...Mais en vrai j'aurais pu l'appeler "quand l'ASL passe son temps à célébrer", parce que ça arrive beaucoup depuis deux chapitres et c'est même pas fait exprès...
Me revoici! Ma rentrée est bientôt mais j'ai réussi à boucler ce chapitre avant qu'elle n'arrive pour m'arracher à la douce quiétude des vacances...en passant, le chapitre fait plus de 70 pages. Ca c'est pour ceux qui trouvent l'attente longue (si tant est qu'ils y en a qui sont là depuis le début ^^"). Ah je ne me plains absolument pas, c'était un plaisir à écrire, et j'ai vraiment vu que des reviews adorables ici, mais c'est pour dire que les chapitres mettent du temps à venir pour une raison.
Celui-ci est d'ailleurs loin d'être mon favori, personnellement, mais c'est peut-être une petite angoisse passagère. Vous me direz bien ce que vous en pensez.
sur ce, point de longs discours comme d'habitude, je n'ai pas grand chose à dire^^
ah si! Je me remets un peu à One piece et en commençant par les flash back de Luffy..gngnn! La p'tit bouille meurtrière d'Ace! Le petit nez en trompette de Sabo! Luffy dans son entièreté! Mes bébés! J'avais oublié comme les épisodes étaient bons!
réponse à la review hors-ligne
LMB1804 : aww, moi aussi je suis touchée à mon petit coeur! Tant mieux, tant mieux, c'était exactement ce que je voulais faire passer. Merci encore, que la suite soit à la hauteur^^
Bonne lecture
Tatch, les avants bras posés contre le bord de la Moby Dick, observait l'horizon, l'air inquiet. Cela faisait maintenant deux jours que Marco était parti avec les mômes à on ne savait quelle île, et presque autant que la moitié des commandants les avaient rejoints, pour une raison tout aussi inconnue après avoir été alpagué par Ellie. Quand il avait voulu se renseigner, elle avait simplement gueuler « mêle-toi de tes miches », ce que Tatch avait interprété de trois façons : une invitation peu voilée à sortir avec lui en raison de son sex appeal torride (la pompadour, ça marche à tous les coups), une invitation à retourner en cuisine faire ses fameuses miches de pain (Ellie mangeait beaucoup malgré sa taille gracile), ou une invitation à gentiment dégager et ne pas se mêler de cette affaire. Après une intense réflexion, Tatch avait décidé que c'était sûrement la troisième option. Or Tatch était un farceur dans l'âme, prêt à sacrifier sommeil et aventure pour trouver la bonne vanne (pas le repas, il fallait pas pousser) mais était également très respectueux de secrets des uns tant qu'ils ne mettaient personne en danger. La plus grande différence qu'il avait avec Haruta.
Mais là, il attendait leur retour, et il commençait à se dire que peut-être, sa famille était en danger. Oh, bien sûr, ils savaient se défendre, mais…Mais il ne savait pas. C'était peut-être les mômes. Ils étaient là depuis à peine plus d'un jour, et il s'était pris d'affection pour eux. Tatch avait le cœur sur la main, et savait reconnaitre les tristes histoires et la solitude de loin. Ils espéraient que peu importe d'où ils venaient, ils resteraient pour qu'ils puissent un peu goûter au seul vrai remède : la famille.
-Tatch ?
Le cuisinier se détourna de sa rembarde pour regarder Barbe Blanche qui l'appelait doucement depuis son fauteuil.
-Quelque chose te tracasse, mon fils ?
Tatch s'approcha de lui de lui nonchalamment :
-Allons, vous me connaissez ! tout va bien ! Je pensais juste au prochain coup que je ferais aux autres quand ils rentreront !
Barbe-Blanche marmonna « mmh ? », un sourcil relevé, dans un sourire rempli d'affection paternel :
-Tu es sûr ?
Tatch soupira en souriant un peu. Son père les connaissait si bien, tous.
-Rien, je…Je suppose que je suis un peu inquiet. Les enfants, je me demande s'ils vont bien…Et…
Il se frotta le bras, penaud :
-Et je me fais un peu de mouron pour Marco en ce moment…Vous savez…
Barbe-Blanche baissa les yeux un instant. Tatch savait qu'en tant que premier à être recruté, l'histoire de Marco n'était connu que de leur père. Il savait aussi que l'empereur mourait plutôt que de trahir son premier fils en leur révélant son histoire, empêchant quiconque d'aider Marco. Tatch lui en voulait presque. Presque.
-Je sais fils. Mais tu sais, tes frères et sœurs veillent sur les enfants. Et nous…
Il caressa, de sa main gigantesque, l'épaule de son fils. Pas sa tête, il savait qu'il n'aimait pas être décoiffé :
-Et nous, nous veillons les uns sur les autres. Ainsi, nous iront tous bien, à la fin. D'accord ?
Tatch souffla, et sentit son sourire revenir.
-Oui, Père. Merci.
-De rien, mon enfant, dit Barbe-Blanche en se redressant et reprenant sa choppe de saké. Et après tout, qu'est-ce qui aurait bien pu se passer de si extraordinaire là où ils sont allés, n'est-ce pas ?
Tatch était peut-être aveuglé par l'affection et l'admiration sans borne pour son vieux père, mais il était persuadé avoir vu le vieil homme lever les yeux. Juste avant que les mouettes distribuant le courrier n'apparaissent dans le ciel, et ne fassent descendre le journal du jour. Tatch se baissa pour ramasser celui à ses pieds :
-Tiens ?
Il le lissa et regarda la première page. Avant d'ouvrir la bouche si grand qu'elle tomba sur sa poitrine, pendant que des mèches s'en allait de sa belle coiffure.
-Un problème, Tatch ?
Tatch resta une seconde immobile encore, avant de se racler la gorge et de lire, d'une voix qui tremblait un peu :
-« G…Grande nouvelle à Dresrosa, le grand corsaire Doflamingo déchu de ses fonctions. ».
Barbe-blanche haussa les sourcils. Plusieurs pirates aux alentours s'arrêtèrent en entendant la nouvelle.
-Quoi ? Dit l'un d'eux.
-Attendez, mais c'est pas là où sont…Commença une autre.
-Vous croyez que…
Tatch leva une main pour inciter aux silences et parcourut l'article des yeux :
-peu d'informations quant aux raisons qui….l'armée révolutionnaire en doute…Mais également…selon rumeurs, un groupe de pirates….guerriers pygmées se seraient distingués durant le Colysée…Un certains Lucy acclamé, peut-être une légende de l'île…
Tatch sentit une autre mèche lui descendre devant les yeux. Il laissa tomber le journal et essaya tant bien que mal de se recoiffer avec un sourire crispé :
-B…Bon bah hé…hé…au final ils sont allés renversés un gouvernement, foutre la merde dans le système des grands corsaires, et apparemment les mômes ont participés.
Tatch et son père se regardèrent, un long moment, perplexes.
Avant de se mettre à hurler de rire ensemble.
-ahha ! Et dire que je m'inquiétais !
-Ce sont bien mes enfants, ça ! Ah la la, ils ont le feu aux fesses ! toujours à renverser des régimes !
Les recrues autour regardèrent le capitaine et un des commandants rirent aux éclats. Ceux présents depuis plus de 6 mois (les commandants surtout), étaient soit morts de rire, soit souriants, soit en train de plaisanter sur la capacité de leurs frères et de leur sœur à s'immiscer dans un conflit, soit à faire le pari de qui avait commencé.
Et les recrues se dirent encore une fois qu'ils étaient tombés dans une étrange famille.
-Il faut fêter ça ! Déclara Tatch tout à coup. Ils devraient rentrer d'un moment à l'autre, je m'en vais leur mitonner un vrai repas de roi !
-Voilà qui est parlé ! S'exclama Barbe-Blanche.
Il tapa de son arme sur le sol, faisant résonner le bruit et captant l'attention :
-Que tout le monde se prépare et participe à organiser une sacré fête pour le retour de vos frères et sœurs et en l'honneur des petits !
-Oui, Père ! Hurlèrent en cœur les pirates.
-Père, dit Namur, puis-je inviter les flottes alliés ?
-Et comment ! Nous n'allons pas les faire louper la partie de l'année !
-Pas comme cette pseudo-fête avec Shanks qui s'est invité, marmonna un pirate en passant.
-chut ! Dit un ami, j'en ai encore des frissons…Cet homme est taré !
Ca allait être une grande journée. Une autre.
Barbe-Blanche but une gorgée d'alcool avec un grand sourire.
Quand le navire empreinte par leur frères et sœurs vint de poser à côté de la Moby dick, et que tout son équipage remonta à bord du navire principal, un grand nombre de pirates présents sur le pont alla aussitôt s'agglutiner autour d'eux pour entendre les exploits du jour. Ce fut aussitôt une salve de question, de rire, et de félicitations. Les commandants, familiers, commençaient à raconter tous en même temps, à certains groupes, en riant avec connivence avec certaines personnes. Kidd s'était bien sûr mis en avant en expliquant à quel point il avait été important à la réussite de cette opération. Killer restait à ses côtés, en ajustant parfois son nouveau masque. Izou était venu le voir juste avant de quitter l'île et lui avait tendu avec un grand sourire un nouveau masque :
-Tiens, pour toi, petit-au-nom-affreux !
Killer avait penché la tête sur le côté et tendu la main vers le masque. Izou expliqua :
-Celui que t'as en ce moment, il te tombe sur la tête. Celui-ci est à ta taille et je pense qu'il a un certains style…
-Eh, il se passe quoi là ? S'écria Kidd en s'approchant, toujours pas très loin dès que quelqu'un parlait à Killer.
Pas qu'il était protecteur ou quoi que ce soit auprès de lui. Y'avait vraiment rien dans son comportement qui pouvait faire penser à ça. Pourquoi les gens continuaient de penser à ça ? Mais Izou le fit taire d'un simple mouvement de bras :
-Calme-toi, Kidd, je veux juste lui donner un nouveau masque.
Killer avait le cadeau en main et laissait passer ses doigts sur l'objet métallique. Un masque en fer ovale, avec trois rangées de deux trous tout le long. Il se mit alors à sourire véritablement :
-Merci beaucoup !il a l'air génial !
Izou sourit doucement :
-de rien, petit. Attend, je vais t'aider.
Il s'accroupit, en prenant bien garde à ne pas tacher son kimono, même s'il avait déjà souffert de la bataille, et prit doucement le masque. Kidd tressaillit en le voyant s'approcher du visage de killer, mais celui se laissait faire, aucunement nerveux. Kidd resta en retrait, bras croisés. Et non il était pas jaloux, il s'en fichait si quelqu'un d'autre aidait Killer. Franchement.
Izou, toujours gracieux et doux, fixa le masque sur la tête du petit blond, puis lui caressa doucement les cheveux.
-Je ne dirais jamais rien.
Là, Killer tressaillit.
-Promis ?
-Promis, déclara Izou en lui caressant à nouveau la tête.
Il se leva, s'épousseta, et demanda tout de même :
-En revanche, il faut que je parle à Père de ton talent. Tu vois de quoi je parle ?
Killer hésita longtemps, avant d'hocher la tête.
-Ca te gène si j'en parle à Père ?
Non de la tête.
-Merci. Ne t'inquiète pas, rien de grave, il ne fera rien, c'est simplement pour voir si…
-Eh ! Vous embarquez ou quoi, bande de mollusque ? S'écria Atmos depuis la rembarde.
Ainsi, ils embarquèrent et c'est ainsi que Killer se retrouvaient à recevoir plusieurs compliments pour son masque qui faisait très dur à cuir. Celui-ci rougit un peu, mais ne se cacha pas derrière son captain autant que prévue. Speed Jiru écrasa une larme devant la scène : c'était beau de les voir grandir.
Law, lui, toujours accompagné de Bepo, s'éloigna un peu, pour croiser Ellie l'infirmière, qui eut un grand sourire en le voyant :
-Te voilà ! Tu sais à quel point je me suis inquiété ! Méchant petit !
Law baissa la tête, un peu honteux. Ellie avait pris soin de lui, ce n'était pas très sympa.
-Pardon.
Ellie soupira, puis demanda, concernée :
-tu…Tu as réglé ce que tu voulais ?
-oui, dit Law résolument.
Et contre toute attente, il sourit :
-Je crois que oui.
Ellie sembla bien plus détendue et heureuse pour. Law Une petite voix s'éleva alors :
-Il est pas méchant, Law.
Ellie fronça les sourcils, tourna la tête, et elle (et plusieurs observateurs derrière) se mirent à hurler :
-Ah ! une peluche qui parle !
-Un minks. Et il est gentil, Law. Il est gentil avec moi.
Law se mit à rougir furieusement alors que Bepo prenait sa défense, et tandis qu'Ellie et les pirates autour firent « aaaawww ».
-Je savais qu'il avait bon fond ! S'écria un pirate lambda qui n'avait jamais vu Law avant.
Marco s'avança et caressa le bonnet de Law. Celui-ci se figea, encore un peu mal à l'aise avec Marco, mais il ne fit pas de geste pour s'éloigner.
-Il a bond fond, effectivement, déclara le premier commandant.
Il regarda Law en souriant doucement :
-Il avait juste besoin de se le prouver.
Ellie et Marco échangèrent un regard, et Ellie comprit trois choses : que Law savait, qu'il ne dirait rien, et qu'il avait pardonné à Law. Elle ne put s'empêcher d'hocher la tête vers lui en reconnaissance, ce que celui-ci accepta d'un autre hochement de tête. Et elle vit quelque chose de détendu dans son regard si renfrogné depuis plusieurs mois.
Bon sang, elle trouvait le premier commandant pénible, pédant, coincé et pas drôle, mais elle se rappelait encore une fois combien elle le respectait. Et combien elle se sentait contente de le voir sourire comme ça.
-Eh, s'écria soudain un autre pirate plus gradé, ça serait pas le petit frère de Zebo !
-oui ! S'écria Bepo.
-Alors ça, c'est une drôle d'histoire ! S'invita Vista, hilare. Figurez-vous que ce petit…
Ace, lui, regardait Luffy conter avec ravissement à quel point sa nouvelle copine Rebecca était trop cool et comment les gentils pirates du colisée étaient géniaux, Sabo à ses côtés qui essayait vainement de construire un récit viable des histoires décousues du petit.
Ace restait légèrement en retrait, toujours méfiant par nature. Mais…Les voir tous rire ensemble, si heureux de se voir, écouter les enfants sans les juger…sans…Sans avoir l'air menaçant. Ace tordait ses vêtements nerveusement avec ses mains. Pour la première fois depuis Dadan, il se sentait en sécurité avec d'autres personnes que ses frères. Cette nouvelle remua quelque chose en lui et il serra doublement ses vêtements.
Il engloba encore du regard les groupes formés, les gens qui se parlaient, ses frères qui s'intégraient dans ce monde, les amis fais en chemin…Cette famille devant lui, unie contre tout.
« la plupart des gens nous voient comme des ordures…alors quand il nous appelle fils, ça nous fait plaisir ! »
Ace se rendit alors compte qu'il avait envie de les rejoindre. Cette autre nouvelle le perturba étrangement. Ses frères lui avaient toujours suffi. Pourquoi… ?
Il leva le nez pour voir alors Marco qui l'observait. Celui-ci lui sourit et Ace se rembrunit un instant, mais il avait beau essayé, il n'arrivait plus à détester l'homme. Au contraire, le voir lui sourire doucement comme ça, ça lui donnait…Comment dire….ça lui donnait l'impression qu'il avait de l'importance.
Ca le rendait heureux.
Ace sentit une boule se former dans sa gorge. Mais comment pouvait-il, lui, le fils d'un démon, l'enfant dont personne ne voulait, comment rejoindre ces gens, alors que…
-Et Ace, il a un nouveau super pouvoir super cool !
-Ah oui?
-oui ! Attendez !
Et Luffy d'accourir vers Ace, de lui prendre le bras, et de l'amener vers le groupe de pirate qui l'écoutait.
-Eh ! Lâche-moi ! S'écria Ace.
-Il peut faire des flammes et c'est trop fort, même si ça vaut pas mon pouvoir ! Hurla en levant les deux poings sans l'écouter. Vas-y Ace, montre-leur !
Ace considéra tous les visages tournés vers lui, et comme aucun ne semblait hostile, il ne sut comment répondre. Il se retrouva à regarder avec horreur ces visages pleins d'encouragements, oubliant totalement comment créer la moindre parcelle de flamme.
-Oh, mon pauvre frère est timide, marmonna Sabo en ricanant.
-La ferme !
-Tu es rouge…Rouge braise ! Aha haha ! J'me fais rire !
-J'ai dit la ferme !
Et aussitôt, Ace s'enflamma littéralement, et tout le monde applaudit. Il regarda, hébété, autour, pendant que Luffy applaudissait et que Sabo souriait, les deux pouces en l'air. Ace le regarda avec colère. Sale imbécile de faux frère qui l'avait fait exprès juste pour le sortir de l'embarras. Il le détestait tellement.
Un rire tonitruant se fit alors entendre :
-Gura gura gura ! Je vois que vous avez tous vécu votre lot d'aventure !
-oh ! Le gentil pirate avec la grande moustache ! s'exclama Luffy en accourant vers lui.
Barbe-blanche sourit tendrement avant de soulever avec l'expertise d'un père aguerri Luffy pour le poser sur ses genoux, deux mètres plus haut. Les sales gosses coururent se regrouper autour de lui, et il les observa tous :
-Vous êtes des gamins à problèmes, et je m'y connais ! Dit-il avec affection.
-C'est vrai, approuva Kidd, visiblement très heureux d'être associé aux problèmes.
Le regard de Barbe-blanche s'attarda un peu plus sur Ace, qui détourna aussitôt le regard. Il fronça les sourcils une seconde, avant de se tourner vers Sabo :
-Toi, tu meurs d'envie de tout me raconter, j'en suis sûr.
-comment vous le savez ?
-Sérieusement, Sab' ? Marmonna Ace en levant les yeux au ciel.
Barbe-Blanche rit, souleva Sabo jusqu'à son oreille :
-Et je crois que tu as fait des rencontres fascinantes.
Sabo écarquilla yeux, choqués.
-Comment…
-Ah, l'instinct d'un empereur, d'un père ou d'un vieux fou ? Tu as grandis, mon petit.
-Mais vous me connaissez depuis deux jours.
-Et c'est suffisant ! Gura gura gura !
-Bon ça suffit ! S'écria Tatch en tapant dans ses mains.
Son propre équipage-cuistot amena alors plusieurs tables coulissantes remplis des meilleurs mets et d'alcool.
-Ouaiiiis ! S'écria Luffy.
Il descendit des genoux de barbe-blanche –qui le rattrapa au vol, tomber de deux mètres pouvant faire mal, avant de le poser délicatement au sol. Luffy, sans même remarquer l'intervention du pirate, fonça vers Tatch et sauta dans sees bras. Celui-ci poussa un « ouf », mais reprit aussitôt contenance et fit monter Luffy jusqu'à son épaule :
-Je t'aime bien, resquilleur ! Allez donc manger, ce soir c'est la fête !
-nooon !
Un cri déchira l'air et Tatch se tourna alors vers les commandants qui étaient partis sur Dressrosa :
-comment ça, non ? Gronda-t-il en levant le poing. Vous osez rejeter ma magnifique cuisine, la cuisine de votre propre frère, bandes de…
Mais il s'arrêta en voyant les visages couleurs de craie, Oz et Haruta qui vomissaient par dessus-bord, et le reste qui observaient avec un air d'horreur l'alcool sur les tables.
-Ah je vois, vous avez déjà bien picolé…
Tatch, un peu vexé, poussa un « hmmpf » de satisfaction pédante, mais sa nature joviale le rattrpa, et il rit de bon cœur :
-Bah, allez les gars, allez chercher de quoi dégriser ces grands imbéciles ! et vous, venez manger, ça fait du bien quand on a bu !
-Tu dis ça pour tout, objecta Oz en s'essuyant la bouche.
-parce que c'est vrai ! Crièrent en même temps Luffy et Thatch.
Ceux-ci agrandirent les yeux, poussèrent un « gasp », se regardèrent, reconnurent l'autre comme un de leurs, et Thatch agrippa encore Luffy pour le faire sauter :
-allez ! Place à la fête !
Et dans un houra général, la fête commença, ou plutôt continua, pour une petite partie d'entres eux.
La tragique vérité dans les fêtes de pirates, c'est qu'elles se ressemblent toutes un peu. Les chants, les cris de joie, les pirates ivres sur les tables, les danses et le même bonheur. Un pirate aime l'aventure, aime le danger, et l'inattendu, mais aime aussi retrouver la sécurité de la fête qu'il connait par cœur et qu'il partage avec ses camarades.
