HELLOOOOO LADIES !
Merci à toutes de nous suivre, on vous envoie de l'amour et des cookies ! (Bon okay surtout les cookies parce que bon l'amour ça remplit pas le ventre ! :D)
Bonne lecture les poussins !
Coralie : Ah ben Keir récolte ce qu'il a semé c'est de sa faute c'est clair même si à la base Blanchet en le cassant la première fois a lâché le monstre hors de la cage on va dire. Euh Al cassait la gueule à quelqu'un... ? De rien ma belle, 'c'est un plaisir de partager :D
Chapitre 16
Je regarde la porte se refermant en claquant un grand coup, derrière Keir qui est parti en furie. Le cœur battant, je ferme les yeux pour me les masser. Pas une seconde je ne mets en doute les paroles de Keir, vu la façon dont il a eu de me les cracher au visage comme un geyser. Alain voulait m'inviter au bal. Merlin. Est-ce que… c'était un arrangement amical pour passer une bonne soirée, comme Prisc et Paul ? Ou est-ce qu'il y avait plus ?
Je secoue la tête, les hurlements de Keir que je n'arrivais pas à calmer résonnant encore dans mon cerveau. Je me dirige vers sa salle-de-bain, ne me sentant pas prête à quitter son dortoir où il m'a trainé sans douceur. Il va falloir vraiment qu'il arrête de vouloir gérer ma vie à ma place et de me crier dessus quand je prends des décisions moi-même. Je me penche sur lavabo, actionne l'eau et m'en asperge le visage puis redresse le menton, le souffle tendu. Mes yeux bleus ciel me croisent et le reflet magique du miroir hausse ses sourcils fins et sombre, en penchant la tête comme pour mieux me jauger.
« La vie est dure, ma fille ? »
Et avec le ton sarcastique et tranchant, j'ai l'impression d'entendre ma mère. Surtout que je lui ai toujours ressemblé, dans les traits du visage. Je me retourne pour lui présenter mon dos, inspirant longuement et m'appuyant contre la porcelaine du lavabo.
Que j'accepte l'invitation de Brian est mon erreur personnelle, elle ne regarde que Brian et moi, pas Keir. C'est moi qui vais en assumer les conséquences, pas lui. Je peux comprendre qu'il s'est investi mais ça ne va pas plus loin. Mais je revois aussi son regard quand il a soudainement basculé sur Blanchet, pour l'insulter en même temps que moi, pour la plus grande partie de son discours, mais, tout de même, j'ai bien compris. Qu'il souffre qu'elle ne veuille pas de lui et qu'il voudrait avoir une chance. Un peu comme j'en ai eu une, j'imagine, et c'est pour ça que je n'arrive pas à lui en vouloir plus d'une seconde.
Les larmes me piquant les yeux, je me laisse glisser contre le lavabo, les genoux repliés contre moi et les mains tenant ma tête. Je n'aurais jamais dû accepter l'invitation de Brian, Merlin !
« Scar ? »
Je lève et oblique le menton en direction de l'entrée de la salle-de-bain pour voir Greg qui m'observe avec inquiétude. Je prononce son prénom avec un petit sourire et il regarde autour de nous, comme pour repérer un truc qui clocherait et expliquerait ma position, aux pieds d'un lavabo d'une salle-de-bain de dortoir de garçons. Il vient s'assoir au sol à côté de moi.
« Qu'est-ce qui se passe avec Keir ? Pourquoi il t'a emmené ici ? Pourquoi il était si énervé ?
-Je vais au bal avec Brian.
-Oui, d'accord, je sais, et ?
-Et Alain vient de dire à Keir qu'il avait prévu de m'y inviter, expliqué-je, la gorge nouée. Jusqu'à ce qu'il apprenne que j'y vais avec Brian, j'imagine.
-Oh…, lâche-t-il, pensif. Mais c'est génial ! T'as juste à larguer Burry ! »
Je fronce les sourcils en regardant mon meilleur ami s'exciter, agitant ses mains tout autour de nous.
« D'façon, il te plait même pas, j'le sais ! Alors, on s'en fout !
