Chapitre 13 : Nicolas Flamel
C'était le jour de son anniversaire, Severus n'en avait pas vraiment quelque chose à faire. Il avait arrêté de le célébrer depuis longtemps. Depuis près de douze ans en fait. Depuis qu'elle était partie … Il se leva et passa rapidement dans son bureau. Il voulait faire sa commande chez l'apothicaire pour réapprovisionner son stock avant d'aller dans la Grande Salle. Il s'arrêta devant son plan de travail, figé par la vision d'une feuille de dessin et d'un petit gâteau avec une bougie.
Personne ne s'était jamais soucié de son anniversaire à Poudlard durant ces dernières années. Alors qui ? Il observa le dessin. Il n'était pas signé. Cela représentait quelques fleurs de lys. Des blanches et des noirs. Elles semblaient si réalistes. Celui ou celle qui avait fait cela était vraiment doué. Mais qui ?
Et le gâteau. Son préféré : un délice au chocolat avec de la crème de noix de coco et quelques petites fraises en garniture. Il n'en avait plus mangé depuis si longtemps. Qui aurait pu savoir que c'était son dessert favori ? Les personnes qui le savaient étaient toutes mortes. Alors qui ?
Il savoura son gâteau d'anniversaire dans la quiétude de son bureau et rangea précieusement le dessin dans un de ses tiroirs. Il éluciderait ce mystère et remercierait la personne pour cette délicate attention plus tard. Si toutefois il la trouvait.
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Harry mangeait pensivement son repas comme à son habitude en bout de table. Il avait encore fait ce rêve étrange. Des flammes autour de lui et il affrontait Voldemort. Un grand Miroir à côté de lui les reflétait et il tenait une pierre rouge dans sa main. Si au premier rêve, Lily avait reconnu le mage noir, pour le second, le jeune Serpentard avait identifié le Miroir du Riséd. Mais cette pierre qu'est-ce que c'était ?
Il fut interrompu dans ses réflexions par l'arrivée d'une petite brune rouge et or qui arborait un grand sourire.
« Bonjour Harry ! »
« Bonjour Hermione ! » sourit-il. « Comment vas-tu ? »
« Bien et t… »
« Dégage d'ici, Granger ! » cracha Malfoy. « Ici, c'est chez les Serpentards. On n'accepte pas les Sang-de-Bourbes ! »
Harry serra les poings et s'apprêtait à crier sur le blond quand il vit une drôle de lueur dans les yeux de son amie.
'Qu'est-ce qu'elle a en tête ?'
'Je ne sais pas mais ça sent l'acte gryffondor…'
'Tu es sûre ?' demanda Harry.
'Ou peut-être serpentard … Ce ne serait pas étonnant, vous traînez toujours ensemble.'
« Tu as tout à fait raison, Malfoy, » répliqua Hermione en souriant de nouveau, bien que c'était un sourire pincé face à l'insulte. Elle se déplaça sur le coté de la table, là où il n'y avait pas de banc où s'asseoir. « C'est la table des Serpentards. »
Elle attrapa la table sur à laquelle Harry s'était installée et la tira sur une bonne cinquantaine de centimètres, faisant sursauter Harry et exploser Lily de rire.
« Maintenant, Malfoy. Tu vois cette petite table, là ? Elle n'est plus raccrochée à ton nid de serpents. Elle est neutre. Maintenant dégage et fous-nous la paix ! »
Hermione s'installa devant Harry et se servit à manger. Le jeune Serpentard aux cheveux corbeau pouffa tandis que le blondinet partait d'un pas rageur.
« Faudrait que tu fasses ça plus souvent. Tu nous as bien fait rire ! »
« Elle aussi ? »
Harry hocha affirmativement de la tête.
Ils rirent de la situation et de la tête de Malfoy avant de reprendre leur repas, ou le commencer pour Hermione.
« Au fait, Harry, j'ai entendu une drôle d'histoire ce matin. »
« Ah ? »
« Oui, tu vois Ron Weasley ? » Le Serpentard acquiesça. « Il est sorti en douce cette nuit. Il ne s'est pas fait prendre mais il est revenu blanc comme un linge. Il dit avoir vu un chien à trois têtes. »
« Oh. Sans doute celui du troisième étage. »
« Le couloir interdit ? » s'étonna-t-elle.
« Oui. Le cerbère est énorme et il est pas commode. »
« Qu'est-ce qu'une créature pareille fait dans une école ? »
« J'ai pensé la même chose que toi, » pointa Harry en faisant un petit signe de sa fourchette. « Il garde quelque chose. »
« Quoi ? »
« On ne sait pas. Et j'avoue que je n'étais pas dans l'état d'esprit de chercher quand j'ai moi-même découvert le chien. »
« Et maintenant tu l'es ? » demanda Hermione, curieuse.
