Hello à tous !
Bon, je sais je ne fais pas beaucoup de speech, car souvent je n'ai pas le temps. Je publie et hop ! je passe à autre chose car les journées du samedi sont bien pleines. Mais aujourd'hui, je me suis dit que ce serait bien d'échanger ! J'ai vu (et pourtant je n'ai pas eu de notifications) qu'il y avait eu quelques reviews récemment. Je tiens à remercier ces personnes qui ont pris le temps de commenter ma fanfiction et je m'excuse de ne pas y avoir répondu. Je remercie également toutes les autres qui ne commente pas, mais qui sont là, dans l'ombre à me suivre depuis la première heure. Je serais ravie de répondre à vos prochaines reviews, donc n'hésitez pas ! (Je vais prendre le temps de le faire!)
Voici le nouveau chapitre de la semaine ! Je vous laisse le découvrir :)
En vous souhaitant un bon réveillon de Noël ! Enjoy :)
Le texte en gras est tiré du livre "Harry Potter et le prince de sang mêlé" de J.K.R
Dorea ouvrit la porte en trombe de la salle de cours, haletante et suintante de sueur.
- Je vous prie de bien vouloir excuser mon retard, professeur, mais…
- Mais je n'ai rien à faire de vos excuses pathétiques Artwood ! rétorqua sèchement Rogue.
Parvati Patil et Lavande Brown, installées au premier rang sur la gauche, ricanèrent moqueusement.
- Fermez cette porte, et allez vous asseoir.
Dorea referma la porte et chemina pour prendre place à la table de Théo, qui lui avait réservé une chaise à ses côtés. Elle se rendit compte que la salle de classe n'avait plus rien à voir avec ce qu'elle avait connu du temps du professeur Ombrage. Elle était beaucoup plus sombre, les rideaux masquaient les fenêtres et elle était seulement éclairée par des chandelles. Des images étaient accrochées aux murs : la plupart représentaient des gens qui souffraient, exhibant d'horribles blessures ou des parties corps étrangement déformées.
- Pour la peine, vous aurez une semaine de retenue en plus. Bien, reprit-il en se tournant vers la classe, déambulant à travers les rangées de tables, comme je le disais, les Forces du Mal…
- Pourquoi es-tu si en retard ? chuchota Théo en se penchant vers elle.
- Je t'expliquerai plus tard, répondit-elle sur le même ton.
Elle vit que Daphné était installée devant elle à la même table que Tracy Davis, et Blaise avait pris place derrière eux tout juste à côté de Drago Malefoy, dont elle sentait presque le souffle tomber sur sa nuque. Elle braqua le regard vers la droite et vit Harry lui adresser un sourire bienveillant. Elle se concentra donc sur ce que Rogue leur disait.
- Vos défenses, dit Rogue de sa voix mesurée, doivent par conséquent être aussi flexible et inventives que les forces qu'il vous faut vaincre. Ces images (il en montra quelques-unes en passant devant) donnent une assez bonne idée de ce qui arrive lorsqu'on subit un sortilège Doloris, par exemple (il désigna d'un geste une sorcière qui hurlait de douleur) ou le baiser d'un Détraqueur (un sorcier recroquevillé, le regard vide, effondré contre un mur) ou l'agression d'un Inferius (masse sanglante gisant sur le sol).
- Est-ce qu'on a vu un Inferius récemment ? demanda Parvati Patil d'une voix ténue. On est sûr qu'il s'en sert ?
- Le Seigneur des Ténèbres a eu recours à des Inferis dans le passé, répondit Rogue, vous seriez donc bien inspirés de supposer qu'il peut à nouveau en faire usage. À présent…
Il passa de l'autre côté de la salle pour revenir à son bureau et les élèves le suivirent des yeux, sa robe virevoltant derrière lui.
- …j'imagine que vous êtes de complets novices en matière de sortilèges informulés. Quel est l'avantage d'un sortilège informulé ?
La main d'Hermione jaillit aussitôt, mais à la grande surprise de tout le monde, Dorea leva également le bras avec néanmoins une certaine hésitation.
Le regard du professeur s'arrêta sur la rousse et un sourire en coin fendit son visage. Il s'avança vers elle et lui fit un signe de tête.
- Lorsqu'on utilise un informulé, votre adversaire ne sait pas quel genre de magie vous allez utiliser.
