Hey lovelies ! :D

Voici la suite des aventures de nos chers Keir et Scarlett ;) On espère qu'elle vous plait toujours autant, pas de review bonne review on va supposer !

Bonne lecture !

Coralie : C'est toujours un plaisir d'avoir ta fidèle review chapitre après chapitre :D Merci ! Pour savoir pour Blanchet je crois que ce chapitre va éclairer la situation :) Comment ça un problème entre Al et Scar ? Mais c'est pourtant notre genre de laisser les gentils mimi petits couples convoler ! (héhéhé). Plein de bisous ma belle !


Chapitre 24


« Ok, donc, qu'est-ce que tu pourrais me dire sur les inféris ?

-Des cadavres dégueu qu'un dérangé du bocal a fait revenir à la vie !

-Oui… on peut dire ça comme ça…

-Relax, ma poule ! rigole Priscilla en me donnant un coup de coude. Tu verrais ta tête ! Je vais pas écrire ça comme ça sur ma copie ! »

Je lève les yeux au ciel avant de les reposer sur mon livre tout en continuant à marcher dans le couloir et en prenant soin de ne pas me télescoper avec un autre élève en sens-inverse, vers notre salle de DCFM où nous attend notre cadeau de Noël groupé de la part de Gendrick, sous la forme de contrôle sur les inféris. Et même si Priscilla et moi avons passé toute une après-midi pendant les vacances à réviser, une petite remise au niveau de dernière minute ne peut pas faire de mal ! J'aurais bien aimé que Sam soit ici pour écouter parce qu'elle est celle de nous trois qui a le plus de mal avec les cours mais elle est sûrement encore dans les bras de Raphaël, quelque part dans Poudlard, attendant la sonnerie pour s'en arracher. Je secoue la tête en souriant, rien qu'à y penser.

« Bon, quoi d'autre ? m'incite Priscilla.

-A qui obéissent-ils ?

-Seulement à leur maitre, aka le dérangé du bocal !

-Tout juste, rié-je.

-Tu crois qu'on pourrait créer une armée d'inféris pour les lâcher sur les Triple-S ?

-Ca m'a l'air un peu complexe, quand même…

-J'suis sûre que ta mère sait faire ! »

Je grimace à cette idée. Ce serait drôle si ce n'était pas si plausible. Priscilla, hilare, me promettait d'en toucher un mot à ma mère la prochaine fois qu'elle la verrait quand une main attrapa doucement mon avant-bras. Je me tourne et tombe avec bonheur sur Alain, sa tignasse brune et son incroyable sourire. Mon visage s'éclaircit comme par réflexe et il se penche vers moi pour que je l'embrasse mais j'aperçois alors Adélaïde, juste derrière, et je me fige. Elle me fait un geste de la main amical et je me force à lui sourire, même si je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux. Je plante une bise sur la joue d'Alain qui me fait le mélange froncement-de-sourcil-sourire.

« Salut, les filles ! claironne Adélaïde. Vous révisiez pour le contrôle ?

-On est des filles comme ça… jusqu'à la dernière seconde ! nous parodie Priscilla en levant le poing.

-Je suis pareille ! Al vient de me forcer à ranger mon bouquin !

-Quelle bande d'intellos, on fait ! plaisante Alain.

-Tss, nan ! fait Prisc. On est juste les futurs maitres du monde ! Avec notre armée d'inféris !

-D'accord, Voldemort, pouffe Adélaïde en nous dépassant, entrainant Alain avec elle. On va vous laisser !

-A tout à l'heure, Scar ! On se voit à la fin de l'heure !

-D'accord ! »

Je referme mon livre en les regardant accélérer devant nous, dans le couloir, tout en plaisantant. Je ne sais pas ce que lui dit Alain qui est si drôle mais Adélaïde se retourne vers lui pour le pousser, taquine. Je soupire en grimaçant, une sale mixture de jalousie et de culpabilité me plombant ma motivation. Alors que je ne sais même pas si Adélaïde est au courant pour notre début de quelque-chose entre Al et moi.

