Mes petits, on vous embrasse fort :)
Bonne lecture
Coralie : Probablement qu'il va lui faire de la peine oui, mais après elle savait aussi qu'il était amoureux - sinon obsédé - par Blanchet donc elle courrait un risque. :) Je retiens ta proposition de cadeau "proposition de mariage", tu vas savoir si c'est ça ou pas dans ce chapitre ou le prochain je sais plus (désolée je perds la mémoire des fois avec tous ces chapitres !) Merci de tn commentaire !
Chapitre 20
« Jolie jupe. »
Je cesse d'arranger les plis de ma jupe vert canard, face au haut miroir de ma chambre, et vois ma sœur qui m'observe, appuyée contre le chambranle de ma porte, un air suspicieux plaqué sur son beau visage. L'un de ces sourcils à la courbe parfaite est haussé et m'indique qu'elle ne va pas tarder à pointer l'étrangeté de me trouver, une trousse de maquillage béante aux pieds d'un miroir dans lequel j'étudie ma tenue, à deux doigts de fouiller dans ma boite à bijoux. Une jupe vert canard qui frôle mes genoux et un petit top beige que je vais recouvrir d'un pull que je n'ai pas encore choisi.
« Merci, Blanche…
-C'est qui le veinard pour qui ma petite sœur se pomponne ? me lance-t-elle, autoritaire.
-Juste Sam et Prisc, mentis-je effrontément, quoiqu'avec un peu de remord.
-Je croyais être la garce menteuse de la famille… »
Je ris, incapable de cacher le fait que, oui, en effet, j'ai bien menti et que ce n'est certainement pas Sam et Prisc que je m'apprête à rejoindre dans une heure. Blanchet entre dans ma chambre et vient s'assoir sur mon lit aux couvertures couleur Lila.
« C'est l'autre blond qui t'a emmené au bal ?
-Non.
-Cool, je l'aime pas, statue-t-elle. Tu me diras pas qui c'est, pas vrai ?
-Non…
-Tu sais qu'il a plutôt intérêt de me plaire si tu veux pas que je foute la merde, p'tite sœur ?
-Oui, je sais, » rié-je.
Elle opine du menton, pensive, et je l'observe alors qu'elle regarde les flocons tomber à l'extérieur de ma fenêtre pour se déposer sur le petit balcon. Je vais m'assoir à côté d'elle sur mon lit et elle me demande :
« Tu penses vraiment que Keir est quelqu'un de bien ? »
Je dévisage son profil lisse de tout sentiment, prise de court par la question. C'est étonnant qu'elle me parle de Keir, surtout pour me demander une telle chose, mais je me reprends et lui réponds :
« Oui, je le pense vraiment.
-Mais tu penses que tout le monde est gentil, que personne…
-C'est faux, la coupé-je. Je ne suis pas naïve, Blanchet, je sais reconnaître les gens pour ce qu'ils sont. Je sais que Fanny Stretchen est foncièrement mauvaise mais je sais que c'est pas parce que quelqu'un donne l'air de l'être qu'il l'est forcément. Keir n'est pas méchant. »
Elle lâche la fenêtre du regard pour m'observer et un sourire se dessine sur ses lèvres. Elle passe une de mes mèches derrière mon oreille avec tendresse et me dit :
« Tu es adorable, ma chérie. Et tu as surement raison. Keir est venu au vernissage de Maman.
-Oui, je sais, je l'ai croisé.
-On a parlé, me révèle-t-elle. Sans jamais nous insulter ou nous crier dessus, c'était tellement… nouveau ! Un truc de ouf ! Jamais il été aussi sympa avec moi ! Il restait le même Keir mais différent, je sais pas comment l'expliquer… Il a pas cherché à me vexer avec des piques cruelles ou à me pourrir la vie avec ses coups de pute, on a vraiment parlé. »
Je lui souris, heureuse de l'apprendre, et son regard se perd dans ma chambre à nouveau.