- Parfait Miss Artwood. Vingt points pour Serpentard.
Il fit volte-face et continua :
- Ceux qui parviennent à user de magie sans formuler d'incantations bénéficient d'un effet de surprise lorsqu'ils jettent un sort. Tous les sorciers n'en sont pas capables, bien sûr. C'est une question de concentration et de force mentale dont certains (son regard malveillant s'attarda sur Harry) manquent singulièrement.
Un duel silencieux dura plusieurs secondes entre Harry et le professeur Rogue, jusqu'à ce que ce dernier détourne son regard.
- Vous allez maintenant vous répartir en équipe de deux. L'un des deux partenaires essayera d'ensorceler l'autre sans parler et l'autre tentera de repousser le maléfice en restant tout aussi muet. Allez-y.
Des raclements de chaises résonnèrent dans la salle et Rogue poussa les tables contre les murs d'un geste de baguette. Dorea et Théo se mirent ensemble et se postèrent face à l'autre.
Ils se défièrent, la baguette levée et subitement, d'un mouvement imperceptible, Théo la projeta au sol.
Tous les élèves se stoppèrent et portèrent leur attention sur les serpentards.
Dorea qui était toujours au sol, releva la tête, plus que surprise de voir Théo si bien maîtriser les informulés. Était-il comme elle ? Avait-il été sûr entraîner par son père pour lui fournir la possibilité de se défendre correctement ? Ou bien justement de devenir un puissant Mangemort comme Nott Senior l'avait été lui-même ?
Dorea se remit l'aplomb, la respiration, quelque peu coupée. Elle sentait tous les regards braqués sur elle, et même quelques ricanements qui fusèrent parmi les sixièmes années. Son instinct Serpentard reprit alors le dessus.
Elle se plia alors en deux, les mains sur les genoux et le souffle haletante, rageant soudainement de douleur.
- Dott' ça va ? s'enquit aussitôt Théo en s'avançant vers elle.
La jeune femme se redressa subitement et bougea sa baguette. Théo fut à son tour balancé dans les airs pour atterrir à l'autre bout de la salle. Un cercle se forma autour d'eux, leur laissant l'espace suffisant pour s'affronter. Leurs camarades continrent leur souffle.
À peine se redressa-t-il que Théo lança un autre informulé que Dorea contra d'un Protego silencieux.
Ce fut, durant près de cinq minutes des jets de lumières violet, rouge, orange qui fusèrent dans la salle de classe, chacun contrant les sorts de l'autre avec une facilité étonnante.
Ils se tournèrent autour, jaugeant et anticipant chaque mouvement de l'autre puis reprirent le combat, sans que Rogue n'intervienne. Ce dernier examina chacun des deux élèves posément, un rictus narquois que l'on pourrait juger hostile à première vue. Néanmoins, la lueur dans ses yeux ébène disait tout autre chose.
Théo lança un maléfice de saucisson que Dorea évita en se jetant sur le côté. Ce fut donc sans réfléchir et avec automatisme qu'elle vira son bras sur le côté. Les tables jaillirent brusquement en direction de Théo.
- Ça suffit ! s'écria Rogue en levant sa baguette.
Les tables restèrent suspendues dans les airs. Dorea prit conscience de ce qu'elle était sur le point de faire en constatant le visage horrifié de Théo, mais également de la plupart des élèves autour d'eux.
Elle se redressa, en secouant la tête, ses camarades commençant à chuchoter.
- Je… Je suis désolé, professeur, dit-elle légèrement tremblante. Je… Je n'ai pas réfléchi.
Rogue flanqua les tables se reposer délicatement le long des murs.
- Voici une parfaite démonstration de duel d'un niveau de sixième année. À vous maintenant d'en faire autant.
Les groupes d'élève qui s'était rassemblé autour d'eux se délitèrent pour retrouver son binôme et Dorea profita pour rejoindre Théo sous l'œil curieux de ses camarades.
- Théo, je t'assure que je ne l'ai pas fait exprès, dit-elle précipitamment. C'est… J'ai fait ça avec automatisme et…
- Ne t'inquiète pas Dott', murmura-t-il. À moi de rester sur mes gardes la prochaine fois, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
- Miss Artwood, appela Rogue.
