Chapitre 50 : Premier Noël en Famille
Harry entendit quelques coups à la porte de sa chambre avant que son visiteur ne tente de l'ouvrir. Sauf que la porte était verrouillée.
« Harry ? » fit la voix de Severus.
« Papa ?! »
« Harry, ouvre-moi ! »
« Hmmm… »
Le garçon se mit légèrement à paniquer alors qu'il avisait ses mains pleines de peintures et l'œuvre qu'il réalisait justement pour son père. Il était dans la merde. Surtout qu'elle faisait face à la porte !
'Maman ?!'
'Sortilège d'indifférence ! Tout de suite !'
« Une petite minute ! »
« Harry ! »
« Une minute j'ai dit ! Je suis couvert de peinture ! »
Il lança le sortilège d'indifférence au même moment où il entendait son père ouvrir magiquement la porte.
« Merlin merci que je suis rapide ! » s'exclama l'enfant avec un regard entre panique et colère. « Tu as failli tout ruiner ! »
« Ruiner quoi ? » demanda Severus, confus, alors qu'il glissait son regard dans la pièce.
Il sentit bien rapidement la magie de son fils.
« Tu sais que tu n'as normalement pas le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école ? » demanda-t-il en relevant un sourcil.
« Comme si cela m'avait déjà arrêté ? » soupira l'enfant. « Et là, tu m'as un peu forcé la main. C'est une surprise. Et les surprises cela ne se montre qu'au moment opportun, c'est-à-dire pas maintenant ! »
Severus fit un pas en arrière en sentant la légère agressivité ainsi que son fils se tenant sur la défensive.
« Je suis désolé, » dit-il en levant les mains en signe de paix. « Mais tu sais ce que je pense des portes fermées… »
« Oui, à Poudlard. Je ne suis pas dans mon dortoir. J'ai le droit à un peu d'intimité non ? »
« Oui… Excuse-moi. Je … je n'ai jamais eu à faire ce genre de choses avant… Etre père, c'est nouveau pour moi. »
Le Maître des Potions s'assit sur le rebord du lit de son fils. Harry sembla se calmer en entendant sa réponse.
« Eh bien… je suppose que c'est la même chose pour moi d'avoir un père, » dit-il en se frottant les mains avec un essuie pour en enlever la peinture.
Il jeta un nouveau regard à ce qu'il faisait avant d'abandonner pour la journée. Avec son père en dehors du cadre scolaire, ce n'était même pas envisageable. Il se tourna alors vers lui.
« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il alors. « On le demande tous les deux, » ajouta-t-il avec un sourire en coin.
« Ca va…, » répondit Severus dans un soupir alors qu'il sortait une enveloppe. « Je suis invité pour Yule chez les Malfoy. Comme chaque année à vrai dire. »
« Et ? »
« Ils ont demandé si tu acceptais de venir maintenant que tu es officiellement mon fils… »
« Hmmm… Je ne suis pas contre mais … »
« Mais ? »
« Et Maman ? Elle va être un peu seule non ? Généralement je fais les fêtes avec elle… »
'Cela ira pour moi, Harry,' rassura la mère. 'Je suis avec toi de toute façon et j'ai largement de quoi m'occuper, ne t'inquiète pas. Tu as le droit de passer les fêtes avec d'autres personnes aussi.'
« Oui, mais les Malfoy ne savent pas pour toi et ce n'est même pas une option envisageable, Maman, » soupira l'enfant à voix haute.
« Tu as le droit de dire non, Harry, » fit lentement Severus. « Je sais que tu n'apprécies pas Drago. »
'Mais cela ferait meilleure figure si tu dis oui, Harry,' continua Lily alors qu'elle l'entourait d'amour. 'Et tu montreras à Malfoy que tu fais des efforts pour être non seulement correct mais aussi capable de surmonter tout ça.'
'Sauf que je le fais déjà. Je voulais juste passer les fêtes avec toi et des personnes qui sont au courant pour toi …'
'Mais cela ne sera pas perçu comme ça pour les personnes qui me croient morte, mon chéri.'
« Très bien, » soupira le jeune Serpentard. « J'irai. Je suppose que je dois être bien habillé ? »
« Nous irons au magasin te faire une tenue sur mesure, » fit Severus avec un sourire. « Ne t'inquiète pas pour ça. »
Le regard de l'homme se posa à nouveau sur le travail de son fils dissimulé sous un sortilège d'indifférence qu'il percevait parfaitement.
