Yo ! oui, je suis de retour beaucoup trop tôt ! Je sais, c'est terrible ! Mais je me remets à l'entièreté de One Piece et ça m'inspire bien, surtout que j'ai un œil nouveau sur les épisodes ! Ce chapitre sera un petit peu plus court que d'habitude, c'est bien aussi.

Quelques chtites précisions vite fait : la première partie est assez teenage angsty, ma spécialisation (ce qui devrait m'inquiéter vu mon âge.). Ca vaut pas les chapitres avec Law sur Dressrosa mais c'est assez tristoune. J'avais d'ailleurs commencé à écrire 20 pages avec un début bien plus chargé, mais j'a décidé que ça faisait un peu tôt et j'ai réécrit.

La seconde partie c'est de la connerie pure (mon autre spécialité).

Concernant une sous sous intrigue, j'avais glissé quelques sous entendus yaoi entre Ben et Shanks (enfin…Ben à propos de Shanks). Je risque de retcon totalement ça…Déjà après avoir appris qu'ils avaient quasiment une décennie de différence bordel, ensuite parce que j'ai commencé à avoir quelques idées pour un petit one shot hors de la fic, donc voilà, je pose ça là. Je doute que quelqu'un soit particulièrement dérangé mais je précise.)

Et enfin…Je commence doucement mais sûrement à poser les graines pour la fin ! Elle arrive pas tout de suite, mais elle arrive quand même ! Mais beaucoup de choses doivent encore se mettre en place, aussi ce n'est pas pour tout de suite.

Et c'est tout pour le moment. Ah si, j'ai fait des crêpes, hier. Comment ça, ma gueule ?

Ah si, une petite bouteille à la mer : je relis et découvre avec plaisir les fics one piece française et je me demandais si vous vous souvenez du nom de celle qui parle d'une mystérieuse maladie qui pousse tous les seconds à chanter? Je demande.


Bonne lecture!


Ace bégayait. Ace ne bégayait jamais. Il avait l'impression que le monde s'effondrait sous ses pieds. Le balancement de la mer semblait infiltrer son âme. Son coeur était au diapason avec le balancement du navire. Pour faire simple, il voulait vomir.

Le silence l'étouffait. Pourquoi personne ne parlait. Pourquoi Sabo ne parlait plus.

Sabo. Pas seulement son petit frère. Son meilleur ami.

Il y avait toujours eu Sabo, dans sa vie. Et s'il n'était pas là avant, alors sa vie ne valait pas le coup.

Sa vie ne valait pas le coup avant que Sabo, puis Luffy le rejoigne.

Il savait qu'ils allaient surement être séparés à l'âge adulte. Ils voulaient monter sur le même navire, mais peut-être prendraient-ils un chemin différent.

Mais…Mais en vérité, il n'avait pas vraiment imaginé qu'ils allaient être séparés. Pas vraiment. Pas comme ça.

Et maintenant, Sabo…

Le blond les regardait, lui et Luffy. Ace sentait Luffy aussi déçarçonné, et il n'arrivait pas à lui dire que tout irait bien.

Sabo jeta un coup d'œil vers Marco, qui, après une seconde, hocha la tête pour l'encourager. Sabo soupira et se grata la tête sous son chapeau. Quand il parla, sa voix était claire, et déterminée, la voix que Sabo avait toujours eu :

-Je…Je voulais être pirate, avant, oui. Je voulais monter avec vous, les gars, qu'on voyage dans le monde entier ensemble.

-Et tu veux plus de nous ? Murmura Luffy, la voix pleine de larmes.

-Qu…Bien sûr que si, Lu' ! S'écria Sabo. Vous êtes mes frères et vous serez toujours mes frères. Mais si je voulais prendre la mer, c'était pour…Pour être libre, avant tout, loin du pays où on a grandi. Mais…Mais j'ai rencontré…

coup d'œil à luffy.

-Enfin bref, pendant Dressrosa et après toute la débâcle qui s'est passé chez nous, j'ai changé d'avis. Je veux rejoindre les révolutionnaires. Ils aident le monde, ils veulent changer les choses.

Ils pouvaient changer les choses, empêcher que des gens comme ses parents continuent à blesser des gens qu'ils considéraient inférieurs. Mais ça, Sabo ne le dirait pas devant les commandants. Il leva la tête et une légère brise souleva son chapeau alors qu'il s'écria :

-Je ne veux plus seulement être libre, je veux que tout le monde le devienne !

Il y eut un petit silence. Sabo avait du mal à respirer. En avait-il trop fait ?

Mais en tournant la tête, il vit Marco et les autres commandants le fixer d'un air bienveillant. Izou, un des pirates qui lui semblaient le plus froid, croisa les bras, l'air de savoir de quoi il parlait :

-Il en faut, du courage…

Sabo eut l'impression qu'il savait de quoi il parlait et se sentit étrangement honoré.

-Ce gamin a des burnes, on peut pas lui enlever ça ! déclara Atmos en croisant les bras.

-Moi je dis que cette jeunesse a quelque chose de primesautier qui va surement…commença Vista.

-Des burnes, appuya Atmos.

-Si tu veux, oui.

-Si c'est c'est ce que tu penses être juste, dit Marco avec un sourire éclatant, alors tu dois foncer. Nous, on voulait juste être tranquille, trouver une famille, et c'est bien. Mais toi…Toi tu veux aider le plus de monde.

Il lui caressa les cheveux :

-Honnêtement, je ne sais pas si tu vaux plus que nous, mais une chose est sûr, tu as plus de cran !

Sabo se mit à rire doucement.

Ace ne bougeait toujours pas.

Ces abrutis ne comprenaient pas. Sabo l'abandonnait. Sabo le laissait tomber. Il…Il avait besoin que Sabo soit là. Sans Sabo, qui allait le calmer, qui allait trouver les choses intelligentes à faire, qui allait combattre à ses côtés, qui allait pouvoir veiller sur Luffy comme Ace ne pouvait pas faire, qui…

Luffy, lui, semblait réfléchir, Scarby sur son épaule prenant la même pause de réflexion, avant de déclarer :

-Bon, si tu es libre, ça va. Mais tu dois me jurer que tu seras toujours heureux et libre !

Il fit la moue, aussi sérieux qu'enfantin :

-sinon, je te laisse pas partir.

Il y eut un silence.

-Heu…Qu'il soit d'accord ou non, ça change vraiment un truc ? Marmonna speed Jiru.

Mais il ne se rendait pas compte ce que ça changeait. Le petit avait un étrange pouvoir.

Sabo hocha la tête, lui prit les épaules de façon bienveillante.

-C'est juré, Luffy. Tu crois vraiment que je suis du genre à faire ce qui me plait pas et à plier l'échine ?

-Nan ! Dit Luffy, un immense sourire aux lèvres. Bon, bah d'accord. Mais tu viendras voir mon navire ?

-Bien sûr ! On reste frères ! Et j'écouterais toutes tes aventures !

-chouette ! Tu m'entendras devenir roi des pirates, alors !

Sabo hocha la tête. Quand son frère prenait ce ton d'évidence, il croyait presque qu'il allait réussir. Ce petit en était capable.

Sabo se tourna ensuite vers Ace. La part la plus dur commençait. Il commença à parler à Ace. Il voulait, ça se voyait qu'il voulait, qu'il avait besoin qu'Ace approuve son choix.

Ace ne bougeait pas. Luffy ne pouvait pas approuver ça, il ne pouvait pas accepter qu'ils soient séparés, non, il ne…

Ace sentait sa respiration s'accélérer. Il voyait Sabo bouger la bouche mais il n'entendait rien. Le monde devenait fou, flou.

Il arrivait pas respirer. Il arrivait pas à …

-Ace ?

Entendre enfin la voix de Sabo fut comme un déclic. Mais l'angoisse éclata.

Ace n'avait pas voulu faire ça. Il n'avait pas voulu, il n'avait pas…

Mais l'instant d'après, il avait envoyé son poing au nez de son frère.

Ce n'était pas un coup d'entrainement, ou même un gnon d'une baguare qui se serait arrêté 10 minutes plus tard. Non, c'était un coup sans retenu, par pur réflexe, un coup pour faire mal, parce qu'Ace était en train d'hyper ventiler et qu'il avait peur et que…

Mais il avait frappé Sabo.

Aucun des commandants présents ne se pardonna avant longtemps de ne pas avoir réagi à temps. Les pirates e barbe-Blanche. Ses commandants. Parmi les pirates les plus expérimentés et recherchés de ce monde et ils n'avaient pas pu arrêté ça. Parce que vraiment aucun ne l'avait vu venir. Personne n'avait pensé que l'angoisse d'Ace déclencherait une telle réaction, et personne n'avait pensé qu'il aurait fait tant de progrès en si peu de temps.

Trois des pirates les plus rapides se manifestèrent tout de même.

Haruta alla aussitôt maitriser Ace par derrière, ce qui n'engageait à rien puisqu'il semblait encore plus immobile et horrifié qu'avant le coup de poing.

Marco s'accroupit et inspecta Sabo, qui avait la joue enflée.

Et le dernier fut Tatch qui alla voir Luffy et lui prit les épaules.

Le petit ne bougeait plus. Ses yeux s'étaient agrandis d'horreur. Le visage toujours enjoué de Luffy venait d'être purgé de tout bonheur. Luffy pouvait tout supporter, sauf ça. Il savait faire la différence entre un coup porté pour s'entrainer, pour se battre, pour se disputer, et un coup pour faire mal.

Un monde venait de s'écrouler devant Luffy et c'était de la faute d'Ace.

L'ainé n'avait pas retrouvé sa respiration, c'était pire, même. Haruta ne savait plus trop si elle devait retenir Ace, lui donner une claque pour qu'il reprenne ses esprits ou le serrer dans ses bras. Elle aurait dit avant que la dernière option était la plus périlleuse. Mais ce qui l'effrayait le plus, maintenant, ce serait qu'Ace ne réagisse pas.

-Sabo, murmura Ace, d'une voix dont on avait enlevé toute la combativité.

Ace ne s'était jamais senti comme ça, jamais, il…

Sabo se redressa, lentement, en se tenant la joue, et…ne put que regarder Ace, les yeux embués, encore trop choqué pour réagir. C'était bien pire que s'il avait répliqué.

Il avait blessé Sabo, il avait…

-Ace ! Hurla soudain Luffy.

Toute l'adoration qu'il avait toujours mis dans ce nom s'était tarie. Le nom portait toute la colère de luffy. Une rage sans nom.

Et pendant un instant, même les commandants comprirent que si jamais ils recroisaient un jour la route de Luffy adulte, il ne faudra jamais le mettre dans une telle colère.

Ace réussit, par miracle, tremblement par tremblement, dans un rythme sacadé d'automate brisé, à tourner la tête vers Luffy.

Luffy surprit encore plus tout le monde en frappant Ace à l'estomac. Le garçon ne pensait avoir autant mal. Luffy n'avait jamais frappé avec autant de force et de précision. Il tomba à genoux.

-T'as…T'as blessé Sabo ! Méchant ! Tu…Tu es pas Ace ! Ace ferait pas ça ! Arrête !

Luffy redevenait soudain un enfant, et l'incompréhension sur ses traits mêlé à sa détresse broyait le cœur de tous les pirates. Luffy hésita, puis donna un autre coup de pied, mais c'était un coup qu'un petit frère donnerait à son grand frère s'il refusait de lui rendre son jouet.

-Luffy !

Tatch avait empoigné Luffy et l'avait serré contre lui, entravant ses bras.

-Chut, chut, murmura Tatch. Tout va bien, Luffy. Tout va bien. On va soigner Sabo. Tout va bien.

Luffy écarquilla les yeux, comme sorti d'une transe, puise retourna et enroula ses bras contre Tatch, son pirate favori ici.

Ace, lui, observait le spectacle devant lui comme si tout était figé. Il comprit alors ce qui foirait depuis le début avec lui : lui, tout simplement.

Il se dégagea rapidement des bras d'Haruta, et se mit à courir.

-Eh, reviens immédiatement !

Mais ace n'écoutait pas, il fuyait comme si sa vie en dépendait.

Il fuyait.

« je ne fuirais jamais ! Parce que si je fais ça, je ne pourrais jamais protéger mes frères ! »

Mais c'était lui qui avait fini par blesser ses frères.

Il n'alla pas loin car il fut plaqué violemment au sol par la main de Jimbei :

-Mon garçon, je ne sais pas ce qui t'arrive, mais il va falloir te ressaisir ! Rugit l'homme-poisson.

-Lâche-moi ! Hurlait Ace, en essayant de se dégager.

-Jimbei !

La voix de Barbe-Blanche s'était élevé. Il avait été témoin de tout ça et n'avait rien dit jusqu'à maintenant. Il regarda Ace d'un regard dur et pourtant impénétrable.

-Amène-le moi dans ma chambre. Enferme-le s'il veut partir.

-Mais…

-Fais ce que je te dis.

Jimbei obéit, et empoigna le garçon par le tee-shirt, en l'empêchant de s'en aller et en esquivant ses coups de pieds. Il se serait mieux senti si le petit cessait d'hyper ventiler.

-Ace, murmura Luffy, la voix brisée.

Cette fois, il appelait à l'aide son frère. Ace était le meilleur, Ace allait tout remettre à l'endroit, même si ça signifiait expliquer pourquoi lui avait agi comme ça.

-Il lui fera rien, Luffy, assura Tatch, de sa voix apaisante. D'accord ? Il va juste lui parler, et quand il reviendra, Sabo sera soigné et Ace va s'excuser envers lui.

-C'est vrai ?

-C'est vrai, bien sûr.

Il le souleva et le tint dans ses bras.

-Tu veux qu'on aille en cuisine ? Manger quelque chose ? Cuisiner ? Cuire du pain ?

La lueur innocente, malicieuse, et merveilleuse recommença à briller dans les yeux de Luffy.

-Je veux de la viande à la chantilly.

-Très bon choix, dit Tatch.

-Je veux bien aussi le pain.

Joz, lui se tourna vers ses frères et sœurs, et d'un regard, les incita à retourner à leur affaire.

Et Barbe-blanche but une rasade d'alcool, soucieux.


Sabo se tenait encore la joue en voyant Ace s'en aller. Il avait du mal à bouger. Il voyait Luffy s'en aller, il voulait le retenir, lui dire…Lui dire quoi ? qu'Ace n'était pas ce dieu inflexible qu'il voyait en lui ? Qu'il était bourré de qualités, mais aussi de défauts, et était énormément mal dans sa peau ?

Comment expliquer cela ? comment dire ce que seul Sabo avait jamais réussi à voir en lui ?

Sabo ferma enfin les yeux. Marco le releva, et il allèrent à l'infirmerie. En silence. Sabo pensait. Il était partagé entre une colère folle et un chagrin tout aussi grand.

Ace se permettait de lui dire qui être ? d'être égoïste en refusant de le laisser vivre son rêve ? De quel droit ?

