Chapitre 38 : Poudlard Express
Quand Harry reçut sa lettre de Poudlard, pour s'assurer que l'enveloppe ou le hibou ne soit pas pister, le deux fugitifs prirent connaissance de ce dont le plus jeune aurait besoin et ils transplanèrent rapidement pour un autre endroit en laissant le parchemin derrière eux. Et juste à temps car Severus, Dumbledore et quelques aurors arrivèrent sur place l'instant qui suivit.
Sirius passa ensuite commande par hibou une fois qu'Hedwige les rejoignit. Il avait joint le numéro de son coffre à Gringott's, les Gobelins se chargeraient du reste. Il avait prévenu ces derniers. Le fugitif pouvait difficilement aller chercher des sous dans ses coffres sans se faire repérer par les sorciers et ainsi se faire arrêter. Mais il pouvait toujours faire ses achats de manière anonyme auprès des vendeurs. Le système sorcier était aberrant. Harry avait donc reçu cette année encore, bien que pour une tout autre raison, tout son matériel par livraison. Et c'était bien pratique.
Il lut ses nouveaux manuels, surtout potions, métamorphoses et DCFM, et s'entraîna pour les deux dernières matières. Il regrettait de ne pas avoir été au Chemin de Traverse. Il n'y était pas retourné depuis sa visite avec Hagrid. Il aurait bien aimé refaire un tour de la librairie. Mais il devrait se contenter de la bibliothèque de Poudlard.
Le jour de la rentrée, Sirius les fit transplaner aux abords de King's Cross. Harry avait pris contact par téléphone avec Hermione pour qu'elle l'attende devant la barrière.
« Je ne t'accompagne pas jusque la barrière, Harry, » fit l'animagus en restant dans l'ombre de la ruelle. « Mais je ne serais pas loin de Poudlard. Tiens, voilà ton autorisation pour Pré-au-Lard. »
« En espérant qu'ils l'acceptent. »
« Officiellement, je suis ton parrain, Harry. Je suis l'un de tes parents. Ils ne peuvent pas refuser une autorisation, même de ma part. »
Harry sourit et prit son parrain dans ses bras.
« Je te tiens au courant pour le rat, » dit-il en s'écartant. « Je trouverais un moyen pour l'attraper et te faire innocenter. »
« Fais d'abord attention à toi, » répliqua doucement Sirius. « Peter peut s'avérer être très dangereux. S'il a pu trahir James et tuer tous ces moldus, il pourra très certainement te tuer. »
« Sauf que quand je le piègerai, je m'arrangerai pour que mon père soit là. Qui de mieux qu'un mangemort pour attaquer et combattre un autre mangemort ? Surtout un aussi lâche que Pettigrow ? »
« Serpentard, » sourit Sirius. « J'ai hâte de voir ça ! Allez, file. »
Harry partit pour la gare ferroviaire en laissant son parrain derrière lui. Il avait passé les plus belles vacances de sa vie, même si c'était dans des conditions plus que déplorables. Au moins, il s'était amusé et avait pu être lui-même et avec quelqu'un qui l'appréciait pour qui il était. Il n'y avait pour le moment que deux personnes qui l'appréciaient ainsi : Hermione et Mme Pomfresh. Et il espérait bientôt pouvoir ajouter son père à la liste.
Il retrouva Hermione là où il lui avait demandé, juste devant la barrière, du coté sorcier. Elle lui sauta au cou et le serra contre lui.
« Ca va ? Tu n'as rien ? » demanda-t-elle, inquiète en l'inspectant sous toutes les coutures. « Ils ont dit dans les journaux que tu avais disparu. »
« T'inquiète. Je n'ai rien. Il ne faut pas croire tout ce que dit la Gazette du Sorcier. Je te raconterais à Poudlard quand nous serons loin des oreilles indiscrètes. C'est une assez longue histoire. » Quelque part au loin, un sifflet retentit, annonçant le départ du train. « Nous ferions mieux de nous dépêcher, » ajouta-t-il en s'emparant de la malle de son amie puisqu'elle tenant dans bras un chat roux au museau écrasé.
