Bonjour à tous,
Mon disque dur m'a encore lâché et je n'ai donc pas pu poster ce chapitre début mai. Le voici donc. (◠﹏◠)
La voiture continua à la suivre lentement jusqu'à ce qu'une voix féminine se fasse reconnaître en l'interpellant.
-Teresa! Teresa Lisbon!?
La jeune demoiselle se retourna, apercevant à quelques mètres un visage qui lui semblait familier. L'adolescente aurait bien fui à cet instant bien que ce n'était pas son genre. Elle ralentit le pas.
-Bonjour. Vous me reconnaissez?
Teresa répondit oui, le ton neutre face à l'expression affable de la conductrice.
-Vous auriez un moment à m'accorder?
-Je dois récupérer un de mes frères à 17h00 après son entrainement.
-Ne vous inquiétez pas. Je ne vous retiendrai pas aussi longtemps. Au fait! prenant un air concerné. J'espère que je ne vous ai pas fait peur en vous suivant comme ça? Vous avez dû croire que vous étiez suivi par quelqu'un de douteux. Désolée. Ce n'était pas mon intention.
-Non. Je n'ai pas eu peur. J'étais juste très prudente.
-Vous avez raison. Il faut toujours se tenir sur ses gardes. On ne sait jamais à qui on a affaire.
-C'est vrai.
La jeune fille prit sur elle, essayant de ne pas laisser transparaître ses émotions. Erica Flynn ouvrit ensuite la portière côté passager, lui proposant de monter sans vouloir la forcer. Teresa hésita, son instinct lui murmurant que c'était plus ou moins une bonne idée. Cependant, vu son air narquois, attitude un tantinet condescendante, cela la poussa à accepter, étrangement.
Cette manière de faire l'avait hautement agacé. Quel adulte sensé se serait amusé à effrayer une gamine de 17 ans et demi?
Une femme qui n'aime pas se sentir menacée surtout par une ado, en effet.
Une fois dans la voiture, Teresa s'étonna que sa rivale ne fasse pas des étincelles dans son domaine de prédilection au lieu de perdre son temps avec ... En réalité, Erica savait ce qu'elle faisait.
-Vous vous demandez, je suis sûre, pourquoi je suis venue vous voir à 15h00 de l'après-midi au lieu d'être à mon travail, n'est-ce pas?
"Elle est télépathe ou quoi?"
-Oui, je l'avoue.
-Etant donné que j'ai dû rester tard le soir où je devais dîner avec Patrick, enfin monsieur Jane, j'ai pu prendre un jour de libre.
-Je vois.
La jeune fille comprit sa motivation. C'était évident.
-Ça vous dit que nous allions dans un café? Nous pourrions ainsi prendre un rafraîchissement ou ce qui vous plaira et en profiter pour discuter. Je vous invite.
La jeune femme appuya bien sur ce mot avec une désinvolture naturelle. Teresa accepta l'invitation, disposée à cette confrontation tout en étant consciente que le territoire serait sans aucun doute truffé de mines.
-Vous savez. Mon intention n'est pas de vous mettre mal à l'aise. Même si c'est délicat. Vous comprenez, j'espère?
-Oui, je comprends.
-Tant mieux.
Dans la tête de l'adolescente, des pensées peu amicales circulaient librement. Un flux de paroles mental que celle-ci aurait bien exprimé à haute voix si la situation l'avait exigée.
"-Efface-moi ce sourire hypocrite ou je te le fais avaler par les trous de nez, espèce de vipère psycho-tarée."
Une demi heure plus tard, elles arrivèrent au café Gold Macaron, un endroit qui n'avait rien d'un bouge. Cela ressemblait plutôt à un glacier, salon de thé raffiné. Teresa se dit que ça devait valoir la peau du cul. A peu près. Elles s'assirent ensuite, commandant quelques minutes plus tard. Un cappuccino pour Erica Flynn et un chocolat viennois pour l'adolescente.
-Votre chocolat viennois est bon? lui demanda-t-elle quelques minutes après .
-Oui, merci. Et votre cappuccino?
-Un délice. répondit la vipère, le sourire angélique.
Un dernier petit sourire échangé et soyons clair, le cobra qui se planquait sous cette couche de chair, ouvrit les hostilités.
-Bon. Nous ne sommes pas ici pour parler de nos goûts sucrés. Vous devez vous douter de quoi je veux vous parler.
-J'en ai une petite idée.
-Alors mettons cartes sur table.
Teresa garda son sang-froid face au visage faussement aimable.
-Je suis bien évidemment au courant pour votre liaison ou passe-temps avec Patrick. Et honnêtement, je la trouve inappropriée.
-Passe-temps?
Si elle aurait pu la gifler pour ces mots prononcés, la jeune fille ne se serait pas gênée.
- Je vous sens décontenancée. Ou désarçonnée serait plus juste. Blessée?
Erica Flynn visait bien en crachant son doux venin.
-Je ... Euh ... .
-Vous ne savez pas quoi dire. Je me mets à votre place.
Une compassion de pacotille.
-Non. Pas exactement.
L'adjectif le plus adéquat était "déstabilisée". D'avoir été traitée de passe-temps. Ça ébranlait forcément. L'adversaire avait marqué un point.