Mais le chagrin revenait. Il savait pourquoi. Il connaissait Ace était ainsi. Il savait que d'eux trois, c'était Ace le plus dépendant des autres. Pas qu'ils n'avaient pas énormément besoin de chacun d'entre eux, mais Ace…

Et la trahison survint. Ace l'avait frappé. Devant Luffy. Sabo serrait les poings autant pour ne pas exploser de rage que pour ne pas pleurer.

En réalité, en Sabo, très lucide sur les défauts et le mal-être de son frère, il y avait un petit Luffy qui n'avait pas, depuis le jour où il l'avait rencontré, arrêté de l'admirer comme une sorte de figure au dessus de tout, un modèle en quelque sorte.

Quand il arriva devant Ellie, celle-ci regarda sa joue et fronça les sourcils envers Marco. Celui-ci secoua la tête sans rien répondre. Sabo, lui, voulait disparaitre, hurler à tous qu'il n'était pas un objet de foire, que cette querelle ne concernait que lui et Ace, et que…

-bon, vous allez arrêtez de le regarder comme s'il allait se casser en deux !

Une voix forte s'éleva, et les trois tournèrent la tête pour voir Law, bras croisés, entrer dans cette partie de l'infirmerie.

-C'est moi qui vais le soigner.

-Pardon ? dit Ellie.

-Parce que, dit law, mon fruit est parfait pour un médecin et il faut bien que je m'entraine, hein ? C'est vous qui arrêtez pas de me le répéter.

-Comme la fois où tu as pris les organes de ces trois blessés et que…

-Oui, bah, la science est pleine de tentatives ratés, dit rapidement Law. Allez-poussez-vous, s'il vous plait !

Sur ce, il poussa Ellie du plat de la main, qui poussa elle-même un « oh ! » indigné. Marco, lui, cacha son rire derrière sa bouche.

-Eh vous aussi, vous dégagez !

-Moi aussi ?! S'exclama Marco.

-Ouste !

-Mais…

Marco regarda Sabo, son expression hurlant « je vais l'abandonner ! ». Sabo réussit à fabriquer un sourire :

-Ca va. Et puis…Je crois que je veux être un peu seul.

Marco et Ellie s'entreregardèrent.

-…Très bien, murmura Marco. Si…si tu veux parler, je…

-Je sais. Merci.

Bientôt, il n'y eut que lui et Law dans le périmètre. Law était occupé à poser une compresse et d'autres produits médicaux sur la table à côté. Il commença à s'occuper de la joue meurtrie de Sabo en silence. Sabo était soulagé, il n'avait pas à…

-C'est l'autre feu follet qui t'as fait ça, hein ?

-Qu…quoi ? De quoi je me mêle ! Hurla Sabo. Et puis d'abord comment tu sais !

Law haussa un sourcil. Oh mon dieu, la détresse émotionnel le rendait aussi con que ses frères.

-Bah, C'est pas pendant un entrainement sinon je serais là, Luffy est sûrement incapable de te toucher, les pirates te toucheraient pas…honnêtement, j'hésitais entre lui et l'autre taré avec les ongles peints, mais il est venu y'a pas 5 minutes pour échanger une boite de maquillage avec une infirmière, et il a menacé de le tuer si j'en parlais. Et j'en parle parce qu'il est pas assez malin pour m'avoir. Oh, et il m'a aussi demandé mon avis médical sur la manière la plus simple de faire sortir les trippes d'un ennemi, par la bouche ou les voies naturelles.

-O…Oh.

-il est fatiguant.

Un instant de silence. Puis Law reprit en commençant à appliquer une compresse sur la tête de Sabo :

-Tu sais, t'as pas à supporter toutes ses conneries parce que c'est ton frère.

-De quoi je me…

Sabo ferma les yeux et respira un grand coup.

-Ecoute…je…Je te remercie de ta sollicitude, mais c'est entre mon frère et moi. Et tu le connais pas autant que moi.

-ca va, ça va !

Law se mordait les joues, visiblement énervé, sans quitter des yeux la blessure. Il faisait presque penser à Luffy quand il boudait, c'était un peu attendrissant.

-tu sais, je suis…enfin je suppose qu'avec la force des choses, je vais devenir pirate…Mais je suis médecin avant tout. Alors je te soigne juste, c'est tout. Et les médecins se soucient aussi du moral de leur patient.

Law ne savait pas encore vraiment qui il était ou ce qu'il voulait faire de sa vie, mais il avait au fond du cœur une résolution, une certitude rassurante : il était médecin avant tout. Sabo le regarda d'un œil nouveau et se souvint de l'état de Law à Dressrosa.

-Merci, Law.

-Ouais. Et puis c'est à ça que servent les am…

Il devint soudain très rouge et appuya plus que nécessaire, par reflexe, sur la joue de Sabo qui fit une grimace :

-Les alliés ! Les alliés ! Enfin, bon, alliance, tout ça…toi et les autres, vous êtes mes alliés. Donc, j'ai besoin que vous allez bien afin que vous puissiez me servir le moment venu. Comme le font des alliés. Hum.

Sabo resta bouche bé, et Law était si empourpré qu'il semblait cuire sur place. Puis Sabo sortit un grand sourire :

-Aha ! T'as raison ! Moi aussi je pense à toi comme un « alliéééé » !

Il avait tellement déformé le mot pour se moquer que Law s'énerva :

-La….La ferme !

-Vraiment j'ai de la chance d'avoir un allié comme toi !

-Sabo, tu la fermes ou je jure que je…

-Vraiment, c'est des alliés comme toi qui font marcher le monde !Eh !

Law lui sauta dessus et il tombèrent à la renverse.

-Tu es censé me soigner ! S'écria Sabo en riant.

-Je te tue et après je te soigne !

Mais même lui riait un peu.


-Il va bien, déclara Jimbei.

Ace était recroquevillé contre un mur, dans un moment de désespoir qui l'avait ôté de toute énergie. Ace ne connaissait pas cet état. La rage était son moteur d'habitude. Là, il était juste épuisé. Il se mordait la lèvre pour ne plus pleurer devant l'homme poisson qui venait d'entrer.

-Il est soigné par Law. Rien de cassé, rien de grave.

Ace ne bougeait pas, mais un immense moment de bonheur le submergea. Bien vite balayé mais tout de même.

Ace se crispa si fort qu'il se cogna la tête contre le mur. Sa tête cachée entre ses bras croisés se replia encore plus.

-C'est ma faute, murmura-t-il soudain, la voix pleine de larmes.

Jimbei soupira. Il pourrait dire qu'il en voulait à Ace, mais honnêtement, cette situation lui broyait juste le cœur.

-Tu sais, murmura-t-il, il n'y a pas si longtemps, j'ai connu des personnes, des personnes qui étaient comme des frères pour moi.

Jimbei toucha instinctivement son tatouage. Il ne savait même pas si Ace l'écoutait, mais il continua.

-Deux en particulier. L'un était…il a été consumé par sa rage. Il a tourné le dos à la morale, à la bonté. L'autre…Il a fait de mauvaises choses, et il avait beaucoup de problèmes, je m'en rends compte, maintenant, mais…Mais il nous aimait plus que tout, et par-dessus tout, il a appris de ses erreurs. Quand il est mort, je veux croire qu'il était en paix avec lui-même. Qu'il était devenu meilleur.

Ace ne bougeait pas. Il était tant immobile qu'il n'aurait pas pu mieux dire qu'il écoutait ;

-Je crois, Ace, que tu ressembles plus au second qu'au premier. Alors ne te demande pas comment tu aurais pu éviter ça, mais comment tu vas le réparer.

Sur ce, Jimbei sortit et ferma la porte, avant de s'appuyer contre elle. Mais tout son haki de l'observation était focalisé sur Ace. Ce n'était pas agréable. Il était ainsi parfaitement conscient des sanglots qu'il essayait d'étouffer.

Law avait fini de soigner Sabo, la blessure à la joue et les bleus qu'il lui avait donné. Sabo souriait moins à présent.

Il pensait à Ace. Toujours un mélange de rage, d'indignation, de tristesse et de trahison. Il se sentait…démuni.

-Eh, tu sais…Moi aussi j'ai eu une…

Law cessa soudainement de parler et se figea totalement. Il tournait le dos à Sabo qui ne voyait pas sa tête mais qui fronça les sourcils. Il y eut un long silence, puis Law ferma précipitamment la boite et sortit en trombe de l'infirmerie, en lançant juste :

-Va parler à tes frères.

Ce n'était pas un ordre, plus une étrange requête.

-Law ?

Mais Law avait fermé la porte et l'avait laissé seul. Sabo soupira. Oui, il devait aller voir ace. Il savait bien que son frère devait s'infliger un calvaire en ce moment. Et qu'avec Ace ça pouvait prendre des proportions gigantesques.

Comme un coup de poing non mérité.

Non, mais c'était vrai ! Il méritait des excuses !

-Tu cogites ?

Sabo sursauta pour apercevoir Barbe-Blanche.

-Aaah ! Mais comment j'ai fait pour pas vous voir !

-Tu marmonnais dans ta barbe.

-C'est pas la question ! Et puis…

Sabo soupira, et croisa les bras :

-Et puis, laissez-moi, s'il vous plait. Je veux juste être seul. Ca vous concerne pas, de toute façon.

-Tu te crois responsable ? demanda soudain l'empereur en s'asseyant en face de lui.

-Non ! J'ai rien fait…

Sabo cligna des yeux, et déclara, plus fort :

-J'ai rien fait. C'était mon droit de vouloir devenir révolutionnaire. Mais Ace…

Il secoua la tête. Ses poings serraient les draps en dessous de lui.

-Je…J'ai jamais autant été en colère contre lui. Qu'il m'ait fait ça, devant Luffy…Mais je sais qu'il ne le voulait pas.

Barbe-Blanche laissa couler une seconde avant de murmurer :

-Tu as tord sur un point : ça me concerne.

-Et en quoi ?! S'exclama Sabo.

Sabo se sentait honteux de dire ça au vieux après qu'il ait veillé sur lui comme ça, mais il ne trahirait pas Ace. Jamais.

-Simplement parce que je l'ai décidé, gamin ! Cria Barbe-blanche en croisant les bras.

-Quoi ?!

-Je suis empereur, et vieux, ça me donne des droits, et en l'occurrence j'ai décidé que vous me plaisez bien, les sales gosses, et que vous trouveriez toujours un refuge ici !

Sabo resta muet de stupeur. Il sentit une boule dans sa gorge. Jamais un adulte ne leur avait montré tellement de protection.

Un peu Dadan, un peu Garp. Mais Garp était toujours loin (et le degré zéro de la pédagogie), et dadan…C'était une vieille bique qui pouvait autant défoncer la tête du bandit qui les aurait rectifié qu'hurler à voix haute qu'ils lui rendaient la vie impossible et qu'elle était mieux seule. Dadan quoi.

-mais, Sabo, et je te dis ça car je pense que tu es une personne intelligente : je ne peux t'aider et aider Ace que si je sais ce qui s'est passé. Pourquoi Ace est ainsi.

Sabo ferma la bouche. Plutôt crevé que de parler de Roger. Mais…Barbe-blanche soupira et posa sa tête entre ses mains :

-foutus sales gosses…D'habitude je me fiche du passé de mes enfants. Le passé d'un homme, ça le regarde. Mais vous…Vous me changer mon instinct paternel. Obligé de m'aligner avec le cerveau de gosses chieurs. Si c'est pas malheureux…

Puis Barbe-blanche se mit à sourire :

-Faut-il que je vous aime bien !

Le cerveau de Sabo resta bloqué une seconde. Déjà par la capacité de l'homme à les insulter et les louanger en même temps, mais surtout…Est-ce qu'il les comptait déjà comme…

Sabo fronça les sourcils. Une affaire pour plus tard. Pour l'heure…Sabo soupira. Ace avait besoin d'aide. Et aussi incroyable que ça puisse paraitre, Barbe-blanche pouvait aider. Sabo avait une confiance absolu en lui. Il prendrait soin d'Ace. Il voyait bien que l'homme ne lui ferait pas de mal.

Il ne dirait jamais le nom de Roger. Mais…Peut-être que s'il évoquait simplement quelques détails…Honnêtement, Sabo n'aurait rien dit un autre jour, mais ce jour-ci, il se mit à raconter :

-Ace…Ace a…On va dire qu'il a pas une très bonne ascendance.

-Hum ? L'encouragea barbe-blanche.

-Il…Enfin, il vient d'une famille…Vraiment pas aimé par les gens d'une façon générale.

C'était l'euphémisme du siècle, mais Sabo s'en fichait.

-Et depuis que je le connais…Il est comme…comme persuadé qu'il n'a pas le droit de vivre ; co-comme s'il était une erreur…

Sabo s'échauffait, une colère différente de toute à l'heure s'animant en lui :

-Ca me foutais en rage, cette histoire…Envers tout ceux qui le dénigrait et envers lui-même…Je voudrais tellement lui secouer sa tête de crétin et lui dire à quel point c'est un type génial, le…le seul type que j'ai jamais admiré.

Une couche de Sabo transparaissait. Sabo avait beau n'avoir que quelques mois d'écart avec Ace, et être un autre modèle pour Luffy, en lui, il il y avait un petit Luffy qui sommeillait : Ace était aussi en quelque sorte un modèle.

-Mais il comprenait pas, et il a toujours cette haine en lui envers quiconque d'autre que sa famille…Il allait souvent en ville, demander ce qui se passerait si…Enfin si on découvrait son identité. Et tout le monde répondait encore comme s'il était un déchet. Alors un jour…

Sabo se mit à renifler, soudain, et barbe-Blanche se montra plus aux aguets.

-Il…Il a failli tuer l'un d'eux. Vraiment. L'autre abruti riait, et ace s'est soudain jeté sur lui…Et moi…

« Ace ? Lâche-le ! Ace ! Ace ! »

« Lâche-moi Sabo ! J'vais l'crever ! »

-Il….On avait à peine 7 ans. Je…Je pouvais pas rester là…Je m'en fichais de ce type, mais Ace…il pouvait…Je pouvais le laisser devenir…Alors je l'ai arrêté. Et…on a failli se battre. Mais…on a été arrêté. »

Sabo s'en souvenait. C'était la première fois qu'il avait rencontré Monkey D Garp, qui, à cet époque, ne le voyait que comme un énième traine savate et pas comme son troisième petit fils honoraire. Garp avait seulement agrippé Ace par le tee-shirt, et l'avait entrainé dehors. Sabo vit en cet homme le seul être envers qui Ace n'oserait pas répliquer, le seul à avoir pu empêcher la catastrophe, et il avait obtenu un respect inconditionnel de sa part. Ace était revenu voir Sabo deux jours plus tard, soigné de ses blessures, et demandant pardon pour la première fois de sa vie.

Sabo renifla encore, puis releva la tête et regarda Barbe-blanche comme s'il le mettait au défi d'insulter son frère ou lui.

-Ace est quelqu'un de bien, au fond, déclara Sabo. Il a juste besoin qu'on le guide. Alors si c'est pour l'enfoncer, je…

Mais barbe-Blanche se leva, et posa deux doigts sur les boucles de Sabo, un grand sourire aux lèvres :

-Merci d'avoir parlé. Je crois que je comprends. Tu es un des meilleurs frères qu'on puisse espérer, Sabo.

