i lived, bitches
écoutez, je pourrai vous dire : que j'ai taffé, passé une seconde année de licence à faire revivre une association, et que j'en suis devenu le président. que mon précédent pc a claqué, que son chargeur a BRÛLE, et que j'ai changé d'ordi. que j'ai totalement oublié tous les évènements que je veux raconter plus tard. que j'ai découvert Stardew Valley, et à partir de là, c'était fini. que j'ai écrit un ROMAN, et que j'ai kiffé ma race de voir mes OCs prendre vie
je pourrai vous dire tout ça. mais la vérité, c'est que j'ai eu vlà la flemme d'écrire, et que si je ponds ce truc, c'est parce que mon téléphone est hs, et du coup je me console des 100 balles que je vais débourser en écrivant sur un fandom un peu mort sa mère.
bref, enjoy !
« Le Magenmagot se réunit afin de procéder à l'interrogatoire de monsieur... Hum... »
Emeline se gratta le crâne, un geste qui était définitivement peu flatteur. L'audience, pendue à ses lèvres, ne loupa pas une miette de ce spectacle.
« Vous savez, confia-t-elle à tous, trois semaines sont passées, et je ne sais toujours pas comment m'adresser à vous, monsieur, malgré toutes les explications que vous avez pu nous fournir. »
Le public, reconnaissant là une indulgence de la cheffe de cette institution, s'autorisa un rire. Debout seul sur l'estrade circulaire, Wilson afficha un bref sourire sincère, avant de fondre de nouveau ses traits en une statue stoïque.
Cygnus Black le dévisageait toujours intensément. Dans d'autres circonstances, Thésée aurait pu croire qu'il voulait le sauter (de la manière que cela sous-entendait, oui) là et maintenant.
Considérant que les deux hommes étaient biologiquement frères, cependant, il était plutôt de bon goût de rayer de la liste cette explication. Non, vraiment, elle était toute simple : comme depuis le soir où on l'avait appelé en urgence au ministère, Cygnus Black n'en croyait juste pas ses yeux. Et il était loin d'être le seul.
« Dans le département des Mystères, madame, on m'appelait seulement Wilson.
- Je... vois. Un petit souci pour notre administration, j'en ai peur. Il vous faudrait choisir un nom, si ce n'est pour le bien de notre greffier. »
Wilson cligna des yeux.
« J'ai toujours eu un faible pour le prénom Amadeus, » avoua-t-il, et Thésée pensa Merlin, il a perdu tous ses souvenirs, mais évidemment qu'un Black se doit d'avoir un prénom désastreux, pas vrai ? et il croisa le regard de Caine, qui se trouvait de l'autre côté de la salle, et avec le sourire qu'elle lui envoya il comprit qu'il n'avait pas été le seul à penser cela.
Ha. Au moins, on était certain qu'il n'y avait pas eu d'erreur sur la personne.
« Amadeus Wilson. Eh bien, nous voilà donc réunis pour votre interrogatoire. »
Emeline noua ses mains ensemble et se tourna vers le nouveau siégeur permanent du Magenmagot.
Olwenyo Shafiq, si il avait (malheureusement) survécu à son petit assaut sur Poudlard, avait naturellement été démis de ses fonctions et jeté dans une cellule en attente de son procès. Nul ne doutait qu'il serait condamné à Azkaban ; et avec cette certitude en tête, Emeline avait donc jugé que d'autres choses étaient plus urgentes à régler. Toute la réorganisation du département des Mystères, par exemple, ou plutôt ce qu'il en restait. Certains Langues-de-Plombs qui n'avaient aucune idée que leurs collègues avaient émergé des limbes de la mort, et qui savaient encore moins que leur patron avait prévu de tuer un homme vieillissant dans son château.
Thésée aurait presque plaint les pauvres types, qui se retrouvaient du jour au lendemain accusés de complicité d'''acte politiquement, juridiquement et moralement répréhensible et pouvant attenter à la vie d'une ou plusieurs entités vivantes (mages) et de la paix de notre monde tel que nous le connaissons'' (fin de la citation).
Mais il devait aider à arranger tout ce bordel, alors à la place il faisait en sorte de leur envoyer son regard le plus noir et de faire cracher aux actuels complices des confessions.
Cela marchait... Plus ou moins bien. En tout cas, ils avançaient.
Enfin bref, tout cela pour dire que la menace Shafiq n'était plus... Et que celle d'Emilia Sinestra ne faisait que commencer.
Elle avait l'air très contente d'elle-même, perchée sur son siège, surplombant la foule comme la reine qu'elle avait sans doute été dans une autre vie. Cette position lui revenait de droit, maintenant qu'on la lui avait donné, et ce n'était pas elle qui était modelée pour le poste ; c'était le poste qui était fait pour elle.