-Greg, l'arrêté-je, agacée. Je vais pas lâcher Brian à trois jours du bal.
-Quoi ?! Mais tu peux pas rester avec lui alors que Al…
-Je suis pas avec lui ! m'écrié-je, ma voix partant dans les aigus. Je vais au bal avec lui, en tant qu'ami, d'accord ? Mais ça ne change rien ! On ne laisse pas tomber quelqu'un pour une autre personne pour le bal de Noël quand il ne reste plus que quelques jours.
-Mais Scar, proteste-t-il. Tu l'aimes. Tu l'aimes depuis combien de temps, hein ?! Et tu vas laisser passer une telle chance pour un mec dont tu te fous complet ? Arrête, ça a pas de sens ! »
Je me tourne vers lui et pose mes mains sur ses joues enflammées d'incompréhension, de frustration et de tristesse. Et je suis touchée qu'il réagisse comme ça par empathie pour moi.
« Je ne peux pas faire ça. Tu sais bien que je peux pas.
-Oui, je sais, » soupire-t-il.
Je lui souris et lâche son visage. C'est alors que je vois par la porte de la salle-de-bain Brian entrer dans le dortoir et inspecter tous les coins pour me trouver. Greg l'entend aussi et se retourne au moment où mon fichu cavalier blond nous repère et s'avance vers nous, fronçant les sourcils.
« Qu'est-ce qui se passe, Scarlett ? gronde-t-il, énervé. Et c'était quoi avec McFarlan ? Pourquoi il t'a emmené dans ton dortoir comme ça ? Tu couches avec lui ?!
-Ca ferait quoi ?! aboit Greg. T'es pas son copain !
-Ok, Brian ! interviens-je avec humeur quand je le vois se préparer à répliquer à Greg. Est-ce que tu peux t'en aller, s'il-te-plait ? C'est franchement pas le moment.
-Je peux quand même savoir pourquoi un mec t'a…
-Greg te l'a dit, je ne suis pas ta petite-amie, » claqué-je, plus froidement que je ne l'aurais voulu.
Il serre la mâchoire, me regarde, semblant se retenir de hurler, puis lance un dernier regard agressif à Greg avant de partir du dortoir en claquant la porte avec la même force que Keir, un peu plus tôt. Je soupire et me passe une main dans les cheveux.
« Très sympa, ton cavalier, Scarlounette ! »
xOxOxO
Il est minuit quand je sors de mon lit, n'arrivant pas à trouver le sommeil. La dispute avec Keir, les occasions manquées avec Alain, les regards noirs et trahis que Brian m'a envoyé toute la soirée, tous mes camarades qui n'ont cessé de m'observer en chuchotant à propos de Keir et moi, d'une « liaison passionnelle » entre nous, le bal auquel je n'ai plus aucune envie de me rendre et qui est, depuis deux minutes, dans deux jours… tout ça me tient éveillée.
Je referme la porte derrière moi et je resserre mon gilet en laine que m'a tricoté ma grand-mère maternelle, l'hiver dernier, autour de mon haut de pyjama, un débardeur peut-être un peu trop léger pour la saison. Mes chaussons ne font aucun bruit contre les marches de l'escalier et je suis aussi ravie qu'interloquée de voir un feu encore plus qu'actif dans la cheminée. La salle-commune est plongée dans le noir, mis à part pour la lumière chaude des flammes projetées contre la pénombre. Et je devine une silhouette avachie dans le canapé qui fait face à la cheminée. Je m'avance vers elle et c'est lorsque je contourne le canapé que je reconnais les traits de Keir, éclairés par le feu, qui me lance un regard en coin sans rien dire. Il a les mains enfoncées dans son pantalon d'uniforme et je devine qu'il n'est même pas allé me coucher, qu'il est là depuis un bout de temps et que c'est lui qui a entretenu le feu. Je vais m'assoir à côté de lui et il ne dit toujours rien.