« Tu sors avec Al. »

Je sursaute, comme électrocutée, et me retourne vers Priscilla qui me toise avec une mine accusatrice. Merlin, j'ai complètement oublié que je n'avais rien dit à Prisc, et pas davantage à Sam ou à Blanchet, d'ailleurs. Ça va être ma fête. Je tente un sourire désolé en jouant avec la couverture de mon manuel.

« Je… plus ou moins… je suis désolée, Prisc, j'allais te le dire mais…

-Mais tu voulais pas que je fasse une crise. »

A ma plus grande horreur, son visage se change en un masque triste et je me dépêche de fourrer mon livre dans mon sac en bandoulière pour la prendre par les épaules.

« Mais non, Prisc, c'était pas du tout ça, je….

-Bien sûr que si ! Arrête ! Et je te comprends, j'aurais surement pété un câble parce que je suis ce genre d'emmerdeuse… je t'ai après tout dit de pas sortir avec lui.

-Priscilla, tu veux bien m'écouter deux minutes ? » lui dis-je en souriant. Elle grogne et grommelle mais opine du menton. « J'ai préféré ne rien dire à personne, y'a juste Keir et Moira qui le savent, c'est tout… je sais que j'aurais dû t'en parler mais j'étais tellement angoissée ! Et même maintenant, il y a encore tellement de questions…

-Ouais, ça aussi je l'ai vu sur ton visage, me confie-t-elle avec un sourire en coin. Tu te sens coupable par rapport à Adélaïde et pourtant…

-Et pourtant, je me demande s'il l'aime encore, achevé-je avec un petit rire désabusé. Tu me connais vraiment trop bien.

-Jamais trop, ma poule, jamais trop. »

La sonnerie retentit, nous vrillant les tympans et Prisc lâche une injure. On reprend notre marche vers notre cours de DCFM qui est au bout du couloir. Je lance quelques coups d'œil à Priscilla qui reste silencieuse et je me demande à quoi elle pense. Mais je mettrai ma main au dragon que sa tête est envahie par Roger Noil. Après tout, on s'était dit que ce serait peut-être tout indiqué qu'elle aille lui parler à la rentrée…

« Prisc ?

-Je réfléchis, Scar. Et j'arrive pas à savoir si sortir avec Al est le meilleur ou le pire des plans… »

Je ris et hausse les épaules.

« C'est pas vraiment un plan, à vrai dire. »

xOxOxO

« Mais sincèrement, tu te prends trop la tête, ma pouuuule ! Sincèrement ! »

Assise en tailleur, adossée à ma tête de lit, je fais la moue à Sam qui se lisse les cheveux devant moi tout en m'expliquant avec passion que Alain et moi formons un couple inscrit dans les étoiles, que je m'en fais beaucoup trop parce qu'il n'a jamais aimé que moi –« non, c'est vrai, sincèrement, il est resté avec Adélaïde pendant deux ans par dépit, non, non… sincèrement ! Crois-moi, je le sais ! »- et que ce n'est certainement pas bon pour mon futur bébé Scarlain –« Scarlie, tu comprends pas, c'est très important de donner un nom à son couple, sinon, ce n'est pas bon pour les chakras sentimentaux ! »- de me faire tant de souci sur trois-fois rien. C'est vrai, quoi, je suis juste paranoïaque d'émettre l'hypothèse que mon tout-nouveau-tout-beau petit-ami éprouve encore quelque chose pour son ex parce que, attention, il m'a demandée de sortir avec lui quand on avait douze ans !

D'accord, je suis un brin sur les nerfs.

« Regarde, moi, avec Phiphou ! Je sais qu'il a eu d'autres copines avant moi ! Du style de Bianca, par exemple, mais il m'a dit qu'il avait jamais aimé une fille autant que moi ! Hihihi !

-Flash info, intervient Priscilla, passant la tête à travers la porte de la salle-de-bain. Les mecs disent tous ça !

-Sauf que je sais que c'est vrai ! proclame-t-elle avec force, en brandissant son lisseur en la direction de notre métisse préférée. Je le lis dans ses yeux !

-Désolée, Julietta, je pensais pas que tu savais lire les regards de Roméo… »

Je rigole en posant les mains sur mon shorty de pyjama. Ce qui me fait penser qu'il va peut-être falloir que je songe à me préparer… Mais j'ai eu le malheur de révéler à Sam mes petits tourments et voilà un quart d'heure qu'on est dessus… Je le concède, c'était une erreur d'amorcer une telle conversation de si bon matin.

