Coucou mes beautés ! :D
On espère que vous vous portez comme des charmes et que vous attendez tout comme nous le retour des beaux jours ! On vous envoie plein de bisous 3
Bonne lecture !
Coralie : Ah oui, Blanchet est une petite garce ! Non cest vrai, vous aviez pas beaucoup d'info, du coup vous allez pouvoir mieux les découvrir !oui Alain a bien grandi, ce fripon ! Bisous ! Merci pour ta review 3
Chapitre 4
-Allez, juste une heure, ma chérie, roucoule la voix chantante de ma meilleure amie. Histoire que le beau gratin de Poudlard oublie pas qu'on est les trois filles les plus sexy, ici !
Sam glousse et ses cheveux flamboyants chatouillent ses épaules dénudées. Pour l'occasion de la petite soirée de la Triple-S Society, comme les appelle Priscilla sans la moindre gêne avec un accent délibérément british, Sam a sorti sa robe la plus jaune canari de son dressing. Elle se noue dans le cou avec un petit ruban de la même couleur que celui qui lui enserre la taille et virevolte autour de ses cuisses, recouverts de collants transparents. Et il n'y a bien qu'elle pour oser une telle tenue.
Honnêtement, j'ai quelques doutes concernant la véracité des propos de Priscilla qui, perchée sur ses hauts talons aiguilles, me guide impitoyablement par le bras vers le lieu des réjouissances, qui est sans grande surprise la Salle-sur-Demande. Prisc est indubitablement sexy à souhait, qu'elle porte notre uniforme règlementaire, ses slims tailles-basses ou encore la tenue de ce soir, qui est une robe blanche très moulante qui dévoile tout de ses formes pulpeuses, mais en ce qui concerne Sam et moi, c'est déjà moins net. Attention, loin de moi l'idée de dire que Sam n'est pas jolie parce qu'elle l'est mais la qualifier de sexy… et pire encore, moi, Scarlett Rossi, sexy ? Je n'ai aucun complexe mais je sais bien que n'importe quelle personne me classerait sans hésiter dans la catégorie « douce et innocente », même si je m'affublais d'un costume de Bunny Girl -et Merlin sait que ça ne risque pas d'arriver de sitôt.
Ca doit être dans mon regard bleu, qui n'a rien de l'éclat féroce et corrosif que celui de ma mère, ou dans les traits de mon visage…
-Je ne comprends pas pourquoi on doit y aller, soupiré-je, Tu les détestes toutes, Prisc ! Surtout Cher ! Et toi, Sam, c'est tes anciennes amies… pourquoi à chaque fois qu'elles font une fête, vous voulez tant y aller ?
-Parce que ça les ferait trop mouiller qu'on boycott leurs p'tites fiestas ! Et parce que si on est là, les mecs auront autre chose à mater que des pétasses anorexiques !
-Et parce que c'est drôle ! Et il s'y passe tellement de trucs, à leurs soirées, Scarlie ! On louperait tout ! s'affole Sam.
-Ah oui, parce que ce serait vraiment dramatique…, marmonné-je dans ma barbe.
Mais elles ne prennent pas le temps de répliquer à mon cynisme. De toute façon, je peux toujours continuer à râler mais elles savent très bien qu'elles ont gagné du début à la fin. Déjà, parce que je les accompagne. Ensuite parce qu'elles ont pu me coiffer les cheveux, me maquiller et même me faire porter une mini-jupe moulante qui n'atteint mes mi-cuisses seulement parce que je passe mon temps à la redescendre. Et pour finir, parce que, peu importe leurs promesses hypocrites, elles savent très bien que, dans quatre heures, on y sera encore et bien loin de rentrer. La seule bataille que j'ai réussi à gagner est au niveau des ballerines que je porte, et non ces escarpins vertigineux qu'elles voulaient me faire porter. Visiblement, elles auraient fait baver Alain. Je vais me répéter mais, même en Bunny Girl, il ne ferait que me saluer comme une connaissance. Alors autant ne pas risquer de trébucher et de m'étaler, ou alors de me faire draguer par un ado bourré qui a un truc pour les talons hauts.