« Tu sais… il a toujours eu le don de m'foutre hors de moi avec ses mauvais coups mais ça me fascinait aussi, la façon qu'il avait de jamais lâcher prise, qu'il continue de me courir après malgré tout, quelles que soit ses vraies intentions…
-Je ne pense pas qu'il en ait des mauvaises, je pense vraiment qu'il est sincère et qu'il veut vraiment…
-Scar, p'tite sœur, m'interrompt-elle en soupirant. Tu crois quand même pas qu'il est fou amoureux de moi, non plus ? Sérieusement, je veux bien accepter certaines possibilités mais y'a des limites… »
C'est à mon tour de soupirer mais je comprends qu'elle ne changera pas d'idée sur la question et me contente de hausser des épaules. Je ne sais pas non plus quelles sont les profondeurs de ce que ressent Keir pour elle mais je pense que si, il est amoureux d'elle. Après qui suis-je pour affirmer une telle chose ?
« Mais peut-être que je me suis gourée sur lui.
-Je suis sûre que ça lui fera plaisir que tu lui laisses une chance, sourié-je.
-T'fais pas trop de films, Scar ! Je vais pas lui tomber dans les bras si facilement ! »
J'éclate de rire et elle se lève de mon lit pour se poster face à moi, posant ses mains sur ses hanches pour me regarder en détail. Je fronce les sourcils, étonnée.
« J'ai une veste super sexy pour ton rencard, p'tite sœur, fait-elle. J'te la passe si tu me promets de rien faire avec ce mec avant que je le rencontre !
-Marché conclu ! rié-je en me triturant les mains.
-Et sois pas nerveuse comme ça, ma puce, t'es absolument irrésistible. C'est lui qui devrait angoisser ! »
xOxOxO
Je descends du magicobus en resserrant la veste « perfecto » en cuir que Blanchet m'a donné puis engouffre un peu mon menton dans l'épaisse écharpe grise pour me protéger du froid. Et les petits talons compensés de mes bottines, bien heureusement fourrées, s'enfoncent dans la neige peu profonde de l'entrée de la fête foraine où Alain m'a proposé de le retrouver. Je le vois d'ailleurs m'attendre quelques mètres devant moi alors que le magicobus redémarre dans mon dos. Il me fait un geste de la main et j'expire longuement pour ne pas succomber à l'appréhension qui me fait trembler. Je ne sais absolument pas à quoi m'attendre et c'est ça le pire. Je ne sais pas s'il entendait qu'on se voit comme deux amis ou si c'est à proprement parler un rencard, ou s'il a fait un effort parce qu'il ne voulait pas me blesser en me rejetant. Et je comprendrai tout à fait car j'ai moi-même hésité de le faire il y a trois ans. C'est tellement tentant de faire plaisir à un ami, même si c'est en lui mentant et que c'est si mal, parce que, sur le moment, ça parait tellement plus juste que de lui briser le cœur.
Je marche droit vers lui et il m'imite, et je me hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue comme j'ai pensé que ce serait la meilleure des options. Mes lèvres brûlent au contact de sa peau et il me sourit de toutes ses dents comme d'habitude, toujours aussi beau d'ailleurs. Il me demande comment je vais alors qu'il me prend la main pour me guider à travers l'entrée. Il montre nos deux tickets d'entrée au lutin qui les vérifie d'un sortilège qu'il effectue des bouts de ses doigts bruns et nous laisse entrer.
« Tu veux qu'on fasse quoi pour commencer ? La Grotte du Dragon Enrhumé ? Ou le Manoir hanté ? Il y a aussi le Poudlard Super-Epress !
-Oh… euh, je connais pas trop ici, l'avertis-je.
-Y'a aussi une patinoire, m'enfin..., révèle-t-il, l'air plus récalcitrant.
-Oh j'aime beaucoup patiner !
-Bon, on ira alors, marmonne-t-il. Mais c'est bien parce que c'est toi… et d'abord, on fait deux-trois autres attractions, ok ? »
J'acquiesce, crispant la mâchoire alors qu'il m'entraine vers un immense tonneau qui roule sur lui-même et rebondit comme un haricot-sauteur. Je déglutis. Il n'y a bien qu'Alain Quinn qui puisse me faire monter dans un engin pareil… Je sollicite Merlin en fermant les yeux, priant qu'il me donne la force de ne pas régurgiter mon repas.
xOxOxO
« Attends ! Attends ! C'est juste que –wow !