« Bien sûr, continuait Emeline, j'ai déjà eu vent de l'histoire, mais de manière officieuse. Et ici, nous aimons faire les choses dans l'ordre. Alors ne tardons pas. »
Lisant quelque chose sur une feuille de papier, sans doute les questions que le Magenmagot avait préparées, elle se racla la gorge et commença :
« Pouvez-vous affirmer avec certitude que vous et Phineas Black Junior êtes la même personne ? »
Wilson hocha négativement la tête. Thésée n'en fut pas certain, mais il crut le voir jeter un coup d'oeil vers Cygnus Black avant de répondre à voix haute :
« Non, madame, mais de ce qu'on m'a dit, et d'après les photos que l'on m'a montrées, hum... »
L'ancien Langue-dePlomb rit gauchement, un petit bruit dépréciatif dans le silence attentif de la salle.
« Eh bien, finit-il, il n'y a pas vraiment de doute à avoir, n'est-ce-pas ? »
Si Thésée ne savait pas de quoi cet homme était capable, il l'aurait presque cru innocent. Mais en l'état actuel des choses, l'Auror savait très bien que Wilson était loin d'être une figure sans défense.
Il n'avait eu que des dires de ce fameux combat à Poudlard. Il s'était réveillé à Saint-Mangouste, encore une fois, avec un bandage autour de la tête et aucun souvenir de ce qui l'avait conduit là. Pour un peu, on aurait cru une redite de la dernière fois qu'il s'était retrouvé à l'hôpital, et pour tout vous dire il avait été à deux doigts de se lever de son lit et d'aller chercher Caine pour la tuer une bonne fois pour toute.
Mais que nenni, lui avait-on dit. Emilia, plus précisément, qui avait été chargée d'être sa factrice personnelle.
« Un peu de magie et vous êtes aussi inutile qu'un première année, Scamander ? Bah, avait-elle ajouté pour l'apaiser. De toute façon, après ce qu'a fait votre cher Wilson, je ne suis pas étonnée.
- Et qu'est-ce qu'il a fait, au final ? »
Emilia avait hoché les épaules, apparemment désintéressée ; mais Thésée avait vu le frisson qui l'avait traversée.
« Il a détruit la moitié de la Grande Salle, quelle question ! »
Mais maintenant ?
Maintenant, Wilson se tenait parfaitement droit, certes, mais ses yeux bondissaient d'un bout à l'autre de la salle, désorienté, ne sachant vraiment que faire. Il était assez volontaire, pour tout dire, mais il était clair qu'il n'était pas dans son élément naturel. Thésée le soupçonnait de répondre aux questions d'Emeline plus parce qu'elle était une figure d'autorité assez évidente que parce qu'il souhaitait réellement être honnête.
« Pour préciser de manière très officielle, annonça Emeline, et vous pouvez noter cela dans les journaux... »
Quelques rires parcoururent l'audience, et les plumes des sorciers concernés furent brandies.
« ... il a été observé par nos enquêteurs que, sauf précision du contraire, les Langues-de-Plomb dont nous allons parler ont tous été... (Emeline grimaça) ramenés à la vie par des moyens détournés dont nous allons en éclaircir l'origine. Le Magenmagot appelle Caine Marie Aliona Rekowsky à la barre. »
La sorcière s'exécuta sans trop de soucis et, après avoir joué des coudes pour se frayer un chemin sur l'estrade centrale, leva les yeux vers Abbot ; quoique le sourire calme qu'elle offrit était destiné à Emilia.
Pas pour la première fois, Thésée fut impressionné par le changement de tempérament qu'il avait pu observer chez Caine. Elle lui avait rendu visite durant son bref séjour à Saint-Mangouste, et c'était comme si il avait conversé avec une toute autre personne. Apparemment apaisée par la conclusion de l'affaire, Caine lui était apparue comme plus douce, plus ouverte à une conversation calme.
Plus que tout, Thésée avait pu observer chez elle une sorte de deuil tranquille, une mélancolie qui s'emparait parfois d'elle et la faisait regarder dans le vide avec un sourire triste sur les lèvres. Elle en sortait bien vite, plus volontaire, et de cela il ne fallait en tirer qu'une conclusion : savoir ce qui était arrivé, pourquoi, et ce qui l'attendait à la maison, la poussait vers l'avant au lieu de toujours être tirée par le passé.
Mieux que tout : elle ne protestait plus face à l'autorité (si ce n'est celle de Fawley, ce qui aujourd'hui était la norme), et par conséquent était beaucoup plus gérable lors de grandes audiences comme celles-ci.
« Caine Marie Aliona Rekowsky, récita Emeline, actuellement employée à la brigade magique.
- Ah, pas vraiment, corrigea vite Caine en se frottant l'arrière du crâne. Je suis quelque part entre deux emplois, madame. »
Abbot roula des yeux, souffla doucement. Thésée n'aurait su dire si elle était vraiment exaspérée ou pas ; mais à sa place, en voyant une de ses plus proches collaboratrices, et l'élément chaotique de leur petite équipe, se faire constamment les yeux doux, il en aurait vomi son repas aussi.
