Coucou les loulous !
Un p'tit chap pour vous avec pleins d'amouuuur 3
Carolie : Keir, c'est un garde-du-corps dans l'âme ! aah qui peut prédire ce que va faire blanchet... Oui, on peut le dire, Keir est un ptit démon !
Chapitre 12
« Mais on est le 26 novembre et on a même pas nos robes, Scarlie ! Comment on va faire ? COMMENT ON VA FAIRE ?! »
Elle tourne et tourne devant moi, tantôt comme un papillon pris dans un verre ou un fauve en cage. Assise dans mon lit, mon piano devant moi, je n'essaye même plus de la calmer –ça fait déjà une heure et demie que ça dure. Ces derniers temps, elle est une pile électrique, sauf qu'elle tourne au stress et à la tension. A part les faits et gestes bruyants de Sam, le dortoir est parfaitement tranquille. Maria se sèche ses cheveux roux, venant tout juste de sortir de la douche. Moira est allongée à côté de moi. Elle est montée avec Sam et moi dans notre dortoir pour que je l'aide avec un nouveau sortilège, tandis que Prisc restait dans la salle-commune avec Paul, Brian et Damodar. Désormais, Moira m'écoute alors que je presse doucement et à rythme prédéfini les touches blanches et noir de mon mini-piano. Je remercie intensément Tonton Louis parce que, sans ce parfait petit bijou, je ne sais pas comment je pourrais effacer le genre de journée intenable que j'ai subi aujourd'hui. Les embrouilles à rallonge et les catastrophes à répétition deviennent le plat d'excellence de chaque jour. Ca fait un mois que ça n'arrête pas. Entre Priscilla qui est plus cynique que jamais et Roger qui essaye de renouer le contact en vain, les Triple-S qui nous pourrissent la vie comme si on était de retour en Troisième Année, Blanchet qui est dans un tas d'ennuis incroyable, Sam qui est un paquet de nerfs, et Keir et Brian qui ne me laissent pas une minute à moi, pour des raisons radicalement différentes, c'est de plus en plus dur d'être la seule à ne pas péter les plombs. Sans parler des professeurs qui ont vu en l'approche du bal de Noël une bonne raison pour nous ensevelir de devoirs et d'examens nécessitant des heures de révision pour ne pas qu'on se relâche.
« SCAR ! Le bal est dans deux semaines ! Si jamais on n'a pas nos robes ?! Non mais vous imaginez ? éclate-t-elle, angoissée, vers moi et Moira, puis vers Maria, Maria, t'as ta robe, toi, c'est ça ?
-Euh oui mais…
-TU VOIS ?! Maria a sa robe ! SCAR, qu'est-ce que tu fous avec ton piano ! Tout à l'heure, tu révisais et maintenant, tu joues du piano ?! J'arrête pas de te dire qu'il faut qu'on aille acheter nos robes, IMMEDIATEMENT, et toi, tu fais TOUT ET N'IMPORTE QUOI !
-Sam…, » soupiré-je.
Et toute cette histoire de bal et le mariage de Kelly et Shino qui sont comme des avalanches sur ma montagne de préoccupations, à provoquer des retombées et des retombées de raisons de courir ci et là. Penser aux robes, puis aller faire les magasins, feuilleter les magazines, essayer de calmer Sam qui n'arrive jamais à se décider alors que ça fait deux fois cette semaine qu'on se rend à Pré-au-Lard, le soir, alors qu'on a une tonne de devoirs. La robe du mariage, la robe du bal, se trouver un cavalier, repousser les avances de Brian qui se font de moins en moins subtiles, retenir Priscilla qui menace à tout moment de sauter au cou de Sam pour l'étrangler quand elle a une de ses crises…
« SCARLETT ROSSI ! JE TE PARLE !
-Oui, Samantha, m'exaspéré-je. Je sais, figures-toi que c'est assez compliqué de pas t'entendre !
-Mais Scarlie…
-Non, Sam ! Calme-toi deux secondes, la coupé-je en lui attrapant le poigné qu'elle faisait voler dans tous les sens. Viens t'assoir avec Moira et moi, souffle un peu et, après, on ira à Pré-au-Lard pour choisir une bonne fois pour toutes ces robes, d'accord ?
-Oui, franchement, Sammy, faut pas t'affoler comme ça, rit Maria gentiment, resserrant son peignoir autour d'elle. J'ai peut-être la robe, mais pas le cavalier, alors…
-Et moi, j'ai ni l'un, ni l'autre, » ajoute Moira avec un petit sourire contrit.
