….Coucou… Ouh, j'ai cru ne jamais vous revoir. Ca faisait longtemps. Vous m'avez manqué !
Dooonc, on va dire qu'il y a eu un grand hiatus depuis la dernière fois. Mais je suis pas morte ! Pas morte ! Aha ! Mais la vie IRL étant ce qu'elle est….Et ça risque de pas aller en s'arrangeant…
Pour faire simple, j'ai commencé cette fic en entrant au lycée. A présent j'ai commencé mes études supérieures. C'est génial, mais c'est assez exigeant et ça demande beaucoup, beaucoup de temps donc….Bah au moins j'aurais une excuse pour pas poster souvent. (ceci était l'euphémisme du siècle).
Alors, ce chapitre à une longueur qui relève de l'épique à ce stade. 70 pages words si vous voulez vous préparer psychologiquement. J'ai longtemps hésité à le couper, mais je voulais finir toute la partie « Sabo qui raconte comment ils sont arrivés dans cette salle » absolument donc….Je ne sais pas si c'est très judicieux, d'autant que j'ai l'impression que c'est très lourd, surtout vers la fin….lisez-le bout par bout si ça peut vous aider, il va se passer beaucoup de choses…Et encore j'ai coupé certaines choses…En plus je l'ai cri tout le long de l'année, je me suis relu, mais j'espère qu'il n'y a pas d'incohérences internes. Je le poste donc avec un peu appréhension, et en appelant à votre clémence. Enfin, si je n'ai pas répondu à des reviews, je m'en excuse aussi, c'est par etourderie.
J'espère malgré tout que ça va vous plaire !
Ah si une dernière chose…Si vous avez pas reconnu la référence dans le titre de ce chapitre, je sais pas quoi vous dire….à part d'aller mater cette fierté nationale qu'est les chevaliers du zodiaque abrégé sur youtube !
Bonne lecture!
Après la capture de Law, et Doflamingo qui le convainc de le rendre immortel avec son fruit (au détriment de sa vie), ASL, Sabo, Luffy, marco et leur clique de nouveaux amis et combattants du colisée arrivent d'une façon remarquée. Face à l'ébahissement général, sabo entreprend de raconter comment ils sont arrivés jusqu'ici….Rappelez-vous, chers lecteurs, Luffy, poussé par son désir d'aventure, sa détermination à retrouver Law, et son ennui face au trop long discours de Marco, était parti en éclaireur en ville. Il fut suivi par ses deux grands frères décidés à ne pas perdre leur élastique, qui avait une certaine proportion à s'attirer des ennuis. Il était eux-mêmes suivi du commandant de la flotte, bien décidé à les ramener près de lui pour éviter une guerre sur Dressrosa, et de Kidd et de killer, un peu en retard à cause d'une vision aberrante de Killer au sujet d'un machin qui parle sortant d'un tonneau…. C'est à Sabo de narrer la suite de leur passage sur Dressrosa….
Ace courait au travers de la ville en fête. Luffy, espèce d'idiot, il fallait qu'en plus tu te perdes le jour où il semblerait que la ville accueillait des centaines de visiteurs ! La prochaine fois il prend son scarabée préféré en otage ! Ah non, il était resté sur l'île….
-Ace ! L'appela Sabo.
Le blond prit l'ainé par le bras pour le forcer à s'arrêter.
-Regarde.
Il désigna du doigt un immense colisée, et une foule compacte devant lui, qui rentrait très lentement. Tout le monde se bousculait, criait, il y avait des gens de toutes sortes de clan : même des géants, et d'étranges humanoïdes.
-C'est le centre-ville, expliqua Sabo.
-C'est compliqué de chercher quelqu'un là-dedans, observa Ace.
-voire dangereux, compléta Sabo. Vu le nombre de combattants….
-Et il y doit y avoir une foule d'enfants là-dedans…
Ils échangèrent un regard.
-….il est là-bas, pas vrai ?
-Bien sûr qu'il est là-bas. Tu sais depuis le temps, qu'il choisira toujours l'endroit le plus dur à retrouver.
-Instinctivement.
-A coup sûr.
-ça doit être codé dans ses gênes…
Tout cela échangé alors qu'ils s'avançaient dans la foule. Sabo observait, curieux, le nombre de personne et le degré d'excitation autour de lui.
-Je vais essayer de me renseigner sur ce regroupement et ce colisée. On sait jamais, si on peut avoir des infos utiles….
Ace fit la grimace. Oui, bien sûr, c'était bien l'essentiel quand Luffy était perdu au milieu de tous ces gens qui criaient et bougeaient trop ! Il observa autour de lui et…
Et soudain, il la vit. Et tout se figea autour de lui.
Elle était magnifique. Tout le monde se tournait vers elle. Et Ace aussi. Surtout Ace. Il s'approcha subjugué.
Alors, c'était ça, la raison de l'effervescence autour. Evidemment, qu'est-ce que ça pouvait être d'autre ?
Il lui semblait que quelqu'un lui parlait à côté. Il n'en eut cure : rien d'autre ne pouvait l'atteindre qu'elle. Il plaqua donc sa main à côté, pour endiguer le bruit énervant, et retourna à sa contemplation mystique.
Il la regardait tellement qu'il allait la trouer. Quel belle vue s'offrait à sa vue ! Ces courbes ! Cette couleur ! Cette forme !
Elle promettait à Ace que bientôt, s'il réussissait à l'obtenir, il deviendrait un homme nouveau. Un grand homme. Un homme digne de devenir le roi des pira…
-Gnace !
Bon. Le type semblait insister. Il tourna la tête. Tiens, c'était Sabo.
-Gnon peut savgnoirceuqueu tu gnfous ?
En effet, il avait sa toujours sa main appuyé sur sa joue droite, ce qui semblait l'interdire de parler correctement. Il la retira, Et son frère put déferler sa colère :
-Non, mais ça va pas ! Ça faisait deux minutes que je te parle, et toi tu…
-Sabo ! Tu l'a vu ? Le coupa soudain Ace.
-Heu….Qui ? Luffy ? Donc, comme j'essayai de te dire….
-Tu as vu comme elle est magnifique !
Sabo ouvrit légèrement sa bouche, sidéré. Il avait du mal à intégrer la dernière parole d'Ace.
-…Houla. Finit-il par dire.
Non, il n'avait pas dit ça.
-Et dire que sans elle, je n'aurai jamais su ce que ça faisait…
Noooon….si ?
Mais Ace pointa son doigt vers un mur :
-Ce que ça faisait de pouvoir en manger un !
-Quoi ?
Sabo tourna la tête vers…Une affiche, magnifiquement coloré, où il était écrit en belle lettre dorées : « le prix de vos rêves est au Colisée ! » et au milieu….Un fruit rouge, composée d'étranges arabesques, et ronds. Un fruit du démon.
-Tu as vu cette affiche ! Enfin, surtout le prix de l'aff…Eh, pourquoi tu soupires comme ça?
-Rien, répondit Sabo.
Puis, il posa une main sur l'épaule de son frère.
-Tu m'as fait super peur, chuchota-t-il.
Décidant de passer outre, Ace se tourna vers le colisée. Il releva la tête, alors qu'une bouffée de vent souleva ses cheveux ondulés. Il lui semblait presque entendre une musique épique accompagner sa décision intérieure.
-Sabo….Mon frère….Murmura-t-il doucement.
-Heu…Ouais ? fit celui-ci, ne partageant pas vraiment l'ambiance dramatique d'Ace.
L'ainé se tourna l'entement vers le blond. Il leva une main sur l'épaule de son petit frère.
-Je dois y aller. Tu ne peux pas comprendre. Il le faut. Ce fruit est trop classe. S'il tombait entre de mauvaises mains, des mains de pouilleux, je ne m'en remettrais pas.
-Heu, Ace…
-Non ! Cria celui-ci, se retourna brusquement, poings crispés. N'essaie pas de m'arrêter. Le pouvoir de la classe n'est pas à sous-estimer. C'est plus qu'un pouvoir. C'est un mode de vie. C'est un combat, et ….
-Ace, t'as pas oublié quelques chose ?
-non. Quo….
Oh. Luffy. Effectivement. Effet dramatique brisé.
Il tourna la tête vers l'affiche…Mais n'hésita pas plus d'un quart de seconde.
-…Tant pis pour le fruit du démon. Luffy passe avant tout. Il faut le retrouver.
Sabo hocha la tête, venant de trouver une autre raison parmi des centaines d'autres de pourquoi il avait de la chance qu'Ace soit son frère.
-Et on a Law à retrouver, crut-il bon de rappeler tout de même Sabo.
-Ouais, bon lui, à voir s'il passe avant le fruit, marmonna Ace. Bon.
Il craqua ces mains, avant d'avancer vers la foule, tandis que Sabo, tête levée, observait les fenêtres du colisée.
-Essayons de choper Lu' avant qu'il ne fasse de trop grandes bêtises...
-Par exemple s'inscrire dans la bataille pour le fruit du démon? Fit Sabo.
-Ouais voilà, ricana l'ainé. Enfin, quand même, pour qu'il ait le temps de faire une aussi grande bourde, il faudrait...
Ace se figea soudain dans sa phrase. Il se tourna vers Sabo. Celui-ci, silencieux, mains dans les poches, montra d'un signe de tête le point qu'il fixait.
Les deux frères observèrent alors, au travers des fenêtres, un homme en armure derrière un bureau, devant une grande pancarte où il était écrit "inscription". Et devant lui, un petit garçon de 7 ans, chapeau de paille dans le dos, qui signait avec application quelque chose. A côté, une petite silhouette de la même taille attendait fébrilement. Finalement, le gladiateur, hocha la tête. Les deux petits êtres sautèrent joyeusement, poings levés, avant de se précipiter dans le colisée.
Sabo, l'air blasé, et Ace, mâchoire ouverte, restèrent quelque secondes devant ce spectacle. Puis, d'un bel unisson, ils se frappèrent le visage avec la main, et Ace conclut sa phrase :
-...Il faudrait juste s'appeler Luffy et être une catastrophe ambulante.
-Et sérieusement : on laisse vraiment des gosses participer à une compétition mortelle pour un fruit du démon? S'exclama Sabo, laissant tomber son attitude désinvolte devant l'absurdité de la chose.
Les deux garçons regardèrent, impuissants et consternés, leur petit frère se perdre dans la foule de combattants qui faisaient minimum trois fois sa taille, pour 4 fois son poids.
Sabo se tourna ensuite vers Ace :
-J'imagine que ça veut dire qu'on va devoir s'inscrire. Et tu sais ce que ça veut dire?
-Oh, oui, répondit Ace.
Et les deux, yeux dans les yeux, en même temps :
-Qu'on va probablement mourir face à des titans venues des quatre coins du monde pour ce fruit du démon.
-Que je vais pouvoir sauver Luffy et récupérer le fruit en même temps!
Silence. Regard consterné de Sabo, une grosse goutte apparaissant sur sa tempe.
-Quoi? Histoire de joindre l'utile à l'agréable, marmonna Ace.
Il se sentit mal à l'aise sous le regard accusateur de Sabo, aussi décida de partir en poussant tout le monde :
-Dépêche-toi, Sabo, on doit vite s'inscrire.
Sabo soupira, puis murmura pour lui-même, en allant le rejoindre :
-Bah Law, j'espère sincèrement que tu n'es pas dans de trop gros ennuis, parce qu'on risque de mettre un moment avant de ne serait-ce commencer à te chercher...
Et au loin, un homme les observa, incapable de bouger, incapable de fixer autre chose que les deux garçons entrant dans le colisée. Quand ils disparurent entre les murs, il tenta vainement de se détourner. Mais ses pieds étaient cloués dans la terre poussiéreuse.
-Monsieur Marco ? Demanda timidement Killer à ses côtés. Tout va bien ?
Marco ne répondait rien. Marco n'arrivait pas à détacher ses gens de l'immense bâtisse, et de foule hystérique devant. Il n'avait même pas entendu Kidd et Killer arriver à ses côtés.
Il sentit quelque chose descendre dans sa gorge. Il avait dégluti. Non, il n'entendait pas Killer. Il n'entendait que le bruit de la foule, et des bouts de phrases des visiteurs surexcités :
-… être une boucherie !
-….un fruit génial…Je ferais tout pour l'avoir…
-t'as vu le nombre de candidats ?
-Ca va être génial….
IL voulait se boucher les oreilles. Mais il était paralysé. Il voulait tourner la tête. Il ne pouvait pas.
Puis une voix, cette fois parfaitement distincte, se mit à murmurer à ces côtés :
-Du sang, du sang, du sang…scandait-elle, tout près de Marco.
Marco ferma les yeux. Comme si ça n'avait jamais empêché l'autre de parler.
-Du sang….Ils sont là pour ça, non ? Du sang, du sang….susurrait la voix.
Elle avait les accents joyeux. La voix était plutôt aiguë. La voix d'un garçon, à peine sorti de l'enfance. Marco connaissait très bien cette voix. Elle le hantait depuis maintenant un an.
Il était là, à côté. Au prix d'un effort surhumain, il réussit à desserrer les mâchoires.
-Dégage…Murmura-t-il.
-Qui, nous ? Grogna Kidd.
Bien sûr, Marco ne l'entendit pas. Marco n'était concentré que sur une seule chose : ne pas le regarder. Ne pas le regarder. Ne pas l'écouter.
Puis soudain la voix changea. Elle perdit ce ton doucereux, elle devint plus grave. Le garçon était devenu homme. Marco ne le regardait pas, et aurait pourtant pu décrire chacune partie de son être, ses vêtements déchirés, quelles parties de son corps étaient en sang, chaque goutte qui l'avait traversé, qui tombait sur le sol de Dressrosa, le sang de l'homme qui souillait la terre qu'on disait heureuse….
-Ça te rappelle des souvenirs, hein, Marco !
L'homme hurlait à présent. Il avait empoigné frénétiquement l'épaule de Marco. Celui-ci sentit soudain quelque chose remonter en lui à son contact. Ni une révolte, ni une parole. Simplement la nausée. Un gigantesque frisson le parcourut.
-Hein ! De bon vieux souvenirs, pas vrai, Marco?!
Marco ne répondait rien. Il n'était occupé qu'à une seule chose : survivre. Il était question de survie. Bloquer sa respiration, bloquer ses émotions, bloquer ses paupières. Ne rien répondre. Attendre que ça passe. Survivre à l'assaut. Ne pas vomir en sentant les gouttes de sang imprégner sa chemise.
-Ça te dégoute, hein, Marco !
L'homme prenait du plaisir à répéter le nom du pirate. Il insistait particulièrement sur ce prénom. Dans toutes ces paroles haineuses, la plus grosse part de haine des trouvait dans les lettres de celui-ci. Il avait une intonation particulière. Une intonation insupportable. Le prénom en sortait tout simplement sali.
-Du sang, du sang, du sang ! Hurlait-il à tout rompre, un gigantesque sourire aux lèvres. Du sang, Marco ! Donne au public ce qu'il veut ! Tu as fait couler le mien, fais couler le reste ! Tu es si doué pour ça ! Tu…
-La ferme !
Et le silence. Le grand blanc, le grand vide des fins de bataille. Ne penser à rien. Sinon…
Rester comme ça, accroupi sur soi, yeux fermés, dans le silence. Hors du monde, hors de soi. Rester ainsi une seconde ou 100 ans.
Le temps qu'il faut pour que la voix grinçante de Kidd le ramène à la réalité :
-Mais il est taré !
Marco déplia son corps, se releva doucement, un peu hébété. Il ne se souvenait plus de la dernière fois qu'il s'était autant dévoilé en face de quelqu'un. Il se tourna vers les deux enfants. Une flamme bleue lui léchait le visage. Elle réparait sa lèvre qu'il avait finie par percer à force de serrer les dents.
Kidd le regardait, sourcil froncé, en colère, comme il avait toujours l'air. Mais une colère…perplexe.
Killer à côté, ne disait rien, comme à son habitude également. Mais il y avait quelque chose dans sa posture tendue qui émeut en quelque sorte Marco. Il était effrayé. Marco eut une expression démunie.
-Je…
Mécaniquement, il se retourna vers l'horreur. Le colisée.
-Génial, ricana Kidd. Le « super-pirate responsable » devient cinglé et les frangins débiles sont en train de s'inscrire dans la bataille.
Marco eut un léger tressaillement. Oui, ils étaient là-dedans. Il les imagina à l'intérieur, trainant dans les couloirs, s'échauffant avant la bataille, recherchant une armure, le sourire goguenard…
Et ses yeux s'assombrirent de colère.
-….Je vais chercher Law, conclut-il.
Et de fait, il s'était tourné vers la plage.
-Bah ? Tu vas pas récupérer les casse-pieds ? Fit Kidd. Nan, je veux dire, ce n'est pas que ça me dérange, mais ils vont se faire écrabouiller là-b...
-Et bien tant pis, hurla Marco. Qu'ils aillent se faire massacrer, puisqu'ils aiment tant que ça les combats inutiles !
Il quitta la ville, poings serrés, laissant Kidd et Killer derrière.
-Ouais, moi j'disais ça comme ça, hein ? Marmonna Kidd, bras croisé, se détournant lui aussi rageusement.
Marco ne s'arrêta de marcher que lorsqu'il fut au bord de l'eau. S'il avait pu, il aurait traversé la mer, quitté ce lieu, il serait resté le plus loin possible de tout ça. Pas en volant. Juste pour marcher. Marcher et ne penser à rien. Faire quelque chose et se libérer l'esprit.
Marco jeta son regard bleu sur la mer. Elle était calme, ensoleillée, s'étendant jusqu'à l'horizon. La mer le calmait toujours. Il avait tant rêvé d'elle étant enfant. La mer promettait la liberté.
Ça aussi il en avait rêvé. D'aussi loin qu'il se souvenait, sa petite enfance n'avait jamais été que rêve d'une liberté qu'il n'avait pas. Bien sûr, ça, c'était avant Barbe-Blanche. Avant eux.
Il se passa une main sur le visage, lentement. Finalement, il ricana nerveusement. Puis, mains sur les hanches, il observa l'horizon.
-J'ai déconné. Ouais.
Bien sûr qu'il allait rattraper les gamins. Les frangins sales gosses, Kidd et son fidèle second Killer, et Law. Il n'allait pas les abandonner.
Aucun enfant ne devrait être abandonné.
Il leva la main vers son épaule. Evidemment, elle était immaculée. Pas la moindre petite trace de sang. Il eut un pauvre demi-sourire, le regard vide.
-Tu me laisseras pas tranquille, toi, hein ?
Il soupira longuement, ferma les yeux, se concentrant sur les bruits de la mer. Elle revenait encore, toujours, régulière. Elle revenait toujours.
Soudain il entendit un craquement. Il rouvrit les yeux, ses sens en alerte. Son haki de l'observation venait de sentir une présence. Une toute petite. Si c'était encore un gamin il se mettait à hurler.
Il se tourna vers l'endroit d'où provenait le bruit.
Il y avait un tonneau, échoué sur le rivage.
-qu'est-ce que…
Il n'y avait aucun navire échoué à l'horizon. Il s'approcha. Le couvercle était étalé à côté. Le tonneau bougeait légèrement.
Peu importe ce qui se trouvait à l'intérieur, ça cherchait à sortir. Marco serra les poings. Il était prêt.
Il se baissa lentement. Et d'un coup, regarda à l'intérieur, poussant un cri pour effrayer tout individu malfaisant. Et là, il tomba sur….
Le vide. Il n'y avait rien dans le tonneau. Si, un crabe. C'était ça qui faisait bouger la minuscule embarcation.
Légèrement honteux, Marco se releva. Il zyeuta à droite et à gauche. Bon, aucun gosse pour le voir faire une erreur si monumentale. Il fallait vraiment qu'il fasse gaffe avec les pics émotionnels. Non seulement il en ressortait déglingué, mais en plus ça sapait ses sens de combattants. Malgré tout ça, il en restait un, après tout.