Il lui tapota l'épaule.

-Tu as mérité de te reposer après tout ça. Je vais appeler Marco pour veiller sur toi.

Sur ce, Barbe-Blanche s'en alla. Resté seul, sabo rejoua toute la conversation dans sa tête.

Et après tout cette douleur, il eut un soupir de soulagement en fermant les yeux.


-Bravo, Luffy, tu t'améliores !

Tatch cuisinait avec le petit, une activité qui les avait rapproché durant le temps passé sur la Moby dick, et qui tenait en soi du petit exploit, puisque Luffy n'avait jamais été intéressé par le mélange des saveurs auparavant. Simplement sur le fait de les tester. Tatch faisait cuire du pain avec le petit. C'était un de ses tours magiques. Cuire du pain. Son four à pain aménagé avait déjà sauvé des vies et renversé des guerres. Il avait réconcilié plus de pirates sur ce navires que Big Mom n'ait eu d'enfants. Quand tout allait à veau l'eau, il restait le four à pain.

Mais même le four à pain ne dégrisait qu'à moitié Luffy. Il n'avait essayé de grignoter aucune miche, et ça effrayait Tatch plus que prévu. Après tout si quelqu'un était bien placé pour savoir que l'appétit est moteur de santé, c'était lui.

L'élastique, en l'occurrence, laissait trainer sa tête et son chapeau sur la table, les yeux bas.

-Voui….

-Oh allez ! Tiens, on ira apporter du pain et un bon repas à Sabo ! ca lui fera du bien.

-Sabo, murmura Luffy, les yeux soudains remplis de larmes, la voix déchirée.

Oh merde. Tatch se reprit :

-heu, non ! On va aller voir plutôt si Ace…

-Ace, dit Luffy sur le même ton, ses larmes s'occupant de refroidir le pain tout juste sorti du four.

Oh merde ! tatch écarta les mains, de plus en plus paniqué :

-Ou alors on ira voir aucun des deux !

-ouiiiiiiinn !

Le pain n'était plus refroidi, il était simplement ramolli par le torrent des larmes. Tatch se prit le pompadour à deux mains. Il avait fait pleurer Luffy ! Il était certain qu'il y avait une place en enfer à son nom !

-Heu, non ! Attend, Luffy ! Tout va bien aller !

Il se tourna vers Barbe-Blanche :

-N'est-ce pas, père ?

-Bien sûr.

-Voil…

Tatch cligna des yeux, regarda Barbe-Blanche, recligna des yeux, puis fit deux pas en arrières :

-a-ah ! père ! Depuis quand vous êtes discrets comme ça ! enfin, non pas que je dis que vous êtes bruyant et chiant, mais enfin…

-La ferme, Tatch.

-Oui, père, dit Tatch avec un certain soulagement.

Barbe-Blanche se tourna vers Luffy, qui avait toujours la joue contre la table, et pleurait l'équivalent d'une rivière. Tatch décida de les laisser discuter, et voulu s'éloigner…avant de glisser sur un des bras de Luffy. Le garçon, apparemment, allongeait ses bras en pleurant. C'était une façon comme une autre de traiter la détresse émotionnel. Tatch manqua de se ratatiner par terre, avant de garder l'équilibre, de vérifier son popmadour, et de se tourner vers son père. Il désigna Luffy :

-Je…Vais voir s'il me reste pas de la farine.

Sur ce, il s'éloigna . Enfin, aux yeux de Luffy, qui n'avait aucun sens de l'observation, aucune jugeotte, et qui de toute façon était trop occupé à pleurer pour se soucier de son monde. En réalité, Tatch se cacha derrière une table. C' est que si Luffy pouvait retrouver un peu le sourire, il voulait être là ! C'est qu'on s'y attachait, à cet élastique !

Barbe-blanche observa son fils avec le regard du père qui a vu ses enfants briser leur dignité tellement de fois que plus rien ne pouvait le surprendre et s'aprocha de Luffy. Celui-ci releva à peine les yeux pour voir l'empereur s'accroupir vers lui, ne le dépassant que d'un demi-mètre. Ils se regardèrent une seconde, puis Barbe-Blanche tenta une grimace.

-Beuh !

Tatch écarquilla les yeux et chercha un den den mushi photo. Luffy, lui, agrandit les yeux, cessa de pleurer une seconde, puis repartit de plus belle :

-Beuh beuh ! Mon papi il fait des grimaces comme ça !

Barbe-blanche fit une autre grimace, mais qui voulait dire, grossièrement, « oh merde ! ». Il semblerait que le petit ait carément le mal du pays décuplé ! Bon sang, il pouvait gérer des sales gamins d'habitude, mais que faire quand vous deviez consoler un Luffy !

-Oh, allons, pipounet…

Tatch avait maintenant besoin d'un den den mushi qui faisait aussi caméra.

L'empereur s'assied à côté de Luffy, provoquant un gros craquement du banc, pas adapté. Puis il prit la forme pendante sur la table, la remit à l'endroit et la posa sur ses genoux. Luffy se mit à pleurer en serrant son flanc.

-Je…J'ai eu tellement peur…Ace ferait jamais ça…

-Allons, allons…Sache que ton frère Sabo va bien.

-C'est vrai ? S'exclama Luffy, en s'arrêtant sans transition de pleurer.

-Oui !

-C'est…C'est super !

Luffy renifla, se frotta le nez, s'essuya sur son tee shirt, puis demanda :

-Séquelle, ça veut bien dire qu'il peut toujours cracher de l'eau par le nez ?

-quoi ? non, ça veut dire…

barbe-blanche fit soudain une autre pause et regarda le petit garçon qui avait posé très sérieusement la question. Barbe-blanche ouvrit la bouche, fronça les sourcils, son respect pour Sabo et Marco doubla, et il reprit comme si de rien n'était :

-Ca veut dire qu'il n'aura aucune blessure permanente et qu'il se porte très bien.

-Mais c'est encore mieux ! S'écria Luffy, revigoré. Je vais le voir !

-Attend.

D'une main, l'empereur le garda en place.

-Je crois que sabo voudrais être seul un moment, et puis il est épuisé.

-Oh…D'accord, dit Luffy, un peu dépité.

Il se rassied sur l'immense cuisse, puis regarda le sol, soudain énervé :

-Je suis tellement en colère contre Ace ! Il ferait jamais ça ! Même quand il menaçait de me tuer…

-Il a menacé de tuer ?

-Oui, dit Luffy en levant les yeux au ciel, comme si c'était de moindre importance, mais on était pas encore frères, et puis il me trouvait trop collant. Il a dit qu'il allait me noyer pour pas que je révèle où était son trésor, mais après il m'a sauvé et il a toujours été là pour moi et pour Sabo !

Si le but était de l'empêcher de parler, c'était mal parti, d'autant que Tatch avait retroussé ses den den mushi .

-Je vois…en tout cas, Luffy, sache que je vais parler à ton frère et que tout va s'arranger.

-Ah bon ?

-Bien sûr ! Gura gura gura ! C'est le travail d'un père, après tout !

-Oh ! Bah je suppose ! Rebecca avait parlé de ça, aussi !

Luffy sembla réfléchir une seconde, avant de considérer l'empereur :

-Mais t'es pas mon père, dit-il sur un ton de constat.

Ouch, pensa Tatch. Il ne savait pas trop s'il disait ça pour son vieil homme ou pour Luffy. Quand Barbe-Blanche décidait d'adopter quelqu'un, il réussissait en général.

Mais l'empereur cessa simplement de rire et regarda Luffy dans les yeux. Le petit ne baissait pas le regard, ne semblait même pas spécialement déterminé à prouver un point de vue.

-Mais tu n'as pas de lien de sang avec tes frères, si je me trompe ? si Barbe-Blanche sur un ton qui voulait simplement s'informer.

-Oui, c'est vrai. Mais ce sont mes frères. Toi t'es pas mon père.

Là encore, le ton n'était même pas méchant. Tatch, lui, essayait de comprendre la logique du garçon, mais Barbe-Blanche, après un moment, hocha la tête.

-Message compris, mon petit, murmura-t-il avec tendresse et même respect.

-Ace, lui, il déteste son père, dit Luffy, par association. Mais vraiment ! Il dit que les liens de sang, c'est pas important, que ce qui compte, c'est la famille de cœur.

Luffy continuait de regarder Barbe-blanche, et, chose incroyable, l'empereur était incapable de savoir s'il faisait tout ça consciemment ou non. Mais il comprit que si quelqu'un avait besoin d'une figure paternelle dans ce groupe, ce n'était pas Luffy. Il hocha à nouveau la tête et partit dans un grand éclat de rire :

-Gura gura gura ! Je ne sais pas qui a décrété que tu étais stupide, petit, mais il avait sacrément tord !

-ah bon ? Fit Tatch.

-Ah bon ? fit Luffy.

-Ah bon ? fit un lambda dans la cantine qui passait par là.

-Oui ! J'irais voir Ace juste après.

-Ah d'accord ! Bah si tu lui vois, dis-lui que…

Luffy sembla chercher quoi dire à Ace, et le chagrin revenant, il se mordit juste la lèvre pour ne pas recommencer à pleurer.

Eh oui, Luffy avait 7 ans. Et demi, mais quand même.

-bah dis lui qu'il a été méchant, dit-il simplement.

Newgate lui tapota la tête :

-Compte sur moi.

En lui tapotant la tête, il toucha le chapeau de paille trop grand. Son regard s'attarda un instant sur ça, mais il ne dit rien.

Le fait que le petit menaçait de pleurer à nouveau était bien plus important. Barbe-Blanche n'aimait pas voir les gamins pleurer, d'accord ?

Il se gratta la tête, puis décida de lui faire un compliment sur le pain qu'il avait cuit. Il était brûlé, et ramolli par les larmes, dans une formes qui n'était pas tout à fait une baguette, pas tout à fait un rectangle, pas tout à fait un cercle. Pas tout à fait une forme en fait.

-C'est…du pain.

Barbe-blanche estima qu'on pouvait mieux faire, surtout qu'il avait croisé le regard de Tatch qui semblait hurler « vous pouvez le traumatiser mais je vous interdis de vous moquez de ses efforts de cuisine ! »

-ca m'a l'air…Délicieux.

Luffy releva lentement la tête :

-C'est vrai ?

Ravi d'avoir une réaction, l'empereur hocha la tête.

-Bravo père ! Hurla tatch dans son coin ?

Luffy prit une miche et la tendit au pirate :

-Alors vous voulez bien gouter.

-Adieu, père ! Cria tatch.

Barbe-Blanche regarda le pain, et Luffy, qui attendait qu'il la prenne.

-Bien sûr. Appelons Tatch pour qu'il vienne manger avec nous.

-Oh ouais ! Tatch !

-Ca c'est un coup bas ! Cria encore l'intéressé en se levant de derrière sa table.

-Oh tiens, il était là ! Tu viens gouter !

Tatch les rejoint de mauvaise grâce et le commandant et l'empereur goutèrent leur pain respectif. Barbe-Blanche cligna à peine des yeux et ce fut la seule preuve de son dégoût. Il finit le pain.

-Délicieux, répéta-t-il.

Tatch, lui, ne cligna même pas des yeux. Il mangeait en souriant, comme si, effectivement, c'était la meilleure chose du mode.

Ce n'était pas la meilleure chose du monde.

-Félicitations, Lu' !

-shi shi shi ! Merci ! Tu peux en reprendre !

-Et pourquoi on irait pas manger cette fameuse viande à la chantilly ? Elle doit être prête maintenant !

-Oh oui ! Et après j'irais voir Sabo !

-Parfait.

Luffy sauta des deux mètres qui le séparait du sol, rattrapé par Tatch, et il se tourna vers Newgate :

-Merci brosse-branche ! Je me sens mieux !

-De rien, mon petit.

Barbe-blanche se leva et fit quelques pas, quand il se retourna :

-Oh, et ce chapeau…

Il fit une pause, avant de dire simplement, avec un regard nostalgique qui n'était pas destiné qu'à Luffy :

-Prends en soin, d'accord ? il le mérite !

-ca c'est sûr ! J'ai promis à shanks de lui rendre quand je serais un grand pirate !

-Shanks ? Murmura Barbe-blanche. Tu connais Sh…

-Bon, j'y vais ! Si vous voulez vous servir en pain, laissez en pour Scarby, il joue avec les autres, mais il va bientôt avoir faim !

-On y a songé, déclara Tatch.

-Il aime bien quand c'est chaud !

-C'est l'évidence même, approuva Barbe-blanche.

-A plus !

Et Luffy partit en trombe en cuisine :

-viiiande !

Barbe-blanche resta interdit, avant de rire de l'énergie du petit. Il voulait s'assurer qu'il ne soit pas trop perturbé, mais le garçon n'était pas du genre à subir ! Puis cessa de rigoler d'un coup.

-Merde, si j'avais su que c'était Shanks qui lui avait donné ce maudit galuchon, j'aurais pas dit ça.

Il se tourna vers Tatch qui le regardait, les joues pleines de larmes.

-Tout va bien ?

-vous êtes le meilleur non-père qu'un gamin hyperactif élastique puisse rêver d'avoir !

-C'est aussi précis que vrai. Va donc veiller sur lui, je m'en vais voir l'ainé.

-Bien sûr ! Mais Père…Allez-y mollo avec lui. Il…Je pense pas qu'il voulait blesser Sabo.

Sur ce, il vit un début de feu dans la cuisine, et se précipita en hurlant « Luffy ! Si tu as fais cramé un truc…»

Barbe-Blanche se retourna avec un petit sourire.

En sortant, c'était étrange, mais il était persuadé d'avoir vu un scarabé pas plus grand qu'un pouce plumer ses fils au strip poker…


Ace avait cessé de pleurer depuis quelques temps. Jimbei voyait ça comme un bon signe. Il se leva soudain en voyant Barbe-blanche qui s'approchait de lui :

-Comment vont Sabo et Luffy :

-Ce sont des enfants solides, ils iront bien. Je veux juste parler à Ace en privé, répondit l'empereur en ouvrant la porte.

-Vous pouvez y aller. Il me semble qu'il est dans de bonnes dispositions à présent pour écouter…

L'instant d'après, Ace utilisait un meuble pour se propulser à la hauteur de la tête de barbe-blanche, une immense hache à la main, et s'apprêtait à trancher le coup d'Edward Newgate.


-shi shi shi ! La viande à la chantilly, c'est pas mal, mais avec de la confiture et du saumon, c'est super !

-J…J'imagine, murmura Tatch, vaguement nauséeux.

-On dirait qu'on s'amuse bien, ici.

-Marco ! S'écria Luffy en sautant du tonneau où il était assis. Tu as vu ma viande ?

-J'ai vu, sourit Marco. Je suis content de voir que tu reprends du poil de la bête ?

-Du poil ? non, Tatch m'a dit qu'il faut les enlever avant de manger. Mais sinon on a fait du pain ! Je t'en aurais bien donné, mais je dois en garder pour scarby et Sabo. Scarby mange beaucoup !

