Coucou mes chéries !

On espère que tout le monde va bien, on vous embrasse fort :D

Bonne lecture !

Coralie : Oui leur relation évolue, j'aime assez le côté fraternel de leur relation :) Je crois pas que ce bal-ci soit notre "type" de bal donc ne nous emballons pas ! Merci de ta fidélité !


Chapitre 17


« Ben où est Greg ? »

Moira dans une robe blanche a la mine triste et n'est pas accompagnée de son cavalier. On dirait vraiment qu'elle est minuscule sans Greg. Je fronce les sourcils, étonné. Al scrute la foule pour repérer son frère. En tout cas la cause de la mine de ma petite sœur est facilement repérable, son Gryffondor est collée à sa cavalière rayonnante dans une robe rose bonbon. Je grimace, écœurée. Les couples heureux me sortent par les yeux ce soir.

« Il est allé chercher du jus de citrouille, explique-t-elle.

- C'est quoi cette tête ? demande Al. Tu t'amuses pas ?

- Si, si… »

Al ne gobe pas ce mensonge, ma sœur n'a pas hérité du don familiale de dissimulation. Il reste circonspect. Je m'écrie alors.

« C'est parce qu'elle a personne avec qui danser ! Pauvre bébé.

- N'importe quoi ! rougie-t-elle.

- Si je dis rien, on y est encore demain !

- Keir ! Tais-toi !

- Ooooh même quand t'es énervée t'es polie, me moqué-je, maman a bien fait son boulot.

- Fallait bien se rattraper, marmonne Al.

- T'as quelque chose à me dire Quinn ? menacé-je.

- Tu danses avec moi Moira ? propose-t-il soudain. »

Ma sœur dévisage son large sourire, étonnée avant que son visage s'illumine de plaisir. Al lui fait un clin d'œil et l'entraîne avec lui sur la piste. Je ricane un peu en voyant ma sœur maladroitement jetée des regards en direction de son Gryffondor. Elle compte le rendre jaloux ? Aaaah on reconnait enfin le sang des MacFarlan ! J'applaudirai bien cette initiative mais la fierté retombe.

Evidemment qu'elle a mis le paquet. Evidemment ! A quoi ça sert un bal si c'est pas pour être le centre de l'attention dans une putain de robe dorée ?! Blanchet Rossi dans toute sa splendeur. Ça fait mal aux yeux rien que de la regarder. Mais je ne peux pas détacher mon regard. Un arrière goût amer rampe dans ma gorge comme un venin prêt à sortir. Je me retiens, elle la veut sa soirée de triomphe. Elle l'attend, elle l'a prévu. Le mec, la robe, l'attitude. Qu'est-ce que j'en ai à foutre. Je préfère encore l'ignorer.

« Keir ! Eh ! qu'est-ce que tu fous encore à ronchonner ?»

Je tourne la tête vers Raph et Sam, et grimace en les voyants. Ils sont sans cesse à s'embrasser, se câliner et tout le bazar. Ya rien de plus chiant que de tenir la chandelle entre eux. Je me lève alors et m'écris à l'adresse de Sam.

« Emmène le sur le dance-floor bécassine, c'est sa chanson préférée ! »

Et je m'éclipse rapidement. Il est tant de mettre un peu d'ambiance.

OoOo

« Vous m'avez bien compris Mr MacFarlan ?! »

Je fixe avec arrogance les petits yeux bleus de Frog-nas enfoncés dans ses orbites noircis de cernes. Avec sa tête de rat il me toise avec autorité. Je plaque mon sourire le plus dédaigneux, il serre les dents. Depuis que j'ai commencé Poudlard il essaye de me faire craquer, persuadé que des menaces de remise au goût du jour des tortures d'élèves dans les cachots comme au « bon vieux temps » me font peur.

« Arrêtez de me positionner dessus et on pourra parler, lâché-je narquoisement. »

Il semble à deux doigts de craquer, je m'amuse à le regarder ravaler sa verve.

« Pour vous la soirée et finie ! m'annonce-t-il.

- Vraiment ? ricané-je, les patinoires sont pourtant très appréciées.

- Vous serez collé deux heures !

- Quel dommage demain c'est les vacances…

- Vous inquiétez pas MacFarlan, s'énerve-t-il, j'vous attends à la rentrée.

