Chapitre 44 : Début d'un plan
Harry chercha pendant les quelques jours qui suivirent l'arrivée des gryffondors dans la maison de Serpentard à trouver un moyen de coincer Pettigrow, le forcer à se montrer et ainsi innocenter son parrain. Sauf que pour cela, il fallait impérativement des adultes. Mais il fallait surtout piéger le rat sans qu'il s'en rende compte et être capable de le retrouver s'il s'enfuit.
« Il nous faudrait la Carte, » confia-t-il un soir à son amie.
« Hmm ? » fit-elle en relevant la tête de son essai de sortilège.
« Je disais qu'il nous faudrait la Carte. Tu sais ? Celle des Maraudeurs. »
« Tu sais où elle est ? »
« Patmol m'a dit qu'elle était chez Rusard. Lui et les autres se sont fait coller en fin de septième pour se faire confisquer la Carte et permettre ainsi à d'autres, probablement leurs enfants, de s'en servir s'ils se montrent dignes des premiers Maraudeurs. »
« Donc elle est dans le bureau de Rusard. Une idée pour la récupérer ? »
« Faire une grosse bêtise. »
« Là tu nous intéresses ! » s'exclamèrent deux voix dans son dos, le faisant sursauter.
Harry se retourna vivement, baguette en main, et la pointa sur les jumeaux Weasley. Il soupira.
« Bande d'imbéciles ! » siffla-t-il ensuite. « Il faut pas surprendre les gens comme ça ! Et puis, comment avez-vous entendu la conversation ? Je mets toujours une bulle d'intimité. »
« On s'est permis de la briser, » rit Fred.
« On t'a entendu parler de faire une bêtise, » ajouta Georges, le visage rayonnant.
« Quoi d'autres ? » demanda Harry, suspicieux.
« On t'a entendu parler de la Carte de Poudlard … »
« … Et d'un certain Patmol. »
« Je n'ai jamais dit que c'était la Carte de Poudlard, » fit le serpentard après quelques secondes en les invitant à s'asseoir. Il retraça la bulle d'intimité autour d'eux quatre et Hermione en profita pour lâcher son devoir pour écouter ce qui se tramait avec plus d'attention. « Où est-ce que vous avez vu la Carte ? » demanda-t-il ensuite.
« Nous n'avons jamais dit que nous l'avons vue, » firent les jumeaux, mal à l'aise.
« Non, tu as juste évoqué le fait qu'il s'agissait de la Carte de Poudlard alors que j'avais dit la Carte du Maraudeur. Rien ne laissait entendre dans ma formulation qu'elle cartographiait le château. Tu t'es trahi tout seul, Fred. Où est-elle ? »
« Pourquoi tu la veux ? » demanda Georges.
« Mission de la plus haute importance et classer confidentiel ! »
« On peut aider ? »
« Peut-être. Mais j'ai besoin de la Carte, » fit Harry avec un sourire malicieux alors qu'il commençait à comprendre qui était en possession de l'artefact.
« Que proposes-tu en échange de la Carte ? » demanda Fred.
« Eh bien, je pourrais … hmm … » Il regarda Hermione dans les yeux. « Je ne sais pas … Peut-être vous présenter un Maraudeur, voire deux…. »
« Vrai ?! » s'exclamèrent les jumeaux avec des étoiles dans les yeux. « Ce sont nos idoles ! »
« On revient, Harry, » s'exclamèrent-ils joyeusement.
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Harry observait la Carte du Maraudeur avec sa mère. Il avait fini les cours. Hermione avait encore deux heures d'Arithmancie. Il recherchait le nom de Pettigrow. Il voulait mener Lupin à lui faire confiance et aussi avoir confiance en lui. Après ses nombreuses discussions avec l'homme, il sentait qu'il pouvait le faire.
Un vent froid s'éleva et le fit frissonner. Il observa la surface grise du lac qui reflétait la couleur du ciel. C'était la mi-octobre. Et l'automne s'était bien installé. Il observa un instant les feuilles mortes avant de reporter son regard sur la Carte.