Je lâche le poigné de Sam pour passer une main affectueuse dans les boucles rousses de Moira tandis que mon amie aux cheveux rouges se laisse tomber sur mon lit avec accablement. Je décale mon piano et Sam gémit :
« Comment tu fais pour être si relaaaax, ma poule ? J'ai l'impression que rien va plus…
-Dis pas ça, » la consolé-je. Mes jambes pliées sous moi, je me penche vers elle qui est en travers de mon lit, ses mains étalées sur son visage dont je vois ses yeux fermés ourlés de mascara à travers ses doigts écartés. Je pose une main contre son épaule tandis que Maria vient s'assoir avec à qui je souris. « Où est passée la grande optimiste qui refusait qu'on se morfonde ?
-Mais Scar, regarde ! » s'écrie-t-elle en écartant les bras, manquant de frapper Maria qui évite le coup, sous les rires de Moira. « On a pas nos robes, je… tu joues la crétine à chaque fois que Brian veut t'inviter au bal et tu veux pas tenter l'coup avec Al » Je ferme les yeux en l'entendant balancer ça devant Moira et Maria, et me mords la lèvre pour ne pas paniquer tandis que le rouge me monte aux joues. Sérieusement, ça ne m'étonnerait même plus de me réveiller un jour et que Sam ait peint « Scarlett Rossi est folle amoureuse d'Alain Quinn » sur tous les millimètres disponibles des surfaces de Poudlard. Mais Sam poursuit sa tirade, imperturbable. « Je sors avec Dam et c'est comme si mon rêve le plus cher s'était réalisé mais… je sais pas quoi faire, je… et Fanny ne fait que m'insulter et lancer des rumeurs sur moi ! Tu sais que Greg est venu me voir en me demandant si je couchais vraiment avec Vergnes ? Je-je… » sa voix tressaute et ses yeux se remplissent de larmes alors qu'elle se redresse. « Je sais plus quoi faire, parce que j'sais que si ma robe est pas parfaite, Fanny va encore tout gâcher et… déjà que Dam…
-Hey, ça va aller, ma puce, lui promis-je en la prenant dans mes bras. Ta robe sera absolument stupéfiante et Fanny ne peut pas te faire de mal. Personne ne croit à ces rumeurs. »
Maria et Moira sont toutes deux embêtées d'assister à une telle scène tandis que Sam se crochète à mes épaules de ses bras et pleure toutes les larmes de son corps secoué de soubresauts. Mais je m'y attendais un peu. Ca fait maintenant deux semaines qu'elle sort avec Damodar et Fanny n'a pas attendu la fin de la première journée pour manifester son mécontentement. Elle a coincé Sam alors que ni Prisc, ni moi n'était dans les parages et elle lui a assuré qu'elle lui pourrirait la vie si elle ne rompait pas avec son ex. Mais Sam a tenu tête. Et maintenant, Fanny la persécute. Son ombre de vautour guettant sa triste proie plane au-dessus d'elle du matin au soir. Les rumeurs les plus scabreuses et humiliantes naissent de nulle part au sujet de Sam. Elle ne cesse de lui lancer des remarques désobligeantes et entendus. Et Damodar a beau se disputer avec Fanny qui joue l'innocente, ça ne fait que s'empirer. Et Sam est complètement épouvantée et terrifiée par Fanny et Prisc et moi pouvons bien intervenir tant qu'on peut, Sam n'arrive simplement pas à supporter une telle situation.
« On va trouver nos robes, ce soir, hein, Scar ? finit-elle par me demander, par-dessus ses larmes
-Les plus belles. »
xOxOxO
« Wow, vous avez des gueules terribles. Vous dormez la nuit, ou bien ? » s'enquit Blanchet en s'asseyant à côté de nous, à table.
Je roule des yeux avec un élan de contrariété parce que, en effet, je suis absolument lessivée. En plus, je suis un peu agacée par Priscilla qui, ne supportant pas l'état nerveux dans lequel se trouve Sam, préfère ainsi rester avec Paul et Brian. Et Sam ne m'ennuie pas du tout, au contraire, mais Prisc pourrait montrer un peu plus de solidarité… enfin, c'est vrai que si elle passait toute la journée avec Sam, elle risquerait de finir par l'étrangler.
« J'fais des cauchemars, révèle Sam sombrement.
-T'es pas un peu trop vieille pour avoir peur du monstre sous le lit ? raille Blanchet en me piquant ma tartine. Merci, p'tite sœur !
