Hello,

Voici un nouveau chapitre. ️ 😎

Thank you paulin101


Installé dans le canapé, Wayne demanda sans attendre à son père la nature de ses problèmes.

-Tu veux une bière?

-Non.

Le ton du fiston se fit sec, celui-ci se sentant quelque peu exaspéré par l'attitude de son cher papa.

-Quand tu auras 18 ans, rappelle-moi de t'offrir ta première cuite.

- Non merci. Et c'est 21 ans si tu veux boire ton premier verre.

-Si j'avais dû attendre. Cette loi ne sert à rien de toute façon. Les jeunes de ton âge, fument, boivent et s'envoient en l'air.

-C'est bizarre, ça sonne comme un reproche dans ta voix.

Un contraste entre sa position avachie dans son fauteuil et sa bouteille de bière à la main. Trois autres étaient d'ailleurs couchés sur la table basse, déjà en désordre. Le paternel lança un;Ouais, fixant son fils avant de boire une autre gorgée. L'adolescent se mit à détailler brièvement le salon, mais surtout les bouteilles de bière bues certainement tôt ou datant de la veille.

-Tu devrais freiner sur l'alcool.

Un conseil donné d'un ton sobre qui déplut. Toutefois, Steven Rigsby répondit sans agressivité.

-Personne n'a à me dire ce que je dois faire.

-Tu crois?

Wayne le fixa à son tour, la voix se faisant plus calme.

-Tu es venu jusqu'à la maison en jetant des cailloux à la fenêtre pour me dire ensuite que t'avais des problèmes. Alors je pense que j'ai le droit de te dire ça.

-Tu t'inquiètes pour ton vieux père?

Question plus ou moins rhétorique, se montrant ironique.

-Peut être. Tu es quand même mon père. Dis moi ce qui se passe.

Son père se redressa lentement, posa sa bouteille presque vide, puis s'essuya le coin de la bouche d'un revers de main. Il n'était pas des plus allègre mais on pouvait en déduire que ça faisait partie de son caractère à l'état brut, arborant comme un air méfiant.

-Ta mère sait que tu es venu me voir?

-Non. Sinon je ne serai pas là.

Un bref silence régna dans la pièce, ajoutant à ça le regard scrutateur du père.

-J' te crois.

Il reprit sa bière et la finit avant de la reposer, vide. Steven Rigsby se leva en premier et son fils le suivit jusque à l'extérieur. Tous deux traversèrent le jardin, se dirigeant ensuite vers le garage qui était fermé avec un cadenas. Il fut ouvert grâce à la clé que le paternel gardait sur lui en permanence.

Une fois ouvert, il referma derrière, conduisant Wayne jusqu'à une grande armoire métallique fermée par un code comme pour un coffre fort. La raison de ces mesures de sécurité fut comprise lorsque les portes furent ouvertes. Des kilos de cigarettes de contrebande étaient impeccablement rangés.

-Je voudrais que tu m'aides à liquider tout ça. Je devais écouler la marchandise après avoir passé un contrat avec des gens peu recommandables. Mais il y a eu un imprévu. Ils se sont fait choper. Et dans leur carnet, il y a tous les noms des fournisseurs. Comme on nous appelle. Si la poulaille trouve tout mon stock, je suis bon pour retourner derrière les barreaux.

L'adolescent lui adressa un regard effaré et complètement décontenancé. Il avait finalement dû en parler à sa mère plus tard. Son père s'était empêtré dans un sacré merdier. Son paternel avait conservé une morale chancelante et rien d'étonnant à reprendre une activité illégale.

-Comment t'as pu? C'est dément de me demander ça!

-Je comprends ta réaction. dit-il tranquillement.

Wayne regarda le contenu de l'armoire, intérieurement paniqué.

"Quel père pourri!" pensa-t-il ainsi qu'il avait hérité du père le plus nul du monde.

Contrairement à Wayne, Teresa s'était amusée, ne pensant que du bien de cette soirée. Elle avait été présentée comme une jeune amie auprès de certains qui avaient été la famille de route de Patrick. Il n'était pas du genre à juger ou plutôt faire des réflexions. Du tout moralisateur, mais non dupes. Il eut juste droit à un large sourire.

-Ou est passée Erica? demanda Pete, d'un ton détaché, sans épiloguer dessus.

C'était le plus proche ami de la famille des forains et d'une carrure plus qu'impressionnante.

Quelques attractions furent à l'œil. Même si Patrick avait quitté le milieu des forains, on ne l'a jamais considéré comme un naze, branque.

Barbe à papa, pomme d'amour, manèges ... C'était une véritable foire aux plaisirs. Ils en avaient bien profité. Tout en marchant dans l' une des allées, Teresa complimenta la sympathie de l'ancien cercle personnel de Patrick. Elle le détailla ensuite, tout en dégustant sa pomme d'amour au chocolat praliné. La jeune fille étira un sourire amusé et nerveux à la fois.

-Ça fait drôle.

- Quoi donc?

-De t'imaginer travailler ici.

-Pourquoi? demanda-t-il tout en souriant, glace à la main.

-Je te vois pas faire ce genre de travail. Même si c'est un boulot. On le voit plus comme une fête. Je veux dire par rapport au contexte.

-C'est vrai. Mais monter des attractions est titanesque.

Elle acquiesça. Puis Teresa prit une attitude embarrassée en posant cette question.

-Euh, au fait. Ils n'ont rien dit. Quand ... Enfin ... Quand tu as dit que j'étais une amie? C'est gênant.

-Ça dépend de quel le point de vue on se place.

-Comment ça aurait été perçu?

Puis elle y réfléchit.

-Quand je me suis senti à l'aise, j'ai réalisé que finalement, qu'importe, je m'en fiche.

Patrick eut l'air d'en être ravi, lui prenant alors la main tout en continuant le chemin. Il lui raconta à sa demande, que sa famille était donc forain et qu'il avait passé son enfance, adolescence au sein de ce milieu, le quittant ensuite afin de poursuivre ses études. Patrick, lui confessa qu'il ne voulait pas de cette vie de toute façon.

Malgré les bons souvenirs et cette atmosphère plaisante. Son père lui en a un peu voulu, ajouta-t-il, leur rapport étant devenu parfois tendus. Teresa le regarda avec des yeux admiratifs. Elle fut charmée par sa volonté d'avoir changé e voie au lieu de suivre un chemin tout tracé.

-Je passe une excellente soirée.

-Vu ton sourire, je te crois.

Il lui serra la main, profitant encore du temps qui restait. Carson Springs, Sacramento ... Il y avait de la route.

Deux semaines plus tard, les choses commencèrent à se corser légèrement.