Puis ses yeux s' agrandirent. Non, il n'avait pas rêvé, il y avait bien une présence. Il se retourna, prêt à débusquer cette créatures aux sens de ninjas, sans doute un assassin hors-pair à la solde de Doflamingo, qui devait camoufler sa présence grâce à des années d'apprentissages qui…
Ah non tiens. Trouvé. Derrière un arbuste, un…machin blanc tentait vainement de cacher ses rondeurs qui dépassaient.
Même sans haki, Marco l'aurait repéré en moins d'une demi-seconde. Il laissa tomber sa position de combat, bouche bée.
La scène dura quelque secondes, sans qu'aucun des deux ne bouge. L'un faisait de son mieux pour se cacher, l'autre était tout simplement trop atterré pour faire quoi que ce soit.
Finalement, Marco se ressaisit.
-Je te vois. Tu le sais, rassure-moi ?
-Désolé.
Marco retint un râle de désespoir. Il commençait à devenir expert. Cette voix fluette, toute timide c'était la voix d'un enfant. Il était maudit. Pourtant, il n'avait pas l'apparence d'un humain...
Le gamin, prenant en compte que le potentiel ennemi le voyait, décida d'agir en conséquence. Il se mit sur le côté au lieu d'être de face. Maintenant on voyait son ventre blanc couvert de poils et un museau dépasser de l'arbuste.
-Ca… ça ne change absolument rien, marmonna Marco, la voix teinté d'un étrange désespoir.
-Oh. Désolé.
-C'est….Mais ça changera rien si tu te tournes dans l'autre sens !
-Désolé, fit le planqué en revenant à sa position initiale, de face.
-Par Devy Jones, murmura Marco.
Il se dit que la scène était tout de même ridicule et qu'il faudrait reprendre les choses en main. Il se racla la gorge.
-Je ne te veux aucun mal, tu peux sortir.
-C'est pas de vous que je me cache.
Marco fronça les sourcils. L'enfant avait dit ça de sa voix douce, effectivement pas vraiment pas effrayé par lui.
-De qui alors, fit-il en chuchotant. Tu as des ennemis à tes trousses ?
Il ne bougeait pas de sa « cachette ». Il devait être vraiment effrayé. Et bien sûr ce fut à ce moment que Marco eut une crise.
De gentillesse. Ça lui arrivait souvent. Un peu trop ces temps-ci d'ailleurs.
-Je peux t'aider si on te veut du mal. Je m'appelle Marco.
-Marco, répéta la voix en écho.
-Je fais partie de l'équipage de Barbe-blanche.
-Barbe-Blanche.
L'enfant, à ces deux noms, semblait agité. Finalement, lentement, il laissa sa tête entière sortir de sa « cachette ».
Marco avait raison. Ce museau, cette fourrure blanche, ça n'appartenait clairement pas à un humain.
-Un gamin mink.
-Désolé.
-C'est amusant, dit Marco, j'ai l'impression de t'avoir déjà ….
-Il est parti ?
-Qui ça ?
Le mink laissa sortir son bras et pointa une griffe vers le tonneau.
-Le crabe. Il est sorti ?
Marco se retourna vers le tonneau. Le fixa plusieurs secondes, silencieux. Puis se retourna vers le mink.
-….Un crabe ?
-Oui, il est entré dans mon embarcation. J'ai dû m'enfuir.
Marco hésita entre rire et pleurer. Finalement il alla vers le tonneau, et fit sortir l'odieuse créature d'un coup de pied.
-Maintenant, il n'est plus là. Tu peux complètement sortir, sourit-il au petit mink.
Celui-ci sortit complétement, tête rentrée. Il avait le profil d'un mink de l'ours. Et d'effectivement d'un enfant. Et décidemment, il disait quelque chose à Marco.
-Merci, Marco, fit le petit.
Il se dirigea en trottinant vers son tonneau et se remit à l'intérieur. Il avait juste la place pour faire entrer son corps mais ses bras dépassaient. Comment il avait réussi à en sortir sur cette plage, c'était un mystère.
Il tenta de retourna dans l'eau, mais tout ce qu'il réussit à faire, c'est de tomber avec son tonneau.
-Oups.
Il tenta vainement de retourner vers la mer, mais il roulait du mauvais côté.
Devant un tel spectacle, Marco sentit vraiment toute la tension accumulée devant le Colisée s'évaporer et il se mit à rire franchement. Puis il alla rattraper le tonneau et le leva jusqu'à sa tête.
-Merci, Marco. Et désolé.
-Tu es sûr qu'on ne s'est pas déjà rencontré ? Je connais très bien la tribu Mink et…
Il pencha la tête de côté :
-Tu ressembles beaucoup à un bon ami à moi. Zepo.
A ce nom, le petit visage poli de l'ours s'éclaira :
-Tu connais mon frère ! Je le cherche depuis des jours !
Marco claqua des doigts :
-Mais oui ! tu es le petit frère de Zepo ! Tu es Bepo ! Il nous avait déjà présenté ! Et…
Il réalisa soudain ce que venait de dire le mink :
-…Attend. Comment ça tu le cherches ?
Luffy souriait de toutes ses dents depuis qu'il était arrivé en ville. Trop cool, y'a la fête! De la musique, et des filles avec des robes bizarres qui dansaient, et des singes en peluche qui sautaient de partout, et des robots qui lançaient des confettis, et un petit soldat qui roulait, sa baïonnette levée...
Oui, Luffy trainassait dans la ville depuis maintenant 10 minutes, et il mettait les jouets vivants au même niveau que la musique. Luffy n'avait presque jamais eu de jouets, de toute façon, il lui manquait un point de comparaison. Et de la logique.
Bref, il trottinait gaiement. C'est que Marco commençait à utiliser plein de mots compliqués, et il parlait trop lentement. En fait, le problème, c'est qu'il parlait trop. Du coup, il s'était dit, autant partir en exploration !
Et si au début il s'était demandé s'il n'aurait pas dû prévenir Sabo, surtout qu'il se souvenait vaguement qu'il lui avait ordonné de lui dire s'il voulait partir seul, l'idée s'était vite évaporée quand il avait vu toutes les merveilles de la ville.
Alors qu'il s'était arrêté pour regarder avec admiration la couverture d'un restaurant, il se frappa la tête du plat de sa petite main :
-Traffy !
Traffy devait être ici, dans cette ville, et affamé ! Il fallait le trouver ! il jeta un regard de côté sur le menu du jour du restaurant, avant de brusquement se retourner.
-Non ! Trouver Traffy d'abord !
Il sentit une goutte de transpiration glisser sur son front. Il n'imaginait pas que retrouver quelqu'un demanderait tant de force d'esprit. Il essaya de se focaliser sur la manière de trouver Law. Mais comme il n'avait aucune idée de la façon de procéder, il décida d'imiter Sabo. Son frère disait souvent que se mettre à la place de l'autre aidait beaucoup. Il disait toujours ça quand Luffy s'absentait plus de deux heures. En général, il le retrouvait dans les marécages, à collectionner les scarabées, perdu dans les bois, ou plus simplement dans la bouche d'un crocodile géant. Mais c'était pas sa faute, à chaque fois, l'animal ouvrait sa bouche gigantesque, et avalait ses scarabées ! SES scarabées ! Personne n'avalait ses scarabées ! Il avait une fois demandé à Ace de les récupérer pour lui, mais il lui avait ricané au nez ! Alors il avait pleuré (un peu) et du coup Ace s'était senti coupable et y était allé, mais il s'était fait avaler aussi, et ….
Luffy se mit deux petites tapes sur les joues. Concentré, Luffy !
Il imita donc la fameuse posture de Sabo quand il réfléchissait –bras gauche croisé, bras droit appuyé sur bras gauche et levé vers le menton, poing droit soutenant le menton- et il posa la question :
- Si j'étais perdu sur une île, qu'est-ce que je ferais ?
Petit à petit, les yeux en étoiles, il s'en retournait vers le restaurant. A l'intérieur, quelqu'un mangeait avec application un énorme plat étrange. Ça avait l'air très bon.
-J'irais trouver de la nourriture, murmura Luffy.
Ce qui était d'ailleurs vrai, et la réponse le satisfit beaucoup.
-Traffy est dans ce restaurant, conclut-il encore, de la bave aux commissures des lèvres.
Comme un zombie, bras en avant, il se dirigea vers la porte du restaurant :
-Traffyyyy…..Viaande….Outch !
La dernière partie, il la cracha après qu'une forme rose et bleue lui soit rentré dans le ventre. Il se releva en colère. Il détestait être dérangé dans sa quête de Traffy ou de nourriture ! il se releva donc et sauta en l'air, poings levés.
-Eh oh ! Ça va pas de fon….
Mais la silhouette s'était déjà relevée et commença à s'enfuir, les bras chargés de victuailles. Détail qui n'échappa pas, bien sûr, à Luffy. Le restaurant était vraiment généreux de donner autant, et la petite fille à la robe bleue et à la cape rose devait sans doute se dépêcher de rentrer chez elle pour tout déguster !
Il avisa alors que dans l'accrochage avec la petite fille, de la nourriture, (notamment une magnifique pièce de jambon) était tombé à ses pieds. Le cerveau de Luffy raya toute pensées logique quand il aperçut le jambon.
De. La. Viande !
Il était en train de mordre à pleine dent dedans quand une femme, une toque blanche sur la tête et une louche à la main, sortit férocement à son tour.
-Où est cette petite chapardeuse ?! Hurla-t-elle, en repliant ses manches.
Elle aperçut alors Luffy, en train de manger, la regardant avec ses grands yeux noirs. Elle eut un sursaut d'horreur : ce galapiat venait de s'avaler un jambon entier ! Elle pointa une louche accusatrice vers lui :
-Toi ! Tu es complice avec cette voleuse, n'est-ce pas ? Attends un peu que je vous attrape !
-Ouah !
Luffy esquiva à temps la louche qui s'abattit sur le sol, en y créant un large trou. Ne jamais sous-estimer la colère d'un cuisinier. Tatch pouvait en dire quelque chose.
Luffy, en attendant, avait compris qu'il ne serait pas vraiment le bienvenu dans ce restaurant. Il prit dans ses petites jambes à son cou. Mais comme le principe moral numéro 1 de Luffy (ex equo avec le fait de ne jamais laisser tomber ses frères) était de ne jamais gâcher la nourriture, il allongea ses bras pour récupérer les victuailles restées sur le sol. Puis il fit de son mieux pour semer la folle à la louche dévastatrice.
A force, de courir, il arriva à la hauteur d'une forme rose et bleue, elle aussi portant beaucoup de nourritures.
-Je crois qu'elle te cherche ! Lui cria Luffy.
-Je parle pas aux inconnus ! Répliqua la petite fille.
Elle tourna la tête et agrandit les yeux. La cuisinière était furieuse, et les rattrapait ! La petite fille avait de courtes jambes et les bras remplies de nourritures. Luffy, à ses côtés, remarquant qu'elle perdait du terrain, se retourna d'un coup, et arma son poing.
-Qu'est-ce que tu vas faire, mor….
Luffy n'entendit pas la fin de la phrase, étant donné que la cuisinière était rentrée en collision avec un poing élastique et qu'elle fit le chemin inverse en volant.
La fille à couette s'arrêta et revint lentement vers Luffy. Les deux enfants, tête levée, regardait la cuisinière s'envoler vers d'autres cieux.
-Waah. Murmura juste la fillette…Pas mal. Merci.
Luffy fit un grand sourire. Il se souvint alors d'une chose. Sabo insistait beaucoup là-dessus. Quand il piquait de la nourriture, il fallait toujours revenir vers le commerçant, s'incliner, et lui dire :
-Merci pour ce repas ! Hurla Luffy, mains en porte-voix pour que la femme, qui n'était plus qu'une étoile à l'horizon, puisse l'entendre.
Ace trouvait ça un peu idiot. Il disait que ça servait à rien d'être discret pour chaparder si c'était pour revenir dire « coucou c'est nous qui avons piqué tes trucs ! ». Mais il ne disait pas coucou, il disait merci, pas vrai ? Sabo répondait, intraitable, que c'était une question de politesse. On pas été élevé dans une étable, criait-il! Bah non, il avait été élevé chez des bandits, mais…Et puis après, il se mettait des gnons, et….
Et à ce moment-là, Luffy décrochait.
A moins qu'il n'ait décroché depuis le début.
Il cligna des yeux à un petit bruit agaçant. La fillette claquait des doigts devant ses yeux.
-Tu m'écoutes ! C'est toi qui m'as piquée le reste de nourriture ?
-Il était tombé par terre ! Répliqua Luffy en faisant la moue.
-Ouais, bah c'était pour moi et pour monsieur le soldat!
-Ah ouais ? Bah, heu…Moi c'était pour moi et mon estomac !
-T'es trop bête ! Cria la fille.
-C'est toi qu'es bête !
-Nan, c'est toi !
-Même pas vrai ! Sabo, il dit que ch'uis juste lent à la détente !
-Long à la détente et voleur !
-Ah oui ! Bah t'avais qu'à pas faire tomber de la viande ! Ça se fait pas tomber la viande !
Les deux étaient front contre front, les sourcils froncés, les poings pliés en arrière, de la fumée sortant de leur narine, dans une pose on ne peut plus mangatesque.
Finalement la fillette fit un pas en arrière, souffla un coup, et reprit une tête normale, quoique blasée.
-Bon, marmonna-t-elle en croisant les bras. Tu m'as aidée alors…alors on va dire que ça va pour cette fois.
-Ah bon ?
Luffy reprit aussi sa tête normale, et fit la moue.
-D'accord.
Les deux enfants ne se regardaient pas. Les bras croisés, ils regardaient soit le toit de la maison, soit leur pieds, pas vraiment à l'aise avec l'autre.
-Sympa ton bras élastique.
-Ouais. Merci. Et merci pour la nourriture.
-Je te l'ai dit, c'était pas pour toi.
On entendit au lointain les bruits du carnaval. Cela sembla réveiller la fillette qui perdit son air boudeur pour en prendre un inquiet.
-Oh non ! C'est pas vrai ! J'espère que c'est pas trop tard !
-Trop tard pour quoi ?
Mais la petite fille avait déjà pris ses jambes à son cou :
-Faut qu'j'y aille ! Merci !
Luffy la rattrapa quelques secondes plus tard :
-Aller où ? Tu vas chercher encore de la viande ?
La petite, avec la largesse d'esprit qu'o ans, commençait à trouver normale ce petit gars élastique qui semblait vouloir à tout prix la suivre.
-Bah nan, j'ai plus le temps ! Du coup, je vais direct au colisée !
-C'est le nom d'un restaurant ?
Elle tourna une tête dépitée vers lui.
-Mais t'es un estomac sur patte ma parole ! Le colisée, c'est là où les gladiateurs se battent !
Luffy, qui parfois avait vaguement conscience de ne rien comprendre à ce qui se passe, ne demanda pas si le mot gladiateur, qu'il ne connaissait pas, était le nom d'une saucisse traditionnelle. Ça sonnait bien en tout cas. Et ce qui sonnait bien avait souvent rapport avec des noms de viande dans son esprit.
-Et aujourd'hui, il parait qu'il y a un lot exceptionnel ! Un fruit du démon super génial !
-Oh ! Comme mon fruit du gom gom !
Il se mit à étirer son bras, pour montrer à quelque point son fruit était dantesque. Rebecca eut un sourire-grimace, mais ne voulut pas vexer Luffy, qu'elle commençait à trouver marrant :
-Heu…Ouais ! Et y'a tout plein de combattants venus du monde entier pour l'attraper ! Et moi je vais y participer aussi !
-Aah bon ! S'exclama Luffy, mais alors t'es une super combattante !
Elle eut une petite moue frimeuse :
-Oh, sans me vanter, monsieur le soldat m'a appris deux ou trois petits tours…
-Waaah ! faut que je te présente à Ace ! T'es trop cool! Shi shi shi !
La fillette se laissa mousser par les paroles de Luffy, avant de revenir à la réalité, et de s'ébrouer énergiquement :
-Non ! C'est pas vrai ! Je ne participerais pas à ce concours !
-Bah pourquoi ? Demanda Luffy, penchant la tête de côté. Si t'es super forte tu vas atomiser tout le monde, non ?
-Mais d'abord, je veux pas y participer parce que c'est pas bien de blesser les gens !
-Ah bon ? Mais, même s'ils veulent te blesser ou ne pas te donner de la viande ?
-Oui, même pour ça ! On doit jamais blesser les gens, c'est stupide et ça fait que du mal !
Il y eut un petit silence. Luffy regarda devant lui, un petit moment, avant de lâcher :
-Bah il faut vraiment que je te présente à Ace.
La petite fille leva un sourcil interrogatif. Mais elle aussi, elle commençait à décider qu'avec son nouveau copain, elle ne comprendrait pas tout.
-Il serait pas d'accord avec toi. Et moi, je trouve que c'est cool, quand même, la bagarre ! S'exclama Luffy, reprenant son gros sourire aux lèvres. Je me bagarre tout le temps avec mes frères : pour la viande, pour la couverture, pour savoir qui est le plus fort, parce que Ace a dit que j'étais un pleurnichard, parce que Sabo veut pas que j'aille jouer avec les grenouille, parce qu'ils ont pris mon scarabée préféré pour monter un cirque d'insecte…
-Oui, le coupa la petite, bah c'est pas bien ! Ma maman, elle disait qu'il faut jamais faire du mal aux gens ! Elle te dit pas ça ta maman ?
-Bah non, j'en ai pas.
La fillette agrandit les yeux. Luffy, lui était perplexe : comment sa mère pouvait-elle lui dire des trucs comme ça, vu qu'il n'en avait pas ?
-…Désolée…Je voulais pas…
-Bah pourquoi tu t'excuses ?
Luffy était encore plus perplexe. La petite avait l'air triste, et il ne comprenait pas pourquoi. Comme s'il aurait dû se sentir malheureux, ou quelque chose. Bizarre.
La petite écrasa ses larmes bien vite. Elle ne devait plus pleurer. Elle devait être forte, aujourd'hui plus que jamais. Elle se focalisa sur la seconde raison pour laquelle elle ne pouvait pas participer :
-Et si je vais pas participer au tournoi, c'est aussi, parce que…bah les gladiateurs ils seront presque tous plus forts que moi !
-Quoooi ?! Impossible ! Tu es une super combattante ! Cria Luffy, mains sur la tête.
-Oui, mais eux ils seront encore meilleurs !
-Oooh….J'ai super envie de participer !
-T'es trop bête, soupira la petite. En fait j'ai un plan ! Je vais me faire passer pour une participante pour entrer dans le colisée, et pourvoir accéder à certains étages ! Puis je volerais le fruit, et comme ça je serais encore plus super forte !
-Ah ouais, bon plan, approuva Luffy, pour qui tout plan de plus de deux étapes semblait super élaboré.
Ils courraient tous les deux depuis un bon moment maintenant. Ils se rapprochaient du colisée et des exclamations de la foule.
-Mais pourquoi tu veux tant avoir ce fruit ?
La petite s'arrêta brusquement. Luffy freina, puis revint en trottinant vers elle :
-Pourquoi t'as le visage tout pressé comme une orange ? T'es malade ?
-N…Non…enfin si. Je suis malade de ce pays.
Luffy pencha la tête ee fronçant les sourcils :
-C'est possible, ça ?
Un reniflement lui répondit. La petite s'essuya d'un poing crispé, avant de répondre :
-Avant…Avant tout allait bien. Ce pays, c'était un bon pays. Et…Et j'avais encore ma maman. Mais…Je sais pas trop ce qui s'est passé exactement. Je sais juste que depuis Doflamingo est là, tout va mal. Les gens ont faims, et y'a eu plein de jouets… Ils ont l'air content comme ça, mais moi je vois monsieur le soldat, et je sais que des fois il est très triste…Et que beaucoup de jouets comme ça sont tristes…Je le vois bien, même si j'ai l'impression d'être la seule…
Luffy avait désormais les yeux ronds fixés sur sa nouvelle amie. Il était capable d'écouter très bien, quand il fallait.