« N'écoute pas cette tue-l'amour ! Quand elle aura récupéré son Roger, elle sera d'accord avec moi, tu verras ! Al et toi, vous êtes faits l'un pour l'autre ! Faut que t'arrêtes de réfléchir !

-Comment on fait ça ? plaisanté-je à moitié.

-Bah j'sais pas !

-Faudrait déjà qu'elle commence par réfléchir pour savoir comment arrêter ! » nous vient la voix de Priscilla.

xOxOxO

« Alain ?! »

J'attends que Brian et Paul avancent un peu pour pouvoir me dégager un passage et trottine vers Alain qui, adossé contre un mur à côté d'une tapisserie, m'attend dans le couloir, juste devant mon cours d'Histoire de la magie. Il se décolle du mur en souriant et, aux anges, je vais me blottir contre lui et l'embrasse sur la joue. Il a ses yeux gris qui pétillent baissés vers moi et je fonds littéralement.

« Ooooh ! C'est tellement romantiiiiique d'attendre son amoureuse à la fin des cours ! entendis-je s'émerveiller la voix flutée de Sam. Mon Phiphi le fait souvent aussi !

-Oui, on l'avait remarqué, rétorque Prisc. Alors, Preux Chevalier Quinn, à part les amours, comment ça va ? »

Je me retourne délicatement dans les bras d'Alain qui installe son bras autour de mes épaules et lance un coup d'œil de reproche à Priscilla qui se tient là, les bras croisés, avec un air amusé. Si elle continue, elle va le faire fuir ! Mais Alain a un petit rire, ce qui me fait penser qu'il n'est pas trop gêné par l'humour de Prisc. Je remarque alors Brian et Paul, un peu plus loin dans le couloir derrière les filles, et croise le regard de Brian avant qu'il ne me fusille des yeux et emmène Paul avec lui. Je fronce les sourcils avec agacement. S'il essaye de me faire culpabiliser alors qu'il a été celui à ne rien vouloir comprendre, il peut continuer parce que le plus injuste des deux, entre lui et moi, c'est encore lui.

« Flitwick nous a lâché dix minutes en avance, alors je me suis dit que je pouvais bien faire un détour…, explique Al avec un haussement des épaules. Et sinon, bah tout va bien, et vous, les filles ?

-Oh bah carrément ! On a la pêche ! Surtout que je viens d'avoir un A en Histoire et que c'était vraiment un contrôle super dur ! raconte Sam. Je ne sais pas si Binns vous l'a déjà faire faire, c'est sur…

-La quarante-cinq-mille-et-unième révolte des goblins, lâche Priscilla distraitement, en regardant quelque chose par-dessus son épaule. Bon, je vous laisse, mes chéris, j'ai un truc à faire…

-Quoi ? s'écrie Sam. Qu'est-ce que tu vas faire ? Parce que si… »

Mais Priscilla ne l'écoute pas une seconde de plus et est déjà partie à la rencontre de Roger qui venait de sortir de la salle, à son tour. J'ignore ce qu'elle lui dit mais un mélange d'appréhension et d'espoir s'affiche sur le visage de son ex-petit-ami, et ils s'éloignent dans le couloir ensemble.

« Nooooon ?! fait Sam avec de grands yeux. C'est ça le truc qu'elle doit faire ?! Parler à Roger ? J'y crois pas, c'est trop génial ! T'as vu ça, Scar ?! »

J'acquiesce en les regardant disparaitre au bout du couloir. Le problème c'est qu'à ce stade-là, c'est soit un miracle, soit une catastrophe… Alain resserre son étreinte autour de mes épaules et je me rends compte que je dois faire une drôle de tête. Je lève le menton vers lui et il m'offre un sourire rassurant.

« T'inquiète pas pour Prisc, c'est une guerrière.

-Un peu beaucoup trop, même ! rit Sam. Parfois, c'est limite une catcheuse ! »

On rigole en partant à l'opposé, en direction de la Grande Salle, et je prends Alain par la main.

« Je suis contente que tu sois venu, lui confié-je en souriant.

-Bon à savoir ! »

Je ne souris que plus largement avant de l'embrasser sur les lèvres, cette fois-ci, posant ma main sur sa joue.