« Et ta malle ? Et Hedwige ? » fit Hermione.
« Hedwige est déjà partie pour Poudlard et ma malle est dans ma poche. »
« Oh. »
Ils montèrent dans le train et cherchèrent un compartiment vide où ils pourraient s'installer. Au bout d'une dizaine de minutes, alors que le train avait déjà démarré, ils durent se mettre à l'évidence que tous étaient pleins et ils décidèrent de rentrer dans un déjà occupé. Il y avait un homme endormi contre la fenêtre. Il était habillé de robes usées grises et semblait très fatigué.
'Oh. Oh,' fit Lily.
'Qu'y a-t-il, Maman ?' demanda Harry en rangeant la malle de son amie sur le repose bagage.
'Remus.'
'Lupin ? Le loup-garou ?'
'Oui. C'est lui. Il dort juste devant toi ! Ca risque de compliquer les choses avec Sirius tant qu'il n'est pas innocenté. Il peut le repérer grâce à son odorat. »
'Ah.' Il réfléchit un instant. 'Je pense plutôt que si nous arrivons à le convaincre ou à l'amener devant Pettigrow, on aura un allié de plus.'
'Espérons. Il a sale mine.'
'La pleine était il y a deux jours maman ….'
'Hmm… Tu as raison. Je n'y avais pas pensé.'
Les deux amis s'installèrent calmement et Harry observa le chat.
« Tu t'es fait un nouvel ami, à ce que je vois. »
« Oui. Pattenrond. Il a des gènes de fléreur. C'est mon familier. Il s'est imposé à moi à l'animalerie quand j'ai voulu m'acheter un animal de compagnie. Je n'ai même pas eu l'occasion de choisir. J'étais un peu sceptique au début mais finalement je suis contente. Il est très intelligent. » Elle regarda l'homme. « Tu crois qu'il dort. »
« Vu qui il est, je n'en doute pas, » répondit Harry. « Il doit être exténué. »
« Qui ? »
« Tu te souviens de la bande de James Potter ? Avec Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow ? »
« Euh … Oui ? » Son regard brun se porta sur les valises de l'homme. « Oh. Je vois. Hmm. Ce n'est pas risqué ? »
'S'il a pu étudier à Poudlard, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas enseigner,' commenta Lily.
Harry rapporta la remarque de sa mère.
« Elle marque un point. Tu veux faire quoi ? On ne peut pas faire trop de bruit. On risquerait de le réveiller. Tu crois que si on le réveille par accident, il va s'énerver ? »
« Hermione, » rit Harry. « De ce que je sais, c'est le plus sage des quatre. Ne te tracasse pas. Mais sinon, on peut faire quelque chose de calme. Je crois que je vais dessiner. Cela fait un moment que je n'en ai pas eu l'occasion. »
« Je vais lire le livre de Snape alors. J'aimerais revoir les premières potions. On est susceptible de l'avoir à la première heure demain. Je ne voudrais pas paraître ridicule parce que je ne sais pas une réponse. »
Le serpentard leva les yeux au ciel.
« Tu sais qu'il ne va jamais t'interroger ? » dit-il en riant doucement tout en sortant sa valise pour en sortir son carnet de croquis. « Moi, pour le cours de potions, tant que je suis avec ma partenaire favorite, je m'en fiche. J'ai toujours que des EE ou des O. »
« En même temps avec le père que tu te tapes, comment veux-tu être nul en potions ?! »
« Et ma mère aussi était douée en potions. Elle me donne beaucoup d'astuces ! »
« Elle était mariée à un Maître des Potions … »
Harry soupira et s'installa en face de la tablette pour être plus à l'aise avec son cahier sur la table. Et il commença à dessiner alors que son amie s'installait à côté de lui et ouvrait son livre de potions. Ce fut le calme pour les premières heures du trajet. Ils prirent tous les deux des patacitrouilles quand la vieille sorcière passa avec son chariot.
« Je vais finir par être jalouse de tes talents, Harry, » fit soudain Hermione qui regardait ce que son ami faisait.