-Et maintenant, Doflamingo veut encore donner un fruit à une brute sans cervelle qui va surement s'en servir pour faire du mal à son peuple ! Parce que c'est tout ce que sait faire Doflamingo : faire du mal aux gens ! Mais moi, je vais prendre ce fruit, même si monsieur le soldat veut pas que je m'approche du colisée !
Une lueur déterminée passa dans les yeux mouillées de la fillette, qui conclut, les dents serrées :
-Je vais lui montrer que moi aussi je peux l'aider à faire du bien ! Ce pays, c'est pas le pays de la joie, c'est le pays des larmes qu'on cache ! Mais je vais aider à faire en sorte que ce pays aille mieux !
Luffy fit une moue, un moment. D'un regard, il engloba les maisons, les gens, les jouets, qu'il voyait, et il déclara :
-C'est marrant, ton pays, il ressemble au mien.
-Ah bon ? Murmura la petite.
-Ouais. Sabo dit toujours qu'il faudrait un vrai héro pour tout changer. Et toi…
Il fit un de ses fameux sourire à la petite, mains sur les hanches :
-Toi, quand tu parles comme ça, t'es vraiment la meilleure combattante du monde !
La petite le fixa, un instant, puis finalement, écrasa les larmes avec un petit sourire :
-T'es vraiment trop bête, toi, murmura-t-elle à son nouvel ami.
-Ça va ? tu vas mieux ?
La petit hocha la tête, et se tourna vers le colisée, prête à l'affronter. Mais Luffy voyait qu'elle était encore triste, au fond.
-Au fait, comment tu t'appelles ? demanda-il. Moi c'est Luffy.
-Salut Luffy. Moi c'est Rebecca, fit-elle en reniflant.
-Tu veux mon tee-shirt pour te moucher ? Proposa-t-il.
Le garde qui s'occupait des inscriptions regardait toutes les deux minutes l'heure d'un regard ennuyé. Ce n'est pas que le travail manquait, les gens étaient impatients de la compétition et les inscriptions pullulaient. A peine si il avait le temps de souffler. A peine s'il ne commençait pas déjà la bagarre, là, dans le hall, pour atteindre son bureau. Tête dans la mains, regardant à peine les compétiteurs, il en avait marre. Les boulots par intermittences, c'était vraiment trop nul. C'est pourquoi, quand le gros colosse de 3 mètres qui étaient en train de mettre son nom se mit à hurler parce que deux gosses lui mordaient le mollet, il ne réagit pas plus que ça. Il se dit juste qu'effectivement, quand on était haut comme trois pommes, et qu'on était entourés de gros géants voulant tous s'inscrire les premiers, il fallait un peu jouer des mâchoires pour réussir à atteindre son bureau.
-Bonjour. Nom et signature, s'il vous plait, marmonna-t-il d'une voix mécanique en tendant les fiches.
Il entendit des chuchotements, et il ne s'intéressa pas outre mesure à ce que les deux petits disaient. Ils n'étaient même pas à la bonne hauteur les bras levés pour attraper le stylo et signer. Soudain, il vit une tête de petite fille coiffée de deux tresses roses apparaitre, et se mettre à tanguer, comme si elle était sur un équilibre précaire, attraper comme elle pouvait le stylo, et faire une croix maladroite sur le papier, avant de disparaitre brusquement. Machinalement, la tête toujours dans sa main, le regard bovin au loin, le garde changea le papier, tandis qu'une tête à chapeau de paille apparaissait maintenant, et attrapait le crayon avec le même bras tanguant, et faire la même croix aux traits de traviole, et redescendre brusquement.
-Bienvenu dans la compétition, suivants, fit le garde, la voix éteinte, mettant devant lui un nouveau papier.
Les deux petits ne faisaient pas plus attention à lui qu'il ne faisait attention à eux, et il entendit les petits voix fluettes s'éloigner vers les vestiaires en entendant sans comprendre la conversation
-T'es lourd, ronchonna la fillette en se massant les épaules.
-Ouais, bah toi aussi, n'empêche que j'ai réussi à te porter plus longtemps.
-Ouais, mais c'est mon plan de venir ici, alors au final c'est quand même moi qui ait gagné ! T'as vraiment signé toi ?
-Nan, je sais juste écrire mon nom, Sabo m'apprend à écrire, mais c'est compliqué. Et comme ça bougeait trop, j'ai fait une croix pour aller plus vite.
-Moi aussi, je sais pas tout à fait écrire…
Et le reste de la conversation alla se perdre dans le néant du brouhaha du vestiaire. Il s'écoula cinq minutes (et une vingtaine d'inscriptions à la chaine) avant qu'il ne se redresse brusquement. Mince, il avait quand même pas permis à deux gosses de participer à ce truc de barbare quand même ?! Que des abrutis finis veulent écourter leur vies en croyant entrer dans l'histoire, ils étaient majeurs et vaccinés, mais pas des gosses !
Il scruta le couloir désert. Aucune trace d'enfants. Il avait dû rêver. Après tout, 80 % de ces imbéciles signent d'une croix, donc c'était impossible de les différencier. De toute façon la cadence était telle, et le boulot si assommant, qu'il ne se souvenait pas de tous ces gros tas de muscles venant mettre une croix sur un papier
L'esprit serein, le garde par intérim retourna à sa file de futur massacré. Le temps de reprendre ses esprits, une dizaine de papier d'inscription avait été signé.
-Eh, Rebecca ! Regarde celui-là !
Les deux enfants avaient trouvés l'armurerie. Tandis que le reste des gladiateurs s'échauffaient, eux avaient essayé la plupart des casques, des armures, des épées, ridiculement trop lourds et trop grands pour eux. Luffy venait de tendre à Rebecca un casque à plume, qu'elle réussit à mettre sur ses cheveux roses, avant qu'il ne tombe à l'arrière, trop grand pour sa petite tête.
-Ils pourraient faire des équipements adaptés, quand même, râla-t-elle. Tiens, regarde les épées là-bas !
Elle désignait deux épées en bois, sur les étagères.
-Bah, tu veux pas essayer une vraie épée ? Murmura Luffy.
-Non, j'aime pas ce qui pourrait blesser, déclara catégoriquement Rebecca. Et puis celle-là ressemble à celles que j'utilise pour m'entrainer avec monsieur le soldat…
Penser au jouet estropié qui était parti tôt ce matin, et lui avait demandé de rester chez eux et de ne pas approcher le colisée lui tira des petites larmes dans les yeux, qu'elle essuya vite.
Une vraie combattante. Comme Luffy a dit.
-dites donc, les jeunes.
Les deux petits tournèrent la tête. Autour, et sur eux, des armures trois fois trop grandes, des épées et des haches partout, des casques de toute formes. L'homme qui les avait apostrophé était un très grand homme, arrondi, au sourire bonhomme, et à la forme du crane…particulière. C'était une espèce de grand pic de presque un mètre. Rebecca, ébahie, se dit qu'il devait avoir été entrainé par une espèce de monsieur soldat qui avait dû lui donner trop de coup sur la tête pour l'entrainer. Quant à Luffy, tout aussi abasourdi, il se dit qu'il devait avoir des frères qu'il avait dû beaucoup énerver pour avoir tant de bosses d'un coup qui avait formé ce pic. Même lui n'avait jamais atteint ce stade.
-Vous avez mis un sacré bazar dans les armures.
-D…Désolé ! S'écria Rebecca, arrêtant vite l'observation de cette protubérance. Ce ne fut pas le cas de Luffy, qui hurla :
-T'as un crane trop bizarre le vieux !
Son amie lui donna une tape sur la tête, furieuse devant un tel manque de civilité, mais le vieux ne fit que sourire.
-Effectivement, mais saches qu'il s'agit de ma plus grande fierté. Je pourrais sans doute briser beaucoup de choses avec cela. Moi, Don chinjao, je n'haïrai rien de plus que l'homme (ou sa famille) qui me l'abimerait. Enfin ! Ce n'est pas prêt d'arriver ! Ricana l'homme.
-si tu le dis ! Fit Luffy, riant aussi, sans trop savoir pourquoi.
-bon, mais rassurez-moi, vous ne comptiez pas participer à ce tournoi ?
-Non ! S'écria Luffy. Rebecca, elle veut pas.
La petite fille se raidit. Faire semblant de s'inscrire pour entrer dans le colisée, c'était le plan, mais après, tout était bon pour qu'on ne les jette pas dehors. En soi, Luffy n'avait rien dit de compromettant, ou qui aurait pu leur nuire, puisque don Chinjao semblait réprouver qu'il participe à la compétition, mais elle savait à présent que le petit ne savait pas tenir sa langue, et raconterait n'importe quoi.
-Je vois, eh bien, écoute ton amie. Je ne voudrais pas qu'un enfant soit blessé.
Il jeta soudain regard terrifiant au loin :
-A moins, bien sûr, qu'il fasse partie de la famille de celui qui s'en prendrait à mon crâne.
Puis, reprenant aussitôt son air calme :
-Mais personne ne pourrait réussir cet exploit.
Il s'en alla, mains dans le dos, laissant les deux enfants se regarder :
-Il était un peu bizarre, dit Rebecca.
-Ah bon, tu trouves ? S'étonna Luffy. Moi je l'ai trouvé sympa.
Une voix, soudain, depuis des escargophones, indique aux combattants d'aimablement se préparer, car la compétition commençait dans 10 minutes. Rebecca prit le bras de Luffy.
-viens ! Le pressa Rebecca en lui prenant la main. On doit se cacher en attendant que tout le monde rentre dans le ring. Ensuite, quand le calme reviendra, on trouvera un moyen de voler le fruit.
Ils allèrent, laissant au passage armures et armes par terre, donc dans un couloir plus calme, tandis qu'hommes et femmes se dirigeaient avec empressement vers le lieu de la bataille.
-Je trouvais quand même celle avec des pointes plus classe, affirmait Luffy, au sujet d'une dispute qu'ils avaient eu récemment avec Rebecca pour savoir si la massue à pointe, ou l'épée longue.
-Hum.
Luffy tourna la tête vers la petite fille. Assise sur un banc à l'égard de l'agitation, les poings serrés entre ses petites jambes, et les yeux baissés. Elle faisait encore ce reniflement un peu pénible.
-T'es encore en train de pleurer ?
-non ! Se récria Rebecca, la voix laissant passer un sanglot, son regard s'accrochant à un point derrière Luffy.
Luffy pencha la tête. Ace n'aimerait vraiment pas quelqu'un qui pleure tout le temps. Mais lui il avait arrêté de pleurer. Presque.
-T'es triste pour ta maman ?
Rebecca eut un frisson, mais ne tourna pas le regard. Luffy était décidemment déroutant.
-Dans…dans le colisée…Y'a…Y'a celui …qui…a…maman….
Son corps supportait de gros sanglots qu'elle s'efforçait de maitriser. Une guerrière.
-Doflamingo ?! Il est ici ?!
-Mais non ! Diamante ! L'un de ses lieutenants ! C'est lui qui…
Elle n'acheva pas sa phrase, et Luffy, sans comprendre clairement, ne chercha pas à la forcer de continuer. Toute droite et tremblante, elle fixait toujours derrière lui le fameux point. Luffy, curieux, tourna la tête.
Parmi toutes les statues et décorations antiques du colisée, la statue que fixait Rebecca n'était pas vraiment la plus imposante. Pourtant Luffy écarquilla les yeux et sourit face à la puissance qu'il sentait dégager de l'homme de marbre, austère et tenant une épée devant lui.
-wah ! Il a l'air super fort !
-Il l'était.
Derrière, Rebecca s'était un peu calmé.
-C'était le héros du colisée. Diamante dit qu'il est le meilleur, mais…
Elle eut une moue méprisante :
-Lui, il n'en ferait qu'une bouchée.
Luffy se pencha sur le petit texte en dessous pour le déchiffrer, avant de se rappeler après plusieurs secondes qu'il ne savait pas lire.
-C'est Kyros, lui dit Rebecca.
-Ah bon. Eh ! Je croyais que tu savais pas lire.
-Je sais UN PEU lire ! Se rebiffa la petite.
-alors t'as lu l'inscription.
-Non.
Luffy fronça les sourcils :
-alors comment tu sais qu'il s'appelait Kyros ?
-J'le sais, c'est tout ! Cria Rebecca, s'énervant face à l'insistance du petit.
-ah ouais ! Et comment ça se fait! Si ça se trouve t'inventes ! Cria à son tour Luffy, collant son front à Rebecca, s'énervant à son tour.
-non ! C'est pas vrai ! C'est monsieur le soldat qui m'la dit !
-C'est qui d'abord, ce monsieur soldat dont tu parles tout le temps !
-il est très gentil ! Et super fort ! C'est lui qui veille sur moi et m'apprend à me battre. Il ment jamais !
-Ah bon ?!
-Ouais !
-Alors ça doit être vrai ! Shi shi shi ! Rigola Luffy, retirant instantanément son front en se calmant instantanément.
Rebecca resta ébahie, une goutte sur la tempe, avant d'elle aussi se calmer.
-Il m'a beaucoup parlé de lui. Surtout au début, murmura-t-elle. Quand on s'est rencontré. Il pouvait m'en parler des heures. Au début il disait : « tu t'en souviens ? ». Mais moi je l'ai jamais connu. J'imagine qu'il voulait juste savoir si je suivais et que j'oubliais pas ce qu'il disait. Il me disait tout sur lui, sa vie, sa force, sa loyauté envers Dressrosa, à quel point il aimait sa famille…Puis au bout d'un moment il a arrêté de m'en parler. Parfois, pendant l'entrainement, je le taquinais, en disant que je serais bientôt aussi forte que Kyros. Il faisait semblant de rire, mais je voyais bien que ça le rendrait triste, alors j'ai arrêté.
Il y eu un silence méditatif. Luffy s'assied à côté de de Rebecca sur le banc, et en balançant les jambes, observa la statue.
-Je sais pas pourquoi, mais ça me calme de la regarder, fit soudain Rebecca, le ton plus bas qu'un murmure.
-Moi ça me donne plutôt envie de m'entrainer pour devenir aussi fort !
Rebecca rigola brièvement, puis sembla soudain de nouveau soucieuse.
-Luffy ?
-Hum ?
-J'peux te poser une question…indiscrète ?
Elle avait peur de poser la question. Mais elle commençait à comprendre de mieux en mieux la personnalité de Luffy. Si quelque chose le gênerait, il le dirait clairement, et tant pis. Elle attendit la réponse de Luffy qui tardait à la donner, le visage tendu.
Luffy, qui, de son côté, cherchait à savoir si « indiscrète » était le nom d'une spécialité locale ou celui d'une arme. A moins qu'il n'est mal entendu, et qu'elle cherchât simplement p oser une question à un certain « discraite ».
Décidant qu'il n'y comprenait rien, et que ça n'avait pas d'importance, il répondit en souriant :
-bien sûr, vas-y !
-Ta maman…Comment…Enfin, pourquoi t'as pas de maman ?
-Je sais pas, j'en ai jamais eu, je crois.
La réponse avait fusé avec une rapidité qui choqua presque la petite.
-Mais tout le monde a eu une maman ! Au moins un petit peu.
-ah bon ! Fit Luffy, étonné.
Il se demanda un instant si Makino ou Dadan rentrait dans la catégorie maman. Mais il ne comprenait pas trop ce que sous-entendait ce terme, ni pourquoi Rebecca y attachait tant d'importance.
-Et…Elle te manque pas ?
-Je sais pas. Je me suis jamais posé la question. Mais Ace, lui, dit que les mamans sont des héroïnes et qu'elles méritent le respect. Oh, mais après il dit que les papas eux sont des minables et sont vraiment pas nécessaires.
Rebecca était un peu abasourdie qu'on puisse se soucier aussi peu de sa maman. Triste aussi, que Luffy n'est pas connu la sienne. Mais après tout, ce malheur était relatif. Elle-même croyant n'avoir jamais connu son père ne s'était jamais posé de question sur son absence.
Soudain, devant eux passa deux hommes, des sous-fifres de Doflamingo. Ils transportaient quelque chose qui semblait assez volumineux, mais en le portant à deux. Ils firent une pause à quelques pas d'eux, sans faire attention aux enfants. Tandis qu'ils s'éloignaient un peu, Rebecca donna un coup de coude à Luffy.
Elle mit un doigt sur ses lèvres pour lui imposer le silence, puis, par précaution, plaça sa main devant sa bouche :
-On a une chance phénoménale !
Luffy se demanda encore si phénoménale était relié à la nourriture. Surement : Rebecca avait l'air très contente.
-Je sais comment on va voler le fruit.
Le garde s'occupant des inscriptions avait envie de hurler de joie. Enfin, dans quelques minutes, cette horrible mascarade serait fini, il irait empocher sa paye et tacherait d'oublier les têtes d'imbéciles des participants au tournoi en sortant avec les copains. Quoique eux, leur travail ne commençait qu'avec la compétition et ne se finissait qu'avec elle. Tu parles d'une idée débile, d'accepter un poste de commentateur quand on n'y connaissait rien.
Il bouclait les dernières inscriptions des retardataires de plus en plus vite, leur jetant presque le papier à la tête, et du reste les gens avaient trop peur de rater le début du tournoi pour s'attacher à des choses stériles comme la politesse. D'ailleurs même les premiers n'avaient pas attaché beaucoup d'importance à la politesse….Qu'on lui en reparle, des boulots par intérim !
Dans cette état d'esprit, il n'associa vraiment les deux petites mains qui avaient saisi le papier et signé (avec des simples prénoms, mais ça changeaient des croix) à des enfants que quelque minutes après qu'ils soient entré.Il tourna de nouveau la tête sans les voir mais se rassura cette fois bien vite. Impossible que par deux fois, l'idée improbable que des enfants s'inscrivent à une un tournoi d'arène sanglant et mortel se reproduise ! Il avait dû rêver, comme la première fois, son esprit avait cherché des distractions
Il boucha la dernière inscription avec un cri de joie. Pour un peu, il en aurait embrassé la tête tailladé du dernier candidat, qui ne l'aurait peut-être pas très bien pris…
Quelle effervence au colisée, alors que la compétition était sur le point de commencer. Les deux commentateurs s'échauffèrent la gorge, avant de prendre leur micro et de commencer le show….
-Bonjour Jean-Pierre !
-Salut Jean-louis, et bienvenu à ce grand tournoi organisé à la capitale de Dressrosa, par notre cher roi bien-aimé Doflamingo !
-L'ambiance est effervescente, les candidats qui rentrent petits à petits semblent au comble du bonheur, ce qui est, je crois, aussi le cas de notre cher public !
- le saignement de mes oreilles face à leurs cris d'allégresse penche en tout cas pour cette théorie.
-tout à fait, Jean-Louis. Voici donc l'arrivée des valeureux guerriers, des véritables héros, qui vont s'entretuer pour notre plus grand plaisir dans l'espoir de remporter le prix de la journée !
-de vrais exemples pour la jeunesse ! Et pour le plus grand plaisir des fans, voici… (Passe-moi la liste là) quelqu'un des participants aujourd'hui ! Voici par exemple Don Chinjao, surnommé « le trépassé » !
-Le « trépan », Jean-Louis, et oui, voilà un pirate qui ne manque pas de poids pour une compétition de cette ampleur ! Oh, et voici, là, un…mec à longue jambe…
-Ideo, oui, Jean-Pierre, de la tribu des longues-jambes !
-Une véritable pub vivante pour les sociétés de crème dépilatoire !
-Vous m'ôtez les mots de la bouche, Jean-Pierre ! Oh, et voilà que s'avance…
-Blue Gilly, de la tribu…Si l'autre s'appelait longue-jambe, j'imagine que celui-là vient de la tribu des longs-bras !
-Brillant esprit de déduction, Jean-Pierre ! bien pratique pour se gratter le dos ! Ou pour envoyer son adversaire au tapis à coup d'uppercut !
-Beau résumé, Jean-Louis ! Oh, mais que vois-je…Deux…Attendez, je vois peut-être mal…Mais si, deux hommes en train de lécher leur sabre rouillé…
-Nous rappelons aux familles que le vaccin contre le tétanos est un parcours capital pour la vie de votre enfant !