-Evidemment, dit Marco. Mais pour Sabo, je crois que ça peut s'arranger…

En effet, derrière lui apparut Sabo, presque timide de faire face à Luffy après qu'il ait été témoin d'un tel spectacle.

Mais L'élastique cracha sa viande (Tatch faisait beaucoup d'effort pour ne pas hurler sur les bactéries déposées en cuisine), puis le petit enroula ses bras autour de son frère en pleurant :

-Sabo ! J'ai eu trop peur !

-Eh, eh, tout va bien, Luffy. Tu as vu ? Je vais bien, déclara doucement sabo en serrant en retour son frère.

C'était marrant comme les câlins de l'élastique allégeaient les cœurs. Tatch et Marco observaient le spectacle en s'entreregardant, heureux de telles retrouvailles. Mais sans transition, Luffy lâcha Sabo, et après les larmes, son visage exprima une colère noire :

-J'arrive pas à croire qu'Ace t'a frappé ! il…il mériterait un gom gom pistol dans le ventre ! Ca lui apprendra !

Sabo perdit son sourire :

-Je sais. Mais, écoute Luffy, je vais parler avec Ace, alors pour le moment, ne t'en prends pas à lui, d'accord ?

Il ne savait pas encore si cette discussion inclurait un coup de poing en pleine face renvoyé. Possible. Il ne savait pas.

-Je comprends pas pourquoi il a fait ça, murmura Luffy. Juste parce que t'as décidé d'être un révolutionnaire…

Sabo se gratta la tête. Evidemment, pour Luffy, Ace était ce grand frère inébranlable qui avait toujours veillé sur eux. Enfin presque toujours. Luffy sélectionnait les informations.

-Je…Tu sais, Luffy, Ace a parfois un caractère…

Il s'arrêta de parler en entendant une énorme explosion, comme si quelque chose avait éclaté plusieurs murs. Tatch et Marco se placèrent des deux côtés des frères en prévision d'une attaque, et Sabo entoura Luffy de ses bras. Une seconde, ils restèrent en alerte dans la cuisine, les autres pirates sur le qui vive également. Mais aucun pirate avec un haki de l'observation développé ne percevait de présence ennemi.

Tatch se dévoua pour aller voir. Marco pencha la tête vers la porte pour voir Tatch qui traversait le self, et arriver sur le pont….Pour se figer, légèrement blanc, l'air inexpressif, avant de lentement, très lentement, revenir dans la cantine, fermer la porte, et marcher vers eux tel un automate. Sabo, Luffy et Marco s'entreregardèrent, perplexe.

Tatch avait rebroussé ses manches et commençait à se laver les mains pour reprendre la cuisine.

-Bah alors ? demanda Luffy.

-Hum ?

-Il y a une attaque ? un problème ? Un ennemi à bord ? énuméra Marco.

-Quoi ? Oh non, c'est rien. Père est juste en train de mettre sa pédagogie à l'épreuve.

-Hein ?


En effet, la soudaine, et il fallait le dire, assez pitoyable tentative d'exécution d'ace fut balayé d'un revers de la main, au sens propre et au figuré. En effet, en levant simplement le bras, et d'un mouvement fluide de la paume, Barbe-Blanche avait fait valser ace à travers un murs comme s'il n'était qu'un moucheron agaçant lui tournant autour. Le garçon avait roulé jusqu'au pont, du sang s'écoulant de sa tempe et le nez en sang, mais miraculeusement sans dommages trop graves. Plus qu'une expression de douleur, il avait une tête extrêmement étonné.

D'accord, il n'avait pas vraiment pensé à la suite. Il avait juste enchainé crise de panique sur crise de panique, et en était venu à la conclusion qu'effectivement, il n'était qu'un moins que rien. Il n'y avait qu'un moins que rien pour blesser Sabo.

Il était ensuite passé par un terrible malaise, et la pensée que même Roger valait mieux que lui. Et c'était…insupportable. Alors il dut chercher un moyen de prouver sa valeur. Et la meilleure idée qui lui était venu, c'était de tuer Barbe-blanche.

Oui, c'était stupide. Mais Ace n'était pas forcément un génie quand il était en colère ou désespéré. Et il était les deux à la fois.

Mais en l'occurrence, cette stupidité là lui avait donné de nombreux bleus dans le dos, une entaille à la tempe, un nez en sang, et pire que tout, une sacrée blessure à l'amour-propre. Il n'avait jamais été balayé comme ça.

Jimbei et Barbe-Blanche le regardaient par le trou du mur. Jimbei était catastrophé.

-Pardonnez-moi, je ne….Je ne pensais pas qu'il…qu'il allait…

Mais Barbe-blanche, d'une main, le fit taire. Il toisa Ace du regard un long instant, avant de se tourner vers le shishibukai avec un léger sourire :

-Merci de l'avoir surveillé, Jimbei. Je prends le relai.

-Mais…

Jimbei regardait alternativement l'empereur et le garçon, sans trop savoir pour lequel des deux s'inquiéter le plus. Barbe-blanche posa sa main sur son épaule :

-Ne t'inquiètes pas, mon ami. Tu as confiance en moi ? Alors laisse-moi gérer cela.

Jimbei resta figé un instant, avant de hocher la tête.

-Très bien. Je vous fais confiance.

Il sortit par le trou fait dans le mur et commença à avancer vers Ace, qui se remettait péniblement debout. Le shishibukai jetait des regards meurtriers envers les badauds bouche bé :

-Quoi, vous avez jamais vu un mur détruit ?

-Je…Je suis pas sûr que ca soit le problème, marmonna un pirate.

Jimbei agrippa Ace par le tee-shirt. Le garçon se débattit, comme à son habitude, mais il était trop sonné pour faire grand mal. L'homme-poisson inspecta Ace sous toutes les coutures, et soupira :

-Je crois que tu as besoin de te calmer.

Il l'amena à l'intérieur, le posa sur l'immense lit, et s'en alla. Ace se redressa aussitôt, et fit face à l'empereur, l'air aussi goguenard que d'habitude, mais légèrement blanc de faire face à l'empereur après ça.

Barbe-Blanche constata son nez et sa tempe, et soupira. Le pire était qu'il avait vraiment essayé de réguler sa force. Le gamin avait beau avoir mérité une petite rouste, il regrettait un peu de l'avoir envoyé valser aussi violemment. Ca et il dormirait avec des courants d'air ce soir.

Ace allait courir hors du lit, mais Barbe-blanche se retourna d'un coup, l'air soudain très menaçant :

-Ca suffit.

L'air avait changé. C'était comme si l'oxygène était devenu lourd. Ace fut incapable de dégager son regard de Barbe-blanche. Pourquoi son corps était immobilisé comme ça ? Il se retrouva à nouveau assis. La tension incroyable s'était évanoui aussi vite qu'elle était survenu, mais Ace avait la tête qui tournait et encore les oreilles qui bourdonnaient.

Qu'est-ce qui venait de se passer ?

Barbe-Blanche se pencha et regarda Ace dans les yeux :

-et maintenant, tu vas écouter, sale gamin : je ne sais pas exactement quel est ton problème, mais tu vas me faire le plaisir de te comporter dignement, ne serait-ce que pour mériter l'admiration que tes pauvres frères te montrent.

Ces mots furent encore plus coupants que la scène d'auparavant, et ace se retrouva à nouveau muet, la langue clouée par la honte, et le cœur accéléré par la peur.

Barbe-Blanche. Il avait essayé d'assassiner Barbe-blanche dans un moment de stupidité. Qu'est-ce qu'il allait faire ? a lui, à Sabo et Luffy ? Les noyer ? Les découper en rondelle ? Les démolir d'un coup de poing ?

Il voyait l'empereur ouvrir un de ses placard en lui tournant le dos. Une arme, il prenait une arme. Il devait dégager, avant que…

Mais quand l'empereur se retourna, il ne tenait…qu'une boîte de soin, semblable à celles qu'on trouvait à l'infirmerie.

Pour la troisième fois, Ace resta figé, mais cette fois de stupeur. Il observa ainsi Barbe-blanche se pencher, ouvrir la boite, et commencer à s'occuper de ses blessures. Ace tressaillit quand il vit le géant l'approcher, mais à peine.

Il…Ne le tuait pas ?

Barbe-Blanche s'occupait de panser son front en marmonnant :

-Ca joue les durs, ça se fait démolir, et ça me détruit un mur…foutue nouvelle génération…

Ace ne bougeait pas. Mais ses poings tremblaient.

Pourquoi il faisait ça ?

Pourquoi il s'occupait de lui ? Il voulait lui faire croire qu'il en avait quelque chose à faire ?

-Tu…Tu sais que j'ai essayé de te tuer ?

-Hum ?

Ace ne le regardait pas, il essayait déjà de donner de l'assurance à sa voix qui partait en sucette.

-C'était assez clair, oui. Enfin si tu crois que tu es le premier à…

-Alors pourquoi tu me soignes ! Hurla soudain Ace. Tu vois pas que j'ai voulu te faire mal !

Il n'y arrivait pas, il allait pleurer, il devait taper pour que ça n'arrive pas, il devait hurler. Il hurla donc.

-Tu vois pas que j'ai fait du mal à Sabo ! Alors qu'il a toujours été là et qu'il vaut 100 fois mieux que moi ! Alors que j'ai fait du mal à Luffy, juste parce qu'il voulait être mon ami, et en frappant Sabo devant lui, alors que je dois être fort, toujours fort, pour les protéger, et au lieu de ça, je leur ai fait du mal, et je…

La voix d'Ace se brisa comme du verre jeté contre un mur. C'était physiquement douloureux de parler, de l'écouter. Il explosait. Tous ces doutes, ces craintes, sa haine, qui rejaillissait depuis le traumatisme d'avoir frappé Sabo. Il se plia en deux, et il commençait à pleurer.

Barbe-blanche le regardait fixement. Il comprenait qu'Ace ne le haïssait pas, et n'était pas en colère contre lui. Il se haïssait et était en colère contre lui-même. La colère envahit également l'empereur, plissant son front et sillonnant son visage. Mais pas une colère envers ace.

Qui, qui était le monstre qui avait mis Ace dans un tel état de rabaissement ? Qui était celui ou celle qui avait amené Ace à penser qu'il ne valait rien ? Qu'est-ce qui avait fait bouillir la rage en Ace, empiétant sur la bonne nature que Barbe-blanche voyait en lui, comme un feu de forêt destructeur détruirait toute la vie sur son passage ?

-Je…Je mérite pas de vivre, hein, tout le monde le sait, alors pourquoi, pourquoi tu m'as pas simplement tué, pourquoi tu as pas…

Barbe-Blanche en eut assez. En conséquence, il agrippa Ace par le tee-shirt, et le serra contre lui de toutes ses forces. Et Ace, en un instant, cessa de parler pour simplement hurler. Hurler sa douleur, hurler le chagrin qui lui pesait chaque jour. Et par-dessous tout, pour sangloter.

Les larmes étaient étrangement plus effrayantes que les cris, mais aussi plus rassurantes, d'une façon paradoxale. La douleur qu'il ne pouvait qu'exprimer qu'en braillant et laissant couler des torrents de larmes était presque inhumaine. Mais enfin, il laissait sortir tout ça. En un sens, il acceptait de paraitre faible à côté de quelqu'un.

C'était facile de pleurer quand vous saviez que quelqu'un veillait sur vous.

Et Ace accepta que cet homme ne veuille pas le voir mourir.


-C'est débile, déclara Kidd.

-Bah c'est comme ça, assura Law.

Kidd grognait comme à son habitude, mais il semblait troublé.

-C'est débile, répéta-t-il. Tu vas me dire que tous les pirates ici l'ont fait ?

-Non, évidemment. Les plus forts, seulement. Faut un fruit du démon, déjà. Tu sais bien que ceux qui ont mangé des fruits du démon sont meilleurs, non ?

Kidd approuva. C'est vrai. Il avait mangé un fruit du démon. Un fruit du démon puissant. Donc il était meilleur. Normal. Le haki devait bien entrer en ligne de compte, mais il le manierait bientôt à la perfection. Mais il secoua la tête :

-Attend ! L'autre crétin de chapeau de paille a aussi bouffé un fruit, tu vas pas me dire qu'il est puissant !

Law haussa un sourcil. Ca avait failli être trop facile. Comme la dizaine d'autres fois. Fallait croire qu'il apprenait un peu, à force. Il haussa les épaules :

-non, mais si tu prends ce genre d'exemple, aussi…Evidemment que non, mais c'est l'exception.

Kidd le fusilla du regard avant de se tourner vers Bepo, qui était embarqué dans l'histoire malgré lui. Law commençait à lui apprendre la cartographie, pour qu'il puisse revoir Zepo été naviguer proprement sur les mers, mais après plusieurs heures d'acharnements, il lui avait dit de faire une pause, et lui avait proposé de se détendre. Et Kidd passait par là.

Toujours est-il que Kidd avait bien compris qui était le maillon faible et se pencha vers le mink pour murmurer de sa plus belle voix d'outre-tombe, qu'il avait beaucoup pratiqué et dont il était très fier :

-alors, c'est vrai ?

Bepo aggrandit les yeux et la peur lui fit perdre la voix, alors qu'il alla se cacher derrière Law :

-D…Désolé !

-Ah non, Bepo, s'exclama Law, je t'ai déjà dit, tu t'excuses pas devant n'importe qui, un peu de dignité !

Il faisait bien comprendre par son ton que le n'importe qui était particulièrement prononcé envers Kidd, démontrant ce qu'il pensait du gamin. Cela étant, il renvoya son regard à Kidd. Les traumatismes violents enfantins vous en donnent, des comme ça.

-C'est vrai, dit Law. Mais bon…

Il prit un air blasé et haussa à nouveau les épaules :

-si tu penses pas être à la hauteur…Ca se comprends….

Le regard de kidd se teinta d'une rare colère :

-E…Eh ! Tu te fous de moi ?!

-Non…Je pense juste que tu as que de la gueule !

-Ah ouais ?! Bah tu vas voir !

Finalement ça restait assez facile, songea Law, en voyant Kidd sauter de bord, provoquant les crus paniqués de plusieurs pirates à proximité qui foncèrent vers la rembarde :

-un sale gosse à la mer !

-Mais il lui prend quoi ? il a oublié que c'était une enclume !

-Je vais plonger !

Mais personne ne plongea, l'incompréhension, puis la stupeur cassant leur élan.

Il y avait une petite planche de bois qui flottait et Kidd tenait en équilibre sur elle, un pied levé, dans une pause étrange de ballerine. Le gamin était étrangement souple.

Law, ses deux mains tenant sa tête, coudes sur la rembarde, mourait de rire alors que Kidd ne tint pas plus de secondes avant de tomber, provoquant à nouveau la panique des pirates, une d'entre elle, de la race des hommes-poissons, plongeant pour aller le récupérer.

-C'est pas très gentil, déclara Bepo.

C'était la première qu'il faisait un reproche à Law et celui-ci s'arrêta subitement de rire en entendant ça. Qu'est-ce qu'il avait fait, encore ?