On est enfin arrivé et Prisc parade devant le mur, dans sa robe de star Holly Woodienne, pour faire apparaitre la porte de la fête clandestine. Je lance un fin sourire à Sam qui sautille d'excitation à mon bras en me promettant que ça va être géniale, comme à chaque fois qu'elles arrivent à me faire sortir avec elles. Je dirais qu'une fois sur trois, j'arrive à échapper, ce qui, mis en parallèle des tempéraments de mes deux amis, relèvent du talent.
-C'est bon, mes amours ! nous apprend Prisc en arrangeant sa longue chevelure noire et bouclée. Approprions-nous la nuit !
-J'adooooore quand tu sors des phrases comme ça, Prisc !
Prisc rit et attrape mon bras libre comme pour être sûre que je ne vais pas m'enfuir en courant. Ce que je ne ferais pas, je suis quand même plus subtile. Mais quand la porte s'ouvre et que je suis bien forcée à pénétrer dans la grande salle décorée en noir et doré, déjà pleine à craquer, je me dis que la subtilité est parfois surfaite.
Parfois, faut juste prendre ses jambes à son cou.
xOxOxO
Redescendant d'une main le bord de ma mini-jupe, j'attrape de l'autre un verre avant de jeter un coup d'œil par-dessus mon épaule, qui compte bien parmi les très rares à êtres recouvertes de tissu, en direction de la piste de danse que je viens de réussir à fuir. Prisc et Sam sont en pleine danse avec Paul et Brian. Prisc de façon bien plus suggestive et collé-serré, d'ailleurs, ce qui me fait rire doucement en secouant la tête. Une Priscilla Thomas célibataire est la plus indomptable des tigresses. Cette réflexion guide mes yeux jusqu'à Roger qui se tient debout un peu plus loin, qui n'a d'yeux que pour ma meilleure amie. Evidemment.
Aux yeux d'une personne extérieure à Poudlard, le voir entouré des filles les plus « populaires » et jolies de l'école devrait être une vraie énigme. Roger n'est pas très mignon. Il est un peu grassouillet, pas très grand, avec un visage rond et un nez épaté. Son sourire est l'un des plus chaleureux que je connaisse et il a définitivement un certain charme mais c'est loin d'être un beau-gosse. La seule différence entre lui et les autres garçons moyens de l'école, c'est que lui est le meilleur ami d'enfance de Cher Williams. Une fille ultra-possessive qui ne le veut que pour lui, même si elle le camoufle et arrive avec brio à passer pour la plus adorable des filles. Elle est membre de la Triple-S Society, ou Sorcières Super Salope Society, appellation que Priscilla a donné aux pires pestes de notre année qui ont toujours cru être les divas de l'école. D'une certaine façon, elles le sont, on doit au moins leur concéder ça. Tout du moins, au sein de notre promo. Elles sont au nombre de trois. Tout d'abord, Bevin, une sorte de garçon manqué « glamour » qui est l'une des batteuses de notre équipe mais est aussi la plus vulgaire et la plus agressive des filles que je connaisse, toujours prête à insulter la première personne qu'elle croise. On a la joie de partager notre dortoir avec elle. Il y a ensuite Fanny, la vipère vaniteuse qui sort avec Damodar et qui était l'ancienne meilleure amie de Sam. Et pour finir, Cher, la cause de la rupture de Roger et Prisc. Maria Weasley, l'autre fille de notre dortoir, les suit partout mais elle est plus leur fan qu'autre chose. Alors, voilà notre jolie bande de princesses, celles qui enchainent les garçons et les fêtes. Rien d'époustouflant mais bon, on est à Poudlard.
Je soupire avant de remplir mon verre de jus de citrouille glacé, penchant gustatif que je tire de ma mère. Je commence à boire en continuant à regarder autour de moi puisque je n'ai rien de mieux à faire. Je vois Keir qui se marre avec ses deux amis, Raphaël et Sebastian, en jetant des coups d'œil très loin d'être discrets en direction du couple qui se trémousse l'un contre l'autre, qui est bien sûr Blanchet, dans une belle robe rose et noire, et son Joshua. Je souris légèrement me demandant quelle torture Keir va faire endurer au gardien de notre maison pour attirer l'attention de ma grande sœur sur lui.
