J'ai finalement écrit le chapitre plus rapidement que prévu et avec toutes ces reviews qui me supplient de le publier, je ne peux que m'incliner et obéir. Mais maintenant, je me couche XD

Bonne lecture.

Memepotter952504


Chapitre 33 : Au bord de la mort

Harry courait pour garder le plus de distance possible entre lui et le basilic. Il dérapa sur le sol humide et fit une glissade sur quelques mètres. Il sentit plus qu'il ne vit le monstre juste au-dessus de lui.

'Maintenant, espérons que tout se passe comme prévu,' pria le serpentard alors que le basilic s'apprêtait à le tuer.

Un chant s'éleva dans les airs et des battements d'ailes se firent entendre. Harry sourit. Le phénix de Dumbledore était venu. L'oiseau de feu laissa tomber un morceau de tissu sur le sol juste devant le serpentard et fonça sur le basilic. L'enfant se redressa sur ses pieds et ramassa ce qu'il savait être le Choixpeau magique avant de partir dans une tuyauterie non loin. Il entendait derrière lui le basilic cracher et siffler de douleur tandis que Fumseck lui crevait les yeux.

'Maintenant qu'il ne voit plus, je n'ai plus à craindre son regard,' pensa Harry.

'Oui mais comment avoir l'épée dont tu as rêvée ?' fit Lily.

Harry tourna à une intersection. Une impasse. Il regarda derrière lui, le basilic était déjà là, sur ses traces. Se rassurant sur le fait que la créature se guidait seulement aux vibrations des sons et non plus à la vue, il ramassa au sol une pierre et la lança plus loin. Le basilic qui avait ouvert sa gueule pour mordre, la refermant lentement et s'éloigna.

'Je pense avoir ma petite idée, maman. Selon la légende, l'épée appartiendrait à Gryffondor. Et quel autre artefact de Poudlard appartenait à cet homme ?'

Harry repartit par le chemin qu'il avait emprunté pour rejoindre Weasley. Tom Jedusor était toujours là et attendait de savoir comment cela se finirait.

'Je ne sais pas, mon chéri,' répondit sa mère après un moment d'intense réflexion.

'Le Choixpeau Magique. Que Fumseck vient de m'apporter !'

'Tant que tu sais ce que tu fais…,' dit Lily, impuissante et inquiète pour la sécurité de son fils.

Le basilic sortit du bassin dans de grandes éclaboussures. Harry ne réfléchit pas plus loin et mit le Choixpeau sur sa tête et lui demanda son aide. Rien ne lui répondit mais le serpentard savait que le Choixpeau écoutait et lisait en même temps dans son esprit. Soudain, un objet lourd lui tomba sur la tête. Harry sourit en ôtant le couvre-chef et d'en sortir l'artefact qu'il attendait. L'épée de Gryffondor.

Le sourire de Tom Jedusor se fana à la vue de celui qui était apparu sur celui du gamin.

« Tue le garçon ! » siffla-t-il avec colère. « Il est devant toi ! Sens-le, sens son odeur ! Tue-le ! »

Harry se campa sur ses pieds, prêt à combattre. Le Basilic s'enroula sur lui-même pour se propulser vers l'avant, fonçant droit sur Harry la gueule grande ouverte et les crocs suintant de son venin mortel. Le jeune serpentard de son coté vit les énormes orbites sanglants de la créature et les crochets luisant prêts à le transpercer. Harry empoigna l'épée à deux mains et pointa le bout vers le haut. De toutes ses forces, il enfonça l'arme jusqu'à la garde sertie de rubis dans la gueule du monstre et lui transperça le palais.

Il sentit alors un flot de sang noir s'écouler sur sa manche tandis qu'une douleur fulgurante irradiait son bras. Un crochet s'était planté dans sa chair, juste en-dessous du coude, et le venin du basilic se répandait déjà dans ses veines. Alors que le serpent s'écartait, le crochet se cassa net et resta planté dans le bras d'Harry. Le basilic s'écroula sur le sol de la Chambre, sifflant de douleur et d'agonie avant de mourir.