-C'est vrai que tu fais des cauchemars, Sammy ? » s'inquiète Damodar qui est juste à côté d'elle. Il entoure ses épaules d'un bras réconfortant et lui embrasse la joue avec tendresse. Et je souris un bref instant avant que ma sœur s'extase, la bouche pleine de ma tartine :
« Hummm, fraise ? Oh, Scarlelett, je t'aime ! On a les MEMES gouts !
-Tu sais que c'était la mienne, quand même, au départ ?
-Ce qui est à toi est à moi, tu l'sais bien, sœurette. »
Je ris malgré mon irritation, bien trop réjouie de la voir en pleine forme de si bon matin. Ces derniers temps, je m'inquiète vraiment pour elle. Il s'est passé tellement de chose, ces dernières semaines, que c'en est étourdissant. Après être restée enfermée dans son dortoir à pleurer –d'après Greg- le dimanche du week-end fatidique, elle est revenue en force le lundi, la tête haute et le regard revolver. J'ai réussi à la prendre entre quatre yeux au cours de la journée et elle a balayé mes inquiétudes d'une main désinvolte et irritée. Au lieu de quoi, elle m'a plutôt fait partager sa ferme intention de débusquer chacune des « sales chiennes qui se sont tapé ma lavette de mec ». Le lendemain, Jennifer avait perdu sa longue chevelure brune, mis à part pour quelques courts cheveux qui formaient le mot « trainée » à l'arrière de son crâne. Et puis, ça a été le tour d'une Serpentard dont Peeves a chanté à tue-tête le nom en le faisant rimer avec les pires insultes pendant deux semaines, dans tous les couloirs de l'école. Malheureusement pour elle, son nom de famille est Douglas. Comment ma sœur a-t-elle réussi à embarquer l'esprit frappeur dans sa vendetta ? Facile, il était l'un des amis étranges de notre mère quand elle était à Poudlard.
En parallèle, ma sœur a réussi à séduire le cousin de Joshua et sort désormais avec lui. Il est le capitaine de l'équipe de Serdaigle et elle m'a expliqué d'un air démoniaque que Joshua s'était toute sa vie senti inférieur à lui. Et vue la tête que Joshua a faite quand il l'a vue l'embrasser le premier jour, elle n'aurait pas pu se venger d'une pire façon. Et je redoute chaque matin de pénétrer dans une Grande-Salle ravagée par l'esprit de vengeance de Blanchet, une pauvre fille planant sous son plafond magique après que Blanchet ait découvert que Joshua l'a trompée avec elle. Ou alors, une baston monumentale entre Joshua et Karim, son cousin, et même Keir qui aurait trouvé l'occasion trop belle pour ne pas en profiter.
En parlant de Keir, il n'a pas abandonné sa mission me concernant. Honnêtement, je ne sais toujours pas ce qu'il veut exactement. Si son but premier est purement et simplement de m'embarrasser et de me harceler pour avoir le plaisir de me voir exploser, ou s'il a d'autres motivations, mais il ne se passe pas une journée sans qu'il n'apparaisse comme par magie à mes côtés et me noie dans son sarcasme et son obsession de me parler d'Alain. Et il adore aussi nous coincer moi et Alain avec ses manigances et nous laisser en plan tous les deux. Merlin en soit loué, Alain n'a pas l'air suspicieux pour une mornille et reconnait juste Keir dans sa passion jamais assouvie d'emmerder le monde. Mais, assez étrangement, je me suis habituée à la compagnie de Keir qui me fait rire et me sors de mon quotidien chaotique le temps de quelques minutes.
« Alors, comment ça se passe avec Karim ? demandé-je à Blanchet.
-Hum ? fait-elle avant d'affirmer avec son petit sourire diabolique, A merveille ! On file le parfait amour, tu penses.
-Tu te sers ignoblement de lui, Blanche.
-Rho, t'en as pas marre de jouer Mère Thérésa, p'tite sœur ?
-C'est pas ça…, soupiré-je en me passant une main dans mes cheveux sombres.
-Sérieux, regarde où ça te mène ! En Troisième, t'étais malade de dire « non » à Al comme si fallait que la gentille petite Scar accepte toujours tout pour faire plaisir à tout le monde, maintenant tu le kiffes et tu veux rien tenter parce que peut-être qu'il est dans sa phase douloureuse de pauvre p'tit bouchon qui s'est fait larguer, » parlemente-t-elle avec exaspération. Je suis soulagée que Sam et Damodar entretiennent leur propre conversation pour écouter Blanchet qui s'est décidé de me faire un discours sur ma trop grande considération des sentiments des autres. Encore. « Tu veux absolument jouer la Maman avec moi parce que, bouhouhou, mon connard de copain m'a trompé avec toutes les chaudasses de l'école mais, eh, c'est la vie ! Ca arrive ! Je vais très bien, Scarlett !