'Va voir Remus, Harry. Tu as déjà vu le nom de Pettigrow, hier soir. Si tu lui dis, il t'écoutera.'
'Je préfère revoir le nom d'abord.'
'Le temps que tu rejoignes son bureau, il pourra être n'importe où ailleurs … Et tu devras le chercher à nouveau.'
Le serpentard soupira et admit sa défaite. Il replia soigneusement la Carte et se dirigea vers le château en quête de son professeur de DCFM. Il le retrouva dans son bureau à corriger des copies.
« Professeur, est-ce que je peux vous parler ? »
« Bien sûr, Harry, » sourit le loup. « Qu'y a-t-il ? »
Harry lança immédiatement un Collaporta sur la porte ainsi que des sorts pour garantir leur intimité.
« Harry ? » fit Remus, inquiet par tant de précautions.
« Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur Peter Pettigrow ? » demanda le serpentard en approchant.
« C'était un ami, » soupira le professeur en s'asseyant sur le bord de son bureau. « Un jeune brun un peu trouillard. Il faisait partie de notre groupe. Sirius l'a tué ainsi qu'une douzaine de moldus après avoir trahi tes parents. Pourquoi tu me poses cette question ? »
« Et si je vous disais que Pettigrow n'était pas mort…, » avança Harry.
« Impossible. »
« Et si je vous le prouvais alors …, » proposa l'enfant en sortant la Carte.
Remus fit un sourire en coin.
« Je me disais bien qu'elle devait être quelque part. Elle n'était plus dans le bureau de Rusard. C'était donc toi qui l'avais ? »
« Non, je l'ai récupérée à des chenapans que je ne dénoncerais pas. Je sais depuis longtemps que Pettigrow est en vie. Mais difficile de le crier sur tous les toits sans preuve. Alors je suis partie à la recherche de cette Carte. »
« Tu as vu le nom de Peter ? » demanda Remus en tendant la main pour prendre la Carte. Le ton qu'il employait était dubitatif. « Tu en es sûr ? »
« Je l'ai vu hier soir, mais je n'arrive pas à le retrouver pour le moment. La Carte est grande. »
Remus releva un sourcil amusé et sortit sa baguette. Il doutait que son vieil ami soit encore en vie mais la Carte serait effectivement un moyen de le prouver.
« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, » dit-il en tapant la Carte.
Il la déplia totalement sur son bureau devant Harry. On pouvait voir tous les murs et les moindres recoins de Poudlard dessinés ainsi qu'une multitude de bannières grouillantes comme des fourmis à travers le château. Sur chaque bannière, il y avait un nom. Le serpentard voulut se pencher pour commencer à chercher Pettigrow quand Remus l'arrêta avec un sourire.
« Tu croyais quand même pas que nous fouillons toutes les étiquettes quand nous étions à la recherche de quelqu'un, » dit-il, un brin moqueur, une certaine lueur dans le regard.
'Ca c'est le Remus Lupin que je connais !'s'exclama Lily. 'Intelligent, et un brun malicieux !'
Harry sourit tandis que le loup pointait sa baguette sur la Carte.
« C'est Lunard. Montre-moi Queudver ! »
Toutes les bannières disparurent une à une sur le vieux parchemin jusqu'à ne plus en rester qu'une seule dans la salle commune des Serpentards, là où logeait pour le moment Ronald Weasley. Remus Lupin s'assit brutalement sur sa chaise, le visage décomposé par une expression de choc, de tristesse et de culpabilité. Harry laissa l'homme intégrer la nouvelle. C'était lourd à digérer. Apprendre qu'une personne que vous croyiez morte depuis des années est toujours en vie mais qu'en plus vous avez toujours pensé qu'une autre personne était coupable dans sa mort … Il y avait de quoi être bouleversé au-delà de l'imaginable.
Au bout de dix minutes de silence, Harry prit la parole.