-Salut, Scar, m'interpelle une voix chaleureuse. T'as déjà sauté sur le jus de citrouille ? Fais gaffe, j'suis pas sûr de ce qui y'ait dedans…
Je me retourne pour tomber sur nul autre que Roger qui me lance une tentative de sourire en s'attrapant de quoi grignoter sur le buffet. On s'est depuis toujours bien entendu lui et moi… et comme il est sorti avec ma meilleure amie pendant plus de deux ans et demi, je le connais très bien. Et malgré que Priscilla ne veut plus lui adresser la parole, je continue à lui parler parce que je sais que Roger n'a jamais voulu lui faire de mal, c'est un gentil garçon. Et tout ce que j'espère c'est qu'ils se retrouvent mais pour ça, il va falloir qu'il fasse plus que quelques efforts…
-C'est le moins sujet à risque, plaisanté-je en souriant.
Il se retourne et s'adosse un peu au buffet pour fixer la piste de danse où Priscilla est hilare, en sandwich entre Paul et Brian, tandis que Sam a sorti son appareil photo pour les mitrailler tandis qu'ils prennent des pauses provocantes. Je jette un regard en biais pour voir le regard de chiot battu de Roger.
-Elle ferait n'importe quoi pour me rendre jaloux, je sais qu'elle m'aime encore.
-Tu crois que c'est juste pour te rendre jaloux ? demandé-je gravement. Elle s'amuse simplement, Roger…
-Non, non, je sais, me rassure-t-il. Mais je sais bien aussi que c'est aussi un peu pour me rendre jaloux. Et elle a bien raison puisque ça marche à la perfection.
J'aperçois Alain qui sourit à Adélaïde en secouant la tête, refusant visiblement de se laisser trainer sur la piste de danse, de l'autre côté de la salle. Mon cœur fait ce truc bizarre qui suscite autant de chaleur que de douleur et je baisse le regard sur mon jus de citrouille, espérant une brève seconde qu'il soit un peu plus alcoolisé.
-Pourquoi elle danse avec eux ? Pourquoi elle fait ça, Scar ? Elle aurait juste à revenir, elle sait que je l'aime encore…
-Parce que tu la laisses faire, Roger, répondis-je en me tournant vers lui avec un sourire désolée. Juste parce que tu la laisses faire.
J'allais ajouter « comme tu l'as laissée partir » mais il ne l'a pas laissée, il l'a faite partir. Mais j'aime bien Roger et je sais qu'il souffre déjà bien assez alors, je ne dis rien et me contente de le saluer pour aller me trouver un coin tranquille où je pourrais attendre que la soirée se passe et me reposer des longues danses pendant lesquelles Sam et Prisc me tenaient prisonnière sur la piste de danse.
De toute façon, je sais que le compte-à-rebours est déjà enclenché. Dans moins de cinq minutes, Sam et Prisc vont revenir pour me sauter dessus.
xOxOxOx
-Epouse-moi, Scarlett Jeannette Georgette Rossi !
-Noooon, moiiii ! J'suis plus rigolote ! Hihihi !
Je souris avec indulgence aux deux ivrognes qui me servent d'amies et qui m'écrasent presque dans le canapé que j'ai trouvé avec l'aide de Greg qui a joliment mené en bateaux le couple qui s'y bécotait. Greg qui est désormais parti je-ne-sais-où avec Moira. Et oui, Greg a bien réussi à se dégoter le droit d'assister à cette fête. Il faut dire qu'il est le petit chouchou de la Triple-S Société. Elles le trouvent super adorable, bien sûr elles ne se doutent pas qu'il ne les tolère seulement pour ce qu'elles peuvent leur apporter mais j'aime bien cette idée. Que les reines de la manipulation se fassent utiliser par un petit Deuxième Année.
Mais ma métisse de meilleure amie me tire de mes réflexions en me hurlant mes deuxième et troisième prénoms inventés. Parce que, non, je ne m'appelle pas Scarlett Jeannette Georgette Rossi, comme le proclame Prisc en accentuant le goût prononcé de ma mère pour les prénoms en ett. Non, non, je suis juste Scarlett Petra Louise Rossi, Louise pour Louis, meilleur ami de ma mère et parrain de Blanchet, et Petra pour ma grand-mère paternelle. Et Blanche est Blanchet Elizabeth Edwige Rossi, en l'honneur de notre grand-mère maternelle et de notre tante Edwige qui est aussi ma marraine, et la meilleure amie de Maman. Oui, c'est un vrai foutoir mais la devise de ma mère est pourquoi faire simple quand on peut faire démoniaque ? Ou coller la migraine aux malheureux qui posent la question. Elle aurait voulu nous rajouter un quatrième prénom mais notre père a posé son véto.