-Non, t'en fais pas, tu te débrouilles très… »
La lame de son patin se prend dans un tas de neige déplacée et il bascule en arrière. Je porte mes deux mains à ma bouche en criant alors qu'il atterrit sur le dos de tout son long. Je me précipite vers lui en glissant sur la patinoire et me penche sur lui, inquiète :
« Merlin, ça va, Alain ? Tu t'es pas fait mal ?
-J'suis une vraie merde…
-Mais non, l'apaisé-je en souriant. C'est normal de tomber…
-Toutes les deux minutes ? »
Je ris devant son air désespéré alors qu'il se redresse, époussetant la neige sur son Jean, et, toujours penchée, je tends mes deux mains pour qu'il les saisisse et que je l'aide à se relever.
« Je vais te faire tomber aussi…
-Prends mes mains, Alain ! » insisté-je en riant plus fort.
Il finit par poser ses grandes mains chaudes dans les miennes et je tire en me reculant pour l'aider à se relever. Je dois m'y reprendre à plusieurs reprises car ses jambes tremblent tellement sur ses patins instables qu'il retombe à nouveau et qu'on frôle la chute. J'essaye de me retenir de rire parce que je vois bien que ça le vexe mais c'est plus fort que moi ! Et il est tellement adorable, surtout quand il est affalé sur la glace de la patinoire, le Jean trempé, les cheveux bruns de travers et les joues rougies que je le trouve bien plus sexy que tous les autres garçons qui tournent autour de nous avec aisance, multipliant les pirouettes. Je pose mes mains sur ses avant-bras nus depuis qu'il a retroussé les manches de son bull bleu marine. Je ne sais pas comment il peut avoir eu trop chaud avec son blouson parce qu'il fait aussi froid que dans un congélateur, ici.
« En fait, c'est moi l'attraction du coin…, bougonne-t-il.
-Tu t'en sors très bien !
-Tu es vraiment la pire des menteuses ! »
Je ris, me rappelant que Blanchet m'a accusé de la même chose, plus tôt dans la journée, et que c'était à son propos sans qu'elle ne le sache. Je contemple ses yeux gris boudeurs et sa moue râleuse qui me donne envie de l'embrasser, notre proximité faisant proliférer une armée de papillon dans mon ventre. Mais je préfère lui sourire et lui frotter les bras avec encouragement.
« Vas-y doucement, lui conseillé-je. Et ne regarde pas tes patins, et ce n'est pas grave si tu tombes.
-Ca te gêne pas que ton rencard soit le plus nul de la patinoire ? »
Mon cœur s'emballe lorsqu'il emploie le mot « rencard » et une bouffée d'espoir me réchauffe alors que je me sens rougir. Et je lui réponds :
« Absolument pas. »
OxOxO
« Alors, tu passes le Nouvel An avec Kelly et Flo ? me demande-t-il en mangeant sa barbe-araignée.
-Oui et toi ?
-Je vais chez Keir, m'apprend-il. Et le lendemain, on fait l'enterrement de vie de célibataire de Shino…
-Oui, on fête aussi celui de Kelly. »
Du bout des doigts, je décroche un morceau bleu étincelant de ma barbe-araignée et l'enfourne dans ma bouche, essayant de ne pas trop toucher mes lèvres qui risquent de prendre la même couleur. On marche dans la grande allée de la fête foraine, la neige s'étant remise à tomber par flocons qui se déposent dans les cheveux bruns d'Alain qu'il n'a de cesse de frotter. Des enfants de tous les âges crient et fusent autour de nous tandis que les parents se baladent en s'enlaçant, un peu en retrait. Il y a aussi des bébés qui pleurent ou rient dans des poussettes et des vendeurs de toutes sortes qui servent les clients de la fête foraine.
« T'as déjà essayé ta robe pour le mariage ?
-Oui, répondis-je en souriant au souvenir de la robe. Elle est très belle. Kelly a vraiment de bons goûts.