Il venait de reproduire Patmol quand il dormait devant le feu. Il avait une petite idée de ce qu'il aimerait faire comme peinture prochainement, pour lui-même. Mais il voulait d'abord représenter certains sujets qui y apparaîtraient sous différents angles pour trouver le modèle parfait pour la composition parfaite.
« Quoi ? » dit-il en posant son crayon. « N'importe quoi, Hermione, » rit-il. « Cela fait des années que je dessine. Il m'a fallu beaucoup de temps avant d'arriver à un résultat passable. Cela demande juste de la patience et de la persévérance devant l'échec. Et comme je n'avais que ça à faire de mes temps libres dans mon placard … »
« Il est très bien fait, » dit la gryffondor en posant sa tête sur son épaule. « Tout ce que tu dessines en général est super. Tu sais faire des portraits ? »
« Oui. Pourquoi ? » demanda Harry avec les sourcils relevés.
« J'aimerais envoyer à mes parents quelque chose de moi à Poudlard mais pas quelque chose de sorcier comme une photo. Il ne pourrait pas la mettre dans leur salon. Alors un dessin … »
« Pourquoi pas. Je peux aisément faire un portrait de toi mais tu voudrais quoi comme décor derrière toi ? »
« Je ne sais pas. »
« Quand tu sauras, dis-moi et je te le ferais avec plaisir, Mione. »
Il replongea dans son carnet pour commencer un nouveau croquis. Cette fois-ci celui d'un loup gris. Il n'en avait encore jamais dessiné. Cela allait être un petit challenge pour lui pour avoir le loup parfait.
Les heures passèrent et ils se rapprochaient de plus en plus de Poudlard. Petit à petit, le ciel s'assombrit à mesure que le jour déclinait. Il ne faisait pas beau en ce premier septembre. Il plut tout du long du trajet. Soudain, le train s'arrêta brutalement. Harry grogna de frustration. Il venait de déraper et de défigurer son loup.
« Pourquoi on s'arrête ? » demanda Hermione en regardant sa montre. « On n'est pas arrivé. »
Les lumières s'éteignirent, les plongeant dans l'obscurité de la nuit tombante. Le serpentard eut un mauvais pressentiment, comme quelque chose de déjà vu, ou plutôt ressenti dans ce cas-ci, et sortit sa baguette. Sa peau se couvrit peu à peu de chair de poule alors que la température baissait.
« Mets-toi derrière moi, Hermione, » ordonna-t-il alors qu'il avait une petite idée de ce qui se passait.
« Harry ? » fit-elle, inquiète tout en lui obéissant. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Les gardiens d'Azkaban. Les détraqueurs. Ils sont ici. »
Quelques secondes plus tard, la porte du compartiment s'ouvrit et une forme encagoulée apparut. Une main putréfiée était agrippée à l'embrasure tandis que le détraqueur rentrait dans leur espace. Harry n'attendit pas de ressentir les effets que donnait la créature et brandit sa baguette.
« Spero Patronum. »
Sa biche argentée sortit de sa baguette et fonça sur la créature et la menaça avec ses sabots pour la chasser. Le jeune homme avait toutefois entendu un écho à sa voix, bien plus grave et profond tandis qu'un loup d'argent était apparu au côté de sa mère. Harry poussa mentalement sa mère à aller à gauche tandis que le patronus de Remus Lupin partait sur la droite et, ensemble, les deux sorciers chassèrent les détraqueurs du train.
Le serpentard s'assit, essoufflé, après avoir annulé le sort et fut plus que ravi de ressentir à nouveau sa mère dans son esprit. Il ferma les yeux et s'appuya contre le dossier du fauteuil. Il sentit plus qu'il ne vit l'homme le secouer doucement.