- Bel esprit de citoyenneté, Jean-Louis ! Si j'en crois mes fiches, voici Jett et Abdullah, deux…Tueurs à gages ? (est-ce seulement autorisé ?)
-(Il semblerait, mon cher Jean-Pierre, par rien de moins que le monarque Doflamingo)
-Alors, si c'est autorisé par Doflamingo, c'est que ça doit être vrai et juste ! Loué soit votre souverain, brave gentes de Dressrosa !
-Aaah, écoutez-les s'égosiller à l'écoute de son nom, Jean-Pierre ! Ils aiment beaucoup leur souverain !
-Ou les tueurs à gages. Mais dites-moi, Jean-Louis, le temps se couvre-t-il ? Pour une si belle compétition, ce serait dommage !
-Vous n'y êtes pas du temps, Jean-Pierre ! C'est simplement Harjurdin, le géant, venu se mesurer aux autres concurrents !
-Ouh, « se mesurer », elle est bonne, Jean-Louis !
-Pardon ?
-Non rien. Et je crois qu'on a fait le tour des grandes pointures de ce tournoi ! (en tout cas ceux sur notre fiche) Ne voyez-vous personne qui sortent un peu de l'ordinaire avec votre œil avisé, mon cher Jean-Louis !
-Ma foi, les autres m'ont l'air ordinaire pour ce genre de compétition. C'est-à-dire sauvage, barbare, et prêt à faire gicler le sang !
-Notre public semble approuver votre déclaration ! En fait, je commence à me dire qu'ils approuvent chaque phrase comportant le mot sang ou trippe…
-Mais dites-moi, mon bon Jean-Pierre, est-ce moi qui aie du mal avec l'équilibre des hauteurs après Harjurdin, ou bien avons-nous affaire ici à deux bien petits candidats ?
-Où donc, mon brave Jean-Louis ?
-Un peu plus à gauche, derrière Don Chinjao, mon estimé Jean-Pierre.
-Mais vous avez raison, mon adoré Jean-Louis ! Il me semble, si je ne m'abuse, que nous ayons affaire à deux…oui, deux enfants !
-(et ça aussi, c'est autorisé ?)
-(Doflamingo semble très coulant sur les inscriptions, il semblerait…)
-(Ouais, mais quand même, des gosses…)
-(Ouais, je sais, mais bon, on vient de voir un type aux bras si longs qu'ils doivent trainailler par terre, un mec qui doit avoir du mal à faire du vélo vu la taille de ses jambes, un géant qui nous fait de l'ombre, et un vieux avec le crâne en forme de pointe, alors c'est tout à fait possible que ce soit une race de guerrier-né, ou des adultes lilliputiens. Ça s'est vu !)
-(Ah, tu dois avoir raison. Et puis ils doivent être là en connaissance de cause, tout à fait conscients des dangers d'une bataille si sanglante.)
-(Mais bien sûr ! Et puis n'oublie pas qui s'occupe des inscriptions ! Tu le connais, pourtant !)
-(C'est vrai, c'est un gars sérieux, et ils ne laisseraient pas de simples gosses participer)
-Oh ! Mais regardez qui arrive ! On aimerait vous le présenter, mais aux hurlements encore plus forts de la foule, je dirais que vous l'avez reconnus !
-Et oui, cher public, voilà le champion de colisée ! L'homme proche du roi Doflamingo lui-même ! Le seigneur des gladiateurs, le maitre du colisée, le tombeur de dames, le…
-…Seigneur Diamante !
-regardez-le donc, Jean-Pierre ! Comme il a l'air confiant ! après tout c'est le champion du colisée, n'est-ce pas ! Et on dit que son fruit du démon est très impressionnant !
-C'est un euphémisme, j'en suis sûre, car, d'après mes f….attend, pourquoi il veut un fruit du démon s'il en a déjà un, il est au courant que….
-Hem, oui, et donc, Jean-Louis, son fruit du démon, le public est suspendu à vos lèvres !
-Heu, bien sûr, donc, cher public, voilà l'éclatant…Heu….Homme-drapeau !
-Oui, oui, Jean-Louis, nous savons qu'il est un véritable symbole pour le drapeau de Dressrosa, mais son fruit du démon est…
-Bah ça, il …a la capacité de transformer tout ce qu'il touche en drapeau…Et…Ca ondule quoi…
-A…a-ah…Ah bon…bah, c…c'est-c'est un petit peu de la mer…
-Merveilleuse magie, exactement, je n'aurais pas dit mieux, Jean-Pierre ! N'est-ce pas ?
-Heu, oui, bien sûr, donc, cher public, voici les quelques candidats à garder à l'œil !
-Rappelons que l'arène est constituée de ce centre de terre, entouré d'un bassin rempli de roi des mers marins très féroces !
-Est-ce donc utile de rappeler ce que tout le monde peut voir, Jean-Louis ?
-Eh bien, Jean-Pierre, pensez donc aux pauvres gens qui, pour tel ou tel raison ne pourrait pas voir la scène ?
-Vous avez raison, voilà un scrupule qui vous honore, Jean-Louis ! Et dans ce cas rappelons qu'il ne doit rester qu'un candidat en lice pour que s'arrête la compétition et que le prix, un magnifique fruit du démon, soit gagné ! Pour qu'un candidat soit éliminé, il doit soit tombé à l'eau, soit être assommé, soit être tailladé, torsadé, brûlé au troisième degré, écorché, découpé, …
-Arrêtons-nous là, Jean-Pierre, encore un verbe comme ça, et la foule ne réponds plus d'elle-même !
-Tout à fait Jean-Louis, d'ailleurs la compétition devrait bientôt commencer ! il ne manque plus que l'arrivée du trophée du le ring, et le feu vert sera donné et …Oh tiens ?
-Que vous arrive-t-il, Jean Pierre ?
-Une petite note, Jean-Louis, vient de nous être remis par un garde. Elle serait de deux candidats de la bataille qui n'aurait pas eu le temps de passer nous voir avant le début de la compétition…
-Aurions-nous là des admirateurs secrets ? Lisez donc cette note Jean-Pierre !
-elle est de la main d'Ace et de Sabo, et non, malheureusement, il semblerait que ça soit un message d'une autre nature que je vais lire à voix haute : « le petit Luffy est demandé au centre du ring, près du prix du Colysée. » Je répète, « le petit Luffy est demandé au centre du ring, près du prix du Colysée » « Ici, ses grands frères Ace et Sabo iront le récupérer. »
-Voilà une initiative des plus admirables et réfléchie de la part de ces deux jeunes hommes qui n'ont pas eu le temps de retrouver leur petit frère avant le début la compétition !
-Tout à fait, Jean-Louis ! Pour ma part, j'aurais choisi un autre lieu de rendez-vous que le centre d'une compétition acharnée et violente rassemblant parmi les plus puissants pirates sanguinaires de cette génération, mais j'imagine qu'on fait avec les moyens de bord !
-Je n'aurais pas dit mieux, Jean-Pierre ! Oh, mais que vois-je ! Voilà le prix qui arrive, et qui va sonner le début de la compétition !
-Effectivement, Jean-Louis, et toujours en pendant aux personnes qui ne pourraient voir le spectacle, voilà qu'au centre du terrain de combat, un petit socle se soulève et se retrouve en l'air, quelques mètres au des concurrents, et donc au nombril de notre géant Harujdin !
-Eh oui, Jean-Pierre, tout à fait, et nous pouvons voir dessus un coffre de bois des plus simpliste pour un trophée des plus extraordinaires ! rien de moins que le mera mera no mi !
-Fruit du démon qui est montré par nos aimables travailleurs du colysée pour bien faire saliver nos concurents !
-J'en vois d'ailleurs un, oui, l'un des petits de tout à l'heure, qui a l'air particulièrement motivé par le bruit, si j'en crois les hurlements qu'ils poussent…
-Vous avez raison, Jean-Louis, il se fait d'ailleurs remettre à l'ordre par son acolyte blond…Et maintenant ils se battent…Et maintenant, ils se font séparer par les organisateurs…
-Et pendant ce temps, le mera mera no mi est rangé, le coffre fermé, le socle descendu, ce qui veut dire…Me ferez-vous l'honneur, Jean-Pierre ?
-Pour vous, Jean-Louis, je ferais n'importe quoi.
-Ok, à trois…Un, deux…trois…QUE LA COMPETITION COMMENCE !
Marco courait à toute allure à travers la ville. Il aurait bien volé, mais il ne voulait pas attirer l'intention. Et puis, il ne savait comment le passager sur ses épaules l'aurait supporter.
Ce qu'il y avait de bien, avec Bepo, c'était que, assez ironiquement, il était celui qui se fondait le mieux dans la masse. Il était calme, et silencieux, là où les sales gosses étaient incapable de rester calme, pendant plus de deux secondes. Un mink dans la foule aurait dû attiré tous les regards, mais étant donné que la moitié de la population étaient des jouets, il passait volontiers pour une peluche avec ses yeux ronds brillants et son pelage tout doux.
-Où allons-nous, déjà ? glissa le mink à l'oreille de Marco.
-Récupérez des enfants qui sont en danger. Quatre dans une compétition mortelle, et un qui est perdu sur l'île. C'est un peu compliqué ok, s'il te plait ne poses pas de question.
-D'accord, fit Bepo en reposant son menton sur l'épaule de Marco.
- Tu ne peux pas savoir comme ta réponse me fait du bien, murmura l'ananas, en esquivant une femme qui les regardait comme s'ils étaient la chose la plus mignonne qu'elle est jamais vu.
En fait, si, ils attiraient un peu l'attention, parce que pratiquement tout le monde se retournait sur leur passage, les mains jointes, avec un air de ravissement et un cri unanime aux lèvres :
-Awww….
Oui, Bepo passait pour une peluche particulièrement mignonne. Marco aurait surement souri aux enfants qui le regardaient avec l'air de vouloir le caresser, mais là, il n'avait vraiment pas le temps. Il devait aller récupérer d'autres gosses, qui n'étaient malheureusement pas aussi mignons et tendres que ceux-là. Sauf peut-être pour Luffy et Killer, mais avec de pareils exemples comme grand frères/modèles, ils ne le resteront surement pas longtemps…
Quand même, comment ces abrutis avaient pu décider de s'inscrire, et surtout d'amener les plus petits avec eux ?! Mais ils n'avaient vraiment aucun instinct de survie ! Marco s'en voulait tellement de ne pas les avoir arrêté quand il aurait pu…Il était…pas vraiment lui-même…Et maintenant, il ne savait même pas s'ils étaient blessé, ou pire…et cet imbécile de Law, qui décide de faire sa fugue alors qu'il est au plus mal physiquement et mentalement…comment allait-il, quel était son projet, est-ce qu'il était seul, perdu, dans la ville, ou…
Marco, un peu étourdi, songea qu'il était en train de penser comme un…Il cligna des yeux.
Son cœur était trop grand pour son propre bien. Ce que Tatch adorait lui répéter, pour le taquiner, et assez admiratif aussi. Il l'appelait « maman-poule » quand il n'avait pas peur de se faire défigurer par des griffes de phénix. « Papa-poule », quand il était sincèrement en train d'admiratif de son frère.
Marco sursauta soudain alors qu'il essayait de se faire à l'idée. Il avait cru entendre une voix derrière lui, qui n'était pas celle de Bepo :
-On est beaucoup blessé quand on est près de toi, Marco…
Marco sentit la boule dans sa gorge revenir, mais il pensa aux enfants, et il secoua la tête, réussissant à chasser l'apparition pour la première fois depuis très longtemps.
Il devait les sauver. Il les sauverait. Cette pensée lui donnait du courage.
Il repartit de plus belle, en serrant peut-être un peu la fourrure réconfortante de Bepo contre lui.
-Eh bien, pour une compétition sanglante, c'est une compétition sanglante !
-Là, Jean-Louis, difficile de ne pas être d'accord avec vous ! Houla, un autre éliminé !
-Et en voilà un qui en a assommé deux d'un coup avec sa seule massue !
-vous feriez mieux de regarder là-bas. Voyez les frères tueurs Jett et Abdullah montrant toute leur capacité.
-Urh, lécher un sabre avec du sang dessus…surtout quand ce n'est pas le nôtre ! C'est personnel ces choses-là, voyons !
- regardez ailleurs ! Houla, baissez-vous !
-Mon dieu, est-ce qu'un concurrent vient juste de…De se faire éjecter sur nous ?
-Effectivement, il semblerait qu'il est beaucoup énervé notre grand ami Harjrudin !
-Décidemment, ce combat nous fait tous bien planer ! Au sens métaphorique, n'est-ce pas, les enfants !
-Vous faites bien de préciser, Jean-Louis, vue l'euphorie suspecte des spectateurs du colisée…Mais que vois-je ? N'est-ce pas notre cher champion Diamante qui s'approche des pigmés guerriers ?
-Effectivement, Jean-Pierre, il semble d'ailleurs tendue…Presque en colère.
-Houla, il se met à hurler… Oui, il hurle….
-QU'EST-CE QUE TU AS DIT ?
Sabo ne commettait pas souvent des bourdes, mais là elle était de taille.
Bon évidemment il ne pouvait pas savoir, mais tout de même.
Sabo s'était de toute façon laissé entrainer dans cette histoire. C'est vrai, tout était de la faute, de Luffy pour se paumer dans des endroits improbables, et d'Ace pour avoir suggéré illico d'aller participer à la compétition. Bien sûr Sabo aurait pu lui remettre les idées à l'endroit d'une bonne droite, mais le fait qu'il ne voyait pas d'autres moyens de récupérer Luffy.
Dès qu'il était entré dans l'arène, entouré de monstrueux gladiateurs, de gigantesques pirates, de sordides tueurs, il avait bien vu qu'ils allaient se faire tailler en rondelles dans les premières minutes. Et Ace qui s'échauffait, prêt à se lancer dans la mêlée…Sabo soupira. Il attachera leur taille à un élastique relié à lui, pour les voir se ramener vite fait la prochaine fois avant de faire une nouvelle connerie.
Quand le gong avait résonné, le blond, audacieux mais pas fou, attrapa promptement la taille de l'ainé et l'amena vers le bord, éloigné du gros de la bataille. Enfin pas trop près du bord, parce que…les monstres marins, tout ça…
-Ace ! avait-il hurlé sur son frère avant même qu'il ne puisse protester. Il le connaissait, et il manquait de temps.
Ace cligna des yeux devant la lueur de son benjamin.
-Ace, j'étais prêt à te suivre pour affronter Doflamingo, pour sauver un ami, et libérer le pays d'un tyran. Je t'ai soutenu quand tu as dit que tu ne fuirais jamais pour protéger ceux qui t'on cher. Parce que…
Il secoua Ace par le tee-shirt, qui se laissait faire, abasourdi.
-Parce que c'est juste, parce que c'est toi, c'est ta plus grande qualité, vouloir protéger ceux qui te sont cher ! Tu m'entends, imbécile ?! Le courage dont tu fais preuve a ce moment-là, n'existe que pour toi ! Mais ça…
Il désigna de l'autre main le massacre qui se faisait à quelques pas d'eux et qui ne les avaient miraculeusement pas atteints. Ace tourna la tête. Les gens s'entrechiquaient. La foule hurlait. Le sang giclait. Pour un fruit.
-Ca, c'est pas du courage ! C'est…C'est pas digne de nous ! On ne se bat pour ça !
Pour se protéger, protéger leurs amis, devenir plus fort, savoir qui aurait la meilleure place sur l'oreiller, pour la viande d'ours, oui. Mais pas pour ça.
-Ace ! Promets-moi juste de simplement chercher Luffy, de ne pas chercher la bagarre, et une fois qu'on l'a trouvé, de nous barrer !
Ace cligna à nouveau des yeux, tandis que le noble lâchait son tee-shirt. Sabo souffla soudain, beaucoup plus bas, beaucoup plus tendrement, toujours aussi fermement.
-Ace. Plus jamais comme l'autre fois. Plus jamais.
-Ace ! Lache-le ! Lache-le !
-Pousses-toi, j'vais le tuer !
-Arrête ! J't'en prie, arrête ! Lache-le !
-Dégages !
-Ah !
-Sabo ?!
-qu'est-ce qui se passe, ici ?!
Ace cligna des yeux. Non. Ca jamais. Plus jamais. Plus jamais un de ses frères ne sera blessé à cause de lui. La simple pensée lui donnait envie de vomir.
-Plus jamais, murmura-t-il, les yeux dans ceux de Sabo, qui semblait regretter d'avoir sorti cette vieille histoire du tapis.
-Ace, c'est fini. Je ne t'en veux pas. Je ne t'en ai jamais voulu.
Ace hocha la tête. Elle tremblait un peu. Sacré Sabo. Sacré frangin. Pourquoi il devait toujours avoir raison.
-D'accord, Sab'. D'accord. Je me battrais pas pour ça. On va chercher Luffy et on fiche le camp.
Sabo aurait bien répondu, mais il se contenta de s'écarter face à la lame édentée qui allait le couper en d'eux.
-Sabo ! Hurla Ace, se tournant immédiatement vers le responsable, un pirate qui avait décidé d'éliminer les plus faibles de la compétition. Il lui envoya son pied dans le ventre. L'homme se plia en deux, tandis qu'Ace complétait avec un direct au visage. L'homme tomba écroulé par terre. Les autres combattants commençaient à mettre de la distance entre eux et les petits, qui devaient être de cette fameuse race de pigmée guerrier dont on entendait parler. Ils ne savaient que le pirate battu était aussi l'un des plus faibles de la compétition également. D'ailleurs, ils étaient plus occupés à chercher à éviter Harjurdin qui commençait à jeter les gens dans tous les sens.
Ace regarda, assez fier, le pirate battu, avant de croiser les sourcils froncés de Sabo.
-quoi ?! C'est lui qui nous a attaqués ! Bon, on va chercher Luffy ou quoi ?
-Et Law qui est tout seul dans la ville….Qui sait ce qu'il lui est arrivé ?
-QU'EST-CE QUE TU AS DIT ?!
Sabo se retourna lentement. Diamante, le visage déformé par la colère, avait entendu ses paroles.
Hou, la bourde.
Diamante avait bien entendu Ce sale petit pigmé guerrier avait prononcé le nom de Law.
-Ce nom…Ce simple nom de traitre me donne envie de vomir, cracha-t-il.
-Traitre ? Murmura Sabo.
Ace avait rejoint son frère, les poings levés.
-ce nom me donne envie…de découper la personne qui l'a sorti !
Aussitôt, le sol commença à se meuvoir. Tout l'arène semblait se gondoler. Des bosses se déplaçaient et faisaient perdre l'équilibre à tous les candidats. La plupart tombèrent à l'eau, ou étaient projetés. Une bosse grandit sous Ace qui fut violemment projeté dans les air.. Sabo fut rattrapé par le col.
A terre, Ace vit Diamante lever son frère face à son visage. Sabo se débattait, mais c'était inutile.
-Dis bonjour à Law de ma part là où tu iras, murmura diamante dans l'oreille de Sabo, qui écarquilla les yeux. Diamante était en train de lever son épée.
Ace tentait de relever, mais le sol instable le ramenait au sol.
Non. Non. Sabo. Non.
Il n'avait rien fait. Il n'avait jamais rien fait. Non.
Pas Sabo. Pas …Non ! Non !
L'épée s'abbatit.
Sabo !
Marco avait déployé ses ailes pour survoler l'arène, espérant vite repérer les gamins et s'en aller bien vite. Il les sentit sans problème avec son haki de l'observation. Bepo sur ses épaules, bouche ouvert, s'amusait à laisser prendre sa langue dans le vent, quand Marco plongea pour aller chercher les enfants. Et il vit le danger. Sabo, dans les mains d'un des plus pirates de Doflamingo. Qui allait de faire décapiter. Toute la surface de l'arène qui se gondolait comme du papier, empêchant quiconque d'intervenir. Marco avait plongé avant même de s'en rendre compte.
-Du sang, du sang, du sang ! hurlait la voix dans ses oreilles.