-Tu pourrais au moins nous répondre ?! s'agite Prisc.
-Ouiiii, l'attente est insoutenaaaaable… on veut devenir la prochaine Madame Rossi !
Mais l'effet dramatique de Sam qui se laisse tomber à mes côtés en enroulant ses bras autour de mon cou est un peu abimé par ses petits gloussements. Prisc est penchée vers moi, ses mains posées sur mes genoux nus et je vois plus d'un regard masculin se poser sur son postérieur mis en avant par une telle position.
-J'ai qu'à vous épouser toutes les deux, répondis-je en riant de leur mise en scène.
-Coooool ! applaudit Sam en m'embrassant la joue.
-Pff ! rétorque Prisc en se redressant. Bien sûr, tu veux pas faire de jaloux ! T'es vraiment emmerdante, ma chérie, laisse-moi te le dire !
Je hausse les épaules en retournant l'étreinte de Sam qui est sans doute la plus imbibée des deux vu la façon dont elle me serre contre elle comme si j'étais son nouveau nounours. Je lance un coup d'œil à ma fine montre en argent. 3h12.
-Et si on rentrait ? tenté-je en levant mon regard vers Priscilla qui regarde autour d'elle, les bras croisés sur sa poitrine. Il est 3 heures et quart.
-Huhum, me répond Prisc. Bientôt.
Elle ne me regarde pas et observe plutôt Roger qui bavarde avec Cher, dans sa robe noire pailletée que seule une blonde comme elle peut porter sans être ridicule. Et je sais alors que Prisc n'est pas du tout bourrée. Elle a juste bu suffisamment pour ne plus se sentir obligée de prétendre que Roger n'existait plus. Parce que une Prisc-bourrée ne resterait pas là avec son air glacial à guetter son ex avec sa peste de meilleure amie, elle leur foncerait dessus pour la gifler et crier sur Roger. Ou elle serait en larme.
Je sens alors quelqu'un s'appuyer contre le dossier du canapé juste au-dessus de ma tête et je lève le menton pour croiser le regard vert et franc de Keir McFarlan, sa tête constellée de tâches de rousseur penchée sur moi avec sa tignasse rousse.
-Hey, Scarlett ! T'sais pas où est ta grande-sœur sexy ?
-Non, Keir, désolée, répondis-je sincèrement.
Même si je ne suis pas sûre que je lui dirais, si je le savais, car Blanchet me tuerait sans la moindre hésitation si je permettais à Keir d'accomplir ses actes légèrement abusifs en regard de sa vie privée. Et amoureuse, d'ailleurs. Encore que je n'aime vraiment pas Joshua donc, ce serait un vrai dilemme.
-Elle veut pas de toi, Keir ! s'énerve Prisc. Lâche-la, par la barbe de Merlin !
-J'suis pas d'accord, moi, intervient Sam, devançant Keir qui avait déjà ouvert la bouche pour répliquer. J'pense que vous feriez un troooop beau couple, Blanche et toi !
-J'aime ta façon de penser, Cavignac, approuve Keir en lançant un clin d'œil à Sam.
-Jt'aime aussiii, hihiihi !
Prisc souffle d'exaspération et se retourne en direction de Roger que Cher a attrapé du bras en éclatant de rire. Mais Keir attire de nouveau mon attention en posant une main sur mon épaule.
-Dès que tu la vois, fais-moi signe, ok ?
Il n'attend pas ma réponse et s'en va après un « Ce fut un régal, les filles, changez rien ! » qui fait rire Sam, qui me fait sourire et qui fait rouler des yeux Prisc. Sam joue avec la courte manche de mon tee-shirt blanc en pleine réflexion, avant de me demander :
-On pourra aussi adopter un bébé hippogriffe, après le mariage ?
-Faudra prendre une maison avec un très grand jardin, alors.
xOxOxO
-C'est parti pour notre premier O de l'année ! annonce-t-elle avec enthousiasme en accrochant une barrette à la seule mèche un peu rebelle de ses courts cheveux blonds. Sérieux, je suis vraiment motivée ! L'année dernière, j'étais avec Bevin !