Le jeune serpentard arracha le crochet de son bras avec un geste rageur. Il voyait déjà les petites taches noires qui obstruait sa vue peu à peu. Il fixait Tom qui avait un petit sourire satisfait.

« Tu es mort, Harry Potter, » dit-il en approchant. « Mort. Le venin du basilic s'écoule lentement dans tes veines. »

Harry s'avança et s'effondra juste à coté du corps de la fille Weasley, fusillant Voldemort du regard.

« Je vais m'asseoir et te regarder mourir, Harry Potter, » fit ce dernier en s'installant en tailleur à quelques mètres de lui. « Prends ton temps, je ne suis pas pressé. »

Son visage semblait heureux et il regardait le mourant avec un plaisir sadique. Il était adossé contre la statue de Salazar Serpentard et attendait. Mais il n'avait pas remarqué un détail. Harry s'était effondré là, à cet endroit précis, à dessein. Il serrait toujours fermement le crochet du basilic.

« Ainsi finit le célèbre Harry Potter, » dit la voix lointaine de Jedusor. « Seul … »

« Epargnez-moi vos longs discours de merde ! » cracha Harry. « Je ne suis ni Harry Potter, ni seul ! Mon nom est Harry Snape ! Et je ne vais pas crever seul ici ! »

« Non, c'est vrai, la petite Weasley te suivra très bientôt, » ricana l'héritier de Serpentard.

Harry fit un sourire énigmatique à son ennemi de toujours, il avait lentement déplacé sa main pour attraper le journal de Jedusor, dans les mains de la Gryffondor, sans alerter son propriétaire de ses intentions. Une fois qu'il l'eut en main, il rassembla les dernières forces qui lui restaient.

« C'est ce qu'on verra ! » s'exclama-t-il en plantant le crochet dans la couverture sombre du journal.

« Non ! Arrête ! » cria Jedusor en se redressant, le regard paniqué avant de pousser un hurlement perçant et terrifiant.

Un flot d'encre jaillit du livre et s'écoula partout autour. Jedusor se tordait de douleur tandis que son image se faisait transpercer par des rayons de lumières avant d'exploser en millions de particules. Il avait disparu. Weasley se redressa quelques instants plus tard, moins pâle qu'avant.

« Potter, » dit-elle. « Je … »

« Non, » articula Harry qui ne voulait pas perdre ses derniers instants à bavasser pour rien. « Ne dis rien. Sors d'ici et rejoins le professeur Snape, il est plus loin dans l'anti-chambre. »

« Et toi ? »

« Cela va aller, Weasley, » fit-il avec un faible sourire. « Rejoins Snape pour qu'il voit si tu vas bien. »

« D'accord, » fit-elle hésitante avant de partir. « Je te l'envoie directement après. Tu as besoin de soins toi aussi ! »

'Sans blague,' ricana-t-il intérieurement alors qu'une larme coulait le long de sa joue, invisible de la rousse. 'Mais rien ne peut contrer le venin du basilic. Je suis condamné. Nous sommes … condamnés.'

Il s'allongea sur le sol, voyant de moins en moins les choses devant lui.

'Je t'aime, maman,' dit-il.

'Moi aussi, je t'aime mon chéri,' murmura sa mère en l'enveloppant d'amour.

Quelques minutes passèrent, en silence, Harry se laissant aller vers l'inévitable mort qu'il l'attendait. Puis, quelque chose de sombre passa au-dessus de lui. Il ne pouvait pas discerner ce que c'était. Il sentit vaguement des bras, le redresser et une main prendre son pouls.

« Potter ! » fit une voix lointaine qu'il reconnut tout de suite.