« Veux-tu que je te laisse terminer ? » demanda-t-il en lui faisant un signe de main.
« Est-ce que tu le vois ? »
« Non. Mais je peux deviner que tu peints avec tes mains dans cet état et l'attirail de peinture que tu as juste à côté de toi. Quoi ? Je suppose que je le découvrirai à un moment où à un autre… »
« A Noël. »
« Alors j'attendrai. Tu as de la chance que la Trace n'est pas détectée ici, sinon tu étais bon à avoir le Ministère sur le dos. »
« La Trace ? »
'C'est quand un sorcier utilise sa baguette alors qu'il n'a pas encore dix-sept ans, Harry.'
« Oh … Mais … J'ai pourtant déjà utilisé la magie chez les Dursley, » dit-il ensuite. « Pourquoi cela n'a jamais été remarqué ? A l'exception de Dobby qui a fait éruption à Privet Drive pour faire tomber le gâteau de ma tante sur Mme Masson. »
Le Maître des Potions garda un instant le silence. Il réfléchissait.
« Où est ta baguette ? »
« Juste là, » répondit son fils en pointant la table de chevet.
Severus vint la récupérer et l'examina. Il lança un sortilège inconnu du duo atypique à ses côtés et finit par soupirer.
« J'ignore pourquoi mais ta baguette n'a pas la Trace sur elle. Ce qui est normalement illégal. »
« Et donc ? Je me promène avec une baguette illégale depuis mes onze ans ? »
« C'est … possible. Mais garde-la ainsi, c'est plus sûr, » ajouta son père, toujours pensif. « Quand on ira t'acheter une tenue de soirée, on ira chez Ollivander t'acheter une autre baguette avec la Trace. Comme ça, si jamais tu es contrôlé, tu la présenteras. Et c'est toujours bon d'avoir une baguette de secours en cas de besoin. Bien qu'apparemment tu maîtrises aussi déjà la magie sans baguette. »
« Grâce à Maman oui. Mais seulement certains sortilèges, essentiellement de nettoyage. »
« C'est déjà pas mal, » sourit Severus, fier. « A ton âge, je ne pouvais pas encore le faire. Normalement, on développe cette compétence en sixième année et encore, ce n'est pas toujours facile. Que tu saches le faire maintenant prouve que tu as déjà une bonne concentration d'esprit ainsi qu'un certain potentiel magique. Tu ne seras que plus puissant et redoutable au fil des ans. »
« J'ai aussi une bonne conseillère… »
« C'est vrai. Ta mère était redoutable en duel. »
'Mais lui extrêmement vicieux et rusé !'
'Il ne serait pas à Serpentard dans le cas contraire.'
« Maman m'a dit plus d'une fois que tu es excellent en duel aussi. »
« Je ne suis pas mauvais, » admit son père. « Je t'apprendrai. Et même si cela me coute de le dire, Lupin et Black sont bons également. Tu peux beaucoup apprendre d'eux aussi. » Severus se leva. « Je vais envoyer un courrier à Lucius pour lui répondre officiellement que nous venons pour Yule. »
« Je te dirais bien au revoir mais je suis couvert de peinture, » sourit Harry en présentant ses mains.
« Non, merci, » fit l'homme, rendant le sourire bien qu'en coin. « Je tiens à rester propre. Au revoir Harry. Au revoir, Lys. »
« On te dit au revoir ! » fit l'enfant en agitant la main.
La porte se referma derrière le Maître des Potions. Harry soupira de soulagement. La surprise pour son père n'était pas totalement gâchée. Comme son père n'était venu que pour confirmer sa présence à un dîner lors des fêtes de Yule, il put se remettre à sa peinture pour terminer le petit cadeau qu'il destinait justement au Maître des Potions.
xXxXxXx
Un chien surexcité vint chercher Harry le soir du réveillon. Cela amusa beaucoup le Serpentard qui se rappelait tant de ces quelques semaines passées dans les rues et les chemins d'Angleterre en compagnie de son parrain.