Adélaïde tourne vers moi une grimace et j'opine du menton, lui assurant ma compassion. Bien qu'elle ne m'apprend rien. Pendant tout le courant de notre Cinquième Année, on a eu droit à des grosses disputes entre elle et Bevin. Entre Adélaïde qui a un fort caractère et une voix qui porte et Bevin qui allie avec un talent certain agressivité et vulgarité, ça ne pouvait que faire trembler les chaudrons. Mais ce n'était certainement pas aussi explosif que lors de notre Troisième année. Bevin était alors avec Priscilla…
-J'étais avec Fanny, contré-je. Je comprends le sentiment.
-Ah ouais ! fait-elle en éclatant de rire. Et ben, Merlin, on a la poisse !
Je souris, son rire et sa joie de vivre étant communicatifs. Bien sûr, je n'ai qu'à me rappeler que je suis amoureuse de son petit-ami de plusieurs années et un poids s'enfonce dans mon estomac. Culpabilité, jalousie, tristesse, joli lot d'émotions dont je commence à me lasser.
J'attrape la chaire de dragon et me mets à la hacher tandis qu'Adélaïde lit à voix haute la prochaine étape.
-Ca avance bien, dis donc, les filles ! nous félicite Brian.
Je lève les yeux pour le voir accoudé à notre table, totalement désintéressé du travail qu'effectue son coéquipier, Paul, à la table devant nous.
-En même temps, coller deux intellos ensemble, ça peut que faire une équipe du tonnerre ! Gendrick nous laisse aucune chance !
-Occupe-toi plutôt de ton chaudron, Brian ! rigole Adélaïde en le tapant du bout de sa spatule.
-Ouais, viens plutôt m'aider, sale feignasse ! l'appelle Paul avec humeur.
-Ca va, je m'occupe juste de divertir nos jolies voisines.
-Elles ont déjà des copains pour les divertir, Don Juan ! rétorque Adélaïde.
-Pas Scarlie, proteste Brian avec un clin d'œil.
Je lui offre un sourire poli, ne trouvant rien à répondre à Brian puisque, après tout, je peux difficilement lui affirmer le contraire quand je n'ai eu qu'un seul copain dans ma vie –qui est d'ailleurs Paul lui-même- et que ça n'a duré que le temps d'un mois et demi. Et que c'était il y a un an. Mais je ne me sens même pas embarrassée par les allusions de Brian auxquelles j'ai le droit depuis pas mal de temps. Depuis qu'il n'est plus avec Fanny, d'ailleurs. Et avant ça, avec Cher. En fait, Brian m'a toujours fait des avances plus ou moins discrètes, entre deux relations. Je ne sais pas vraiment s'il y a un brin de sincérité là-dedans. A un moment donné, c'était pour énerver Paul. Mais je pense que ce qui l'amuse surtout c'est que je ne suis pas comme les autres filles. Sa drague ne me flatte, ni ne me fait rougir. Ça ne m'amuse même pas. Il serait lourd que ça m'énerverait mais il ne l'est même pas, alors je prétends juste ne pas saisir ses allusions.
Prisc n'arrête pas de me dire de juste aller dans son sens et m'amuser. « Ok, c'est un mec », me dit-elle tout le temps avec son air féministe, « mais il est mignon, bien bâti et il est sympa ! Qu'est-ce que tu demandes de plus ?! ». Je ne dis pas le contraire mais j'ai déjà essayé de sortir avec Paul alors que je ne l'aimais pas plus que ça et, au final, tout ce que j'en ai tiré, c'est l'horrible moment où j'ai dû rompre parce que j'avais l'impression d'être une impostrice.
-Je sens que t'as une touche, coéquipière, me glisse Adélaïde malicieusement, une fois que Brian soit plus ou moins retourné à Paul.
-Il essaye juste de nous déconcentrer pour qu'on n'ait pas notre premier O, plaisanté-je.
-Alors, là, il peut toujours rêver !
Après un sourire en sa direction, je reprends ma découpe de la chair de dragon et je me mordille l'intérieure de ma lèvre inférieure. Comment sans être mon amie, Adélaïde arrive-t-elle à me donner le sentiment de la trahir en était simplement sa coéquipière de potion depuis une semaine, et en gardant pour moi que je suis amoureuse d'Alain ? Sincèrement, je n'en ai pas la moindre idée.
Mais elle est définitivement très douée.