Parce qu'il était vraiment passé à côté de leur relation, pas vrai ? Et pourtant, en regardant de plus près certaines de leurs interactions, et les conversations qu'il avait eu avec Emilia, il y avait certains éléments qui auraient pu lui mettre la puce à l'oreille.
Quoiqu'il en soit, Emilia avait reçu une promotion et avait donc annoncé se retirer de sa position de cheffe de la brigade magique. Thésée la soupçonnait de vouloir devenir la prochaine Olwenyo Shafiq, les envies homocidaires en moins. Une gardienne de tous leurs secrets.
Il était naturel que Caine ne se décide à la suivre.
« Oui, bon, tempéra Emeline. Employée au ministère de la Magie, si vous préférez. »
L'Auror put voir que la sorcière combattait une réponse pleine de malice ; mais avec un dernier sourire, elle se contenta d'hocher la tête, et Abbot alla directement à la suite :
« Vous avez notamment travaillé sur ce dossier... épineux.
- C'est exact, madame.
- Et par conséquent, vous avez compris comment Olwenyo Shafiq, ancien directeur du département des Mystères, s'y est pris pour ramener des êtres humains à la vie. »
Caine haussa les épaules, toujours avec le même souvenir, et il lui vint en tête, en cet instant, qu'elle le faisait un peu exprès. L'audience était pendue à ses lèvres ; après tant de mois à être perçue négativement par le public, un peu d'attention plus bienveillante devait la faire rayonner.
« Nous n'avons que des suppositions, madame, mais il est possible que la Pierre de Résurrection ait été utilisée.
- Excusez-moi, » intervint Nicholas Malfoy pour la première fois depuis bien des mois, « mais il me faut vous signaler que des notes intensives ont été prises suite à l'arrestation de Shafiq... Sans compter la présence parmi nous d'un de ces... ressuscités. »
Wilson se retrouva une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, bien malgré lui. Il hésita visiblement, cherchant ses mots, avant de se lancer à l'eau.
« C'était... Je ne saurai pas vous l'expliquer précisément, mais... »
Il déglutit précipitamment.
« C'était... J'étais... comme endormi... et puis— »
Une expiration hachée l'interrompit, cette fois-ci. Perdu dans son souvenir, Wilson ne voyait rien ni personne.
« Et puis— Mais je ne voulais pas revenir, sauf que j'étais là. Dans cette salle. Avec le voile. Et... Et ils m'ont fait traverser le voile... Et tout à coup, j'étais— Eh bien, là-dedans. »
Avec un rire dépréciatif, il se désigna tout entier, de la tête aux pieds.
« Et je ne me souvenais de rien. Rien du tout. Pour moi... Pour moi, j'étais né à cet instant-là. »
Le silence suivit ses paroles. Puis Emeline, certes compréhensive mais également avec un travail à faire, reprit, sans pitié :
« Selon le conte, les âmes des défunts ne font que vouloir retourner dans la mort. Est-ce votre cas ? »
Thésée leva les yeux vers l'audience, la parcourut du regard ; et au final, il s'arrêta sur la silhouette de son voisin, silencieux et ténébreux depuis le début de cet interrogatoire.
Percival avait tenu à venir, pour une raison ou une autre, mais peut-être parce que, dès que Wilson avait été remis entre les mains du Ministère, l'américain s'était donné pour mission de tenir compagnie au Langue-de-Plomb. Sans doute voulait-il apporter sa pierre à l'édifice monstrueux qu'avait été la chute du département des Mystères. Ou bien était-il mu par une curiosité sincère. Mais les faits étaient là : Wilson avait gagné un nouvel allié dans la bataille pour sa liberté, et Percival se sentait concerné par cet individu pour le moins singulier.
(si on exceptait les douze autres qui existaient)
« C'est— C'était difficile au début, madame, avoua Wilson. Mais au fur et à mesure... Et mes compagnons, mes amis pour certains, nous étions tous pareils. Certains en parlaient plus que d'autres, de notre expérience, mais— Madame, je pense que sans eux, je n'aurais pas tant voulu rester en vie.
- Les notes, grinça Malfoy, sur toutes ces expériences, sur votre résurrection, où sont-elles ? »
À ce souvenir, Thésée esquissa un sourire satisfait, et Caine afficha le même de son côté.
Bien sûr, ils avaient fait leurs recherches, autant dans le département des Mystères situé à Londres que celui dans lequel il avait été happé par Shafiq. Ils avaient trouvé beaucoup de choses, évidemment, de nombreuses notes, des expérimentations ayant raté, des frustrations écrites sur papier ; et la solution, également, tout le procédé.
Thésée avait refusé de le lire. Il l'avait mis dans un dossier en papier qu'il avait condamné avec sa propre magie, et jeté sur la pile de documents liés à l'enquête. À la fin, ils en avaient eu pour une petite montagne de secrets.