« Tu sais, Keir, brisé-je le silence avec douceur en regardant les flammes. Je t'aime bien. T'es un peu comme un cousin. Et je voudrais te remercier pour t'être impliqué comme ça dans… » Je réfléchis un moment, cherchant comment qualifier tout ça puis, capitule : « Enfin, tout ça, Alain, et moi. Je sais pas trop si c'était juste pour t'amuser, ou si c'était pour moi, mais je pense que c'est devenu assez sérieux pour toi, n'est-ce pas ?
-Ecoute, ma p'tite…, s'agace-t-il.
-Non, Keir, fais-je en me levant pour aller m'assoir juste en face de lui, sur la table-basse en poussant ses pieds. Cette fois-ci, tu vas m'écouter. Merci pour tout le mal que tu t'es donné mais arrête. Arrête de vouloir prendre des décisions qui m'appartiennent, et ne me hurle pas dessus quand j'en prends qui te déplaisent. C'était pas ta place de tout dire à Alain. Et c'est ma vie.
-T'inquiète pas, j'le referai plus, j'me désintéresse de ton cas, » grommelle-t-il.
J'ai un petit rire devant ces airs qui me rappellent Priscilla quand je ne l'écoute pas et que je ne fais pas ce qu'elle dit.
« Bien, statué-je en souriant. »
Il lève les yeux au plafond avec humeur et se remet à broyer du noir. Je le détaille du regard et, comme une évidence, je devine qu'il doit ressasser sa situation avec Blanchet. Je le réentends me hurler qu'il ne voudrait qu'une seule chance de la part de ma sœur.
« Je sais que ma sœur n'est pas qu'un jeu pour toi, Keir, et que tu veux vraiment qu'elle te laisse une chance, me décidé-je à lui dire. Je suis désolée qu'elle ne comprenne pas ça. »
Il me regarde avec étonnement mais hausse les épaules. Je réfléchis un moment avant de poursuivre :
« Mais faut que tu saches que Blanchet est pas seulement ce qu'elle laisse paraitre. Et qu'elle n'est pas si difficile que ça, tout ce qu'elle veut c'est un garçon qui l'aimera vraiment et qui la traitera bien.
-Du genre Joshua Raven ? raille-t-il, venimeux.
-Tu crois quoi ? m'écrié-je, exaspérée. Que y'avait marqué « salopard » sur son front ? Il est venu vers elle, il s'intéressait à elle et il était gentil avec elle, il ne la draguait pas comme les autres en la traitant comme un morceau de viande. Et même si c'était évident qu'il la trompait, il restait gentil avec elle et c'est pour ça qu'elle a refusé de voir la vérité en face jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus se la voiler.
-Et moi alors ? réplique-t-il. La première fois que j'ai tenté un truc avec elle, c'était la manière douce ! Et elle m'a ricané au nez en me sortant que j'étais qu'un gamin et un emmerdeur de première !
-Keir, tu es un emmerdeur de première ! On t'adore tous mais, toi-même, tu t'en vantes, t'aimes nous pourrir la vie, lui rappelé-je en haussant les sourcils. Et t'y allais pas doucement avec Blanchet.
-C'est débile. Tu veux quoi ? Que je lui conte fleurette ?
-Que tu sois gentil, rié-je. Juste gentil. »
Il a un hoquet de dédain et je sais que je n'arriverai rien à lui rentrer dans le crane. Mais je me sens déjà mieux de lui avoir dit ce que j'avais sur le cœur, même si ça n'aura certainement pas une grande incidence. Je lui tapote le genou avec un sourire et me lève.
« Bonne nuit, Keir. »
xOxOxO
Sitôt que les portes s'ouvrent sur la Grande Salle, que la musique nous saute aux oreilles, que nos yeux nagent aux milieux de la mer de personnes qui évoluent dans l'atmosphère tamisée, la main de Brian saisit la mienne fermement pour me tirer en avant. J'échange un regard avec Priscilla qui m'encourage à faire un effort, son bras entourant Paul dont le costard fait ressortir son imposante stature de batteur. Sam et Raphaël nous dépassent avec enthousiasme, le bras de ce dernier entourant les épaules de mon amie, secoués de ses rires d'excitation. Et ce n'est qu'en voyant les lumières faire briller de mille feux le tissu pailleté rouge du haut de la robe de Sam, qu'elle adore tant, que je commence enfin à sourire. C'est juste un bal. C'est une bonne chose, un bal, de bons souvenirs et de belles histoires. Pas besoin d'être Cendrillon pour apprécier un bal.