Dorea se tourna vers le professeur qui se trouvait aux côtés de Drago Malefoy. Dorea comprit que Merlin n'était pas avec elle en ce jour de rentrée.
- Veuillez faire équipe avec Monsieur Malefoy, dit-il d'un ton sans équivoque. Monsieur Nott fera équipe avec Monsieur Zabini.
La jeune femme soupira et échangea un regard morne avec son ami tandis que tous deux se dirigeaient vers ces derniers.
Le blond et la rousse se mirent face à face et Dorea attendit tandis que le jeune Malefoy tâcha de se concentrer. Au bout d'une minute interminable et perdant patience, la jeune Artwood se mit à observer ses camardes. Théo arborait un air ennuyé, Daphné virait au rouge sous l'intensité de son effort, Blaise fronçait les sourcils et crispait la mâchoire. Elle vira son regard du côté des autres maisons et vit Hermione, et ce, sans surprise, repousser le maléfice de Jambencoton qu'avait marmonné Neville, sans prononcer le moindre mot. Rogue, qui passait juste à leur côté à ce moment-là, ne releva même pas la réussite de la brune. Et Dorea songea que n'importe quel professeur aurait au contraire récompenser d'au moins vingt points pour Gryffondor. Elle secoua la tête, quelque peu dépitée de ce favoritisme auquel s'adonner son directeur de maison.
- Artwood ?! cracha Drago. T'es avec moi, oui ou non ?
Dorea reporta son attention sur le blond et haussa un sourcil condescendant.
- Quand tu veux Malefoy, déclara la jeune femme nonchalante.
- Ne fais pas la maligne avec moi, siffla-t-il entre ses dents.
- Mais j'attends, Malefoy, j'attends…
Il leva sa baguette. Dorea n'eut le temps de contre-attaquer que son bas se déchira au niveau de sa cuisse, lui laissant une légère entaille qui se mit à saigner.
- Non mais t'es malade ! s'exclama Dorea en abaissant le regard pour examiner sa blessure.
- Dix points pour serpentard, Bravo Monsieur Malefoy, félicita Rogue qui déambulait juste derrière lui.
Rogue se dirigea alors vers Harry et Ron, dont ce dernier était si rouge que l'on pouvait quasi confondre son visage de ses cheveux. À cet instant, le blond s'esclaffa, fixant la plaie ouverte sur la cuisse de la rousse.
- Ça te fait rire l'albinos ! s'énerva Dorea.
- Ça va, tu ne vas pas en mourir, soupira Drago en roulant des yeux.
- Protego !se récria une voix à l'autre bout de la salle.
Dorea, tout comme son équipier et les autres élèves, orientèrent aussitôt leur attention vers le jeune Potter et le professeur Rogue qui perdit l'équilibre pour tomber sur une table dans son dos, tellement le charme du bouclier du brun avait été puissant.
Rogue se redressa l'air tout à fait mécontent.
- Vous souvenez-vous que j'avais parlé de sortilèges informulés, Potter ?
- Oui, répondit Harry avec raideur.
- Oui, monsieur.
- Il n'est pas nécessaire de m'appeler « monsieur », professeur.
Dorea obstrua ses prunelles, ses craintes de la veille se réalisant.
- Retenue, samedi soir, dans mon bureau, dit Rogue. Vous aurez le plaisir de tenir compagnie à votre sœur. Je ne tolère d'impertinences de personne, Potter… Pas même lorsqu'elles viennent de l'Élu.
Une demi-heure plus tard, Dorea sortis de la salle aussi précipitamment qu'elle y était entrée au début du cours et tenta de rattraper son frère, bien décidée à éclaircir certains points avec lui, notamment la raison pour laquelle il avait souhaité épier la conversation de Malefoy, dans son compartiment du Poudlard Express, la veille.
- Harry ! interpella-t-elle au milieu du couloir alors qu'ils atteignaient le rez-de-chaussée pour se diriger dans la cour.
Ce dernier était accompagné de ses deux acolytes.
- Dott', c'était incroyable ! s'exclama Ron alors qu'elle arrivait à leur hauteur.
Ils poursuivirent leur route.
- Je te remercie Ron, sourit-elle. Vous parliez de quoi ?
- On se demandait à quoi jouait Dumbledore en nommant Rogue au poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, expliqua le brun.
