Hello à tous ! Eh oui, c'est encore moi... un petit cadeau de Noël en ce jour de fête. Je vous publie donc avec une semaine d'avance, le chapitre 15. Je suis certaine que vous êtes sur la digestion, tout comme moi, donc...
Enjoy :)
Ps : Autre petit cadeau : je vous annonce que j'ai terminé d'écrire la partie 2. Bien évidemment, il y a des petits détails à corriger, mais je peux dorénavant vous annoncer que vous ne serez pas au bout de vos surprises. Je commence à réfélchir à la partie 3, et j'ai même commencer à écrire quelques chapitres test ;)
Un joyeux Noël à tous !
Dorea était assise depuis plus de vingt minutes à une table entre le rayonnage d'Étude des Runes Ancienne et les Soins aux Créatures magique. Elle n'avait toujours pas sorti ses affaires, les yeux plongés dans le vide : elle se demandait encore comment son frère avait fait pour réaliser parfaitement la potion de Mort Vivant et par conséquent remporter le Felix Felicis ? C'était techniquement inconcevable. Son frère était nul en art de potion, c'était un fait avéré et connu de tous.
Un bruit de succion lui parvint à ses oreilles et Dorea vira le chef sur sa droite pour tomber sur Malefoy et la cadette Greengrass qui se bécotaient dans l'allée juste face à elle. Leurs langues se caressaient d'une façon tout à fait sensuelle et Dorea éprouva cette sensation identique de déchirement qu'elle avait ressenti la veille au soir lors de sa confrontation avec le blond.
Ce dernier se faisait un malin plaisir de lui rappeler qu'elle n'avait été qu'une idiote se laissant stupidement séduire par ses charmes et qu'elle n'était seulement qu'un numéro de plus sur sa liste de conquêtes.
Dorea ferma les yeux, et inspira profondément tâchant de garder son calme. Elle vit alors Astoria reprendre son sac posé au sol et converger vers la sortie.
Rageusement, Dorea sortit ses livres et parchemins. Subitement, elle sentit qu'on l'observait si intensément qu'elle porta à nouveau son attention vers l'allée à sa droite.
Malefoy était resté là, la regardant fixement sans même ciller une demi-seconde. Lorsqu'elle se heurta à ses orbes métalliques, un sourire narquois dessina ses lèvres charnues légèrement rougies et enflées. Elle tut le désir qui grandissait en elle et se concentra sur son devoir pendant que le blond alla s'installer à une table non loin d'elle.
Du désir pour Drago Malefoy ? Était-elle masochiste ?
Elle se réinstalla sur sa chaise et prit son livre d'Études de Runes Anciennes ainsi que de sa plume, son encrier et d'un parchemin. Elle pila en reconnaissant le journal de conversation qu'elle avait trouvé le matin même sur son lit.
Théo lui avait suggéré que ça pouvait être amusant de converser avec un inconnu et compte tenu de ce à quoi elle venait d'assister, il fallait bien avouer que cela pourrait lui changer les idées. Et puis elle n'était pas Hermione Granger. Sa traduction était pour dans deux semaines et nous n'étions que le jour de la rentrée. Ça pouvait très attendre encore quelques jours.
Elle reposa le parchemin et saisit le journal qu'elle ouvrit à la première page, trempa sa plume et se mit à écrire.
« Salut »
Elle attendit quelques minutes, ayant très peu d'espoir qu'elle obtienne une réponse sur l'instant. Habituellement, il fallait régulièrement jeter un œil à ce genre de carnet pour consulter les messages. Comme une sorte de téléphone portable moldu avec des messages en attente. Ce fut donc surprise lorsqu'elle vit un tracé en « patte de mouche » lui répondre.
« Salut Dorea Artwood »
« Tu sais qu'il est extrêmement mal poli de s'introduire dans les dortoirs des filles ».
« Tu m'écris uniquement pour me réprimander ?».
« En quelque sorte… »
« Tu serais surprise de mes talents cachés ! »
« Est-ce que je dois réellement te demander qui tu es ? »
« À toi de deviner ! »
« Tu n'es pas une fille au moins ? Car ce serait très étrange… »
« Je suis tout ce qu'il y a de plus masculin ».