On s'enfonce dans la salle et la masse qui s'y bouscule, qui jacasse et qui hésite à investir la piste de danse, les plus courageux, les plus désireux d'attirer l'œil hésitent peuvent-ils commencer à danser sans se taper la honte ? Grande question. Les regards s'accrochent à la soie bleue de la splendide robe de Priscilla qui ne leur en accorde pas un seul et marche parmi eux comme s'ils n'existaient pas. Sa robe découvre ses longues jambes toutes en courbes sombres à la majorité des autres paires de jambes laiteuses, et ses boucles noires, réchauffées par des mèches chocolats, cascadent dans son dos. Je ne fais que suivre Brian, souriant à Maria, puis Adélaïde que je croise, posant précautionneusement mes escarpins à petits talons sur leur sol déjà un peu glissant, par endroit, là où des verres ont été renversés par mégarde ou excès d'entrain. Puis, on s'arrête tout d'un coup et je manque de me planter le nez dans le dos de Brian. Il lâche ma main pour serrer celle d'Anthony, puis de Sean, deux garçons de Gryffondor. Aussitôt terminé, il encercle ma taille pour me rapprocher de lui si fort que je dois poser ma main sur son torse pour n'être pas totalement plaqué contre lui. Je lève les yeux vers lui mais il ne me jette même pas un regard. Je sais qu'il m'en veut encore pour Keir, d'ailleurs, il ne m'a pas parlé des deux jours qui ont suivi. Et lorsque je suis descendu avec les filles pour rejoindre les garçons et Raphaël qui nous attendaient, il m'a juste regardé. Et là, tout à coup, il me prend la main et me tient par la taille ? A quoi il joue ?
« Mamma Mia, Scarlett Rossi ? » rit grassement Anthony en faisant courir son regard, derrière sa monture de lunette, de mes pieds à ma tête. Je crisse des dents à son accent italien stéréotypé que l'on m'a déjà sur-joué des dizaines de fois en hommage pour les origines de mon père. « Ton vieux réussit pas qu'au Quidditch !
-C'est vrai que t'es très jolie, ce soir, Scarlett, continue Sean en me lançant un clin d'œil par-dessus son verre.
-Merci, » répondé-je le plus poliment possible, tendue au possible.
Brian, qui a toujours ses bras autour de moi sans me regarder, et Sean échangent un regard que j'apprécie moyennement et Anthony continue à rire en me reluquant. J'ai l'impression d'être un poisson que ma mère aurait lancé aux requins dans son bassin. Je regarde autour de moi pour ne trouver aucun signe de Priscilla ou Paul, ni de Sam et Raphaël.
« On va se chercher de quoi boire, ok, les mecs ? lance Brian.
-Et nous, on va pécho ! Amusez-vous bien, les amoureux ! »
Sean rigole aux phrases d'Anthony et je leur jette un dernier regard peu avenant alors que Brian a déjà commencé à nous emmener vers le buffet. Mais je n'ai pas du tout apprécié ce petit épisode, ni la façon dont il a de me manipuler comme si j'étais sa poupée, et je le repousse sans ménagement, en colère. Il se retourne vers moi en fronçant les sourcils.
« Qu'est-ce qui te va pas encore ?
-Encore ? répété-je, incrédule.
-J'vais nous chercher des verres, » grince-t-il.
Il me laisse là en partant, zigzaguant entre nos camarades, voir les basculant, et je passe mes mains sur le taffetas noir de la jupe de ma robe en me tournant lentement sur moi-même pour scanner la foule autour de moi mais je ne reconnais personne de spécial. Ni Prisc, ni Sam, ni ma sœur, ni Greg. Encore moins Alain. Et j'ai juste envie que ce bal idiot se termine.
xOxOxO
« Y'a pleins de rumeurs sur nous deux, Scar ! » m'apprend Sam en s'asseyant à côté de moi, sur le sofa. Je me détourne de la conversation que j'entretenais avec Paul et Priscilla pour me tourner vers elle qui me sourit de toutes ses dents, Raphaël juste derrière elle. « J'me suis sentie trop mal quand ces filles de Septième Année disaient comme quoi Phaëlou était mon bouche-trou !