Caine l'avait contemplé avec lui, alors qu'ils n'avaient été plus que deux dans la salle.
Ils ne s'étaient même pas regardés. Même pas concertés.
« Que fait-on ? », avait-elle demandé, au garde-à-vous. Prête à obéir.
Thésée avait penché la tête sur le côté. Puis il avait inspiré.
« Brûlez tout. »
Il y avait là-dedans des choses dont les Hommes ne devraient jamais avoir la connaissance. Même lui, lorsqu'il s'était rendu compte qu'il avait trouvé exactement ce qu'ils cherchaient, avait brièvement imaginé ramener Leta. Ç'aurait été la solution à de nombreux problèmes, sa solitude et son absence de vie romantique parmi eux.
Il avait été tenté. D'autres le seraient d'autant plus. Thésée n'était pas le meilleur des Hommes, mais il essayait tant bien que mal d'être le meilleur de lui-même. Pas tous n'avaient cette aspiration.
Caine avait pris une boîte d'allumettes, à la Moldue, et en avait craqué cinq, promptement. Elle les avait jetés dans le tas et, une fois que les flammes avaient pris, ils s'en étaient allés, laissant derrière eux un feu de leur joie.
« Elles ont malheureusement été perdues, monsieur, répondit Caine d'une voix mielleuse. Un terrible accident ou un acte délibéré, nul ne le sait. Aucune trace de magie sur la scène de crime. »
Elle haussa les épaules, une nouvelle fois, et noua ses mains devant elle. La parfaite image de la condamnée, mais ses poignets étaient libres de toutes menottes et elle était fière, totalement, de ce qu'elle était, de ce qu'elle avait fait.
« J'imagine que certaines choses resteront inexpliquées. »
Malfoy s'apprêta à rétorquer quelque chose ; sans doute son indignation la plus profonde, et prêt à vociférer des insultes et des ordres pour que lumière soit faite sur cet étrange mais très pratique incendie. Emeline le battit en articulant rapidement :
« Tant pis. Je ne suis pas certaine que ce genre d'expérimentation ait sa place dans notre ministère. Parlez-moi d'Olwenyo Shafiq, monsieur Wilson. »
Et Wilson parla, et parla, et parla, et parla encore, avec beaucoup de mal et beaucoup d'interruptions ; et Thésée, qui connaissait l'affaire par coeur maintenant eut énormément de mal à ne pas s'endormir. Il manquait un peu de sommeil, et la voix de Wilson avait l'étrange particularité d'être quelque peu mélodieuse dans sa monotonie.
Percival, Merlin ait son âme, l'empêcha de s'assoupir d'un coup de coude bien placé. Son ami avait un fin sourire et toute son attention focalisée sur l'ancien Langue-de-Plomb. Il paraissait regarder un match de Quidditch en direct.
« Vous dites donc que le département des Mystères— Olwenyo Shafiq, mes excuses, corrigea Emeline lorsque Malfoy fit mine de protester, employait des travailleurs clandestins qui provenaient d'anciens réseaux de combattants ?
- C'est ce que j'ai compris, madame. »
Emeline huma. Tapota brièvement ses doigts sur son bureau. Échangea un regard avec Aimée Shacklebolt, qui hocha la tête.
« Le Magenmagot appelle mademoiselle Tabitha Carrow à la barre. »
L'audience se figea ; et une figure solitaire se leva gracieusement depuis le premier rang et parcourut la courte distance qui la séparait de l'estrade de pierre.
Thésée s'était attendu à ce qu'Emeline quémande sa présence, mais que Tabitha réponde à l'appel l'étonnait plus qu'autre chose. Elle ignora Wilson avec superbe, magnifique dans une robe pourpre aux épaules gonflées, au col haut et au jabot aux élégants drapés.
« Je confirme être Tabitha Carrow, déclara cette dernière avec un certain dédain, et par pitié, ne commençons pas à évoquer les petites excursions de ma soeur. »
Emeline haussa à peine les sourcils. Il savait que l'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit.
C'est vrai qu'il y en avait une avec Grindelwald. Une Carrow. Il aurait pensé à une cousine plutôt qu'à une soeur. Elles ne se ressemblaient que de loin. À dire vrai, c'était la première fois qu'il entendait son nom de famille ; et même avec, il ne parvenait pas à totalement faire coller leurs visages ensemble.
« Soyez assurée, mademoiselle Carrow, que ce n'était nullement notre intention. »
Tabitha se détendit quelque peu et hocha silencieusement la tête en signe d'abnégation.
« En revanche, pouvez-vous confirmer que vous avez bien travaillé, un temps durant, pour le département des Mystères ?
- Le département des Mystères, c'est vite dit, répondit Tabitha avec quelque malice. Disons que j'ai été contacté par un homme pour un petit travail, qui en est devenu deux, puis trois. Et il se trouve que lui travaillait là-bas, voilà tout.