« Donc je peux déjà éliminer la moitié des élèves de Serpentard ».
« Qui te dit que je suis à Serpentard ? »
« Le carnet était sur mon lit, dans mon dortoir ! Tu es forcément de Serpentard »
« Peut-être que j'ai pu faire passer le journal en douce par l'intermédiaire d'un Serpentard. »
« Peut-être »
Dorea se mit à réfléchir et une crainte lui vint subitement au vu de l'écriture qui s'étalait sous ses yeux.
« Attends, tu n'es pas un gamin de première année, au moins ? »
« Pourquoi, ça te dérangerait ? »
« Un peu, étant donné que j'ai seize ans et que si ça vient d'un admirateur, je me sentirai gênée de parler de choses qui ne sont pas du tout de ton âge ».
« Rassure-toi, je suis tout en fait en âge de comprendre et d'appréhender certaines choses de la vie ».
« Tu peux au moins me donner ton année ? »
« Je vois que tu fais honneur à ta réputation. »
« Qui est ? »
« Tu ne lâches rien. »
« Je prends ça comme un compliment. »
« S'en était un. »
« Alors ? »
« Alors… »
« Tu es en quelle année ? »
« Tu peux également éliminer tous les garçons entre onze et quatorze ans. Rassurée ? »
« Oui, je le suis ».
« Comment se passe cette première journée ? »
« Étant donné que pas plus tard qu'il y a un mois, je croyais ne jamais retourner à Poudlard, je dirais plutôt bien dans l'ensemble. Et toi ? »
« Pas terrible jusqu'à maintenant ».
« Pas terrible jusqu'à maintenant ? »
« Disons, qu'à présent, depuis dix minutes ça va beaucoup mieux. Depuis que l'on s'écrit ».
Dorea haussa un sourcil, plus amusée qu'autre chose.
« Tu me dragues ? »
« J'espère avoir autant de chance que ton harem de ce matin ».
« Il ne faut pas faire attention. La dernière chose dont j'ai envie, c'est de sortir avec un garçon. »
« Pourtant, la plupart des filles de ton année ne pensent qu'à ça ».
« Eh bien pas moi. Toutes ces histoires… Ce n'est pas pour moi. Bien trop compliqué ».
« Eh bien me voilà prévenu »
Dorea pouffa, comprenant le sens ironique de la phrase.
« Tu fais quoi en ce moment ? »
« Je suis à la bibliothèque, pour m'isoler un peu, mais je n'arrive pas à me concentrer sur mes devoirs, alors j'ai décidé de t'écrire ».
« Intéressant »
« Et toi ? »
« Dans un recoin de cette école en train de t'écrire également. Crois-tu sincèrement que je vais te dire où je me trouve ? Je n'aurais pas le temps de dire Quidditch que tu irais me chercher instamment ».
« Tu as l'air de me connaître plutôt bien ? »
- Ah, tu es là ! s'exclama Daphné haletante. Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle en voyant Dorea refermer précipitamment son carnet et le ranger dans son sac.
Le visage de Daphné s'éclaira.
- Tu étais en train de lui parler ? chuchota-elle en se glissant à ses côtés.
- J'étais curieuse de savoir qui c'était.
- Et alors ?
- Il n'a pas voulu me le dire, mais je sais qu'il est soit en cinquième, sixième ou septième année, que c'est un garçon et pas forcément un élève de Serpentard.
- Et de quoi avez-vous parlé ?
- De notre première journée.
- Et…
- Et tu avais raison, ça m'a changé les idées, sourit Dorea.
- Eh bien, tu vois ! s'exclama Daphné réjouie, faisant tourner quelques têtes vers elles.
Mrs Pince les fusilla du regard et Daphné s'excusa silencieusement.
- Tu as effectué ton devoir d'Études de Runes Anciennes ? demanda la blonde en sortant ses affaires.
- Non, mais j'allais commencer.
Les deux jeunes femmes étudièrent ensemble jusqu'à ce que Dorea doivent se rendre en cours d'Arithmancie.
0o0
Le soir même, la jeune femme évita soigneusement de passer dans le dortoir pour déposer ses affaires, ayant, une parfaite image d'Astoria et Malefoy qui se bécotaient encore au dîner. Elle se dirigea donc directement vers le bureau du professeur Rogue.