-Oh désolée, ma puce, mais faut pas les écouter…, dis-je en lui caressant son épaule nue.
-Oh t'inquiète, Scarlie ! Après elles ont parlé comme quoi Keir t'utilisais en couchant avec toi pour rendre jalouse Blanchet, tu sais comme t'es sa petite-sœur, et du coup, j'allais mieux ! »
Je fronce des sourcils face à une telle logique mais sa bonne humeur me convainc de ne pas chercher plus loin. Je lui souris et lui dis que je suis contente pour elle. Je passe la main sur les roses en dentelle de ma robe, regardant du côté d'où venaient Raphaël et elle avant de venir nous rejoindre. Il y a Keir qui est adossé contre un mur, une blonde, que j'ai souvent vue près de lui, se collant à lui, et Alain qui leur parle. Même d'où je suis, je peux voir que Keir est d'une humeur massacrante et je pressens un orage de mauvais coups. Je me retourne vers Raphaël qui embrassait Sam dans le cou en lui chuchotant des choses qui la faisaient glousser et je me permets de les couper :
« Raphaël, comment allaient Keir et Alain quand vous étiez avec eux ? demandé-je.
-Ah ouais, c'est vrai que tu les connais bien, toi ! Truc de famille, c'est ça ? » demande-t-il en souriant. J'acquiesce. « Al allait plutôt pas mal mais ya son poste de préfet qui le fait chier, faut qu'il court partout, c'est galère. Et Keir… Keir est… Keir ! Un Keir encore plus casse-boules que d'habitude mais bon, c'est qu'un détail. »
Sam et moi éclatons de rire à l'air faussement blasé du métisse, et elle l'embrasse en lui disant « oh, t'es si drôle, mon chéri » qui me fait sourire.
« Et nous revoilà avec pleiiiins de trucs à boiiiire ! claironne Damodar avec un air de vainqueur.
-Ouais, enfin ce qu'ya, quoi ! ajoute Brian.
-Donc, du punch et du jus de citrouille ! » rit Corinne, la cavalière de Damodar.
Même en se retrouvant subitement célibataire à quelques jours du bal, en moins d'une journée, Damodar avait déjà une nouvelle cavalière. Et elle n'était pas la seule à vouloir lui demander, juste la plus rapide. Et comme Damodar veut rester célibataire pendant quelques temps, histoire de se changer les idées, il a juste pris la première qui arrivait.
Damodar vient s'assoir entre Sam et moi, saluant Raphaël sans aucune rancune, plutôt le contraire et Brian se place entre Prisc et moi. Il me tend un verre de jus de citrouille en m'offrant le regard le plus sympathique de la soirée. Enfin, des derniers jours.
« Merci pour le verre, lui dis-je.
-C'est le moins que je peux faire après avoir été un tel connard avec toi, me réplique-t-il en souriant. J'suis désolé, Scar. C'est toutes ces rumeurs, là… je sais bien que tu te fais pas Keir McFarlan.
-C'est rien, assuré-je en répondant à son sourire. Tâchons juste de passer une bonne soirée, à partir de maintenant !
-J'aime ce plan, ma jolie ! Trinquons à ça ! Et avec du jus de citrouille ! »
J'éclate de rire, amusée mais surtout soulagée que les tensions disparaissent, et je fais tinter mon verre contre le sien avant d'en boire quelques gorgées.
« Allez, mes amours ! s'exclame Priscilla en se levant, attrapant nos mains à Sam et à moi. On va leur montrer comment on bouge un corps de déesse sur le danseflore ! »
xOxOxO
« J'hallucine qu'elle nous laisse tomber pour son Raphou-machin, » râle Prisc alors qu'elle se déhanche au son de la musique que je ne reconnais pas.