- Vous avez été hospitalisée à Saint-Mangouste jusqu'à il y a quelques jours, après avoir été soumise à ce que les médicomages ont appelé ''un stress intense sur une longue durée d'exposition''.
- C'est ce qui se dit, oui. »
Emeline laissa apparaître un peu de frustration. Tabitha lui offrit un sourire plein de dents, et imita la posture de Caine, qui la scrutait depuis sa place sur l'estrade en pierre.
« Je suppose que j'ai été là-bas un certain temps, en tout cas, finit la sorcière, mais comprenez que les jours commencent à se fondre un peu les uns avec les autres après la première semaine.
- Reconnaissez-vous cet homme ? »
Pour la première fois, elle jeta un regard désinvolte vers Wilson, avant de se focaliser de nouveau sur la directrice élue du Magenmagot.
« Certainement.
- Pouvez-vous affirmer qu'il ait joué un rôle dans votre hospitalisation ?
- Oh, assurément. »
Wilson eut une sorte de soubresaut. Le regret traversa ses traits. Si Tabitha l'avait vu, elle ne laissa rien paraître. Son sourire était crispé, et la fausse politesse qu'il contenait était de plus en plus visible pour l'audience, qui marmonnait maintenant à qui mieux mieux, les yeux rivés sur les trois personnes au centre du tribunal.
« De quelle manière ?
- Il voulait des informations, résuma Tabitha, et je ne voulais pas les lui donner. Éventuellement, nous avons trouvé un terrain d'entente. »
Sacré terrain d'entente, pensa Thésée, qui se rappelait encore son arrivée catastrophe à Saint-Mangouste, et les hurlements de Tabitha dans les couloirs de l'hôpital.
C'était une autre personne que celle qu'il avait maintenant en face de lui ; Wilson avait changé, mais le changement n'effaçait pas le mal qu'il avait pu— qu'il avait causé. Si ça se trouvait, rien ne le pourrait. Pas même le temps.
« Retournons sur le début de notre conversation, si vous le voulez bien, reprit Emeline quand il fut clair que Tabitha ne développerait pas davantage. Quel était votre... Vos mots sont, votre ''petit travail'' ?
C'est assez simple. On nous pointait une tombe du doigt. Généralement, pas très bien entretenue, un peu oubliée, un peu abandonnée. Nous attendions quelque temps, une semaine ou deux, histoire d'être certain de ne pas nous faire attraper. »
Tabitha s'humecta les lèvres, auxquelles l'audience était pendue.
« Et puis nous déterrions des cadavres, quoiqu'ils étaient, pour la plupart, des squelettes. »
Il y eut, dans le fond du public, un cri d'outrage. Emeline tapa deux fois de son marteau sur le bureau, les sourcils froncés. Le calme revint aussitôt qu'il était parti.
Elle demanda des noms. Tabitha lui en donna quatre. Thésée entendit le dernier, celui d'Anathema. Il vit Caine trembler, légèrement, de là où elle était.
« Et Phineas Black ? », demanda Cygnus Black, intervenant pour la première fois. L'Auror aurait été incapable de décrire l'expression qu'il avait, tandis ce qu'il fixait Tabitha sans cligner des yeux. Merlin, mais il ne les clignait pas du tout, même. N'était-ce pas douloureux ?
La sorcière refusa de détourner le regard. Elle leva même le menton.
« Si je n'ai pas dit son nom, c'est que je n'ai rien à voir avec lui.
- Merci, mademoiselle Carrow. Je ne pense pas que nous ayons plus de questions ?
- J'en aurai une dernière, intervint Emilia, si vous me le permettez, bien entendu. »
Personne n'haussa la voix pour objecter.
« À la suite de cette audience, souhaitez-vous porter plainte contre monsieur Wilson pour les dommages qu'il vous a causé ? Nous sommes légalement obligés de la prendre et d'enquêter. Vous avez tous les droits. »
Il crut qu'elle allait cracher. Elle se contint, en tout cas, visiblement, et si ce ne furent que des mots qui s'échappèrent de sa bouche, ils étaient tranchants, décisifs.
« À quoi bon ? J'ai mieux à faire de mon temps. »
Tabitha n'attendit pas plus. Aussi librement qu'elle était venue, elle tourna les talons et partit. Elle l'aperçut dans la foule et hocha la tête. Thésée lui répondit ; trop tard. Elle était déjà hors de l'estrade, puis hors de la salle, et les lourdes portes en bois claquèrent quelques secondes plus tard, laissant dans son sillage un silence de mort.
Emeline soupira. Si elle avait des lunettes, sans nul doute qu'elle les aurait essuyées.
En l'état, elle ne fit rien d'autre que de fixer Wilson puis son regard se déporta sur Thésée, et ce dernier se redressa, alerte.
« Eh bien, approchez, Thésée. »
Qu'y avait-il d'autre à faire ?
Il s'approcha. Caine lui adressa un signe de tête, qu'il rendit.
« Une remarque sur la situation, monsieur Scamander ?
