Chapitre 26 : Une discussion houleuse
« Miss Granger a quelque chose que nous n'avons pas. » Il plongea son regard onyx dans les yeux verts sombres de sa collègue. « La confiance de Potter. »
Ils discutèrent de sujets plus légers tandis que Severus gardait un œil sur sa table. Il vit son filleul et ses deux amis Crabbe et Goyle sortir avec des regards noirs pour Potter toujours attablé. Cela sentait promesse de représailles … Quand il vit le fils de sa nemesis d'enfance se lever et sortir, il vit qu'il tenait un tissu sombre et aux reflets brillants dans la main. La cape.
'Il a senti le danger, lui aussi,' soupira-t-il intérieurement.
Severus était à la fois fier de lui et peiné par cet instinct de préservation ancré dans un esprit aussi jeune. Il se leva alors pour le suivre. Au détour d'un couloir, il entendit des pas précipités et il se jeta un sortilège de désillusion et un sort de silence pour en avoir le cœur net. Il vit Drago, Crabbe et Goyle entrer dans les toilettes des hommes. Il les entendit clairement appeler après Potter en criant et ricanant.
« Je vais t'avoir, Potter, » disait Drago. « Tu vas me le payer ! J'ai deux semaines de retenues à cause de toi ! Je vais t'apprendre où est ta place ! A mes pieds ! Montre-toi ! »
Severus entendit une explosion et la porte des toilettes s'ouvrit à la volée. Un nuage de fumée rouge et opaque était à présent dans les toilettes, obstruant la vue de l'intérieur de la pièce. Il entendit également ses trois serpents agressifs tousser. Il crut voir lors d'une fraction de seconde, la fumée se déformer sur un espace vide qui ressemblait à s'y méprendre à un corps humain. Un pas rapide passant près de lui lui confirma sa théorie. Potter était sous sa cape et avait évité la confrontation de manière intelligente.
Le Maître des Potions se rendit à nouveau visible et audible et entra dans la salle d'eau.
« Qu'est-ce qui se passe ici ? » demanda-t-il en faisant claquer sa voix tout en agitant sa baguette pour faire disparaître toute la fumée.
« C'est Potter ! » fit Goyle en reprenant son souffle, toussant toujours un peu comme les deux autres.
« Potter, sortez de votre cachette ! » ordonna le professeur, tout en sachant très bien que le serpent n'était plus dans la pièce depuis longtemps. Au vu du manque de réponse, il lança un sort de détection. « Nous ne sommes que quatre dans cette pièce, » remarqua-t-il froidement.
Il croisa les bras sur son torse et observa tour à tour chacun des trois serpents devant lui. Il les vit blêmir légèrement.
« Alors qui a fait cela ? »
« Ce n'est pas nous, professeur, » répondit Drago avec assurance. « C'est Potter ! »
« En êtes-vous certain, Mr Malfoy ? Je ne vois aucune trace de lui ici, et je ne l'ai pas vu sortir. Il n'est tout de même pas devenu invisible ! »
« Il fait toujours cela pour s'enfuir ! » s'exclama alors Crabbe d'une voix forte avant de se prendre un coup de poing de Goyle.
« Je vous demande pardon, Mr Crabbe, » fit calmement Severus, trop calmement. « Je crains ne pas avoir bien compris. Etes-vous en train de me dire que Mr Potter fait cela pour s'enfuir ? Pourquoi s'enfuit-il ? »
« Parce qu'il est lâche et refuse le combat, » répondit Crabbe alors que Goyle essayait de l'empêcher de parler.
« Je vous remercie, Mr Crabbe, » fit le Maître des Potions avec un rictus mauvais. « Vous et Mr Goyle accompagnerez Mr Malfoy en retenue pour le reste des vacances également. Et vingt points en moins pour Serpentard pour chacun de vous. »
« Mais professeur ! » fit Drago, outré.
« Ne vous avisez surtout pas de contester, Mr Malfoy, ou je vous ajoute des heures de retenue supplémentaires. »
Il laissa les trois élèves et partit pour son bureau en espérant que Potter l'y attendait comme il le lui avait demandé. Mais il ne vit personne. Mais était-il vraiment absent ? Ou seulement invisible ? Il ne fit aucun commentaire et entra dans son bureau. Il le saurait bien assez vite. D'un geste nonchalant de la main, il réactiva le feu de sa cheminée et une douce chaleur se diffusa dans son bureau. Il s'installa derrière sa table et se replongea dans le livre qu'il avait commencé au matin. Il n'en lut que quelques lignes avant d'entendre deux petits coups discrets à sa porte.