« Si cela peut vous consoler, Sirius ne vous en voudra pas trop car il a lui-même douté de vous et il le regrette. Il n'a jamais été le gardien du secret. »
« Quoi ?! » s'exclama Remus en relevant vivement la tête pour croiser le regard émeraude d'Harry.
« C'était Pettigrow le gardien du secret. »
« Mais je pensais… »
« Sirius vous expliquera mieux que moi, » fit Harry en haussant des épaules. « Je suis venu vous en parler parce que je sais que vous m'auriez écouté avec la Carte là où d'autres ne l'auraient pas fait. J'aurais besoin de votre aide pour attraper ce rat et faire innocenter Sirius. »
« Je veux bien t'aider, Harry. Si tu me promets qu'après, tu sois honnête avec moi. Quand nous discutons, il t'arrive de mentir et de détourner la vérité. J'aimerais que cela cesse et que tu sois honnête. »
« Seriez-vous en train de me faire du chantage, professeur ? » fit le serpentard avec un sourcil relevé. « Aidez-moi et on verra. Ce serait plus facile de vous parler de certaines choses plus tard. Trop de nouvelles d'un coup pourrait vous mettre en état de choc. Je ne suis pas sûr que Sirius apprécierait que je transforme son loup préféré en légumes … »
« En légumes ? »
« Peu importe… Quelque chose de pas sympa et j'ai pas envie de me faire tuer ! »
« Pour l'attraper, il va falloir lui tendre un piège en dehors de la salle commune, » réfléchit Remus en regardant la Carte.
« Pourquoi ? »
« Parce que je n'y ai pas accès, je ne suis pas un directeur de maison. »
« Hmm. » Harry resta un moment silencieux. « Le professeur Snape est le directeur de ma maison. »
« Il ne nous a jamais apprécié. Il ne me laissera jamais entrer. »
« Sauf si j'arrive à le convaincre. »
« Et comment comptes-tu t'y prendre ? »
« Je ne sais pas encore. Mais nous allons trouver. »
« Qui inclus-tu dans le nous, Harry ? »
« Vous, Sirius, Hermione, la Voix et moi. »
« Sirius ? Il est ici ? »
« Pas loin. Je ne sais pas exactement où. »
« Tu ne m'as toujours pas vraiment parlé de ton mois avec lui, d'ailleurs. »
« On le fera une autre fois. Avec lui, si possible, » sourit Harry. « J'aimerais entendre d'autres anecdotes sur les Maraudeurs. »
« Si cela te fait plaisir, je te raconterais autant de choses que je peux sur ton père, Harry. » Harry ne préféra pas encore répliquer à ce sujet-là. Le loup le saurait bien assez tôt. « Allons voir Severus. Autant lui en parler le plus vite possible. »
« Ca risque d'être explosif, » marmonna Harry en suivant son professeur de DCFM.
« J'ai entendu, » dit ce dernier.
« Je sais. »
« J'étais le plus calme des quatre, tu sais, » confia l'homme alors qu'ils marchaient côte à côte dans les couloirs.
« Vous oubliez de mentionner le fait que c'était vous qui aviez les meilleurs idées. »
« Je posais aussi un hola quand elles devenaient trop dangereuses entre les mains de Cornedrue et Patmol. »
« Même quand elles touchaient les serpentards ? » demanda Harry dubitatif.
« Oui, même là. Sinon, il n'y aurait certainement plus de dortoir de Serpentard depuis longtemps. On l'aurait fait exploser. »
Le serpentard grimaça tandis qu'ils arrivaient au niveau des cachots. Il se dirigea immédiatement vers le bureau de son père et frappa à la porte.
« Mr Potter ? » fit le Maître des Potions en ouvrant. « Et Lupin ? »
« Il faut que nous te parlions, Severus. En privé. »
Snape releva un sourcil mais les laissa entrer sans un commentaire. Une fois la porte refermée, Remus y installa immédiatement les sortilèges pour garantir leur intimité sous le regard insondable du maître des lieux.
« Alors ? » fit ce dernier.