Non ! non, là ça n'avait rien à voir. Il ne plongeait pas pour tenter de se rattraper. Il plongeait parce que c'était Sabo. Il fallait le sauver. Il n'y avait rien d'autres. Tout comme il sauvera Ace, Luffy, Kidd et Killer, et Law.
Il serait assez rapide. En plongée, à cette distance et avec une bonne motivation, il ne lui faudrait que quelques secondes pour atteindre son but.
tout fut fini avant.
Il sentit une énergie intense le traverser, traverser tout le colisée, traverser les spectateurs. Une énergie…Quelque chose de si puissant…Qui s'incurvait dans l'esprit, qui semblait presque le mettre à l'épreuve…Marco, bien sûr, chancela à peine. Mais il scruta les spectateurs et les combattants, et vit que beaucoup n'avait pas supporté.
Ce n'était pas une honte en soi. Peu en était capable. De toute façon ça ne le détournait pas de son but. Diamante avait l'air sonné. Il était resté debout, il était évident qu'il ne s'effondrait pas, mais pendant quelques secondes, il resta abasourdi. Marco plongea. Diamante et les rares conscients ne virent qu'un éclair doré et azur prendre Sabo et l'emmener au loin. Lui aussi était resté éveillé, même bien éveillé.
Marco vit Ace qui soupira de soulagement. En allant le chercher, il cherchait à deviner : qui ? Qui pouvait bien …Il se doutait que ça avait à voir avec le fait que Sabo soit en danger de mort…Ce voulait dire que ça ne pouvait être….Il sourit doucement. Sales gosses, va. Lequel était-ce ? il ne faisait pas l'erreur de sous-estimer Sabo qui en était autant capable qu'Ace. Avec ou sans D.
Sur son autre épaule,B gémit doucement. Le pauvre mink s'était évanoui quelques secondes avant de se réveiller. Encore une fois, Marco ne prenait pas Bepo pour un faible. Il savait à quel point ça pouvait être dur, et contrairement à ce qu'on croyait, l'entrainement était à résister à ça….De, plus, une telle énergie incontrôlé est souvent la plus puissante. Libéré lors d'une grande émotion…
Un fluide royal est puissant de toute façon.
Il était à quelques mètres d'Ace, il allait l'attraper et les emmener loin d'ici…Mais Luffy manquait. Et il était sûr de ressentir sa présence. Il demanderait aux frères quand ils seront en sécurité, en l'air. Il tendit la main vers Ace.
Et là….C'est le drame.
Et là…C'est le drame.
Ace, seul projeté en l'air qui n'était pas encore tombé, tourna la tête.
Il était là. Le coffre était là.
Il regarda en bas. Ils avaient tous été éjecté par la violence du choc. Seul lui était en l'air. Il aperçut dans un coin Sabo qui s'éloignait de Diamante. Avant qu'il se fasse envelopper par deux grandes ailes bleues et dorés.
Ace, hébété par le choc qui l'avait projeté en l'air, voyait son frère disparaitre dans cet amas de couleur chatoyantes. Chaudes. Rassurantes.
Sabo était en sécurité. Il se répétait ça, alors qu'il voyait Marco relever son frère et l'emmener dans les airs loin des dangers des monstres marins et des autres concurrents.
Sabo disait, Marco…Allié. C'était ça. Il ne doutait pas, il n'avait pas l'esprit assez clair pour se mentir à lui-même ou s'engluer dans le doute. Sabo était en sécurité.
Rassuré, Ace retourna la tête vers le coffre. Il était le seul en l'air. Le coffre aussi avait été projeté.
Et soudain il comprit pourquoi il se répétait ces phrases dans sa tête depuis 20 secondes.
Oh bon sang.
Il était le seul en l'air. Les autres étaient dans l'eau, ou évanouis. Ils avaient quitté l'arène.
Il était le dernier en lice.
Le choc le réveilla de sa torpeur sur le coup. Une demi-seconde (il était en l'air, on n'a guère le temps à perdre avant la chute), il fut terrassé de bonheur.
Il avait gagné !
Bon d'accord, techniquement, ce n'était pas vraiment lui…Mais ça ne changeait rien au fait, que selon la règle, il avait légitimement gagné le fruit !
Aaha ! T'en dis quoi Sabo, comme ça, il réussirait jamais, face à ces pirates trop forts pour eux ?!
Bon oui, sans sa mauvaise foi, il dirait qu'il avait raison, mais…Mais il était en l'air et il n'avait vraiment pas le temps de tergiverser.
Le coffre était là. Juste en face de lui. Réellement en face. Genre il allait se le prendre dans la tronche.
Et comme il était en l'air et que même s'il avait l'impression que les choses allaient au ralenti ce n'était pas le cas, il allait se le prendre dans la seconde.
Oh mince.
Il plaqua vite ses mains contre le coffre, minimisant l'impact. Il se préparait à l'ouvrir.
Quand le coffre s'ouvrit de lui-même.
En effet, Ace vit le haut du coffre s'ouvrir, et n'eut qu'une seconde avant d'éviter le couvercle. Il était assez fier de lui.
Puis il se prit un poing.
Du coffre jaillit deux petits poings fermés, dont celui de droite frappa Ace dans la mâchoire. Il l'ouvrit sous le choc, poussant un cri de douleur.
Sonné, il vit pourtant un chapeau de paille sortir à son tour du coffre. Puis une tête souriante s'ouvrir et se fermer au ralenti (rappelons que tout ceci se passe en l'air, le temps d'une éjection, avant une chute.)
-Aaah ! Qu'est-ce que j'ai….
-Luffy ! Cria Ace, qui oublia instantanément le fruit, la compétition, et le fait qu'il soit en l'air. Luffy était là. Il allait bien. Il allait bien. Tout allait bien.
-Bien….
Ace s'étouffa soudainement. Un goût affreux s'était répandu dans sa bouche. Qu'est-ce qui s'était passé ? Il y avait un trou là ! Alors qu'il voyait tout en ralenti.
Beuh ! Ce goût ! Et pourquoi il n'arrivait pas à fermer la machoire ? ah ! C'était comme…Comme le goût d'un opossum mort grillé !
Ne demandez pas comment il savait quel goût avait l'opposum mort grillé.
La vache ! Le goût semblait envahir tout son être ! Mais c'était quoi ce truc ? Il mâchouillait le tee-shirt de Luffy ou quoi ?
A priori non, un coup d'œil lui fit savoir que des nattes roses s'accrochaient au tee-shirt de Luffy, alors que l'apesanteur les faisait sortir l'entement du coffre.
D'ailleurs c'était quoi ces…Attendez, c'était quoi ce truc qui se rapprochait ?
Le sol.
Aie.
-Dormi ! Compléta Luffy.
-C'est le drame ! Hurlait Sabo dans les bras de Marco. Et c'est ma faute en plus !
Tout cela le bouleversait. D'habitude c'était pas lui qui commettait les bourdes, c'était ces crétins de frangins ! D'ailleurs, c'est plutôt la faute de Luffy pour s'être perdu en premier lieu…Il lui en parlerait tiens ! Mais n'empêche, il se sentait responsable.
.Marco aurait bien voulu le rassurer (bien qu'il ne voyait pas en quoi Sabo était responsable de tout ça) Mais il était occupé à plonger pour récupérer Ace et…Heu Luffy, qui…semblait sortir du coffre qui contenait le fruit…qui assommait Ace en même temps….Booon, il venait de le localiser…
Et puis, tiens donc, qui sortait du coffre en s'accrochant à lui ? Vous ne voyez pas ? Quel est la seule chose sur laquelle tombe Marco ces temps-ci ?
Un gosse? Gagné. Une fille, pourquoi pas, diversifions un peu, ça fera plaisir à Haruta.
Il attrapa Ace, Luffy, et les couettes roses, et posa toute la marmaille sur le sol du Colisée. Il avait beau être le premier commandant en chef de Barbe-Blanche, porter cinq personnes sur son dos, fussent des poids plumes, c'était assez difficile.
De toute façon, la plupart des combattants étaient dans les vapes, le reste était dans la flotte.
Et ceux qui voudront s'approcher à moi de 10 mètres des sales gosses entendront parler de lui.
Bon sang. Les gosses. Il n'arrivait pas à croire qu'ils allaient tous bien !
-Vous allez bien, n'est-ce pas ? Leur demanda-t-il pour être sûr.
Avec un rythme de voix peut-être un peu accéléré. Peut-être.
-Maisheuu…
Ça c'était Luffy, qui avait les joues prises dans les mains Marco, et qui les sentait s'allonger.
-Oui, ça va, hein, s'écria Ace en poussant Marco.
Bon apparemment, ils avaient l'air d'aller très bien. Enfin, un peu après.
Sabo, qui reniflait encore, serra ses deux frères très forts.
-Vous êtes deux idiots mais je vous pardonne.
-Cool ! Fit Luffy, qui n'avait aucune idée de ce qu'il aurait pu faire de mal.
-Ouais….Cool, murmura Ace en serrant plus fort ses frères.
Ace, je te l'ai déjà dit, je ne t'en veux pas.
-Crétin ! Fit une voix fluette.
Luffy se prit un petit poing dans l'épaule.
-Eh, s'écria-t-il, en se tournant vers Rebecca.
-Ca va pas de t'endormir dans la cachette ! Tu crois que j'ai pas paniqué quand j'ai compris que j'étais la seule consciente quand tout a explosé !
-Quoi ? Mais c'est toi qui as voulu qu'on vole le fruit, et on a refermé le coffre avant qu'on ait pu s'enfuir !
-Oui, heu…C'est pas la question ! Répondit Rebecca, les joues aussi roses que ses cheveux.
En voyant les deux petits se disputer (un garçon et une fille) Ace et Sabo échangèrent un regard critique.
Un regard que seuls deux grands frères dont le petit frère parle pour la première fois à une fille de son âge peuvent s'envoyer.
Sabo fut celui qui tenta de dominer le plus son calme.
-Et donc, tu nous présentes, Luffy, à ton…ta…enfin elle ?
-Oh, oui ! S'exclama Luffy, cessant instantanément de se disputer.
Il entoura son bras son bras élastique autour de Rebecca (Ace la regarda comme s'il avait de la jeter loin). Il était tellement heureux de présenter un ami à ses frères qui ne soient pas un scarabée !
-Elle s'appelle Rebecca, elle est super cool, elle est trop courageuse, et elle a pas de maman, et elle veut faire sa fête à Mingo comme nous !
-Oh, vraiment ? Dit Sabo, oubliant qu'il voulait disputer son frère sur le fait qu'il soit parti sans prévenir.
Rebecca fit un joli sourire qui ne désarma aucunement les frères.
-Elle voulait voler le fruit machin pour arrêter Doflamingo !
Ace la regarda comme s'il avait envie de la jeter loin dans la mer.
-Uh uh…Et sinon vous vous êtes rencontrez comment ? Continua Sabo.
-Attendez, s'écria soudain Marco, où sont Kidd et….
-Un instant, Marco, déclara très vite Sabo, sans quitter des yeux les petits, en levant une main vers l'autre blond. L'avenir d'aventure de mon petit frère est peut-être en péril ici, et nous ne partirons pas avant d'avoir tiré cette affaire au clair.
Marco cligna de yeux. Si même Sabo (le moins atteint du groupe) s'y mettait, il ne lui resterait que la fourrure toute douce de Bepo pour se consoler. (En pensant à Bepo, il tourna la tête, mais le mink était toujours là, accroché à sa jambe, regardant avec crainte et intérêt l'interrogatoire)
-Elle volait de la nourriture, j'en ai pris, on s'est disputé, puis on a décidé de voler le fruit ensemble !
Sabo soupira. Pourquoi il s'attendait encore à un récit clair de la part de Luffy.
-Vous êtes Sabo et Ace ! Fit Rebecca.
Ce n'était pas une question, et Sabo leva un sourcil.
-Heu…Oui ?
-Luffy m'a beaucoup parlé de vous ! Continua Rebecca comme s'il ne se connaissait pas depuis deux heures. J'avais trop hâte de vous rencontrer !
Sabo fronça encore plus les sourcils. L'étape où on présente sa famille, c'était laquelle sur celle de l'étape amoureuse ? Rah, la seule fois où les cours de sa mère pouvaient être utiles, il fallait qu'il est oublié !
-Et vous savez, dit-elle en se tournant vers le chapeau de paille, au début je prenais Luffy pour un boulet, mais en fait, il est super ! Et il sait super bien choisir les casques !
-Ouais, le casque à corne était super !
Et ils se mirent pouffer dans leur main en cœur. C'était adorable. Sabo déglutit difficilement dans l'horreur.
Ace regardait Rebecca comme s'il voulait la jeter au loin dans la mer emplie de monstres marins.
-Mais est-ce que quelqu'un va me dire où sont passés Kidd et Killer ?! Se mit à hurler Marco.
C'est pas vrai, ça, quand il en trouvait une moitié, il en perdait l'autre. Il ne ressentait aucune de leur aura dans l'arène, ce qui était assez suspect : Kidd aurait dû être attiré comme un aimant à ce genre de compétition. Et Killer accroché à Kidd, comme d'habitude.
-Kidd et Killer ? Répéta soudain Sabo, comme réveillé.
-Peluche ! Hurlèrent en cœur Rebecca et Luffy.
-non, Luffy, fit Sabo, c'est un surnom trop mignon pour eux…
Mais il fut tiré de sa réflexion, bousculé par les le chapeau de paille et les tresses roses, qui se dirigèrent vers Marco pour se jeter sur….une peluche blanche effectivement. Qui semblait vivante normal.
Bepo tenta de sortir du câlin, mais il était pris en sandwich par les deux petits.
-Est-ce que quelqu'un va finir par me dire où se trouvent…Commença Marco, un rien énervé
-C'est quoi que tu as dans la bouche ? Le coupa Rebecca.
Elle s'adressait à Ace. Tous se tournèrent vers le prince des pirates.
-C'est vrai qu'on t'entend pas trop, réfléchir Sabo.
-Normal vu le machin qu'il a dans ta bouche, s'écria Marco. Crache ça, On ne prend pas n'importe quoi dans sa bouche !
Il allait le faire cracher quand…
-Pourquoi ça a une forme toute bizarre ? Demanda Luffy.
-Oh, par Devy Jones, murmura Marco.
On vit les participants qui étaient sortis de l'eau, et ceux qui sortaient lentement du coma, tourner la tête vers lui. Il y eut un grand silence.
Le public même se taisait. Tout le monde se taisait.
-Non, siffla Diamante, le visage déformé par la rage.
-Que se passe-t-il ? Jean-Louis, avez-vous des explications ?
-J'ai moi-même du mal à comprendre, Jean-Pierre, et à entendre ce silence retentissant, il semblerait que nous ne soyons pas les seuls !
-Toute l'attention est tournée vers le pigmé guerrier, au centre du colisée…
-Jean-Pierre, je crois…Je crois….
-Oui….Il semblerait…
-Dans sa bouche…
-Nous devons aller vérifier !
-Quoi, mais…
-Viens, Jean-Louis, lâche ton casque, on s'en fiche, il faut qu'on aille voir !
Ace sentait très nettement que tout le monde le dévisageait. Et tout le monde, c'était vraiment tout le monde. Les crétins dans les gradins. Les compétitants qui se remettaient de l'étrange vague d'énergie. Ses frères, Marco l'ananas, la peluche, et l'intruse aux cheveux roses.
Tout avec un air comme si lui et Luffy avait encore échangé leur corps.
Il se sentit…C'était quoi ? Comme une rougeur aux joues, comme une envie de se tortiller….Il se sentait…Tout empoté.
Il s'avisa alors qu'il avait effectivement toujours ce truc dans la bouche. Le gout d'opossum grillé se dissipait. Et avec tout ce qui se passait à la minute, il avait d'autres chats à fouetter.
Il fit un mouvement, pour séparer sa mâchoire du machin, et il vit clairement tout le monde dresser la tête. Toujours dans le silence. Au loin, le cinglé qui avait voulu découper Sabo se mit à déglutir. Il ne comprenait rien.
Il cracha enfin le truc, qui atterrit dans sa main. Une sorte de fruit en arabesque rouge. Son cerveau n'imprimait pas ce qu'il voyait. Il remarqua alors que le truc avait été amputé d'une bonne partie. Il se souvint. Le poing de Luffy dans la mâchoire.
Il avait avalé la partie manquante. Il cligna des yeux, confus.
Un fruit.
Attendez.
Attendez, non, c'était pas…
Deux mains l'agrippèrent alors, et il était si décontenancé qu'il ne fit rien.
Il sentit son poing avec le reste du fruit, et deux voix hurlèrent à tout rompre :
-Chers spectateurs, la compétition est terminée, et le vainqueur a déjà consommé son prix ! Le mera mena no mi a trouvé un maitre !
-Mais puisque je te dis qu'on est arrivé en retard !
Kidd, qui était arrivé après les inscriptions, se plaignait à l'homme de l'accueil depuis une demi-heure.
C'était pas sa faute, c'était celle de Killer ! Quelle surprise, hein ! Ce boulet, après avoir vu l'état de Marco en voyant le colisée, avait voulu aller le chercher ! Pour aller voir s'il allait bien, ou s'il n'allait pas aller noyer sa coupe d'ananas au fond de la mer, ce genre de niaiserie, qu'est-ce que Kidd en savait….
Oh bien sûr, Killer n'avait rien dit, mais Kidd commençait à bien les connaitre, les signes, ceux qui pointaient le terme « emmerdes » sur une pancarte illuminée. Killer ne cessait de tourner les yeux vers la direction où Marco s'était enfui comme un lâche, il tremblait un peu des épaules, et il avait failli trébucher sur un trottoir.
Et il aimait pas ça, Kidd, quand Killer semblait plus percevoir le monde autour de lui, parce que…
Mais c'était pas le sujet ! Le sujet, c'était qu'il avait bien vu que son second était invalide pour la baston et qu'il le serait tant qu'ils n'auraient pas retrouvé l'autre pseudo-pirate ! Alors bien sûr, Kidd, après avoir copieusement traité Killer du boulet qu'il était, l'accompagna à la plage, parce que la dernière chose qu'il voulait, c'était qu'il perde la compétition parce que son second était pas fichu de se prendre en main !
Juste le temps de voir Marco taper la discute avec une peluche dans ses mains, qu'il semblait aller mieux et il attrapa Killer par le col avant de le ramener vite fait au Colisée. C'était que le voyage avait pris du temps, en plus ! Evidemment ! Kidd avait toujours eu la poisse, pourquoi ça changerait, hein ?
Et bien sûr, dès qu'il revint au colisée, cet espèce d'incapable au guichet qui s'occupait lui expliquait, la voix morne, que c'était trop, que la compétition allait de toute façon bientôt se terminer.
Il avait tenté d'y aller de force, sans s'inscrire, mais le gars, les yeux dans le vague, lui dit que s'il faisait ça, sa victoire ne compterait pas.
Il n'allait pas dire adieu à la gloire comme ça !
Il l'avait alors menacé par de nombreux bras composées des armes et armures qui étaient dans le couloir, mais le garde, tête dans la main, n'avait pas l'air de spécialement le remarquer. Il expliqua que s'il le tuait, il ne pourrait pas s'inscrire.
-Je…Je pourrais très bien t'arracher les bras ! S'écria Kidd qui commençait à paniquer face à cet homme qui était clairement trop blasé pour avoir peur de lui.
-Je ne pourrais pas valider ton inscription.
-Alors, je vais t'arracher les jambes !
-la douleur me fera perdre connaissance et ce sera du pareil au même.
-alors…Je…Je pourrais peut-être menacer quelqu'un que tu aimes ? Heu…qui est-ce que tu aimes ?
-Ecoutes petit, soupira le menacé, retournes chez toi. C'est comme ça, on n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.
-Mais…Mais je…
A cet instant-là, une énorme clameur s'éleva du colisée.
-Tu vois bien que c'est fini, le prix a été gagné, marmonna Le garde, avant de pousser un soupir de soulagement. Ça voulait dire que son boulot était fini. Plus qu'à attendre les copains et se casser de ce pays de barge.
-quooii ?! Fit Kidd. Killer ! Viens, on va casser la gueule à celui qui nous a volé le prix !