- Dites-moi sur quel sujet précisément, et je vous en donnerai une ou deux. »
Nicholas Malfoy fronça les sourcils. Emeline joignit les mains.
« Vous avez travaillé activement avec monsieur Wilson ces derniers jours. Vous vous êtes porté garant de sa bonne volonté, malgré les suspicions qui pesaient contre lui et vous aviez, finalement, raison. Alors, quel sujet choisiriez-vous, à ma place ? »
Thésée ne fit que sourire. C'est qu'il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre. Se lancer maintenant dans une tirade passionnée ne serait pas très cohérent avec la semblance de tribunal qu'ils voulaient instaurer présentement.
Emeline soupira, puis dit finalement :
« Pensez-vous, en votre âme et conscience, que monsieur Wilson ne soit pas un danger pour notre société, monsieur Scamander.
- Absolument, qu'il est un danger, madame. Comme tous les sorciers ici présents dans cette salle, s'empressa-t-il d'ajouter, puisqu'après tout, nous avons tous en nos mains un instrument capable de faire le bien ou le mal selon notre bon vouloir. Et même, c'est dans notre essence. Nous avons la magie. »
Comme il s'y attendait, Malfoy fronça davantage les sourcils. On aurait dit un pruneau. Quoique cela ne l'étonnait pas : pour un sorcier de sang pur tel que le patriarche de la famille Malfoy, l'idée que la magie pouvait être employée pour faire le ''mal'' était un concept assez révolutionnaire. Il n'y avait pas de bien et de mal qui tienne : il n'y avait que ce qui était juste, et la magie, et donc les sorciers, l'étaient dans tous les cas.
Heureusement qu'il y avait d'autres sorciers qui siégeaient au Magenmagot ou bien les jugements rendus auraient été d'autant plus délirants qu'ils se seraient tous soldés sur une remise en liberté du coupable.
Sauf s'il s'agissait d'un né-Moldu. Dans ce cas-là, il n'y avait même pas à se concerter : ceux-là étaient coupables dès la naissance.
« Maintenant, si l'on parle de son être en lui-même, je ne doute pas un seul instant qu'il y ait quelque chose de bon en monsieur Wilson. Il s'est dressé entre le département des Mystères et ses anciens collègues, et un projet sombre et injuste, qui sans nul doute aurait plongé notre monde dans une période de chaos. Si nous avons pu déjouer le complot de Shafiq, c'est en partie grâce à lui. »
Thésée adressa un rapide coup d'œil à Wilson, et se sentit un instant coupable. Mais il ne pouvait se permettre de ne lui jeter que des fleurs parce que ce n'était pas la vérité, or il la servait également. Il comprendrait, de toute façon. Wilson n'était pas bête : il savait que, dans toute cette affaire, on ne pouvait décidément classer chaque personne dans une seule catégorie. Le monde n'était ni tout noir, ni tout blanc et, par conséquent, lui également.
« Cependant, je ne pense pas que laisser monsieur Wilson en liberté dans notre pays soit la solution. »
Du coin de l'œil, il vit que Caine avait fermé les yeux, résignée au sort de son ami, sur lequel ils s'étaient écharpés quelques jours auparavant.
Elle avait voulu le voir libre, et croquer la vie à pleines dents. Et elle se serait proposée comme chaperon pour le contenter. Mais cela ne l'aurait jamais contenté Thésée savait que ce n'était pas totalement juste pour Tabitha, qui craignait encore, quelque part au fond d'elle, que Wilson ne finisse la sale besogne. Et pour le Langue-de-Plomb, également : il était la tête d'affiche d'une affaire de résurrection, un exploit supposé impossible dans le monde des sorciers.
Rester en Angleterre, c'était ne pas connaître la paix. Il aurait pu vivre comme Henry, sans doute, si seulement il avait été plus vieux mais non, Wilson brûlait d'envie de découvrir un monde qui lui était inconnu.
Ce monde n'était juste pour personne.
« Alors qu'elle est-elle, d'après vous ? »
A ces mots fatidiques, prononcés dans un silence pesant, le talon d'un mocassin lustré frappa la vénérable pierre dont l'enceinte, des siècles durant, avait accueilli de multiples affaires et jugements.
« Permettez-moi de vous offrir une solution, madame Abbot, qui je n'en doute pas résoudra certains de nos problèmes. »
XxX
L'air marin fouettait ses joues, et les rosait. Ce n'était pas pour qu'il s'en plaigne, cependant voilà bien des lustres que Thésée n'avait pas mis un pied sur un port. Ce n'était pas que cela lui manquait, ou autrement qu'il détestait ardemment la mer. Il n'en avait tout simplement rien à faire.
Pas dans le sens que cela ne l'intéressait pas. Mais dans le sens que cela ne lui manquerait pas si jamais il venait un jour où il ne pourrait plus jamais s'y rendre.