Elle toqua contre la porte de petit coup discret.
- Entrez, entendit-elle.
Dorea ouvrit la porte et pénétra le bureau toujours aussi sinistre de l'ancien maître des potions.
- Bonsoir professeur, salua-t-elle poliment.
Il était assis à sa table, les mains entrelacées posées sur le bois brut de cette dernière.
- Allez-vous asseoir à une table, Artwood.
Dorea se dirigea vers le premier rang et prit place sous le regard inquisiteur de son directeur de maison. Ce dernier se leva et sortit sa baguette pour faire apparaître devant elle plusieurs fioles, flacons et bouteilles suspendus sur un étal, contenant des liquides de différentes couleurs, dont certaines contenaient des yeux, des doigts ou encore d'autres membre de l'anatomie.
- Vous allez me répertorier par catégorie tous ces ingrédients que vous avez là devant vous. Ce sera votre travail durant le prochain mois. Est-ce clair ?
- Oui professeur, dit Dorea en sortant un parchemin et une plume de son sac.
- Alors vous avez trois heures pour répertorier ce que vous avez devant vous.
Rogue se retourna, sa cape virevoltant derrière lui. Il avait l'air d'une humeur massacrante – quoi qu'il fût toujours d'une humeur massacrante – mais particulièrement en cette soirée d'été et Dorea pensa que lui annoncer qu'elle ne pourrait pas faire sa retenue le samedi suivant était une bien mauvaise idée. Elle remettra cela à plus tard, lorsque le moment serait opportun.
Trois heures passèrent ainsi dans un silence total tandis que Dorea était pleinement concentrée sur sa tâche. Et bien qu'elle soit moyennement ravie de passer ses soirées en compagnie du lugubre professeur Rogue, elle trouvait que le contenu du travail qu'il lui avait demandé à faire était très pédagogique et utile en soi.
Lorsqu'elle en sortie, bien que la douleur à son poignet s'en faisait ressentir, elle était fière du travail accompli.
C'est ainsi, qu'elle s'affala sur l'un des sofas, épuisée de cette première journée, se massant douloureusement son poignet.
- Alors comment c'était, cette retenue ? demanda Théo
- Utile, mais ça m'a clairement coupé l'appétit.
- Salut Dorea ! fit Aidan Vaisey en passant devant elle pour rejoindre ses amis qui étaient installés dans le fond de la salle commune.
- Salut Aidan, répondit poliment Dorea.
Elle vit Aidan rejoindre le groupe de septième année qui s'était reclue autour d'une table, conversant de choses et d'autres.
- Tu as clairement une touche, chuchota Théo.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Je les ai entendus parler avant que tu n'arrives. Colin disait à un de ses potes que Vaisey avait totalement craqué pour toi.
Dorea haussa un sourcil dubitatif.
- Comment il peut craquer sur moi ? Il me connaît à peine.
Théo lui lança un coup d'œil entendu.
- Tu veux réellement savoir pourquoi ?
- J'imagine que mes pouvoirs, ma légende, mon nouveau titre de gloire, mes exploits au ministère, ma fuite au Mexique doivent avoir quelque chose dans l'histoire, récita-t-elle d'un ton morne
- Tu n'es pas loin… Si tu le demandes gentiment, je te dirai ce qui capte cette soudaine attention à ton égard auprès de la gent masculine.
Dorea fixa son ami quelques secondes, puis finalement, elle secoua la tête, ses joues virant au rouge vermeil.
- Tu as changé Dott', murmura Théo en se penchant vers elle. L'année dernière, tu paraissais davantage une petite fille à leurs yeux, mais…
Il glissa un regard sur elle de bas en haut, puis se réinstalla sur le sofa, adoptant une pose décontractée.
- Mais aucun garçon qui ne se respecte ne peut rester insensible à … Ça, continua-t-il en esquissant un signe de tête vers elle. Tu devrais peut-être profiter de cette attention et explorer quelque chose de nouveau, si tu vois ce que je veux dire, ajouta le jeune Nott avec un sourire en coin.
La rousse se mordilla la lèvre inférieure avant de laisser échapper un soupir las. Elle s'approcha de son ami et tapota son épaule.