- Je suis irrésistible, ricané-je, vous pouvez plus vous passez de moi ! »

Je suis tout de même assez agacé d'avoir été interrompu en plein milieux des festivités. Après avoir mis de la poudre à gratter dans le punch, des Twist-humour dans les canapés – qui ont notamment fait éclater l'équipe de Quidditch de Serdaigle en larmes et transformer Maria Weasley en folle furieuse – fait éclater quelques verres pour rompre des ambiances trop romantiques et rieuses à souhait. J'en étais à transformer la piste de dance en patinoire, ce qui a littéralement fait mourir de rire Greg. Visiblement le groupe des pseudos fille UP de sixième année s'est d'ailleurs mangé une belle cascade qui mériterait sa place au JO d'hiver. Je commençais à m'en prendre aux lustres du plafond, je voulais le faire fondre pour qu'il asperge tel une cascade l'assemblée, ruine les si belles coiffures et les maquillages étudiés. Il fond toujours mais hélas je ne serais pas là pour admirer le spectacle puisque Frog-nas m'a pris en flagrant délit.

Le concierge me plante là, m'ordonnant de ne plus mettre un pied dans la salle de bal. Furieux que ça ne me fasse ni chaud ni froid. Je décide d'aller faire chialer Mimi Geignarde qui comme chaque année a tenté de se faire belle pour le bal, persuadée qu'un élève tomberait sous le charme. C'est tellement facile de la mettre dans tous ses états. Alors que les escaliers s'agitent et que l'un d'eux arrive enfin au rez-de-chaussée, des bruits de talons me font me retourner.

Lilian a un sourire charmeur sur ses lèvres rouges. Dans une robe moulante incendiaire, elle est sexy. Sûre de sa démarche féline elle s'avance, appréciant mon regard sur ses jambes. Elle se plante devant moi, ses cheveux blonds cascadant autour de son visage.

« Ce bal est à chier.

- T'as loupé le clou de mon spectacle, normal.

- Il pourra pas être aussi sexy qu'un rouquin dans un costard, sourit-elle. »

Je lui décoche un regard amusé alors qu'elle passe ses bras autour de mon coup, m'embrassant avec insistance. Son lourd parfum me rappelle trop qu'elle n'est pas Blanchet. Enervé de voir jaillir ses yeux noirs, je me lance à corps perdu dans l'étreinte chaude et langoureuse de Lilian. Réelle.

OoOo

« FIIIIIN ! »

Moira comme une balle traverse la foule, sa valise ballotant derrière elle. Son hibou Coluche secoué en tout sens qui hulule de protestation, pour foncer en direction de notre aîné, Fingal. Reconnaissable à sa gueule renfrognée d'être obligé de venir à King Cross. Moira lui bondit dessus, et je ricane en le voyant se dérider. Mon frère garde toujours sa tronche de mauvaise humeur mais en réalité il est incapable de vraiment mordre. Il aboie beaucoup néanmoins.

Je repère aussi ma sœur, Ailein. Visiblement revenue de son stage en Norvège. Une vraie chieuse toujours soignée et hautaine, orgueilleuse. Rousse comme toute la fratrie. Meilleure amie de Blanchet depuis toujours et par conséquent ultra-protectrice envers elle. Je débarque à mon tour, arborant un sourire hypocrite en saluant Ailein.

« Alors, t'es carrément venue m'attendre à la gare sœurette ?

- Pas toi non, riposte-t-elle.

- Wow la Norvège t'a rendu aimable ! ironisé-je.

- C'était la Suède, lève-t-elle les yeux au ciel.

- Je suis trop contente de vous voir ! s'écrie Moira radieuse. Où sont les parents ?

- A la maison, lui répond Fingal, bon on se bouge, où on y reste sur ce quai ?

- Partez sans moi ! lance Ailein. »

Elle fend la foule, je n'ai pas vraiment besoin de me retourner pour savoir qu'elle a repéré Blanchet et crie son prénom avant de lui sauter dessus. Fingal attrape la valise de Moira, Coluche les plumes de travers semble raide mort dans sa cage. Ma sœur excitée à l'idée de rentrer chez nous le presse de se dépêcher, le mettant inévitablement en rogne.

« Oui bon ben ça va hein ! grommèle-t-il.

- Papi et mami arrivent quand ? T'as reçu le cadeau de Noël pour maman ? Oh ! Est-ce que Flo vient manger demain ? s'enthousiasme-t-elle.

- Ouais, marmonne-t-il.

- Après le mariage de Kelly et Shino je suis sûre que ça sera le vôtre ! rit-elle. »

Super conversation. Les mariages des couples joyeux et heureux en ménage. J'adore. Tandis qu'on sort de la gare et du quai, Fingal nous apprend qu'après demain c'est la journée de répétition du mariage et les derniers préparatifs. Grommelant que depuis qu'elle a avancé la date il est devenu sa main d'œuvre non rémunérée.