Actuellement, cependant, cela lui revigorait les sens. Dans quelques instants, il serait de retour dans son bureau, et ne pourrait pas s'octroyer une balade aussi agréable.
« Le bateau part bientôt. »
Thésée se tourna vers Percival, qui avait déposé sa valise à ses pieds, et qui lui offrait un de ces petits sourires dont il avait le secret, ceux qui renfermaient toute l'affection qu'il avait pour ses amis.
« Effectivement, c'est bientôt l'heure. »
Il tenta de lui renvoyer son expression, mais douta qu'il fit un très bon travail. Il avait le cœur lourd.
« La fin des congés pour toi. J'espère que le changement ne sera pas trop brutal, mon ami.
- Ne t'en fais pas. Cela fait bien longtemps que Séraphina ne me laisse plus travailler seul. »
C'était bien la première fois qu'il entendait cela pourtant, le temps leur manquait pour explorer ce sujet qu'encore une fois, Percival avait su lui cacher.
Non, c'était injuste que de reporter cette faute sur lui. Thésée n'avait pas pensé à lui demander toute l'histoire, et maintenant il devrait se contenter de lettres et de visites éclairs pour se rassasier d'à peine quelques miettes.
« Thésée, » soupira Percival, car évidemment qu'il savait ce qui se tramait dans sa caboche, « ne t'en fais pas. Le temps ne jouait pas en notre faveur, voilà tout.
- Ne me cherche pas des excuses. Je suis un bien piètre ami. »
Un bruit sourd secoua la terre et les êtres : c'était le bateau, qui grondait une fois, signe de son départ imminent.
« Ne nous lançons pas sur ce sujet, conclut Percival. L'important est que désormais, nous soyons là. »
Puis, se tournant vers la personne qui les avait rejoints, l'américain demanda :
« Tout est prêt ? »
Wilson sourit, faiblement. Il n'avait avec lui qu'une maigre valise, un manteau rapiécé que Newt avait dégoté dans ses vieilles affaires, et beaucoup de stress. C'était la première fois de cette vie-là qu'il se rendait aux Etats-Unis, avec un quasi inconnu en plus de ça. Mais c'était là la seule solution : Grindelwald avait déserté le territoire américain après sa brève déculottée, et le statut du secret magique était tellement strict que personne ne se risquerait à venir lui chercher des noises, là-bas. Encore moins, qu'il était officieusement sous la protection du directeur des Aurors, et de la Justice Magique étatsunienne.
Oui, outre-Atlantique, ce serait un nouveau départ comme il en aurait bien besoin. Pas de visages qui auraient dû vous dire quelque chose, pas de sombres desseins à accomplir… Avec un peu de chance, Percival lui dégotterait un travail tranquille, et Wilson le vivrait bien.
« Tout est prêt, Monsieur Graves.
- Eh bien, embarquons, alors. »
Ils se firent une dernière accolade. Thésée hésita un instant, mais offrit finalement sa main à Wilson, qui la serra.
« C'était un plaisir de travailler avec vous, directeur Scamander. »
Thésée grimaça.
« Pour la plupart du temps, également.
- Ne mentez pas, rit Wilson sans trop d'humour. Puissions-nous nous rencontrer un prochain jour, sous de meilleurs auspices.
Ils grimpèrent la passerelle quelques secondes avant qu'elles ne commencent à être enlevée. Percival secoua la main Wilson hocha la tête.
Vingt minutes plus tard, et le bateau s'éloignait vers d'autres horizons, traînant derrière lui son épaisse fumée noire, laissant sur le quai un homme seul.
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Ainsi se finit l'affaire du complot du département des Mystères. Ses principaux acteurs en retournèrent à leur routine habituelle, si ce n'est quelque peu chamboulée par tous les évènements. Caine n'intégra pas de nouveau les Aurors Thésée en resta leur chef, après avoir remercié tous ses subordonnés de leur soutien, malgré leur incompréhension totale de ce qui s'était tramé.
Il écrivit rapport sur rapport, qu'Emilia (ou plutôt, Caine, car il ne doutait pas qu'elle supportait une grande charge de travail) lut et signa avec attention. Le dossier fut l'un des plus gros qu'il n'eut jamais rempli quand, une fois achevé, Thésée l'envoya aux archives, il craignit un instant qu'il n'assomme quelqu'un sur le chemin. Fort heureusement, aucun incident ne fut à déplorer, et le rapport complet alla prendre la poussière pour bien des décennies à venir, calfeutré dans une étagère anonyme que jamais personne ne consulterait.
Il croisa Caine, de temps à autres. Si elle n'était plus Auror, ses journées étaient cependant chargées. La faute à Emilia, dit-elle en coup de vent, quand Thésée s'inquiéta de la voir courir partout. C'est que sa compagne (l'idée d'associer les deux femmes ensemble de cette manière était un peu… étrange, mais il avait appris à s'y faire) cumulait beaucoup de casquettes pour une seule tête : directrice du département de la Justice Magique, siégeuse permanente au Magenmagot, et directrice de la Brigade Magique. Thésée voulut la voir, une fois se rendit compte que son emploi du temps était devenu digne de celui du ministre Fawley abandonna donc l'idée, et se contenta de transmettre les messages à Caine, qui de toute façon était une boîte aux lettres ambulante.