-Je suis pressé de voir ça. Je sais déjà que tu seras magnifique. »
Je lève les yeux vers lui et cesse d'avancer quand je croise son regard plus intense encore que d'habitude. Il pose sa main libre sur ma joue et lève mon menton alors que mon cœur s'ébroue avant de frôler l'implosion quand il pose ses lèvres sur les miennes. Je reste un moment sonnée, croyant rêver mais son autre bras vient se faufiler autour de mes épaules et je me rapproche de lui comme en autopilote, me tenant à son blouson. Je me sens bien plus en équilibre instable en ce moment précis alors que la bouche d'Alain caresse la mienne que lorsque j'étais perchée sur mes patins.
Des sifflements joueurs retentissent juste derrière moi et Alain cesse de m'embrasser, même s'il me tient toujours contre lui. Je tourne la tête pour voir une bande de garçons de notre âge rire et siffler, leurs regards pointés droit sur nous, scandant des « Donne tout ce que t'as, mon pote ! » et « Fais-la rêver, Casanova ! ». Je ris avec gêne et amusement avant qu'Alain m'entraine en avant en leur jetant un regard mauvais, mais je suis encore plus embarrassée quand je m'aperçois que ma barbe-araignée est à moitié collée à son blouson.
« Même sans Keir dans les pattes, on nous emmerde… »
xOxOxO
« Purééééee, la bouteille en fout partout ! Georgette, aide-la ! »
J'ai beau désapprouver l'état lamentable dans lequel se met Prisc, je ne peux pas retenir mon rire en la voyant imbiber la nappe que Shino avait posé sur le comptoir qui sépare la cuisine du salon. Je prends la bouteille de vin pétillant des elfes des montagnes que Prisc est à deux doigts de jeter à travers la pièce de rage parce qu'elle n'arrive plus à viser sa flute. Combien en a-t-elle descendu ? Honnêtement, j'ai perdu le compte ! Mais elle est de loin la plus soule de l'appartement, ce qui inquiète Shino et amuse les autres. Et il est à peine 22h30.
Je profite du fait qu'elle s'accoude au comptoir trempé par ses soins pour observer Keir qui bavarde avec Blanchet, dans un coin, pour dissoudre d'un sort l'alcool du vin. Ailein les a elle aussi remarqué et, vu l'expression de son visage, c'est bien loin de lui plaire. J'ai été un peu étonnée de le voir arriver, vingt-minutes après nous, dans la cheminée de l'appartement de Shino et Kelly. Alain m'avait dit que Keir faisait quelque chose chez lui. Mais, vu le petit rire malicieux qui l'a accueilli, la maîtresse des lieux n'était pas le moins du Monde surprise. Et c'est tout Kelly de jouer les entremetteuses au sein de la famille. Elle est la première à me pousser dans les bras d'Alain, à essayer de convaincre Blanchet qu'elle formerait un couple qui détonne avec Keir et à minauder à Moira que Greg est super chou avec elle.
« Y'a pleins d'couples… vont tous s'faire des bisous pour minuit…, grommelle Prisc.
-C'est normal, Prisc…
-Et nous, Georgette ? Nous, on peut bien chialer nos mères, toutes seules, comme des bouses d'hippogriffes, tout l'monde s'en fout…
-Mais t'es pas toute seule, ma puce, la consolé-je en frottant son épaule nue et mate. Je suis là, avec toi !
-Mais j'vais pas t'embrasser ! Sans la langue, c'pas rigoloooo…
-C'est sûr… »
Elle descend sa flute d'une traite sans même remarquer qu'il n'y a pas plus une once d'alcool et elle se laisse glisser contre le comptoir, ses talon-aiguilles crissant contre le parquet et je prie Merlin que ça ne laisse pas de trop grosses traces. Je vais m'assoir à côté d'elle, par terre, le dos contre le muret du comptoir.
« J'veux mon Roger, ma poule…
-Je sais, Prisc.