Mais Bepo semblait fâché, et il n'aimait pas ça, alors il dit :

-Eh, t'inquiète. Je savais bien qu'il y aurait toujours quelqu'un pour le repêcher, sinon j'aurais pas lancé ce défi. Regarde autour de toi ! on est sur le navire de Barbe-blanche, entourés de certains des plus grands pirates de ce monde ! Honnêtement que la marine se pointe pour nous capturer, ou n'importe qui d'autres, ils se feront sévèrement botté le cul !

Bepo considéra l'argument.

-C'est vrai, concéda-t-il.

Puis, un grand sourire aux lèvres :

J'ai déjà vu les pirates de Barbe-Blanche plusieurs fois sur Zou. Ils sont très gentils. Je crois qu'ils veillent vraiment sur nous !

Law regarda l'horizon, transporté par cette idée qu'il y avait des gens bons dans ce monde.

-C'est vrai, murmura-t-il.

-Ca reste quand même pas très gentil.

En dessous, Kidd remontait et hurlait sur la pauvre piratesse comme quoi il avait pas besoin d'aide et surtout pas venant de menu fretin et que de toute façon il était meilleur et…

La femme-poisson, pas très patiente et détestant l'ingratitude, l'envoya valser sur le pont.

-Ouais, bah ça lui fera les pieds, conclut Law.


Ace resta un long moment dans les bras de Barbe-blanche. L'empereur, au vu de sa taille, le cachait entièrement du monde. C'était…C'était…

Ace sentait la chaleur du câlin et les frottements rassurants de l'homme contre son dos. Il ne disait rien, aucune des banalités qui auraient pu faire enrager ace. Il se contentait d'être là.

C'était…Rassurant.

Quand les pleurs cessèrent, il se souvint alors qu'il pleurait dans les bras de l'homme qui avait été le plus grand rival de son père. Il voulut s'écarter. Barbe-Blanche ne desserrait pas les bras. Ace commençait à s'agiter, à s'énerver. Ce qui était rassurant devenait une prison. Barbe-Blanche comprit.

Ace devait avoir l'impression qu'il contrôlait, qu'il pouvait s'en aller, être libre de ses choix, mais qu'il pouvait revenir dans les bras de Barbe-blanche, qui serraient toujours ouverts pour lui.

Après tout, n'était-ce pas le rôle que l'homme avait voulu endosser depuis son plus jeune âge ?

Il ouvrit les bras et Ace se dégagea. Il s'assied sur le lit disproportionné en prenant de la distance avec l'homme. Il avait le visage strié de larmes et était rouge pivoine. Il n'avait pas l'habitude d'accepter de l'aide.

Il se frottait le bras gauche en regardant la couverture, en clignant à peine des yeux, la mâchoire serrée par la honte.

C'était assez mignon, trouva Barbe-blanche.

-….P…Pardon d'avoir essayé de te …tuer. C'était…C'était….T'avais rien à voir dans cette histoire-là.

Ace retomba dans le mutisme. L'empereur continuait de le fixer.

-Pourquoi tu as frappé Sabo ?

Ace tressaillit. Il voulut hurler « ça te regarde pas ! » Mais même lui trouvait ça ingrat. Il resta silencieux une demi-minute. Le vieux…Le vieux qui ne lui en voulait pas d'avoir essayé de le tuer, qui avait été si gentil avec eux, qui l'avait soigné, qui l'avait laissé pleurer contre lui, qui….Qui avait accepté tant de pirates devenir ses enfants…Sans qu'ils soient liés par le sang, sans savoir d'où ils venaient…

« Pourquoi on l'appelle Père ?

-Parce qu'il nous appelle fils et filles ! On est des parias pour le monde autour, alors quand il nous appelle ses enfants, ça nous fait plaisir ! »

Ace serra les poings si forts qu'ils blanchissaient. C'était…C'était la première fois de sa vie qu'il voyait un adulte comme…Comme peut-être capables de vraiment l'aider.

-Je…J'ai peur qu'il s'en aille, murmura Ace.

Il sentait les larmes revenir mais il les retenait. Mais sa voix manquait parfois de se briser.

-Il…Il a toujours été là…Quand je…Quand j'allais mal…C'était le seul à avoir jamais réussi à…à me comprendre et…Et maintenant…

Barbe-Blanche écoutait, sans faire de commentaires.

-Et je sais qu'il m'oubliera pas, mais…J'ai eu peur. Alors…alors je l'ai frappé.

Il y eut un lourd silence. Puis Ace surprit l'empereur en se frappant à la tête avec son poing :

-Mais qu'est-ce qui va pas chez moi !

Barbe-blanche écarquilla les yeux. Il crut qu'Ace allait arrêté, mais l'enfant continua, se frappant de plus en plus. Le bandage commençait à prendre une teinte foncé alors que le sang coulait légèrement.

-Je suis nul ! Je suis vraiment trop nul ! Je suis mauvais, ils ont raison ! C'est pour ça que tout foire ! C'est moi qui devrait partir ! C'est moi qui aurait du me prendre un coup de poing ! Je devrais juste crev…

Ace non plus ne s'attendait pas à la suite. Barbe-Blanche l'avait durement baffé. Pas assez pour le faire saigner, mais sa tête partit sur le côté, et il avait la joue bien rouge. Ace resta immobile, sous le choc. Puis l'empereur lui agrippa les bras, emprisonnés dans ses immenses bras. Il s'approcha d'Ace et murmura :

-Ose répéter ça en ma présence, et tu passeras par-dessus bord. Tu m'as bien compris, sale gamin ?

Ace avait du mal à respirer. L'homme semblait tout ce qu'il y avait de sérieux. Mais…Mais pourquoi….

-Tu crois que tu es mauvais ? Tu crois que tu ne mérites pas de vivre ?! Alors change ça !

Ace se figea. Tout à coup, il écoutait avec une attention accrue.

-Ton destin n'es pas écrit, Ace, et toi seul peut choisir de qui tu veux être ! Ne te cherche pas d'excuses auprès de ton passé et de qui tu tiens, car tout ce qui compte, c'est ce que toi tu feras ! Alors vis ! Vis parce pour tes frères, qui t'aiment profondément !

Ace ne put s'empêcher de laisser une larme s'en aller.

« Papi…Tu crois que j'ai mérité de vivre ?

-…Ca tu ne le sauras qu'en vivant. »

-Vis ! Hurla encore barbe-blanche ! Vis sans regret ! Vis et devient l'homme que tu veux être ! L'homme bon et fort que tes frères voient, que Marco voit, que je vois ! »

Ace déglutit. Ses bras tremblaient si fort qu'il dut poser ses mains sous ses cuisses pour ne pas sauter sur place.

-Qu'est-ce que ça peut faire, murmura encore Ace. Qu'est-ce que ça peut te faire…

-Mais personne ne m'écoute, ou quoi ? J'ai dit que j'étais vieux et puissant, donc je fais ce que je veux ! Et j'ai décidé que tu en valais la peine et que je voulais te voir aller bien !

Ace serrait tellement les poings qu'il commençait presque à saigner.

-Et puis d'abord pourquoi tu n'as pas esquivé ? continua barbe-Blanche, sans transition.

-Qu..Quoi ?!

-Quand je t'ai envoyé valser, tu pouvais au moins tenter d'esquiver le coup en te tournant, et tu ne l'as pas fait ! Tu aurais pu tenter de me tuer dans mon sommeil et tu ne l'as pas fait ! Je vous ai observé, à l'entrainement, même quand tu es dans une situation trop dure pour toi, tu ne fuis pas ! Alors explique moi !

Ace prit une seconde à se demander en quoi c'était aussi important, pendant que barbe-blanche marmonnait « je suis vraiment en train de le féliciter de m'avoir attaqué de face ? »

-P…Parce que…

Il prit une grosse inspiration, aspira le sanglot, et tenta d'expliquer ce que lui-même avait du mal à comprendre :

-Je…Je sais pas. Depuis tout petit, je…J'ai juste l'impression que si je tourne le dos au danger, je…Je pourrais pas…Je serais pas digne d'être le plus fo…

Ace s'arrêta, et murmura :

-Je pourrais pas protéger mes frères.

Barbe-Blanche posa soudain sa main sur la tête d'Ace…et se mit à lui caresser les cheveux.

-Hein ?

Ace releva la tête, encore anxieux, mais surtout perplexe. Ce vieux…

« Je ne sais pas pourquoi…Je ne peux m'empêcher de l'imaginer dans quelques années avec ta marque dans le dos ».

Barbe-blanche voyait à présent pourquoi. Il regardait le garçon, et dans son cœur, il avait déjà décidé. Peut-être que comme Luffy, il ne voudrait pas de père. Mais il en doutait. Il était en fait persuadé que c'était la chose première dont il avait besoin.

-Ace….

Le visage de barbe-blanche, jusque-là mortellement sérieux, s'éclaira :

-Je suis désolé, je te considère déjà comme mon fils.

Ace resta bouche bé, sans rien répondre.

-Et je veux que tu portes ma marque dans ton dos. La marque de notre famille. Là où rien ne pourra l'atteindre.

Pourquoi Ace avait la tête qui bourdonnait ? Pourquoi il avait oublié comme respirer, encore ?

-Ca ne veut pas dire que tu ne seras plus le frère d'Ace et de Luffy. Tu auras simplement deux familles. Deux familles qui se soucieront profondément de toi. Mais le choix d'appartiens, Ace, et je ne te forcerai jamais à rejoindre ma famille. Mais je crois que tu l'ais déjà rejointe dans mon cœur.

Ace ouvrit et ferma la bouche très vite. C'était…C'était…Il devait trouver une réponse classe, digne, il devait…

-Beuh…

Oh non, merde, pas encore ! Il recommençait à pleurer ! C'était horrible ! C'était…C'était la première fois qu'il pensait à Roger sans avoir mal. Parce que soudain, il semblait bénin. Oubliable. Il était comme…disparu de l'esprit d'Ace.

-Je…Je…

-Quoi ? Tu crois que je vais prendre tes pincettes avec toi à cause de ton père ?

Ace leva soudainement la tête. Il...Il n'avait pas…

Mais Barbe-blanche le regardait toujours tendrement, et il hocha légèrement la tête, pour dire qu'il savait.

C'était fou comme le monde devenait soudain plus respirable.

-L…Le vieux…tu…

-Ace ?

Ace se retourna, en essuyant très vite les larmes, ce qui ne servait pas à grand-chose, car son visage était sillonné de traces.

Sabo était là, seul. Un peu étonné de voir Barbe-Blanche caresser la tête d'Ace et Ace…en train de pleurer ?

Merde. Pourquoi il devait pleurer ? il essayait d'être en colère contre lui !

-Je…Je peux revenir…

-non, attend !

Ace éloigna la main de Barbe-Blanche, descendit du grand lit et se précipita vers Sabo. Tous les deux étaient incroyablement tendus.

Mais Ace eut le bon réflexe de faire la seule chose qu'il devait faire en premier.

Il s'inclina, profondément, et hurla :

-Pardon !

C'était tellement guindé. Sabo se figea.

-Heu…

Mais ace reprit vite sa sincérité alors qu'il se relevait et reprenait avec un ton larmoyant :

-Désolé, Sabo, j'ai…J'ai pas voulu, j'ai pas voulu….Je…Je veux juste pas te perdre, et je veux pas te commander ! Si tu veux devenir un débile de révolutionnaire, et bah je te soutiendrais et tout ! Me…

Il renifla et murmura, pathétique :

-Tu me détestes pas ?

Sabo serra les poings. Ainsi la colère s'en était allé se suicider par la fenêtre. Sabo posa les deux mains sur les épaules de Ace :

-Eh, du calme ! Je savais pas trop comment réagir…Et pour être franc, je savais toujours pas en entrant…Mais …Ca va, je sais que tu es juste un imbécile. Je t'en veux pas. Plus.

Ace déglutit à nouveau. Sabo sourit :

-Et on sera toujours frères. Peu importe ce qui se passeras. Même la mort changera pas ça. Ok ?

-Ok ! Dit ace en retrouvant le sourire.

C'était une de ces quelques fois où Sabo avait l'impression, en redonnant le sourire à Ace, d'être le grand frère. Et accessoirement le garçon le plus fier et heureux du monde. C'était si dur de faire sourire Ace.

Ce qui était intéressant, c'était qu'il était au contraire très facile de faire sourire Luffy. Et que pourtant Sabo se sentait toujours comme le plus garçon le plus fier et heureux du monde quand il le faisait. Luffy était quand même unique.

-Alors, tu m'en veux pas ? Dit encore Ace

-Aaha, si !

-qu…

Ace cessa de parler quand il reçut un coup de poing de Sabo pleine puissance en plein estomac. La respiration se coupa et il gargouilla en se pliant en deux.

-Là, on est quitte.

Quoi, Sabo allait pas être le plus mature tout le temps, si ?

Ace toussa, inspira, et se remit péniblement droit :

-O…Ouais, celui-là je te l'accorde.

-Par contre ta réputation a pris cher, déclara Sabo.

-quoi ?

-Ouais, va falloir suer pour la gagner ! Regagner en charisme et en autorité ! Enfin, le peux que tu avais….

-La ferme, Sabo !

-Bah, c'est pas grave, tu vas juste devenir fer..eH !

Ace et lui commencèrent à se battre. Comme avant. Ces petites disputes qui ne sont rien et qui comptent tant. Barbe-Blanche, qui avait sagement décidé de ne pas intervenir, se leva enfin et s'approcha :

-il est bon de voir deux frères se retrouver. N'oubliez plus que votre lien est indestructible.

Barbe-blanche se tourna vers Sabo. Le petit était assez exceptionnel également. Il avait un immense cœur, une grande intelligence, et il comprenait ce qui était essentiel. Barbe-Blanche voulut un instant aussi lui demander s'il voulait devenir son fils. Mais une solide intuition lui glissa que l'avenir de Sabo n'était pas sur la mer, en tout cas pas ici. Certes, ça n'aurait pas changé grand-chose…Mais il y avait une autre lumière dans l'œil de Sabo.

Il appartenait ailleurs, et avait déjà juré fidélité à un autre homme, quel qu'il soit, et Barbe-Blanche prit au sérieux cette résolution.

Il se redressa :

-Allez donc voir le petit Luffy. Moi je retourne à ma chopine…

-Luffy, murmura Ace.

Sabo le regarda, peiné, avant de murmurer :

-Oauis...Si tu dois regagner une confiance, c'est celle-là…


-Au fait, Sabo…

-Hum ?

-Pourquoi révolutionnaire ?

Ace secoua les bras devant son visage :

-non pas que je sois pas 100% derrière toi, hein ! Mais…Pourquoi tout à coup ?

Sabo baissa la tête.

-Je suppose que…Que je l'ai toujours voulu. Tout le malheur autour de nous, à Grey Terminal…Savoir que d'autres souffrent tant alors que certains se noient dans l'opulence et se moquent de leur sort…

Sabo serrait les poings de rage. Rien que le fait de penser à son ancien « foyer » lui donnait envie de tout renverser. Ace le regarda en soupirant légèrement. Si Sabo pouvait se vanter de connaître ace sur le bout des doigts, il ne fallait pas oublier que l'inverse était vrai.