« C'est bon, j'arrive, Patmol. Je pars juste me laver les mains. »
Le garçon arriva bien rapidement dans la cuisine et vit le repas que Remus avait été cherché au traiteur parce qu'il avait dit qu'il était hors de question que le jeune homme cuisine le jour de Noël alors que c'était normalement une tâche que les parents devaient faire mais qu'hélas, les deux hommes s'en trouvaient bien incapables d'accomplir. Cela avait fait rire Harry mais aussi beaucoup plaisir. A part à Poudlard où c'étaient les elfes qui s'en chargeaient, il avait toujours du cuisiner. Même le jour de Noël. Rien que cela en soi était un cadeau pour lui. Un pur bonheur.
« Tu aimes chinois ? » demanda le Loup-Garou. « J'ai toujours apprécié la nourriture moldue. »
« Hmmmm… Jamais gouter, » avoua Harry.
'Moi j'adorais chinois ! Si je pouvais, je m'en régalerais ! Cela sent tellement bon !'
« Mais Maman a faim rien que d'en sentir l'odeur apparemment ! » rit-il ensuite alors qu'il s'installait à table.
Il découvrit le menu asiatique avec délice tout en discutant avec son parrain et son professeur de DCFM qu'il voyait de plus en plus comme en ami aussi, voire peut-être un second parrain.
« Qu'est-ce que tu veux faire de ta soirée, Harry ? » demanda Sirius avec curiosité.
« Je ne sais pas. Cela va être le premier Noël où je prends un réel repas, je dois dire. »
« Et les deux dernières années ? » demanda Remus, les sourcils froncés.
« Disons que je me suis pris la tête avec des gens et que je partais sans manger. Ou à peine. Je suis ouvert à toute proposition ! »
« Tu nous joues un morceau de violon après ? » demanda Sirius. « Ou de piano ? »
« Il y a un piano ici ? » s'étonna Harry.
« Dans le salon à l'étage oui. Remus et moi l'avons nettoyé cette après-midi. »
« D'accord. Va pour quelques morceaux. Mais d'abord, j'ai la dalle ! »
Les deux Maraudeurs rirent de bon cœur et se restaurèrent tout en plaisantant avec le jeune Snape qu'ils sentaient devenir lui aussi un maraudeur, sûrement au grand dam de son père. Après le repas, ils laissèrent un elfe de maison plus que ronchon dans la cuisine pour se rendre dans le salon pour de la musique et quelques jeux, profitant de ce moment de fêtes et d'insouciance tous ensemble.
xXxXxXx
Harry fut réveillé par un chien excité et particulièrement baveux.
« Oh…. Patmol…, » grogna le Serpentard en écartant l'animal. « C'est Noël… Tu vas pas faire l'horaire de l'armée toi aussi … ! »
Il eut le déplaisir d'entendre l'animal aboyer dans ses oreilles avant de tirer sur la couverture. Un courant d'air frais se glissa dans son pyjama vert, le faisant frissonner et finissant de le réveiller.
Il se leva et enfila son peignoir pour se protéger du froid. Il fusilla du regard le chien trop content qui quittait déjà sa chambre. Par habitude, il attrapa sa baguette et sortit de la chambre. Passer le pas de la porte fit tout. Sirius avait placé un sortilège pour lui épargner un minimum les hurlements surprises de Walburga Black.
Et elle hurlait en ce moment.
« D'abord, le fils, maintenant la mère, » grogna Harry en se grattant les cheveux. « Génial… »
Il tourna le dos au tableau perturbateur et, au lieu de descendre en cuisine pour le petit déjeuner, il suivit le chien dans le salon où il y avait l'arbre de Noël. Sirius reprit forme humaine et s'assit près du sapin pour récupérer un paquet.
« Je vais attendre que mon père arrive pour ouvrir les cadeaux, » prévint l'enfant en bâillant. « Salut, Remus. »
« Bonjour Harry, » fit le Loup-Garou avec un sourire d'excuse. « Excuse Sirius. Il a toujours été comme ça les jours de fêtes. »
« Je sais. On a fêté mon anniversaire ensemble en forêt. C'était pas le grand luxe mais c'était marrant. » Il bâilla encore en s'asseyant en seiza devant la table du salon. « Est-ce qu'il y a moyen de manger en attendant que Papa arrive ? Il aura déjeuné, lui. »
« J'ai été acheter des viennoiseries moldues, » répondit Remus avec un sourire en présentant un sachet en papier brun. « Sers-toi. »
Ce fut ainsi que Severus découvrit son fils, mangeant et discutant avec les deux Maraudeurs en plein milieu du salon, juste à côté du sapin au pied duquel il y avait une montagne de cadeaux.