- Merci du conseil, mais je crois que j'ai eu ma dose à ce niveau-là.
- Tous les garçons ne sont pas comme Malefoy ou Jua…
- Tais-toi ! s'exclama-t-elle, le ton subitement sévère.
Les conversations s'amenuisèrent et quelques élèves qui se trouvaient assez près pour écouter leur discussion, les épièrent du coin de l'œil.
- Ne prononce plus son nom, d'accord ?
- Dorea, je suis désolé, dit Théo quelques pris au dépourvu. Je pensais que…
- Je n'ai pas envie d'en parler. Il a fait ce qu'il a fait, et heureusement pour moi, il ne s'est rien passé de répréhensible. Le sujet est clos.
Sans escompter de réponse de la part du Serpentard, elle se retourna et chemina vers les escaliers sous le regard intrigué de ses camarades et celui peiné de Théo.
Elle prit une douche rapide, se lava les dents et revêtit un t-shirt en guise de pyjama qu'heureusement son frère lui avait donné dans la journée. Puis elle se saisit de son journal de conversation, n'ayant qu'une hâte, se blottir dans ses draps et converser avec cet admirateur qui l'intriguait bien plus qu'elle ne se l'avouait. Et surtout pour se changer les idées. Cela avait plutôt admirablement marché dans l'après-midi, alors pourquoi ne pas réitérer l'expérience ?
La jeune femme tira les rideaux pour plus d'intimité, ouvrit son carnet, plume en main et vit qu'un message avait été écrit.
« Je te connais, mais qui ne connaît pas Lady Dorea Artwood, la légende du Phénix Noir, et sœur de l'Élu. »
« Bonsoir, je suis désolé de répondre tard, mais une amie m'a interrompue et j'ai été obligée de couper court à notre discussion. Discussion qui devenait intéressante pourtant.
Lady Dorea Artwood… Je ne devrais peut-être pas te le dire, mais j'ai pris ce titre sous la contrainte, donc évite de m'appeler comme ça. D'une manière générale, c'est Dorea ou Dott'. Et pour la légende (rire) ce n'est précisément qu'une légende. Je t'avoue que je n'y ai jamais vraiment porté de réelle importance, tout comme Harry avec ce surnom grotesque que lui a décerné la communauté. Je donnerai tout pour vivre dans l'ombre, tout comme mon frère. »
Dorea attendit quelques minutes, mais rien ne vint. Le garçon devait certainement être occupé. Elle inscrivit donc une dernière phrase.
« Ce que je te propose, c'est de se retrouver chaque soir après huit heures. On pourra réellement discuter sans écrire dans le vide. En attendant, je te souhaite une bonne nuit ».
Elle reposa sa plume sur table de chevet, mais avant qu'elle ne referme le carnet, un message s'inscrivit sur la page suivante.
« Comme une sorte de rendez-vous journalier ? »
« Si tu es d'accord, oui. Après tout, ne m'as-tu pas offert ce journal pour ça ? »
« Si, exactement »
« Alors c'est entendu ».
« Tu vas réellement te coucher ou tu as encore du temps devant toi ? »
« J'ai encore beaucoup de temps devant moi ».
« Super ! »
Un sourire fendit le visage de Dorea consciente qu'elle allait apprécier de plus en plus ce mystérieux admirateur.
0o0
Le mardi matin, elle se réveilla de meilleure humeur et c'est d'un pas allègre qu'elle descendit dans la salle commune pour rejoindre la Grande Salle.
Alors qu'elle vérifiait qu'elle avait pris les bons livres pour ses cours de sortilège et métamorphose qui se déroulaient tout au long de la matinée, elle rentra dans quelqu'un ou plutôt dans un torse musculeux qui la fit basculer en arrière. Elle leva les yeux vers sa victime et elle se rendit compte qu'Aidan Vaisey se tenait devant elle.
- Aidan, je suis désolé, je n'ai pas fait attention, s'excusa Dorea en s'éloignant pour s'extraire de sa main.
- Je vois ça, pouffa-t-il amusé.
Ils restèrent l'un en face de l'autre sans rien dire de plus durant une minute interminable. En définitive, le septième année se lança.