Mais il existe quelques variations malgré tout, et voici les quelques évènements qui se sont détachés durant celle-ci.
Tout d'abord, Izou eut sa conversation entre Barbe-blanche et Marco.
-tu es sûr ? Demanda l'empereur en se caressant la moustache.
-Je vous promets, Père ! Je crois que killer possède le haki.
Les trois hommes observèrent l'enfant occupé à boire un jus de fruit auprès des autres.
-A cet âge, c'est surprenant, je lui donne 7 ans à tout casser, murmura Barbe-Blanche.
-Je vous assure que je ne vois que ça, insista Izou. Il esquivait les balles à un niveau prodigieux.
-Ca pourrait être beaucoup d'autres choses, dit Marco. Un pouvoir qu'il aurait caché. Ses yeux auraient pu…
-Je t'assure que ce n'était pas ça ! S'énerva Izou.
Il était devenu agressif d'un coup et se racla la gorge, l'air précieux, en essayant de se calmer. Marco le regardait, un sourcil levé et l'air étonné :
-Heu…Ok, c'est toi qui étais là avec lui…
Izou soupira et secoua la tête :
-Pardon, Marco. C'est juste…Je ne vois pas trop ce que ça pourrait être d'autre.
-Hum, dit Barbe-Blanche. A un si jeune âge, ce serait incroyable…
Mais il sourit à ses deux fils :
-Mais je pense que nous nous y connaissons, en incroyable, n'est-ce pas ?
Izou sourit de reconnaissance en hochant la tête.
-Un autre d'entre eux au moins à le haki, déclara Marco. Le haki royal.
Les deux autres haussèrent les sourcils.
-Lequel ? demanda Izou.
-Je ne sais pas. C'était un peu…confus. Mais je pencherais pour Ace.
-Ace ?
-Ses frères étaient en danger, je pense qu'il a réagi instinctivement.
Marco sourit de toutes ses dents :
-Et faut avouer que ce sale gosse a une volonté de roi, vous trouvez pas ?
Barbe-Blanche réagit à peine en voyant un tel changement d'humour chez Marco, mais Izou pouvait voir à quel point il était heureux.
-Eh bien, nous avons vraisemblablement du beau monde dans nos invités !
Il se tourna vers Izou :
-D'ailleurs, je suppose que si tu me dis cela, c'est que tu as une requête à demander ?
-Oui Père. En fait, s'ils doivent rester, je me demande si on ne devrait pas les entrainer au haki.
-ils sont trop jeunes ! S'exclama Marco.
-on est sur le Nouveau-Monde, Marco, déclara Izou en levant le nez et en croisant les bras. Ils ont besoin d'apprendre à se défendre. Sans compter qu'ils ont prouvé qu'ils étaient capable de tenir un entrainement.
-Mais tout de même, ils ne devraient pas avoir à vivre cela à un tel âge.
-Tu avait un peu après leur âge quand tu as appris à te servir du haki, remarqua nonchalamment Barbe-Blanche.
-Mais Père ! S'exclama Marco dans un ton presque geignard pendant qu'Izou poussait un « ha ! » de triomphe.
Marco soupira, se frotta le front, et déclara :
-…Bon très bien, je veux bien admettre qu'ils en auront besoin. Mais c'est moi qui superviserais leur entrainement !
-Pourquoi donc ?
-Parce que je les connais plus que vous, et parce que l'univers a décidé de m'embêter en me les confiant personnellement. Vous pourrez bien sûr participer, mais je veux être présent.
Izou leva les yeux en l'air pendant plusieurs secondes de la manière la plus dramatique (mais charmante ajouterait-il) possible, avant de céder :
-Très bien, très bien. Mais je tiens à dire que l'idée est de moi !
-C'est noté, dit Barbe-Blanche. Tu as la tête sur les épaules, Izou. Je suis fier de toi.
Izou leva de nouveau les yeux au ciel, mais il ne pouvait pas cacher son sourire. Il partit rejoindre les autres faire la fête. Barbe-Blanche se pencha et caressa alors la tête de Marco qui ferma les yeux sous ce toucher rassurant :
-Tu as l'air fatigué, mon fils.
Marco hocha simplement la tête.
-Et pourtant tu vas mieux, dit Barbe-Blanche.
Marco rouvrit les yeux et sourit à l'empereur :
-oui Père. Vraiment.
Barbe-Blanche ne répondit rien. Marco pouvait voir les yeux du vieil homme s'embuer.
-Si j'avais su qu'il suffisait d'une bande de sales gosses pour cela, je serais parti en ramener plus tôt.
Marco rit en entendant la plaisanterie et se dégagea de la main :
-Tu deviens sentimental avec l'âge, vieil homme.
Il agrandit les yeux en se rendant compte qu'il avait tutoyé l'homme. Celui-ci ricana simplement :
-Gura Gura ! J'ai toujours été sensible ! Va donc t'amuser au lieu de dire des sottises !
Marco hocha la tête et comme un enfant à qui on a donné la permission, il alla rejoindre la fête.
La deuxième chose intéressante de la fut Luffy qui vivait sa meilleure vie au milieu des pièces de viande. Il déambulait de plats en plats, de place en place, émerveillé : comment on pouvait faire autant de nourriture en si peu de temps, en tant d'espace. Thatch était vraiment un magicien, et il avait décidé après que celui-ci leur ait montré comment écarquiller son visage avec des baguettes que c'était son favori parmi les gentils pirates. Luffy passait d'émerveillement en émerveillement quand il approcha un petit groupe de 5 pirates à part, en train de rire plus fort que les autres. Il s'approcha d'eux, intrigué. Ils gardaient entre eux un gros tonneau marqué d'un « x » qui l'amusa. Il tira sur la veste du plus proche.
-C'est quoi que vous buvez ?
Les 5 pirates échangèrent un regard, avant que l'une d'elle ne se mette à rire d'un air benêt ?
-Ca ? Oh ça…C'est du jus de pomme, mon p'tit !
Ils levèrent leur cinq choppes à ça et Luffy les regarda faire, les yeux brillants. Ce jus de pomme était plus clair que d'habitude. Ça avait sûrement bon goût !
-Je peux goûter ? demanda-t-il.
Les 5 adultes s'entreregardèrent à nouveau, et celui qui avait eu la veste tirée se pencha et murmura sur un ton de confidence :
-Ecoute petit, tu nous es sympathique, mais tu vois, c'est un p'tit tonneau qu'on se garde entre nous, tu vois…
-Quoi ?! Mais c'est pas juste ! un pirate a doit partager ! S'exclama Luffy, outré.
-C't'une façon de voir les choses, dit l'un d'eux, les yeux écarquillés.
-Eh, dit encore un autre, on a quoi lui faire faire l'épreuve !
-L'épreuve ? Marmonna l'autre à la !
Il se mit à rire comme un bossu.
-Ah ouais, l'épreuve ! Viens par là, petit.
Luffy tendit l'oreille.
-Voilà, tu vois notre cher premier commandant ?
-Marco ?
-C'est ça. Tu sais que c'est un piaf.
-Un piaf-ananas ? demanda Luffy, candide, et encore incertain de la nature du pirate.
Les 5 amis rirent à nouveau aux éclats, et Luffy suivit. Lui aussi il aimait bien Marco, même s'il comprenait pas trop ce qu'il était ou pourquoi il les regardait parfois comme s'il avait envie de les cuire vivant.
-Voilà, t'as tout compris. Et tu sais où il entrepose ses œufs ?
Le pirate tendit la main vers la vigie :
-Tout là-haut. Si tu vas chercher un œuf, t'es des nôtres et t'auras le droit de boire notre crue !
-cool ! Shi shi shi ! Merci les gars !
-Roh, t'exagère, Luca ! S'écria une autre fille du groupe. T'es pas cool avec le môme !
-Bah quoi. Ricana Luca. C'est sa décision !
Derrière, Luffy commençait à prendre son élan et à rejeter son bras en arrière.
-Ca va, ca va, on plaisante !
-Gom gom…
-Ca va, j'ai qu'à aller lui prendre un autre verre eeeeettt…
La phrase pendante de Luca fut dû à la vision d'un bras élastique qui avait agrippé le bord de la vigie et avait commencé à monter grâce à son élan.
-Ouiiiiiii !
-Mais…Mais il le fait vraiment l'abruti ! Hurlèrent les 5 pirates en se levant.
Ils se mirent aussitôt à paniquer, regardant autour d'eux, autant pour chercher de l'aide que pour savoir si quelqu'un allait les jeter par-dessus bord pour ça. Mais heureusement et malehureusement pour eux, la plupart des pirates, pris dans les festivités gigantesques du pont, n'avait aps remarqué le gamin volant.
-Oh merde, oh merde, oh merde ! j'veux pas avoir la mort d'un enfant sur la consience!
Pendant ce temps, Luffy passait au dessus du nid, et y jetait un œil. Sans se rendre compte que son élan était trop grand et qu'aussitôt être passé au dessus, il le dépassait pour retomber de l'autre côté.
-Eh ! y'a pas d'œuf iicciiiiiiiiiiAHHHHH !
Et c'est ainsi que Monkey D luffy,7 ans (et demi), vola près du soleil avant de chuter lamentablement dans la mer. Sans attirer autre regard que celui des 5 andouilles qui l'avait mené à la mort et qui regardaient, impuissant, l'eau se soulever en un petit cercle dont le bruit n'était même pas perceptible.
Tout ça pour du fameux jus de pomme.
Quand Jimbé arriva au bord de la Moby-Dick, il l'observa avec une joie non dissimulée. Après tous ces mois stressants et affreux sur son île, après la mort de son capitaine, après tout ce désastre des pétitions…Contempler, simplement contempler, un espace accueillant, et se dire que des gens qui vous aimaient vous attendait à l'intérieur, c'était un bien inestimable. Jimbé soupira d'aise et de soulagement. Pour ce soir, il serait avec des amis, des gens honnêtes. Enfin, honnêtes pour des pirates.
Il était peut-être un peu injuste. Il devait avouer que les trois enfants, rencontrés il y a quelques jours à peine, avaient été une pure bulle d'oxygène dans leur monde marin, au sens propre comme au figuré. Ces trois enfants qui n'avaient pas de préjugés à cause de leurs écailles et qui avaient redonné le sourire à la reine. Ces trois enfants qui lui avaient semblé si pleins d'avenir et qui lui avait rappelé que comme Tiger-aniki l'avait bien compris, c'était les enfants qui devaient les sauver. Tous.
Et il pensait surtout à Ace. Ace l'avait le plus marqué. Pourtant Jimbé ne faisait pas de favoris en terme de bravoure, et la bravoure, ces enfants en avaient à revendre. Mais Ace avait une étincelle différente qu'il n'avait su définir. Cette étincelle de leader, de grand pirate, ou tout simplement cette détermination. Ace et sa volonté de ne jamais fuir. Ace et sa haine apparente, et pourtant Ace et son humanité, son grand cœur, aussi grand que ses deux frères, qu'il cachait sous une attitude amère…
Ace et le tatouage de Barbe-Blanche. Jimbé ne pouvait s'empêcher d'imaginer ace arborer le symbole de l'empereur. Ils en auraient tous les trois l'étoffe dans quelques années, mais il lui semblait que ce serait lui devrait devenir un membre de la Moby Dick. Et il comptait bien en parler au vieil homme autrement qu'au téléphone.
-Tu rêvasses, Jimbé ?
Jimbé se retourna dans l'eau pour trouver Namur qui s'approchait de lui, un grand sourire aux lèvres. Jimbé le serra un instant dans ses bras.
-Namur ! Je suis heureux de te revoir. Cela faisait longtemps. Tu nous as manqué sur l'île.
Namur partit d'un grand éclat de rire.
-Que veux-tu, quand un empereur arrive chez vous et vous place sous sa protection, et vous propose une place dans son équipage…Après une telle démonstration de puissance et d'intégrité, il est difficile de dire non n'est ce pas !
-Je comprends, mon ami, assura Jimbé. Et je suis heureux, je sais que tu es bien traité avec nos amis ! Et quelques comptes d'aventures tu as du vivre !
-Alors ça ! J'en ai des choses à te raconter sur les derniers jours !
-Moi aussi ! Figure-toi que j'ai rencontré des gamins humains absolument fascinants.
-Figure toi qu'on a rencontré des ga..ah heu bon, marmonna Namur en haussant les sourcils.
Mais Jimbé était trop replongé dans ses souvenirs pour voir l'expression du poisson-requin.
-De sacrés garnements, et de biens meilleurs combatants…
-oui, à ce sujet…
-aah j'entends encore leur voir !
-Aaaaaaaaaah !
-Tiens, moi aussi, murmura Namur en levant la tête. Jimbé attention !
-PArd…
Mais avant que Jimbé ne puisse finir, son haki le prévint que quelque chose approcahit et il écartait les bras pour recueillir…Luffy qui échappa de justesse au plongeon.
Namur regardait Luffy.
Jimbé regardait Luffy.
Luffy toussait.
Puis il tourna la tête, regarda Namur et lui fit un grand signe de la main :
-Salut ! Désolé, je voulais goûter au jus de pomme.
Puis il leva la tête pour enfin voir jimbé, qui, tétanisé, et sûrement un peu terrifié, ne bougeait plus. Son sourire s'illumina sans plus demander d'explication !
-Oh, l'homme-bleu ! Salut ! tu viens faire la fête avec nous !
Jimbé resta une seconde muet, une seconed durant laquelle il voulut faire et dire beaucoup chose, dont jeter Luffy au loin comme s'il avait la peste, le serrer contre lui pour qu'il ne se noie pas, lui demander pourquoi il avait plongé par-dessus bord, et crier sans interruption pendant 10 minutes.
Finalement il hocha la tête et marmonna :
-Oui.
-Cool ! Eh, tu sais où Marco pond ses œufs ? Je dois en rapporter un pour boire du jus de pomme. Promis je le mangerais pas.
Luffy aggrandit les yeux, se rendant soudain compte qu'il allait rapporter de la nourriture sans la toucher. Jimbé finit par déclarer, à court de mot :
-D'accord.
Ce qui ne voulait pas dire grand-chose dans le contexte actuel.
L'arrivée de Jimbé, Namur sur ses talons, et portant sur son épaule Luffy, fut pour le moins remarqué. Ace et Sabo firent une pause en le voyant, avant de finalement aller récupérer leur frère qui leur expliqua tout candidement.
-Je suis heureux de vous revoir, déclara Jimbé.
Silence.
-surpris, mais heureux. Mais très surpris.
-Vous savez quoi ? Je crois que c'est vrai pour nous, déclara sabo, jovialement. Ace, lui, fronça les sourcils, et hocha simplement la tête. Jimbé alla présenter ses hommages à Barbe-blanche, Joz et Blenhem retinrent sabo et Ace d'aller botter les fesses des 5 pirates. Marco alla les sermonner avec toute la puissance d'un premier commandant couplé à un grand frère officieux.
-Bande d'abrutis ! Incapables ! Pirates de pacotilles ! Andouilles !
-Marco, ton langage ! S'écria Haruta, choquée.
Mais elle se prit un coup de chaise et elle s'en alla dans un petit couinement. Les 5 pirates n'eurent pas cette chance et se serrèrent l'un contre l'autre, en larmes :
-Pardon, Pardon, Pardon ! Pitié ne nous tuez pas !
Marco soupira et se frotta le visage :
-La soirée se passait trop bien…Mais comme c'est un jour de fête, je vais laisser couler pour cette fois. Mais si vous recommencez... !
-Jamais !
-quand je pense que tout ça a eu lieu parce que vous avez été assez irresponsable pour proposer de l'alcool à un enfant…
Les 5 pirates se regardèrent.
-de l'alcool ? Marmonna Luca ? C'était pas du jus de pomme ?
Les derniers évènements à retenir de la soirée (mise à part peut-être la gigue de Speed jiru qui faisait montre d'une grande habileté pour sa corpulence), ce fut les quelques discussions que Jimbé eut.
Après le petit accident de la vigie, les pirates (les commandants surtout), se mettaient à mieux surveiller les gamins des coins des yeux. Curiel avait organisé un petit concours de tir (et Haruta, était interdite de concours, le meurtre de Francis ne saurant être oublié.). Kidd trichait en déviant les balles, Law en utilisant sa room et Sabo avait agacé tout le monde à vouloir absolument une zone de tir claire et précise au centimètre près (absolument pas parce qu'Ace le battait de quelques points), mais globalement tout le monde s'occupait. Blamenco avait éloigné les affaires susceptibles de se briser au contact des sales gosses (ce qui comptait aussi les nouvelles recrues peu habitées au danger du nouveau-monde), Joz était derrière la cible et devenait diamant à chaque coup à côté pour éviter qu'une balle dévie trop et Rakuyu derrière pour délimiter la zone de tir et faire plaisir à sabo.
Jimbé et Barbe-blanche regardaient tout cela, une choppe d'alcool à la main. Barbe-blanche avait la tête dans une main et souriait, rêveur.
-Alors tu me dis que ce sont eux, hein ? Je m'en doutais.
-Et bien, je savais qu'ils étaient destinés à foutre un beau boxon, mais de là s'incruster dans ton équipage et à aider à renverser un pays…Et les autres me semblent aussi cinglés !
Jimbé secoua la tête.
-Un jour, il faudra que tu m'explique tu arrives à recruter de tels personnages !
-Gura gura gura ! Il faudra qu'on me l'explique aussi ! j''ai une bien étrange famille, mais je ne la changerais pour rien au monde !
Barbe-blanche but gaiement à cette pensée.
-Comment ça va chez toi ?
Jimbé baissa les yeux un instant :
-Aussi bien que possible. Mon rôle de grand corsaire a aidé. Et ces trois sales gosses m'ont aidé à y voir plus clair.
Barbe-Blanche hocha la tête, comme s'il n'y avait rien d'extraordinaire à ce que trois gamins aident à remettre un peu à l'endroit tout un pays.
-Tu vas les garder ? demanda Jimbé.
Barbe Blanche posa sa chope et fit un bruit enfantin avec sa bouche :
-Je ne sais pas. Tout dépendra d'eux. Pour le moment, ils semblent heureux d'être là, alors je suis plus que content qu'ils restent.
-Et si ça ne tenait qu'à toi ?
-Gura gura, mais ce n'est pas à moi de décider, Jimbé ! Mais…Je crois que j'aime bien ces petits. Et puis…
Barbe-Blanche reposa sa tête sur sa main, et son sourire s'adoucit profondément :
-C'est mignon, à cet âge-là, non ?
Jimbé écarquilla les yeux, en voyant cet homme si extraordinaire s'émerveiller devant de simples en train de jouer. Il sourit à son tour, en trouvant une énième raison de respect pour cet homme qui aurait pu mettre le monde à genoux et avait préféré vivre avec sa famille.
Il considéra les enfants en train de se faire réprimander par Marco, Luffy les dents encore serrés sur le bras de Law qui lui donnait des coups sur la tête pendant que Kidd riait aux éclats, que Bepo posait ses pattes sur son museau et que Ace applaudissait son frère.
-De vrais anges, effectivement.
-Non, de purs futurs pirates ! S'exclama Barbe-blanche en levant le bras.
Il y eut une seconde de silence.
-C'est le petit teigneux aux taches de rousseurs qui t'as tant marqué, non ?
Jimbé se tourna vers lui :
-Alors vous aussi ?
-Eh bien pour être franchement franc…
Barbe-Blanche regarda le ciel, avant de répondre :
-Non, pas vraiment.
-…Oh.
-Enfin, si on veux. Il n'a encore rien fait qui me le distingue des autres, mais…
Le regard de Barbe-blanche se fit plus sérieux.
-Jimbé, j'ai vécu de nombreuses décennies, j'ai affronté ce sale frimeur de Roger, j'ai parcouru le monde entier, et plus d'une fois, j'ai recueilli des fils et des filles de partout…Je m'y connais, en personne. Et ce petit…Il y a quelque chose d'étrange chez lui.
-D'étrange ?
-Pas de détraqué…De…
Silence.
-Je ne saurais comment le dire. Je ressens quelque chose chez lui d'étrange. Et il est le seul de la bande à sembler avoir peur de moi.
-Avoir peur de vous ?
Jimbé savait que c'était une attitude raisonnable pour absolument tout le monde devant Barbe-Blanche, et pourtant il ne voyait absolument pas Ace trembler devant lui, pas alors que l'empereur se montrait si conciliant.
-Je ne saurais dire pourquoi. Mais ma seule présence le terrifie. Tu ne le vois peut-être pas parce que ce fichu morveux fait le fier, mais il a terriblement peur.
Edward secoua la tête, presque abattu :
-Je crois que voir mes enfants m'appeler Père le rend confus.