-J'ai le droit de m'inquiéter ! me défendé-je. C'est tout !
-T'es la petite sœur, d'accord ? JE m'inquiète, JE te protège ! TU fais mes tartines ! »
Je secoue la tête, désabusée et amusée, sachant que je n'aurais de toute manière pas le dernier mot et que le sujet est clos. Elle me fait un clin d'œil avant de minauder :
« Et là, j'en aimerais bien une deuxième parce que, Merlin, tes tartines sont orgasmiques ! »
xOxOxO
« Arrête un peu, chérie, s'agace Blanchet, une main sur la taille. Tu vas pas y'aller toute seule, à ce bon dieu de bal !
-En quoi c'est mieux d'y aller avec un ami, comme Paul et toi, que d'y aller toute seule ? Tant que c'est pas avec un garçon qui me plait, je ne vois pas quelle différence ça peut faire…
-T'es dure avec Brian ! Laisse une chance à ce pauvre garçon !
-Pauvre garçon, maugréé-je. Pleins de filles accepteraient d'y aller avec lui, il n'a qu'à…
-Il veut y aller avec toi ! »me coupe-t-elle, haussant si haut ses sourcils noirs sur son front bronzé que j'ai peur qu'ils partent en croisière dans la mer de ses cheveux ébènes. Et elle me vrille de son regard sombre pour me convaincre d'accepter enfin l'invitation de Brian. Dans son dos, je vois Roger qui la fixe comme un petit chiot délaissé et je lui lance un petit sourire compatissant. « Scar, arrête de fraterniser avec mon ex, s'il-te-plait, je te vois.
-Prisc ! Je sais que t'as d'excellentes raisons de lui en vouloir mais il essaye de se racheter…
-Scarlett Rossi…, siffle-t-elle, menaçante.
-J'en ai marre de te voir triste parce que tu l'aimes encore et que tu refuses de lui laisser une seconde chance ! » chuchoté-je furieusement.
Je me détourne de ma meilleure amie avant qu'elle ne m'arrache les yeux de mes orifices pour oser défendre Roger devant elle. Et ce n'est même pas vraiment que je le défends mais, comme je l'ai dit, je trouve que c'est tellement de peine qui pourrait être évitée. Parce que, oui, Roger a commis de belles erreurs qui ont grandement compromis au bienêtre de son couple à lui et Prisc. Cher, la reine des Triple-S et la meilleure amie de Roger qu'il connait depuis tout petit, a empoisonné leur relation dès le début. Elle ne considérait pas Prisc au niveau de Roger, bien trop rondouillette, impopulaire et au caractère un peu trop corsé. Alors, elle s'est mise à le coller plus que d'habitude, à se montrer excessivement démonstrative. Elle le prenait constamment dans les bras, l'embrassait à tout bout de champs et voulait qu'il lui consacre tout son temps ou alors, elle lui faisait une crise de jalousie. Pendant des mois, Prisc a rongé son frein parce qu'elle savait la place que Cher a toujours occupé dans la vie de Roger et qu'elle ne pouvait tout simplement penser qu'il la mettrait de côté pour elle. Ce qui n'empêchait pas une véritable rivalité entre elles deux. Mais, vers la période de Noël de l'année dernière, ça a pris des proportions dramatiques. Prisc s'est vraiment mise en colère, elles se sont disputé fortement à ce sujet plus d'une fois, jusqu'au jour où ça s'est escaladé. Prisc a bondi sur Cher sans que je ne puisse rien y faire et, avant que Jennifer, en tant que préfète, ne les sépare, ma meilleure amie avait déjà brisé le nez de Cher. Cette dernière a bien entendu fini à l'infirmerie et une terrible dispute a éclaté entre Roger et Priscilla. Il lui en voulait d'avoir frappé sa meilleure amie, elle lui a dit qu'elle lui aurait bien cassé les deux jambes. Elle lui a dit qu'il fallait qu'il choisisse entre elle et Cher, il lui a dit qu'elle ne pouvait pas lui demander une telle chose. Mais c'est comme s'il venait de faire son choix et elle l'a quitté.