- Ta première journée s'est bien passé hier ? demanda-t-il l'air mal à l'aise.
- Heu… Oui, dit Dorea d'un ton hésitant. Et toi ?
- Très bien, je te remercie.
Le silence se fit de nouveau jusqu'à ce que Théo apparût dans la salle commune, provenant du dortoir des garçons.
- Je dois te laisser, fit alors Aidan. À plus tard.
- À plus tard, répondit la rousse.
Elle le contempla se diriger vers son propre dortoir alors que Théo s'approchait timidement.
- Est-ce que ça va ?
- Pourquoi tout le monde me pose cette question, souffla-t-elle en reprenant sa marche vers l'entrée de la salle commune.
Elle s'engouffra dans les couloirs des cachots, Théo sur ses talons.
- Attends Dott' ! la héla-t-il dans son dos.
Cette dernière se stoppa et se retourna vers son ami.
- Je voulais m'excuser pour hier soir. J'ai bien senti que je t'ai mise mal à l'aise. Je n'avais pas conscience que… cet épisode t'avait tant touchée.
Dorea abaissa le regard puis le rehaussa, fixant le jeune Nott d'un air déterminé.
- Théo, du dois savoir que j'ai conscience de l'intérêt que je provoque autour de moi. De par mes pouvoirs, mes aventures au ministère, ma fuite au Mexique, ou mon lien de parenté avec Harry. Mais c'est très compliqué à gérer. J'ai… J'ai honte de moi, murmure-t-elle.
Théo fronça des sourcils à cet instant et s'approcha un peu plus de la rousse.
- Dott', souffla-t-il, mais enfin pourquoi as-tu honte ?
- Parce que je suis censé savoir appréhender le danger, gémit-elle. Et je n'ai rien vu venir. Ni pour Juajez, ni pour Malefoy.
- Drago est loin d'être un danger, nota le jeune homme en roulant des yeux.
- C'est ma faiblesse Théo. Et ça le restera longtemps. Et le voir avec Astoria, met mes nerfs à rude épreuve. Et tu sais comment ça se passe lorsque je ne contrôle plus rien.
- Dorea, tu n'as pas à avoir honte de toi. N'importe quelle fille ou garçon de ton âge aurait agi comme tu l'as fait. Et pour ce que cela vaut, je trouve que tu donnes assez bien le change.
- Je te remercie, mais crois-moi, c'est loin d'être aisé.
- Eh bien, justement, on est là avec Daph' et Blaise. Ne te renferme pas sur toi comme tu le fais habituellement.
Dorea expira une énième fois, puis finalement hocha la tête.
- Allez, viens, il y a des pancakes au petit-déjeuner et tu connais l'appétit d'ogre de Zabini, commenta Théo en passant devant elle pour reprendre leur chemin.
La jeune fille ricana puis fit volte-face pour se joindre à son ami. Aucun d'eux ne vit un jeune homme blond dissimulé dans l'ombre d'une alcôve au coin du corridor.
0o0
La semaine passa donc ainsi, Dorea s'encrant dans une routine qui lui convenait parfaitement. Les cours, ses amis, sa retenue et le soir, ce garçon qui lui était tout à fait inconnu, mais qui pourtant lui semblait tout à fait sympathique. Elle ignorait les remarques désobligeantes de Malefoy, les soupirs d'Astoria lorsqu'il la bécotait. Elle saluait et faisait parfois la conversation poliment à Aidan Vaisey, chambrait Harry sur ses nouvelles aptitudes en potion et son livre dont il avait le nez toujours collé dedans, et pour finir, elle avait constaté dès sa première nuit à Poudlard, qu'elle dormait bien plus paisiblement. Et cela ne lui était plus arrivé depuis des mois.
C'est donc dans cet état d'esprit insouciant et enjoué que Dorea s'installa à la table des serpentards le samedi matin.
Il y avait encore très peu de monde en raison de l'heure matinale, mais les élèves commençaient à affluer au fur et à mesure que l'heure s'écoulait.
- Dis-moi, tu t'es réveillée tôt ? fit Théo en prenant place face à elle.
- Oui, j'avais envie de profiter un peu avant d'aller rendre visite à Hagrid.