-Eh bien, techniquement, nous ne sommes même pas encore inscris alors….
-Tais-toi, Killer !
-Oui captain !
Les deux gamins coururent vers le terrain.
-Salut, le naze, cria le rouquin dérangé quand il dépassa le garde chargé de l'inscription.
Celui-ci soupira. L'intérimaire, je vous jure…
-Chers spectateurs, la compétition est terminée, et le vainqueur a déjà consommé son prix ! Le mera mena no mi a trouvé un maitre !
Ce fut tout ce qu'il fallu à la foule pour se déchainer. Aussitôt, tous se levèrent, se mirent à hurler. Des centaines, non, des milliers, pourquoi pas des millions même applaudissant Ace.
Applaudissant Ace. Ace. Applaudis. Pas des milliards de gens.
Il gardait la bouche ouverte, incapable de faire quoi que ce soit, tandis que l'un des commentateurs secouait son bras levés, avant de le lâcher et de faire un gros câlin à son collègue.
-C'est dans ces moment-là que je regrette pas de faire ces stupides boulots alimentaires pour payer mes études !
-je sais ! Pleura son collègue dans sa manche.
-Mec, je t'aime !
Ace, libéré, baissa lentement le poing. Plus rien n'existait que ce cri, cet élan dans l'air qui atterrissait droit dans ses oreilles, qu'il n'osait pas croire tout à fait. Ce hurlement de joie, qui le submergeait.
-Pygmé guerrier ! Pygmé guerrier !
Sa bouche se referma progressivement, et il avait…Oui, ça dans la gorge, l'espèce d'étau.
Il avait connu quoi, lui, avant ça ? Les insultes, les moqueries, les rabaissements ? Et…Et là…Une foule…Une foule…Crierait-elle encore si …si elle savait ?
Rien ne sembla plus dur à cet instant-là que de ne pas laisser les yeux déverser les flots mouillés qui lui montaient, de plusieurs sentiments contradictoires. Il allait presque craquer, quand une voix fluette retentit aussi derrière lui :
-Bravo ! T'as réussi ! T'es génial !
Alors tout devient clair un moment. Rien à faire de la foule. Rien à faire de tout ça. Luffy venait de le féliciter. Luffy venait de lui sauter dans les bras. Luffy…L'aim…
Soudain il se tourna vers Sabo :
-Sab' ! Je sais que tu trouves cette compétition indigne de nous, et t'as raison, mais je…Je crois vraiment que ce fruit…
Il fut coupé par une seconde paire de main qui l'enlaça.
-Ace, ça va, je sais. Tu as mérité ce fruit. Pas à cause de la compétition.
Ace sentit les piques des larmes remonter. Luffy et Sabo. Rien d'autres ne comptait.
Pourtant, un autre type d'éloge lui donna une étrange émotion. Il tourna la tête vers l'adulte du groupe.
Marco avait un sourire doux. Un sourire étrange. Un sourire qui rendait ses yeux pétillants. Pas un extraordinaire de Luffy, qui volait la lumière au monde entier. Non, juste…doux. Tendre, même. Avec un regard porté sur lui qu'il n'arrivait pas vraiment à définir, parce qu'il croit que personne ne l'avait regardé comme ça.
Si. Papi. Y'a longtemps. Très longtemps. Quand il ne parlait pas encore de marine et qu'il était trop petit pour qu'il lui explique ses origines. Un siècle au moins. Peut-être Dadan, aussi, quand il était très petit.
En tout cas, Marco souriait, et applaudissait lentement, dignement, en le regardant. En bas, la peluche le regardait avec un intérêt curieux.
Seule Rebecca faisait la tête. Elle aurait tant voulu ce fruit pour aider monsieur le soldat ! Comment lui prouver qu'elle était aussi là pour lui ?
Luffy, dans sa joie, lui fit soudain un de ses fameux sourire, et elle ressentit une émotion que, isolée entre sa mère et le soldat, elle n'avait jamais pu connaître. Le bonheur de voir un ami sourire. Elle fit un petit sourire à Luffy, un peu maladroit, mais sincère.
Tout allait bien.
Et oui, franchement, qu'est-ce qui pourrait bien arri….
- Misérables !
La troupe se retourna. Diamante les regardaient, furieux. Il s'avançait, l'air de vouloir les déchiqueter. C'était sûrement le cas.
-Ce fruit…Tu…N'aurais pas dû gagner…
Il leva son épée, visant Ace cette fois.
-Ce fruit !
Marco était devant Ace et les enfants avant même la fin de sa phrase. Diamante, dans sa rage, eut une mimique de surprise paniquée.
-T… Toi ? Que fais-tu l….
-Tu les toucheras pas, le coupa Marco.
Diamante, le grand Diamante, eut une seconde entière d'hésitation. Ce n'était pas n'importe qui. C'était Marco el phénix. Le second au commande de l'équipage du monde. Mais il se ressaisit.
Pas assez vite, en revanche, pour esquiver le coup de pied de Marco dans les mâchoires. Diamante tomba à terre. La foule calma ses cris, consciente que quelque chose n'allait pas. Pourquoi l'un des plus fidèles commandants de leur très cher roi se mettait à attaquer le fier pigmé guerrier ? Les autres participants, eux, se regardaient entre eux, pour ceux encore conscients. Et tout aussi fort qu'ils étaient, ils virent Diamante et Marco commencer à se battre et ils admirent tous que ce n'était pas de leur niveau.
Les commentateurs aussi commençaient à reculer, se lâchant enfin.
-Heu, J-P, tu sens que ça dégénères ?
-Heu, ouais, ouais, faudrait sûrement…
Ils se mirent à prendre leur micro de rechange à la ceinture :
-Heu, cher spectateurs, la compétition est fini, et les messieurs ont semblent-ils un différend à régler…
-Alors si vous pouviez vite évacuer…
-comme nous le faisons en ce moment !
-Suivez notre exemple !
Et les deux se mirent à quitter me colisée. Au moment où la foule fit de même, Kidd et Killer entraient justement.
-Eh ! Qui est-ce qui a…
Ils repérèrent au centre, dans un cercle de sécurité laissés par les autres, les abrutis qui les accompagnaient. Ils se précipitèrent vers eux.
-Eh ! On peut savoir qui…
Killer faillit alors se prendre un coup d'épée de Diamante, mais Marco le saisit à temps, et attrapant Kidd, les jeta vers les autres marmots. Bon, au moins, il avait presque le compte.
-Et ne vous approchez pas de lui ! Cria-t-il.
Les enfants se raidirent. C'est qu'il avait pas mal d'autorité quand il voulait. Rebecca fronça les sourcils, regarda Marco, puis Luffy. Elle semblait penser à quelque chose.
-On peut savoir ce que c'est que ce bordel, grogna Kidd, en regardant les autres,
-Heu, c'est un peu confus, répondit Sabo, quittant enfin la bataille entre Marco et le cinglé au chapeau.
-C'est un de tes frères ? Demanda Rebecca à Luffy.
-Quoi ? S'écrièrent en cœur Ace, Sabo et Kidd. Plutôt crever !
-C'est un copain, dit Luffy en souriant.
-non plus, non, répliqua Kidd. Et puis c'est quoi ce truc rose ?
-Eh ! S'exclama la fillette. T'as un souci ?
-T'en fais pas, on va vite la séparer de nous. Enfin de Luffy, murmura Sabo entre ses dents. Vous étiez où au fait ?
-Bah c'te débile de Killer a…E-eyh, Killer, lâche ce truc !
Killer sursauta, pris en flagrant délit de guimauve, l'un des plus graves pour Kidd. Il avait repéré la peluche, et n'avait pu s'empêcher de la serrer. Celle-ci avait l'air un peu confus par le fait que tout le monde voulait la serrer, mais ne s'en formalisait pas plus que ça. Zepo lui manquait vraiment…
-Ouais, elle est à nous ! firent en cœur Rebecca et Luffy.
Sabo grinça des dents à cette entente mutuelle.
-Enfin bref, ce type semble connaître Law, et nous a attaqué après qu'ace ait mangé le fruit de la compéti…
-quoi ?! C'était toi ! Ordure ! Beugla Kidd en se tournant vers Ace.
-Et t'en aurais fait quoi, imbécile ? répliqua Sabo. T'as déjà un fruit !
-Heu, c'est pas la question !
Ace, derrière, se sentait bouillir. Il voyait Marco maitriser plus ou moins Diamante, mais il ne s'apaisait pas. Ce sale type avait voulu s'en prendre à Sabo. Et il semblait détester Law. Peut-être que c'était lui qui l'avait forcé à quitter le navire.
En fait, il se sentait littéralement bouillir. Il avait….Chaud, mais sans se brûler.
-A…Ce ? Murmura Sabo à côté de lui.
Le blond désigna d'un doigt tremblant les poings d'Ace. Il baissa les yeux.
Ils étaient littéralement en feu.
-Aaah !
Il se mit à totalement paniquer et….S'embrasa complètement. Il ne devint qu'une espèce de torche humaine. Et Marco était trop occupé à repousser diamante pour le voir.
Ce fut alors à Sabo d'amener la peluche, le danger pour Luffy avec des couettes, et Luffy lui-même loin d'Ace pour qu'aucun ne soit brulé. Il savait que Killer serait pris en charge par Kidd, qui les fit tout deux reculer aussi.
-Ace ! Cria Sabo.
-Sabo ! Hurla l'ainé, qui se mettait à tourner sur lui-même. Je sais pas comment l'arrêter !
Il n'avait aucun contrôle sur sa voix, dans laquelle il s'efforçait d'habitude de garder un fond de mépris blasé quand il ne parlait pas avec ses frères. Ici, elle partait dans les aigus tant il était effrayé. Cela eut l'effet de le faire encore plus cramer, et de faire paniquer encore plus la troupe.
-Ace ! Fit Luffy. Ne t'en fais, je vais te sauver !
-Toi, tu t'approches pas, siffla Sabo.
De toute façon, c'était à lui de sauver Ace ! C'était lui le plus responsable ! D'ailleurs, il commençait à comprendre. Il mit ses mains en porte-voix et cria :
-Ace ! Je crois que tes émotions guident le contrôle de ton fruit ! Plus tu paniques, plus tu crames !
-Heureusement que t'étais là, j'y avais pas pensé ! Lui hurla après l'ainé, qui continuait sa danse sur place, et qui était de plus en plus hystérique.
-De rien, mon cher frère ! Cria Sabo, un chouia énervé. Quand tu auras fini d'être un abruti complet, pourrait-tu essayer de te détendre ?!
-Mais ouais ! Comment n'y ai-je pas pensé ! Me détendre ! Je suis tout à fait dans l'état d'esprit pour me détendre !
-Toujours à exagérer, hein !
-Je suis en feu ! Hurlai Ace, de plus en plus exaspéré, et de plus en plus enflammé. Je suis littéralement en feu !
Il semblait prendre la tribune désormais vide à témoin de l'injustice, tout en continuant de sauter sur place.
-Il doit souffrir horriblement, s'exclama Rebecca, les ongles rongées.
-C'est affreux, il va mourir par combustion, murmura Killer, mains sur le casque.
-Heu tu sais quoi, j'ai changé d'avis, c'est trop naze ce pouvoir, tu peux le garder, le fruit ! Fit Kidd très rapidement.
-Bon, d'accord, tout le n'aide pas vraiment pour la détente…Concéda Sabo, en bouchant les oreilles de Luffy.
Eviter le surinccident. S'il devait s'occuper de la crise de Luffy à côté, Ace ne serait plus qu'un petit tas de cendres.
Malheureusement, c'était déjà trop tard. Ace perdit définitivement les minces parcelles de calme qu'il lui restait en entendant les commentaires de cette équipé, et ….
On entendit un craquement.
-Ace ? Murmura Sabo en lâchant les oreilles de Luffy.
-Ace, appela le chapeau de paille, pourquoi le sol sous toi est tout…
Il fut coupé par un craquement. Un cri d'Ace qui disparut. Puis plus rien.
-Ace ! Crièrent ses frères.
Luffy voulut aller le retrouver, mais encore une fois, Sabo le retint par le bras. Toujours éviter le surinccident. Mais il ne l'avait que par automatisme, complètement livide.
Bon, en réalité, il était plus en train d'admettre le ridicule de cette situation.
Tout le groupe s'entreregarda, pas certains de savoir comment réagir.
-On est d'accord, s'il meurt comme ça, c'est la mort la plus débile de Grand-line ? Fit au bout d'un moment Kidd.
-Il est pas mort ! S'énerva Luffy. Ace est trop fort pour ça.
-Alors c'est la non-mort la plus débile de Grand-Line, conclut Kidd, les bras croisés.
De son côté, Marco affrontait le commandant de Doflamingo. C'était un combat difficile. Mais clairement pas impossible. Parce que…bah c'était Marco. Il se battait depuis ses 10 ans au côté de Barbe-blanche, il avait vu leur équipage grandir, il s'était battu face aux héros de la marine, face aux plus fines pointes des empereurs, il avait un fruit qui le rendait quasiment invincible….
Marco n'allait pas perdre.
Il s'envola tandis que le sol commençait encore à se mouvoir. Aussi idiot qu'était le fruit de Diamante, il fallait avouer qu'il était dangereux.
-Tu m'énerves, arrête de bouger ! Grogna Diamante.
Esquivant l'épée qui faillit se planter dans son flanc droit, Marco plongea soudain. Son pied atteignit la mâchoire de Diamante. Sous l'impulsion de celui-ci, diamante lâcha son épée. Il crut pouvoir lui asséner le coup de grâce, mais Diamante, d'un grand mouvement, jeta sa cap en avant, et sous l'impulsion de son fruit, celle-ci devint terriblement tranchante. Elle s'enfonça dans le mollet de Marco, qui, poussant un petit cri, revint plus haut dans les airs. Quelques secondes plus tard, sa blessure était guérie.
Diamante se mit à ricaner, et recommença à lancer sa cape vers Marco. Mais le blond ne se laissa pas avoir deux fois. Imprégnant ses pieds de Haki, il se posa sur la cape, et s'en servit de tremplin pour atteindre la tête de Diamante avec encore plus d'élan. Il se prit un pied, cette fois chargé de haki dans la mâchoire, et cette fois s'effondra.
Marco se posa, s'époussetant, et se tourna vers la marmaille. Il ne s'en rendit même pas compte, mais son premier réflexe fut de les compter.
Alors le compte était bon…Non attendez…
-Où est Ace ?! S'écria-t-il.
Tous les index (et une patte) désignèrent un trou qui n'était pas là la dernière fois qu'il avait vérifié. Les bords étaient roussis, comme si…
-Oh non.
-Si, fit Sabo, la voix lugubre, et le visage dans sa main.
-Mais il n'a quand même pas…
-Eh si, déplora Rebecca, qui commençait à se demander si les frères de Luffy étaient aussi géniaux qu'il l'affirmait.
-Donc…si je comprends bien…Ce fruit qu'il a mangé permet de contrôler les flammes, ou quelque chose comme ça ?
-Il semblerait, dit timidement Killer.
-Et…J'ose l'hypothèse qu'il ne le maitrise pas vraiment ?
-Clairement pas, se moqua Kidd.
-Et…le feu était si fort qu'il a fracassé le sol, et est passé au travers ?
Bepo hocha la tête, imperceptiblement.
-Ace, cria tout à coup Luffy, attend-moi !
Occupé à se morfondre sur son lien de parenté avec la désormais torche humaine, Sabo n'eut pas le temps de rattraper l'élastique qui s'élança vers le trou.
-non, Lu…Commença Marco.
Mais il n'eut pas le temps d'attraper le petit avant qu'il ne saute. Parce qu'il était assez rapide pour asséner des coups à Diamiante avant que celui-ci ne s'en rendre compte, mais pas suffisamment pour empêcher Luffy d'aller sauver un de ses frères.
Même si ça signifiait sauter dans un trou sans en connaître la profondeur, ou sur quoi il allait atterrir.
-Mais qu'est-ce qui vous gène tant dans le fait de rester en vie, se mit-il à crier.
« Wahou, se dit Luffy, c'est vraiment profond, shi shi shi. »
Il tombait en effet depuis plusieurs secondes. Le vent sur son visage le chatouillait. Il souriait fortement, en écartant les bras. Il volait presque !
Puis il vit le sol se rapprocher grandement. Son sourire se transforma en grimace. Vite ! Il fallait qu'il refasse le tour qu'il avait découvert il y avait quelques semaines ! Il prit la plus grande goulée d'air qu'il put, avant de fermer la bouche, les deux mains sur celle-ci. Il se mit à gonfler comme un ballon. Il rebondit de deux mètres sur le sol, avant de faire plusieurs bonds plus légers, et d'enfin atterrir. Il relâcha ses mains, ouvrit sa bouche, et tout l'air qui restait sortit. C'était à retravailler, mais il tenait une super technique !
-Ace, Sabo, vous avez vu. ?
Se relevant, mains sur les hanches, il se souvient que Sabo était en haut. Il tourna sur lui-même pour chercher Ace.
-Ace ?
Il s'avisa du même coup de son environnement. Il avait l'impression d'être dans la cale de navire du gros navire des gentils pirates. Il faisait sombre, et y'avait pleins de caisses et de matériels. Il y avait surtout tout plein de jouets qui semblait travailler, les transporter, et la plupart le regardait à présent, comme s'ils étaient surpris qu'ils soient là.
-coucou !
Luffy agita la main vers eux, et certains se cachèrent craintivement derrière leurs caisses.
-Vous avez vu mon frère ? Il est en flamme et il est tombé un peu avant moi.
-Sors d'ici, fit un signe proche de lui.
Ce n'était qu'un murmure, et Luffy pencha la tête vers lui.
-Bah nan pourquoi ? Je dois trouver mon frère ! T'es sûr que tu l'as pas vu le singe ?
-sors d'ici ! Elle va te voir ! s'exclama un plus fort le jouet.
Luffy fronça un sourcil. L'expression du singe était figée dans un sourire imbécile et mort. Luffy fronça encore plus les sourcils.
-Va te cacher ! Dépêche-toi !
Plusieurs autres semblaient vouloir qu'ils s'en aillent. Ils le disaient en chuchotant, en regardant autour d'eux, comme si ça demandait du courage de simplement dire ça.
-C'est ton frère ? fit tout à coup le singe en pointant quelque chose derrière lui.
Luffy se retourna. Il y avait un autre trou roussi. Il se dépêcha d'aller vers lui. Le singe hésita, puis lâcha sa caisse, et suivit Luffy, tout en tournant la tête dans tous les sens. Certains autres jouets regardaient le spectacle. D'autres s'étaient vite remis au travail, la tête baissée.
-Ace ? Appela Luffy en se penchant pour voir l'intérieur du trou, qui semblait profond de plusieurs mètres.
-GGGGh…
-Ace ! S'écria Luffy.
En effet, au fond, un tas vaguement vivant, l'air hébété, poussait des gémissements. C'était Ace, les vêtements…inexistants, des cendres sur tout le corps, les yeux encore plus ronds que ceux de Luffy, qui fixait un point sans sembler revenir.
-Ace ! Je vais te chercher !
-Parle moins fort ! Chuchota le singe, en s'accrochant à son bras gauche.
Ne s'occupant pas de lui, Luffy élança son bras droit en arrière, langue sorti, l'air de viser, avant de le lancer dans le trou. Le bras, s'allongeant, ricocha sur les parois, avant d'enfin atteindre l'ainé, qui ne semblait vraiment pas ne se rendre de ce qui se passait. Agrippant fermement l'épaule de son frère, Luffy tira. Le singe lâcha son autre bras, sous le choc. Luffy, lui, était si fier de lui. Il avait aidé Ace cette fois ! Bon, il n'était pas dit que celui-ci n'ait pas heurté une ou deux fois les parois alors qu'il était remonté, plus ou moins violement, mais maintenant, il était sur le sol ! Enfin, ce sol, il devait trouver un moyen de remonter...Mais avant…
-Ace ! Hurla Luffy en se jetant dans les bras de son ainé, pas dérangé par sa nudité.