-On va le voir, t'es d'accord ? »
Elle plonge ses grands yeux noirs brillants aux longs cils épais ourlés, les pupilles dilatées, et c'est comme plonger la tête la première dans une mer de regrets et d'espoirs. Ca me tord l'estomac. Je n'avais jamais vu Prisc complètement soule avant sa rupture avec Roger. Un ou deux verres et elle était assez pompette pour sa satisfaction, elle pleurait de rire et me décrivait son mariage prochain avec son Roger. Que j'allais être la demoiselle d'honneur, dans une belle robe rouge vif –parce que « le rouge, c'est TA couleur, ma chérie ! »-, et qu'elle me ferait pleins de mini-Roger dont je serai la marraine. Elle me disait qu'Alain quitterait Adélaïde pour moi parce que les premiers amours restent ancrés dans le cœur jusqu'à la fin des temps. Et j'étais la sceptique, la pessimiste. Celle qui pleurait devant les films à l'eau de rose mais les savait appartenant uniquement à la fiction. Et puis, son Roger l'a déçue et elle a abandonné l'idée de tout Happy Ending et Forever After, et j'ai passé chaque jour qui s'écoulait à espérer qu'elle me reparle du grand amour. Mais, maintenant, il lui faut cinq grammes dans le sang pour ça.
« Y'a des chaises, vous savez, les filles ? rit Florence en s'accroupissant devant nous.
-Florence, on aurait besoin que tu nous rendes un service. »
xOxOxO
J'embrasse Kelly et remercie chaleureusement Florence qui disparaissent du jardin enneigé, plongée dans l'obscurité, en riant toutes les deux, dans un « poup » sonore. Je regarde la grande maison d'Anthony qui a plus des airs de grand hôtel que de foyer familial. Il a invité toute notre année à venir fêter le Nouvel An chez lui, ainsi que la moitié des Septième, Cinquième et Quatrième années. Je ne sais pas trop qui a accepté ou qui lui a préféré d'autres fêtes, comme moi et Prisc qui avions prévu de la passer chez Kelly, ou Sam qui est avec Raphaël, mais j'espère profondément que Roger est quelque part dans cette gigantesque bâtisse. Que Kelly et Flo n'aient pas délaissé la fête pour nous transplaner ici pour rien.
« J'espère qu'il est là ! Prisc s'écrie, semblant avoir lu dans mes pensées.
-Allons le chercher, Prisc, » sourié-je.
On grimpe les marches du perron éclairé et je presse le bouton de la sonnerie tandis que Prisc colle son front à la fenêtre, cherchant sans nul doute la silhouette un peu petite et ronde de Roger. Beaucoup doivent se demander comment une fille avec autant de charme que Prisc peut continuer à attendre pour un garçon comme Roger alors qu'elle pourrait avoir pratiquement qui elle veut. Mais beaucoup se demandaient aussi comment Roger pouvait sortir avec Priscilla Thomas, une fille dont tout le monde se foutait pour ses bourrelets il y a encore à peine plus d'un an. Mais c'est les gens, n'est-ce pas ? Superficiels.
Personne ne vient nous ouvrir, surement à cause du brouhaha intérieur, et j'allais à nouveau tenter la sonnerie mais Prisc revient vers moi et ouvre la porte elle-même. Un grand couloir aux grands tableaux sorciers s'impose devant nous et j'emboite le pas à Prisc, refermant la porte derrière nous. Un couple de garçons s'embrasse à côté d'une haute horloge et ce n'est lorsque il se sépare légèrement pour regarder qui nous sommes, que je reconnais l'ami peu agréable de Keir, Sebastian. Bon, j'imagine que la fête chez Keir a véritablement été annulée.
« Tiens, tiens… Rossi et Thomas.
-Tiens, tiens, t'es gay maint'nant… rétorque Prisc, acide, cherchant son nom avant de lâcher, Machin. »
Il lève les yeux au ciel et j'emmène Prisc jusqu'à la porte ouverte du couloir qui donne sur l'immense salon bondé de gens dont je connais à peine la moitié. Je repère les Triple S près de la stéréo qui jette ses vagues musicales assourdissantes dans la salle, mais aussi Joshua et ses amis, Jennifer, et même Brian, Damodar et Paul. Mais je vois surtout Alain qui est avec des gens de sa promotion de Serdaigle, dont Adélaïde. Mon cœur fait un soubre-saut et j'ai soudain très chaud dans mon manteau.
« Mon Roger est là. »