« Je sais faire des sculptures de serviettes en forme de cygnes ! annonce fièrement Moira, elle a déjà une idée de ce qu'elle veut ? Oh ! Est-ce qu'elle va porter un voile ? Et tu as déjà vu sa robe ? Je suis sûre qu'elle sera comme une princesse ! »

J'échange un regard blasé avec mon frère.

« J'ai vraiment hâte ! ironisé-je. »

OoOo

« Woooow ! Sympa les pompes ! s'exclame Florence.

- Gucci ! annonce Ailein en relevant la jambe pour nous présenter son escarpin.

- Ailein, on mange, les chaussures sous la table, ordonne ma mère.

- C'est pas de simples chaussures, répond-t-elle avec fierté, ce sont des petits bijoux !

- J'aime beaucoup la couleur, approuve Moira.

- Sous la table, répète notre mère.

- Où sont passés tes bonnes manières ? ricané-je. Perdues en Norvège ?

- C'était en Suède ! »

Ma sœur est toujours tirée à quatre épingles. Les cheveux brillants, la manucure faite, maquillage discret impeccable. Elle met un point d'honneur à avoir des manières irréprochables, surtout depuis qu'elle a décroché un job dans une boite de produits sorciers de luxe. Boite écossaise bien sûr. Ailein me lance un regard noir. Mon père en bout de table ne s'en formalise même plus. Elle et moi on a jamais pu s'entendre.

« Est-ce que vous avez vu ma robe pour le mariage ? demande Moira.

- Elle est très jolie, approuve Ailein, tu vas être super mignonne !

- Merci ! rougit ma p'tite sœur de plaisir.

- J'ai préféré choisir le gâteau perso ! lance Flo.

- Ah ben ceci explique cela ! raillé-je. »

Elle me fixe un instant, avant de comprendre, et d'exploser de rire. Ses boucles s'agitant autour de son visage. C'est bien la copine de mon frère ça, toujours à se fendre la poire même quand c'est d'elle dont on se moque. Ce qui n'empêche pas que Fingal me lance un regard mauvais. Il a vraiment aucun humour !

« Ouais ! J'vais peut être même avoir du mal à entrer dans ma robe !

- L'écoute pas, souffle Moira, il est en colère.

- C'est un chieur soeurette, lâche Ailein, c'est dans sa nature d'être un emmerdeur.

- On comprend mieux pourquoi on est de la même famille ! ricané-je.

- Ça suffit vous deux ! claque papa. »

Ailein lève les yeux au ciel, je lui souris avec arrogance. J'ai eu le dernier mot. Et ça, ça lui plait pas du tout. Elle est vite distraite par Moira qui veut savoir si dans son immense placard à chaussures uniquement rempli d'escarpins y'aurait pas un petit quelque chose pour elle. Flo grimace quand ma sœur propose de lui en prêter qui iront avec sa tenue, ouais quand on la regarde dans son jean et avec ces cheveux on sent bien qu'elle sera jamais une « femme d'affaire » comme aime à se décrire ma sœur flattée de sa propre réussite.

Je m'enfonce dans mon siège, savourant le plat de Haggis de ma mère. C'est quand même cool d'être rentré.

OoOo

Deux fois par an ya le vernissage de la galerie de peinture de la mère des sœurs Rossi. Spécialisée dans l'étrange et le tordu. Leur mère tout autant que sa galerie d'ailleurs. J'ai décidé d'y venir parce que je sais que je ne vais voir Blanchet qu'au mariage. Et après ça sera à la rentrée quand elle sera encore accrochée au bras de Karim à se persuader qu'il est le type idéal ou je sais pas quelle connerie du genre. Ok. Elle me manque. Même si elle me méprise totalement, même si je voudrais la mépriser, je ne peux pas.

Je repère parmi les visiteurs les parents d'Al, il m'a dit qu'il y serait mais la galerie est construite de façon aussi tortueuse que les arbres de certains tableaux. Un vrai labyrinthe. Ma mère est en train de discuter avec Edwige Quinn, mon père est à Edimbourg, une réunion de la chambre des lords ou je sais pas trop quoi. Ailein probablement partie piailler avec Blanchet.

Agacé de tourner en rond dans cette galerie et à regarder des tableaux sans intérêt, je me laisse tomber sur un des canapés-bancs. Et lance un regard sans appel à la bourgeoise qui veut reposer ses pieds, elle s'éloigne en me lançant des coups d'œil outrée. Je ne sais pas ce qui me retient de lui péter un talon pour qu'elle se rétame devant les visiteurs. La flemme surement.