Les anciens Langues-de-Plomb encore vivants, et qui n'avaient pas accueillis avec grand enthousiasme l'idée d'une domination mondiale, furent secrètement relégués à d'autres postes, d'autres villes, voir même d'autres pays. Ils étaient moins connus que Wilson – dont la tête narguait encore parfois Thésée lorsqu'il lisait son journal au petit-déjeuner – mais le risque zéro n'existait pas. Tous ceux que le ministère estima un peu trop ''flamboyants'' furent, sans pitié aucune, envoyés soit à des jobs fort ennuyeux, et fort éloignés de l'œil du public, soit dans des pays où, potentiellement, on pensait qu'ils auraient de la famille. Même très éloignée. Ils restaient des ressortissants anglais, mais le ministère ne voulait pas trop avoir à faire avec des manifestations très physiques de leur humiliation.
Thésée croisa Oyoo, une fois. Totalement par hasard, lorsque le Service de détournement de l'artisanat moldu fut, pour une fois, nécessaire. On lui envoya le troisième employé que le Service n'ait jamais compté : et c'était Oyoo, toujours aussi stoïque, mais il parut à Thésée qu'il avait l'air plus vivant. Ils se reconnurent l'un l'autre, s'adressèrent un respectueux signe de tête puis Oyoo s'intéressa à l'affaire pour laquelle le Bureau des Aurors l'avait nécessité, et le contact n'alla pas plus loin.
Quant à Anathema, Thésée apprit son sort au détour d'une conversation avec Caine, quand il parvint à la coincer un soir pour boire un coup.
« Elle a été adoptée par une famille sorcière anonyme, déclara-t-elle l'air de rien après sa troisième bière.
- Et… ça ne vous pose pas un problème ? »
Elle haussa les épaules. Thésée devina que le sujet la pesait encore mais sans doute était-ce le renouveau que lui apportait sa relation avec Emilia, ou tout simplement qu'elle avait réussi à faire la paix avec elle-même en tout cas, Caine n'apparut pas spécialement dérangée.
« Je n'allais pas élever ma compagne. Et puis, elle ne se souvient pas de moi. C'est comme avec Wilson aux Etats-Unis. Un nouveau départ. Dans trois ans, elle ira de nouveau à Poudlard, se fera des amis… »
La phrase resta en suspens. Thésée s'empressa d'embrayer sur un autre sujet, et la question d'Anathema ne fut plus jamais abordée entre eux.
C'est ainsi que passa le reste de l'année. Sans trop de soucis ni de tracas – car après tout, rien ne pourrait rivaliser avec tout le début – le temps suivit son cours.
Ses parents lui dirent qu'ils partaient en vacances pour les fêtes de fin d'année. Thésée leur souhaita un bon voyage, mais qu'il ne viendrait pas avec eux. Ils méritaient un peu de repos loin de la sombre Angleterre, que l'hiver engloutissait dans un manteau de neige dès que venait décembre.
Non, la venue la plus inattendue, ce fut celle de son petit-frère, qui toqua le 26 décembre à sa porte. Bien sûr, Thésée était toujours heureux de le voir : mais enfin, aux dernières nouvelles, il était retourné en Sibérie, toujours souhaitant arracher à ce maître des sceaux, le secret pour briser un pacte de sang. Cela devait bien faire un an jamais son frère, depuis le début de sa carrière, n'était resté aussi longtemps dans un même endroit. Accompagné d'amis (?), certes, mais même. Peut-être que, considérant que c'était la plaine de Sibérie, Newt avait été le plus heureux des hommes… Mais plus maintenant : puisqu'il était, dégoulinant de neige fondue, sur son paillasson.
« Tina et Jacob ne sont pas avec toi ? » demanda Thésée en le faisait rentrer, et en attirant à lui une serviette de la salle de bain.
Newt posa sa valise avec plus de force que nécessaire. Un tel manque d'attention envers l'habitat de ses animaux, tira une sonnette d'alarme dans son cerveau. Son frère avait les sourcils froncés. L'interroger maintenant serait une mauvaise idée.
« Je leur ai dis d'aller à New York, voir Percival, passer le Nouvel An avec lui. »
Il n'offrit aucune autre explication, et Thésée ne lui en demanda pas. Après lui avoir indiqué la chambre d'ami, Newt s'y engouffra comme s'il ne connaissait pas déjà son appartement… La porte ferma à clé derrière lui, laissant Thésée planté devant les bras ballants.
Il soupira. Semblerait-il bien qu'il aurait un petit frère taciturne pour les fêtes. C'était un beau cadeau de Noël, mais enfin il l'aurait sans doute commandé en plus joyeux…