Théo grimaça, mais n'émit aucune remarque désobligeante.
- Au fait, Vaisey te cherchait tout à l'heure.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Il veut s'entraîner pour les sélections de Quidditch qui ont lieu la semaine prochaine. Il se trouvera sur le terrain jusqu'à l'heure du déjeuner.
- Colin est un de ses meilleurs amis, pourquoi il ne lui demande pas à lui ?
- Parce que Colin n'a pas une longue chevelure rousse, et un joli minois.
- Pitié n'en dit pas plus, souffla Dorea d'un air de dépit.
Théo pouffa alors qu'il avalait un toast qu'il avait tartiné de confiture.
- De quoi vous parlez ? demanda Daphné en s'installant à côté de la rousse.
- De Vaisey qui suit à la trace Dott', ricana Théo.
- Moi, je trouve ça plutôt mignon, dit Daphné en se versant du thé.
- Mignon ? Tu trouves ça mignon ? s'offusqua la jeune Artwood.
- Tu exagères Dott', soupira Daphné.
- Tu es trop méfiante, ajouta Théo. On en a déjà parlé. Tu devrais t'amuser un peu, ajouta-t-il en haussant des épaules.
- Et toi Théo, tu t'amuses peut-être ? contre-attaqua Dorea après avoir bu une lampée de jus de citrouille. Je ne te vois jamais avec personne.
- Peut-être, en revanche crois-moi la discrétion fait tout et je peux t'assurer que je possède une forme olympique.
Il tourna la tête sur sa droite et adressa un clin d'œil à une élève de cinquième année de nom d'Annie Cooper.
- Ça va, j'ai compris, sourit Dorea amusée.
- Alors tu vas aller le voir ? questionna Daphné
- Qui ?
- Bah, Vaisey, voyons !
- Je vais avant tout aller voir Hagrid et en second lieu, on verra.
- L'ordre de tes priorités m'étonnera toujours, souffla la blonde.
Dorea se leva, les salua et sortit de la Grande Salle, prenant la direction du Parc, alors que Blaise les rejoignait à cet instant.
- Elle va où d'un pas si pressé ?
- Rendre visite à ce gros lourdaud de Hagrid, répondit Daphné.
- Oh pitié…, gémit Blaise en grimaçant.
- Mais après elle a rendez-vous avec Vaisey, sourit Théo.
- Ça, c'est intéressant. Il faut qu'elle se remette en selle et sans plus tarder.
- Ça ferait les pieds à Drago, nota Daphné. Surtout que l'on a tous conscience qu'il éprouve des sentiments, autant qu'elle, à son égard.
- À quoi il joue avec ta sœur ? questionna Théo.
- Je n'en sais rien, mais tout ce que je sais, c'est qu'Astoria ne fait pas le poids.
- Ça le rendrait fou de savoir que Dorea s'est décoté un autre mec en si peu de temps, dit pensivement Blaise.
- Artwood sort avec qui ?! s'exclama Drago furibond.
Il venait tout juste de se joindre à eux et à en juger par l'expression sur son visage, les trois serpentards avaient visés juste. Ils échangèrent un regard complice et reportèrent leur attention sur leur petit déjeuner.
0o0
Dorea frappa quelques coups contre la porte de la cabane et patienta durant une trentaine de secondes. Néanmoins, elle ne perçut aucun bruit de pas, pas même les aboiements de Crockdur. Elle réitéra ainsi son geste un peu plus fort qu'auparavant. Mais ce fut toujours aussi silencieux.
Elle descendit les deux petites marches pour aller vérifier à travers les fenêtres et ne vit personne dans la maisonnette.
La verte et argent se tourna alors vers le jardin où les citrouilles prévues pour la fête d'Halloween poussaient à vue d'œil et entourés l'Hippogriffe surnommé Buck.
Ce dernier couina et claqua le bec en direction de la jeune Lady. C'est donc là qu'elle aperçut une forme massive s'approcher à l'orée de la forêt interdite et elle reconnue Rubeus Hagrid, de ses cheveux et sa barbe noire et touffue, ainsi que ses petits yeux de scarabées reflétant la gentillesse incarnée du demi-géant. Crockdur, son chien ou plutôt son « molosse », sautait et aboyait autour de lui.
