Chapitre 16 : Réveil à l'infirmerie

Harry était cotonneux. Il revint petit à petit à la conscience et ouvrit les yeux. Il les referma tout de suite, agressé par la lumière du jour. Il les rouvrit plus lentement cette fois et analysa son environnement. Sans surprise, il était à l'infirmerie.

'Bonjour, Harry.'

'B'jour, Maman.'

'Est-ce que ça va ? Cela fait deux jours que tu dors.'

'Deux jours ?'

'J'ai dû puiser dans ton noyau magique pour alimenter le bouclier. Tu t'es évanoui d'épuisement.'

'Okay …'

Il ne continua pas la discussion avec sa mère car Mme Pomfresh arrivait déjà avec Snape juste derrière elle. Il semblait en colère. Non furieux. Comme toujours dans ses éternelles robes noires, les bras croisés et le regard noir meurtrier. Harry soupira et se laissa examiner par l'infirmière. Il était encore en cas d'épuisement magique mais son noyau se restaurait peu à peu. Il devait juste éviter d'utiliser la magie pour le moment. Avec les vacances qui étaient toutes proches et son retour obligatoire chez les Dursley, il ne trouverait pas souvent l'occasion de faire de la magie de toute façon.

Mme Pomfresh le laissa entre les mains de son directeur de maison qu'il dut suivre jusqu'à son bureau.

« Asseyez-vous, » aboya-t-il.

Harry s'installa sur la chaise devant le bureau de son père, impassible.

« Mais à quoi pensiez-vous, Potter ?! » s'exclama Snape, furibond. « Je vous avais dit de vous mêler de vos affaires ! »

« Oui, tout à fait, et le professeur McGonagall nous a dit que la pierre était très bien protégée, » répliqua le jeune Serpentard. « Tellement bien protégée que deux enfants d'à peine douze ans ont pu passer tous les obstacles. J'ai été jusqu'à obtenir la pierre ! » Il se leva. « Si vous m'aviez écouté, on n'en serait pas là ! Je vous avais prévenu. Si je n'étais pas descendu, Voldemort serait déjà de retour ! »

« Ne prononcez pas son nom en ma présence ! » hurla Snape en serrant son poing gauche.

« Parce que cela vous fait mal ? Vous plaisantez, j'espère ?! Je n'ai pas à assumer vos erreurs ! »

'Harry !'

'Non, Maman ! J'en ai marre !'

« Je sais parfaitement que vous avez été pendant un temps de son côté ! Il s'en est vanté ! Mais je sais aussi que vous l'avez amèrement regretté ! Mais je n'ai pas à trinquer à cause de vous ! Déjà que vous êtes tellement aveugle que vous incapable de voir la vérité en face alors que d'autres le peuvent ! »

Il inspira et serra les poings. Il tenta de se calmer et de ne pas faire réagir sa magie au vu de son noyau affaibli.

« La prochaine fois que je vous avertis. La prochaine fois que je vous dis qu'il y a quelque chose de grave qui se passe, réagissez au lieu de me remballer. J'étais parfaitement conscient que je n'étais qu'un gamin avec de maigres compétences. J'ai été voir deux putains d'adultes, deux putains de professeurs ! Et les deux m'ont remballé ! J'ai envoyé ensuite un hibou à Dumbledore pour le prévenir au vu de l'incompétence de mes professeurs sourds comme des pots et je suis descendu pour retenir Voldemort le plus longtemps possible ! J'avais parfaitement conscience que cela allait être dangereux ! Je ne suis pas un con ! Et je ne suis certainement pas comme James Potter ou ses amis gryffondors à foncer tête baissée dans les ennuis juste parce que je veux être un héros ! Croyez-moi, ma célébrité, je m'en passerai bien, vu ce qu'elle m'a coûtée ! »

Il se rassit sur la chaise. Snape le regarda, glacial. Il avait voulu l'arrêter et le punir pour avoir osé évoquer son passé. Il savait ! Le gamin savait qu'il avait été un Mangemort et qu'il porterait cette marque sur sa peau jusqu'à la fin de ses jours. Mais il était vrai qu'il avait repoussé le gosse. Il était venu l'avertir du danger et il n'avait pas voulu le croire. Même Minerva ne l'avait pas cru et pourtant … Heureusement qu'il avait envoyé un hibou à Dumbledore ce gamin, sinon il serait encore dans cette salle, inconscient.

« Maintenant donnez-moi mes retenues, enlevez-moi mes points que je retourne dans ma chambre, » termina Harry.