Il y eut un long silence. Jimbé ne savait pas quoi répondre à tout ça. Mais barbe-blanche se redressa en reprenant son alcool et changea complètement de ton :
-Tu es libre, en ce moment, Jimbé ?
Jimbé cligna des yeux, surpris.
-Uh ? Hum, eh bien….Mon nouveau poste me laisse bien plus de liberté qu'avant, et l'île n'est pas spécialement en danger ou en besoin de…
-Tant mieux, parce que j'avais déjà décidé : mes enfants vont entrainer ces sales gosses au haki, et j'aimerais que tu sois présent.
Jimbé poussa une petite exclamation de surprise :
-comment ? Je veux dire, oui, je…Je n'ai pas d'objection, mais pourquoi…
-Parce que quoi qu'ils disent, ils te font confiance, et tu sembles avoir perçu leur potentiel.
Jimbé resta interdit une seconde. Il oscilla la tête pour réfléchir. Finalement il murmura :
-Eh bien…après tout la reine Hotohime les a vu comme son premier pas vers la lumière…Alors je suppose qu'elle n'objectera pas à ce que je veille sur eux pendant un moment…
Jimbé poussa un « ouf » quand Barbe-blanche lui donna une grande claque affectueuse dans le dos.
-Gura gura gura ! C'est exactement l'idée ! Je l'ai toujours dit, cette reine est une pleurnicharde insupportable mais elle a du cœur et du cran ! Je l'admire beaucoup !
-B….Barbe-blanche ! Voyons ! Ne parlons pas de ma reine comme ça !
-Je suis un empereur, je fais ce que je veux !
Jimbé secoua la tête et son regard retourna sur les enfants. Il vit alors Ace qui les observait à la dérobée et qui détourna rapidement le regard en rougissant.
-Et si tu pouvais essayer avec Marco de me dire ce qui tourne pas rond chez ce gamin…
Barbe-Blanche laissa trainer son regard longuement.
-C'est amusant, dit-il à mi-voix, j'ai presque l'impression…
-oui ?
Barbe-blanche fronça les sourcils, avant de reprendre son alcool et son air jovial :
-Hum ? Oh j'ai oublié ce que j'ai voulu dire ! Gura gura !
Il tendit son alcool vers la propre tasse de saké de Jimbé :
-Allez, on oublie tout ça et on fait la fête ! On trinque !
Il ajouta, solennel :
-a la famille.
-Et à la nouvelle génération , dit à son tour Jimbé.
-Bien dit ! Cul sec !
Une semaine plus tard.
Haruta allait chercher le journal sur le pont en sifflotant. Contrairement à ce qu'on pensait certains, elle était loin d'être paresseuse. Elle se levait souvent bien avant tout le monde, vive et alerte comme la femme-enfant hyperactive qu'elle était fière d'être (bien que Marco, Joz, Izou et d'autre de ses frères et sœurs déclaraient qu'il n'y avait pas de quoi). Elle adorait être là quand le pont était vide (enfin aussi vide que possible quand on vivait cent par cent sur un navire pirate avec sans cesse quelqu'un de surveillance). Elle buvait tranquillement un café, en observant le soleil se lever à l'horizon. Elle estimait que c'était là, alors qu'elle était face à l'immensité de l'océan, de la vie, contrasté avec l'éphémérité de leur profession, alors que le café réchauffait lentement son corps, qu'elle sentait chaque partie de son âme et de son être en paix, revivifié et vivant, qu'elle trouvait les meilleurs farces pour la journée.
Elle en avait déjà discuté avec Tatch, son frère de coeur et de farce. Pour lui, c'était de manger un croissant au raisin, une denrée de south Blue. Ca marchait aussi.
Elle finissait ses exercices au sabre et allait chercher son petit café-chocolat chaud à la cuisine, en goûtant à la tranquillité des couloirs. Tranquillité d'autant plus merveilleuse qu'avec 6 gosses à bord et une peluche, elle était devenue extrêmement éphémère. Les gamins avaient l'habitude de se lever tôt. Dieu merci, au moins l'enfant creepy au bonnet et la tulipe aux instincts meurtriers débutait leur pré-adolescence et commençaient un peu les grasses matinées. C'était un peu de répit. Parce que quand les enfants sortaient sur le pont, c'était le champ de bataille permanent.
Et ils étaient pirates de barbe-blanche, pour l'amour de davy Jones ! Et si pour le reste du monde, ce titre signifiait instaurer la peur et le respect, pour eux, cela signifiait vivre constamment dans un bordel de vanne, dans un monde plus dangereux que les mers du nouveau monde, où chaque personne, chaque recoin, chaque arme pouvait être un danger ! Haruta le savait, elle ETAIT le danger !
Mais les mômes étaient au moins à leur niveau. Et s'ils supportaient tout à faire leur ambiance, voir des enfants dont le plus âgé avait 13 ans y participer était étrange.
Les entrainements au haki étaient à la fois bénéfiques et horribles. Bénéfiques car cela permettait de concentrer les emmer…les charmants enfants dans un même espace, et la moitié du navire respirait mieux, sans compter qu'on avait toujours l'espoir qu'apprendre un art si compliqué les épuise un peu pour le reste de la journée.
Et terrible car ces entrainements donnait cours à leur violence respective. Ce n'était que cris, coups, menaces. C'était donc comme d'habitude mais en pire. Jimbé et Marco et les quelques pauvres désignés volontaires qui aidaient à leur éducation peinaient à les maintenir en place.
Et pourtant…Pourtant Haruta aimait bien ces gamins. Ils étaient sournois et toujours prompt à les tourner en ridicule, et elle respectait ça. Elle trouvait même qu'au bout d'une semaine, un rapprochement s'était créé. Luffy et Tatch s'étaient comme trouvés mutuellement et le cuisinier avait déjà entrainé le petit dans sa cuisine pour lui expliquer comment cuisiner les mets les plus fins et les plus fameux. Luffy n'écoutait rien et mangeait tout, mais c'était toujours un intérêt, et Tatch était tombé en adoration total vers le petit, au grand dam d'Ace et de Sabo et de quelques frères et sœurs un peu jaloux (Haruta ? Jalouse d'un gamin ? Allons ! qui pourrait penser ça ?). Mais tout le monde trouvait sa place ici. Même Ace, le petit teigneux, tout en restant le plus à l'écart, arrivait à desserrer les dents et à parler parfois à table. C'était la plupart du temps pour proférer une insulte mais c'était un mieux. Law aussi allait définitivement mieux et il était toujours fourré à l'infirmerie pour parfaire son éducation. Marco était celui qui arrivait le plus à se lier avec les enfants, et il était le seul qui semblait trouver leur confiance complète. Et lui-même, de manière assez miraculeuse, semblait redevenir le frère qu'ils avaient aimé et qui semblaient être parti depuis un an.
D'ailleurs Haruta, alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine, fit, comme chaque matin, un arrêt devant la chambre de Marco, et utilisait son haki pour constater avec contentement que le premier commandant dormait encore à cette heure plus que matinale. Personne n'avait jamais accusé Haruta d'être une mauvaise sœur.
Oui, se disait-elle, après tout, pourquoi le monde n'était pas parfait aujourd'hui ? Les mers étaient clémentes, l'aventure toujours présente. La famille était soudée, aucune menace à l'horizon au-delà. Marco allait mieux grâce aux enfants, et elle-même allait bientôt pouvoir réessayer la blague du shampoing aux œufs pourris.
Oui, rien n'aurait pu ternir ce début de journée merveilleux.
Peut-être le papier plié en deux scotché à la porte de Marco.
Haruta hésita à s'en aller, mais décrocha le papier. C'était une lettre écrite au crayon avec une écriture assez soignée, une lettre signée de la main de trois garnements. Elle lut , ses yeux s'agrandissant au fur et à mesure, avant de se mettre à hurler :
-Aleeeeerte généraaaaaale !
Tous les commandants, à l'exception de Marco, s'étaient rassemblés sur un coin du pont, éloigné de la vision de leur Père qui allait encore leur demander s'ils avaient fait des bêtises, rassemblés comme ça. Haruta était au centre, grinçant des dents devant le papier qu'elle tenait et qu'elle menaçait de déchirer. Finalement, après une pause dramatique suffisante et importante, et alors qu'un soupir d'Izou se faisait entendre, elle se décida à lire :
"Cher Marco,
Nous tenons à te remercier, toi et tes copains, de nous avoir accuelli sur la Moby Dick. Nous apprécions vraiment le temps passé ici, mais il faut comprendre qu'il a été éprouvant et que vous n'êtes tout de même pas de tout repos. Oh, on se plaint pas trop de toi, toi tu gères plutôt bien, mais bon entre une commandant qui fait des blagues d'écoliers, un cuisinier voleur de frère à la coupe douteuse, un samourai flingueur susceptible au possible, un canonnier qui parle à ses armes, une espèce de taureau humanoïde qui n'a jamais appris les bonnes manières, un mec au bonnet immonde qui veut nous découper pour nous étudier, une tulipe ultra violente et une barbie casquée qui ferait mieux d'arrêter de suivre ladite tulipe….non, ça fait trop, nous nous sommes dits que nous ne sommes que des hommes, des enfants, que nous avions besoin de calme, que nous méritions des vacances….Surtout après sauvé tout un pays. D'accord, vous avez aidé un peu, mais avouez qu'on en a fait la plus grande part. il est temps que vous appreniez un peu à vous débrouiller tout seul.
Aussi, nous avons décidé d'explorer seuls la prochaine île, et nous empruntons ton spider pour ça. Tu n'en as pas besoin de toute façon puisque tu sais voler. On te le ramène dès qu'on rentre, parce que quand même, on vous aime bien, tas de pirates cinglés !
Signé Ace, Luffy et Sabo, (qui a, vous vous en doutez, écrit tout ça.)"
La lecture de la lettre fut suivi d'un long silence méditatif, englobant et surtout incroyablement estomaqué. Ces mômes avaient plus de kilos que Blenhem et speed Jiru réunis.
Finalement, ce fut Atmos qui brisa le silence en marmonnant, sans même s'énerver tellement il était sidéré :
-Ah ouais quand même.
Et comme s'il avait libéré la parole, ce fut aussitôt un brouhaha de cris d'indignations qui commença par izou :
-Je ne suis pas susceptible ! S'écria-t-il.
-Oh tiens, tu t'es reconnu ? Remarqua Joz.
Mine de rien, Joz savait tailler des costards au gens. Izou tourna une tête indigné vers lui :
-Tu vois d'autres samouraï ici, imbécile ?!
-Tiens, tu te considères samouraï, maintenant ? ajouta Vista.
Izou eut l'air contrarié un instant, mais c ne fut pas grave, car Curiel se mit à crier à son tour :
-Oui, je parle à mes armes parce que elles me comprennent ! Et puis pourquoi tout le monde n'en a pas pris pour son grade !
-Peut-être simplement parce qu'ils ne nous connaissent pas tous au même niveau ou que certains sont moins excentriques que l'autre, murmura Joz, la voix de la raison à nouveau, mais comme souvent, il fut noyé par le cri de Kingdew :
-Parce qu'ils nous préfèrent voilà !
-Quoi ?! Hurla Izou.
-Heu, chuchota Speed jiru à Kingdew, t'es sûr que c'est une fierté d'être le favoris des sales gosses ?
-Honnêtement, je sais pas, répondit Kingdew en chuchotant également, mais bon, l'important c'est de gagner l'argument n'est-ce pas ?
-Je suis pas une tête de chèvre ! Hurla atmos, bien que personne ne les sales gosses ne l'ai pas traité de cela. Enfin pas depuis leur départ.
Et une bagarre s'engagea, pendant qu'Haruta froissait le papier :
-Je vais les tuer, les découper en morceaux, les reconstruire et les retuer, puis remplacer chaque morceau de plume de leur oreiller par du papier crissant et mettre de la colle dans leur chaussure…Blague d'écoliers mes fesses !
Et ainsi de suite, un brouhaha ininterrompu et, il fallait le dire, pas forcément très intéressant, jusqu'à ce que tout le monde soit stoppé par un reniflement.
Les commandants se tournèrent vers Tatch qui pleurait à chaude larme, un sourire aux lèvres.
-Qu'est-ce qu'il lui prend, à l'autre abruti ? Grogna atmos en remettant son casque à l'endroit.
-Bahh, répondit tatch en reniflant, baaaah….
Il désigna la lettre :
-ils ont dit qu'ils nous aimaient biiiiiien !
Silence.
-Quoi ? noooon... dit Haruta.
-Si !
-Mais non !
-Mais si ! Là ! A la fin !
Haruta leva les yeux au ciel de manière si exagérée qu'elle avait du lorgner un pan de son crâne, avant de relire la lettre de mauvaise grâce pour voir qu'effectivement, on avait bien dit qu'on les aimait. Elle commença à faire les cent pas pendant que Speed Jiru sortait de ses poches un mouchoir pour Tatch qui sanglotait toujours.
-N'empêche, ces mômes sont vraiment de sales gosses, déclara Atmos (pour détourner l'attention sur ses propres yeux humides). Quand je pense à la tête que va faire Marco quand…
-Marco ! S'écria Tatch.
Tout le monde se tourna vers lui :
-….Oui ?
Tatch se redressa et passa d'un état larmoyant heureux à un véritable visage sérieux :
-Mais réfléchis ! Marco va enfin mieux, enfin ! Après tout ce temps, et je sais pas ce qui s'est passé sur cette foutue île, mais il va enfin mieux, et d'une façon ou d'une autre, ces gosses ont réussi ce qu'on a pas pu pour notre propre frère !
Silence méditatif et honteux parmi les commandants. Izou faisait la moue en tirant sur une manche de son kimono, Blenhem fronçait les sourcils d'un air triste et Haruta avait vraiment l'air d'une adolescente, en serrant sa lettre comme ça.
-Si on leur dit qu'ils se sont barrés à l'aventure sur le Nouveau-Monde avec leur petits poings, leur pouvoir qu'ils maitrisent à peine et leur compétence encore ridicule en haki, on peut être sûr que ça va très vite tourner au vinaigre ! Il va aussitôt paniquer, s'arracher son peu de cheveux ! Et ça, ça arrivera pas !
Il croisa les bras, l'air intensément sérieux et noble :
-Ce sale abruti de poulet prend tout le temps soin de nous, un peu à nous de nous occuper de lui !
Personne ne reprochait à Tatch d'être un mauvais frère non plus.
-Où est-ce qu'il est en ce moment ? Demanda Curiel en réajustant ses lunettes.
-Il dort. Les sales gosses ont accroché la lettre sur sa porte, je l'ai récupérée.
-A cette heure ? d'habitude il est sur le pont à l'aube.
-Raison de plus pour le laisser profiter, marmonna Haruta.
Elle sembla réfléchir, avant de jeter la lettre et de mettre les poings sur les hanches pour se mettre en avant malgré sa petite taille et ses habits bouffants. Si Tatch y arrivait avec sa pompadour, tout le monde pouvait y arriver.
-Bon ! Je prends les devants !
-De quel droit ? Râla Izou.
-La ferme ! Je fais ce que je veux !
-Bah à vrai dire….objecta Joz.
-La ferme j'ai dit ! Ecoutez ! Je vais immédiatement aller chercher les mômes par le fond de leur pantalon, les démembrer pour nous avoir autant fait galérer, et pendant ce temps vous vous occupez des autres et de Marco ! Il doit croire que tout est normal !
-Haruta, commença encore Joz en soupirant.
-D'accord, je n'arracherai qu'un seul de leur bras, concéda la commandante.
Sa gentillesse la perdrait.
-Non ! Enfin si, voire pas de bras du tout….Mais pourquoi y aller seule ? Tu veux vraiment gérer trois d'entres eux seule ?
Il y eut deux ou trois sifflement de souffrance dans la foule des commandants. Par respect pour les commandants du plus grand équipage pirate depuis celui de Roger, nous n'ébruiterons aucun nom.
-Ce n'est pas la question, répondit Haruta en soupirant.
Elle semblait soudain contrariée, mais pas réellement à cause des enfants.
-Alors quoi ?
-Joz, tu te souviens de la prochaine île qui va passer dans le secteur ?
Silence.
-Ah ouais, murmura Atmos.
-Effectivement, concéda Vista.
-On te laisse gérer, affirma Blamenco.
-Je fume à ton succès, conclut Fossa.
-Mais tu fumes tout le temps ? Dit Blenhem.
-Parce que je vous souhaite toujours le succès.
Et pendant que Blenhem fronçait les sourcils, perplexe, Joz essaya encore de raisonner Haruta de ne pas se frotter seule au danger. Sans même trop savoir où se trouvait exactement le pire danger dans l'expédition.
-Mais il y a d'autres îles dans le secteur, plus petites et non habitées ! Si ça se trouve…
-Exactement, murmura Haruta, c'est la plus dangereuse et la plus terrible. Ils y seront donc forcément.
Joz leva le doit et commença à ouvrir la bouche, pour objecter que les petits, tout aussi impétueux et naïfs qu'ils soient, n'étaient pas idiots au point de croire que le Nouveau-Monde était à leur portée, qu'ils n'étaient pas forcément prêts à se jeter dans la gueule du loup sans se préparer un minimum, et qu'ils ne pouvaient pas choisir la pire île puisque à priori personne ne leur en avait parlé.
Mais il baissa le doigt, ravala sa longue diatribe pour marmonner :
-…Non, j'ai rien à répondre à ça.
-Parfait ! Alors j'y vais, les gars !
-Eh, Haruta ! Cria Izou.
Haruta se tourna vers son frère qui croisait les bras, et détournait le regard, l'air visiblement de bouder encore, mais finalement celui-ci marmonna :
-…Bonne chance.
Haruta arrondit les yeux, avant de sourire et de lever le pouce en l'air :
-Tout va bien se passer !
-Ah oui ? Demanda Blenhem, véritablement étonné.
On repassera pour le soutien.
-Mais oui ! Enfin sûrement… dit namur.
-Evidemment.
Ça semblait un peu trop facile, à Sabo. Non, lui et les frangins profitaient de vacances loin de toute agitation, à faire des randonnées dans une nature luxuriante, avec Ace et lui qui souriaient enfin comme avant après l'accident Dressrosa et Luffy qui découvrait toute une autre rangée de scarabée dans sa collection. L'île était réellement paradisiaque. Une jungle, certes hostile, mais rien qu'ils n'avaient jamais affronté jusques là. Une palette de couleur luxuriante et merveilleuse. Des arbres qui semblaient s'élever jusqu'au ciel. Des buissons qui cachaient l'aventure derrière eux. Et parfois aussi des animaux carnivores, mais rien qu'ils ne pouvaient gérer. Ils avaient maintenant quelques connaissances en haki, et si Sabo pouvait dire à quel point elles étaient ridicules comparées au reste de l'équipage qui les accueillaient, ils avaient au moins de quoi repousser
Non, à priori, ça allait.
Bien sur, ça devait pas durer. Les voici encerclés de flèches par des dames à demi-nues au beau milieu d'un bosquet. Chassez le naturel et il revient au galop. Sacré vacances.
Enfin. Il mentirait si il disait que toute cette aventure ne lui plaisait pas. Aussi il tourna la tête vers la plus proche du groupe, une rousse aux cheveux courts avec une cuirasse marronnâtes et demanda, le ton poli et l'air conciliant :
-C'est pour quoi ?
La seule réaction que la rouquine banda son arc un peu plus fort, en fronçant des sourcils. Allons bon, Sabo allait finir par croire qu'il n'était pas les bienvenus. Mais il pouvait négocier ça si Ace ou Luffy ne s'en mêlait p…
-Alors, écoutez-moi, les filles ! Hurla à la cantonade Ace.
Et zut. Les dames tournèrent la tête, toujours aussi silencieuse, vers l'umportun qui leur arrivait au nombril.
-Voyez-vous, je suis pas d'humeur à me faire menacer. Je sais pas si vous êtes balaises ou non, mais vous vous frottez à un gars qui va…foutre le feu à la baraque si on peut dire.
Sabo leva les yeux aux ciels. Bien sûr, depuis qu'il avait reçu son fruit, Ace se croyait invincible.
-Ouais, et moi je vais…Heu….vous frapper fort avec mon fruit ! Ajouta Luffy.
-chut, Luffy, souffla Ace, j'essaie de les intimider.
-Oh pardon, fit le petit, en plaçant les mains devant sa bouche, avant de les lever à nouveau.
-Bref, je veux juste dire : posez vos arcs, et personne sera blessé . Voilà.
La réaction ne se fit pas attendre : les trois plus proches d'Aces tirèrent leur flèche qui lui ébouriffa les cheveux, lui arracha un bout de son débardeur et effleura plus que nécessaire son short. Ace se tendit un moment.
-Wahou, la négociation du siècle, murmura Sabo.