« Bonjour, » dit-il calmement en rejoignant son fils.
« Bonjour Papa ! » fit l'enfant en sortant sa baguette.
Il lança directement son patronus. Sa biche argentée sortit, animée par l'esprit protecteur de sa mère.
« BONJOUR ! JOYEUX NOEL TOUT LE MONDE ! » s'exclama-t-elle joyeusement. « Ah ! Ca fait du bien de s'exprimer par soi-même ! »
« Lily par pitié ! » gémit Remus en se massant les oreilles. « Pas la peine de hurler ! J'ai les oreilles extrêmement sensibles… Et je croyais avoir dit d'éviter les patronus Harry, » ajouta-t-il en dirigeant son regard brun vers le jeune Serpentard.
« Oui, oui, je sais, faire attention à mon noyau magique. Je connais la chanson. Mais aujourd'hui c'est Noël et Maman voulait vous le dire elle-même, donc, je lui en donne l'opportunité ! C'est pas non plus comme si je ne le faisais jamais, mon patronus. Je m'entraine régulièrement pour pouvoir le faire tenir encore plus longtemps. »
« Voilà, » continua Lily, aux anges, alors qu'elle frappait gaiement le sol de son sabot. « Alors prends sur toi de m'entendre m'exprimer aussi haut et fort que je le souhaite. Je ne peux parler qu'avec Harry en général. Pas que cela me dérange mais mes amis et ma vie me manque aussi. Et j'aimerais aussi discuter quelques instants avec toi Severus. En privé tant qu'Harry en a l'énergie bien sûr. »
« Faudra aussi qu'on parle avec toi, Snape, » ajouta Remus. « Mais Lily d'abord. Nous, nous avons tout le temps. »
Severus suivit la biche qui avait déjà traversé la porte et la rejoignit dans le couloir.
« Ca fait toujours aussi bizarre d'être aussi immatérielle qu'un fantôme, » commenta-t-elle avant de soupirer. « Qu'est-ce que tu caches à Harry ? » demanda-t-elle ensuite.
« Lys ? »
« Severus, je te connais depuis des années, je t'aime depuis longtemps malgré certains de tes choix. Alors je sais tout de suite quand tu caches quelque chose. Et quand on t'a posé la question l'autre jour, tu as dit que ce n'était rien mais j'ai reconnu ton regard. Tu hésitais. Alors maintenant dis-moi ce qui t'a fait hésiter d'en parler. »
Le Maître en Potions s'appuya contre le mur en soupirant.
« C'est ton neveu, » expliqua-t-il alors.
« Dudley ? Qu'est-ce qu'il a ? »
« Plutôt ce qu'il n'a plus depuis que ses parents sont en prison… »
« Oh… »
« Une vraie crapule. »
« C'est le moins qu'on puisse dire… Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que tu as fait ? »
« La seule chose que je pouvais faire, Lily, lui tendre la main. Tu ne l'aurais certainement pas laissé là, ni même envoyé dans un orphelinat. Tu l'aurais accueilli parce que tu es comme ça. Comme quoi, moi aussi je me souviens encore de qui tu étais avant… »
« Je suppose que oui, » fit-elle après un instant de silence. « Tu l'as pris à ta charge donc… »
« Oui. Il est actuellement à Saint-Brutus. Peut-être que cet établissement pourra lui apprendre quelque chose comme les bonnes manières… »
« Ce n'est pas encore certain vu comment Tuney l'a élevé mais… oui, cela peut se tenter. » Elle garda un instant le silence. « Tu sais qu'Harry n'aime pas Dudley n'est-ce pas ? »
« Je sais. Ils vont devoir faire avec pendant les vacances. On va devoir tous faire avec… »
« Fais attention, Dudley est un grand menteur et il fait accuser les autres pour ses bêtises. »
« J'ai cru comprendre, oui. »
La biche soupira à nouveau alors qu'elle faisait quelques pas.