« Papa… »

Harry perdit connaissance avant de pouvoir dire à son père qu'il était désolé.

oO°OoO°Oo

Severus venait à peine de se glisser à travers l'ouverture qu'il avait réussi à dégager à travers les pierres. Il maudissait Lockhart et sa lâcheté et il maudissait Potter pour être parti en avant.

« Professeur ! » entendit-il alors qu'il grognait en se relevant.

Il vit Miss Weasley courir vers lui.

« Vous allez bien, Miss Weasley ? » demanda-t-il.

« Moi, ça va, monsieur, » dit-elle avec un air soucieux sur le visage. « Mais pas Potter. Il est blessé, professeur. »

« Et le monstre ? »

« Il est mort. »

« Amenez-moi à Potter. »

La rousse le conduit au travers de deux couloirs avant qu'ils ne débouchent dans une grande salle. Il observa pendant deux secondes sa beauté, puis ses yeux s'arrêtèrent sur un corps couché au pied de la statue de, vraisemblablement, Serpentard, non loin du cadavre du basilic.

Severus se précipita vers Potter. Il le prit dans ses bras et posa deux doigts à son cou pour sentir son pouls. Il était très faible.

« Potter ! » dit-il en le secouant légèrement.

Il vit les yeux verts émeraudes se fixer sur lui, ils étaient emplis de douleur, de résignation et de tristesse. Il sentit la faible poigne de son serpent sur ses vêtements.

« Papa …, » l'entendit-il murmurer.

Le Maître des Potions se figea. Potter devait surement halluciner et devait croire qu'il était James Potter. Severus vit ensuite l'enfant fermer les yeux. Il sut qu'il avait perdu connaissance quand il sentit la petite main relâcher ses robes. Ses onyx tombèrent sur le crochet qui se trouvaient non loin et le sang qui s'écoulait du bras de Potter. Il observa la plaie et émit une plainte.

« Non … Merlin ! Non ! Potter ! »

Il serra contre lui le corps du fils de sa meilleure amie, impuissant. Il n'avait rien contre le venin du basilic. Il entendait le souffle de Potter ralentir peu à peu, se faisant plus difficile. Une larme coula le long de sa joue tandis qu'il implorait silencieusement le pardon de Lily pour avoir échoué.

« Professeur …, » fit Weasley en s'agenouillant. « Est-ce que vous pouvez le soigner ? »

Severus plongea son regard sombre dans les yeux marrons de la gryffondor. Avant qu'il ne puisse répondre, un oiseau au plumage flamboyant se posa devant eux. L'homme reconnut immédiatement, Fumseck, le phénix de Dumbledore. Il le vit pencher la tête et des larmes coulèrent de son œil pour tomber sur la plaie de Potter. Cette dernière se referma peu à peu et toute trace de son existence disparut pour ne laisser qu'une peau lisse et sans cicatrice.

Severus reprit alors le pouls de son serpent, il le sentit encore faible mais il ne semblait plus faiblir davantage. Il sortit immédiatement ses fioles de potions et transvasa dans le corps de l'enfant une potion de régénération sanguine et, pour être sûr, une autre contre la douleur. Mais il ne pouvait rien faire de plus qu'attendre. Il observa son visage pâle. Il semblait dormir. Mais il savait que c'était un sommeil bien plus profond que cela sans avoir l'avis de Poppy. La magie d'un sorcier le mettait instinctivement dans un coma magique quand le corps est gravement blessé. C'était dans un état d'inconscience totale qu'elle réagissait mieux pour sauver le corps. Le sorcier faisait cela par instinct de survie. Il était lui-même de nombreuses fois tombé dans le coma durant la guerre pour que sa magie le stabilise au mieux le temps qu'il reçoive des soins.

Mais la question était : Potter allait-il se réveiller ? Aurait-il la volonté de revenir ? Severus l'espérait. Il avait perdu Lily, il avait fait le con avec son fils en le prenant pour son père alors qu'il était plus comme elle. Harry Potter méritait de vivre. Plus que lui-même. Il serait prêt à changer sa place avec lui et faire honneur à la promesse qu'il avait faite à la femme qu'il aimait.