« Ca va, » murmura Harry. « Juste épuisé par le sortilège. »
« C'était un beau patronus, jeune homme, » dit la voix rassurante du professeur Lupin. « Bonne initiative mais évitez d'en refaire un dans un avenir proche. Vous êtes encore bien trop jeune. Vous pourriez endommager votre noyau magique. »
« Pourquoi j'ai l'impression d'entendre un vieil ami ? » demanda le serpentard en ouvrant les yeux. « Vous parlez comme lui. »
« Qui ? »
« Patmol. »
Les yeux bruns de Remus Lupin s'agrandirent de surprise, tandis qu'une lueur d'inquiétude se faisait voir dans son regard.
« Ne vous inquiétez pas, Lunard. Il ne m'a rien fait, » murmura Harry plus faiblement. Il bailla. « Je crois que je vais piquer un roupillon avant le banquet, moi. »
Il s'allongea confortablement sur la banquette devant le regard inquiet d'Hermione et celui ébahi de Remus Lupin. Ce dernier se garda toutefois de tout commentaire et donna un morceau de chocolat à la gryffondor avant de sortir du compartiment pour s'assurer que tous les élèves allaient bien.
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Harry était fatigué et irrité. Fatigué parce qu'il ne s'était pas assez reposé à son goût après son patronus. En plus, Malfoy et compagnie étaient venus l'enquiquiner un moment dans le train juste avant l'arrivée en gare, heureusement, Remus Lupin était revenu à ce moment-là pour récupérer ses affaires. Mais n'empêche. Le blondinet ne semblait toujours pas avoir compris qu'il ne fallait pas venir le chercher. Un jour, il allait le tuer en l'envoyant valser de colère. Et le comble, c'est que ce ne serait qu'un accident …
Là, il était au banquet de début d'année. Il n'avait pas prêté attention à la répartition. Tout ce qu'il désirait, c'était que cette soirée se termine rapidement, que son père fasse son speech de début d'année et qu'il puisse enfin aller se coucher. Il était encore éveillé et pourtant il ne rêvait plus que de son oreiller.
Il suivit les autres élèves de serpentard, tel un zombie, dans les couloirs et rejoignit la salle commune. Il ne broncha même pas quand son père apparut des ombres, comme il en avait le don, pour surprendre les pauvres premières années. Il écouta distraitement le 'discours de bienvenue' de Snape, n'enregistrant rien mais sachant déjà à quoi s'attendre de l'année à Poudlard après deux ans à y avoir vécu et y avoir suivi les cours. La seule différence qu'il avait – enfin que sa mère avait – enregistrée était la présence des détraqueurs autour de l'enceinte de l'école.
« Des questions ? » demanda Snape à la fin de son speech. « Bien. »
Les élèves commencèrent à s'éloigner, les uns pour s'installer dans les fauteuils, les autres pour se diriger vers le tableau d'affichage. Harry, lui, se dirigea vers le dortoir.
« Pas si vite, Mr Potter, » fit la voix de son père dans son dos. Il soupira. « Veuillez me suivre. »
« Monsieur ? »
« Le directeur demande à vous voir. »
'Oh ! Génial… Moi qui voulais tellement me coucher et récupérer de ta sortie obligatoire.'
'Plus vite ce sera réglé, plus vite tu pourras aller te coucher, Harry…,' répondit doucement sa mère. 'Mais fais attention à ce que tu dis. Dumbledore profitera que tu es crevé pour te manipuler et te faire dire certaines choses. Déjà que tu as laissé filtrer à Remus que tu as passé du temps avec Sirius.'
'Hein ? J'ai fait ça moi ?'
'Oui.'
'Oh la galère …,' soupira Harry.
'Heureusement que c'était à Remus que tu l'as dit. Il y a des chances qu'il ne dise rien. Les Maraudeurs sont du genre loyal en général.'
'Dis ça à Pettigrow…'
'Fais juste attention à ce que tu dis, Harry. D'accord ?'
'Ca marche.'
Pendant qu'il discutait avec sa mère, il suivait son père en silence dans les couloirs. Ils arrivèrent à la fois trop et pas assez vite au bureau de Dumbledore au goût de Harry. Mais sa mère avait raison. Comme il ne pouvait pas y échapper, autant que cela se passe le plus vite possible et qu'il fasse attention à ne pas faire de bourde.