Hermione leva les yeux au ciel et soupira.
- Je pense que Dumbledore a ses raisons, répondit Dorea. Rogue est très bon en matière de défenses.
- Harry ! Dorea ! Hé !
Ils atteignirent l'extérieur. Jack Sloper, l'un des batteurs de l'équipe de Quidditch de Gryffondor de l'année précédente, courait vers eux, deux parchemins en main.
- Pour vous deux, dit Sloper hors d'haleine. Écoute Harry, j'ai appris que tu étais le nouveau capitaine. Quand est-ce que tu fais passer les essais ?
- Je ne sais pas encore, répondit Harry. Je te préviendrai.
- D'accord, j'espérais que ce serait pendant le week-end…
Dorea décrocha de la conversation et porta son attention sur le parchemin dont elle reconnut le sceau qui maintenait le rouleau. Elle le décacheta et lut ce qui était écrit :
« Cher Dorea,
Je voudrais que nous commencions nos leçons particulières samedi prochain. Aie la gentillesse de venir à mon bureau à huit heures du soir. J'espère que tu es contente de ton premier jour d'école.
Bien à toi.
Albus Dumbledore
P.S. J'aime beaucoup les Suçacides ».
- Il aime les Suçacides ? s'étonna Ron qui avait consulté le message par-dessus l'épaule de Harry et paraissait soudain perplexe.
- C'est le mot de passe pour la gargouille, à l'entrée de son bureau, répondit Harry à voix basse. Rogue ne va pas être content…
Dorea et lui se lancèrent un coup d'œil complice.
- C'est dommage, on ne va pas pouvoir faire notre retenue, soupira-t-elle avec ironie.
- Oui, vraiment dommage, ajouta Harry en secouant la tête de dépit.
Puis ils se regardèrent et éclatèrent finalement de rire ensemble. Ils se dirigèrent donc vers un banc dans un recoin de la cour.
- Bon, Harry, il faut qu'on parle, annonça Dorea en se défaisant de son sac sur la pierre au sol tandis qu'elle s'assoyait à côté de son frère. Pourquoi tu étais caché dans le compartiment de Malefoy pour écouter sa conversation hier ?
- Harry croit que Malefoy est devenu un mangemort, dit Hermione de but en blanc aussi simplement que si elle présentait les prévisions météorologiques.
- Je te demande pardon ? demanda-t-elle les yeux écarquillés, complétement soufflée par ce que venait de déclarer la brune.
- Dott', intervint alors Harry en se tournant vers elle, nous l'avons vu sur le chemin de traverse au début de l'été et il est allé dans la boutique de Barjow et Beurk pour lui donner un travail à faire et acheter… Je ne sais pas encore quoi, mais je vais le découvrir.
Dorea secoua la tête, tentant de remettre de l'ordre dans ses idées. Ce que lui disait son frère était complétement incohérent.
- Attends, Harry, tu t'entends parler ? Malefoy dans l'allée des embrumes ? Je ne vois rien d'étonnant à ça. C'est de Malefoy dont on parle.
- Il a menacé Barjow, insista Harry.
- Et qu'est-ce qu'il a dit ? demanda-t-elle.
Harry ouvrit la bouche mais la verte et argent leva la main pour l'interrompre.
- Laisse-moi deviner, il a rappelé que sa tante était Bellatrix Lestrange ou que Greyback était un ami de la famille ?
Les trois rouges et or échangèrent un regard surpris.
- Nott t'en a parlé ?
- Théo ne m'a rien dit, répondit Dorea en fronçant des sourcils. Pourquoi, il est au courant de ce que tu le suspectes ?
Harry pinça ses lèvres et se mit à fuir son regard vert.
- Je vois, devina Dorea. Théo est au courant, mais vu qu'il n'a pas jugé bon de m'en parler, il n'a pas cru un seul instant que c'était vrai.
- Mais je suis sûr que Malefoy manigance quelque chose, s'agaça Harry. Hier, dans le train, il disait qu'il n'était même pas sûr de retourner à Poudlard l'année prochaine et qu'il s'occupe à présent de choses plus importantes, plus intéressantes. Même ton copain Zabini était intrigué.