« Entrez. » Severus leva les yeux de son livre pour croiser le regard du jeune homme qu'il voulait voir. « Mr Potter, » dit-il calmement. « Refermez la porte. »
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Harry marchait calmement dans le couloir pour éviter de faire trop de bruits. Il venait d'échapper à Malfoy et ses deux acolytes. Cela devenait une seconde nature pour lui. Il se dirigea lentement vers les cachots et s'installa contre le mur à quelques pas de la porte de son professeur de potions. Il ne savait pas ce qu'il lui voulait et il s'en fichait. Il espérait juste qu'il le laisse rapidement tranquille. Il voulait tester son nouveau violon et terminer sa composition à l'abri des regards.
Il vit finalement Snape arriver et entrer dans son bureau.
'Tu ne t'énerves pas comme hier, s'il te plaît, Harry,' demanda doucement Lily.
'Alors qu'il ne me cherche pas.'
'C'est ton père et ton professeur. Tu ne peux pas le traiter comme tu l'as fait. S'il te plaît, essaye.'
'Si jamais je sens que je m'énerve, je sors,' négocia-t-il alors.
Elle soupira mais accepta ce compromis. Pas qu'elle avait le choix de toute façon. Harry se leva et frappa à la porte.
« Entrez, » entendit-il. Il ouvrit la porte. « Mr Potter. Refermez la porte. »
Le jeune garçon s'exécuta en silence et attendit de plus amples instructions, fixant avec calme et patience son père, le visage dénué de toute émotion.
« Venez vous asseoir, » l'invita Snape en lui désignant le siège en face du bureau. « Il faut que je vous parle. »
Harry s'installa en silence et attendit que son professeur prenne la parole. Il le vit refermer son lourd ouvrage et le poser sur le côté et croiser ses mains sur la table. Les sombres onyx scrutaient le jeune Serpentard. Le silence commença à se faire oppressant et tendu et Snape décida de le briser.
« Mr Potter, » commença-t-il d'une voix neutre. « Je voudrais vous parler de différentes choses. Les autres professeurs et moi-même sommes inquiets par votre comportement. » Harry releva très légèrement un sourcil. « Je vous ai vu mettre votre malle dans votre poche ce matin, ce n'est pas un comportement normal pour un élève. Il est sensé dormir dans sa maison et s'y sentir en sécurité … »
Toutefois Harry ne répondit pas et garda le silence. Il savait d'avance que cela ne servirait à rien. Il n'avait plus confiance du tout. Les adultes étaient décevants, tous autant qu'ils étaient. Ils vous tendent la main pour mieux vous écraser après. Se battre contre cela, le faire remarquer, n'apportait que plus de problèmes.
« … vous n'avez pas à dormir autre part que dans votre dortoir. La règle numéro un, Mr Potter, quelle est-elle ? »
Harry garda le silence mais fusilla l'homme du regard. Ce dernier soupira.
« Nous sommes un. Les Serpentards sont la maison. L'avez-vous oublié ? »
Le jeune garçon se tendit mais essaya du mieux qu'il put de ne pas faire transparaître trop de sa colère dans sa voix.
« Facile de me rappeler une règle de la maison Serpentard, professeur. Vous êtes vous-même un Serpentard. Je suis supposé être un Serpentard. Pourtant jamais vous ne m'avez cru, que ce soit face à Malfoy ou face à Weasley. Je ne vois pas pourquoi je devrais respecter une règle que personne ne respecte quand il s'agit de moi. Le Choixpeau m'a peut-être réparti à Serpentard, mais je n'en suis pas un. Vous aviez raison. Je devrais être à Gryffondor. Malheureusement, maintenant, plus aucune maison ne m'acceptera. Après tout, selon les dernières rumeurs, je serais l'Héritier de Serpentard ! »
Harry ricana amer et croisa les bras sur sa poitrine. Severus Snape prit cette remarque comme une claque dans la figure. Le gamin avait raison. Et il en était pour une grande partie responsable. Il n'avait pas vu l'évidence plus tôt. Il aurait dû. Au lieu de cela, il s'était laissé aveugler par la haine qu'il éprouvait pour James Potter. Il soupira et se passa une main sur son visage fatigué.