-La ferme !Bon, puisque c'est comme ça...
Ace se concentra fort, en ferma les yeux. Les femmes sentirent le danger et menacèrent encore une fois les garçons, cette fois avec l'attention de tirer. L'une d'elle, peut-être plus nerveuse, tira une flèche qui faillit atteindre la jambe de Luffy. En voyant cela, Ace relâcha tout son feu dans son bras, et, s'interposant, réduit en cendre la flèche.
-Ace ! Trop cool ! Cria Luffy.
-Moui, pas trop mal, fit Ace en se grattant le nez. Impressionnées, les fil…?
Il ne finit pas sa phrase puisque l'une d'elle l'attrapa à bras le corps, décidant qu'il valait mieux vite neutraliser la cible puisque les flèches ne lui faisait rien. Ace poussa un cri, et par reflexe enflamma sa main, qui brula l'épaule de la guerrière. Celle cria à son tour, et dans un dernier sursaut, poussa Ace qui atterrit…dans une flaque d'eau. Une autre de ses amis allait prendre le relai, mais, Sabo, d'un coup de pied bien placé, lui fit voir des étoiles pendant plusieurs secondes.
-Ok, la négociation est morte, alors je vous le dit : laissez nous tranquille, on se laissera pas faire !
-Ouais ! Et d'ailleurs on a rien fait ! S'insurgea Luffy. On cherchait des scarabées.
-Ouais ! tout pareil, fit Ace au fond de sa flaque.
-Rien fait ? Vous violez nos terres ! Vous vous invitez sans que personne ne vous connaisse ici !
-Peut être que c'est vous qui ne nous connaissez pas, d'abord, fit Luffy, l'air visiblement satisfait de sa répartie.
-Ca revient à la même chose, Lu, fit Sabo, et ;..Attention.
Il poussa son frère pour lui éviter une flèche. Mais ce faisant, il se fit attraper par la même femme qu'il avait presque assommé. Ace se releva, mais à peine, le temps pour qu'une autre de la taille d'une catcheuse le maintienne dans l'eau. Après tout, le contraire du feu, c'était l'eau.
Les deux ainés observèrent la situation avec effroi. Ils étaient encerclés, une dizaine de guerrières avaient encore les arcs, prêtes à tirer, et deux autres maintenaient Ace dans le seul endroit au monde qui neutralisait ses pouvoirs. C'était pas bon.
-Mais je vous jure qu'on vous veut aucun mal ! Hurla Sabo, cherchant à se dégager.
-Ca nous est égal. Ces terres sont sacrés, et vous les souillez de votre présence, déclara une guerrière blonde, l'œil sombre.
Elle s'apprêta à viser Sabo, cette fois dans la tête…Quand une espèce de projectile rosâtre et mou lui rentra dans ma tête, provoquant un bruit sourd. Elle tomba face la première, assommée.
Ace et Sabo clignèrent des yeux, incrédule, pensant à cet étrange phénomène de haki dont leur avait parlé Barbe-blanche, quand ils remarquèrent le bras de Luffy, élastique, qui avait (chance ou non ?) ricoché sur un arbre pour atteindre parfaitement la tête de la femme. Luffy rétracta son bras, et les croisa, fier de ce qu'il venait d'accomplir.
-je…heu…merci, Luffy ? Bégaya Sabo.
Il grandissait, mine de rien, le nain de jardin. Malheureusement il resta encore un gros tas de guerrière à neutraliser qui ne se laisserait plus avoir par la même ruse. Quand soudain, une voix retentit :
-Qui a tiré, bordel ?
Les trois frères se retournèrent (Ace leva le nez de sa flaque) pour voir les guerrières qui s'éloignaient respectueusement. Sabo se demanda quelle autorité pouvait bien…
Et devant les trois frères apparut une dame sèche. C'était le premier adjectif qui vint à l'esprit de Sabo. Une grande dame maigre à hurler, au long corps allongé, des bras comme des anguilles, la tête ovale digne d'une serpent, des yeux fixes et petits, un long nez plat, des lèvres si fines qu'elles en étaient presque invisible, et pas une once de chaleur humaine dans ce cadavre vivant. Son visage était figé dans une expression qui inspirait la terreur, yeux écarquillés et lèvre légèrement entrouverte, yeux fixes. Sabo déglutit malgré lui et il sentit luffy, doucement, se coller derrière lui, dans un geste de peur rare chez le petit. La femme était sèche, grande, sans âge, et terriblement laide. Elle contrastait singulièrement avec le reste des femmes, et était d'ailleurs la seule à porter une robe noire, qui moulait ses os, et lui donnait encore plus l'allure d'un squelette. Elle semblait porter le deuil d'elle-même. Elle portait une longue pire qu'elle fumait, sans perdre son regard terrifiant et écarquillé, et le bras droit tenant la longue pire, le bras gauche sur le droit.
-Heu…Bonjour, tenta Sabo.
La femme resta une seconde immobile, avant d'enfin desserrer les lèvres et de dire, d'une voix sans ton, aussi sèche que son corps :
-Des mâles.
-Hein ? Fit Luffy.
Ace s'était relevé, et aussitôt les armes furent braqués sur lui. Mais avant qu'on ne le canarde encore, la leader leva les yeux aux ciels :
-Arrêtez de tirer comme des débiles, les filles.
-Mais madame ! S'écria l'une d'elle. Il…Il a un fruit qui…
-Oh ?
La femme leva un sourcil dans ce qui semblait une expression d'intérêt. Elle regarda Ace qui restait sur la défensive, et Sabo ne voyait pas d'un bon œil la distance qui le séparait de son frère. Il garda un bras sur Luffy pour empêcher le petit d'aller nulle part. toujours le premier réflexe, sécuriser l'élastique.
-Montre-moi, dit simplement la femme.
Ace grogna au ton impérieux :
-La ferme ! Je fais ce que je…
Mais bien sûr, vu son tempérament, il s'enflamma à nouveau sans le vouloir. La femme leva à nouveau les sourcils. Ace, le visage un peu rouge, essaya de rattraper les meubles
-Heu…J'ai décidé de te montrer mon fruit ! pour t'éclairer de ma toute-puissance !
-Vas-y Ace, montre-lui ! lui souffla Luffy sans aucune discrétion.
Sabo posa doucement une main sur la bouche de Luffy :
-Laisse faire les grands, Luffy.
En réalité, il commençait à s'inquiéter de voir la femme s'approcher de plus en plus d'Ace. Il chercha le regard de son frère, mais il ne regardait que la femme.
-Eh, si tu fais un pas de plus, je jure que je vais… !
La femme, après une dernière fumée, éleva à nouveau sa voix fatiguée et atone :
-Les filles.
Aussitôt, trois flèches vinrent se planter dans le tee-shirt d'Ace qui retomba à nouveau dans l'eau. Ses flammes s'éteignirent et il eut l'air si fatigué. Il voulut se débattre, retirer les flèches, mais la femme leva une des échasses qui lui servait de jambe et posa durement son pied nu sur le torse d'Ace, avant de se pencher. C'était un geste de trop pour Sabo. A la fosse la négociation.
-Lâchez-le ! S'écria Sabo.
Luffy, lui, agit sans avertir. Il jeta son poing qui s'allongea…Et rata magistralement la leader, qui regarda le poing s'allonger misérablement par terre avant de tourner légèrement la tête vers Luffy. Elle réfléchit une demi-seconde :
-Elastique, murmura-t-elle.
Sabo se porta aussitôt devant Luffy, poings levés :
-Touchez le, et je vous jure…
Mais elle s'était déjà détourné de lui pour retourner à Ace. Elle pencha l'avant de son corps, dans un angle droit qui aurait pu être comique s'il n'avait été si effrayant. On aurait dit un héron devant une grenouille qui se débattait dans la marre. Elle laissa tomber son visage à quelques centimètres à peine de celui d'Ace qui retint sa respiration et cessa de bouger, comme s'il avait affaire à un animal qui allait lui sauter dessus au moindre mouvement. Sabo fut étonné de ce réflexe de survie de la part de son frère, mais il fallait dire que la leader était vraiment effrayante.
Elle resta là longtemps, sans cligner des yeux, à observer le visage d'Ace. Sabo était conscient des flèches tournés vers lui et Luffy qui avait récupérer son bras, et c'était la seule chose qui l'empêchait de se jeter sur elle. Mais au moindre geste d'attaque, il allait bouger. Mais le geste ne venait pas. Elle restait simplement là avec son visage à observer. Puis elle murmura :
-Rouge.
Sabo fronça les sourcils. Avant de voir le visage d'Ace. Celui-ci c'était comme liquéfié. Toute l'agressivité, la bougonnerie, la bravoure et la fierté s'étaient envolé. Ace était juste…Terrifié. Pour une des premières fois depuis qu'il connaissait Ace, il ressemblait à un petit garçon de 10 ans qui avait peur du mal qu'on pourrait lui faire.
-Ace ? Murmura Luffy.
Luffy avait la voix qui tremblait. Sabo eut le reflexe de cacher la vue de Luffy. C'était peut-être idiot, mais la première pensée qui le traversait, et pour de nombreuses raisons, c'était « il ne faut pas que Luffy le voit comme ça ». Mais même son bras tremblait.
-Qu…qu'est-ce que vous avez dit ?
La voix d'Ace était à peine un murmure. Si Sabo ne le connaissait pas, il aurait dit qu'il se retenait de pleurer. Mais la femme ne répéta pas. Elle se redressa, toujours droite, de manière qui semblait impossible à Sabo. Et tira une bouffée de fumée. Ace, prit d'une soudaine énergie malgré l'eau, retira les flèches. Les guerrières furent stoppées par leur cheffe de répliquer. Sabo et Luffy coururent le rejoindre.
-Ace, ça va ?! Demanda Luffy.
Mais sans lui répondre, Ace, s'approcha de la femme, et dit, avec plus de volonté dans la voix, malgré la blessure qu'il y restait :
-Eh ! Qu'est-ce que vous avez…
Mais il fut encore arrêté, cette fois par une épée.
Une épée s'était interposée entre lui et la femme, comme pour les séparer.
Sabo cligna des yeux en observant celle qui brandissait l'épée, une jeune fille avec des habits bouffants et les cheveux courts…
-Haruta ? Murmura-t-il.
Ace, à côté, regarda la commandante comme s'il voyait une hallucination particulièrement offensante, mais il était encore trop choqué par ce qu'il venait d'entendre pour sortir une fameuse réplique cinglante. Il se contentait de tourner les yeux en alternant entre la pirate et l'autochtone, sans arriver à parler.
Haruta, de toute façon, gardait l'épée entre les deux, en position d'attaque, le regard étonnamment lourds et même effrayant posé sur la femme qui ouvrit à peine plus les paupières, dans ce qui semblait être la forme la plus pure d'étonnement dont elle était capable. Sabo, observateur, vit aussi la longue cigarette dans sa main trembler très légèrement.
-Comme on se retrouve, murmura Haruta.
- la bouffonne ! Salut ! Tu as reçu notre mot ? Demanda Luffy, se détendant de voir un visage amical.
-Deux secondes, Luffy, je…Attend !
Elle perdit d'un seul coup son air grave et se tourna vers les enfants, le visage rouge de colère :
-Comment tu m'as appelé, sale gosse ?!
- Luffy, voyons !
Ce fut au tour de Sabo d'avoir l'air estomaqué alors qu'Ace se plaçait à leur côté. Déjà parce que celui-ci semblait s'être légèrement remis (même s'il jetait quelques fois des regards à la cheffe des femmes), mais surtout parce qu'il reprenait Luffy.
Non mais rendez vous compte.
Il reprenait Luffy !
Sur une insulte !
Incroyable. Sabo n'en revenait pas.
-Luffy, déclara Ace, le doigt levé, tu ne dois pas l'appeler la bouffonne !
Non, il reprenait bien Luffy. Ca cachait quelque chose.
-Tu dois l'appeler « madame » la bouffonne ! déclara Ace, un sourire moqueur aux lèvres. c'est important, le respect !
-Mais je vais le découper en rondelle ! Hurla Haruta.
-Madame la bouffonne ! S'écria Luffy. Trop content. Je m'en souviendrais.
Et pendant qu'Ace ricanait, il se prit un coup d'haruta…Et de Sabo qui n'aimait pas qu'on apprenne des bêtises à son frère.
-non mais, dit Haruta en remettant en place sa tunique.
-dites, si on dérange, on peut toujours s'en aller marmonna une femme à côté, vexé de voir leur embuscade être interrompue de tous les côtés.
-Eh, on en a pas fini ! s'écrièrent en même temps Ace et Haruta, en pointant un doigt menaçant vers la cheffe en noire.
Celle-ci leva un sourcil (tirant au passage sur la peau squelettique de son visage) pendant qu'Ace et Haruta s'entreregardèrent, un peu étonné de se voir alliés, mais poussèrent un « humpf » d'accord avant de retourner à l'ennemi commune.
-Bah moi je comprends plus rien, murmura Luffy. Sabo ?
-Heu…
-Moi aussi en fait, dit une guerrière derrière. Elle vient d'où, elle ?
-Mais enfin, s'insurgea une copine à côté, tu ne sais pas qui c'est ?
-bah…
Haruta prit les devants et les commandes (si ses frères la voyait !) et se tourna vers les enfants :
-vous ! Pourquoi vous êtes là ?
-bah pour explorer ! Comme des vacances ! Répondit Luffy.
-On l'a écrit dans la lettre, dit Sabo.
-Faut suivre un peu, appuya Ace en levant les yeux au ciel.
Haruta contint toute sa colère dans un long cri strident de cafetière
-On dirait qu'elle va exploser, dit l'une des femmes.
-Elle a toujours été comme ça, rit méchamment une femme à côté.
-Moi je dis qu'il faut reculer, déclara une autre. Plus c'est petit, plus c'est vicieux.
Sabo grimaçait presque de sympathie. Haruta se tira les paupières. Sabo déclara :
-Et vous, pourquoi vous êtes là ?
-Pour vous chercher, bande d'abruti ! Ces îles sont dangereuses, combien de fois faudra vous le dire !
-et combien de fois faudra vous dire qu'on gè…Commença Ace.
Mais Haruta pointa un doigt vers lui :
-Ah toi tu la fermes ! C'est moi qui parle !
Et le croirez-vous, Ace se tut, à la surprise de tout le monde, y comprit de lui-même.
-Vous arrivez vaguement à rendre vos phalanges noires, et à utiliser les bâtons, et vous vous pensez prêts ! Mais mes pauvres, vous êtes loin du compte, et vous n'allez pas crever comme ça sur notre dos ! C'est compris ! On s'occupe de vous, alors s'il vous plait, vous pouvez nous facilitez la tache !
Elle poussa un cri de dégout :
-Arg, ces sale mômes me font devenir responsables !
Un petit silence s'ensuivit. Sabo rabattit son chapeau, un peu honteux, il fallait le dire. Il détourna le regard, et c'était peut-être lui qui avait rêvé, mais il était presque certain d'avoir vu la cheffe en noire étirer les lèvres très légèrement vers le haut en regardant Haruta.
-On doit faire le truc que Makino dit de faire dans ces cas là ? Marmonna luffy, les bras croisés.
-Je crois Lu', répondit Sabo en ôtant son chapeau.
Lui et Luffy s'inclinèrent :
-Désolé !
Ace regardait à côté en faisant la moue, mais finalement, il mâchonna, sans s'incliner :
-ouais, désolé…
Un silence plus long encore s'installa, pendant qu'Haruta poussait un petit cri de souris, incrédule, comme si elle venait d'avaler une arrête. Ses yeux étaient devenus très ronds.
-Et donc ? relança la cheffe.
-Ah oui ! Se reprit la commandante ! Toi ! ooooh, toi !
-Oui ? Répondit sereinement la femme.
-Oui d'ailleurs, temps mort, s'interposa Sabo en se redressant. Vous vous connaissez, hein ?
-Tu es malin, petit, murmura la cheffe, en refaisant ce léger étirement des lèvres.
Ellle tira une taffe, avant de déclarer :
-Vous savez où vous êtes ?
Hochement négatif de tête.
-On s'en fiche, aussi, ça joue, remarqua Ace.
La cheffe ne lui prêta aucune attention.
-Vous êtes en présence d'amazone, mes enfants, et ceci est mon île.
-Ooooh ! S'émerveilla Luffy. Mais c'est génial ! Vous êtes quoi ?
-Oh Luffy, marmonna Sabo.
-Parce que toi tu sais ? Demanda Ace en se moquant.
-Evidemment ! Ca s'appelle être éduqué !
La femme continua comme si de rien n'était.
-Des femmes guerrières, farouches, indomptables, fières.
-Oh ça y est, ça recommence, marmonna Haruta.
Les yeux de Luffy s'illuminèrent vraiment :
-mais c'est super, comme des pirate !
La cheffe noire se figea un instant. Elle semblait réellement de pierre, mais son regard continuait de percer. Sabo était hypnotisé par ce regard.
-Nous vivons reclus, nous, dit la cheffe. Et surtout à l'écart des hommes.
-Mais comment vous vous…heu reproduisez ? demanda Sabo.
Il y eut un petit silence.
-C'était déplacé ?
Sans répondre à cette dernière question, la cheffe reprit :
-Et bien, quand de rares hommes se présentent, nous ne les chassons pas comme des sauvages, nous leur interdisont simplement l'accès. S'ils veulent rester une nuit ou deux…Mais contrairement à certaines de nos consoeurs, nous ne les tuons pas. Surtout pas quand ce sont des enfants.
Elle avait dit la dernière phrase en se tournant vers ses troupes, qui sofflotèrent, honteuses.
-et quand vous avez des bébés garçons ?
-Ca n'arrive pas.
-ah. Et comment sont nées les premières amazones ? si les hommes ont pas le droit de vivre sur cette île, d'ailleurs au début vous ne deviez même pas savoir ce qu'était un homme…C'est un paradoxe, ou alors ce truc idiot de l'œuf et de la poule…Ou alors c'est une coutume tardive qui…
-tu poses beaucoup de question, remarqua la cheffe.
-Je suis curieux.
-C'est la marque des révolutionnaires, affirma-t-elle en le transperçant de son regard de vieux charbon.
Sabo resta muet un instant. Ace s'esclaffa :
-Un révolutionnaire ? Pff, on est des pirates, merci !
Mais il jeta un regard paniqué vers Sabo qui se racla la gorge pour reprendre contenance :
-O…Ouais. Bien sûr ! l'équipage ASL, tout ça ! Bref !
Il se retourna vers Haruta :
-Alors…Vous étiez une amazone ?
Haruta sembla embarrassée un instant. Elle jeta un regard vers son ancienne tribu, l'air soudain mal à l'aise. La petite Haruta sans forme espiègle et Haruta contre les femmes de rêve vivant reclus loin de l'aventure et dont beaucoup la regardait avec condescendance. Hors de sa propre famille.
Un enfant qui voulait prendre la mer au milieu de gens qui la méprisait.
Et Sabo regarda Haruta avec un œil affectueux nouveau.
-Effectivement, dit la cheffe. Je vous présente ma fille.
-quuoiiiiiiiiii ?!
-Tu m'étonnes qu'elle soit planche à pain, marmonna Ace, en se prenant une autre droite.
-Je comprends pas pourquoi on marche vers le village, déclara Haruta d'un air devrais ramener les gosses à bord et me tirer au plus vite d'ici !
Les amazones marchaient au travers de la forêt, leur cheffe et sa fille en tête, la fille s'insurgeant et ne cessant de s'agiter, la mère restant aussi droit qu'un I, en marchant élégamment. S'agiter serait sans doute prendre le risque de craqueler sa peau fine et blême
-oui, tu es doué pour ça, concéda nonchalamment la mère en s'allumant une autre cigarette.
-Aie, marmonna Sabo.
Il échangea un regard douloureux avec Ace. Celui-ci semblait aussi regarder Haruta d'un air nouveau depuis qu'il voyait la relation qu'il avait avec son parent. Même Luffy était dérangé par l'ambiance agressive et préférait jouer avec les scarabées dans ses poches.
-Ah ne recommences pas ! Tu me fous toujours la honte ! Puis j'en ai marre ! Les sales gosses, demi-tour, on… !
-Non, dit la cheffe durement.
Elle se tourna vers les enfants, mais son regard était tourné vers Ace :
-Il reste une chose à faire.
-Quoi ? Oh, toi et tes énigmes ! Tu te crois énigmatique ! Tu as l'air idiote ! C'est ça, complètement idiote ! Pas vrai les gars ?
-Heu…répondit Sabo.
-Exactement !
-Ce n'est pas encore l'heure, dit encore la cheffe.