Gendrick que l'on attendait devant sa salle, en retard comme à son habitude, arrive alors et nous ouvre la porte. Je vais prendre place à la table où m'attend Adélaïde, m'adressant un adorable sourire auquel je réponds avec plus d'assurance qu'au début. Je n'ai jamais aucun doute qu'elle était une fille bien mais elle se révèle en plus être une coéquipière du tonnerre. Et je ne me sens presque plus coupable d'être amoureuse de son ex avec qui elle semble avoir réellement tourné la page.
« Salut, coéquipière ! m'accueille-t-elle. Alors, ces robes, vous avez trouvé avec Sam, hier ?
-Oulà, non ! rié-je, me rappelant que Sam et moi l'avons croisé avec ses amies à Pré-au-Lard. Et elle n'a même pas voulu que j'en achète une qui me plaisait parce que, apparemment, ce n'était pas assez « hot »…
-Ah si Miss Cavignac dit que ce n'est pas assez « hot », c'est que ça ne l'est pas !
-Tu as trouvé ta robe, toi ?
-Oui ! Et j'suis bien contente d'y aller seule, au bal, parce qu'aucun garçon ne serait à la hauteur d'une telle robe, plaisante-t-elle, elle est vraiment très « hot » ! ».
J'éclate de rire en m'attachant les cheveux dans un chignon désordonné tandis qu'Adélaïde n'a juste à se passer une barrette dans les siens qui sont si courts et châtains. Indubitablement pratique.
« J'ai cru entendre le mot « hot », se retourne Brian, tout sourire.
-Tiens donc, ironise ma coéquipière en me décochant un regard entendu.
-Etj'ai aussi pensé à un plan infaillible…, poursuit-il en direction d'Adélaïde qui rigole, puis il se tourne vers moi avec un air rusé, Scarlett Rossi n'oserait jamais prendre ses jambes à son cou en plein cour, pas vrai ? Donc, il va bien falloir qu'elle me réponde si oui ou non elle veut bien être ma cavalière au bal de Noël… »
Adélaïde se retourne vers moi, une main sur sa bouche, mimiquant un « ouuuuh » et j'hésite encore quelques secondes mais je me rappelle les paroles de Priscilla. C'est vrai que ce serait bête d'aller au bal toute seule alors qu'un garçon n'arrête pas de me demander de l'y accompagner. Et puis, comment pourrais-je espérer qu'elle prenne en compte mes conseils si je ne suis jamais les siens ?
« D'accord, Brian, finis-je par accepter en souriant. Mais juste en ami.
-Ca va de soi, minaude-t-il. Si t'arrive à me résister… »
Il me lance un clin d'œil joueur qui me fait rire et Adélaïde me regarde, le menton dans ses deux mains, accoudée à notre table. Puis, elle pointe son index sur mon visage avec un sourire en coin :
« Cette jolie petite frimousse fait un malheur, tu me la prêtes ? »
xOxOxO
« Coucou Choupinoune !
Désolée d'avoir pris une semaine pour répondre à ton adorable lettre mais je suis comme qui dirait complètement débordée, overbookée, dépassée par les évènements… bref, encore une visite chez la couturière et je demande à ta mère de m'éviscérer ! Qui aurait pensé que préparer un mariage demandait autant d'effort ? Quand Flo s'en est rendue compte, elle a même essayé de se sauver, cette feignasse ! Mais t'inquiète pas, j'me suis pas laissée faire ! J'ai la MEILLEURE équipe, mouahaha ! Flo –bien sûr-, Tata Ed, Denise et Hakiko –la meilleure belle-maman de tout l'univers ! Elles m'aident pour ma robe, la déco, la nourriture, elles sont fantastiques ! Ta maman passe de temps en temps mais c'est surtout pour nous demander de rajouter du noir et des crucifix donc, je lui fais surtout un câlin et, tu penses, elle fuit aussi sec ! Shino essaye d'en faire un peu mais, le pauvre chéri, il s'y prend un peu comme un manche… alors, on tâche de l'occuper, tu vois, qu'il ne se sente pas trop inutile mais c'est un vrai ange avec moi, il sait comment me détendre le soir –si tu vois ce que je veux dire… D. Et non, ce smiley n'est pas pervers, il est coquin !
Maintenant, passons au sujet qui fâche ! ALAIN QUINN, Mademoiselle Rossi ! J'espère que t'as suivi nos conseils acharnés et avisés et que tu as invité ce pauvre garçon au bal parce que, bon sang… »
Quelqu'un se penche par-dessus de mon épaule après avoir pris place subitement à ma gauche dans mon canapé et je baisse la lettre, m'arrachant à ma lecture. C'est bien entendu Keir qui fait la moue, déçu de ne pas avoir pu lire à la volée quelques phrases de plus.