« J'ai trop hâte que vous me fassiez un bébé ! s'enflamme alors Sam. Je pourrais être la marraine ? Diiiites, s'il-vous-plait ! J'sais que ya aussi Prisc mais comme vous allez en faire plein, elle pourra avoir le deuxième… quoique, à choisir, je veux être la marraine d'une petite fille, alors ce qu'on va faire, c'est que vous en faites plusieurs et après, je choisis ?

-Donc, ce que tu proposes, en fait, c'est qu'on s'y prenne tout de suite, c'est ça ? traduit Alain.

-Bah c'est une idée ! Mais tu me diras, Scar, parce qu'il faut qu'on soit synchro ! Comme ça, nos enfants auront le même âge, c'est plus pratique !

-D'accord, Sam, accepté-je. Je te préviendrai…

-Oui, commencez pas avant de me le dire ! »

Et j'avais réussi à me retenir de rougir jusqu'à ce que je croise le regard d'Alain et son sourire malicieux, et bien sûr, en une seconde…

Ne pas parler de bébé avec Samantha Cavignac en présence d'Alain, ça peut très vite devenir gênant.

xOxOxO

Je luttais contre le couvercle de la confiture de mûre, l'esprit pas très bien réveillé, quand Blanchet prit place sur la chaise juste à ma droite. Je souris à ma sœur, appréciant la compagnie puisque Sam est allée s'assoir avec Raphaël et que Priscilla est un peu plus loin, avec Roger. Au départ, ce n'était que pour aller le saluer mais vu les éclats de rire de leur côté de la table, je ne pense pas la voir revenir de si tôt. Elle n'est pas vraiment entrée dans les détails, hier soir, quand elle est revenue largement après le couvre-feu mais, à en juger par le sourire qui lui dévorait le visage, je pense ne pas trop me risquer en espérant de grosses améliorations.

« Te casse pas, j'aime pas la mûre, sœurette, tu le sais, » me rappelle Blanchet en me piquant le pot de confiture de fraise qui jouait son difficile. Elle se saisit de la confiture de fraise, l'ouvre d'un coup de baguette et me le colle dans les mains. « Là, vas-y, tartine. Fais-moi en une ENORME !

-Blanche…, protesté-je en faisant la moue.

-Tartine ! Je suis pas d'humeur là ! »

Et en effet, elle a sa tête des mauvais jours. Et, chose que j'ai appris au cours des années, c'est que la mauvaise humeur de Blanchet Rossi surpasse de beaucoup en intensité la mienne. Alors, réveillée ou pas, j'accepte de plus ou moins bon gré de lui préparer sa tartine.

« Karim…, commence-t-elle en crachant presque le prénom. Il me soule, je vais le tèj.

-Qu'est-ce qu'il a fait ? m'alarmé-je.

-Il m'a pas trompé comme son enculé de cousin, si c'est ce que t'imagines ! Merlin, Scar ! fait-elle comme si je venais de l'insulter de grosse vache irlandaise. Il est juste pire qu'un bébé hippogriffe, toujours là à me coller aux basques, à me faire chier pour un oui ou pour un non… Limite, j'peux pas aller pisser tranquille ! Attends, il est même là à m'attendre un cours sur deux ! T'y crois, toi ? Quel naze ! »

J'avale de travers mon chocolat chaud que je m'étais bêtement mise à boire, sachant qu'il y avait toutes les chances pour que ma grande sœur dise quelque chose qui me provoque une attaque. Elle me regarde, désobligeante.

« Qu'est-ce qui t'arrive ?

-Rien, c'est juste que… je trouve pas ça naze d'attendre sa petite-amie à la fin des cours, c'est même mignon…

-Ok, ça va, je parlais pas de ton Alain, sœurette, fait-elle en levant les yeux au ciel et me regarde rajouter une couche de confiture sur sa tartine. Prends pas la mouche comme ça ! Hou là, doucement sur la confiture, tu veux que j'aie de la cellulite ? C'est pas beau de se venger sur les cuisses d'une fille !

-Je me le permettrais jamais ! rié-je en lui tendant sa tartine finie.