Enfin, ce fut surtout lui enserra Ace, étant donné que celui-ci avait l'air encore plus dans les vapes suite à la collision avec les parois, et Luffy le tenait bien plus qu'il ne le tenait.
-Ace ! Il est trop cool ton pouvoir !
-Ghh, répondit Ace, toujours pas conscient de son environnement.
-Ace ! Luffy ! Fit une voix en haut.
-Monsieur l'ananas ! S'écria Luffy, tout sourire, j'ai retrouvé Ace !
Il y avait des moments où Luffy se souvenait des noms, et d'autres moments où il fallait se résigner.
-Marc….Non, laisse tomber, vous allez bien ?
-Moi oui ! Mais Ace bave un peu ! Répondit Luffy, sans préciser certains détails, comme la nudité d'Ace, qu'il jugeait peu important.
-Je vais venir vous cher….
La phrase fut interrompue.
-Monsieur Ananas ? Appela Luffy.
Une petite silhouette à haut de forme se pencha vers le trou :
-Lu' !
-Sabo !
-Des gardes sont arrivés et ont attaqué Marco, certains autres combattants l'aident, on arrive dans quelques minutes, tu ne bouges pas ! Débita à toute vitesse Sabo, avant de se retourner pour contrer un des fameux gardes.
-Tu ne bouges pas ! Cria encore avant de disparaitre Sabo.
-Ok, fit Luffy, avec une moue, pas très content d'être laissé de côté pour la bagarre, mais Sabo avait fait son regard. Le fameux regard, qui faisait même stopper Ace parfois. Celle qui voulait dire : « essaie de me désobéir pour voir, essaie seulement ». Luffy avait peur de rien ! Mais il valait pas mieux pas savoir ce que Sabo allait faire si on le contredisait dans des cas comme ça.
-Arrêtez de hurler, fit la voix du singe à ses côtés.
Il avait encore moins de volume dans la voix. Il semblait résigné, désespéré.
Luffy fixa de nouveau le sourire béat de la peluche. Il se mordit la lèvre.
-Tiens, tiens.
Luffy et la peluche se retournèrent vivement. Ace, lui était balloté dans les bras de Luffy.
-Oh, non, murmura le singe, mains sur la tête, l'angoisse tapissant le fond de sa voix.
Une petite fille avec une couronne et mangeant des fruits bleus s'approchaient d'eux en souriant.
-Que me ramènes-tu là, mon cher ?
Le singe commençait à trembler. Les jouets derrière continuaient de travailler comme si de rien n'était, mais tous regardaient Il voulut expliquer, mais Luffy plus rapide que lui.
-Salut ! S'écria-t-il, en agitant sa main de gauche à droite.
Ce faisant, il perdit l'appui sur Ace qui tomba face la première.
-Oups ! Pardon Ace !
-Ghh, répondit Ace.
Ça voulait surement dire qu'il lui pardonnait, aussi Luffy se retourna vers la nouvelle venue qui tombait la main vers lui.
-Tu sembles nouveau dans le coin. Pourquoi tu ne me serrerais pas la main ? lui dit-elle, la voix enjôleuse.
Luffy pencha la tête, quelque secondes. Puis :
-Bien sûr !
Il s'approcha encore. Le singe chercha à le retenir, mais d'un regard, la petite fille le remit à sa place.
C'est alors que l'impensable se produisit.
Luffy, qui se trimballait depuis le début de son aventure en tong, alors qu'il n'était qu'à quelques pas de Sugar, trébucha. Il trébucha à cet instant précis. Tout à fait. Il réussit à retenir son équilibre, à coup de saut, sa tête plongeant en avant. Sugar était à présent au-dessus de sa tête.
Le temps qu'elle réalise, ce fut trop tard, Luffy releva la tête et Sugar se la prit sous le menton. Elle tomba sur le dos, assommée.
Les jouets, témoins de l'action, s'arrêtèrent. Il y eut un grand silence.
-Bah, elle dort ? demanda Luffy au singe en se tenant à nouveau droit.
Les yeux en plastiques allèrent de Sugar à lui. Puis une lumière émana d'eux. Une gigantesque lumière qui envahit tout l'entrepôt, et fit mal aux yeux de luffy. Il se protégea de son bras. Il entendait des exclamations, des hurlements. Il sentit la patte en peluche du singe sur son épaule. Puis, une douce chaleur, et la patte devint plus grande, plus rugueuse, plus…
Il tourna la tête. C'était une main d'humain qu'il avait sur l'épaule. Il releva la tête, baissant le bras.
Un homme d'une quarantaine d'années, le nez en trompette et les cheveux roux en boucles, le regardaient, les yeux remplis de larmes et de bontés. La main sur sa petite épaule se referma avec une fermeté douce qui lui rappelait Shanks ou papi, plus rarement.
-Merci…
Luffy pencha la tête.
-Merci, répéta encore le rouquin.
Luffy le fixa un instant. Puis il repensa au singe. Son instinct parla pour lui. Il sourit largement :
-Shishishi ! Là, tu souris vraiment !
Le rouquin le souleva d'un coup. Tous les anciens jouets se mirent à hurler, dans une cacophonie où résonnait la joie. Le mot « merci » revenait souvent. L'ancien singe le porta sur ses épaules, l'amenant au sur un rocher surélevé. Puis il se tourna sur la foule :
-il nous a sauvés !
Il y eut un énorme hourra venant de tout l'entrepôt.
-Comment ça ? Hurla une voix dans la foule.
Luffy vit alors non seulement Sabo, Marco et les autres qui les avait rejoints, mais également une bonne partie des combattants du colisée. Sabo tenait ace (et avait caché de son chapeau la vertu de son frère), qui commençait à revenir à lui, et regardait ébahi son frère se faire porter en triomphe.
-On finit de battre des gardes qui nous attaquent sans raisons, et voilà sur quoi on tombe quand on a fini, s'écria Harjrudin.
-Il nous a sauvées ! Répéta, ivre de joie le rouquin en soulevant encore plus haut Luffy. Il a vaincu Sugar ! Il a libéré tous les jouets de Dressrosa, et vous a empêché de devenir esclave à votre tour !
-Hein ? Firent Ace et Sabo.
-C'est vrai ! Hurlèrent plusieurs dans la foule. Doflamingo vous aurait transformé en jouet comme il l'a fait avec nous !
Les pirates du colisée s'entreregardèrent, pas certain de la façon dont ils devaient réagir.
-alors, on doit notre liberté à ce nabot ? Fit Jett.
-Il semblerait. Je vois un cœur courageux. Il doit venir d'une famille respectable, commenta Don Chinjao, en hochant la tête.
Il s'approcha :
-comment devons-nous appeler notre sauveur ?
Luffy cligna des yeux, et répondit, comme une évidence :
-Bah…Luffy ! Celui qui deviendra le roi des pirates !
-Lucy, ainsi soit-il, acquiesça le vieux pirate, qui avait des problèmes d'auditions.
-non, Luf…
-Acclamons tous notre sauveur, Lucy !
-Lucy ! Lucy ! Lucy ! Hurlèrent tous les anciens jouets et les combattants.
Le rouquin et luffy, su une butte, observait des centaines de voix scander le nom. Luffy ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais se sentait quand même pousser des ailes.
Les seuls à ne pas participer étaient les enfants, et Marco, trop occupés à être complètement bouche bée pour émettre le moindre son.
-Bah ça, fit Marco au bout de plusieurs minutes.
Kidd se taisait. Il était clairement impressionné. Un peu jaloux aussi.
-mais ch'uis resté inconscient combien de temps ? Paniqua Ace.
-C'est…C'est Luffy, quoi, dit sabo avec un rire nerveux.
-Je ne pas quoi dire, murmura Sabo.
-Je ne sais pas quoi penser, murmura Ace
-Ca nous change, ironisa Sabo. Ace, tu sais que tu es….
Ace suivit le doigt pointé de Sabo et hurla, la tête se tournant de tous les côtés, avant qu'une veste violette et faisant deux fois sa hauteur, ainsi qu'un large turban ne lui tombe sur la tête.
-Essaie de composer avec ça pour l'instant, rit doucement Marco derrière lui.
Ace rougit fortement en attrapant les vêtements. Il était tenté de jeter les vêtements à terre et de rester à poil pour le principe, mais Sabo lui lançait le regard. Alors il mit la veste, et se fit une sorte de pagne avec le turban. Si on pouvait mourir de honte, ça allait très vite se vérifier.
Sabo pouffa dans ses mains, et Ace se tourna vers lui. Si ses nouveaux pouvoirs pouvaient faire frire quelqu'un d'un simple regard, ça allait aussi vite être vérifié. Apparemment non. Dommage.
-Tu es superbe.
-Oh la ferme ! Comme si tu en avais quelque chose à fiche ! Lui cria après Ace.
-aha, t'as raison. Et puis, il y a des choses plus importantes, concéda Sabo. Tu as gagné un pouvoir de feu. Et Luffy….
Le blond se tourna, bras levé vers la foule. Au loin, son frère essayait les avantages d'avoir toute une armée reconnaissante à mort pour lui :
-Vous allez tous dire : vive le capitaine Luffy ! D'accord ?
-Nous ferons tout ce que vous voudrez, Lucy !
-non, moi c'est…
-Vive le capitaine Lucy ! Hurla la foule.
-Luffy…a…en quelque sorte commencé une révolution et gagné le cœur de centaines de combattants ? Termina Sabo.
-Nan mais…Sabo…
Ace semblait avoir du mal à tout connecter. Il se tourna vers l'ancien noble, impuissant :
-Il se passe trop de chose, là ! Je…Comment ? Quoi ? Ou a…
-Je sais, Ace, fit Sabo, en lui tapotant.
-Ace ! Sabo ! Monsieur l'ananas ! Les amis ! Cria une voix fluette.
Luffy, descendit de la butte et des bras du rouquin, et se précipita vers son groupe. Une haie d'honneur se formait à son passage. Une personne osa toucher un bout de son chapeau de paille, avant de s'évanouir de bonheur.
Ace et Sabo accueillirent pourtant avec joie leur frère, le serrant dans leur bras. Marco, toujours secoué, décida qu'effectivement, s'il devait tenir avec ces enfants, allait devoir se contenter d'explications de ce genre. Il sourit donc en voyant les trois frères être réuni. C'était eux, quoi.
Sales gosses, va.
Un pleur retentit soudain près d'eux. Le groupe se retourna, pour voir Rebecca en larmes.
-Qu'est-ce qui se passe, s'écria Marco en se mettant à sa hauteur, lui attrapant les épaules.
-J….J…
Les sanglots étaient si grands qu'ils déchiraient ses phrases.
-J'ai…J'ai un….
-Tu t'es fait mal ? Demanda Marco, de plus en plus paniqué.
Elle se mit à hurler d'un coup :
-J'ai un pèèèèère !
Marco resta interdit face à cette déclaration.
-…Heu, c'est pas si grave, tenta-t-il.
-On s'en passe très bien, déclara Ace.
-Ça c'est sûr, affirma Kidd à côté.
Mais même après ces paroles pleines de sagesse, Rebecca pleurait toujours, bouche grande ouverte, tête levée vers le ciel.
-Rebecca, fit une voix grave derrière eux.
Marco se retourna d'un coup. Un homme regardait Rebecca. Il la cacha derrière lui par instinct. Mais il vit dans les yeux de l'homme qu'il n'avait aucune intention de blesser la petite. Il le fixait d'un air de lassitude extrême. Finalement Marco se retira sur le côté.
L'homme s'avança vers Rebecca. Celle-ci le vit, et le choc arrêta un instant ses pleurs, avant qu'ils ne repartent de plus bel.
-Eh ! C'est la statue du colisée ! S'exclama Luffy.
-Quoi ? Murmura Sabo.
Mais il se tut face à la scène devant lui.
L'homme était clairement un guerrier. Il était grand, costaud, et avait une arme derrière son dos. Une jambe lui manquait, et il regardait Rebecca comme papi les regardait, parfois, quand il pensait qu'il ne le voyait pas.
-J'ai….J'ai un…
L'homme agrippa soudain les épaules de l'enfant, et la serra contre lui.
-Pèèèère ! Termina Rebecca, enfouissant sa tête dans le torse de l'homme.
Les frères ASL, Kidd, Law et Bepo et Marco attendirent le temps qu'il fallut que les retrouvailles se calment. Marco observa du coin de l'œil les enfants, et découvrit avec une grande surprise qu'ils étaient particulièrement calmes. Marco ne savait pas si c'était pour donner de l'espace au père et à la fille retrouvée, s'ils étaient jaloux, rêvant de retrouvailles de ce genre, ou un mélange des deux. Il sentait deux pattes fourrés qui serraient sa jambe. Bepo regardait avec un intérêt visible Rebecca et l'homme qui était son père. Le commandant se souvint alors que le jeune mink était parti de son île pour aller chercher son frère. Zepo avait dû être absent depuis longtemps. Marco caressa la fourrure de sa nouvelle charge. Pour avoir quitté tout ce qu'il connaissait à un si jeune âge, Bepo avait dû se sentir seul, malgré tous ses amis sur l'île. Cette angoisse de l'abandon…Oh oui, Marco connaissait…
Il observa les autres. Luffy avait l'air sincèrement heureux pour sa nouvelle amie. Sabo, malgré le mauvais contact, semblait aussi content face à une telle preuve de bonheur. S'il y avait un quelconque chagrin en lui, il savait parfaitement le cacher. Marco fronça les sourcils. Depuis leur discussion sur la Moby Dick, il s'était dit qu'il devait bien veiller à ce que l'enfant ne se croit adulte trop vite et ne croit qu'il doive tout contenir pour lui. A côté, Kidd et Killer observaient aussi la scène. Le visage de Killer était très compliqué à lire pour des raisons évidentes, mais Marco voyait bien le léger tremblement de l'enfant. Un autre à surveiller, à faire en sorte qu'il s'ouvre plus…. Il fallait le dire, il était très surpris de voir Kidd si….calme. Il ne quittait pas la scène des yeux. Ses poings étaient serrés, et ses sourcils froncés. Marco commençait à comprendre aussi que la douleur chez Kidd s'exprimait par le cynisme et la colère. Au fond, il ne savait rien de l'enfant. Mais les évènements qui avait pu amener un enfant d'une douzaine d'année à un tel fond de colère étaient nombreux, très nombreux. Une autre chose à creuser. Et Ace…Ace était, contre toute attente, celui qui avait l'air le plus atteint. Il y avait dans les yeux du garçon un bout de la tristesse qu'il cachait sous des couches d'agressivité. Il tentait tant de la réfréner d'habitude que face à cet inhabituel éclat, Marco se sentit honteux de l'apercevoir, et tourna la tête. Il devait vraiment avoir une conversation avec ce môme.
Jetant un regard autour, il se rendit compte que la joie des retrouvailles n'était pas que pour Rebecca. La plupart des gens parlaient de retrouver leur famille, certains se dirigeaient déjà vers la sortie. Beaucoup se serraient dans leur bras, comme de vieux amis qu'on retrouvait après des années.
Et voilà. Marco aussi sentit son cœur se serrer. Depuis ce matin, il avait l'impression de redevenir un gosse sans défense par moment. Et définitivement, il n'aimait pas ça.
Se refocalisant sur la foule, il vit que beaucoup aussi hurlaient à la gloire de Lucy. Il n'en revenait toujours pas, et en passant, il aimerait bien avoir les détails de cette aventure, qui s'était déroulé en quelques minutes tout de minute….
La foule était variée. Il y avait des soldats de la marine, des pirates, des gladiateurs, des simples civils….Et….Marco fronça les yeux. Il avait l'impression….D'être observé. Quelqu'un dans la foule, il n'avait pas vu qui, était très clairement en train de les épier. Mais alors qu'il avait voulu jeter un œil plus acéré, la silhouette avait disparu. Marco fronça les sourcils. Cet aura…Qu'est-ce que…..
Ses divagations furent arrêtées devant une scène qui se jouait à quelques mètres de lui.
-Eh ! On peut savoir ce que vous faites ?
Trois hommes et une femme sursautèrent en cœur, en voyant l'homme s'approcher d'eux. Pas besoin de connaître sa réputation pour voir qu'il n'était pas du genre qu'on ait envie d'agacer. Surtout pas alors qu'il semblait déjà être dans une colère noire….
-Quatre adultes contre une enfant, quel courage, murmura-t-il entre ses dents.
Les récemment humains clignèrent des yeux. Puis ils comprirent. Ils étaient en train de d'attacher Sugar tant qu'elle était inconsciente.
-Non ! Vous n'avez pas compris ! S'écria l'un d'eux en secouant les bras. C'est en réalité elle qui…
-Je n'ai aucune envie d'écouter vos excuses…Fit-il, en levant le poing. Profiter du chaos pour kidnapper une enfant….
Les quatre poussèrent un grand cri en voyant l'homme s'apprêter à les frapper. C'était pas juste ! Ils avaient été parmi les plus courageux pour oser approcher celle qui les avait fait vivre cet enfer pendant si longtemps, et maintenant on voulait les punir pour ça ?! L'indignation leur donnait envie de répliquer, même en voyant qu'ils n'avaient aucune chance…
Mais le bras de Marco fut stoppé par une main remarquablement puissante. Celui-ci se tourna, prêt à mettre au tapis leur complice, mais…
-Je comprends ta confusion, mon ami, fit Kyos, et si tes pensées étaient bien vrai, crois-moi je t'aurais aidé leur donner une correction….
Quatre gloups à l'arrière-plan.
-Mais le fait est que Sugar n'a d'enfant que l'apparence, et qu'elle est l'un des plus grands rouages dans le plan machiavélique de Doflamingo…Ces gens n'ont voulu que l'empêcher de refaire d'autres victimes.
Les quatre derrière prient la pose. Enfin, on reconnaissait leur geste !
Marco se tourna lentement. Le soldat unijambiste, qui tenait Rebecca lové dans ses bras, semblait mortellement sérieux à présent. A peine quelques marques sur le visage comme preuves des larmes qu'il avait versé. Mais Marco exigeait des réponses.
-Explique-toi. D'abord, qui es-tu ? Et qu'à fait Luffy pendant que nous étions en haut ? Qui sont ces gens ? Pourquoi….
-Du calme, sourit son interlocuteur en lui pressant l'épaule. Je comprends ta confusion, Marco le phénix.
-Oh, tu me connais.
-Eh oui ! Ça ne se voit peut-être pas, mais j'ai occupé une haute fonction, et j'ai appris à me renseigner sur les grandes pointures qui font tourner le monde…
-Vous occupiez une place importante ? demanda Sabo.
-Qui êtes-vous ? fit Ace.
-La tête d'ananas, une grande pointure ? Finit Kidd.
-Je vais tout vous expliquer. A commencer par mon identité et la vraie face de ce pays. Mais avant, j'ai une chose importante à faire.
Il déposa Rebecca, et se tourna vers Luffy. Toujours sérieusement, il se pencha vers lui. Puis tout à coup, il se mit à genoux.
-Merci Lucy de nous avoir sauvé et de m'avoir permis de retrouvé ma fille. Moi, Kyros, J'ai une dette à vie envers vous. Demandez-moi n'importe quoi.
Peu importe son nom, cet homme semblait d'une force extraordinaire, et d'un passé très trouble. Voir un homme si noble se mettre à genoux devant Luffy…disons que l'équipe se retrouva à nouveau bouche bée.
-Bah pas grave ! S'écria Luffy avec une tape dans le dos de Kyros. T'as qu'à rejoindre mon équipage.
-Heu, fit Kyros, l'air très gêné, n'importe quoi sauf ça. Je refuse d'être séparé de Rebecca plus longtemps, et elle est trop jeune pour naviguer.
-Ah bon ?
Kyros sembla au supplice. Il craignait tant d'avoir froissé son sauveur. Les autres étaient doublement bouche bée. Luffy faisait-il exprès de dominer totalement ce grand soldat ?
-Bon, je comprends. Alors tu dois me donner toute la viande que je veux ! Shishishi !