« Cette fille écrit vraiment H24, rhala…, commente-t-il.
-Bonjour, Keir, ironisé-je.
-Du sarcasme dans la bouche de Scarlett Rossi ? Oh, Merlin, tu fais battre mon cœur… »
Je ris en roulant les yeux face à son cinéma et il s'installe plus confortablement dans le canapé, posant ses pieds sur la table-basse.
« Comment ça va ? demandé-je sincèrement. T'as passé une bonne journée ?
-Impecc, ma p'tite, me dit-il avec un sourire sardonique et un haussement de sourcils douteux. Et toi ? Dis-moi que tu as enfin fait le grand saut avec un certain beau brun ténébreux…
-Alain ? rié-je. Ténébreux ?
-J'suis vexé pour lui !
-Pourquoi ? Il est parfait comme il est mais il n'est pas ténébreux…
-C'était pour lui donner une dimension plus sexy mais bon, soit, Miss-Je-sais-tout ! rétorque-t-il avant de laisser poindre un petit sourire, Mais le « il est parfaaaait comme il eeest » est carrément trognon, ma p'tite, il aurait apprécié ! »
J'éclate de rire en rougissant légèrement mais certainement pas autant que Sam qui, à l'autre bout de la pièce, est rouge pivoine après que Raphaël lui ait adressé un clin d'œil charmeur. C'est fou ce qu'on peut observer quand on est simplement assis dans un canapé, dans un coin de la salle-commune.
« Je déduis par ton silence que y'a pas eu de grand saut, aujourd'hui…
-Keir, franchement, soupiré-je en repliant ma lettre de Kelly. Je peux pas aller le voir comme ça et…
-T'as plutôt intérêt, tu veux dire ! m'interrompt-il en se levant. Parce que sinon c'est moi qui m'y colle, c'est bien trop planplan ton affaire !
-Justement c'est mon affaire ! m'indigné-je.
-Façon de parler, ma p'tite. »
Et avec ça, il saute par-dessus la table-basse et s'en va retrouver Raphaël qu'il bouscule pour le sortir de sa fixation sur Sam dont les cheveux écarlates doivent être jaloux de ses joues. Je rebaisse les yeux sur ma lettre repliée dont j'ai laissé la lecture au moment où Kelly allait me sortir un discours à peu près équivalant à celui de Keir.
Les menaces de dénonciation en moins.
xOxOxO
« Ca valait le coup de faire une demi-heure de queue ! »
J'acquiesce en souriant, ravie de voir le large sourire et le regard noisette pétillant de Sam qui me sont destinés avant qu'elle ne retourne à la contemplation des deux robes qui sont étalées sur son lit, en se mordillant la lèvre de délectation. Je l'imite et croise les bras sur ma poitrine avec satisfaction. En fait, le terme satisfaction est faible pour traduire le sentiment que je ressens, en cet instant. Je n'arrive pas à croire l'ampleur qu'avait prise la simple tâche de trouver nos deux robes. C'était bête et méchant, et pourtant voilà deux semaines que l'on courre partout, que je dois dompter les excès d'angoisse de Sam et trouver les robes parfaites. Et, Merlin, c'est vrai qu'elles le sont.
La robe rouge et écrue est celle de Sam, évidemment. Son bustier est délicat et c'est comme s'il séchait après une averse de paillettes rouges. Elle est moulante mais élégante, et indéniablement plus mature que toutes les tenues que Sam n'a jamais porté. Elle descendra jusqu'au sol, se terminant dans un tissu beige pâle drapé et légèrement translucide. Une véritable robe de sirène.
La mienne est radicalement différente. Le buste est constituée d'un tissu couleur peau recouvert de roses en dentelle noire étincelante et grimpe jusqu'à la moitié du cou. Elle est sans manche et laisse nue mes épaules et une partie de mes omoplates. Elle est très cintré jusqu'à ma taille puis part en volutes évasives en taffetas noire qui tombent un peu au-dessus des genoux.
« Elles sont parfaites !
-Parfaites, certifé-je. »
Elle pousse un cri d'excitation, sautillant sur ses pieds nus, avant de pivoter vers moi et de me bondir dans les bras en criant :
« Comment on va pouvoir attendre jusqu'au bal, maintenant ?! »