Puis soudain elle se tourna enfin vers Haruta :
-Juste ce soir, puisqu'ils voulaient absolument voir l'île. Et puis, tu ne viens pas me voir souvent, n'est-ce pas une façon de retrouver le temps perdu ?
-Y'a une raison à ça, marmonna Haruta.
Mais elle semblait plus morose qu'en colère.
-moi je veux bien rester, déclara Ace.
-Moi aussi ! Ajouta Luffy. J'ai trouvé plein de scarabées trop jolies !
-Je t'expliquerai comme ils se nomment, déclara la cheffe.
-Et elles va vous trouver des noms ! Elle est trop sympa ! Shi shi shi !
La cheffe leva sa main noire comme une longue griffe, et, avec une douceur raide, et sûrement désagréable, elle caressa la tête de Luffy. Pourtant celui-ci ne se plaignit pas. Il cessa de sourire, l'air étonné, fit « hmm ? », comme s'il ne comprenait pas, toucha la main qui lui caressait les cheveux, puis finalement se remit à sourire :
-Shi shi shi !
Mais son sourire était soudain différent. Luffy n'avait presque jamais connu l'amour d'une mère depuis Makino, Dadan n'étant pas très tournée vers la démonstration des sentiments, et il sentait la sincérité plus fort qu'un chien de South Blue. S'il n'écartait pas la main c'était parce que, toute galcé et désagréable que devait être le toucher, il était sincère.
Ace observait tout cela le cœur saignant.
Rouge.
Sabo déclara après avoir souri à la scène :
-Moi j'aimerais en apprendre davantage sur vos coutume, l'œuf et la poule, les bébés filles, tout ça…
-Si tu me jures de ne partager ça avec personne, dit la cheffe en lui caressant à son tour les cheveux.
Sabo sourit à son tour comme il en avait rarement l'habitude, béatement. Lui connaissait le côté cruel de certains adultes. Il n'avait presque jamais senti une main rassurante comme ça, ni même la présence d'une figure d'autorité féminine qu'il ne méprisait pas.
Ace restait en arrière en essayant de ne pas penser à ce que ça faisait de se faire caresser les cheveux. Haruta, elle, poussa un « oh ! » devant une telle trahison et devant un aussi coup bas de l'ennemi, avant de finalement partir en avant :
-Très bien, une nuit ! Je m'en fous ! Je vais dans ma chambre !
Elle s'éloigna alors que la cheffe lachait Sabo et Luffy, ne laissant qu'un silence très gêné.
-Heu…Alors ? C'est quoi l'histoire ?
Sabo demandait autant ça par curiosité que pour meubler. Les histoires de famille, ça craignait. Ace et lui avaient l'air aussi idiots quand ils se disputaient ?
L'amazone soupira, fuma encore, et décida de parler :
-oh un schéma très classique au fond. Haruta est ma fille, née il y a 24 ans.
-Ah ! Elle est vieille, marmonna Ace.
-Elle a toujours été différente des autres amazones. Elle appris très tôtà marcher et à se battre. Jusque là, c'est un destin commun d'amazone. Mais elle passait ses journées à observer la mer, et à trouver un moyen de partir. Or, les amazones se doivent de rester sur leur île.
-Vous l'avez empêché de s'en aller ? Demanda Sabo, soudain hargneux.
La cheffe lui jeta un de ses regards incisif, et Sabo était soudain sûr qu'elle savait qu'il se reconnaissait en Haruta.
-Me croirait-tu si je te disais que j'ai déjà pris la mer il y a longtemps ?
Sabo cligna des yeux.
-Alors pourquoi…
-Parce qu'on m'a banni de mon ancienne tribu pour cela et qu'elle risquait le même destin ici. Même si je faisais une exception pour elle, ce qui serait assez injuste pour les autres, elle ne serait plius jamais acceptée comme une amazone.
Sabo voulut objecter qu'elle était peut-être très heureuse de ne plus les revoir, mais il se rendit compte qu'il projetait un peu trop et laissa tomber. La cheffe fuma d'un air nostalgique, en regardant la végétation des arbres devant eux.
-Qui a envie d'être séparé de sa famille ?
Elle ne semblait demander ça à personne en particulier, mais les trois enfants sentirent le poids dans le cœur. Ace se souvenait encore une fois de Rogue, ou plutôt il essayait d'imaginer Rouge, comme il ne l'avait jamais connu. Il rapprocha instinctivement Luffy près de lui alors qu'il s'approchait de Sabo. Ca, personne n'allait lui enlever. Le visage de Dadan flotta aussi devant ses yeux. Sabo pensa bon débarras en songeant à ses parents et à cet abruti sans cœur de Stelly, mais il regarda ses frères. Il avait appris que c'était eux sa famille. Et il ferait tout pour les protéger. Quant à Luffy, ne connaissant pas cette idée de garder ses pensées pour lui, il déclara à voix haute :
-Moi je veux jamais être séparé de Sabo et d'Ace !
La cheffe recommença cet étirement des lèvres (c'était presque douloureux à regarder) et continua :
-Eh bien, toujours est-il qu'Haruta n'a pas pensé la même chose. Tout a basculé le jour où on père est venu la voir, i ans de cela.
-Qui était son père ? demanda Ace.
-Oh, vous ne le connaissez surement pas, un fin bretteur, en tout cas…Mais il lui a parlé de ses nombreux voyage, et à peine le soir suivant, Haruta a fait ses valises et est parti prendre la mer en hurlant « que je la gardais prisonnière ici », « qu'elle allait devenir pirate et que j'avais aucun mot à dire », « que j'étais une sale harpie sans cœur et qu'elle espérait qu'un monstre marin me mange ma cigarette que j'aimais plus qu'elle ».
Silence.
-Elle…Elle devait être en colère, marmonna Sabo.
-Je pense. Personne n'a menacé ma cigarette avec tant de hargne. Toujours est-il qu'elle est partie de l'île aussi vite que possible. Je ne l'avais jamais revu jusqu'à maintenant.
Il y eut un silence à la fin de l'histoire. La cheffe tira une taffe, l'air soudain quelque peu déprimée :
-Je suppose que je l'avais vraiment gardé prisonnière ici. Ca doit être pour cela qu'elle n'ait jamais revenu. Enfin, c'est une adulte, à présent.
Elle marcha, l'air nonchalant, puis demanda soudain :
-Est-elle bien traitée ?
-Oh oui ! S'exclama Sabo. Elle est avec une nouvelle fam…Heu enfin un équipage entier, et elle est capitaine et respectée !
Bon, il avait du mal à croire le dernier point mais ça faisait du bien de faire du bien.
Jusqu'à ce qu'Ace, soudain morose, ne déclare :
-Il voulait dire une nouvelle famille. Une nouvelle famille sur la mer.
-Ace ! Souffla Sabo, en lui donnant un coup de poing sur l'épaule.
Mais la femme le regarda, sourcil levé, peu impressionné. Elle devait trop bien lire les gens pour s'énerver. Elle sonda encore Ace du regard, avant de déclarer :
-Tant mieux, tant mieux. Si elle s'y sent bien, déclara-t-elle sans une once de colère.
-Je pense que oui, rattrapa Sabo, et elle …Où est Luffy ?
En tant que seul grand frère responsable de cette fratrie, il avait un détecteur plus rapide que les autres pour découvrir quand le petit s'éloignait. Luffy avait du se sentir ennuyé par la conversation et était parti explorer seul. Ce n'était que quoi ? la millième fois qu'il leur faisait le coup depuis une semaine ? Il était presque certain que c'était ce qui avait déclenché une révolution à Dressrosa.
-Luffy ! Cria Ace, en se tournant de tous les côtés.
-Il se fait attaquer par un serpent ! s'écria une amazone aux longs cheveux noirs à côté d'eux.
-Quoi, encore ?! Se plaignit Ace.
En effet, il venait d'apercevoir luffy suspendu en l'air par un serpent qui serrait sa taille de toutes ses forces. Luffy tentait de se dégager alors que son estomac devenait de plus en plus allongé, plus énervé que vraiment blessé à vrai dire.
-Luffy ! Arrête de faire bouffer ! Cria Ace. Descend tout de suite !
-Mais j'essaie-heu ! Mais lâche moi !
-comment fait-il ?! S'estomaqua l'amazone noiraude.
-Un fruit qui rend élastique, marmonna la cheffe.
-Oui, bon bah tout le monde le sait, pas la peine de prendre cet air mystérieux à deux balle ! S'énerva Ace. Luffy ! Je compte jusqu'à 3 !
-Mais Ace !
Des amazones se dévouèrent pour chasser le long serpent. Les frères secouèrent la tête, dépités. Tant que le serpent n'essayaient pas de bouloter Luffy, ça irait, et il pouvait pleurer sur le manque de vigilance du petit.
-C'est phénoménal, murmura l'amazone, à côté, alors qu'elle considérait Luffy s'allonger, fascinée.
-ouais, on va pas aller jusque là, répliqua Ace. Disons que ça lui permet de pas trop se faire bouffer, c'est pas un luxe avec lui. D'autres ont des fruits du démon bien plus classe. Je citerais pas de nom. On le sait tout.
Il tint une demi-seconde avant de préciser :
-Moi, par exemple.
-Dixit le type qui a failli se noyer dans une flaque d'eau y'a même pas une heure.
-c'était une part de mon plan !
-De te noyer ?
-Tu es juste jaloux de ne pas avoir de fruits !
-Mais oui, mais oui…Obligé de compter sur mon seul talent…
-C'est phénoménal, répéta l'amazone…Je me demande jusqu'à quel point son corps s'allonge…
-bonne question, marmonna Sabo. Eh, Luffy !
Luffy, qu'on venait de reposer sur le sol, se tourna vers lui.
-Viens là, on va faire une expérience !
-Ok ! s'exclama le petit en trottinant joyeusement vers lui.
-Je me demande si son corps résiste à une flèche, murmura l'amazone, en regardant son arc.
-A la réflexion, Luffy, va jouer plus loin ! Cria sabo.
-Ok ! S'exclama le petit en trotinant joyeusement vers Ace finalement.
Sabo, mains sur les hanches, jeta un regard empli de jugement et de désapprobation envers l'amazone noiraude qui demanda :
-Bah quoi ?
Sabo soupira en se tenant le front :
-Ah, quel enfer d'être le plus intelligent de la bande…je me demande comment Marco fait tout le temps…
Comment faisait Marco ? Il avait trouvé une façon sympathique de tenir.
En cet instant, il faisait la grasse matinée.
Le sommeil, quelle invention formidable ! Et mieux encore, s'endormir sans angoisse ! Ca n'était pas arrivé depuis si longtemps…Mais alors que le soleil était déjà haut dans le ciel, il se leva de son lit, très étonné de se trouver encore au lit et pas à babysitter les sales gosses, à discipliner ses troupes qui avaient mis le feu au mat, à s'occuper de la bagarre général à la cantine ou tout simplement à remplir un milliard de feuilles de paperasse. Il observa d'un air étonné le mur devant lui, et un grand sourire apaisé apparut son visage. Il regarda la mer calme par le hublot à côté de son lit, et décida qu'aujourd'hui serait une belle journée.
Qu'est-ce qui pourrait la ternir ?
Il s'habilla et sortit de la pièce en sifflotant.
Jusqu'à trouver Vista devant sa porte.
Et par devant sa porte, cela s'signifiait devant sa porte. A environ trois centimètres. Marco faillit lui rentrer dedans et il se retrouvèrent nez à nez.
-Marco, salua tranquillement Vista en se frisant la moustache.
-Vista.
Silence.
-Bien dormi ?
-Oh ? Heu oui…En fait, je pense peut-être avoir trop dormi…
-impossible, mon ami ! Trop dormir, ça n'existe pas ! Dormir c'est s'emparer sur la mer des rêves pour…
L'imagination de Vista tomba à plat.
-Pour…Ronfler.
-…Oui.
Silence.
-Tu peux…Te pousser s'il te plait ?
-Comment ?
-Te pousser.
-Je ne comprends pas.
-Te pousser. Pour que je puisse sortir.
-Sortir répéta Vista comme s'il n'avait jamais entendu un tel non-sens ?. Mais d'où ?
Marc fronça les sourcils, et cela sembla affecter Vista :
-Sortir ? Ah oui ! de ta chambre ! Sois donc plus explicite, la prochaine fois ! Mais oui, bien sûr, je te vais m'en aller !
Il recula, sans se retourner, sans quitter des yeux Marco, sans cesser de se frisoter la moustache. Marco resta figé une seconde, perplexe, à observer le spectacle. Mais ce n'était pas grave. La journée était trop belle, et puis si les excentricités de sa famille le gênait, il ne serait jamais devenu commandant ici. Il sortit donc de la chambre.
-Tu m'accompagnes déjeuner ?
-Bien sûr, mon cher Marco ! D'ailleurs je crois que Tatch vient de remplir un tonneau entier de son meilleur café ! Ne me demande pas pourquoi il a fait ça !
Vista le savait pourtant très bien, d'ailleurs il attendait le grand sourire de Marco :
-Je ne vais certainement pas m'en plaindre ! S'il pouvait avoir un peu plus d'initiative de ce genre…
Sur ce, ils se dirigèrent vers la cantine.
-Pourquoi tu étais devant ma porte ? demanda tout de même Marco.
-Hum ? Oh ! Les souris.
-Quoi ?! il y a des souris à bord ! S'exclama Marco en imaginant le désastre pour les provisions.
-Souris. J'ai dit Souris ? Oh ça m'étonnerait, déclara nonchalamment Vista en se frisant la moustache.
Marco aimerait bien dire qu'il voyait ça comme un signe de tension, mais la vérité c'était que Vista se frisait la moustache pour tout et n'importe quoi. Le plus inquiétant aurait été qu'il ne se touche pas la moustache.
-Oui, tu l'as dit.
-Peut-être. Ah oui ! J'ai cru voir une souris dans les couloirs, mais c'était une hallucination. Mais par précaution, j'ai monté la garde devant ta chambre. Je sais que tu as très peur des souris.
-Je n'ai pas spécialement peur des souris.
-oui, bien sûr, rit doucement Vista, en faisant un énorme clin d'œil à Marco. Personne n'a peur des souris.
Pour le bien de la belle journée, Marco ne répondit pas. De toute façon, ils arrivèrent à la cuisine et s'assirent sur une table. A cet heure, beaucoup de pirates avaient fini de manger, mais certains restaient encore après une grasse matinée, un quart de surveillance, ou tout simplement pour discuter. Tatch s'approcha d'eux :
-Pour les deux retardataires, un café bien chaud !
Marco accepta joyeusement la tasse :
-Ca sent vraiment bon. Merci Tatch.
-De rien, de rien ; J'avais envie de faire du café ! Et toi Vista, la même chose que d'habitude ?
-Oh tu me connais, rien d'extravagant, mon habituel rhum-saké rehaussé de miel. Au shaker, hein, pas à la cuillère !
-Evidemment.
-Tiens, Tatch, tu savais que Vista pense que j'ai peur des souris ?
Tatch se mit à rire :
-Oh vraiment ? Comment ça ?
-Il est resté devant ma porte parce qu'il était sûr qu'une souris se baladait dans les couloirs.
-aha, c'est absurde ! Absurde !
Marco remarqua bien que Tatch avait jeté un regard à Vista, avant de retourner en cuisine. Marco but tranquillement son café. Le café de Tatch était divin.
-Les enfants sont réveillés ? On peut commencer l'entrainement un peu plus tard, mais…
-ah mais non ! S'écria Vista.
-Pourquoi pas ? Depuis quand tu tiens à l'emploi du temps.
Marco commençait à se demander si la souris ne se trouvait pas dans la tête de Vista, à y foutre le bordel plus que ça n'était déjà le cas.
-Parce que…
-Oui ?
- Eh bien parce que…
Vista resta une seconde dans le vague, avant de déclarer :
-Eh bien parce que tu as mérité une journée de congé ! Tu t'occupes tout le temps de tout, tu as bien le droit de te reposer un peu ? Au moins une journée ?
Marco oublia tout ce qu'il avait dit d'étrange depuis ce matin pour regarder son frère d'un air touché.
-…Merci. Mais vous pensez réussir à vous en occuper une journée ?
-Pff ! Une rigolade pour des pirates de notre trempe ! Déclara Vista, en se frisant la moustache pour montrer sa confiance.
-Ce n'était pas toi qui déclaré hier que tu n'en pouvais plus et que tu irais enterrer au fin fond de l'océan celui qui oserais te piquer ton chapeau ?
-Broutilles!
-Et tu n'avais voulu provoquer en duel Kidd parce qu'il n'arrêtait de te piquer ton épée à cause de son pouvoir ?
-De l'eau a coulé sur les ponts !
-Et…
-Marco. Tout ira bien.
Et Vista, qui avait agi si bizarrement depuis ce matin, semblait tellement sincère que Marco acquiesça.
-Bon…Très bien…Pour une journée…
-Merveilleux ! Repose-toi donc !
-Je pourrais peut-être aller faire un tour sur une ile voisine…marmonna Marco en touillant son café.
Il partit d'un grand éclata de rire :
-Aha bien sûr que non, la prochaine île c'est celle des amazones, je suis pas assez idiot pour aller y poser un pied !
-Aha, répondit Vista, un peu blanc.
En réalité, passé le premier contact difficile, ça se passait plutôt bien.
Ils étaient arrivés après presque deux heures de marche jusqu'à la cité des amazones.
C'est comme ça qu'une d'entre elle l'a présenté pompeusement, mais grossièrement, il s'agissait de cabanes et de huttes en bois relativement sophistiquées dans les arbres, reliées à des ponts parfois longs de plusieurs dizaines de mètres.
-Wahou, dit Luffy, ca doit être trop stylé de se battre dessus !
-Et encore, petit, fit une amazone blonde, t'as pas les terrains d'entrainements.
Sabo s'approcha de quelques pas. Malgré la rudesse de l'ensemble, il pouvait voir le gigantisme d'une telle ville dans les arbres. L'installation centrale était ronde, et haute de plusieurs mètres. En haut, Haruta passa la tête par une fenêtre :
-Maman ! T'as fouillé dans mes affaires ?!
-Le ménage doit bien être fait.
-Et mon sabre d'entrainement ! Tu sais que je déteste quelqu'un le toucher ! Pourquoi tu l'a posé sur l'étagère, comme ça ?!
-Tu es parti i ans, ma chérie
Haruta, qui ne trouva rien à redire, grogna fortement à la place, et rentra la tête à l'intérieur.
-Eh bah, vraiment y'a des claques qui se perdent, dit Ace, l'air réprobateur.
Sabo souffla du nez.
-quoi ?!
-Non, rien.
-Heu, en parlant de ça…
L'amazone blonde s'approcha timidement de leur cheffe, soudain mal à l'aise, accompagnée de plusieurs autres consœurs qui se trituraient les doigts ou qui inspectait le sol de leur pied avec une intention accrue.
-Oui ? Dit la cheffe en se tournant, elle et sa cigarette vers elles.
-Bah…On se demandait…Zn fait…Pas qu'on ait pas contentes de pas revoir Haruta.
-C'est faux, tu te moquais tout le temps d'elle, si mon souvenir est bon, dit la cheffe d'un ton factuelle.
L'amazone baissa encore plus les yeux.
-Oui, enfin bon, on était jeunes…Mais bref, je…Enfin, elle nous a quand même trahi, elle a pas suivi notre code…Et…enfin…On la laisse s'en tirer comme ça…
La cheffe continuait à les fixer avec son regard rond de vipère. Elle n'avait pas besoin de froncer les sourcils, sa simple tête mettait mal à l'aise les gens.
-Enfin…On devrait pas la virer pour avoir laissé de coté nos règles ?
Il y eut une seconde de silence insoutenable avant que la cheffe ne dise :
-Nous avons toujours été moins à cheval que nos consœurs sur cette discipline…
-oui mais…
-Avez-vous envie de prendre la mer, vous toutes ?
Aussitôt, l'amazone blonde et les autres se récrièrent, réellement outrée par l'idée :
-non !
-Absolument pas !
-Ma maison c'est ici !
-Alors ne vous sentez pas jalouse, dit la cheffe en se retournant.
La blonde haussa le doigt :
-Heu oui mais…
Haruta sortit la tête à nouveau :
-Bah si ça vous plait pas de me revoir, vous inquiétez pas, je me barre dès ce soir !
-tu restes pour le banquet, dit sa mère.
-Je me barre dès demain ! Et je serais bien heureuses de plus vous revoir ! Cria-t-elle avant de disparaitre à nouveau.
-Eh bien, ça règle la question, conclut la cheffe comme si ils venaient d'assister à un débat pétri de bons arguments.
Les amazones, qui comprirent que leur cheffe avait pris sa décision, ne dirent rien de plus.