« Pas vraiment. Mais maman oui. »
« Elle a une idée ? »
'Non, pas vraiment …,' soupira Lily.
« Non, » répéta Harry.
« Et si on allait voir Hagrid cette après-midi. Cela lui fera plaisir. Et puis peut-être qu'il sait quelque chose sur ce chien… »
« D'accord. »
Les deux amis suivirent leurs cours respectifs, le cours de métamorphoses ensemble, l'un à coté de l'autre, et ils faisaient gagner tous deux des points à leur maison. Malheureusement, Harry, avec Malfoy pour toujours lui causer des ennuis, perdait chaque point qu'il gagnait. Au moins, il ne mettait pas sa maison dans le négatif …
Ils se dirigèrent ensuite, après les cours, vers la cabane d'Hagrid. Il faisait très froid en ce mois de janvier et le parc de Poudlard était recouvert d'un manteau blanc. La cabane du demi-géant se tenait à la lisière de la forêt interdite, juste à côté d'un petit potager et quelques enclos de créatures. Ils toquèrent à la porte en chêne.
« Bonjour les enfants, » fit la voix bourrue du garde-chasse
« Bonjour Hagrid, » gazouillèrent-ils joyeusement.
« Entrez. Entrez. »
Le demi-géant leur prépara du thé dans des tasses, qui faisaient plus l'office de bol de soupe pour les deux enfants, et des biscuits. Ils trempèrent ces derniers dans le liquide sombre et chaud pour les ramollir. Ils avaient déjà eu la surprise de l'extrême dureté des cookies d'Hagrid. Aussi solide que du roc. Ils ne voulaient pas se casser leurs petites couronnes sur la nourriture.
« Alors les enfants. Ca va les cours ? Pas trop dur de reprendre ? »
« Non, ça va, » répondit Hermione.
« J'avais personnellement hâte que les cours reprennent. Je me sentais un peu seul sans Hermione. »
'Merci pour moi,' se vexa faussement Lily dans sa tête alors qu'elle avait un sourire sur les lèvres.
'Tu vois ce que je veux dire, maman …,' soupira le fils.
'Bien sûr, Harry. Je te taquine.'
Les deux enfants discutèrent de sujets légers avec le demi-géant avant d'aborder le sujet épineux.
« Au fait, Hagrid. Savez-vous pourquoi il y a un énorme chien à trois têtes dans un couloir de Poudlard ? » demanda Hermione l'air de rien.
« Qui vous a parlé de Fluffy ? » demanda le géant en s'arrêtant dans son mouvement pour refaire du thé.
« Disons que j'ai eu la 'chance' de le croiser, » fit Harry en regardant ailleurs, une légère grimace sur le visage.
« Pourtant le troisième étage est interdit … »
« Hagrid, allez-vous me croire si je vous dis que quelqu'un m'a poussé volontairement dans ce couloir ? » demanda Harry, suppliant de ses yeux verts l'homme de le croire.
« Es-tu sûr que tu as été poussé et que tu n'as pas fouiné un peu ? » fit Hagrid avec un sourire. « Avec James Potter comme père, rien ne m'étonnerait. »
'Encore un qui pense que je suis comme James …'
Il soupira.
« Non, Hagrid. On m'a poussé. La porte est toujours verrouillée en temps normal. J'en suis presque certain. Juste avant de voir le chien, j'ai été propulsé contre le mur du couloir violemment avant de m'effondrer sur le sol. La porte s'était refermée et verrouillée avant que je ne me sois relevé. Donc oui, quelqu'un m'a poussé. Qui ? Je ne sais pas … »
« Pourquoi n'en as-tu pas parlé au professeur Snape ? » demanda le géant.
« Parce qu'il ne me croit jamais. » La voix d'Harry s'était faite beaucoup plus basse et triste alors qu'il baissait la tête. « Il croit toujours les autres, mais jamais moi. Pour lui, je ne suis qu'un menteur qui cherche les ennuis. »
« Je suis sûr que tu te fais des idées Harry. Le professeur Snape est peut-être un peu froid et aigri … »
'Peut-être un peu ?' fit Lily, ironique. 'Un peu beaucoup, oui !'