« Mr Potter, détrompez-vous, » répliqua-t-il. « Vous êtes un Serpentard. Vous êtes rusé, intelligent et débrouillard. Vous arrivez à vous sortir de situations difficiles malgré votre jeune âge. Et vous cherchez par vous-même des moyens pour vous défendre au point d'apprendre des sorts qui ne sont pas enseignés avant la quatrième ou la cinquième année. Vous êtes un digne représentant de ma maison. »
L'enfant émit un bruit comme un ricanement étouffé et secoua la tête en regardant le mur.
« Potter, regardez-moi, je suis très sérieux ! Vous connaissez déjà le sort du bouclier ainsi que celui de stupéfixion. Vous préparez vos propres potions de soins, nutritives et anti-douleurs. Je vous ai vu il y a moins de vingt minutes éviter une confrontation avec messieurs Malfoy, Crabbe et Goyle et disparaître sans laisser la moindre trace de votre passage ! »
« Où voulez-vous en venir, professeur ? » demanda Harry qui ne releva pas qu'il a été repéré par son père dans les toilettes avec les trois autres imbéciles.
« Ce que je veux dire, c'est que vous êtes un Serpentard, cela se voit dans votre manière de vivre, de vous protéger, d'agir face aux différentes situations qui vous sont imposées. Vous devriez parler et nouer avec vos camarades. »
« Redescendez sur terre, professeur, » soupira l'enfant. « Nous ne sommes pas dans un monde idyllique mais dans la vie réelle. Malfoy a du pouvoir et de l'influence et m'a choisie pour cible. Vous pourrez faire tout ce que vous voulez, cela ne changera pas. Même si vous venez enfin d'ouvrir les yeux là-dessus. Il vous aura fallu un an et demi … Personne dans la maison Serpentard ne voudra se mettre Malfoy à dos. Tout le monde a peur de lui et de son pouvoir. »
« Vous voulez dire que les autres Serpentards ne font rien parce qu'ils ont peur de Malfoy ? » fit le Maître des Potions, faisant tomber son masque pour exprimer son étonnement.
« C'est exactement ce que je viens de dire. Même s'il n'a que douze ans, il est le futur Lord Malfoy. Tout le monde veut se faire bien voir à ses cotés. Et me mépriser, me frapper apportent des points, m'aider en fait perdre. Ceux qui ne veulent pas de problèmes mais qui ne sont pas spécialement d'accord avec lui ne font simplement rien et font comme s'ils ne voyaient rien. Et tous les points que vous me retirez ou les autres professeurs, ou alors quand je montre mes compétences, me faisant avoir des points, je me fais immanquablement tabasser parce que je suis Harry foutu Potter et que je fais de l'ombre au prince des Serpentards ! »
« Cela changera, » affirma le professeur. « Malfoy et ses complices vont être sévèrement punis. »
« Super, » soupira Harry en s'affalant sur sa chaise. « Vous venez de signer mon arrêt de mort ! Vous êtes vraiment d'une aide … précieuse, professeur Snape. Je ferais mieux de me trouver un coin tranquille et de disparaître pour le reste des vacances. »
Severus se redressa sur sa chaise. Cela n'allait pas du tout comme il voulait. L'enfant se refermait et le faisait se sentir encore plus coupable. Et il allait encore plus s'isoler.
« Non, Mr Potter. Vous allez rester dans votre salle commune auprès de Mr Flint, votre préfet en chef. »
Le jeune Serpentard se mit à ricaner amèrement.
« Flint, ah ah, Flint. Oui, mais bien sûr. » Il secoua la tête. « Vous êtes sourd en plus d'être aveugle ? »
'Harry !' fit Lily.
'Tais-toi.'
« Le préfet Flint est de mèche avec Malfoy. Il le couvre pour chacune de ses bêtises. Je resterais auprès de Mr Flint le jour où je voudrais me suicider ! »
Severus serra ses mains en des poings serrés au point que ses phalanges blanchirent. Ses serpents étaient tous responsables. Il allait avoir du boulot pour rectifier le tir et réintégrer son serpent au sein de sa maison. Il eut soudain une idée.