Je me cale sur les percussions naturellement, comme je joue du piano, mais sans autant de sensualité que Prisc, ou d'originalité ou d'impulsivité que Sam. Prisc est face à moi pour qu'on puisse parler mais, juste à côté de nous, Paul, Damodar et Brian dansent comme des fous, Corinne étant partie voir ses amies.
« Tu disais tout à l'heure que t'adorais Raphaël parce qu'on avait la paix le temps qu'il s'occupe de Sam, lui rappelé-je en riant.
-Ouais, bah, même ! rétorque Prisc, de bien mauvaise humeur, sa robe bleue moulante suivant le moindre de ses mouvements. Ca se fait pas de nous lâcher comme ça ! Nous, qui avons tout fait pour elle ! Quelle ingratitude ! En plus, lundi encore, y'en avait que pour Dam, et là, d'un coup, révélation…
-Prisc ! éclaté-je de rire en la voyant s'enflammer de colère. Tu serais pas plutôt en colère parce que Roger t'a demandé une danse et que tu l'as envoyé méchamment promener… ?
-Faut que j'aille boire, gronde-t-elle après m'avoir foudroyé des yeux.
-Il n'y a pas d'alcool.
-Et alors, j'ai dit « boire » ! Il faut que je m'hydrate si tu préfères, Miss-Je-sais-tout !
-Très bonne idée, » salué-je en contenant un grand sourire amusée.
Elle s'en va en me dressant bien haut son majeur et je secoue la tête en m'esclaffant. Une main se pose alors sur ma taille et je sursaute alors que des doigts repoussent mes longs cheveux brun foncés, frôlant mon cou. J'ai eu la judicieuse idée d'attacher les mèches qui encadraient mon visage derrière ma tête d'une pince mais, étant donné la manie que Brian a de mes tripoter les cheveux, j'aurais dû les attacher en un chignon bien serré. Je pivote sur mes talons, espérant le dissuader de se rapprocher plus mais dès que je me retrouve face à lui, il me harponne à la taille et, la seconde qui suit, il écrase ses lèvres contre les miennes, et sa langue… Je recule mon visage en le repoussant fermement. Il me regarde, les yeux écarquillés, la bouche entr'ouverte.
« Brian ! m'écrié-je sur un ton de reproche.
-Quoi ?!
-J'avais été claire, lui rappelé-je.
-C'est vrai, mec, intervient Paul en se postant à côté de moi. C'était entre potes, tout ça ! L'embrasse pas si elle est pas d'accord, c'est pas cool, vieux.
-Je vais faire un tour, » soupiré-je.
Je les contourne, évitant le regard de Brian, et me faufile entre les danseurs pour sortir de cet attroupement, de cette chaleur qui me prend à la gorge et qui me donne envie que la neige qui tombe du ciel ensorcelé de la Grande-Salle ne soit pas seulement un des effets de la magie de cette école mais bien réelle. Qu'elle se dépose sur mon visage et éteigne le feu sous ma peau. Une fois en dehors de la piste de danse, je vois juste en face de moi Alain qui boit dans une gourde, un garçon d'environ quatorze ans tirant la tronche devant lui. J'imagine que c'est pour vérifier si ce n'est pas de l'alcool qui s'y cache mais mes réflexions s'arrêtent là parce que, honnêtement, Alain est bien trop beau dans son costard pour que je sois en mesure de les parfaire. Je déglutis, contemplant son profil parfait, ses cheveux bruns assez courts et j'imagine sans mal ses yeux gris lumineux. Avec si peu de mal d'ailleurs que ça frise le pathétique. Je m'avance vers lui et j'entends enfin sa voix claire et diplomatique, quoiqu'aux accents sévères. Bien plus grave que lorsqu'on était gamins et qu'il me parlait tous les jours.
« Ca, Stuart, c'est pas du remède anti-asthme, c'est de la vodka, lui dit-il en haussant un sourcil.
-Euh… bah j'sais pas ce qu'ya dans mon remède anti-asthme moi ! Y'a peut-être de la vodka, j'suis pas toubib !