-Venez, mes enfants, dit la femme à la cigarette, je vais vous montrer votre chambre et les terrains d'entrainement avant le banquet de ce soir.
-Là, on parle ! S'exclama Ace, en enflammant ses poings.
Sabo regarda les Amazones vaquer à leur occupation.
-Wahou, ça c'est du leadership…J'aurais tellement contesté votre décision à leur place, dit-il innocemment.
La cheffe recommença à faire ce sourire allongé qui lui fendait le visage.
-J'aime à me dire qu'au-delà de la terreur pure que je leur inspire, elles ont confiance en moi, et qu'elles obéissent car elles savent que je ferais tout pour les sauver en cas de problèmes, et que je serais assez forte pour tenir la barre. C'est important, un chef qu'on respecte. Pensez-y quand vous deviendrez des pirates…ou autre chose.
-Arrêtez avec « autre chose ! » râla Ace. On va être pirates, on vous dit !
Sabo ne dit rien.
En tout cas, quand l'Amazone avait parlé d'un chef craint, fort et respecté, un chef qu'on suivrait jusqu'à la mort, il avait pensé à l'homme à la cape verte de Dressrosa. Dragon.
Luffy, lui, croisa les bras, résolu et interrogateur.
-Je dois être respecté. Comment je vais faire ça ….
-Enfin tu poses les bonnes questions, Lu', déclara Ace, en riant un peu.
-Hum…Mon fruit des démons sera déjà super utile, quand ils verront comme je suis puissant…Ma collection de scarabée sera aussi importante…Oh, et mon chapeau de paille !
-Ton chapeau de paille ? Répéta Sabo en haussant un sourcil, un sourire affectueux aux lèvres devant les élucubrations de son petit frère.
- Bah oui ! Tu sais, les rois ils ont une couronne et on les reconnait ! Moi j'ai un chapeau de paille et du coup, tout mon équipage verra que je suis le capitaine !
-Ca a surement du sens, murmura Sabo.
Ils entrèrent dans une hutte en empruntant une échelle puis un pont pour découvrir une chambre d'invité tout ce qu'il y a de respectable, malgré l'allure sommaire de l'extérieur.
Puis la cheffe les amena à l'arrière de l'installation, pour qu'ils découvrent plusieurs terrains délimités entre eux, couverts de sables, et remplis d'arcs, de cibles mouvantes, de mannequins, et de guerrières s'entrainant.
-oh trop cool ! Dit Luffy en courant les rejoindre !
-Luffy ! Attend ! S'écria Ace en courant après lui.
Sabo soupira et se tourna vers l'Amazone.
-Merci pour votre accueil. Je sens que sans vous, on aurait été criblée de flèches.
La cheffe hocha simplement la tête. Sabo se gratta la sienne.
-…vous savez, je peux pas trop donner tord à vos guerrières, c'était un peu du favoritisme, ce qui s'était passé.
Et Sabo était particulièrement contre toute traitement de faveur qui n'avait pas été gagné mais hérité. Il avait un peu peur d'avoir vexé, ou pire, énervée la cheffe, mais il voulait être honnête envers elle et lui-même.
Elle fuma une seconde en silence, avant de dire :
-Tu as raison. Personne n'a dit qu'un chef était infaillible. Ni qu'être un parent et un leader n'était pas compliqué à concilier.
Là encore Sabo pensa à Dragon. Il avait passé pas mal de nuits après Dressrosa à réfléchir à l'abandon de Luffy. Il comprenait et était enragé en même temps, car son petit frère méritait d'avoir connu ses parents, d'avoir une enfant normale. A la place, les seules figures parentales qu'il avait eu était un grand père marine qui l'avait abandonné à des bandits pour l'endurcir, des bandits particulièrement incapable de s'occuper d'enfants et une gérante de bar aimante mais trop jeune pour être une figure maternelle compétente. Luffy se sentait si seul avant sous son éternel sourire qu'il avait enduré tout ce que lui avait fait subir Ace au début et même de se faire torturer simplement pour pouvoir trainer avec eux. En quoi c'était acceptable ?
Mais si ce n'était pas arrivé, Luffy ne serrait jamais devenu leur frère et n'aurait peut-être même jamais voulu partir à l'aventure. Et Sabo ne voulait pas perdre Luffy.
Peut-être qu'il comprenait la cheffe un peu plus soudain.
-Et puis, continua-t-elle, c'est ainsi. Une mère protégera toujours ses enfants.
Et soudain son ton se durcit de façon inhabituelle :
-Ces idiotes croient qu'Haruta a cessé d'être ma fille parce qu'elle est partie.
Sabo hocha lentement la tête.
-Vous vous appelez comment m'dame ? Parce que je m rends compe qu'on vous a pas demandé jusqu'à maintenant…
-Tania, mon petit.
Puis elle lui caressa de sa main sèche et rugueuse la joue :
-Va t'amuser au lieu de rester ici.
Il allait partir quand elle ajouta :
-Tes frères t'aiment. Dis-leur donc que tu as un cœur de révolutionnaire quand tu seras prêt.
Sur ce, elle laissa Sabo seul, qui resta une seconde hébété et effrayé avant de rejoindre Ace et luffy.
-Foutu Luffy qui sait pas viser, marmonna Ace, rageux, en parcourant la dizaine de pont de la cité de huttes.
Pour être honnête, le petit avait fait de prodigieux progrès en quelques semaines. Les pirates expérimentés lui avaient appris à bien utiliser son fruit, et à obtenir plusieurs réflexes. Mais il restait un garçon de 7 ans (et demi) qui avait encore une infinité de choses à apprendre, et 50% de pourcentage de tir à ne pas manquer.
En l'occurrence, alors qu'il jetait un javelot, il l'avait entrainé en l'air, et il avait passé par une des fenêtres.
-Comment tu fais pour viser mal aussi bien ? S'était exclamé Sabo, qui cherchait à comprendre la physique du javelot.
-Mais heu !
Il se tourna vers Ace, qui était occupé à réduire à néant un mannequin :
-Ace, Sabo se moque ! Tu peux…
-Pas question que je monte le chercher, dit Ace, catégorique, sans même se retourner. T'as qu'à apprendre à prendre soin de tes affaires.
A cet instant, il sentit quelque chose qui l'avertit d'un danger.
Marco et les autres avaient réussi à éveiller une prémisse de haki de l'observation. Mais ce n'était qu'un « bébé haki », comme disait Tatch, et il failli en conséquence se prendre un javelot dans la cuisse.
-Et en plus il les transforme en boomerang, mais comment fais-t-il, murmura Sabo en se grattant le chapeau devant une telle magie.
Mais la magie n'avait rien à voir. Le javelot avait seulement atterri dans la chambre d'Haruta et celle-ci l'avait renvoyé avant de sortir la tête de sa fenêtre :
-Et en plus vous me jetez des javelots ! allez tous vous…
la suite fut censurée pour les oreilles de Luffy par les mains de Sabo.
Ace regarda la fenêtre, hébété, puis le javelot, puis la fenêtre, puis…
-Gardez-moi mon mannequin, je monte, murmura-t-il, le ton enflammé.
Il se retrouva ainsi à pester contre Haruta et Luffy tout en montant vers la chambre d'Haruta. Il entra dans la chambre d'un grand coup de pied.
-Ca te fait marrer, de jeter des javelots sur la tête des gens ?!
En conséquence, il se prit un livre qui trainait à la figure.
-J'allais te poser la même question ! Se récria Haruta.
Ace grogna, et s'approcha doucement d'Haruta, qui grognait tout autant. Ils finirent front contre front.
-Tu veux la bagarre ? Demanda-t-elle.
-J'allais te poser la même question !
Haruta grogna encore avant de se souvenir qu'elle était adulte et que commencer une bataille avec un enfant, même un sale gosse comme ça, serait un peu pathétique et moralement méprisable.
Elle attendrait qu'ils reviennent sur le navire pour mettre de la colle dans ses oreillers. Et des limaces dans ses bols de soupe. Et de cirer le parquet de leur chambre pour qu'il glisse.
Des vengeances matures et plus respectables.
Haruta soupira en conséquences et se retourna :
-Sors de ma chambre, et va chouiner dans les jupes de ma mère, puisque vous êtes devenu aussi potes, tous les deux !
Ace se sentit très insulté, d'autant qu'elle ne voulait pas l'affronter.
-Je m'en fiche de cette vieille peau ! C'est juste toi qui a un problème avec ta mère !
-quoi ! Pas du tout ! Se récria Hartua en faisant volte-face. C'est pas ma faute si c'est une plaie !
-Ah ouais ?! Parce que je trouve que tu es aussi une plaie, déclara ace en croisant les bras.
Il croyait avoir mouché la pirate, mais elle resta une seconde à le fixer avant d'éclater de rire.
-Je peux savoir ce qui te fait marrer ?! Rugit ace.
-Ouh ouh, désolé…Mais je crois que si quelqu'un a un problème de parents, c'est pas moi qui ait le plus grave, ici !
Ace resta une seconde muet.
-V…Va mourir !
-Est-ce que tu as seulement eu des parents dans ta vie ? Murmura Haruta, soudain sérieuse.
Ace sentit ses poings trembler.
Rouge, Rouge, le nom était partout depuis ce matin.
Et, soucieux de gagner l'argument :
-J'ai un grand-père ! Et c'est encore plus une plaie que ta mère !
-Alors ça j'en doute ! Fit Haruta, comme s'il venait de l'insulter personnellement. Ma mère est une harpie sans cœur qui voulait contrôler ma vie !
-Papi voulait que je sois marine !
-Ma mère m'a déjà jeté dans une jungle à 5 ans pour m'endurcir !
-Ah ! Papi m'a donné à des bandits pour qu'ils m'élèvent à la dure !
-Ah ouais ! moi…
puis Haruta cessa brusquement de parler.
Ace et elle s'entreregardèrent.
Ils avaient le choix. Ils pouvaient continuer à se battre ou se plaindre ensemble de leur figure parentale respective.
En conséquence, une heure plus tard, Ace et Haruta discutaient encore avidement de ce qu'ils reprochaient à celles-ci. Haruta se plaignait de sa mère, Ace de Garp et de Dadan. Ils avaient amené des biscuits et étaient assis sur des coussins par terre, parce qu'il fallait être confortable pour parler convenablement de tout ça.
Finalement, alors qu'Ace se mit à rire, alors qu'Haruta imitait la posture de momie de Tania, la piratesse le pointa du doigt :
-Ah ! Je le savais ! Tu sais rire !
Ace se tut, un peu rouge.
-Et tu m'aimes bien, en fait !
-Pff, n'importe quoi, dit Ace.
Mais il aimait bien Haruta, au fond. Quand elle faisait pas son idiote. Lui qui était si mature.
-Oh, et il rougit ! Aha !
-La ferme !
Le garçon jeta son poings vers Haruta qui esquiva et s'assied à côté d'Ace sur les coussins.
-Bah, je te taquinais.
Ace bouda un peu, mais voulant changer de conversation, il dit en croisant les bras :
-Enfin bref, tout ça pour dire que les parents servent à rien et qu'on ferait mieux de nous en débarrasser dès la naissance.
-Quoi ? S'exclama Haruta. Non.
-Quoi ? Murmura Ace, trahi.
Haruta se mit à sourire :
-J'ai deux pères géniaux, l'un qui m'a appris à me servir d'une arme, l'autre qui m'a permis de vivre en pirate et qui veille sur moi ! Pourquoi je voudrais m'en débarasser ? Y'a que quelqu'un qui n'a jamais connu de vrai père aimant pour dire ça.
Haruta était intelligente, mine de rien, mais avait la subtilité de l'éléphant qui entre dans un magasin de porcelaine.
Ace, lui, se serait énervé de manière spectaculaire, mais il n'arrivait pas vraiment à le faire. Pourquoi ?
Rouge.
Roger.
« si le fils de Roger était encore en vie ? aha, c'est simple petit, on le décapiterait ! »
-Ace ? Ca v…
-tu voudrais pas voir mourir ta mère ? Demanda-t-il brusquement.
Le silence qui suivit fut si glacial qu'Ace se réveilla et se rendit compte de ce qu'il venait de dire.
Haruta, l'Haruta que rien ne semblait perturber, vraiment atteindre, resta une seconde muette, le visage emprunte de terreur en regardant Ace.
« LE fils de Roger ? Bah, ça peut être qu'un salopiaud, comme son père, à seulement faire le mal…3
-Qu…quoi ?
Puis, reprenant contenance :
-Ca va pas ! Non ! Bien sûr que non ! Bien sûr, ma mère est une horrible harpie, mais…Je…Je l'aim…
Haruta se tut, comme si elle venait de se rappeler de quelque chose qu'elle avait longtemps oublié.
Ace, lui, resta les dents serrés.
Excuse-toi, hurlait une voix dans sa tête. Excuse-toi. Mais Ace ne voulait pas, et il se détestait, et…
-Heu…Ca va ?
La voix de Sabo fit sursauter si fort Ace qu'il se retourna, les poings enflammés Sabo, pas impressionné pour deux sous, leva juste un sourcil.
-sa…Sabo ! Pourquoi tu me surprends comme ça ?
Sabo leva l'autre sourcil, avant de désigner la sortie :
-Heu…On se demandait où tu étais passé…Et Tania m'envoie vous chercher, elle dit que le banquet a commencé.
-super ! On y va ! Plus vite on en aura fini, plus vite on pourra se barrer !
Elle avait reprit son ton joyeux instantanément. Sabo sortit. Haruta suivit, mais Ace l'aggripa brusquement par la manche.
-Ha…Haruta ?
C'était la première fois qu'il l'appelait pas son vrai nom.
-Je…
Il inspira fortement.
-Je suis…Je suis…
Elle fronça les sourcils, puis murmura sincèrement :
-Bah, j'ai oublié. Tu le pensais pas.
Puis, sans prévneir, elle lui donna une claque dans le dos si forte qu'il tomba à la renverse.
-puis, qu'attendre de plus d'un sale gosse comme toi !
-La ferme, sale nabot ! Je vais te cramer !
-Ah bah y'avais longtemps…
On avait mit Jimbei dans la confidence pour les mômes qui s'étaient fait la male et du premier commandant qu'on devait à tout prix préserver de stress pour une journée. Jimbei était tout à fait d'accord. Marco était un homme remarquable qui se tuait à la tâche et qui méritait des vacances. Quant aux trois frères, pour les avoir vu à l'œuvre sur l'île des hommes poissons, il craignait plus pour les Amazones que pour eux. Et il faisait confiance à Haruta. Son côté enfantin le destabilisait mais elle étaiat compétente et sérieuse quand la situation l'exigeait.
En revanche, on avait demandé à Jimbei de s'occuper des autres.
Des créatures sournoises.
Des monstres cruels.
D'autres gosses.
Et Jimbei n'était pas un lâche mais il n'était pas pour les combats inutiles.
Aussi, il avait commencé presque aussitôt à envoyer une beigne à la tête de Kidd.
Il avait suffi que le petit arrive et ne demande, les mains sur les hanches :
-Alors, la poiscaille, tu nous enseignes quoi ? La brasse coulée ?
La seule chose qui coula ce fut son esprit quand il resta évanoui plusieurs secondes.
Jimbei savait aussi se faire respecter un minimum.
A côté, Law levait les yeux aux ciel devant ce spectacle affligeant comme s'il se demandait pourquoi il devait souffrir la présence de ces clown. Jimbei avait connu brièvement Law sur l'île des hommes-poissons. C'était un pré-ado chétif et maladif qui regardait le monde entier comme s'il voulait sa mort, ou comme si lui voulait la mort du monde. A présent, c'était un garçon plus robuste suite à l'entrainement, qui, en quelques semaines, avait grandi d'une demi-tête (c'est fou comme ça grandissait à cet âge), et qui avait à présent tout du gamin blasé qui levait les yeux au ciel à chaque fois que quelqu'un disait quelque chose, tout en croisant les bras de dépit.
Tout aussi à baffer qu'état cette attitude, Jimbei interpréta cela comme un signe qu'il allait mieux et le petit avait semblé si déprimé lors de leur première rencontre qu'il n'avait pas trop le cœur à le reprendre.
Quant au petit blond…
Jimbei avait envoyé les deux autres s'entrainer au haki de l'armement sur des cibles. A plusieurs mètres, car sinon kidd oubliait qu'il ne fallait pas l'utiliser sur vos amis.
Et il avait demandé à Killer de venir le rejoindre un peu à l'écart. Killer suivit, un peu craintif, en jetant quelques regards envers son gardien. Kidd avait répliqué avec un doigt d'honneur envers l'homme poisson au cas où il aurait voulu s'en prendre au casqué.
Une fois seuls à l'écart, Jimbei sourit et s'accroupit devant le petit garçon. Même ainsi, il le dépassait d'un demi mètre.
-bonjour…
Bon déjà, ça commençait. Il répugnait un peu à appeler le garçon timide par ce qui était un surnom a priori très mal choisi.
-…Killer. Je voulais te demander…Tu sais que tu peux nous faire confiance ?
Killer hocha la tête.
-Et tu sais que nous vous entrainons à maitriser au moins les bases des formes de haki ?
Nouveau hochement de tête.
-Alors pourquoi ne nous parles-tu pas…De tes dons ?
Killer se crispa.
-Vous avez remarqué ?
Jimbei hocha doucement la tête.
-Eh bien tu as fait très forte impression à Izou, et c'est un sacré compliment, il en faut beaucoup pour l'impressionner. Il m'a dit que tu avais esquivé des balles comme d'un rien.
Killer resta silencieux, mais ses poings étaient serrés. Jimbei le remarqua.
-pourquoi sembles-tu si en colère ? Je t'assure que nous n'allons rien te faire pour ça. Nous voulons simplement t'aider. Et te dire que tu as beaucoup d'avenir.
Killer cessa soudain de serrer les bras.
-Vraiment ? chuchota-t-il.
-Bien sûr ! Qu'un enfant de 7 ans ait une si haute maitrise du haki de l'observation…C'est vraiment prodigieux !
Killer resta une seconde silencieux, avant de marmonner :
-O-Oh.
-Un souci ?
-je…Je maitrise pas le ha…
Soudain le sens de l'observation de Jimbei le fit se retourner pour voir les mannequins de Kidd et de Law sans personne devant eux.
Bon sang, depuis quand un art aussi ancestral et difficile à maitriser que le haki servait désormais surtout à jouer les babysitters ?
Et quand il se redressa, il poussa un petit couinement.
Marco s'était installé loin, à l'autre bout du pont, près de la figure de proue, sur une chaise longue, en train de profiter du soleil.
Et les mômes s'approchaient dangereusement.
-Et m…Je reviens Killer.
Jimbé laissa le petit blond et s'approcha au pas de course des deux dangers. Ceux-ci étaient en train de converser.
-ok, dit kidd, en gros, tu veux que j'aille lui piquer de l'adéeïn ou un truc comme ça, pour que tu puisses l'étudier ?
-C'est ça. Il a un fruit extraordinaire. Je veux pouvoir l'étudier. Il semble pouvoir ne pas subir de grands dégâts, donc ça lui fera pas grand-chose, un bout de peau en moins. Et puis, Ellie me dit que j'ai le droit t'embêter Marco.
Le pire, c'est que Law semblait sincèrement soucieux de ne pas nuire au commandant. Jimbé secoua la tête, sidéré. Kidd, lui, semblait réfléchir. Ca ferait chier quelqu'un, et c'est toujours un bonus, d'accord…Mais quand même…
-Et pourquoi, t'y vas pas, toi ?
Law fit une courte pause où il sembla perturbé. A ce qu'avait entendu dire Jimbé de la bouche d'oz, Law et Marco avait eu une inimitié ou en tout cas un problème sur Dressrosa, mais loyal, le diamant n'avait pas expliqué plus en détail et avait seulement dit que c'était réglé.
-Heu…parce que tu es doué. Sacrément doué. Tu as plus de chances de réussite que moi.
Les yeux de Kidd s'illuminèrent et tout possibilité de réflexion s'envola.
-Ouais, t'as raison. J'y vais.
Jimbé intervint à temps, et par une prise du karaté des hommes poissons, et après avoir évalué les distances, il posa lourdement son pied sur une des planches de l'immense pont.
Aussitôt, à l'autre bout de la planche, les deux gamins volèrent avec un petit cris de surprise.
Marco se redressa, se retourna, et ne croisa que Jimbé qui li fit un signe de la main. Marco marqua une demi-seconde de pause, y répondit, et retourna à sa sieste.
Jimbé, lui, réceptionna un peu plus loin les deux garçons, sous l'œil morne des pirates qui flânaient sur le pont et s'en alla loin, très loin de Marco. Quand Kidd commença à hurler, il mit sa main, qui bloquait environ les trois quarts de son visage. Le garçon essayait bien de mordiller mais la peau d 'un homme-poisson était si dur qu'il ne sentait rien.
