître capable de vaincre Voldemort. Ce dégénéré en a entendu parler et a cherché à le retrouver.'

'Que dit cette prophétie ?'

'Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois...'

'Ah. Le septième mois, c'est juillet non ?'

'Oui. Deux garçons étaient désignés pour correspondre à la prophétie : toi et le jeune Neville Londubat.'

'Et Voldemort m'a choisi,' comprit Harry. 'Je suis désolé.'

'De quoi, mon chéri ?' fit Lily en fronçant les sourcils.

'Que James et toi soyez morts à cause de moi.'

'Ce n'est pas ta faute, Harry. Ne pense pas ça. Le responsable, c'est ce fou furieux avide de pouvoir. Nous avons fait ce que tout parent ferait, toute personne adulte sensée ferait : défendre un enfant, un fils. Et je ne regrette pas du tout mon sacrifice. Et je suis sûre que si James était ici avec nous, il dirait la même chose. Alors ne culpabilise pas pour nous, s'il te plait.'

Lily avait pris son fils dans ses bras en disant cela. Harry avait laissé s'échapper quelques sanglots silencieux et s'était coulé dans l'étreinte de sa mère. C'est ainsi qu'il s'endormit ce soir-là, en boule dans son placard physiquement, mais mentalement, il était allongé dans le canapé, une couverture rouge et or sur lui, la tête posée sur les genoux de sa mère qui lui caressait les cheveux avec amour et tendresse.