Hagrid tenait dans sa main droite un saut où débordait un bout de chair sanglante, des mouches survolant au-dessus. Lorsqu'il releva la tête et distingua la Serpentard devant l'entrée de sa cabane, son visage bourru se fendit en un grand sourire ravi.
- Bonjour Hagrid ! salua gaiement la jeune fille.
- Ah voilà enfin une visite qui fait plaisir ! s'exclama le gardien des clés en s'avançant vers les petits escaliers menant à l'entrée de sa cabane.
Crockdur aboya à l'adresse de la rousse et elle s'abaissa à son niveau pour lui gratter derrière ses oreilles tandis que son maître ouvrait la porte d'entrée.
- Entre Dorea, je vais te faire du thé.
La jeune Artwood se releva et gravit les deux marches pour pénétrer un salon aux allures chaleureux et douillet. Elle referma ainsi la porte après que le chien l'ait suivi et se fut installé dans un coin de la pièce.
Dorea prit place autour la vaste table ronde, se hissant pour s'asseoir sur les chaises volumineuses l'air d'avoir était taillée dans le tronc d'un arbre.
- Je me réjouis de vous revoir Hagrid, dit Dorea alors qu'elle observait le professeur de Soins aux Créatures magique s'affairer en cuisine et mettre une bouilloire sur le feu.
- De même ! Qu'est-ce que j'étais soulagé lorsque j'ai su que tu retournais à Poudlard.
- J'imagine que vous avez lu la Gazette durant l'été, soupira Dorea dépitée.
- Comme l'entièreté de cette école, murmura Hagrid. Cette première semaine n'a pas été trop pénible ?
- Je dirai que vu les circonstances, je m'en sors plutôt bien.
Hagrid posa deux tasses ou plutôt de ce qui avait l'air d'être des bols sur la table et se saisit de la bouilloire pour y verser le liquide aromatisé.
- Je n'ai pas douté une seule fois de ton retour Dott'. J'ai dit à Dumbledore… Je lui ai dit « Dorea Artwood est l'une des plus grandes sorcières de notre temps. Elle fera toujours les bons choix », fit-il fièrement.
- C'est gentil Hagrid, rougie la verte et argent.
- C'est la vérité, insista-t-il en prenant place face à elle.
- Qu'est-ce que c'est ? questionna-t-elle en esquissant un signe de tête vers le seau posé près du fauteuil.
- Oh, soupira-t-il. Aragog est de plus en plus mal, alors je l'aide à aller mieux. Mais il n'y en a plus pour très longtemps si tu veux mon avis.
- Aragog ? Ce n'est pas l'araignée géante qui a attaqué Harry et Ron en deuxième année ?
- Il n'accepte de ne voir que moi. Personne d'autres. Même si sa famille et ses descendants ne demandent qu'à me manger tout cru, dit-il déconfit, les yeux soudainement embués de larmes.
- Ce ne sont pas des animaux domestiques Hagrid, mais je trouve courageux de vous occuper de votre ami de longue date. Si je peux faire quelque chose, dites-le-moi, d'accord ? termina-t-elle en posant une main tendre sur la sienne.
- Tu es gentille Dorea, fit-il en lâchant un sanglot.
Il sortit aussitôt un mouchoir qui était semblable à une petite nappe, puis se moucha bruyamment dedans. Il tapota ensuite ses joues baignées de larmes puis le rangea dans la poche de son pantalon.
- Harry, Ron et Hermione sont venus vous voir ? demanda-t-elle sur le ton de la conversation, lampant une gorgée de thé dans sa tasse.
- Ah ne me parles pas de ces trois-là ! se récria-t-il sur le coup de l'énervement. Ils ont lâché mon cours de Soins aux Créatures magique sans m'en fournir la raison. Pas même un mot d'excuse.
Dorea eut un mouvement de recul et fronça des sourcils.
- Je… je suis désolée Hagrid.
- Oh, tu n'y es pour rien.
- Je suis certaine qu'il y a une raison. Je suis certaine qu'Harry vous expliquera très vite pourquoi, assura Dorea.