Kyros cligna des yeux. Il tourna la tête vers Rebecca, mais celle-ci, un sourire lumineux sur le visage hocha doucement la tête. Kyros reporta son attention sur Luffy, avant d'à nouveau incliner la tête.
-Qu'il en soit ainsi ! Je vous jure solennellement de vous donner les plus belles pièces de viande jusqu'à ce que votre faim soit étanchée ! Les plus juteuses, les plus belles, les plus…
Il s'arrêta, quand Luffy sauta dans ses bras.
-On ne m'avait jamais dit une aussi belle chose, murmura le petit.
-Eh…eh bien…Heu, du moment que vous êtes heureux.
-Ça suffit, je me casse, je peux plus supporter, dit Kidd en se détournant.
- Tu ne vas nulle part, on se sépare plus, déclara Marco en lui agrippant le col.
-Eh !
-Vaillant Lucy, Marco du Phénix…Comme je l'ai dit, je vais tout vous expliquer. Si vous voulez bien me suivre dans un endroit à l'abri des regards…
Tout le groupe se mit à suivre Kyros, seul Ace et Sabo restaient figés.
-Sabo….Est-ce que ce type super balèze vient de s'incliner devant Luffy ?
-Oui….
-On a reconnu la valeur de Luffy avant la nôtre ? c'est…C'est quoi cette sensation…
-comme si on te tabassait sans que tu puisses rien faire ?
-Oui !
-Faut t'y faire, répliqua Sabo en reprenant ses esprits et suivant les autres. Puis je te signale que tout un colisée t'a acclamé un quart d'heure plus tôt….
Le souvenir fit chaud au cœur d'Ace. Il rejoignit Sabo.
-Mais quand même…Luffy….
-Je sais, Ace.
Les deux enfants continuèrent leur route quand Sabo se retourna tout à coup.
-Un problème Sab ? Demanda Ace.
-Rien…J'ai…eu juste l'impression que…Que quelqu'un nous suivait….
Sabo scruta l'entrée du souterrain dans lequel s'étaient engagé les autres. Personne. Pourtant…Cet aura….Il l'avait déjà…
Ace chercha aussi, mais il n'y avait personne. En tout cas personne qui ne semblait vouloir les suivre. Dans le chaos ambiant, ils étaient passés curieusement facilement.
-Ça doit être un des cinglés qui se mettent à vénérer Luffy, viens vite, répliqua Ace, en s'engageant à son tour.
-Ouais…surement, murmura Sabo.
Il frissonna d'un coup. Il avait ressenti comme un froid. Il s'engagea vite dans le tunnel.
Une silhouette encapuchonnée les suivit peu après.
Ils suivirent le dénommé Kyros au travers d'un souterrain. Marco était en tête, et conversait avec l'unijambiste. Il ne doutait pas vraiment de l'homme qui semblait sincère, mais il avait appris à se méfier de ceux qui ont l'air noble. Son intuition pouvait être trompée.
-Où nous emmènes-tu ?
-A l'endroit où la résistance s'organise.
-Donc, si je résume tes dires….Doflamingo règne en tyran, après avoir chassé le roi précédent. J'avais déjà entendu des rumeurs fiables là-dessus. Mais c'est lui qui a transformé la moitié de la population en jouet.
-Oui….C'est exact. Il…Grâce au pouvoir du Sugar, les gens transformés en jouets devenaient ses esclaves. Le pire étant…que le reste de la population n'avait plus aucun souvenir d'eux en tant qu'humain…Peu importe à quel point….
Rebecca, qui était toujours dans ses bras, se serra un peu plus contre lui, et Kyros ferma les yeux quelques instants.
-Marco du phénix…Est-il possible de…
Marco agrandit ses yeux :
-Oui. Je crois que j'ai compris. Ne t'en fais pas, c'est ma faute, je ne devrais pas appuyer sur ce sujet sensible.
-Je comprends tes doutes…
-Ils ne me semblent plus justifié, sourit Marco. Et….Tu n'as à utiliser mon surnom. Marco suffit. Je suis là pour vous aider. Tu veux bien de notre aide pour abattre la tyrannie de ce pays.
Kyros jeta un regard reconnaissant au blond.
-Oui…Oui. Je te remercie. Je vous remercie tous.
-Tu nous remercieras quand ton pays sera libre. Décréta Ace, l'air sombre.
Sabo hocha la tête.
-Moi aussi je vais t'aider papa ! S'exclama Rebecca.
-Il n'en est pas question, s'écria Kyros. Si je vous emmène à notre QG secret, c'est avant tout pour mettre les enfants à l'abri.
La troupe s'arrêta.
-Ecoutez, je vous remercies tous, mais...Lucy, malgré votre victoire face à Sugar, je ne peux ignorer que vous et tes amis êtes des enfants, et…
-Quoi ? Mais il nous cherche, l'unijambiste ! Gueula Kidd.
-On t'a pas demandé ton avis, renchérit Ace.
-Ton pays va mal, déclara Luffy.
-vous ne pouvez pas…
-Mais on doit aller péter la tête à doflamingo et retrouver Traffy !
Marco arrondit les yeux. Il l'avait presque oublié avec tout ça ! Law était seul dans ce pays de dingue !
-Vous ne savez rien de la folie de ce monstre ! Hurla tout à coup Kyros.
Il y eut un grand silence.
-Papa ? Murmura Rebecca.
-J'ai vu tant de gens bien se faire écraser, j'ai vu mon roi perdre le soutien du peuple, j'ai vu ma fem….
Il s'arrêta d'un coup, se cachant le visage dans une main tremblante. Personne dans le groupe ne trouva la force de répliquer, pas même Ace, jusqu'à ce qu'une voix douce ne s'élève.
-Je sais tout ça. Déclara Sabo. Mes frères et moi nous connaissons ce pays.
-Ah bon ? Fit Luffy.
-Oui, Lu'. Un royaume où les plus puissants manipulent, trichent et font souffrir le peuple…Un royaume sans justice…Un royaume sans liberté…
Sabo releva la tête :
-C'est le pays où nous avons grandi.
Marco fronça les sourcils. De quel pays venait-il ?
-L'injustice, hein….
De surprise en surprise, cette fois c'est Kidd qui avait parlé. Bras croisé, regard sur le côté, air renfrogné, et il n'avait toujours pas crié.
-Tu crois que c'est la nouveauté de ton pays, l'injustice ? Cracha-t-il en direction de Kyros. Gros nouvelle, le débile : toi t'as connu la paix. Y'en a qui ont pas eu cette chance.
Killer voulut se rapprocher, la main levée, mais la laissa tomber et resta en retrait.
-Ouais c'est comme le fait d'être trahi par ceux auquel tu crois….C'est comme le fait d'être traité comme un esclave, comme un type sacrifiable, comme….
Kidd se rendit compte qu'il s'était mis à hurler au milieu et….rougit. Il se renfrogna encore plus, bras autour du corps, ne regardant personne. Tout le monde voyait bien qu'il avait les yeux brillants. Personne ne dit rien.
-Putain ! Hurla-t-il tout à coup.
Il se mit à avancer vers la fin du tunnel.
-Killer ! Amène-toi ! On a du grand corsaire à dézinguer !
-O….Oui !
Killer s'approcha.
-Il n'a aucune chance contre vous, captain, fit-il, l'enthousiaste, surement feint, perceptible dans sa voix.
-Eh, sourit Kidd.
-Woh. C'était bizarre, commenta Rebecca en descendant des bras de son père.
-Attendez-nous ! S'écria Luffy.
Les deux petits partirent à la suite. Ace et Sabo suivirent.
-Attendez, je viens de vous dire que…Dit inutilement Kyros.
En désespoir de cause, il se tourna vers Marco qui était resté silencieux :
-Mais…Vous devez…
-Je ferais tout mon possible pour les arrêter, assura Marco. Et pour vous aider. Mais en échange, j'ai un service à vous demander.
-Lequel ?
Marco inspira, avant de continuer :
-Un….un enfant qui m'accompagnait est perdu sur l'île. Il s'appelle Law. Trafalgar Law. Il…
-Un bonnet blanc avec des taches noires, l'air maladif, un scalpel dans la main ?
-Oui ! C'est ça, vous…Un scalpel ? Que…Que voulait-il en…
Kyros ne répondit pas, l'air grave. Marco déglutit. Law…A quel point était-il déglingué ?
-Il ne va pas bien, murmura Kyros.
-non…il….Ne….
L'émotion faisait bafouiller Marco. Law, à qui il avait promis sa protection, à lui et aux autres.
-Un autre qui avait ta confiance de perdu, Marco….Honnêtement, tu comptes encore à ce stade ?
La voix était revenue ramper sur ses épaules. Il se secoua, déterminé à ne pas l'écouter.
-On doit se dépêcher ! Qu'on retrouve vos alliés rebelles, qu'on arrête Doflamingo, et qu'on le retrouve le plus vite !
Marco s'élança à la suite des enfants. Kyros le regarda partir.
-Oui, je le sais bien que mon pays n'a pas le monopole de la douleur, souffla-t-il quand personne ne l'écouta.
Puis il rejoignit la troupe.
Derrière, la silhouette s'arrêta aussi. Elle avait tout entendu. Elle s'appuya contre une paroi.
-Comme je le sais aussi, murmura-t-elle.
Un souffle, qui fit vaciller les flammes dans les torches. Puis la silhouette avait disparu.
La troupe continuait dans le tunnel, quand une lumière qui n'était pas celle des torches s'approcha. On aurait dit une petite luciole.
-Aie ! s'écria soudain Ace.
Tous se retournèrent vers lui.
-Un truc m'a piqué !
D'instinct ses poings s'étaient enflammés. Mais cette fois, il réussit à ne pas propager son feu à tout son cœur. Tout le monde regarda autour, mais ne vit rien.
-Là ! S'écria soudain Killer.
Il présenta un coin, mais la lumière s'était déjà estompée.
-Attendez ! Cria Kyros. Je crois comprendre.
Il se mit à déclarer à la cantonade :
-Si un membre des Tontatas est présent, sachez que c'était moi votre capitaine, le petit soldat de plomb.
Un instant plus tard, une sorte de minuscule lutin se posa dans les mains de l'unijambiste.
-Léo ! S'écria celui-ci. Tu n'as pas dû me reconnaitre et nous prendre pour des intrus, n'est-ce pas ?
Le petit être se mit à pleurer :
-Monsieur le commandant ! La mémoire, elle…Elle vient de…nous revenir ! Nous venons de nous rendre compte de qui vous étiez tout ce temps, on m'a envoyé vous chercher, et…
-Ne t'en fais pas, brave Léo, je ne vous en veux pas, lui assura doucement Kyros.
-Ok, temps mort, s'écria Ace. C'est quoi ce bidule !
-Je ne suis pas un bidule, s'insurgea le dénommé Léo en levant ses petits poings. Je suis Léo, guerrier tontatta !
-Tu nous en diras tant, bailla Ace. C'est toi qui m'as piqué ?
-J'ai cru que vous étiez des ennemis ! Rougit Léo.
-Même si on était avec ton commandant ? Demanda Rebecca, mains sur les hanches.
Léo ne répondit pas, visiblement mal à l'aise.
-Une erreur peut arriver à tout le monde, calma Marco, main levé. Et toi, calme tes flammes, ajouta-t-il en direction d'Ace.
Le brun fit la moue, mais au bout de quelques essais réussit à éteindre ses poings, tout en ronchonnant : « faut toujours qu'il se mêle de tout, celui-là… »
-Excusez-le. Les tontattas sont des fées de Dressrosa cachés de la société. Mais ce sont les alliés précieux dont je vous ai parlé.
-Ca, des alliés précieux ? S'esclaffa Kidd. Ça fait à peine la taille de mon pouce !
Il se prit en conséquence un coup de pied de Léo qui revint aussitôt innocemment sur la main de Kyros. Puis-ce sont regard se tourna vers Rebecca et il ouvrit de grands yeux :
-Dame Scarlet ? Murmura-t-il.
Un ange passa. Kyros et Rebecca posèrent sur lui un regard creux.
-R-Rebecca ! Se rattrapa Léo. Tu dois être Rebecca, la fille de ….
Cette fois le regard de Rebecca se remplit de Larme. De sa main libre, Kyros la serra contre lui.
-Je…Je suis désolé ! S'empêtra Léo. Je…Je ne voulais pas…Je….
-c'est ta maman ? Demanda Luffy à Rebecca.
Celle-ci pleurait silencieusement, mais elle hocha la tête.
-Sshhh ! Fit Leo à Luffy, son index pointé levé devant sa bouche.
-Elle n'a pas survécu, déclara sobrement Kyros.
Il se redressa, la main sur la tête de sa fille :
-Nous devons arrêter Doflamingo. Léo, les tontattas sont-ils prêts au combat ?
-Quoi ? Si tôt, s'écria Leo.
-Oui. Il y a eu du grabuge au colisée. Diamante a perdu, les participants se sont échappés, Sugar a été vaincu et les jouets sont redevenus humains. C'est un chaos inespéré. Nous devons agir maintenant. Notre cible est le palais de Doflamingo. Nous devons charger.
Léo fronça les sourcils, l'air hésitant, avant de relever la tête, au garde-à-vous :
-Les tontattas sont à votre service, commandant !
Vu la taille de Léo, c'était tout aussi respectable que mignon, et Rebecca, en s'essuyant les yeux, sourit un peu :
-Je suis sûr qu'on va gagner, affirma-t-elle.
-On va le fumer, déclara Kidd, pas vrai Killer ?
-Oui Captain !
-Mingo n'a pas une chance ! S'écria Luffy.
-C'est clair, fit Ace, en échangeant un regard déterminé avec Sabo.
-qui est Mingo ? Demanda doucement Bepo, mais dans l'enthousiasme général personne ne l'écouta.
-Je suis sûr que toi et les tontatas ferez de formidables alliés, sourit Marco. En tout cas j'ai appris que la taille ne faisait pas la valeur, ajouta-t-il en lorgnant les enfants.
Ni la proportion d'ennui, mais ça il le garda pour lui. Petit mais grande force et grand emmerdeur. Tiens, Haruta rentrait bien dans cette catégorie….
-Effectivement. Ils sont pratiquement indétectables, assura Kyros en se tournant vers Killer : C'est d'ailleurs assez incroyable que tu….
-Oh, et commandant ! Le coupa soudain Leo. Nous avons vu Virgo amener un prisonnier au palais ! Un enfant avec un bonnet et inconscient !
-Quoi ! S'écria Marco.
-Quand ça ? Demanda Kyros.
-Il y a plusieurs heures de ça.
-Ils ont Traffy ! Hurla Luffy, mains sur la tête et l'air catastrophé.
-Pas pour longtemps, déclara Marco, les dents serrées. On part maintenant.
Kyros se plaça devant les enfants :
-au risque de me répéter, dit Kyros, vous en participerez pas au…
-Youhou, le coupa une voix, monsieur Lucy, vous êtes là ?
Le groupe se retourna. Bientôt, beaucoup des anciens membres des combattants du colisée les rejoignirent danss le tunnel.
-C'était ça ta présence ? Demanda Ace à Sabo, incrédule.
-comment on a fait pour pas les avoir vu ? se demanda perplexe Marco, qui se dit qu'il était beaucoup plus bouleversé qu'il ne le croyait pour être à ce point aveugle.
-Comment ils ont fait pour tous rentré, plutôt ? Corrigea Sabo en fixant Harjurdin, qui, à genoux, raclait presque les murs ?
Au-devant, Don Chinjao s'avança et s'adressa à Luffy:
-nous avons entendu votre conversation. Pour te remercier de nous a voir sauvé du sort qui nous attendait, Lucy, nous allons aider à abattre Doflamingo.
-Ah bon ? Cool ! Shishishi ! Fit Luffy, aux anges.
Kyros, d'abord incrédule, hocha la tête.
-Je vous remercie tous. Nous devons nous rendre au palais. Léo ! Va rassemblez les tontattas et dis leur de nous rejoindre au…
-Popopop ! Le coupa Blue Gilly. Tout doux, le vieux. T'as mal compris, le vieux.
-Qu'y a-t-il ? Demanda perplexe Kyros.
-On en a rien fiche de toi, ou de tes soucis, éclaira Jett.
-Eh ! S'insurgea Rebecca, retenu par Kyros.
-Parfaitement petite, compléta Habdulla. Nous on est là que pour payer notre dette à Lucy. C'est lui qu'on va suivre.
Et pendant qu'ace se désolait contre un mur, Luffy leva les poings :
-On va faire sa fête à Mingo !
-Ouaiiis ! Hurlèrent les pirates, ce qui fit trembler les parois.
-Uuuuh ! Fit un taureau qui avait réussi à se frayer un chemin.
-Oh un taureau ! S'écria Luffy, et en allant le caresser. Rebecca viens voir !
Sabo quant à lui, se tourna l'air triomphant vers Kyros.
-Je n'aime pas ce regard, murmura celui-ci.
-Il semblerait que vous ne pouvez pas ne passer de nous, déclara-t-il. Sans ces gars, vos chances risquent d'être réduites. Luffy doit donc venir.
Il pointa de son pouce son petit frère qui semblait avoir été adopté par le taureau et qui s'accrochait avec Rebecca à ses cornes.
-Et si Luffy vient, Sabo et moi aussi ! S'exclama Ace en tenant l'épaule de Sabo.
-Et moi aussi ! Fit Rebecca en lâchant la corne.
-Rebecca, soupira Kyros.
-Luffy et ses amis vont se battre pour nous ! Je veux participer ! Le coupa Rebecca.
-Et si les moucherons y vont, je vais pas les laisser récolter la gloire ! Cria Kidd.
-Mais….Mais…
Kyros avait affronté beaucoup de choses dans sa vie. Aucune ne s'approchait d'un groupe de gosses qui lui arrivait pas à la taille le regarder avec autant de détermination. En désespoir de cause, il se tourna vers Marco. Celui-ci soupira bruyamment. Il ne voulait PAS qu'ils soient blessés.
-Si j'en croise un seul, un seul, qui s'éloigne de moi à moins de 10 mètres, je vous promets que….
Les enfants hochèrent la tête. Mince, ce regard était plus terrifiant que celui de sabo.
-Vous n'êtes pas sérieux ? S'étouffa Kyros.
-Tous sur le taureau ! S'écria Luffy.
Les enfants s'exécutèrent. Seul Bepo restait accroché à la jambe de Marco.
-Tous au palais ! Fit Rebecca, le doigt pointé.
-La sortie est la première à droite, indiqua Léo.
-Léo ! Fit Kyros d'un air indigné.
-Bah quoi ? Moi aussi je suis petit.
-Je….
Puis abandonnant le combat :
-Va chercher les tontattas, nous allons rendre sa gloire à ce pays.
Leo sourit, avant de partir sans que personne ne le vite. Kyros monta à son tour sur le taureau.
-chargez ! S'écria Ace.
Le taureau fonça vers la sortie. Marco prit Bepo sur son dis et s'envola. Les pirates suivirent.
-Et c'est comme ça qu'on est arrivé ici.
Sabo, en tailleurs, venait de finir son récit devant une Doflamingo family et un law absolument médusé.
Et fini ! Aaah ! Enfin ce chapitre est bouclé ! Honnêtement il se passe tant de choses que je ne sais pas quoi commenter. Je vous laisse cette part^^. J'espère que vous avez pris du plair à le lire malgré la longueur et la lourdeur parfois… Oh, et je me rends compte qu'il y a des incohérences avec la fin du dernier chapitre (surtout la présence de Bepo et le fait que Kyros soit redevenu humain). J'en suis vraiment désolé, mais après un an, c'était très compliqué de ne pas se contredire. Partez du principe qu'il faut s'en tenir à ce chapitre pour la fin du dernier.
Quel est ce mystérieux fantôme semblant hanter Marco ? Ace, Sabo, Luffy et leur amis vont-ilss sauver Law et arrêtez Doflamingo ? Marco va-t-il avoir les cheveux blancs de stress à la fin de la journéee à force de veiller sur les sales gosses ? Vous le saurez en lisant le prochain chapitre ! (c'est-à-dire en prenant votre mal en patience…)
Paix, amour, gros bisous