« On aurait besoin de ton aide pour régler un problème dans ta salle commune. »
« Et de quel problème s'agit-il ? » demanda Snape avec un regard suspicieux pour le loup. « Je ne te laisserais pas faire à nouveau tes mauvaises blagues, Lupin. »
« Nous étions que des enfants, Severus, » soupira le loup. « Là, le sale tour, je le réserve à un rat qui se cache dans ta salle commune. »
« Qui ? »
« Peter. »
« Pettigrow ? » ricana le serpentard. « Tu te fiches de moi, Lupin ? Il est mort ! Black l'a fait exploser avec une douzaine de moldus ! »
« Ce n'est pas vrai, » intervint Harry qui regardait les deux hommes interagir. « C'est Pettigrow qui a tué les moldus avant de disparaître. »
« Et qu'est-ce que vous en savez, Potter ? Vous êtes influencé par Black ! Et toi Lupin, tu veux juste défendre ton clébard avec un mensonge gros comme Poudlard ! »
Harry observa les deux hommes se disputer devant lui, ne sachant trop que faire. Ils étaient tous les deux des professeurs. Il avait certes déjà fait valser son père de colère mais c'était de la magie instinctive. Un éclat et une perte de contrôle. Là, il agirait volontairement contre deux professeurs et pourrait s'attirer de très gros ennuis, surtout de la part de son père.
'Maman ?'
'Je ne sais pas, Harry. Remus ne voudra pas lui montrer la Carte, je pense. Cela reste un secret de Maraudeur.'
'Et comment on fait pour le convaincre ? Il n'a pas l'air de vouloir écouter Remus. Ni moi. Pour changer.'
'Moi, il m'écoutera.'
'Tu sais ce que cela signifie ? Si je te sors, il faudra tout dire en une fois.'
'Moi j'attends cela depuis des mois ! C'est toi qui t'enferme et refuse de lui dire parce que tu es rancunier ! Aussi rancunier que lui !'
A ce moment-là, les deux adultes empoignèrent leur baguette et allaient commencer un duel devant Harry.
'HARRY ! MAINTENANT ! AVANT QU'ILS NE S'ENTRETUENT !'
« SPERO PATRONUM ! » hurla-t-il en brandissant sa baguette.
Une ravissante biche argentée apparut et s'interposa entre les deux sorciers. Ces derniers s'étaient immobilisés en la voyant.
« MAINTENANT VOUS VOUS CALMEZ ! » hurla Lily. « VOUS N'AVEZ PLUS QUINZE ANS ! »
« Lily ? » fit Remus en état de choc.
« Impossible ! » cassa Snape. « Elle est morte ! »
« Je pense savoir beaucoup mieux que toi ce qui m'est arrivé ! Tu voulais savoir qui était la Voix ? C'est moi ! » s'exclama-t-elle en frappant le sol d'un de ses sabots. « Et Remus dit la vérité ! Pettigrow est vivant ! C'était lui le gardien du secret ! Maintenant, Sev ! Tu vas me faire le plaisirs de les écouter attentivement ou je te jure que je me fâche très sérieusement et je donnerais à Harry l'autorisation de te botter les fesses ! »
« Parce que quand il m'envoie valser, il reçoit ton autorisation peut-être ? » cracha Severus.
« Non ! Il s'énerve juste et n'écoute pas dans ces cas-là ! J'ai été très fâchée contre lui quand c'est arrivé ! »
« Je confirme, » dit Harry en se grattant la tête d'un air coupable. « Et je m'en veux un peu de vous avoir blessé, professeur. Et de m'être énervé aussi. Est-ce qu'on peut s'attarder sur le problème de Pettigrow, je suis limité en temps pour créer le patronus. Et non, je ne sais toujours pas comment ma mère peut parler au travers, et ce n'est pas faute d'avoir cherché ! Il faudrait qu'on trouve un livre sur le sortilège qu'elle a lancé pour ça … »
« Quel sortilège ? » demanda Snape en regardant la biche et son serpent.