- Blaise ne doit pas croire un seul instant que Malefoy soit devenu, un mangemort, Harry. Et quand bien même il le croirait, je suis certaine qu'il nous en aurait informé à peine sortie du train. C'est son meilleur ami, Théo est le meilleur ami de Malefoy depuis qu'ils sont gosses. Et je suis sortie avec lui durant plusieurs mois. Malefoy voulait simplement fanfaronner, comme il adore faire quand il se retrouve au centre de l'attention. Il a certainement dû entendre des choses lorsqu'il était chez lui au Manoir, mais rien de plus que ce nous savons déjà. Il veut se donner de l'importance, parce que son père se retrouve en prison maintenant et c'est à lui de sauver l'honneur de la famille. Mais je ne crois qu'en aucun cas, Drago Malefoy ne soit devenu un mangemort. Crois-moi, je le saurais si ça avait été le cas.
Dorea reprit son souffle tandis que son frère la fixait d'un regard indéchiffrable.
- Tu as toujours des sentiments pour lui, dit-il alors d'un ton presque doux, comme s'il était peiné pour sa sœur.
- Harry, je t'en prie, là n'est pas la question.
- Ça l'est, je te l'assure, répondit-il simplement. Si tu t'entendais le défendre, tu en serais horrifiée.
Dorea expira d'exaspération, sachant que son frère n'était pas dupe.
- Dott', reprit-il en saisissant sa main avec tendresse. Je ne t'en veux pas. Il a abusé de toi et de tes sentiments et à présent, tu essayes de tourner la page tant bien que mal. Je veux simplement que tu fasses attention à toi.
La rousse baissa les yeux et opina du chef.
- Je te le promets, murmura-t-elle touchée par les préoccupations de son frère à son égard.
- Et je vais te prouver que mes craintes sont fondées.
Dorea leva les yeux au ciel, soudainement agacée par l'entêtement du brun.
- Dott' ! appela Daphné qui était à l'autre bout de la cour.
La cloche sonna à cet instant, signalant la reprise des cours.
- Je vais rejoindre mes amis, dit Dorea en saisissant son sac qu'elle balança sur son épaule. Mais Harry, essaye de te concentrer plutôt sur comment rester en vie durant l'année à venir plutôt à ce qu'il pourrait advenir de cette blondasse de malheur, ok ?
Dorea ne lui laissa pas le temps de répondre, l'embrassa sur la joue et partit rattraper ses amis. Ils se dirigèrent vers les cachots, impatients de voir comment allait se dérouler le cours de potion avec leur nouveau professeur.
Seuls Dorea, Blaise, Théo et Malefoy avaient été autorisés à poursuivre le cours de potion parmi les sixièmes années de Serpentard, mais Daphné avait insisté pour les accompagner, étant donné qu'elle avait deux heures de libre jusqu'au déjeuner.
Durant le trajet, ils supposèrent ce qu'ils allaient pouvoir apprendre et ce qui pouvait être au programme durant l'année. Bien que soulagés, qu'il n'y ait pas de « gros » examens durant la sixième année.
- Au fait, pourquoi tu étais en retard au cours de DFCM ? demanda Blaise en s'adossant contre le mur de pierre à côté de la porte alors qu'ils étaient arrivés à destination. Tu ne trouvais pas ton livre ?
- Non, j'ai bien trouvé mon livre, mais apparemment, un « admirateur secret » m'a déposé un cadeau sur mon lit.
- Qui est ?
- Un journal de conversation, annonça-t-elle platement.
Ses amis ricanèrent tandis que le reste de leur promotion les rejoignaient.
- Montre-nous ça ? manda Daphné, quelque peu surexcitée.
Dorea fouilla dans son sac et en sortit le petit carnet vert et argent qu'elle donna à Daphné pour qu'elle puisse l'examiner.
- C'est certainement un serpentard. Personne ne peut accéder à notre salle commune, remarqua Blaise.
- Ça, j'ai pu le comprendre seule.
- « D.B », murmura Théo qui étudiait le journal à son tour.
- Peut-être les initiales de l'admirateur en question, dit Dorea en haussant des épaules.
- Je ne vois personne qui pourrait avoir ces initiales dans notre année.
- Je ne pense pas que ça vienne de quelqu'un de notre année, dit Dorea en reprenant le carnet que lui tendit Théo.
Elle le rangea dans son sac.
- Tu l'as essayé ? interrogea Daphné.
- Non, et je n'en ai pas l'intention.