« Si même les préfets ont peur de Malfoy, pourquoi ne pas rester auprès d'un professeur ? Vous seriez à l'abri de ses manigances ou de celles d'autres élèves. »
« Et qui serait prêt à faire du babysitting ? Vous ? Le professeur McGonagall ? Le professeur Dumbledore peut-être ? Non, vous et vos collègues ne voyez en moi qu'un enfant qui ne cherche qu'à faire son intéressant. Un menteur qui se délecte de sa célébrité et qui doit être prêt à affronter Voldemort quand il reviendra à nouveau. »
Severus vit l'enfant exprimer sa haine et son manque de confiance dans ses simples paroles. Il comprit exactement où était le problème dans le manque de confiance. Potter lui en voulait ainsi qu'à McGonagall depuis l'année précédente pour ne l'avoir cru et refuser de voir les signes et les preuves qu'il présentait. Le punissant trop sévèrement sans même chercher plus loin et l'accusant directement alors qu'il n'était en rien responsable. Et à Dumbledore aussi mais il ne comprenait pas pourquoi ?
« Je comprends votre colère … »
« Colère, » murmura Harry en ricanant, sans faire attention que son professeur puisse l'entendre. « T'entends ça, il pense que je suis en colère. On a largement dépassé ce stade. »
Le Maître des Potions releva un sourcil, troublé par le comportement de son serpent. Il ne le regardait plus, ne fixant qu'un point quelque part sur son mur et murmurait. Il se souvint du commentaire de Minerva et demanda.
« Mr Potter, à qui parlez-vous ? »
Il le vit se figer et reporter lentement son regard sur lui.
« A mon alter-ego, professeur. »
« Votre alter-ego ? »
« Ma conscience, mon double démoniaque, appelez cela comme vous voulez. »
'Merci pour moi,' fit Lily de l'intérieur. 'Je me sens un peu vexée.'
'Tu me vois lui dire que je parle à son ex-femme ?'
'Oui, totalement.'
'Rêve.'
« Potter, j'essaie de comprendre et de vous aider, » s'exclama Severus dont la colère montait par l'insolence du garçon. « Alors évitez de vous moquer de moi. »
« M'aider, hein ? » fit Harry en se levant. « Vous arrivez trop tard, professeur. Soyez honnête avec vous-même, vous vous sentez juste coupable. Pourquoi Severus Snape voudrait aider le gamin Potter ? Hmm ? »
'Harry, je te l'interdis,' s'exclama Lily qui sentait la colère de son fils monter, à la limite d'exploser. 'Sors de son bureau.'
'La ferme. J'en ai tellement bavé que maintenant il va trinquer avec moi !'
« Pourquoi voudriez-vous aider le fils d'un homme qui vous a malmené toute votre scolarité ? L'homme qui a pris pour épouse Lily Evans alors que vous aviez des sentiments pour elle ? Non, vous ne voulez pas m'aider. Vous voulez vous aider vous-même parce que vous vous sentez coupable ! Coupable d'avoir fait le con, coupable d'avoir tout perdu à cause d'une seule connerie, coupable de sa mort, et dernièrement coupable d'avoir failli perdre un élève qui vous avait prévenu du danger imminent ! Mais vous savez, il y a tellement d'autres choses dont vous êtes coupables, tellement … »
Harry eut un rictus mauvais alors que sa magie crépitait. Severus se tendit et sortit sa baguette.
« Je vous conseille de vous taire, Potter ! » le menaça-t-il. « Vous ne savez rien du tout ! »
« Au contraire, je sais beaucoup plus de choses que vous ne le croyez, Severus Tobias Snape ! Mais ce n'est pas moi qui vais vous les dire. Je n'en ai plus envie. Cela fait longtemps que j'ai perdu l'envie de vous dire ce que je voulais vous avouer. Avant même d'arriver à Poudlard, j'avais un très grand respect pour Severus Snape. On m'avait dépeint une magnifique image de vous ! Et quand j'arrive à Poudlard, sur quoi je tombe ? Sur un enfoiré qui ne voit en moi que James Potter et espère recommencer sa querelle d'étudiant contre lui. Vous êtes très mal tombé, Mr Snape, je ne suis PAS James Potter ! Et je ne le serai jamais ! »
'HARRY, TU ARRETES TOUT DE SUITE ! C'EST UN ORDRE !' hurla Lily, en colère et inquiète pour son ex-mari.
« Et je ne suis pas Lily Evans non plus, » fit Harry en serrant les poings pour tenter de maintenir au mieux sa colère. « A ce qu'il parait, je ressemble à une autre personne. Mais il se trouve que cette personne est aussi aveugle qu'une chauve-souris ! Alors vous voulez un conseil, vous voulez m'aider ? Foutez-moi la paix et disparaissez de ma vie ! »
'HARRY SEVERUS SNAPE !'
Harry l'ignora et pivota pour sortir de la classe. Severus réagit tout de suite et la ferma d'un collaporta. Le jeune homme se retourna vivement.