« Plus tard, Sev ! D'abord, je veux que ce rat paye pour ce qu'il a fait ! Il a trahi James en donnant la localisation de Godric's Hollow à Voldemort. Et il a tué après des moldus ! Sirius est innocent ! Et Pettigrow est là, dans la salle commune de Serpentard ! A portée de main ! Alors maintenant, tu bouges ton joli petit cul, tu nous ponds un plan d'enfer pour l'attraper devant un maximum de témoins ! Car il est hors de question que Sirius reste un fugitif ! »
« Tu me devras une très bonne explication, » siffla Snape.
« Si t'es pas foutu de voir les signes qu'Harry te donne, je ne suis pas responsable …. Qui aurait pu lui dire que tu aimes manger un délice au chocolat avec de la crème de noix de coco ? Hmm ? Qui aurait pu lui raconter ces moments que nous avons passés ensemble à jouer de la musique ? »
« Est-ce qu'on peut parler de ça à un autre moment ? » demanda Harry. « Je tiendrais pas longtemps ! »
« Arrête le sort Harry, » demanda doucement Remus, plus inquiet par l'enfant et son cœur qui battait plus rapidement sous l'effort. « Tu nous as convaincu pour le moment. Il y a toujours moyen de lui parler à travers toi. »
« Oui mais est-ce que vous allez seulement m'écouter ou continuer à faire l'autruche ? » demanda l'enfant en jetant un regard à son père.
« J'écouterai, » dit Snape. « Cela ne voudra pas dire que je serai d'accord ! »
« Tu auras intérêt à ouvrir les yeux sur certaines choses Sev. Remi, va à la volière et appelle Hedwige et envoie un message à Sirius en lui disant que cela vient de moi. Je le veux ici dans vingt minutes ! Je vais faire couler Pettigrow et je vais faire couler Dumbledore ! »
« Dumbledore ?! » firent les deux professeurs, les yeux écarquillés.
« Oui, vous avez très bien entendu, » fulmina la biche. « Dumbledore ! »
Elle se tourna ensuite vers Harry et s'approcha de lui. Ils échangèrent un regard et Harry sourit.
« Bientôt, » murmura-t-il en faisant disparaître le patronus.
« Je croyais t'avoir dit de ne pas abuser de ton patronus pour ton noyau magique, Harry, » réprimanda doucement Remus, toujours un peu sous le choc d'avoir entendu Lily.
« La prochaine fois, on vous laisse vous entretuer alors …, » soupira le jeune serpentard en allant s'asseoir. « Elle a voulu intervenir alors je l'ai laissée faire. Je voulais pas me ramasser une retenue parce que je le faisais moi-même. Et puis, je comptais vous l'annoncer à tous les deux à un moment ou à un autre. Il fallait juste que vous lisiez les signes. »
« Pas très évident vos signes, Potter, » siffla Snape.
« Et vous savez pas encore le pire … Mais une nouvelle à la fois. Enfin deux ici. Professeur Lupin pourriez-vous faire ce que ma mère a demandé, s'il vous plait. »
« Très bien … Mais plus de cachotteries, Harry. »
« Je finirais sûrement comme ingrédients à potions d'ici la fin de la semaine avec toutes les nouvelles que vous apprendrez, » fit Harry en haussant des épaules.
Snape fronça les sourcils mais ne dit rien. Il fallait d'abord se débarrasser du rat dans sa salle commune. Le reste pourrait attendre plus tard.
« Comment comptez-vous vous y prendre pour l'attraper ? » demanda-t-il d'un ton froid en s'installant derrière son bureau, les mains jointes sous son menton.
« Le pousser à se révéler et devant des témoins serait préférable au cas où Dumbledore voudrait réitérer ses tentatives de manipulations, » répondit Harry d'un ton neutre en croisant le regard sombre de son père. « Sirius n'a pas eu de procès parce que Dumbledore voulait faire en sorte que je sois malléable. Il m'a envoyé chez ma tante. Il pouvait le faire une fois mon parrain mis hors course. On peut dire que j'ai eu une enfance aussi joyeuse que la vôtre, professeur. »
Snape se tendit.