Hagrid et elle continuèrent de discuter de choses et d'autres et la jeune femme repartit en milieu de matinée, Hagrid insistant pour lui offrir un paquet de caramel. Elle se promit de les garder de côté pour en faire usage sur Parkinson ou même Malefoy, si ces deux-là venaient à lui chercher des noises.
Ce fut donc directement, qu'elle rejoignit le terrain de Quidditch. Elle vit alors Aidan Vaisey effectuer des tours autour des gradins, tâchant d'éviter les cognards qu'il avait certainement ensorcelé. La jeune femme s'engouffra dans l'une des entrées de gradins et s'y installa confortablement, contemplant son potentiel futur équipier.
Il fallait reconnaître que le septième année était plutôt séduisant et elle était, il fallait également l'avouer, flattée qu'un jeune homme de cette réputation – il était tout de même préfet-en-chef – brillant et populaire auprès de la gent féminine ait concentré son attention sur elle.
Elle était également consciente que ses récentes aventures au Mexique, à New-York, sa popularité dans la communauté sorcière, sa légende, ses pouvoirs, y étaient largement pour quelque chose.
Mais après tout, Théo avait peut-être raison ?
Se lamenter après Drago Malefoy ne demeurait pas la solution. Lui était bien passé à autre chose et il ne s'en privait pas pour lui en établir la démonstration à la moindre occasion qui lui était donné.
Elle avait vécu des temps difficiles et pour tout dire, se détendre un peu, vivre sa jeunesse, ne lui ferait pas de mal.
C'est alors plongée dans ses réflexion, qu'elle ne vit pas le garçon voler vers elle. Il freina en décalant son Brossdur 11 sur le côté.
- On rêve Artwood ?
Dorea reporta son attention sur le jeune Vaisey, l'expression légèrement surprise.
- Désolé, j'étais dans mes pensées.
Vaisey eut un léger ricanement et s'introduisit dans les gradins pour descendre de son balai et prendre place sur le siège à la droite de sa camarade.
- Tu es ici depuis longtemps ? demanda-t-il
- Un quart d'heure environ, répondit la jeune Artwood en consultant sa montre.
- Donc tu m'as vu me débattre avec les cognards, grimaça Aidan.
- Tu t'en sors pas mal. Tu convoites quel poste pour les sélections ?
- Gardien. C'est pour cela que je tente de travailler mon agilité.
- Tu es agile, mais il te manque un peu de vitesse. Tu ne dois pas hésiter à mettre les gaz. Tu as un balai plutôt bon, alors je pense que tu peux faire plus, expliqua Dorea.
- Montre-moi, dit-il en lui tendant le manche de son balai de course.
Dorea ouvrit la bouche, quelque peu stupéfaite de cette proposition.
- Je n'ai pas la tenue vraiment appropriée, dit-elle en jetant un coup d'œil à sa robe.
- Depuis quand Dorea Artwood se soucie de son style vestimentaire ? s'esclaffa-t-il. Style qui te va parfaitement bien, soit dit en passant, ajouta-t-il en laissant couler un regard vers ses jambes dénudées.
- Heu… Merci… c'est ma grand-mère… Tu vois… Elle ne supportait pas mes jeans, bégaya-t-elle mal à l'aise.
- Hé, détends-toi Dorea, ce n'était qu'un compliment, fit-il en campant une main sur la sienne.
Dorea avala sa salive, sentant ses joues chauffées sous le regard admiratif de son compère. Tâchant de changer de sujet, elle flanqua un un coup d'œil vers les terrains qui se trouvait toujours vide.
- Je peux tout de même t'expliquer deux ou trois trucs avant d'aller déjeuner.
- Ce serait gentil, fit Aidan en se relevant. Alors par quoi je commence ?
- Je vais ensorceler les souaffles et te les envoyer pour que tu puisses les maîtriser. On va y aller d'abord lentement puis de plus en plus vite.
- Alors allons-y ! s'exclama Aidan en enfourchant son balai pour voler jusqu'au milieu du terrain.
Dorea dévala les gradins pour rejoindre la pelouse où se trouvait le coffre qui renfermait les balles de jeu. Elle pensa alors que côtoyer un peu plus Aidan Vaisey ne pourrait pas lui faire de mal.
Petite question : selon vous qui est cet admirateur secret ?