Curiel s'approcha de soudain, et se mit à lui chuchoter à l'oreille.
-Pss, tu m'aides à obtenir le fruit de Kidd et je te donne une de mes plus bels armes.
Jimbé lui lança un regard noir.
-Quoi ? Je veux pas le tuer ! J'suis sûr qu'il y a un moyen de sortir son fruit sans lui faire de mal ! J'ai aprlé avec un gars vaudou lors d'une de nos escales.
-Je peux participer ? Demanda Law.
Jimbé soupira. Entre les pirates et les sales gosses, il ne savait plus qui était le plus dur à babysitter. Il comprenait soudain pourquoi Marco avait besoin de vacances.
-Vous avez remarqué, dit Sabo, en ce moment, on fait que des fêtes, des banquets…
-Ca te gêne ? demanda Ace, sarcastique.
-non. Je remarque, c'est tout.
-Et puis, elles savent faire la fête, ces filles ! Dit Ace.
Il en oubliait la fin de conversation avec Haruta. C'était très amusant. La plupart des jeux des amazones comportait du catch, de la bière (même si Tania avait interdit qu'ils s'en approchent), et des concours de tir. Au final, les femmes étaient des hommes comme les autres, et puis c'était le 18eme siècle, après tout… Et puis il réussissait tous ces tirs de flammes, ça aidait.
Sabo, lui, après plusieurs pièces de viandes, s'était rapproché de l'orchestre. Il trouva là, seule sur un banc, Haruta, qui regardait sa bière, morose. Et parfois, elle jetait un coup d'œil à Tania qui était sur un balcon, à l'écart, derrière une porte ouverte, lisant tranquillement le journal.
-Vous vous amusez ?
Haruta leva la tête, déjà énervée, avant de voir que c'était sabo, et se laissa retomber mollement sur la table.
-Bof. Et arrête de me vouvoyez, j'ai l'impression d'être ta grand-mère.
Sabo s'assied à côté d'elle. Il avait emporté une pièce de viande et l'engloutit en quelques secondes. Haruta le regarda avec fascination (et un peu de jalousie : elle n'arrivait pas à engloutir aussi vite la nourritude).
-pas de doute, vous êtes biens frangins, tous les trois. Ca doit être dans les gênes, cet amour de la bouffe.
Sabo ne put s'empêcher de rire une seconde.
-Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
-Oh rien. En fait…Ca fait plaisir à entendre.
-Ah ? Marmonna Haruta en levant un sourcil. Bah heu…Tant mieux…Faut que bien que certains soient content de leur famille.
Elle jeta encore un coup d'œil vers sa mère.
-Ca se voit que tu veux aller lui parler, déclara Sabo.
-Ah ouais ?
-Et ouais. Et moi je pense que tu devrais.
-Ah oui ?
Haruta ricana.
-A quel moment je suis tombé assez bas pour recevoir des leçons de vie d'un gosse de 10 ans ?
-Et je dirais entre le moment où tu as gagné ton titre de commandante farceuse et entre celui où tu t'es enfermé dans ta chambre en hurlant comme une gamine.
Haruta leva un doigt, avant de marquer une pause.
-Saloperie de gamin avec de la répartie, grogna-t-elle.
Sabo regarda le reste de la salle, songeur. Ace frimait en gagnant les concours de tir, et Luffy, aussi rond qu'un ballon en baudruche, faisait rire les Amazones qui s'amusaient à se le faire passer.
-Moi ma mère m'a jamais assez aimé pour me laisser partir, dit-il, songeur.
-Hein ?
Haruta avait levé la tête, moins hostile qu'étonnée. Sabo, lui remettait son chapeau en fixant la table.
-C'était pas non plus une assez bonne mère pour me regretter une fois que je me suis enfui ….Et mon père était pas mieux. La première chose qu'ils ont fait, c'est adopter un abruti docile et méprisant pour en faire un héritier parfait au cas où je reviendrais pas.
Il resta une seconde silencieux, avant de retrouver sa bonne humeur.
-Les parents, hein ? Dit-il pour plaisanter. Enfin, je suis qui pour te dire quoi faire, après tout ? C'est juste ce que je pense.
Haruta regarda ce garçon courageux qui semblait de haute naissance et avoir totalement renié ses privilèges par gout de la liberté, et elle eut un sourire doux.
-Ouais.
-Alors tu vas parler à te mère ?
-Aha aha !Non.
Haruta finit sa pinte et Sabo, les sourcils froncés, réfléchit une seconde.
-Et si on faisait un pari ?
L'œil d'Haruta brilla. Les paris, elle aimait ça presque autant que les farces.
-Si je gagne, continua Sabo, tu vas aller parler à tania. Si je perds…Heu…
-Tu devras me servir de cobaye pour mes prochaines expérimentations de farce, compléta Haruta avec un sourire diabolique.
Sabo déglutit. C'était qu'elle ferait peur. Il voulait vraiment les aider à se réconcilier, mais il ne savait qu'il risquait de perdre autant. C'était que s'il avait totalement renié le pédant et le côté hautain de son ancien rang, il avait appris à apprécier sa dignité. C'était qu'on s'y attachait, à ce genre de choses.
Mais bon…tout était plus facile quand on était intelligent et que notre ennemi était persuadé d'avoir l'avantage.
-Ok ! dit sabo très vite. Je choisis le pari…
-Quoi ?! Non ! Ca doit être quelqu'un d'extérieur.
-Ok. Dit sabo tout aussi vite. Eh, Luffy !
Luffy, qui était en train d'apprendre le saké de binks à plusieurs jeunes femmes se tourna vers son frère.
-Que….Non ! S'indigna Haruta. Il répétera ce que tu voudras !
-Alors il ne faut pas prendre une amazone qui t'aime bien. Sinon ce sera pareil avec toi, argumenta le blond.
Haruta, qui commençait un peu à regretter le défi, dit oui d'une voix d'outre tombe. Sabo se tourna vers la blonde qui avait demandé à ce qu'on exclue haruta de l'île.
-Eh, on fait un défi, tu peux en proposer un ?
-Ok !
-Tu as une idée de défi ?
-Heu…
-Moi j'en ai une ! Déclara Luffy.
-Non ! S'écria Haruta, au bord du désespoir.
L'amazone blonde, en voyant haruta ainsi, se pencha vers Luffy :
-Oui, p'tit gars ? tu proposes quoi ?
10 minutes plus tard, Sabo regardait avec satisfaction Haruta s'avancer vers sa mère, et lui demander de parler quelques instants.
Sabo, à force de côtoyer Luffy et de lire des livres, avait une avance considérable pour nommer une dizaine de types de scarabées.
L'air de Tania sembla réellement surpris, ce qui voulait dire beaucoup avec elle, mais elle hocha la tête, et toutes deux s'en allèrent vers une pièce fermée à l'étage. Haruta, qui y était d'abord allé en trainant les pieds, puis l'air affreusement apeuré, descendit une heure plus tard l'air incroyablement soulagé. Elle avait également les mains pleines d'un gâteau. Elle s'approcha de Sabo, et lui remit la pâtisserie.
-Heu…Ok ?
-C'est pour te remercier, dit Haruta.
Sabo sourit de toutes ses dents.
-Oh c'est ri…
-Et ça…
Haruta siffla et désigna sabo :
-Il a piqué la dernière pâtisserie ! Hurla-t-elle à la Cantonnade.
Aussitôt, des dizaines d'Amazone foncèrent sur sabo alros que celui-ci se mit à crier. Ace et Luffy allèrent lui prêter main forte mais ils arrivèrent trop tard pour empêcher une d'entre elle de plaquer leur frère comme un vulgaire ballon de rugby.
-C'est parce que j'aime pas qu'on joue au plus malin avec moi ! Cria Haruta en se tordant de rire.
Tania fumait sa centième cigarette de la journée au balcon de la bibliothèque quand elle entendit une porte claquer. Elle se retourna doucement, pas vraiment inquiète.
Pour Ace qui avait voulu faire une entrée fracassante, c'était raté.
-La femme squelette, murmura-t-il, comme s'il faisait enfin face à son plus lointain ennemi.
-Tania.
-Hein ?
-Je m'appelle Tania. Sabo n'a pas du te le dire.
-squelette Tania, dit Ace en reprenant son ton dramatique. Il est temps que…
-Tu t'es bien amusé ?
-Ah oui, carrément, y'avait pleins de jeux supers et…Mais arrête de me couper mon effet !
Il se racla la gorge.
-rah, j'arrive plus à reprendre le ton !
Il pointa son doigt vers la cheffe.
-Mais tu sais très bien pourquoi je suis là !
-Pourquoi ?
-Tu sais bien ! pour…Pour me parler…
Ace fit une pause. Non, il ne pouvait pas avoir de boule dans la gorge maintenant.
-Pour…Pour me parler de ma…De Rouge.
Tania le considéra en gardant le silence, mais ce fut trop pour Ace :
-Et ça suffit vos grands airs, vos regards qui durent trois plombes, et vos réponses énigmatiques à la con ! Vous allez me dire ce que vous savez d'elle, comment vous l'avez connu, et comment vous avez su que c'était ma…Ma mère.
Ace avait la voix étranglé. C'était la première fois de sa vie qu'il parlait de sa mère, la première fois qu'il évoquait même le fait d'avoir une mère.
Tania lui désigna la chaise à côté de lui :
-Viens t'asseoir, je vais te dire tout ce que tu sais.
Ace s'assied lentement, le cœur battant très fort. Il avait tant voulu des réponses et maintenant il avait très peur de ce qu'il allait entendre. Il regardait ses pieds.
-Tania leva les yeux vers l'horizon, rêveuse.
-Par où commencer…Que sais-tu d'elle ?
Ace fronça les sourcils.
-Heu….juste ce que mon grand-père m'a raconté. Qu'elle était très belle, et très gentille. Que j'ai ses taches de rousseur et heu…C'est tout.
Ace se sentit honteux de ne pas en savoir plus, mais tania reprit, sans faire de commentaire.
-Belle, ça oui, elle l'était. Et douce, absolument. Mais elle avait aussi du caractère. Il en fallait, pour aller sur les mers.
-Quoi, c'était une…Une pirate ? dit Ace, incrédule.
-Pas du tout. D'ailleurs elle savait à peine se battre. Tu crois que c'est la seule façon d'arpenter les mers ?
Ace rougit un peu, mais il était interloqué. Il fallait savoir se battre un minimum pour voyager sur Grand Line.
-elle était peintre, dit Tania. Aquarelliste. Elle peignait avec une précision, avec une émotion… Mais elle s'est vite ennuyée de peindre la même chose sur east blue. Elle voulait des couleurs et des formes, des gens et des îles qu'on ne trouvent que sur Grand line.
-Mais elle était folle ! S'écria Ace.
Il se mit à rougit furieusement.
-Heu je veux dire…
Mais Tania secoua la tête :
-non, elle devait l'être définitivement. Mais elle trouva un jour un capitaine qui parait d'East blue qui était assez fou lui aussi pour l'embarquer…Et pour la protéger peut importe le danger.
-Roger ? Murmura Ace après un long moment.
L'Amazone hocha la tête. Ace poussa un « tss ».
-On dirait que tu ne l'apprécies pas autant que Rouge. Les as-tu connu ?
-non, dit Ace. Mais c'était un sale type. Vous en pensiez quoi ?
Tania tira une taffe.
-C'était un des hommes les plus forts et les plus fascinants que j'ai vu. Un homme extraordinaire. Et il en faut beaucoup pour m'impressionner.
Ace grogna. Puis il réalisa.
-Attendez…Vous…Vous n'étiez pas sur son navire, quand même ?
Elle écarta les lèvres :
-Je ne t'ai pas dit que j'avais pris la mer, il y a longtemps ? Et tu crois que je me serais embarqué sur le premier navire de pacotille qui passerait ?
Ace cligna des yeux.
-vous étiez pirate ?
-Je suppose. Je n'ai jamais voulu être pirate. J'ai simplement voulu visiter le monde.
-Wahou, dit Ace.
-Certes.
Seconde de silence. Puis il blanchit.
-Attendez, vous allez pas me dire qu'Haruta…
-Ce n'est absolument pas son père et nous n'avons jamais eu aucune attirance d'aucune sorte.
Ace poussa un immense soupir. Puis il réfléchit encore :
-D'accord, mais comment vous avez su que c'était ma mère ?
Tania le regarda avec douceur et pour la première fois, ace la vie faire un vraie sourire, par un écartement du visage pénible à regarder.
-Parce que tu lui ressembles beaucoup, tout simplement.
Ace resta figé un instant, puis un immense sourire se posa sur son visage.
-C'est cool !
Tania hocha la tête en voyant ce changement.
-Tu veux que je te parle de quelques une de nos aventures avec ta mère ?
-Carrément !
Il était très tard quand Tania finit de raconter plusieurs anecdotes, et les bruits de la fête s'était estompé. Ace commençait à somnoler sur sa chaise.
-Je crois qu'il est temps que tu ailles te coucher.
Ace voulut dire non, mais bailla à la place.
-ok…
Il se leva et s'étira.
-Tu sais, Ace, dit Tania, tu n'as peut-être jamais connu Rouge, et pourtant, tu peux croire qu'elle n'a jamais aimé personne plus que toi.
-ouais, dit Ace, pas convaincu.
-On ne garde pas un enfant deux ans dans son ventre pour rien.
-Quoi ? S'exclama Ace.
-Comment crois-tu que la marine ne t'ai jamais retrouvé ? Grâce à Roger ? Grâce à la magnimité des hauts gradés ? non. Parce qu'elle a décidé qu'elle donnerait sa vie pour toi. Elle t'a empêché de sortir pendant 2 ans de son ventre, pour brouiller les pistes.
Tania regarda les étoiles du ciel.
-Roger était l'homme le plus fort du monde, mais seule une mère a autant de puissance et de courage.
Ace resta hébété, sans bouger, bouche bé. Puis il sentit les larmes commencer à tomber. Tania eut un sourire plein de compassion.
-Tu n'as pas eu un départ dans la vie facile, ni juste. Car ne tu n'as sans doute pas mérité ce qu'on t'as fait subir.
Ace baissa les yeux.
-Mais tu as trouvé tellement plus que la haine. Tu as trouvé une famille. Ton grand-père. Tes frères.
Ace hocha la tête. Et il songea à Dadan. Elle avait été froide, parfois cruelle, en lui rappelant qu'il était l'engeance du démon. Et pourtant, dès qu'il avait été en danger, elle avait été là, à s'abattre sans pitié sur celui qui lui voulait du mal. Elle râlait quand il rentrait, elle disait que les frères devraient dégager de chez elle, mais après avoir construit leur cabane, elle pleurait s'ils ne revenaient pas au moins une fois par semaine la voir. Et pour la première fois, il eut envie de rentrer à East blue à un moment. Il avait très envie d'aller parler à Dadan.
La cheffe eut un sourire un peu moqueur.
-Et même les nouveaux amis de ma fille. Elle m'a assuré qu'ils étaient bien destinés à veiller sur vous.
Ace se raidit en entendant cela.
-Vous savez que si Barbe-blanche apprend qui je suis…
-Que va-t-il faire ? Te donner un traitement de faveur ? Te faire exécuter ? Ou tout simplement considérer que tu n'es pas ton père et que tu mérites d'être traité comme tout le monde ?
Elle se pencha en avant :
-J'ai connu cet homme. Roger était l'homme le plus extraordinaire que j'ai connu Edward Newgate était le plus admirable. Et il choisira la troisième option.
Ace la regarda, perdu, et pourtant, pourtant, commençant à croire à cette parole.
-Tout ira bien pour toi, je pense Portgas D Ace.
Ace écarquilla les yeux. Il n'avait jamais été qu'Ace jusque là. Bien sûr, on avait jamais utilisé son nom de famille. C'était la première fois qu'on l'appelait comme ça. Et ça sonnait…bien. Juste, après tous les sacrifices que Rouge avait fait. Pour la première fois, Ace était fier de porter un nom.
Ce fut à ce moment là qu'il craqua et fondit en larme comme il n'avait jamais fondu en larmes.
Et qu'il se retrouva à coller le flanc maigre de Tania qui le pressait contre lui. Ace sentait les os, la chair transparente, les bras maigres l'enserrer comme des barreaux.
Et pourtant, c'était le câlin le plus réconfortant qu'il avait eu depuis longtemps.
Peut-être parce qu'Ace n'arrivait pas à se souvenir d'une fois où un adulte l'avait pris dans ses bras.
Le lendemain, Haruta, Ace, Sabo et Luffy, s'apprêtait à partir. Dans la cité des amazones, on leur serrait les mains, on agitait des mouchoirs. Luffy agitait les bras :
-Salut à toutes ! Vous êtes super ! on refera la fête, un jour !
Tania s'approcha d'eux et leur caressa la tête :
-Au revoir à tous les trois. Mon île vous sera toujours ouverte, si, dans quelques années, après être devenu pirates, vous souhaitez revenir.
-Merci, Tania, murmura Sabo.
-Et merci pour le scarabée ! Cria Luffy. Je l'ai appelé scarby !
Il sortit de sa poche un petit insecte noire, qui, curieusement, ne cherchait pas à fuir.
Ace, lui, ne dirait rien devant les autres, mais savait que Tania savait à quel point il était reconnaissant. Elle fit un pas en arrière.
-soyons bons envers vous vous-même, et envers votre fratrie. Votre plus grand trésor est là.
Haruta s'arrêta devant Tania. Elle semblait plus timide et pourtant plus proche de sa mère.
-Bon, bah, salut.
-Bien sûr. Ca m'a vraiment fait plaisir de voir que tu allais bien.
Haruta eut un rire un peu jaune.
-Tu vois que je peux prendre soin de moi.
-Je n'en ai jamais douté. Tu es ma fille.
Haruta redressa la tête et se gratta la tignasse.
-Je…Je reviendrais te voir. A l'occasion. Enfin, si ça gène personne…
-Je ne crois pas, dit Tania en se tournant vers ses amazones.
Celles-ci, blanches de peur, secouèrent la tete. Haruta, aux anges, leur fit une grimace.
Puis passa à un air de stupeur pur quand Tania pencha sa maigreur vers elle pour la prendre dans ses bras. Haruta ne bougea pas. De loin, c'était comique, cette grande carcasse plié en deux pour atteindre cette jeune fille minuscule aux allures d'adolescente. De près, on voyait leur expression se détendre et c'était incroyablement réconfortants.
Puis au bout d'un moment, Tania se déplia, et Haruta, murmura, la voix étranglée…
-Au revoir, maman.
Puis elle se racla la gorge, et rouge, elle courut vers la forêt :
-bonoksalutonvapass'éternisernonplusvousvenezlesgars !
-Salut ! Cria encore Luffy avant de partir la rejoindre avec ses deux frères.
-Ehé, on dirait que quelqu'un est toute rouge, dit Ace, en pointant du doigt Haruta.
-La ferme, crétin ! Moi, au moins, j'ai pas un teint de drap sale.
-Quoi ?!
Le chemin du retour se fit presque sans accident. Mais sur la fin, Haruta arrêta les garçons, et sortit son épée.
-Y'a un truc qui arrive, dit-elle.
Luffy regarda de tous les côtés, curieux, avant de pousser un petit cri. En levant la tête, il tomba, sur un tigre haut de plusieurs mètres qui les fixaient en se léchant les babines.
-Ok, restez derrière, dit Haruta, je vais m'en char…
-Chargez ! Hurla Ace.
Et les trois frères s'en allèrent castagner du tigre.
-Oh et pourquoi je me fatigue, marmonna Haruta.
Elle fonça également sur le tigre.
-Chargeezzz !
Elle piqua la vedette aux enfants (elle a triché, dira Ace), en mettant le tigre chaos en deux coup de sabre. Celui-ci s'écroula. Elle allait l'achever, quand elle sentait une main retenir son bras.
-Arrête ! Hurla Ace.
Elle le regarda, perplexe.
-quoi ?
-Elle…
Il se mit à rougir, puis désigna d'un doigt tremblant l'arrière du tigre.
Luffy écarquilla les yeux.
-Des bébés tigres ! Trops mignons !
Ils faisaient tout de même la taille de Luffy, mais devant l'attaque, ils s'étaient recroquevillés entre eux.
-C'est une mère, dit Sabo. Elle devait défendre son territoire.
-super émouvant, dit Haruta. Faisons nous tous boulotter pour permettre aux mamans de sauver leur petits futur tueurs.
Mais elle avait le ton qui tremblait aussi. Elle rangea son épée.
-Je suppose que je l'ai déjà calmé…
-On l'a calmé, précisa Sabo.
-Oh la ferme.
Ils se remirent en route. Sabo regarda Ace en riant.