-Je croyais qu'être pirate serait ce qui me permettrait de m'éloigner de tout ça…Mais je me rends compte que je ne veux pas m'en éloigner, je veux détruire ce système corrompu !

Ace resta silencieux. Marco avait raison. Son frère était extraordinaire.

-et qu'est-ce qui t'as vraiment fait réaliser tout ça ?

-Dressrosa, principalement. Le règne tyrannique de Doflamingo protégé par le gouvernement et tous ceux qui souffraient….Et…

-Et…

Sabo hésita. Il comprenait bien que Dragon gagnait à rester cacher. Mais bon il avait aussi caché un certain temps le fait qu'il voulait être révolutionnaire et regardez où ça les a mené…

-Heu…Ace ? Tu peux garder un secret ?

Ace haussa les sourcils. Son existence même était un secret.

-Oui, question idiote. Ecoute, j'ai rencontré un homme, sur Dressrosa. Un homme incroyable.

Sabo avait la voix pétrie d'admiration. Ace pencha un peu la tête, intrigué.

-qui ça ?

-Le…

Sabo regarda à droite, à gauche, et chuchota à l'oreille d'Ace, qui fit « hu…hin hin…nooon…ah d'accord… » et :

-quoiiiiiii ?!

Sabo se recula prestement en se frottant les oreilles.

-Chut ! Son identité doit évitée le plus possible d'être…

Ace lui agrippa le tee-shirt et se mit à le secouer :

-ce type est le géniteur de Luffy ?!

Evidement, c'était la seule chose qu'Ace avait retenu. Mais Sabo s'en doutait. Ce n'était pas comme s'il était du genre à se faire impressionner par les titres des grands hommes de ce monde. Particulièrement les pères absents.

-Je…Je pense oui, enfin j'en suis presque sûr…Ace, lâche-moi !

Sabo se dégagea et Ace grinça des dents :

-Ce type a abandonné Luffy a des gens aussi irresponsables que Dadan et Papi !

-Et nous deux…

-chut Sabo, je me concentre !

-Exploit, murmura Sabo en levant les yeux au ciel pendant qu'Ace faisait les 100 pas.

-Ce connard a abandonné Luffy…Si je le croise, je…

-Eh, Ace !

Sabo avait l'air énervé :

-Déjà ne le traite pas de connard, cet homme a sauvé tellement de vies !

Ace leva un sourcil, interloqué. Mince, Sabo avait vraiment trouvé un modèle en cet homme.

-Ensuite, tu crois pas qu'il avait une bonne raison ? Il est sans cesse traqué ? Luffy n'aurait pas été en sécurité avec lui.

Ace croisa les bras, buté.

-Je m'en fiche. Sa priorité, c'était sa aurait pas dû partir.

-Honnêtement, Ace, tu crois que Luffy se soucie de savoir qui sont ses parents.

Ace baissa les yeux une seconde. Non, c'est vrai. Les quelques fois où Ace avait décidé d'être le grand frère responsable et de parler avec Luffy de son possible problème d'abandon, l'élastique avait seulement ri : « des parents ? shi shi shi, mais j'en ai pas ! »

Et quand Ace essayait de lui faire comprendre qu'il pouvait peut-être se sentir mal à cause de ça, manquer par exemple sa mère, Luffy avait haussé les épaules :

-Bah ! Moi tant que je suis avec vous, tout me va ! »

Ace soupira :

-D'accord, peut-être pas…Mais ça n'excuse pas !

-Peut-être. Tu ne sais pas. De toute façon il est assez peu probable que tu le croises un jour. Tout ce que je te demande, c'est de garder le secret, surtout envers Luffy !

-Tu croyais vraiment que j'allais lui en parler ? S'écria Ace.

-Me parler de quoi ?

-Aaaah ! Luffy ?!

Ace et Sabo levèrent les bras en l'air et reculèrent de surprise dans une simultanéité étonnante. Le chapeau de paille poussa un petit « hum ? »

-Mais qu'est-ce que tu fiches là ! S'écria Sabo. Je croyais que t'étais en cuisine !

-Bah oui. C'est la cuisine.

Les deux ainés regardèrent autour d'eux. Effectivement, obnubilés par l'importance de leur conversation, ils étaient arrivés sans même le savoir.

Luffy se mit à tirer sur la manche de Sabo :

-Tatch a dit qu'il devait arrêter de me nourrir sinon on allait tomber à court de "pivres", ou un truc comme ça. C'est pas juste ! Tu peux lui dire d'arrêter d'arrêter de me nourrir parce que je veux qu'il continue !

-Heu, oui, heu…Hein ? Marmonna Sabo, ayant un peu de mal à sortir de la conversation précédente pour se focaliser pleinement sur le bafouillage de Luffy.

-Non je dis….

-Luffy ? Murmura Ace, anormalement timide.

Luffy se tourna vers Ace, comme s'il venait de se rendre compte de sa présence, ce qui pouvait ou ne pouvait pas être le cas. C'était dur de savoir avec Luffy.

En tout cas, le garçon lâcha le bras de Sabo, l'air soudain un peu tendu. Il tourna les yeux et croisa les bras, et dit, d'un ton qu'il pensait peut-être naturel :

-Ah…Salut Ace. Alors heu…Ca va ?

C'était pas spécialement une question de courtoisie, c'était plus une formule aléatoire qui, pour luffy, voulait dire « t'as vu comme je me débrouille bien sans toi ? »

Ca brisa le cœur d'Ace bien plus que prévu.

-Eh, Lu'…Je…Ecoute je suis désolé de ce que j'ai fait à Sabo, d'accord?

Luffy avait les lèvres tellement pincés qu'elle parait sur le côté. Il regardait toujours à droite, le regard inexpressif.

-J'ai…j'ai eu un …enfin un peu peur qu'il s'en aille, et j'ai réagi de manière débile. Mais je sais qu'il ne partira pas, qu'on sera toujours des frères.

Luffy commençait à être tellement immobile que c'en devenait inquiétant. Ca et il aurait du cligner des yeux depuis un bon moment.

-Je me suis expliqué avec Ace, intervint Sabo, il s'est excusé et je l'ai frappé aussi, comme ça on est quitte.

-T'étais obligé de lui dire ça ? Murmura Ace.

-Donc voilà, je te jure qu'entre nous tout est rég…Luffy ?

Luffy commençait à trembler, alors qu'il gardait les lèvres pincés et les yeux grands ouverts, des yeux qui semblaient prêts à sauter des orbites. C'était à la limite de voir de la fumée sortir de ses oreille. Il était rouge cerise.

-qui est-ce qui a laissé allumé une cocotte-minute ! Cria Tatch dans son coin de cuisine, occupé à préparer le repas du soir avec son équipe.

-C'est Luffy ! Dit Ace.

-Eh bah éteignez-le ! Cria Tatch en retournant à ses fourneaux.

-Respire, Luffy ! S'exclama Sabo.

Luffy ouvrit la bouche et prit une grande goulée d'air. Le stress lui avait fait oublié les besoins vitaux de l'être vivant. Sabo ferma douloureusement les yeux. Son frère avait tenu pendant 7 ans, quand même (et demi).

Mais Luffy, avec la respiration, avait également retrouvé la parole :

-O…Ouais bah Ace il aurait pas fait ça ! A…Alors…

Il se tourna vers Ace et voulut avoir l'air aussi intimidant que possible, poings serrés et mine patibulaire. Il avait plus l'air mignon que méchant, mais Ace avait rarement eu aussi peur. Est-ce que Luffy allait dire qu'il ne voulait plus de lui comme frères…

-A…Alors je te parle pas ! Na ! Et c'est bien fait !

Sur ce, il s'en alla sur le pont, avant de se retourner, de regarder Ace et Sabo, la mine toute attristé, avant de murmurer :

-En vrai, tu vas pas partir, Ace ?

-Qu…Non ! Jamais ! Hurla soudain Ace. Je t'abandonnai pas, et j'abandonnerai pas Sabo, ça te va, crétin ?!

Luffy eut l'air plus rassuré.

-Ok.

Sur ce, il s'en alla.

Sabo et Ace restèrent à moitié sonnés.

-Tu crois qu'il m'a pardonné ? Murmura Ace.

-Je crois qu'il t'a pardonné en grande partie.

-Comment ça en "grande partie"?

Sabo haussa les épaules.

-Je sais pas, qu'il t'a pardonné mais que tu devras regagner sa confiance…Je sais pas, écoute, il est dur à interpréter, des fois.

Ace eut l'air détruit. La vie sans son p'tit élastique qui lui courrait après et qui se noyait deux fois par jours, tout en pleurant pour rien ? Ca valait vraiment le coup ?

Sabo lui donna un petit coup de poing dans l'épaule :

-Eh, arrête de te tracasser. Il t'as pas renié, sinon il aurait réagi bien plus violemment. Tu le sais. Il est incapable de mentir. Il a juste besoin de temps…Et tu as besoin de lui prouver que t'es toujours le grand frère qu'il admire.

Ace renifla, amer.

-Je suis pas vraiment sûr de l'être.

-Peut-être, mais lui il croit en toi. Ca mérite pas un peu de se battre pour ça ?

Ace regarda Sabo, et hocha furieusement la tête.

-si !

-Alors demande-toi comment tu pourrais regagner cette confiance !

-Oh, Sabo ! Et Ace…

Luffy revint dans la cantine :

-J'ai gardé du pain pour vous ! Vous allez le manger !

-Bien sûr, Luffy ! S'écria Ace.

Luffy leur désigna une table. Le pain était là, en encore plus piteux état qu'avant.

-Bien sûr, Luffy….dit Ace, moins enthousiasme.

C'était fou comme la fraternité exigeait des sacrifices.


Les miracles existent et après environ 4 ans, le navire de Shanks voyait enfin apparaitre la Moby Dick en vu. On entendit plusieurs soupirs de soulagements dans les rangs.

Shanks et Ben l'observaient approcher, lentement. Shanks souriait, mais le sourire était à moitié amer. Il savait que la nouvelle qu'il allait annoncer à l'empereur ne serait pas bonne et il connaissait ses chances d'être rembarré. Mais c'était un risque à prendre.

Cela ne l'avait tout de même pas empêché de faire la bringue pendant 3 jours entre temps avec un vice-amiral, parce qu'il fallait s'amuser dans la vie.

-Alors on est arrivé ? Fit une voix rauque derrière eux.

Yassop s'appuya contre le bastingage à côté d'eux.

-Tiens, Yassop, le salua Shanks. T'étais où ?

-En train de cuver.

-Oh.

Ben plissa les yeux.

-Il va falloir être délicat. Barbe-blanche a des raisons de nous en vouloir…

Yassop hocha la tête.

-Des raisons politiques….

-et aussi parce qu'on a foutu le bordel sur son navire en s'invitant à une bringue, conclut le fumeur.

Shanks haussa les épaules.

-Dites ce que vous voulez, c'était légendaire.

-Bref, tout ça pour dire que…

-on est arrivé ?!

Garp les rejoignit, de la fumée sortant de ses narines.

-M'en vais leur apprendre moi, à ces trois petits cons et à ce sale vieux schnoque !

-encore une fois, vous n'avez aucune pr…Commença Ben.

-Laisse tomber, mon vieux, marmonna Roo en les rejoignant.

Le navire commençait à se rapprocher de manière acceptable. Garp, lui, reculait lentement, en faisant des moulinets avec ses bras.

-Qu'est-ce qu'il fo…Eh oh !

Shanks se plaça vite devant lui en écartant les bras :

-Ca suffit ! T'as déjà ruiné mon navire avec tes sauts à la noix !

-Tu es juste jaloux parce que tu peux pas sauter aussi bien que moi !

-Alors déjà ça se dispute et…Mais c'est pas le propos ! Ecoutez, garp, vous êtes pas en train de faire joujou avec vos canons pour réprimer une petite piraterie à la noix ! on parle de Barbe-blanche !

Ben sourit sous sa cigarette. Shanks était un garçon qui se souciait peu des titres et qui avait très conscience de sa propre puissance monstrueuse, mais il faisait grand cas de l'honneur, du courage, et n'avait jamais oublié le respect pour les figures extraordinaires de l'ancien monde qui avaient bercés autant ses rêves que ses cauchemars d'enfance. Barbe-Blanche méritait donc trois fois son respect.

Ca ne voulait pas dire qu'il n'allait pas investir son propre navire pour une fête surprise. C'était Shanks.

-Si tu le fais pas par respect pour le vieux, fais le au moins pour la logique !

-T'as dit quoi ? Murmura Ben, les yeux soudain écarquillés.

Shanks continua sans lui prêter attention :

-un vice-amiral, Garp qui plus est, il va titrer à vue. Alors attendez juste que je leur explique de moi-même et ça devrait être bon. On montera en premier pour expliquer et vous aurez tout le loisir de chercher Luffy et ses frangins. Mais vous devez promettre de ne faire aucune arrestation et aucune bagarre !

-Maiiis… !

-Promettez-le !

Garp soupira, grogna, râla, manqua d'attaquer Shanks, avant de croiser les bras :

-…Bon d'accord. Pour cette fois seulement.

-Merci, Garp.

Shanks se tourna vers ses trois fidèles lieutenants qui étaient tous bouche bé.

-Bah quoi ?

-Non rien, tu…As fait preuve de maturité, murmura Roo.

-Non mais vous me prenez pour qui, marmonna Shanks en fronçant les sourcils, l'air véritablement contrarié.

Sur ce, et devant le silence de son équipage, il leva son bras unique et fit un grand signe :

-ohé !

-Je crois qu'ils t'ont, dit Yassop avec son œil de lynx. Ils vont…

-Bande de salopiauds ! Hurla Garp d'un coup. Vous allez me payer ce kidnapping !

-Oh la la, murmura le tireur d'élite.


Effectivement un pirate de la division de Marco, qui était de vigie, vit le navire. Aussitôt, il se mit à trembler et à lâcher sa longue-vue. Il sentit un froid terrible l'envahir alors qu'il se balançait d'avant en arrière.

Le navire, c'était celui de Shanks le roux.

Et l'homme qui gesticulait et braillait, ressemblait fort au vice-amiral Garp.

Ce n'était pas tant de se retrouver face à un autre empereur, ni face à une telle légende de la marine. Ce pirate avait du galon, comme tout ceux présent sur le navire, et de l'expérience. Il savait qu'il n'y avait pas de guerre spécifique en ce moment et de toute façon, il était prêt à vendre sa peau. Mais il sentait aussi une grande protection par le simple fait de se trouver sur la Moby dick, auprès de tous ses frères et sœurs et auprès de leur pères. Barbe-blanche avait des centaines d'enfants adoptifs et on pourrait croire qu'il avait ses favoris. Mais il les aimait tous inconditionnellement. Il ne les laisserait pas mourir.

Sauf qu'il y avait une limite au galon, à l'expérience, au courage et à la protection, et cette limite s'appelait Shanks le roux.