« Si je peux te donner un conseil, n'attends pas la fin de l'année pour en parler à Harry. Il va devoir d'abord se faire à l'idée. Mais si tu lui expliques bien les choses, ainsi que tes raisons d'avoir agi ainsi, il comprendra. Il est bien plus mûr qu'un enfant de son âge. »
« D'accord. Je réfléchirais à comment lui en parler. »
« Alors ? Tu as prévu quoi pour Noël à notre fils ? »
« Je ne sais pas trop quoi lui offrir, je ne le connais pas plus que cela, Lily. Il a déjà un violon et des claquettes, ce qui nous rapproche l'un de l'autre dans un sens. Je pensais peut-être lui montrer ce que j'ai préparé pour lui au manoir. »
« Celui de Stonehaven ? »
« Oui. Je me disais qu'il apprécierait vivre là où nous vivions avant que … »
« Avant que je m'enfuie avec lui. »
« Oui. »
« C'est une très bonne idée, Severus. Surtout qu'il aime déjà ce manoir. »
« Comment cela ? »
La biche émit un léger rire alors qu'elle s'approchait de son mari.
« Severus, il a appris à te connaître à travers mes souvenirs. Il y en a aussi de notre vie commune à Stonehaven. »
Le patronus commença légèrement à s'effacer.
« Bon ben…, » rit Lily en le constatant.
« Je t'aime, Lys. »
« Je t'aime aussi, Severus. Joyeux Noël, mon amour. »
Severus resta quelques secondes de plus dans le couloir avant de retourner dans le salon. Il trouva Harry allongé dans le canapé, épuisé. Il le rejoignit et s'agenouilla devant lui.
« Est-ce que ça va ? » lui demanda-t-il doucement, un léger pli inquiet sur son visage.
« Ca va, je l'ai tenu plus longtemps que d'habitude pour que vous puissiez discuter, » sourit l'adolescent. « Je suis fatigué… »
« Merci, Harry. C'est le plus beau cadeau que tu pouvais nous offrir à ta mère et moi. »
« Attends de voir ton cadeau avant de dire ça, » rit doucement le fils en se redressant.
Severus s'assit à ses côtés et le ramena un peu contre lui pour lui donner un petit pilier de soutien en le voyant ainsi épuisé par cet effort dès le matin.
« Tu veux une potion énergisante ? » proposa-t-il.
« Si tu en as en magasin…, » accepta Harry.
« Non. Mais je t'en fais une en une quinzaine de minutes à peine. »
Son fils hocha lentement la tête. Le Maître des Potions échangea un regard avec les deux Maraudeurs.
« Vas-y, » fit Sirius. « J'ai tout ce qu'il faut dans le laboratoire de la maison. Je n'en ai pas l'usage de toute façon. Si jamais il y a des ingrédients qui t'intéresse dans le lot, tu peux prendre aussi. »
« On va t'attendre pour les cadeaux, » sourit Harry. « Je veux voir ta tête cette fois-ci. »
Un sourire en coin apparut sur le visage de Severus.
« J'en ai pas pour longtemps, » dit-il alors qu'il sortait préparer une potion énergisante pour son fils.
Il était vraiment heureux d'avoir pu avoir une réelle conversation avec Lily, même si elle n'était que sous la forme d'un patronus. Il n'y avait qu'eux deux dans la pièce, c'était beaucoup pour lui, même s'ils avaient parlé que de Dudley, cela n'avait aucune importance. Rien que sa présence, son esprit, était avec lui, rien qu'avec lui, pendant un instant. C'était déjà plus qu'il n'avait pu espérer pendant de longues années. Et il l'était encore plus de savoir que ce ne serait probablement pas la dernière fois non plus.
Il descendit rapidement et trouva le laboratoire sans trop de soucis et brassa la potion d'Harry avant de remonter la lui donner. Ce dernier somnolait, la tête sur les jambes de Black. Les deux Maraudeurs discutaient doucement de politique, le Sang-Pur cherchant encore à se mettre à jour sur certains sujets.
Severus s'agenouilla à nouveau devant son fils.
« Harry, » dit-il doucement.
Deux émeraudes apparurent de sous des paupières épuisées.
« Déjà ? »
« Je t'ai dit que je n'en avais pas pour longtemps, » sourit le Maître en Potions en tendant le flacon.