- Même pas pour savoir de qui ça vient ?
- C'est certainement un des gars qui m'a acculé au petit-déjeuner ce matin. J'avais l'impression qu'ils avaient les hormones en feux. C'était débectant.
- Si c'est le cas, ça peut être amusant, dit Théo.
- Ça pourrait te faire penser à autre chose qu'à…
Daphné braqua son regard derrière Dorea et cette dernière se retourna pour voir Malefoy qui avait plaqué Astoria contre le mur et l'embrassait avec une force indéniable.
- Je me fiche de ces deux-là.
- Je vais vomir…, ajouta Daphné.
La porte à leur gauche s'ouvrit à cet instant et tous entrèrent dans la pièce tandis qu'Astoria repartait dans l'autre sens. Daphné, qui ne participait pas non plus à ce cours, donna un baiser rapide à Blaise et emprunta le même chemin que sa sœur cadette qu'elle rattrapa en bout de couloir.
Ils entrèrent en file indienne, le professeur Slughorn les accueillant avec un sourire rayonnant, mais avec un enthousiasme tout particulier pour Dorea, Harry et Blaise.
Le cachot était déjà rempli de vapeurs et d'odeurs singulières et Dorea, Blaise, Théo et Drago se dirigèrent vers une table commune à l'exact opposé de celle d'Harry, Ron et Hermione.
- Tu ne rejoins pas ton frère Potty Pottard, Artwood ? demanda Malefoy avec une expression goguenarde.
Malefoy était face à elle pendant que Blaise et Théo s'étaient placés entre eux deux, tâchant de faire tampon tant bien que mal. Dorea décida de l'ignorer, pensant qu'il n'était pas agréable pour ses deux amis de se retrouver dans cette situation. Elle ne souhaitait pas envenimer les choses.
Après tout, elle s'était fait une raison : ils étaient tous les deux dans la même maison, assistant aux mêmes cours, côtoyant les mêmes personnes et elle n'allait pas lui faire le plaisir de se retirer de la partie. Elle tenait à avoir une année bien plus paisible et normale que l'année précédente et ce n'était pas Drago Malefoy qui allait saboter ses plans. Pour cela, elle s'était donc promis de tourner la page, de l'ignorer et de faire comme s'il n'existait tout simplement pas, poursuivant sa vie comme avant qu'il n'y entre et chamboule tout.
Se concentrant donc sur les trois chaudrons fumants installés sur le bureau du professeur, elle ne vit donc pas Drago la fixer intensément, furieux de son indifférence.
Slughorn referma la porte et s'avança vers son bureau, puis se retourna vers les élèves, un air sibyllin accolé à son visage.
- Voyons, voyons, voyons, commença Slughorn dont la silhouette massive semblait trembloter derrière les vapeurs chatoyantes qui s'échappaient des chaudrons. Sortez vos balances et vos nécessaires à potions, sans oublier votre exemplaire du Manuel avancé de préparation des potions…
- Monsieur ? dit Harry en levant la main.
- Harry, mon garçon ?
- Je n'ai ni livre, ni balance, ni rien et Ron non plus… Nous n'avions pas prévu de pouvoir suivre vos cours en A.S.P.I.C.…
- Ah oui, le professeur McGonagall m'en a parlé… Ne vous faites pas de souci, mon garçon, pas de souci du tout.
- Saint Potty, grogna Drago discrètement, mais suffisamment fort pour que Dorea entende.
- Aujourd'hui, vous utiliserez les ingrédients qui se trouvent dans l'armoire et nous pourrons sûrement vous prêter une balance, continua Slughorn à l'adresse d'Harry. Nous avons également quelques vieux livres dont vous vous servirez en attendant de les commander chez Fleury et Bott…
- Rogue me manque déjà, chuchota Blaise tandis que Slughorn se dirigea vers un coin de la salle où se trouvait un placard.
Théo et Drago pouffèrent à la boutade du serpentard tandis que Dorea, secouait la tête désabusée.
Slughorn fouilla et en sortit deux exemplaires très abîmés du Manuel avancé de préparation des potions, de Libatius Borage qu'il donna à Harry et à Ron en même temps que deux balances ternies.