A cause de ses capacités extraordinaires, de sa réputation, de son incroyable talent d'escrime ? Peuh. A un autre équipage, peut-être. Il avait même perdu un bras à East Blue ! East Blue !

Non, ce qui le faisait trembler au point de ne plus arriver à attraper la longue-vue, c'était les souvenirs de la bringue.

La saloperie de bringue.

Il y a quelques semaines, shanks s'était ramené à l'improviste. Ill avait profité d'une des siestes de Barbe-Blanche du à sa santé problématique pour, il citait, « ramener un peu de joie de vivres à ces pètes-secs ».

Ca s'était fini avec la moitié des recrues pleurant dans des coins, un strip poker terrifiant où a été dévoilé ce que Shanks aurait du caché, un karaoké étrangement abominable, une perte de tout ressource comestible à bord, un coup innombrable des réparations et un traumatisme général. Ce n'était que quand Barbe-Blanche s'était réveillé de sa sieste que Shanks était parti très vite, sous les menaces du pirate.

Leur Père les avait sauvé. La paix était revenu. Mais les cauchemars demeuraient.

Et Shanks, tel ce doryphore qui réussit à se glisser sous un meuble et à attendre son heure, était revenu.

-Pèèèèèère ! Hurla le pirate en descendant à toute allure.

Il bouscula les autres sur son passage, ne répondant à aucune question et il alla aussitôt se jeter sur les genoux de l'empereur qui posa sa choppe précipitamment.

-Eh bien, mon tout petit, qu'est-ce qui t'arrive.

Le pirate, ramené à l'état d'enfant, reniflait à gros coup alors que Newgate lui caressait la tête :

-P…Père ! Le navire !

Barbe-Blanche était trop loin du bord pour voir la voile, mais il avait une ouie extraordinaire. Il eut un sourire déterminé et heureuxx :

-Gura Gura Gura, c'est bien Garp que j'entends ? Ce sale chien de la marine, alors il a toujours pas calanché ?

Il tapa sur sa cuisse avec sa main droite sans cessé de caresser la tête de son enfant traumatisé.

-Tant mieux ! Gura Gura, ce type m'en aura fait voir de toutes les couleurs, mais c'est quelqu'un d'honorable ! Et s'il cherche la bagarre, nous nous battrons honorablement également !

-mais…Mais Père ! C'est pas ça le problème ! Il…il est sur le navire de…

Barbe-Blanche leva un sourcil tandis que le pirate (Marcel, si vous vous posiez la question), était étouffé par un gros sanglot. Il se mit à haleter, alors que tous les pirates alentours secouaient la tête de concert, en attendant la grosse révélation, que ceux qui avaient tourné la tête vers tribord pouvait déjà voir venir…

-De Shaaaanks le rouuux ! Conclut Marcel en se balançant d'avant en arrière.

A la simple évocation du nom, des dizaines de bleusailles se retrouvaient dans le même état, se faisant consoler par des commandants ou des frères et sœurs plus âgés.

Barbe-Blanche lui, se figea, reprit sa choppe, et déclara, la voix froide :

-tirez à vue.


-Super ! Ils nous ont vuuuu…Mais qu'est qu'il fait ?

Shanks était passé d'une expression illuminé à un froncement de sourcil à une face palm.

-Mais….Mais il nous tire dessus ?! Mais c'est pas vrai ! Mais c'est une manie chez mes rivaux ! Je peux savoir ce qu'on vous a fait ?

-Tu veux une liste ? Proposa Ben.

-Nan, mais si vous prenez tout comme ça…

-Vous croyez que c'est le moment ! S'écria Lucky Roo.

-Couchez-vous ! Hurla Yassop.

Il avait sorti un canon de calibre plus que respectable, et avait visé.

Les deux canons se rencontrèrent en l'air et provoquèrent une belle explosion dont l'air chaud souffla sur le navire du roux, en manquant de le renverser. Les pirates et les marines présents sur le pont se protégèrent le visage de leur cape ou de leur habits.

-La vache, ça c'est de l'efficacité, bravo Yassop ! S'exclama Shanks quand ce fut passé.

-Ah, moi, dès que je vois un problème, je tire. Règle de vie, déclara fièrement Yassop en prenant la pause.

-Moi j'aurais dit : ça c'est de la qualité, commenta Roo en regardant les restes de fumée en l'air. Je suis même pas sûir que ce soit physiquement exact tout ça. On doit avoir le même fournisseur.

-T'étais obligé de répondre de manière aussi bourrine ? demanda Ben.

-Tu voulais faire quoi, s'énerva le snipeur, attendre qu'il atteigne le navire ?! Quand je vois un problème, je tire ! T'es juste jaloux de pas l'avoir fait avant moi !

-Tss, dit Ben.

Silence.

-Je rêve ou je t'ai cloué le bec ? murmura Yassop, incrédule et immensément fier. Wahou, alors ça c'est…aie !

Ben venait de lui envoyer sa cigarette au visage. Il s'en alluma une autre, un petit sourire satisfait et mesquin aux lèvres. Il n'aimait pas perdre l'avantage.

-Dites, c'est bien joli tout ça, s'écria le second de Garp qui arrivait en remettant sa chemise dans son pantalon, mais il faudrait songer à trouver un moyen de leur faire comprendre que nous venons en paix !

-Tu vas mieux, toi ? Demanda Garp.

-Eh bien, oui….Je ne veux même pas savoir ce que vous buvez d'habitude ! S'exclama le second.

-Une boisson d'homme, répliqua Shanks en haussant les épaules. Petites natures de nos jours…

-Je crois qu'il parlait de ta réserve personnelle sous ton lit, remarqua Lucky roo.

-Quoi ?! Salopard ! Et puis d'abord comment tu as découvert ma cachette secrète !

-c'est toi qui as offert un coup au gagnant du concours de boisson.

-J'aurais jamais fait ça ! S'insurgea shanks.

-Si je devais compter le nombre de fois où il a sorti ça, murmura Ben, dépité, en se sortant une autre cigarette.

-Bravo pour ta victoire, petit ! S'exclama Garp en donnant une bonne tape dans le dos du jeune homme qui manqua de tomber à la renverse. C'est ta première grande victoire contre des pirates de renom ! Ca se fête !

-Me parlez plus de fête…Et puis, si c'est ça une victoire pour vous, être le dernier à dégobiller après près de 60 h de fête, recevoir en récompense un poison qui vous retourne la tête et reprendre ses esprits le lendemain à moitié à poil…

-allons, et pourquoi tu t'étais engagé ! un peu d'enthousiasme, machin !

Le second se redressa d'une façon si raide qu'on entendait presque ses vertèbres bouger une à une. Il se tourna vers Garp, les yeux exorbités.

-Vous ne connaissez pas mon nom ? Murmura-t-il d'une façon beaucoup trop calme.

-Quoi ?! Heu, mais si ! Hem…Pico ?!

-Non mais d'où vous sortez ça !

Garp voulut réessayer. Les prénoms, c'est comme conduire un navire, ça revient tout seul à la mémoire ! Garp ne se souvenait pas qu'il avait toujours fait échouer les navires qu'il avait piloté lui-même.

-Hem, Crocus ?

-J'ai une tête de fleur ?!

-Rockstar ?

-Bah non, j'suis là, fit une voix dans le tas humain des pirates en coma éthylique.

-Hem…Garp ?

-Vous êtes sérieux ?

-Aha ! Luffy ?

-Qu…Mais c'est le nom de votre petit-fils !

-Oui, tu m'as fais pensé à lui !

-o…Oh…Vraiment ? Murmura le second, visiblement touché.

-Ouais ! Tu me casses les pieds comme lui ! Bwa ha h…Aie !

Le second, dans un état de furie instance, avait collé une droite dans le ventre de garp. Ca n'avait fait aucune dégât. Garp n'avait dit « aie » que par tradition. Le second blanchit et se recula de plusieurs pas. Garp cess aussitôt de rire et son visage devint mortellement sérieux :

-T'as fait quoi, là, gamin ?

-Non…Non je…Couina le second…Heu, on s'éloigne du sujet ! Il faut trouver un moyen de communiquer avec la Moby Dick !

-Le gamin a raison, dit Yassop en posant la main devant ses yeux pour voir au loin. Je crois qu'ils sont en train d'armer leur canon à nouveau !

-J'vais leur montrer ! S'écria Garp en s'approchant du bord, oubliant très vite son second.

Celui-ci souffla de soulagement et le choc arrivant à contretemps, ses jambes flageolèrent et il manqua de tomber à la renverse ; il fut rattrapé par les aiselles par Ben qui, d'un simple coup du bras, le remit sur pied :

-Petit, t'as du cran, mais faut que t'apprennes à doser les puissances.

-J'ai vu toute ma vie défiler devant mes yeux, murmura le second.

-C'était comment ?

-Court et ennuyeux. Ca s'est bonifié sur la fin quand je suis entrée dans la marine.

-Alors continue sur cette lancée, petit, dit Ben en lui donnant une tape sur l'épaule avant de se tourner vers les autres.

-Il faut trouver un moyen de lui montrer que tout va bien…Dit Yassop.

-J'ai mon haki, dit Shanks en croisant les bras.

-Tu veux entrer en contact avec lui sans dommage ou définitivement lui faire un majeur métaphorique ? S'informa nonchalamment Ben.

-peuh.

-Il faut vite trouver un truc ! S'inquiéta le second de Garp. Je sais pas moi, un drapeau !

-Ah oui pas bête ! S'écria Shanks. Quelqu'un à un habit blanc sous la main ?

-Heu, fut la réponse générale.

-Moi, dit faiblement une vois sur le sol, tandis qu'un bras tremblant émergeait des décombres humains.

-Ah, parfait ! File-le moi !

-oui mais…

-Quoi ? C'est gênant…

-Ah je vois. Mais on s'en fiche, en fait.

Derrière, Yassop arrêta un autre boulet et le bateau tangua encore sévèrement.

-De la très bonne qualité, reprit Roo.

-bon, file-moi les fringues, dit Shanks.

-Oui mais…L'es pas encore très blanc…

-Hein ?


-Alors, mes enfants, Demanda Barbe-blanche, il a coulé ?

-non père, l'informa Rakyou. Mais je crois qu'il nous montrent quelque chose ?

-Si c'est pas la lettre des dernières volonté du sale gamin manchot, ça m'interesse pas, répondit l'empereur.

-Non, c'est…On dirait une sorte de drapeau.

rakuyou utilisa ses jumelles, resta une seconde stupéfait.

-C'est un caleçon.

-Comment ?

-Un caleçon. Je crois. Mis au bout d'un pistolet. Et…

Rakuyou rejeta un homme, avant d'informer :

-Y'a des taches de vomi sur le caleçon.

-Marco ! Hurla Barbe-blanche.

Marco, qui passait par là, interrogé par l'agitation, se tendit. Et merde.

-Va voir ces pirates à la noix et va leur indiquer que je rentre en guerre contre le Roux. Rakuyou, va prévenir tes frères et sœurs de se préparer pour la plus grande bataille de leur vie.

-Père, c'est un peu…Disproportionné ? Murmura Marco.

-Quoi ?

-non pas que voir le Roux mordre la poussière ne me procurerait pas une joie immense, mais on ne va pas sacrifier la vie de notre famille pour…Un caleçon.

-Qui pue le vomi.

-Merci Rakuyou. Je peux aller voir ce qu'il a en tête avant de partir en guerre.

Barbe-blanche leva les yeux si haut que ça en devenait comique.

-Bon, très bien, céda-t-il, comme s'il venait d'accepter quelque chose d'absurde. Rakuyou, dit à tes frères et sœurs de se tenir prêt pour une éventuelle bataille au sommet.

-Oui Père ! Déclara le commandant avant de partir sonner la cloche.

Marco, lui, s'envola, rejoindre le Red Force. Pas par gaieté de cœur, faudrait-il ajouter. Ce n'est pas parce qu'il n'était pas traumatisé comme la moitié de sa division que Shanks le roux ne lui cassait pas prodigieusement les…


-Ah ! Enfin, ils se décident à arrêter de tirer, dit Shanks en abaissant le drapeau, et en prenant bien garde de ne pas toucher ce le sous-vêtement. Il tendit le drapeau improvisé au brave matelot qui cachait sa pudeur derrière un tonneau.

-Tiens. Merci, mon vieux, tu nous as rendu un fier service.

-on m'avait proposé une place dans l'équipage de Big Mom, murmura l'homme en récupérant le caleçon, avant de le renifler et de le jeter à la mer.

Shanks tourna à nouveau la tête vers l'horizon.

-Vous avez vu ? Murmura Ben.

Une forme bleue et dorée fonçait sur eux à toute allure. Le visage de Shanks s'éclaira :

-Eh, mais c'est Marco ! J'l'aime bien, lui !

Il tendit le bras et fit de larges signes au commandant :

-Eh, Marco ! Ca te dit de rejoindre mon équi…
-Shanks, attention ! Cria ben.

Bam. Trop tard. Shanks, qui ne se doutait pas de la suite, et dont les réflexes avaient été considérablement amoindris par la gueule de bois persistante et les trois jours de fête, n'esquiva pas à temps quand Marco lui fonça dessus. Shanks le Roux, 4 eme empereur, légende vivante, naviguant de puis ses premiers jours, craint et respecté de tous, roula lamentablement jusqu'à l'autre bout du navire avant de se faire arrêter par le bastingage. Marco reprit forme humaine à l'endroit exacte où se trouvait Shanks avant, un petit sourire satisfait aux lèvres :

-Oups, excuse-moi, Shanks, je t'avais pas vu.

C'était mesquin, mais ça faisait du bien.

Shanks, incrusté dans le bois, leva péniblement une main :

-Pas grave, chevrota-t-il, ça arrive…

Mais ses trois lieutenants ne l'entendirent pas de cette oreille. Ils sortirent tous les trois leurs pistolets et le pointèrent contre la tête de Marco qui ne sembla pas s'en inquiéter.

-Tu vas payer, sale…

Yassop ne finit pas sa phrase et couina quand Marco lui donna un coup d'aile avant de la désintégrer.

-Oups, je suis vraiment maladroit, en ce moment.

Il n'avait jamais eu beaucoup de respects pour Yassop depuis qu'il avait appris qu'il était parti en abandonnant une femme enceinte. Abandonner sa famille c'était le meilleur moyen pour rentrer dans le collimateur des pirates de Barbe-Blanche.

-Bwwaha aha ha !

Ca c'était garp qui était en train de se fendre les côtes de rire en voyant l'escarmouche.

-Ca c'est envoyé !

-Bonjour, Garp, dit Marco.

Il n'avait pas de grief particulier envers l'homme. C'était un des quelques exemples de haut gradé honnête, il le connaissait depuis son adolescence, et c'était un ancien camarade de jeu de son vieux.

Garp sourit à pleine dents :

-alors, gamin, toujours pas occupé à faire un emploi honnête ! Tu pourrais facilement aider des villages et la marine !

-Merci mais non, répondit Marco. Je suis très bien là où je suis. Et j'ai 33 ans, vous savez.