Harry se redressa et le but d'un trait. Severus le vit réprimer une grimace mais il n'entendit aucun commentaire sur le goût qu'il savait pourtant immonde. Il s'installa dans le fauteuil en face en attendant que les effets se fassent ressentir. Son fils prit rapidement de l'énergie se tourna vers la pile de cadeaux.
Rapidement les paquets furent distribués et Severus fut même surpris d'en recevoir une dizaine. Il ne s'attendait qu'à un ou deux à vrai dire. Il ne s'y attarda pas encore pour plutôt s'intéresser à son fils.
« Alors ? » demanda-t-il. « Qu'as-tu reçu ? »
'Parce qu'il croit vraiment qu'il va me cacher ses cadeaux lui aussi ?' fit Lily dans la tête de son fils. 'Non, non, non. Vous ouvrez vos cadeaux un à la fois, chacun à votre tour !'
Harry répéta la demande de sa mère avec un sourire en coin.
« Lily… »
« Je suis plutôt d'accord sur le principe, » sourit Remus en se penchant en avant. « Commence, Harry. Honneur au plus jeune. »
« Je croyais que la tradition disait que c'était le plus âgé qui commençait, » rétorqua vicieusement le garçon qui ne voulait pas être sous les feux tout de suite.
Il tourna son regard vers son père dans l'expectative de le voir ouvrir un de ses paquets en premier.
« Ce n'est pas moi le plus vieux ici, » rétorqua alors Severus avec le même sourire amusé, appréciant la touche serpentard de la remarque.
Cela surprit Harry qui se tournait vers les deux Maraudeurs.
« C'est moi, » fit Sirius. « Je suis de '59. »
« Oh … Ben à toi l'honneur alors, » sourit l'enfant. « Qu'est-ce que tu as reçu ? »
L'homme se pressa de déballer son paquet et tomba sur un paquet de farces et attrapes venant de chez Zonko.
« Harry ! » s'exclama le Maraudeur. « Merci ! »
« Je savais que cela te ferait plaisir ! » rit l'enfant.
« Tant que c'est hors de l'école et loin de moi, je n'en vois pas d'inconvénient, » fit Severus en regardant les objets d'un regard suspicieux. « Pourquoi mon fils aiment-ils les farces et attrapes ? »
« Il est le filleul d'un maraudeur et a été adopté par un autre ? » proposa Sirius avec un sourire espiègle alors qu'il déballait les quelques livres que Remus lui avait achetés. « Mercy Lunard. »
Le Maître des Potions leva les yeux au ciel en soupirant.
'Mon pauvre amour…' rit doucement Lily dans sa tête.
'Je ne lui répéterais pas,' sourit Harry alors qu'il se tournait vers son père.
« Là, tu ne peux plus te défiler, Severus, » commenta Remus. « Moi, je suis de mars. »
L'homme en noir se leva alors et attrapa les quelques paquets qui lui étaient offerts. Il remercia les deux Maraudeurs pour les livres sur les potions sans partir dans des effluves de sentiments avant de se tourner vers le grand mais fin paquet. Il s'agissait d'une toile qu'Harry avait peinte.
Quand elle fut déballée, le masque impassible de Severus se brisa. Il était ému par le cadeau de son fils.
« Qu'est-ce que c'est ? » demandèrent Sirius et Remus.
« Un tableau, » répondit le Maître des Potions avant de se frotter les yeux pour s'assurer qu'ils ne le trahiraient pas avec quelques larmes. « Merci beaucoup Harry. Ils sont toujours aussi sublimes. »
Harry ne fit qu'un sourire encore plus grand et hocha la tête.
« Montre-nous le chef-d'œuvre de ton fils, Severus, » demanda Sirius, extrêmement curieux.
L'homme le tourna et le présenta alors aux Maraudeurs. Ils purent voir alors le portrait de famille qu'Harry avait réalisé. Il y avait naturellement Severus habillé dans ses éternelles robes noires. Mais là où Poudlard ne le connaissait que pour son caractère sinistre, on pouvait voir une douce expression de bonheur se refléter à travers ce léger sourire et ce regard chaleureux. Il tenait dans ses bras son épouse, Lily, telle qu'Harry la voyait dans son esprit, jeune et belle, dans la vingtaine. Et chacun des deux parents avait une main sur l'épaule d'une tierce personne, plus jeune, leur fils. C'était la première fois qu'Harry faisait un autoportrait et il n'était pas déçu du résultat.