« … mais c'est quelqu'un de juste, bon et protecteur envers ses serpents. »
« Pas envers moi. Pour lui, comme pour tous les autres Serpentards, je n'ai pas ma place dans cette maison. »
« Balivernes. Cela passera avec le temps. Tu verras. »
Harry fit un petit sourire et rassembla ses cheveux mi-longs en une petite queue en bas de sa nuque.
« Sinon, Hagrid. Pourquoi Fluffy se trouve tout seul dans le château ? » demanda-t-il pour changer de sujet.
« Je l'ai prêté à Dumbledore, il en a besoin pour garder la … »
« Oui ? »
« Non ! C'est top secret ! C'est quelque chose qui regarde Dumbledore et Nicolas Flamel. »
Le géant se figea trois secondes avant de maugréer dans sa barbe qu'il n'aurait jamais dû dire cela.
« Oubliez ce que je viens de vous dire, les enfants. »
Harry et Hermione obtempérèrent pour le moment mais gardèrent l'information bien à l'esprit. Ils allaient faire des recherches plus tard. Ils discutèrent encore un moment avec Hagrid avant de retourner au château.
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Harry et Hermione passèrent beaucoup de temps à la bibliothèque, plus qu'à l'accoutumée, pour découvrir qui était Nicolas Flamel. Mais ils ne trouvèrent rien dans un premier temps. Le Serpentard parcourait une énième fois le rayon des sorciers et des découvertes du dix-neuvième et du vingtième siècle quand sa mère se manifesta.
'Attends, Harry. Va plutôt dans le rayon sur les différents vieilles familles de sorciers et les anciennes traditions.'
'Mais on cherche Nicolas Flamel…'
'Et la famille Flamel est une vieille famille française. Le nom de Nicolas Flamel me dit quelque chose. Je n'arrive juste plus à me rappeler quoi. Fais ce que je te dis, s'il te plait. Déjà savoir quand il a vécu nous aidera.'
Harry le fit donc et retourna à sa table auprès d'Hermione avec trois ouvrages traitant des familles sorcières françaises. La Gryffondor fronça légèrement les sourcils en voyant les titres et le Serpentard lui expliqua brièvement la demande de sa mère. La brune acquiesça et prit elle-même un des ouvrages pour l'aider.
« Harry, j'ai trouvé ! » dit-elle après environ deux heures. Il se pencha sur le livre de sa camarade. « Regarde. Nicolas Flamel est un alchimiste du quatorzième siècle. Tiens, on ne connaît pas la date de sa mort … »
'Mais bien sûr,' fit Lily en se tapant le front. 'C'est lui qui a créé la pierre philosophale !'
Le Serpentard attrapa la main de son amie pour lui faire comprendre que sa mère lui parlait.
'La quoi ?'
'Pierre philosophale. Une pierre qui transforme n'importe quel métal en or et qui permet de créer l'élixir de longue vie. Flamel doit toujours être en vie.'
Harry répéta l'information à Hermione. Ils restèrent songeurs tout en refermant et rangeant les ouvrages consultés pour ensuite sortir de la bibliothèque. Maintenant qu'ils avaient leur réponse et que tous leurs devoirs étaient terminés, ils n'avaient pas de raison d'y rester.
« Harry ? »
Ce dernier croisa le regard de la brune alors qu'ils approchaient de leur refuge.
« Tu crois que c'est la pierre philosophale que garde le chien ? »
« Ca me parait évident, » répondit-il alors qu'il ouvrait la porte.
« Pourquoi la cacher dans une école alors qu'il y a d'autres endroits nettement plus sécurisés, comme Gringott's par exemple ? »
Le Serpentard se figea.
« Harry ? »
« Hermione, Gringott's a été cambriolé en début d'année. Justement le coffre qu'Hagrid avait vidé quand il m'a emmené sur le chemin de Traverse ! » Il se frappa le front. « Bon sang ! Comment on a pu être aussi stupides. C'était tellement évident que c'était ça sous la trappe. »
« Donc quelqu'un veut voler la pierre, » fit Hermione en s'installant sur le banc devant le piano, dos au clavier, regardant son ami. « Qui ? »
« Aucune idée. Maman non plus. Mais il faut être taré pour essayer de voler quelque chose sous le nez et la barbe des gobelins. »
Harry se secoua et frappa dans ses mains.
« Bon, on s'est assez torturé l'esprit avec ça pour aujourd'hui. Si on fait quelque chose de plus amusant. »
La proposition fit sourire la brune alors que des étoiles apparaissaient dans ses yeux bruns. Ils s'installèrent l'un à côté de l'autre au piano et jouèrent, tantôt en alternance, tantôt ensemble, et chantèrent jusqu'au dîner.