« Ouvrez cette porte. »
« Non, Potter. Nous allons finir cette discussion, » répliqua durement le Maître des Potions.
« Alors nous irons très loin dans cette discussion, professeur, » ricana Harry après avoir essayé un Alohomora. « Je ne dirais plus un mot. Je veux un avocat. »
Le jeune homme alla s'installer en tailleur dans un coin de la pièce et ferma les yeux. Il veilla à remonter ses boucliers mentaux et se plongea dans son monde intérieur. Il arriva devant sa mère furibonde qui lui donna une claque.
'Comment as-tu pu attaquer ton père de la sorte ? Comment as-tu pu lui retourner tout cela ? L'idée est de te réconcilier avec lui, pas de faire pire et de t'en faire un ennemi !'
'C'est lui qui a ouvert les hostilités l'an dernier,' siffla Harry en s'écartant de sa mère. 'Tu le sais très bien. Et tu sais aussi qu'il ne fait pas cela parce qu'il veut m'aider mais seulement parce qu'il se sent coupable. Il en a rien à foutre de moi. Il ne pense qu'à lui ! Qu'il aille se faire doloriser !'
Il se créa un espace dans son esprit pour être à l'abri de la colère et du sermon de sa mère. Il ne pouvait pas sortir de la classe de Snape. Il allait donc s'isoler totalement mais d'une toute autre manière. Et qu'il essaie de rentrer dans son esprit. Il allait rire. Cette fois-ci, il allait riposter avec violence.
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Severus de son coté vit l'enfant s'asseoir dans un coin de son bureau et ne plus dire un mot. Il releva un sourcil, perplexe, face au comportement de Potter et il resta coi un moment en se rendant compte qu'il le plantait là pour méditer.
« Potter ! » s'exclama-t-il. « Cela suffit ! Relevez-vous et arrêtez de faire l'enfant ! »
Aucune réponse.
'Ah, c'est comme ça. Un petit tour dans ta tête pour te remettre les idées en place te ferait pas tort, gamin. Et là, tu ne pourras pas m'échapper !'
Il s'agenouilla devant le jeune homme et pointa sa baguette vers sa tête.
« Legilimens. »
Il arriva face à de puissantes barrières. Il les avait déjà plus d'une fois effleurées mais cette fois-ci, elles étaient différentes. Il en avait la chair de poule. Severus voyait devant lui un épais nuage dans lequel il ne voyait absolument rien. Généralement, ce nuage était blanc ou d'un gris très clair. Là, alors qu'il sentait la colère du garçon, le nuage était d'un rouge très sombre tirant vers le noir. Cela en était malaisant. Il tenta d'y faire une percée mais fut repoussé.
'Dehors !' ordonna Potter.
'Pas tant que vous ne m'aurez pas écouté !'
'Que les choses soient très claires, professeur Snape !' fit le jeune homme en colère. 'Ici, c'est chez moi. Mon esprit, mes règles. Soit vous partez de votre plein gré, soit je vous jette dehors ! A vous de choisir.'
'Vous ne pourrez rien faire contre moi, je suis un legilimens accompli. Ce ne sont pas vos maigres défenses qui vont m'empêcher d'entrer et de vous donner la correction que vous méritez !'
'Maigres défenses, hein ?' ricana l'enfant. 'Mais je vous en prie, professeur. Venez les écraser. Venez me donner la fessée ! Et toi, arrêtes de frapper à la porte ! Je ne suis pas sourd ! Je ne veux juste pas te parler ! Si ça te pose un problème, t'as qu'à dégager !'
'Potter ! A qui parlez-vous ?' demanda à nouveau Severus, intrigué.
'Je vous l'ai déjà dit, professeur, mon alter-ego. Maintenant, déguerpissez !'
'Non.'
'Vous l'aurez voulu.'
Severus ressentit une forte pression et sentit la magie de Potter foncer sur lui comme une vague déferlante. Il fut projeter violemment hors de son esprit. La magie du garçon le propulsa loin en arrière et il percuta son bureau de son dos, le brisant au passage sous la violence du choc. Le vieux Serpentard gémit de douleur alors qu'il se redressait péniblement. Il vit Potter toujours assis calmement en tailleur, les yeux fermés, toujours dans une méditation profonde.
L'homme en noir avait du mal à bouger. Il devait certainement avoir quelque chose de casser. Il se concentra et envoya un patronus à Poppy pour qu'elle vienne dans son bureau l'aider.