« Très réussi, » sourit Remus avec émotion.
« Merci, » fit le jeune Serpentard qui n'aimait pas vraiment une telle attention, même de la part de ses proches. « C'est… »
Il ne termina pas sa phrase mais Severus comprit plus ou moins ce qu'il se passait dans la tête de son fils pour avoir vu ses souvenirs et détourna alors l'attention sur le Loup-Garou.
« A toi, Lupin. »
Remus tendit le bras et récupéra deux cadeaux d'une taille raisonnable. Des livres. Des romans essentiellement. Cela tombait bien, il appréciait la lecture.
« Merci Sirius, Severus. »
« C'est Harry qui a choisi, » fit Sirius en levant les mains. « Je ne suis pas un grand lecteur et je n'y connais absolument rien. »
« Correction, c'est Maman qui a choisi. Et j'ai d'ailleurs des vues sur l'un d'eux et je l'ai acheté en double. »
« Dans ce cas, merci, Lily. »
'Je t'en prie, Rem !'
Harry ne fit un immense sourire en entendant l'enthousiasme de sa mère dans son esprit.
« A ton tour, Harry, » fit son parrain en poussant deux paquets, un grand et élancé et un autre plus petit et discret.
« Oh Merlin…, » soupira Severus.
« Qu'est-ce qu'il y a Papa ? »
« Je vais avoir une crise cardiaque dès l'instant où je te verrai sur ce balai. »
« Hmmm… » Harry déballa le dit balai. « Un Eclair de Feu. »
« Le plus rapide sur le marché en plus, » soupira le Maître en Potions. « Black, tu veux ma mort ? »
« Il est très doué. »
« Tu ne m'as jamais vu voler, Sirius, » commenta Harry.
« Mais je t'ai vu attraper des objets au vol pendant près de trois semaines. Tu es un attrapeur. »
« Je ne prendrais pas le risque de me frotter à Malfoy pour prendre sa place dans l'équipe. Hors de question ! Je préfère encore récurer des chaudrons jusqu'à la fin de mes jours. »
« Ce n'est pas très Gryffondor … »
« Il est marqué Serpentard sur ma tête, Sirius, je suis désolé. Le Gryffondor ne sort qu'en cas d'extrême nécessité pour s'amuser ou pour survivre. Et je ne tiens pas à me suicider parce que j'aurais marché sur les plate-bandes du filleul de mon père. C'est juste s'attirer des ennuis pour rien. Mais sinon, oui je vole très bien. Je ne risque pas de me casser quelque chose ou d'avoir un accident à moins qu'il y ait un imprévu du genre dangereux… »
« Comme ? » demanda Remus, les sourcils froncés.
« Je ne sais pas … Un taré qui me colle aux basques pour me tuer ou une créature du type basilic qui veut me bouffer ? »
« J'en resterai seul juge, » fit Severus, mal à l'aise. « Je ne t'ai jamais vu voler. »
Harry s'apprêta à riposter mais fut arrêté par sa mère.
'Non, mon chéri. Severus a une sainte horreur des balais. Cela fait des années. Il vaut mieux que tu lui montres que tu es capable de voler dessus plutôt que de te lancer dans cette dispute.'
Le jeune Serpentard soupira et hocha la tête.
« Très bien, » concéda-t-il.
« Et toi, Snape ? Tu n'offres pas un cadeau à ton fils ? » demanda Sirius.
« Le cadeau que j'ai à offrir n'est pas transportable, » répondit évasivement le Maître en Potions. « Et c'est uniquement entre Harry, Lily et moi. »
« Tu l'emmènes là-bas ? » demanda Remus.
Severus releva un sourcil.
« Et comment tu sais où est ce 'là-bas' ? »
« Je t'en prie… On connait tous l'histoire de Lily. D'abord mariée avec toi avant d'aller se mettre avec James. Si cela ne regarde que vous trois, c'est que là-bas ? »
« Et ce là-bas, » fit Harry, intrigué. « C'est où ? »
« Tu verras, » répondit Severus avec un sourire en coin.
'Crois-moi, tu adoreras.'
« Okay… le suspense le plus complet. C'est pas dangereux, j'espère ? J'ai déjà eu mon quota de danger pour une vie entière, je pense. »
« Tant que je serai là et ta mère avec toi, non. Tu ne seras plus en danger. Ou alors nous le serons tous ensemble. »
« Et nous serons là aussi, Harry, » fit Remus en montrant les deux Maraudeurs.