- Alors, maintenant, voyons, reprit Slughorn qui revint devant les élèves son torse déjà proéminent, les boutons de son gilet menaçants de sauter. J'ai préparé quelques potions pour que vous y jetiez un coup d'œil, par simple curiosité. C'est le genre de choses que vous devriez être capable de réussir après avoir obtenu vos A.S.P.I.C. Vous en avez sûrement entendu parler, même si vous ne les avez jamais faites vous-mêmes. Quelqu'un, peut-il me dire le nom de celle-ci ?
Slughorn indiqua le chaudron qui se trouvait près de leur table. Dorea se hissa sur la pointe de ses pieds et vit un liquide qui ressemblait à de l'eau bouillante. Elle eut à peine le temps de réagir qu'Hermione dressa sa main tel un boulet de canon. Slughorn lui fit signe de parler.
- C'est du Veritaserum, une potion incolore et sans odeur qui oblige celui qui la boit à dire la vérité, répondit-elle.
- Très bien, très bien ! s'exclama Slughorn d'un ton réjoui. À présent, poursuivit-il, en montrant le chaudron proche de la table des Serdaigle, celle-ci est très connue… Elle est également citée dans certaines brochures récemment distribuées par le ministère… Qui peut…
La main d'Hermione fut à nouveau la plus rapide et Dorea commença à s'agacer. La Gryffondor n'était pas la seule à connaître les réponses. Ce que cette fille pouvait l'énerver parfois.
- C'est du Polynectar, monsieur, dit-elle.
- Excellent, excellent ! Maintenant celle-ci…
- De l'Amortentia ! dit alors Dorea fortement tandis qu'Hermione redescendait mollement son bras.
- En effet, Dorea, sourit le professeur en se tournant vers la serpentard. Ça parait presque idiot de poser la question, commenta Slughorn. Et j'imagine que vous connaissiez ses effets ?
- C'est le plus puissant philtre d'amour au monde, expliqua la rousse.
- Tout à fait exact ! Vous l'avez identifiée, je suppose, grâce à sa couleur nacrée caractéristique ?
- Et à sa vapeur qui s'élève en spirale très reconnaissable, ajouta Dorea. On dit qu'elle a une odeur différente pour chacun de nous, selon ce qui nous attire le plus.
- Et puis-je me permettre de vous demander ce que vous sentait ?
Dorea fut prise de court et déglutit avec difficulté. Elle reconnaissait l'odeur particulière entre toute. Une odeur musquée mêlée à un effluve cuirassé.
- Je… Je ne sens rien professeur, répondit-elle sentant le regard du blond l'épier avec magnitude comme s'il espérait une tout autre réponse.
- Ho, quel dommage ! Dans tous les cas, vous avez l'air d'avoir hérité du talent de votre mère. Et vous ma chère amie, fit-il en se tournant vers Hermione, puis-je avoir votre nom ? demanda Slughorn
- Hermione Granger, monsieur.
- Granger ? Granger ? Seriez-vous parente d'Hector Dagworth-Granger, fondateur de la Très Extraordinaire Société des potionnistes ?
- Non, je ne crois pas, monsieur. Je suis d'origine moldue.
Malefoy se pencha vers Blaise et Dorea fut assez près pour entendre le blond murmurer :
- Et elle en est fière la sang-de-bourbe.
Malefoy ricana et Blaise suivit, un peu plus contenu néanmoins.
Le visage du professeur s'illumina et son regard alla d'Hermione à Harry qui était juste à côté d'elle.
- Oho ! « L'une de mes plus proches amies a des parents moldus et c'est la meilleure élève de notre année ! » Je crois deviner que c'est de cette amie-là que vous parliez, Harry ?
- Oui, monsieur, répondit Harry.
- Bien, bien, bien, Gryffondor et Serpentard ont largement mérité vingt points chacun. Bravo pour vos réponses à toutes les deux, ajouta le professeur en observant Dorea et Hermione.
- Bravo Dott', lui chuchota Théo.
- Oui, Bravo Dott', répéta Drago avec le ton empli de sarcasme.
Dorea fit fi des moqueries du blond et décida d'écouter le maître des potions.