-Merci, sale garce. »

Amusée, je l'observe croquer avec appétit dans sa toute nouvelle acquisition et prends le risque de boire à nouveau mon chocolat chaud. Avec étonnement, je remarque son visage se durcir tandis qu'elle fixe quelque chose par-dessus mon épaule. Je me tourne vers les portes et vois Keir entrer avec Raphaël.

« Qu'est-ce qu'il y a ? m'inquiété-je. Ca ne va pas avec Keir ?

-Comment ça pourrait aller un seul jour avec ce trou du cul ?! T'en as des bonnes ce matin, petite sœur ! »

Après avoir suivi du regard Keir qui ne nous en accorde pas un, je me retourne vers Blanchet qui fulmine en se vengeant à pleine dents sur sa pauvre tartine.

« Il t'a fait quelque chose ?

-A part me prendre pour une conne, tu veux dire ?

-Comment ça… ? Je ne comprends pas… »

Elle me fixe longuement du regard et je vois tout un tas d'émotion dans ses yeux noirs. La colère, la frustration, l'indécision, le regret, la tristesse. Je préfère ne rien dire, de peur de mettre le feu aux poudres. Elle finit par détourner le regard et sa queue de cheval brune se balance, balayant ses épaules. Elle attrape une autre tartine et la pose dans mon assiette. Je comprends le message et reprends mon activité de tartinage à la confiture de fraise.

« Moi, si, je comprends, me dit-elle. Depuis le début, je le savais, je savais exactement… » elle s'interrompt et soupire, se tourne pour me regarder. Je cesse de tartiner et essaye de deviner où elle veut en venir, me rendant compte que c'est déjà assez dur pour elle d'aborder le sujet. « J'étais qu'un défi pour lui, je le sais. Merlin, tout Poudlard le sait, putain ! Mais, avant, quand il était un petit emmerdeur qui me pourrissait la vie, c'était plus facile.

-C'est…, hésité-je. C'est pas une bonne chose qu'il ait changé ?

-Changé ? rit-elle, jaune. Scarlett, personne change. Tout ça, c'était qu'un jeu. Dès qu'il a vu que je commençais à l'apprécier, c'était plus assez excitant. Tu vas voir qu'il va vite se trouver un nouveau jouet. »

Mon cœur est serré, prêt à se ratatiner sur lui-même, rien qu'à entendre l'amertume qui étouffe chacun de ses mots. Je sais qu'elle n'a toujours pas réellement fait le deuil de toute la déception que lui a offert Joshua sur un plateau de mensonge et de trahison. Il n'y a certainement qu'Ailein qui est assez proche d'elle pour savoir que ma sœur est plus fragile qu'elle en donne l'impression, qu'elle veut juste un garçon qui l'aime de façon exclusive, passionnée, dévouée et sincère. Au fond, je suis persuadée qu'une partie d'elle espérait qu'elle pouvait réellement être une fille qu'on poursuive envers et contre tout, et qu'on aime inconditionnellement. Pour qui on se batte. Comme Keir. Elle peut se trouver aussi idiote et naïve qu'elle veut, moi, je sais qu'elle est cette fille. Pas juste un jouet pour tromper l'ennui. Je sais que jamais Keir ne lui aurait fait ça ! Je sais que c'était sa façon d'attirer son attention, et peut-être que l'ignorer d'un coup, c'est une autre façon de garder son attention. Je ne sais pas, je ne suis pas Dumbledore, je ne suis pas omnisciente mais, bon sang, je ne suis pas non plus un troll ! Je sais que Keir était sincère dans tous ses mauvais coups, dans tous ses emportements.

« T'as rien à dire ? me demande-t-elle, piquante. Une excuse pour pardonner son comportement ? Pour défendre ton graaaand ami Keir MacConnard ? Ca m'étonne de toi !

-Tu voudrais ? répliqué-je gentiment. Parce que je pense que t'aimerais bien que je te donne une bonne raison pour justifier son comportement. »

Elle fait une telle tête que j'ai l'impression de l'avoir giflé. Une fois de plus, elle détourne le regard et redresse ses épaules avec rigidité. Elle se sertre un verre de jus de citrouille et reprend :

« Tout ça pour dire que je vais larguer Karim. »

Dit comme ça, on dirait presque que tout est lié.