« Pendant deux mois à partir de septembre prochain, » dit Snape. « Et cinquante points en moins pour Serpentard pour avoir désobéi. »

« Pas de problèmes, professeur. La prochaine fois, je vous préviendrais s'il tente de revenir. Mais comme les adultes m'ont prouvé tant de fois déjà que je n'étais qu'un 'menteur qui attirait l'attention sur sa personne', je ne ferais absolument rien et je le laisserai revenir. Car aucun doute qu'il reviendra encore pour nous pourrir la vie. Je vous laisserai avec votre Maître, professeur. Et vous savez quoi, il nous tuera tous les deux ! » Harry se leva, plus en colère contre son père que jamais. « Au revoir professeur, et je vous souhaite des vacances aussi belles que les miennes ! »

'HARRY !' hurla Lily en colère. 'CELA SUFFIT ! TU DEPASSES LES BORNES !'

'ET TU PEUX HURLER AUTANT QUE TU VEUX, MAMAN, J'EN AI RIEN A FOUTRE ! ET PARCE QUE TU PRENDS SA DEFENSE ALORS QUE C'EST UN PARFAIT CONNARD, JE T'IGNORE DE TOUTE LA SOIREE !'

Harry sortit en trombe du bureau, retourna dans le domaine des Serpentards et fila dans sa chambre. Il frappa son oreiller sous le regard étonné de son camarade de chambrée. Théodore Nott était sur son lit à lire un livre.

« Eh Potter, est-ce que ça va ? » demanda-t-il en le posant.

« Si t'as pas envie de te ramasser un coup perdu, je te conseille de me laisser tranquille, Nott ! J'ai tellement de colère que je serais prêt à frapper n'importe quoi du moment que cela fasse mal. J'ai choisi pour le moment mon oreiller, mais cela pourrait être le premier qui décide de venir me faire chier ! »

Le ton glacial et menaçant ainsi que le regard meurtrier d'Harry convainquit le pauvre petit Serpentard à le laisser tranquille et il retourna à son livre non pas sans jeter des regards inquiets à son camarade d'ordinaire si calme malgré les coups bas de Malfoy. Mieux valait ne pas tenter le diable !

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Harry passa la barrière qui menait vers la partie moldue de King's Cross. Il avait passé sa journée dans le train à discuter avec Hermione et l'avertissant qu'il risquait fortement de ne pas pouvoir répondre à ses messages, son oncle et sa tante détestant la magie. Il lui donna toutefois l'adresse pour le courrier moldu, cela passerait peut-être mieux mais il ne lui garantissait rien. Elle avait accepté, comprenant l'avertissement lourd de sens. Il lui avait un peu raconté sa vie à Privet Drive, mais juste un peu. Il y avait des choses qu'il préférait garder sous silence, comme les coups de son oncle ou sa malnutrition.

Il avisa les alentours une fois de l'autre coté. Il voyait son oncle attendre, il semblait impatient. Harry embrassa Hermione et lui fit un câlin avant de le rejoindre. Le trajet en voiture fut calme. Il n'y avait que son oncle et lui. Quand ils arrivèrent à Privet Drive, Harry sortit sa lourde malle du coffre et la ramena à l'intérieur et la rangea dans son placard. Il avisa l'heure et, retournant à ses vieilles habitudes, il commença à faire le repas, demandant juste si les dosages avaient changés puisqu'il n'avait pas vu évoluer l'appétit de Dudley pendant presque un an.

Le repas fait, il attendit qu'ils aient fini et, oh surprise, eut droit à une demi assiette de ce qu'il avait préparé avant de faire la vaisselle. Au moins, ce n'était pas ce soir-là qu'il allait avoir faim, mais mieux valait-il ne pas crier victoire trop vite.

« Va dans ta chambre, » fit sèchement Tante Pétunia.

« Et le placard ? »

« Sois pas idiot, tu as tellement grandi que tu ne rentreras plus dedans. Allez file dans ta chambre, qu'on ne te revoit plus de la soirée ! »

Harry se dirigea vers le placard pour en sortir sa malle et l'amener dans la chambre, sûrement la seconde de Dudley.

« Non, non, non. Ta malle reste dans le placard. Tu ne feras plus jamais de ta chose dans cette maison ! » fit sévèrement Pétunia en lui tapant sur les doigts avec un rouleau de journal. « File. »

Harry monta rapidement et alla dans la chambre voir un peu son nouvel environnement. Plus grande que son placard, bien plus grande. Un espace équivalent à celui qu'il avait à Poudlard. Mais tout était dans un état lamentable. Les meubles étaient tous de seconde main où venait carrément des encombrements. Pieds cassés, chaise bancale, vieux matelas dont deux ressorts ressortaient. Enfin, c'était mieux que rien. Il avait vraiment vécu pire comme soirée dans cette maison. Il n'allait certainement pas se plaindre. C'était juste le souci de sa malle dans le placard sous l'escalier qui lui minait un peu le moral. Mais juste un peu. Heureusement qu'il avait déjà fait une partie de ses devoirs de vacances avec Hermione. Il trouverait peut-être de temps en temps l'occasion de se glisser pour embarquer l'un ou l'autre livre et faire les autres.