-Vous devez savoir que moi et Patrick, nous nous sommes engagés sérieusement l'un envers l'autre. Nous voyons le monde avec le mêmes yeux. Nous avons les mêmes objectifs et désirs. Dans une relations, rien n'est jamais parfait et il arrive qu'il y ait quelques petites turbulences. Mais lorsque une union reste solide malgré tout, rien ne peut l'ébranler totalement.
Erica Flynn étira un petit sourire empoisonné et dégaina.
-Vous n'êtes qu'une distraction. Bien qu'il soit sincère à votre égard, ça ne durera pas. Vous êtes ensemble pour des raisons évidentes.
-Lesquelles?
Teresa continua de se contenir, à la fois en colère et davantage blessée. Le jeune femme étira un plus large sourire sans y répondre. Elle voulut juste enfoncer le clou.
-Il se paye du bon. C'est une seconde récréation. Il a été attiré par vous dans une période de faiblesse. Vous étiez sa tentation. Comment n'aurait-il pas succombé? Vous êtes adorable. Mais c'est une passade. Comme s'il enterrait sa vie de garçon. Si je vous dis ça, c'est pour votre bien. Je veux vous ouvrir les yeux. Patrick vous offre de l'illusion. Et à vous voir, je pense ne pas me tromper en disant que vous n'êtes pas quelqu'un de très crédule. Ce serait plus sain que vous fréquentiez un jeune homme de votre âge et non plus âgé. Et déjà en couple. Ça ne fait pas bon effet dans un dossier scolaire.
-Pardon?! Vous me menacez?
La jeune fille se sentit bouillir de l'intérieur après ce sentiment de vulnérabilité. Cette sensation l'aida à s'en libérer.
-Non. Un simple conseil. Et je n'ai pas ce pouvoir. Je ne voudrais pas non plus qu'un certain enseignant auquel nous sommes réciproquement attachées, soit renvoyé.
Sans contrôler sa main, le chocolat viennois fut jeté à la figure du reptile qui fut saisi par l'acte. Que ce fut jubilatoire de se voir sourire pleinement à son tour!
En l'imaginant, malheureusement.
La demoiselle ne voulut pas se rabaisser à un tel niveau. Quoique ... .
-Vous avez fini?
-J'aimerais bien vous donner l'occasion de vous faire sortir vos griffes mais hélas, oui.
Teresa esquissa nerveusement un semblant de sourire tout en la fixant. Elle ne s' était pas trompée sur son compte, sachant aussi clairement observer. Même si la jeune fille n'était pas en position de riposter, cela ne l'empêcha pas de la traiter de garce. Dans sa tête, bien sûr.
-D'accord.
Le jeune fille se leva aussi sec, prit son sac à dos, esquissant de nouveau un sourire.
-Merci de m'avoir invité.
Il fallait y entendre un remerciement tout à fait ironique et malgré une colère naissante, Teresa afficha sa dignité, fière d'elle quand même. Même si ces paroles blessantes l'avaient atteinte, elle ne voulut pas lui donner cette satisfaction.
Sur le chemin du retour, à pince, ce tête-à-tête nauséabond la fit toutefois cogiter. Quels étaient véritablement les sentiments que lui portait Patrick à l'heure actuelle?
La demoiselle aurait bien voulu rendre à Erica Flynn la monnaie verbale de sa pièce. Mais vu la situation, celle-ci n'était vraiment pas en mesure de le faire. Ça aurait été malvenu de donner libre cours à sa langue.
Quant à Kimball au même moment, celui-ci s'était mis en route pour rendre visite à son pote, les cours manqués en main.
Il avait dépassé la zone du lycée depuis sept, huit minutes lorsque l'ado crut reconnaître une voiture familière. Contrairement à Teresa, il eut plus de chance en apercevant illico le conducteur. Un dénommé KS. Le chef de bande dont Kimball avait fait parti; Les Avon Park Playboys.
Le dernier soir où il avait été prévu de cambrioler une maison, devant neutraliser les habitants en les attachant, bâillonnant, l'ancien mauvais garçon avait décidé de renoncer après avoir partager son désaccord plus une balle tirée. Il avait ainsi blessé son ex-partenaire. Plus ou moins involontairement. Suite à cette dernière virée, le lien fut définitivement rompu.
Même si KS lui en avait voulu, heureusement pour Kimball, les représailles n'avaient pas été de rigueur. Il avait mieux valu disparaître pendant un temps pour le chef de gang.
Un coup du karma qui avait frappé à sa porte tout d'un coup? Il y aurait eu de quoi rire sans doute. Le destin était assez mauvais blagueur.
Le jeune homme se demanda ce que KS pouvait foutre par ici. Une très bonne raison pour être contrarié.
Il aurait bien fait demi-tour, hésitant. Mais l'adolescent se tint à ce qui avait été prévu. Dans ces deux cas bien différents, l'un et l'autre demeuraient tout aussi importants. Wayne resta donc sa priorité. Le destin, souvent, peut frapper plus d'une fois.
Et en parlant de frapper, un peu plus loin du bahut, encore, Summer en fit de même à la vitre d'une voiture qui s'était arrêtée. Celle-ci se baissa côté conducteur.
-C'est toi la copine de Flipper?
-Ouais. T'es sûrement KS.
-Ouais. Le fournisseur attitré.