Ce tableau est sérieusement bidon, comment un type qui nous peint un manoir dans la brume peut sérieusement être considéré comme un artiste ? Ok c'est bien peint, mais c'est qu'un paysage. De toute façon, je sais même pas pourquoi je suis venu. Blanchet va probablement me siffler de dégager.

« Qu'est-ce tu fiches ici ? »

Je relève les yeux sur elle. Même si c'est pour me toiser avec méfiance elle m'a repéré. J'ai bien fait de venir. Un sourire hautain se plaque sur mon visage.

«Nos parents sont amis.

- Et alors ? fait-elle suspicieusement.

- C'est bon ok ! m'agacé-je, je suis pas venu ruiner le vernissage. J'en ai rien à foutre. J'étais juste venu te voir ! »

Enervé j'appuie mon dos contre le mus et étend mes jambes. Espérant qu'un mec va se prendre dedans et s'éclater par terre.

« S'tu le dis, hoche-t-elle la tête, tu penses quoi de l'expo alors ? »

Elle a écouté ce que je viens de dire ? marmonné-je en moi-même. C'est elle l'œuvre d'art que je suis venu admirer !

« J'préfère les nus. »

Surprise, elle lâche un rire. Je reste silencieux, à la dévisager. C'est bien la première fois qu'elle daigne rire sincèrement devant moi. J'agite ma baguette, et deux verres du plateau du serveur flottent jusqu'à moi. Je lui en tends un qu'elle prend avec méfiance. J'hausse les épaules, un peu fier de moi. Ma réputation me précède.

« J'ai du mal à trouver du sens à une maison bidon dans une ambiance pseudo lugubre, désigné-je le fameux tableau.

- C'est un manoir, corrige-t-elle, celui des Malefoy.

- C'est bien ce que je disais, bidon. »

Elle rit à nouveau et s'éloigne alors. Ouais je vois. Si je suis comme le premier des crétins venus, elle vient de me faire retomber dans la catégorie gamins inintéressants. Je me relève, blasé. Et décide que tant qu'à m'emmerder autant que ça soit chez moi à engloutir des choco-grenouille en écoutant l'émission des noctambules.

« Tu te tires déjà ? »

Je me retourne sur Blanchet son verre à la main et dans l'autre un amuse-gueule.

« J'vois que tu penses à m'en ramener hein, raillé-je.

- Tu peux t'bouger les fesses, lâche-t-elle en agitant la main en direction du buffet, et puis c'est le dernier et ils sont carrément orgasmiques ! »

J'adore comment elle dit « orgasmique ».

« Merci de le préciser surtout quand je peux pas en manger un !

- J'vais m'gêner ! »

ooOo

« Non j'vais pas à la soirée de Dean, Kelly fait un truc.

- Comment ça s'fait que je sois pas au courant ? m'exclamé-je.

- On s'le demande… »

Je ricane, enfonçant mon menton dans mon écharpe. La fumée de sa cigarette se perd dans l'air froid et blanc de la nuit. Kelly en plus est du genre boule de nerfs, l'énervait c'est presque presser sur un bouton et BOUM. Soit dit que depuis que je lui ai pourri sa dernière soirée du nouvel an, elle ne m'invite plus.

« C'est un truc entre filles, appuie-t-elle.

- Ah ouais d'accord, soirée pyjama, me moqué-je, films à la noix et ragots.

- Faut bien s'tenir au courant du hors-Poudlard ! fait-elle amèrement.

- Quoi t'es pas bien à Poudlard ? On s'marre bien pourtant !

- Toi peut être, hausse-t-elle les épaules, moi j'en ai ras le cul.

- Plus que six mois à tirer, rassuré-je. Faut en profiter pour laisser sa trace.

- J'suis sûre que Frog-nas est pas prêt de t'oublier ! »

J'explose de rire.

« Nan ! Surement pas après ce que je prévois de lui faire !

- Quoi t'es encore collé ?

- Pourquoi tu veux venir astiquer des coupes avec moi ?

- Je suis allergique à la poussière ! assure-t-elle avec hauteur.

- Ouais c'est ça, et au travail aussi ! »

Ses dents blanches se détachent dans la pénombre, dessinant les contours de son sourire. Je la fixe sans broncher. Surréel serait le mot. Je sais pas si c'est le changement de lieu, de temps. L'absence de son crétin de petit copain et du reste de Poudlard. Ou encore si elle fume autre chose que du tabac. Mais je ne vais pas trop m'poser de questions. Elle est là, elle me regarde.

Et elle me sourit.

C'est une excellente soirée.