- Bien sûr, l'Amortentia ne crée pas vraiment un sentiment d'amour. Il est impossible de fabriquer ou d'imiter l'amour. Non, elle produit une forte attirance ou une obsession. C'est sans doute la plus dangereuse et la plus puissante des potions qui se trouvent dans cette salle – eh, oui, ajouta Slughorn en hochant la tête d'un air grave vers Malefoy et Zabini qui affichaient tous les deux un sourire sceptique. Quand vous aurez autant que moi l'expérience de la vie, vous ne sous-estimerez pas le pouvoir de l'amour obsessionnel.
Dorea crut voir Drago lui lancer un regard en coin, mais ce fut si bref qu'elle songea que les volutes de fumée l'avaient tout bonnement fait rêver.
- Monsieur, vous ne nous avez pas dit ce qu'il y a dans celui-ci, dit Ernie Macmillan qui montrait un petit chaudron noir posé sur le bureau de Slughorn.
La potion qu'il contenait, bouillonnait joyeusement. Elle avait une couleur d'or fondu et de grosses gouttes sautaient à sa surface comme des poissons rouges, sans que la moindre particule ne déborde.
- Oho, répéta Slughorn d'un ton théâtral. Ah oui. Celle-ci. Eh bien, mesdemoiselles et messieurs, il s'agit là d'une étrange petite potion qu'on appelle Felix Felicis. Je suis sûr, ajouta-t-il en adressant un sourire à Hermione qui avait laissé échapper une exclamation, que vous connaissez les effets de Felix Felicis, Miss Granger ?
- C'est de la chance liquide, répondit Hermione, surexcitée. Il suffit d'en boire pour avoir une chance extraordinaire !
Toute la classe se redressa, et même Malefoy accordait à présent pleinement son attention au professeur Slughorn.
- Parfaitement exact, dix points de plus pour Gryffondor. Oui, c'est une drôle de petite potion, Felix Felicis, poursuivit Slughorn. Horriblement difficile à préparer et désastreuse quand elle est mal faite. Mais si on la mélange correctement, ce qui est le cas de celle-ci, on s'aperçoit que tout ce qu'on entreprend est couronné de succès…En-tout-cas jusqu'à ce que ses effets se dissipent.
- Pourquoi les gens n'en boivent-ils pas tout le temps monsieur ? demanda Terry Boot, avide d'en savoir plus.
- Parce que si on en prend trop, elle provoque des étourdissements, une tendance à l'impudence et un excès de confiance en soi qui se révélerait dangereux, répondit Slughron. Il ne faut pas abuser des bonnes choses, comme vous le savez… Et elle est hautement toxique en grande quantité. Mais consommée avec modération et très occasionnellement…
- Vous en avez déjà bu, monsieur ? demanda Michael Corner avec un grand intérêt.
- Deux fois, dit Slughorn. Une fois, quand j'avais vingt-quatre ans et une autre fois quand j'en avais cinquante-sept. Deux cuillerées à soupe au petit-déjeuner. Deux jours parfaits dans ma vie.
Son regard se perdit au loin.
- Et c'est cela, reprit Slughorn en revenant sur terre que je vais offrir comme récompense à la fin de ce cours.
Il y eut un silence pendant lequel on percevait chaque bouillonnement, chaque gargouillis, avec une intensité décuplée.
- Un petit flacon de Felix Felicis, continua Slughorn en sortant de sa poche une minuscule bouteille de verre munie d'un bouchon, qu'il montra à tout le monde. Une dose suffisante pour douze heures de chance. De l'aube au crépuscule, une réussite totale dans tout ce que vous entreprendrez. Je dois toutefois vous avertir que Felix Felicis est une substance interdite dans les compétitions organisées…Les événements sportifs, par exemple, les examens ou les élections. Par conséquent, le gagnant ne devra en faire usage qu'un jour ordinaire… Et vous verrez que ce jour ordinaire se transformera en journée extraordinaire ! Comment s'y prendre pour gagner cette fabuleuse récompense ? poursuivit Slughorn d'un ton soudain plus animé, eh bien, en allant à la page 10 du Manuel avancé de préparation des potions. Nous avons plus d'une heure devant nous, ce qui devrait suffire pour tenter de réaliser à peu près convenablement un filtre de Mort Vivante. Je sais, c'est plus compliqué que tout ce que vous avez essayé jusqu'à présent et je ne m'attends pas à ce que tout le monde obtienne un résultat parfait. Celui ou celle qui aura le mieux réussi, cependant, gagnera le flacon de Felix. Allez-y !