-Si la vodka avait des vertus pour calmer l'asthme, ça se saurait, mon pote ! Je te fais grâce des points en moins et de la retenue mais je t'ai à l'œil, évite de ramener une autre gourde d'anti-asthme, ok ? Au pire, reste assis et t'en auras pas besoin. »
Le garçon s'en va avec humeur, en lui arrachant la gourde des mains, et Alain se frotte la main contre son crâne, se décoiffant –et se donnant un air encore plus sexy, que Merlin me pardonne, mais c'est dur à ne pas remarquer- au passage. Je m'éclaircis la voix avant de lui dire en plaisantant :
« J'espère qu'il n'aura pas une crise d'asthme, ça risque d'encore retomber sur toi.
-Scar ! fait-il en se retournant. Wow, je t'avais pas vu arriver !
-Oui, je sais, désolée, dis-je en souriant. Pas trop dur de profiter du bal en étant préfet ?
-Ca va, je me débrouille… tu devrais pas être avec ton cavalier ? »
J'essaye de déchiffrer l'expression sur son visage mais je n'y trouve rien qui pourrait m'indiquer qu'il s'en fiche royalement ou qu'il est jaloux, ou même déçu. J'allais lui répondre quand Blanchet arrive tout à coup dans sa robe dorée. Elle me l'avait déjà montrée mais je ne la pensais pas si belle. Quand Blanchet la porte, en épousant son buste à la perfection et tombant avec des épaisseurs et des épaisseurs de tulles beiges constellées de paillettes d'or, là, oui, elle est indéniablement resplendissante. Et elle ne porte pas ses cheveux bruns, plus clairs que les miens, attachées en une haute queue de cheval comme elle en a l'habitude, mais, au contraire, complètement relâchée sur ses épaules mates. J'ai aucun doute que Keir s'est au moins félicité de venir à ce bal qu'il méprise car il a pu voir ma sœur dans cette robe.
« Oh, ma sœur préférée et… mon Quinn préféré !
-Je croyais que c'était Dean ? marmonne-t-il.
-Bon, d'accord, concède-t-elle, le Quinn préféré de ma sœur, alors, ça te va mieux ? »
Je pique un fard ahurissant en écarquillant les yeux face au culot de Blanchet ! Dire ça à Alain devant moi… et ça me rappelle violemment que Keir a tout révélé à Alain de mes sentiments pour lui. Mais, heureusement, il s'en va en grommelant qu'il faut qu'il fasse son devoir de préfet et je peux espérer qu'il n'a pas vu à quel point la remarque de Blanchet m'a mise mal à l'aise.
« Blanchet ! m'indigné-je. Sérieusement ?!
-Oh, quoi, ça va ? Il a rien vu, il a de la bouse de dragon dans les yeux…
-Il est au courant, Blanchet, lui dis-je. Keir lui a dit.
-Keir lui a dit que tu le kiffais ? répète-t-elle avec une grimace d'incompréhension et de dédain. Et comment il sait ça, lui ? »
Je la fixe, réfléchissant en me mordillant la lèvre inférieure. Keir a vraiment du mal avec elle, il fait du sur-place ou même s'enfonce, je ne sais pas trop. Mais je pense que si Blanchet voyait certaines facettes de sa personnalité alors, peut-être que ça ferait avancer les choses.
« Je sais pas, avoué-je. Il l'a découvert. Et depuis des mois, il s'est donné comme mission de tout faire pour que j'attire l'attention d'Alain et ai ma chance. Bon, il m'a carrément pourri la vie et j'ai cru que j'allais l'étrangler quand il m'a dit qu'il avait tout raconté à Alain mais… il s'est vraiment donné à fond.
-Keir se donne toujours à fond, » pose-t-elle, l'air ailleurs.
Elle a l'ombre d'un sourire sur ses lèvres et c'est la première fois qu'elle prononce le prénom de Keir sans venin dans la voix, ni mépris, ni colère. Sans le crier ou le cracher, ou le grincer. Et ça me fait sourire et elle baisse son regard vers moi, me dépassant largement, ayant déjà quelques centimètres de plus que moi naturellement mais surtout, des talons de dix centimètres aux pieds.
« Il faut que je retourne voir Karim. Fais gaffe aux mecs, p'tite sœur, ils sont en rut, ce soir. »