« Qui t'a dit pour mon enfance ? » siffla-t-il, les yeux dangereux.
'Oh, je t'en prie, Sev ! Réfléchis !'
« Maman. Comment j'aurais pu peindre un portrait d'Eileen Prince sinon ? Elle m'a parlé de certaines choses, m'a montré les souvenirs d'autres choses. C'est pour ça que je sais autant de choses sur vous et sur les Maraudeurs… J'écoute vos histoires depuis si longtemps … »
« Il faudra que j'ai une petite discussion avec Pétunia, plus tard, » maugréa le Maître des Potions.
« Une fois Dumbledore hors du chemin, je comptais porter plainte pour maltraitance, » confia Harry. « En fait, j'espérais pouvoir le faire dès la première année mais quand il s'est avéré que Dumbledore était un plus grand manipulateur que prévu, on a préféré bien réfléchir à la manière dont on allait procéder. »
« Pourquoi j'ai l'impression que les secrets et les manigances de Dumbledore, dont je commençais à avoir des doutes, ne concernent pas que Black ? »
Harry lança un regard douloureux à son père et détourna le regard.
« Potter, » avertit Snape.
« Pas maintenant. Vous ne l'accepterez pas ! Pas comme ça ! »
« Qu'est-ce que je n'accepterai pas, Potter ? Ne présumez jamais à mon sujet ! »
« C'est pourtant ce que vous avez fait avec moi sans même me connaître, » rétorqua Harry sombrement. « Dès le premier soir, au premier regard, vous m'avez pris en grippe. Et vous avez essayé de m'humilier en potions plus de fois que je ne pourrais les compter. Merlin merci qu'il y avait maman pour m'aider dans certains cas exceptionnels en particulier pour les questions auxquelles je n'étais pas supposé pouvoir donner de réponses. »
« Ce qui explique la même méthode de travail, » comprit Snape. « Quel sortilège ? »
« Monsieur ? »
« Quel sortilège elle a utilisé ? »
« Anima translatio. »
« Le transfert d'âme ? » s'étonna le vieux serpentard. « Mais en général, l'âme d'origine meurt. »
« Merci, c'est très … rassurant ! »
'Dans l'année qui suit le sortilège,' rassura Lily. 'Et c'est parce qu'il y a une lutte pour le contrôle du corps. Je n'ai jamais cherché à te contrôler Harry.'
Le fils rapporta la théorie de sa mère à son professeur.
« C'est possible. Elle a sûrement lu ce sort dans un de mes livres. »
'Oui, enfin je crois.'
« Et une fois qu'on a Pettigrow ? »
« Contacter les aurors et Lord Malfoy. »
« Lucius ? Pourquoi ? »
« J'ai besoin d'un avocat et Lord Malfoy me doit un service. »
Ils furent interrompus par le retour de Remus Lupin avec un gros chien noir.
« Patmol, » sourit Harry en se levant.
« Bonsoir Harry. Lily, » fit l'animagus en serrant son filleul dans ses bras après avoir repris forme humaine. « Serv … ! »
« Sirius …. »
« Désolé. Snape. »
Le susnommé releva un sourcil en voyant son serpent foudroyer son parrain du regard.
« Qu'as-tu dit exactement Harry ? » demanda alors Sirius.
« Ils viennent d'apprendre pour Pettigrow, maman et toi, c'est tout. »
« Parce qu'il y a encore autre chose ? » demanda Remus.
« Oh oui, Lunard. Et tu vas tomber de haut. Toi aussi, Snape. Mais si on attrapait le rat pour qu'on ait ensuite le temps de discuter du reste. »
Snape et Remus hochèrent la tête, les sourcils froncés, intrigués par les paroles du chien en regardant Harry. Qu'est-ce qui pouvait être pire que d'apprendre ce qu'ils venaient d'apprendre ?