-Oh, on dirait que quelqu'un est tout rouge.
-t….T 'as dit quoi ?
-tout rouge ! Tout rouge ! Dirent en cœur Haruta, Sabo, et Luffy, qui ne comprenait pas trop mais qui aimait bien cet unisson.
Finalement, la plus grosse difficulté du voyage du retour ce fut de faire en sorte qu'Ace ne les flambe pas.
Tatch était en train de prendre un bon bol d'air frais après avoir donné les directives pour les petits-déjeuners quand il vit Marco s'approcher de lui.
-Tu as l'air reposé, dit-il.
-Effectivement. La journée d'hier m'a fait un bien fou.
Il sourit à son frère :
-Merci de m'avoir caché la fugue d'Ace, Sabo et Luffy.
Tatch se figea.
-Depuis combien de temps ?
-Oh, pratiquement le début, dit Marco. Honnêtement, je m'en veux de ne pas avoir compris dès que Vista se soit mis à jouer les gardiens devant ma porte.
Il donna une tape sur l'épaule de tatch :
-Je ne suis même pas en colère. Reconnaissant. De toute façon, Haruta était celle qui pouvait le mieux gérer la prochaine île.
Tatch se mit souffler du nez, puis à rire de bon cœur.
-Et moi qui pensais qu'on t'avais nommé premier commandant simplement à cause de ton fruit du démon de frimeur !
-non. Aussi pour mon magnifique sens de la mode, dit Marco en s'accoudant au bastingage.
Tatch fit de même, et ensemble, ils observèrent l'horizon. Puis Tatch se racla la gorge :
-alors…Tu…tu te sens enfin prêt à nous dire ?
-Dire quoi ?
-Tu sais très bien. Ce qui s'est passé il y a un an.
Le regard de Marco se rembrunit une seconde. Tatch s'alarma :
-Pa…Pas à tout le monde, hein ! Mais…Peut-être juste à Oz, ou à ton second, ou…ou à moi. Tu sais que…
Tatch se gratta le visage.
-Bah que t'es pas que mon frère, t'es aussi mon meilleur ami ?
-Je sais, dit doucement Marco en retrouvant son sourire.J'ai…encore besoin de temps. Encore un peu. Bientôt, promis.
-Oh, quand tu veux ! Je..Je suis content que tu nous fasses confiance.
-T'es mon meilleur ami aussi, dit Marco.
-Oh mon dieu, bientôt on va se mettre à pleurer dans les bras de l'autre, rigola Tatch.
-Je pense qu'on va pleurer, mais pour une autre raison.
-Hein ?
Marco pointa du doigt une forme à l'horizon.
-Ils arrivent.
Le retour des mômes fut un mélange de soulagement et de cris de purs désespoirs. On fit cercle autour d'eux pour entendre leur aventure.
-Elles sont comment, les Amazones ? Demanda Law.
Les trois frères ayant 10 et 7 ans (et demi), ils répondirent :
-Très sympa, dit Sabo.
-Trop marrantes !, sourit Luffy.
-Hyper bonnes combattantes, conclut ace.
-Vous les avez affrontez ?
-Evidemment !
-Oh la chance ! Rala Kidd.
A côté, Haruta, aux anges, se faisait remettre une médaille par ses frères et sœurs « j'ai survécu à une journée seule avec les sales gosses »
-Je suis si fière d'être sous vos ordres ! Déclara un pirate, ému aux larmes.
-Je sais, je sais, dit haruta.
Son air de pur coulissitude fut un peu gâché par Marco qui lui ébouriffa les cheveux.
-Bien joué. Et Merci…
-Mrfe…
Haruta voulait s'énerver d'une telle attitude devant ses hommes, mais elle se sentait beaucoup trop fière d'avoir pu aider son frère.
-Ca c'est ma fille, déclara Barbe-Blanche sur sa chaise.
-Alors, c'était enrichissant, votre balade ? Dit Joz aux enfants.
On aurait dit qu'il demandait à ses enfants revenus d'une sortie scolaire comment ça s'était passé.
-Carrément, dit ace.
Très enrichissant, oui, pensa-t-il.
-on a rencontré une fille trop cool ! Cria Luffy ! On aurait dit un squelette et elle faisait flipper et elle nous faisait des câlins et elle m'a donné plein de viande et un scarabée ! Je l'ai appelé Scarby !
Il sortit de sa poche le scarabée qui semblait minauder de voir tant de regard tourner vers lui.
Luffy le tourna vers Marco :
-Il est beau, hein, Marco ?
-Très beau, Lu'. Je sais pas si la mer est le meilleur endroit pour lui, mais il a l'air de bien tenir. On pourra lui faire un petit espace vert.
Marco lui caressa les cheveux en disant cela.
-Shi shi shi ! Merci ! C'est trop sympa !
Haruta, elle, s'étranglait. Elle rêvait ou elle était traité comme Luffy ?
Soudain un commandant fendit la foule :
-copain ! Hurla Tatch.
Luffy sauta dans ses bras :
-Copain ! Tu as fait de la viande ?
-Oh oui, tout plein, pour le diner !
-Et le pain ?
-On le fait ensemble, comme d'habitude.
-Je sais pas si je valide cette amitié, dit Sabo, en riant à moitié. Il ne va lui apprendre qu'à être encore plus morphale.
-Moi je valide pas du tout, dit Ace.
Puis il regarda un instant le sol, et déclara :
-en tout cas…heu…Heu…
Sabo se tourna lentement vers lui, incrédule. Non, il n'allait pas…
Mais Ace s'inclina d'un coup :
-Merci de nous accueillir, en tout cas !
Il avait hurlé ça, rouge braise, yeux fermés.
La quasi entièreté du navire tomba à la renverse devant une attitude si inattendue.
On raconte qu'on entendit un » boum » à des lieux à la ronde.
-C'est adorable ! Dit un pirate.
-Cela étant, le prochain qui dit que je suis adorable, je lui éclate els dents, prévint Ace.
La moitié de l'équipage fit gloups. Et finalement, se dispersèrent étrangement. Seuls restèrent quelques commandants.
-Décidemment, ça a été très bénéfique, ce voyage, dit marco en croisant les bras.
-Yep.
Ace mit les mains sur ses hanches.
-on se rend compte que le Nouveau-Monde n'est pas un jardin d'enfant, mais si on reste tous les trois, tout se passera bien. L'ASL devenant pirate.
-Je vais devenir révolutionnaire, fit une voix timide.
-Ensemble, contre le monde entier, affirma Ace, étrangement ouvert, après la journée d'hier.
-Ace, je vais devenir révolutionnaire. Pas pirate.
-Vous verrez que vous craindrez l'équipage ASL.
-Ace, tu m'écoutes ?
-Vous verrez que…
-Ace ! Fit Luffy d'une voix paniquée.
Ace se réveilla.
Il y eut une grand silence, puis Ace se tourna vers Sabo.
-…Quoi ? Murmura-t-il d'une voix de souris.
5 jours plus tot.
-Ca c'était de la bringue, murmura Shanks, le ton extatique.
Il se tenait au centre du pont, les mains sur les hanches. Il venait de se réveiller, et s'était levé de là où il avait dormi.
Des bouteilles d'alcool parsemaient le sol, mêlées à des restes de plat, des armes, des morceaux de papier toilettes, un tube de dentifrice, une chèvre, et des dizaines de corps de pirates et de marines qui dormaient en chien de fusil. Le mat qui venait d'être réparé était criblé d'impact de balles, de sabres, et semblait déjà envisager la chute à nouveau.
Shanks était torse nu, portait un bandeau au front pour soigner l'hémorragie qu'il avait subi hier pour une sombre histoire de tir de boulet de canon manqué. Il avait sa chemise taché de plusieurs nuances de verts et son pantalon était intact, supposait-il, puisqu'il n'en avait pas. Il souriait de toutes ses dents, observa le chaos environnant, et hocha furieusement la tête.
-De la sacré bringue, confirma-t-il. Et je m'y connais.
Il inspira un bon bol d'air frais (tout de même dérangé par un vague relan de saké, de vomi, et de chaussettes trouées se dispersant dans l'air) se dit qu'il commençait à avoir froid au bas du dos, et se demanda s'il restait des rescapés. Il tapota du pied la grosse bedaine à ses côtés, qui pensait être à Lucky Roo. Celui-ci grogna et se retourna. Shanks se dit qu'il avait besoin de remettre de l'ordre dans ce foutoir et fit ce qu'il savait faire de mieux dans ces cas là.
-Beeeen !
Ben apparut devant lui après à peine une demi minute d'attente, avec un café, une clope allumée, et un pantalon neuf dans les bras. On pourrait croire que Ben entendait les appels à l'aide de son capitaine adoré, sa voix entre toutes, mais en réalité, il s'était sorti du cirage, avec une gueule du bois du tonnerre, avachi contre une table du réfectoire à peine 20 minutes plus tôt et avait du utiliser le quart de son paquet actuel de clopes pour reprendre ses esprits.
Mais Ben était très doué pour avoir l'air cool.
Il tendit le pantalon à Shanks. Shanks allait prendre le café, mais Ben le mot hors de portée.
-Habille-toi d'abord.
Ben avait un peu baissé les yeux avant de les remonter. Ben était un pirate gentleman. Shanks s'habilla, s'étira, et pris la tasse.
-Alors, les nouvelles ?
-oh les recrues sont bonnes pour récurer pendant 20 ans, le mat va surement céder dans les heures qui vont suivre, nous avons pactisé avec la marine pour faire la fête, tu as été défroqué pour un temps indéterminé, et il n'y a plus une seule goutte d'alcool.
-Ah zut. Enfin, on s'est bien marré, hein ?
-Nous avons fait la fête pendant trois jours, Shanks.
-ouais, c'était cool.
Shanks fronça les yeux.
-J'arrive pas à croire que quelqu'un m'ait vaincu à un concours de boissons…Qui c'est qui m'a ratatiné en finale ? Me rappelle plus…
A cet instant, le second du vice-amiral Garp sauta du mat en liane (qui n'était pas là avant), atterrit à l'autre bout du pont, coiffé de plusieurs plumes dans ses cheveux et armée de deux sabres.
-ahaha ! Sus à l'ennemi !
Sur ce, il s'en alla courir vaincre des ennemis imaginaires. Shanks et Ben le suivirent du regard, intrigué.
-Non mais là il est pas bourré, il est juste stone, dit Ben.
-Il a un nom, ce garçon ? Marmonna Shanks.
Ben haussa les épaules, ignorant, avant de toussoter.
-Avec tout ça, on a complètement perdu la trace de la Moby dick.
-Quoi ? Mais on devraait déjà y être !
-on a fait la fête pendant trois jours, Shanks.
-Oui, bon. Rah. Ils ont pris de l'avance !
-Tu te crois à une course ?
Sans répondre, Shanks tourna la tête de tous les côtés.
- Où est Garp ? C'était bien sympa, mais on doit s'en aller, nous.
-Je crois qu'il s'est évanoui dans la cabine du capitaine.
-Quoi ?! mais c'est moi, le capitaine ! Et pourquoi c'est pas moi qui me suit évanoui dans la cabine du capitaine ?
-Parce que Garp t'as poussé de ton lit et que tu en as profité pour aller picoler.
Shanks se frotta les yeux.
-J'ai trop mal au crâne pour m'indigner ou trouver une réplique intelligente. De toute façon tu en trouverais surement une mieux que moi. Viens, on va le virer.
Sur ce, les deux amis se dirigèrent vers la cabine du capitaine. Ben avait ramassa au passage un autre café pour lui, et fumait et buvait de manière alternative.
Shanks s'arrêta devant sa porte.
-On frappe ? non, parce que je vais le virer, et c'est un sacré ennemi, mais bon, on a quand même bu ensemble un petit moment, et puis c'est le grand-père de Luffy, et je voudrais p as qu'il pense que j'ai pas de respect, quoi, et p…
D'un grand coup de pied, Ben ouvrit de lui-même la porte dans un grand fracas et sembla un instant hésiter pour tomber sur le sol.
-Et puis bon je tiens à ma porte, quoi, marmonna avant d'entrer.
Mais lui et son second se figèrent en voyant Garp, le grand vice-amiral de la marine, un des seuls hommes à avoir affronter Roger et être encore vivant pour en parler, Garp un des rares à avoir gagné le respect du roi des pirates, un des seuls à avoir effrayé Shanks quand il était petit( mais il faudrait beaucoup d'alcool pour qu'il l'admette), Garp en train de pleurer doucement sur le lit de Shanks, tout en mangeant des senbei, ne se souciant pas des miettes.
Ben et Shanks se regardèrent.
Ben, bien sûr, voulut s'en aller. Ce n'était pas qu'il n'avait pas bon cœur, mais un capitaine marine censé être leur ennemi qui faisait la fête avec eux et qui ensuite devait être consolé, ça commençait à faire beaucoup et à dépasser ses propres compétences.
Mais Shanks avait bon cœur, évidemment. Shanks, bien sûr, pouvait décapiter un ennemi qui aurait fait du mal à son équipage, et demander à un autre rival comment si son chien allait mieux ou s'il avait téléphoné à sa mère, ce mois-ci.
Aussi, Shanks appela :
-Heu…Ca va ?
Garp sursauta, s'étouffa avec un senbei, se retourna, et poussa un hurlement, les yeux sortant de ses orbites, en voyant les deux pirates l'observer. Il se redressa.
-Je pleurais pas !
Puis, soudain en colère, écrasant son sac de senbei :
-Vous n'avez pas vu ça !
-Hein ? Oh non ! dit Shanks.
-Absolument pas, dit Ben.
-Je sais même plus ce qu'on faisait là.
-On devrait partir. Mais quand même…
-Avec tout le respect…
-On voudrait quand même savoir…
-Enfin ce qui vous chagrine, quoi…
Garp resta hébété, la bouche pleine de miette, avant de repartir pleurer :
-Bouaha ha ha ! Mes sales gosses me manquent !
-Luffy et les deux autres ? Demanda Shanks.
-Ouiiii ! oinn ! Ils sont perdus et je sais même pas où ils sont ! Je suis un mauvais grand-père !
-Oh mais allons quand même, dit Shanks un peu maladroitement.
-Siii ! Cria Garp en tombant à genoux et en cherchant à tâtons le sac de gâteaux écrasés.
Il se remit à grignoter, la tête en arrière pour verser ses torrents de larmes.
-Beu heu heu ! Mon p'tit Luffy est trop innocent et trop bête, il va s'attirer des ennuis ! Et Sabo, ce sale insolent, il était de la famille, je le frappais avec le même amour que les deux autres ! Et Ace, ce garnement, moi qui avais promis à…
Il s'arrêta tout à coup de parler.
-Promis quoi à qui ? murmura Shanks, soudain mortellement sérieux, l'espace d'une seconde.
Mais Garp se redressa :
-Ca te regarde pas morveux !
Mais il repartit bien vite chouiner.
-Bou hou hou ! Mes petits chéris ! J'ai pas pu les protéger ! ils ont pris la mer et ont surement croisé la route de sales pirates qui leur ont fait du mal, les ont tué, ou pire, leur ont proposé de rejoindre leur équipage !
Ben leva un sourcil devant le sens des priorités de Garp. Il jeta un regard vers Shanks pour lui jeter un regard entendu mais il vit qu'il avait les larmes aux yeux et qu'il écoutait, mains jointes, Garp parler de ses petits enfants.
-Et maintenant je peux plus les frapper avec mes poings de l'amour, ou les faire éduquer par des bandits pour les endurcir …Bin hin hin ! Et pire que tout…Bah ils me manquent ! Je veux les ramener chez eux !
Shanks était désormais à côté de lui et lui tapotait l'épaule !
-Mais ils vont bien ! Luffy est débrouillard, et de ce que tu as raconté, les deux autres le sont encore plus ! ils vont pas se laisser faire !
-C'est vrai ?
-oui ! Et je te jure que j'irais chercher de mon côté ! J'aime pas trop savoir Luffy ici.
Ben approuva d'un hochement de tête. Lui non plus n'aimait pas avoir Luffy dans le Nouveau-Monde,et les deux autres n'étaient que des enfants à peine plus âgés. Shanks avait beau dire pour consoler Garp, ils n'avaient aucune chance dans cet endroit.
A moins de se faire adopter par un équipage surpuissant. Luffy en était bien capable.
Il était aussi capable de se mettre un équipage surpuissant sur le dos.
50% de chance, Ben dirait.
Garp, lui, arrêtait de pleurer et reniflait simplement.
-Voilà, c'est bien ! Le félicita shanks. C'est un bon vice-amiral, ça. J'ai une affaire à régler mais je vous jure qu'après Luffy est ma priorité. Et puis, motivé comme tu es, tu les retrouveras ! Après tout, tu restes focalisé sur l'objectif !
-On a fait la fête pendant trois jours, Shanks.
-Mais enfin, Ben, tu vois pas qu'il a besoin de réconfort ?
Garp se releva enfin et renifla une dernière fois.
-Merci, les gars. Profitez, je dirais pas ça tous les jours.
-Oarf, c'est rien, enfin de tout façon…
Garp et Shanks se regardèrent.
-Je pense qu'on sait tous les deux que c'était juste une bringue exceptionnelle, dit Shanks.
-tout à fait. Parce que dès que j'aurais mis un pied hors de ce navire, ce sera une traque sans merci.
-Evidemment.
Shanks leva la main :
-Mais laisse-nous donc souffler sur ce coup. Je dois absolument voir barbe-Blanche. C'est important. Après on pourra continuer à jouer à la course-poursuite.
-Que…Tu pourrais pas prendre ça au sérieux, espèce de…Attend, Barbe-blanche ?
Shanks hocha la tête.
-Mais j'y allais aussi ! S'écria Garp.
-Nooon ?
Ben leva les yeux au ciel. Ca y est, ils redevenaient potes.
-Pourquoi ? Je croyais que tu cherchais tes petits-enfants.
-oui, et je suis sûr qu'ils sont là-bas !
-Vous avez des preuves, demanda Ben.
Garp poussa un sifflement méprisant.
-Mes tripes me disent qu'ils sont là-bas !
-Heu, un peu maigre comme résonnement, dit Shnaks. Pourquoi…
Silence.
-Luffy ?
-Luffy.
-Et les autres ont les mêmes propensions à se foutre dans le spires histoires du monde.
-Pas autant, mais oui.
-Je vois. C'est un attend ! T'as qu'à venir avec nous ?
-Quoi ?
-Bah, techniquement, on ne sera ennemis que quand tu seras hors du navire. Tu as qu'à resté là le temps du voyage ! Après on refait la guerre entre nous normalement !
-Mais t'es dingue ! Je vais pas aller voir le vieux sur ton navire ! J'aurais l'air de quoi ?! Et puis garderas mon navire ?
-Votre second a pris pas mal d'assurance et semble compétent, il pourra gérer quelques jours…
-C'est vrai que le petit à grandi…Mais…Enfin j'ai une réputation !
-Allez quoi ! Dit Shnaks en lui donnant un coup de poing amical.
-Me touche pas.
-Heu, oui, shanks, tu es sûr de vouloir amener un vice-amiral sur le navire d'un autre empereur ? Tenta faiblement Ben.
-quoi ? Il ira de toute façon !
-Oui, mais pas sur ton navire ! on pourrait éviter ainsi le côté provocation qui amène à des guerres sans merci. C'est pas plus mal.
-Mais comme ça on cherchera Luffy ensemble ! Et puis tu sais bien que le vieux va le canarder dès qu'il le verra. Et Garp voudra sans doute le punir d'avoir kidnappé Luffy et les autres, ou je sais pas quoi !
-dites, je suis encore là, jeune con !
-Je comprends , dit ben, tu veux faire en sorte que tout ne se finisse pas en bain de sang ?
-Si ça peut être évité…
-C'est vexant !
-Et puis, ajouta l'empereur, on lui a tellement fait de crasses, une de plus une demoins…
-J'vous emmerde !
Ben leva à nouveau les yeux au ciel.
-Si tu veux. Mais je vais quand même prévenir l'équipage de se préparer à une future possible guerre ouverte.
-Oh allez quoi ! Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?
-Pourquoi j'ai l'impression que tu nous as tous condamné avec cette phrase, murmura Ben.
Je vous jure que je respecte Shanks. enfin vite fait quoi.
Luffy a voulu changé leur drapeau en ASLS, Ace, Sabo, Luffy, Scarby. Ses deux frères ne comptent pas tenir compte de la proposition. Tu me diras maintenant, il y a un S qui se libère! Ahahah. ah.
Faudra quand même que je case un moment dans cette fic où Ben va enfin faire son coming out.
Merci encore d'avoir lu, vous connaissez le refrain, review et tout^^
Pax, amour, et franfreluche.