-une broutille par rapport à mon âge ! On changeait ta couche que j'étais déjà occupé à faire mes premiers strikes avec des boulets de canon et des bans de pirates !

-J'en doute pas.

-Dites, si on dérange, intervint calmement Ben.

Marco, qui avait toujours trois armes pointés sur lui, sembla commencer à les prendre en compte. En tout cas, toutes les recrues, inquiète de la concentration accrue de pointures sur ce coin du navire, avait préféré se reculer sagement et n'intervenir que si les trois lieutenants se retrouvaient en difficulté, ce qui était quand même improbable, même pour quelqu'un d'aussi fort que Marco. Ainsi pensaient les pirates et les marines. Enfin, ceux en état de penser. La grande majorité était en train de participer collectivement au nettoyage du navire en bavant sur le sol dans leur sommeil.
Le second au nom mystérieux cessa de bouger, droit comme un piquet, en espérant que l'acuité visuelle des pointures du nouveau-monde était basée sur le mouvement.

-Tu ferais bien de t'inquiéter, dit Lucky, perdant son éternel sourire jovial. On est pas exactement ce genre de pirates qui tirent leur arme pour rien. Alors il vaut mieux que tu es une explication rapide ou Barbe-Blanche devra se trouver un nouveau second.

Le second de la marine écarquilla les yeux. C'est vrai que c'était le second d'un équipage yonko ! Et Ben Beckman l'était aussi ! Et il était censé avoir leur niveau ?!

-Vous savez que vous ne pouvez pas me faire mal, même en se prétendant meilleur sniper au monde ? Déclara Marco, d'humeur joueuse, apparemment.

-Tu veux parier ? Murmura Ben, la voix sourde et menaçante.

Marco le regarda. Ben était le seul des trois à pouvoir prétendre lui faire vraiment mal. Et il avait un certain respect pour le lui et pour Lucky Roo. Allez, assez de bravade.
-Calmez-vous et rangez ça. Je suis là pour voir ce que vous voulez. Sinon, je serais pas venu seul.

Lucky Roo et Yassop s'entreregardèrent et baissèrent leur arme après avoir concerté leur capitaine qui revenait vers eux. Ben ne la baissa pas, semblant attendre quelque chose. Marco soupira :

-Et je m'…m'excuse pour Shanks et Yassop, grinça-t-il des dents.
Ben baissa son arme.
-Ce n'est pas souvent qu'on sort ça sans tirer.

-Je sais. Et maintenant, vous pouvez m'expliquer ce que vous foutez sur notre territoire?

-Je dois voir Barbe-Blanche au plus vite, déclara Shanks, reprenant un ton sérieux.

-Pourquoi ?

Mais cette fois, la rigolade n'était pas de mise. Shanks ne souriait pas :

-Avec tout le respect, Marco, c'est une discussion d'empereur à empereur.

« On s'excuse », marmonna le second de Garp. Enfin dans sa tête.

-La même discussion qui a tourné au désastre de la dernière fois que tu oses appelé une fête ?

-Tiens, c'est marrant, je crois qu'on m'en a déjà parlé une fois ou deux…
-Salopard !

Un petit silence s'installa et tout le monde se tourna vers garp, qui avait le bras pointé vers Marco.

-Heu…Plait-il ? Dit-il celui-ci.

-Je savais que je pouvais pas faire confiance à des pirates ! Vous n'avez vraiment aucune limite dans la félonie !

-Je…On a fait quelque chose récemment ?

C'est le vieux était presque intimidant quand il se mettait en rogne.

Garp semblait oublier et se souvenir régulièrement de son objectif, et on était arrivé au deuxième cas de fiure.

-S'en prendre à des enfants sans défense !

-encore une fois, aucune preuve, murmura Ben.

Mais il fut coupé par Marco qui répliqua, d'abord choqué puis méfiant :

-De quoi vous parlez ?

-De mes petits-enfants que vous avez enlevé !

Marco fronça les sourcils. Est-ce que parmi les gamins qu'on a ramené…Il ne connaissait le nom de famille d'aucun d'entre eux.

-Je crois qu'il faut qu'on discute, déclara-t-il enfin.


-Père ! Hurla un pirate. Marco arrive !

-Et le Red force ?

-Il arrive aussi ! Apparemment Marco a réussi à négocier et à éviter un bain de sang ! Hourra !

-et merde, murmura l'empereur. Bon, je trouverais bien un moyen.

-Il…Il ramène Shanks le roux ici ? bégaya Marcel, livide.

-Et Garp le héros de la marine, aussi ? demanda rakuyou.

-SHANKS LE ROUX, hurla Marcel avant de sauter dans les bras du commandant.

-Bon, tu as tes priorités. Allez, viens, on va te coucher, chut, c'est tout, c'est tout, roucoula Rakuyou en emmenant le pirate à son dortoir.

Plusieurs autres pirates vétérans et commandants, eux, restèrent aux côtés de leur père, armes aux poings, préparés au combat.

Marco se posa sur le pont et les rejoignit.

-Où sont les enfants ? Demanda-t-il.

-A la cuisine, avec Tatch et Haruta, décmara Speed Jiru.

-Parfait. Qu'il y restent. Je vous expliquerais.

Peu après, le red Force arriva. Une planche posée. En descendit Shanks, ses trois lieutenants, et Garp. Le silence était pesant. Shanks avait failli décharger son haki des rois sur les quelques recrues qui trainaient encore, par curiosité, mais ben l'en avait empêché d'un simple regard.

-Salut, Barbe-blanche, déclara Shnaks une fois arrivé devant lui.

-Il faut un sacré toupet pour venir me déranger ici. Et sans offrande.

-Je sais. Et pardonne-moi pour l'alcool, je te promets que je t'avais gardé une gourde géante de ma meilleure cuvée, mais…Hem…On a tout perdu en mer. Tempête. Ouragan. Monstre marin. Gros dégâts. Pendant trois jours. Ouais.

Yassop toussa derrière lui. L'empereur se redressa.

-Eh bien, si tu n'as pas une bonne raison de venir me ….

-Toi ! Hurla soudain Garp.

Le regard de Barbe-Blanche devient plus espiègle que méfiant en se posant sur le vice-amiral.

-Ce vieux crouton de garp ! alors, comment ça va ?

-Ne fais pas l'innocent, sale…Attend, vieux crouton ! Tu es plus vieux que moi !

-Gura gura gura ! Effectivement ! on commence à être de belles reliques ! Mais ça ne nous empêche pas de bien recadrer les jeunes prétentieux qui croient prendre nos places !

-Ca tu l'as dit, approuva Garp, poings sur les hanches. D'ailleurs plusieurs recrues s'évanouissent en me voyant arriver au quartier général !

-Bien sûr ! je n'en attendais pas moins de cet imbécile de héros de la marine à la noix !

-Oh, ne soit pas modeste, sale empereur de mes deux ! Bwa ah aha !

Et ils rirent de concert devant l'air déconcerné des pirates.

-Chef, je crois qu'ils nous ont oublié ! S'écria Yassop. Ca tourne en réunion des anciens !

-J'savais qu'on aurait pas du l'amener, murmura Roo.

-oublié ? attendez, je tente un truc.

Shnaks se tourna vers un coin de pirates qui s'étaient tassés tous ensemble en le voyant arriver et leur sourit en leur faisant un petit signe de la main.
Aussitôt, deux pirates crièrent à la mort, un s'évanouit, et un dernier alla vomir dans la mer.

Shanks ricana. Ca marchait à tous les coups ! Même pas besoin de haki !

Barbe-Blanche donna un large coup de son baton sur le bois et Shanks sursauta. Ca aussi ça marchait à tous les coups.

-Très bien, alors dites moi ce que vous faites là et pourquoi je souffre de la présence d'un marine, même une vieille connaissance, et d'un empereur à la manque sur ma Moby Dick.
-Barbe-blanche, commença shanks, il y a une affaire de la plus haute importance dont je dois te…
-Mes petits-enfants ! Hurla Garp.

-Pardon ? Murmura le plus âgé.

-Il prétend que nous avons kidnappé ses petits-enfants, déclara Marco à côté.

Barbe-blanche se tourna vers lui. Effectivement, ils avaient des enfants à bord, mais aucun n'avait parlé de famille, et tous semblaient se débrouiller seuls. Surtout que la plupart voulait devenir pirates. Il fallait tirer ça au clair sans mettre en danger les enfants en cas de piège. L'empereur comprenait mieux pourquoi Marco avait amené Garp ici sans leur demander de poser les armes.

Mais le vice-amiral avait dit quelque chose d'impardonnable et l'œil de Barbe-blanche brûla et il fit mine de se lever. Même Garp s'en aperçut et sembla s'en inquiéter.

-Est-ce que tu oses m'accuser d'avoir enlever des enfants ? Moi ?!

-ouch, murmura Namur. Ca c'était la chose à ne pas dire.

-Excusez-moi, mais…Tenta Shanks.

-Je sais qu'ils sont là ! Cria encore garp. On ne peut pas tromper mon intuition ! Alors si tu caches quelque chose, je jure que même le ciel entendra parler de notre affrontement.

L'œil de Garp aussi avait changé. En un instant, le vieil homme loufoque était devenu cette légende dont tout le monde avait entendu parler et que la grande partie des mers avait craint. Barbe-Blanchz se rassied. Garp avait bien perdu ses petits-enfants, Barbe-blanche reconnaissait dans la prunelle la leur d'immense inquiétude d'un parent. Et s'il l'accusait à cause de cette inquiétude, c'était pardonnable.

-Quelqu'un les a amené en mer ?

-Non, ils y sont venus tout seul. Bwa ha ha ! C'est bien mes petits-fils ! Toujours à vouloir devenir pirates !

Plusieurs commandants s'entreregardèrent. Alors c'est vrai, ils avaient vraiment embarqué les petits-enfants du vice-amiral à bord ? et puisqu'il parlait frères, celadevait être Ace, Sabo et Luffy. Maintenant, oui, y'avait des ressemblances…enfin surtout le petit.

-Et pourquoi ont-il…
-Je dois parler de Kaido ! Hurla Shanks.

Le silence s'installa. Tout le monde se tourna vers l'autre empereur. Le visage fier et serein de Barbe-blanche s'était troublé. Plusieurs visages, les plus anciens, s'était décomposé parmi les commandants.

-Quoi ? Murmura Izou, blanc comme neige.

Shanks soupira.

-Il faut que…

Soudain un cri inhumain éclata sur le pont. Ce fut aussi soudain que dévastateur. En un instant, chacun posa les mains à ses oreilles et grimaça.

-Qu…qu'est-ce que c'est ?! Demanda un pirate.

-C'est du haki ? dit un autre.

-N…non, murmura Joz. C'est bien plus puissant…Je…Je ne sais pas si…Si je pourrais tenir…
Mais le cri suraigu continua, continua, jusqu'à soudain descendre end écibel, ralentir, redevenir une voix de petit garçon, une voix qui s'exclama :

-Shanks !


Les trois frères étaient occupés à aider tatch en cuisine (comprendre : lui piquer de la nourriture quand un cuistot avait le dos tourné). Haruta participait aussi (comprendre : au pillage. Elle avait eu le ventre trop noué pour manger grand-chose sur l'île des Amazones). Tatch, qui avait un peu compris le truc, laissait les restes et provisions non nécessaires vers eux. C'était encore le meilleur moyen d'éviter une razzia générale, et pas de razzia dans sa cuisine !

Luffy, qui était occupé, entre deux bouchées, à courir partout, passa soudain le nez vers la porte ouverte, qui menait vers la porte du réfectoire là aussi ouverte, et qui menait sur le pont.

Aussitôt, il laissa tomber toute sa nourriture sur le sol.

-Luffy ?! S'inquiéta ses deux frères en accourant vers lui.

-qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal, tu es blessé ? Ton chapeau de paille a été endommagé ? 2numéra Sabo à tout vitesse. Parle-moi !

Suivi d'Ace qui donna un coup de poing sur la tête de Luffy :

-Tu vas parler, ouais !

Mais Luffy s'en rendait à peine compte. En un instant, il serra les poings, aspira un grand, très grand coup, et se mit à hurler. De toutes ses forces. Comme on avait rarement hurlé.

Les deux frères tombèrent à la renverse, un début de saignement d'oreille. Un pirate rattrapa Sabo, Haruta Ace, et tous les deux les éloignèrent, avant de se protéger également. Tatch avait fini de touiller sa sauce avant de se mettre les mains sur les oreilles. Les priorités.
Le cri dura un temps indéterminé, surement court d'une façon objective et bien trop long aux oreilles de tous. Mais Luffy sauta en l'air, un air de pur ravissement sur le visage, et hurla :

-shanks !

Aussitôt, il partit à toute allure sur le pont.

-Ca…Ca s'est arrêté, murmura Marco, la respiration haletante.

-Mais quel monstre marin a pu produire un cri comme ça ! Hurla Vista, sa moustache toute défrisée.

-Je rêve, ou il a dit « Shanks » ? Demanda un pirate.

Le visage du Roux montra l'incompréhension, puis ses sourcils se levèrent, comme s'il faisait une hypothèse folle. Il voulut se tourner vers ses lieutenants pour voir s'ils avaient eu la même, mais il n'eut pas le temps, car ils virent tous les trois foncer à toute allure un chapeau de paille posé sur une tête trop petite pour lui.

Roo fit un sourire si immense qu'il prit la place de la moitié de son visage. Yassop poussa un « mais non ?! » absolument ravi. Le visage de ben, éternellement sérieux, sembla s'illuminer tendrement. Et Shanks se mit à hurler :

-Luffy !

Puis l'élastique, à un demi-mètre, prit son élan, et sauta dans les bras de Shanks qui les referma sur lui, fit deux pas en arrière, retrouva son équilibre, et serra l'enfant dans le plus gros câlin de tous les temps.


Et voilà ! Vous l'attendiez, hein ? Bon, en fait ça arrivera dans le prochaine chapitre, étant donné que si je faisais toutes les retrouvailles ça ferait vraiment long et que je voulais essayer un chapitre court. Enfin, un peu plus court. Mais heu…au moins vous n'avez plus à attendre un milliards de sous-intrigues pour que ça arrive !

Depuis plusieurs années, y'a trois trucs que j'attendais d'écrire : qu'Ace et Barbe-blanche ait une vraie conversation, que Garp retrouve ses petits enfants et que Luffy retrouve son vieux Shnaks. C'est chose faite, ou au moins c'est amorcée.

Pour la partie réécrite dont je parlais en intro, c'était sur la blessure de sabo : Ace aurait utilisé(inconsciemment) son pouvoir et aurait brûlé la moitié du visage de Sabo. Je trouvais qu'il y avait des discussions intéressantes, mais je sais pas, je trouvais que ça faisais trop. Si ça intéresse quelqu'un, je pourrais toujours le mettre en annexe un jour.

Je ne sais quand viendra la suite, mais je suis assez motivée en ce moment. Et pour me motiver encore plus, vous connaissez la chanson, review, tout ça^^

paix amour et four à pain