« Merci, Fumseck, » dit-il au phénix de Dumbledore. « Tu as fait du bon travail. »

L'oiseau chanta doucement. Severus se tourna vers la jeune Weasley.

« Son corps n'est plus en danger mais Potter a frôlé la mort. Toutefois, je ne sais pas s'il pourra se réveiller. » Il vit la gryffondor pâlir et une expression de culpabilité apparut sur son visage. « Mais s'il est comme ses parents, s'il est comme sa mère, il se relèvera. »

Il cala le corps de son serpent contre lui, sa tête contre son épaule et il se redressa avec sa charge dans les bras.

« Suivez-moi, » dit-il à Weasley. « Je vous ramène à l'infirmerie. »

La jeune fille le suivit en silence. Severus fit léviter un instant son serpent pour le faire passer à travers le trou dans les éboulis. Ils montèrent ensuite les escaliers pour retourner dans les toilettes de Mimi Geignarde. En sortant, il les scella pour qu'aucune autre personne n'y retourne avant Dumbledore et quelques aurors du ministère. Et Potter, s'il se réveillait … Ce dernier pourrait refermer la Chambre des Secrets. Il mena ensuite Weasley dans l'antre de Poppy.

La Gryffondor alla immédiatement chercher l'infirmière sans demander l'avis de son professeur de potions. Ce dernier posa en douceur Potter sur le lit le plus proche. Poppy le rejoignit et lança immédiatement un sort de diagnostic. Elle soupira et passa une main dans les cheveux noirs du jeune serpentard.

« Vous allez m'entendre tous les deux, » murmura-t-elle.

« Poppy ? » fit Severus en fronçant les sourcils.

« Il va s'en sortir, Severus. Il est juste dans un coma magique. »

« Mais on ne se réveille pas toujours du coma, » rétorqua-t-il, réaliste. « Et on ne peut pas dire que Mr Potter ait une motivation pour revenir ici. »

« Oh ! Crois-moi sur parole, Severus, » fit l'infirmière en s'écartant de l'enfant. « De toutes les personnes qu'ils m'ont été données de rencontrer, les deux qui sont ici sont les plus fortes que je connaisse. Harry se relèvera. »

« Les deux ? Tu sais qui est la Voix dans la tête de Potter ? »

« Oui. Il a eu suffisamment confiance en moi pour me divulguer l'identité de la Voix. »

« Qui est-ce ? »

« Bien que j'aimerais beaucoup te le dire, Severus, c'est à Harry de prendre la décision de l'avouer à d'autres personnes. Tu veux savoir qui est dans sa tête ? Gagne la confiance d'Harry. »

Severus resta un moment songeur en observant son serpent. Puis il se souvint d'un détail de la soirée.

« Poppy, Potter a dit quelque chose tout à l'heure. La Voix m'a demandé de faire quelque chose d'une manière assez osée et … Je ne sais pas … Est-ce que je la connais ? »

« J'ai promis à Harry et à la Voix de garder leurs secrets. Mais, par curiosité, qu'a-t-elle demandé ? »

« Elle m'a demandé d'arrêter de … taquiner l'autre bouffon en parlant de Lockhart et de bouger mon cul d'Apollon. »

Poppy rit doucement.

« Oui ! Cela ne m'étonne même pas d'elle. Demande à Harry quand il se réveillera, Severus. Mais ce ne sera pas de moi que tu auras la réponse. Je ne veux pas perdre sa confiance. »

Le serpentard accepta de rester sans réponse pour l'instant. La confiance du garçon était beaucoup plus importante que de simples réponses. Potter accordait tellement peu sa confiance aux autres. Il ne fallait surtout pas qu'il se sente trahi. Il attendrait d'avoir lui-même la confiance de son serpent avant de lui poser la question. Il sortit de l'infirmerie et se dirigea immédiatement vers le bureau du directeur.