« James t'a adopté, Harry, » continua Sirius. « Et je suis ton parrain. Que ce soit dans la paix ou la guerre, on sera là pour toi, même si cela veut dire supporter ton père. »
« J'en ai autant à ton service, Black, » rétorqua Severus avec une voix un peu plus dure.
Pourtant les propos des deux Gryffondors le rassurèrent. Même lui absent pour une quelconque raison, Harry ne serait jamais seul. Il serait toujours protégé et aimé. C'était le plus important à ses yeux, même si c'étaient deux maudits maraudeurs…
« Tu veux voir ce que j'ai à t'offrir Harry ? » demanda le père.
« Hmmm… Vu qu'on doit partir … quelque part, est-ce que je reviens ici après ? »
« Bien sûr, si c'est ce que tu as envie. »
« Avant de partir, ouvre le deuxième cadeau que je t'ai offert, » fit Sirius en poussant le petit paquet à son filleul.
Harry attrapa le dit paquet et l'ouvrit. Il tomba sur un vieux calepin maintenu fermé par une lanière de cuir.
'Oh non.'
'Quoi ?' fit l'enfant en relevant un sourcil.
Tout en demandant cela à sa mère, il avait défait la lanière et ouvert le carnet. C'était un carnet bourré de notes en tous genres. Des conseils vestimentaires, des sortilèges utiles, des farces, …
'SIRIUUUUS !'
'C'est quoi ?'
'C'est le carnet de Maraudeurs !'
« Ah ! … Hmmm… Merci… »
« Regarde au milieu où il y a le signet, » sourit Sirius tandis que Severus fronçait les sourcils.
Il n'avait pas confiance au Sang-Pur qui arborait un sourire en coin. D'autant plus que le Loup-Garou s'était pincé le nez en soupirant avant de lancer un regard un son ami et qu'en plus, Harry avait eu une hésitation et une absence du genre qu'il commençait à comprendre. Il discutait avec Lily. Cela sentait le roussi…
Harry, de son côté, s'exécuta et ouvrit le calepin à la page marquée.
« Comment devenir animagus, » lut-il à voix haute.
« Même pas en rêve, » interrompit immédiatement son père.
« Mais Snape … »
« C'est non, Black ! C'est trop dangereux ! »
« On a commencé à son âge ! »
« Est-ce que tu avais l'esprit et l'essence d'une autre personne dans ta tête ? »
« Euh … non. »
Severus soupira en secouant la tête.
« Devenir animagus veut dire contrôler parfaitement son essence magique. Bien que ce ne soit pas sa faute, Harry ne pourra jamais le faire tant qu'il aura Lily dans sa tête. De ce fait, tenter une métamorphose animale est beaucoup trop dangereux. Alors oui pour le balai, bien que j'ai une certaine réserve, mais animagus, c'est niet ! »
'Il n'a pas tort…,' fit Lily dans la tête de son fils. 'Je vais perturber ton schéma de bien des manières. D'autant plus qu'à chaque fois que tu fais de la magie, une partie de ma propre essence est utilisée. Nous sommes si intimement liés…'
'Sortie de son contexte, cette phrase est bizarre…'
'Deviendrait-on pervers, jeune homme ?'
'Non…'
'Menteur.'
Harry rit doucement, surprenant les trois hommes dans la pièce.
« On peut partager ton hilarité ? » demanda Remus.
« Pas question, » fit le jeune garçon. « Cette fois, c'est entre Maman et moi et je ne cracherai jamais le morceau. »
« Trop gênant ? » demanda Severus avec un sourire en coin.
« Ne demande pas. »
« Pas besoin. On a tous été un adolescent de treize ans. » Il se leva et tendit une main à son fils. « On y va ? Je dois avouer que je ne dois pas rentrer trop tard au château. »
« D'accord, » sourit Harry en attrapant la main. « Je me demande ce que tu me réserves comme surprise. »
« Patience, » fit le Maître en Potions en posant une main sur l'épaule de son fils pour le guider vers la cheminée.
Il attrapa une pincée de poudre de cheminette et la jeta dans l'âtre.
« Manoir Snape, Stonehaven. »
