Chapitre 28 :
Avec l'approche de la Saint-Valentin, l'intérêt autour du triangle amoureux bien tordu dans lequel je me suis retrouvée piégée n'a fait que s'amplifier. Toute la semaine, j'ai entendu des prédictions en tout genre. Toutes les éventualités de scénarii ont été passées en revue ; Alain allait acheter un cadeau à Adélaïde et à moi, ou seulement à Adélaïde plutôt qu'à moi ; ou alors, il se sentirait obligé à m'en acheter un parce qu'après tout, le préfet des Serdaigle était adorable, et il avait sans doute un peu de pitié pour moi ; il me larguerait pile aujourd'hui, se rendant compte que nous sommes à peine un couple, et retournerait plonger dans les bras de son ex.
Je soupire et baisse les yeux sur mon lit où reposent le t-shirt et le paquet de chocolats que je lui ai acheté à notre dernière sortie à pré-au-lard. Ça fait quasiment un peu plus de deux mois que nous sommes ensemble alors, ça a été un véritable dilem de savoir s'il fallait que je lui offre quelque chose. Sam et Prisc m'ont convaincu que ça ne pouvait pas faire de mal, et j'avais moi-même envie de lui faire plaisir, mais j'ai tellement peur que ça le fasse fuir. S'il ne m'a rien acheté et qu'il panique en me voyant sortir un cadeau emballé devant lui ? On n'en a pas parlé, et ça y est, ce matin, nous sommes le 14 février, et je ne sais toujours pas quoi avec ce t-shirt et ces chocolats.
"Eh, arrête de te ronger les sangs ! arrive Prisc derrière moi en se parfumant -elle me gratifie de deux petits pitchs, Ah, voilà, en sentant si délicieusement bon, Al va te sauter dessus pour te dévorer ! Plus qu'un p'tit coup de rouge-à-lèvre rubis bien glam et ce sera bon ! Allez, viens !"
Elle m'attrape la main et je la suis dans la salle-de-bain pour me poser devant le miroir où Sam se trouve déjà. Elle se boucle ses cheveux rouges pour l'occasion et ça lui va vraiment bien. Prisc farfouille dans sa trousse de maquillage pour trouver la parfaite teinte de rouge à lèvre, et j'en profite pour lui demander à nouveau :
"T'es sûre que ça ne va pas lui faire peur ? J'aurais peut-être pas dû lui acheter le t-shirt... je ne sais même pas si c'est vraiment sa taille ! Et s'il ne lui plait pas ? m'inquiété-je.
-Il peut le retourner en magasin ! me rappelle Prisc en dégainant enfin un rouge très vif sur lequel je pointe mon regard froncé.
-Non, c'est trop rouge !
-Ca va parfaitement t'aller ! Et si Al ne pige pas que c'est un signal pour te plaquer contre le mur et t'embrasser, et accepter tes putains de cadeaux, ben crois-moi qu'il a reçu un sort pour le lobotomiser ! Tu veux que je te le mette ?"
Avec un énième soupir, j'attrape le bâton de rouge et le débouchonne avant de me pencher vers le miroir pour m'en appliquer une couche. Quand c'est fait, j'ai l'impression qu'on voit que ça et j'allais protester mais Sam s'exclame avec ravissement :'
"Ohhhh, t'es trop belle, Scarlie ! Tu devrais t'en mettre tous les jours !
-Ah, merci, Sammy ! se réjouit Prisc avec satisfaction. Et arrête de t'inquiéter ! Si tu vois qu'il ne t'offre rien, et bien, tu lui offres pas tes cadeaux et c'est tout ! Il n'en saura jamais rien ! Tu les offriras à Brian !
-Très drôle, remarqué-je avec ironie.
-Je sais ! Allez, relax, ma chérie, c'est juste la Saint-Valentin, rien de très spécial..."
xOxOxOxO
"Je n'arrive pas à croire qu'il ait fait ça ! Ce mec est FOU ! s'exclame Pirscilla encore excitée par notre petit-déjeuner spécial Saint-Valentin, Quand j'te disais que les métisses étaient les meilleurs ! En plus d'être canonnissimement caliente, on sait vendre du rêve à nos chéris !
-J'avoue ! rié-je, il va falloir que vous nous donniez des cours !
-T'inquiète pas, les italiennes aussi ont le sang chaud !
-Molto calore !" plaisanté-je en faisant mine de m'éventer.
Prisc éclate d'un grand rire qui se réverbère dans le couloir dans lequel nous avançons. On vient de finir notre petit-déjeuner que Raphaël est venu interrompre en toutes pompes. Habillé d'un costard flambant neuf, il est venu faire pleuvoir une averse magique de pétales de roses rouges sur la tête émerveillée de Sam avant de l'embrasser passionément devant toute la Grande Salle et les professeurs qui ont vite fait de freiner leurs ardeurs, en les collant tout deux ce week-end pour usage de magie illicite et certainement atteinte à la pudeur. Mais c'était tellement romantique ! Prisc et moi arrivons difficilement à nous en remettre !
"Scarlett ! Scarlett !"
Je me retourne et découvre Brian qui accoure vers moi. Je m'arrête, plus qu'étonnée de le voir m'approcher alors qu'il a passé ces derniers mois à me fusiller du regard sans m'adresser la parole. Il me dit aussitôt qu'il veut me parler et m'entraine un peu plus loin. Je lance un regard à Priscilla qui nous observe avec curiosité.
"Oh hey Brian, comment tu..."
Mais d'un coup de baguette, il fait apparaitre un grand bouquet de roses de toutes les teintes de rosées et d'orangées. Abasourdie, je recule d'un pas face à cette apparition.
"Joyeux Saint-Valentin, me souhaite-t-il avant de rire, c'est juste des fleurs, détends-toi, ma belle !
-Fa-...fallait pas, enfin, je veux dire, c'était pas la peine...," bégayé-je, décontenancée.
Il me tend les fleurs et je les prends, ne sachant pas quoi faire d'autre. Elles sont magnifiques et sentent divinement bons, mais je ne sais pas comment réagir. Les quelques élèves qui passent à côté de nous ont tous leurs regards intéressés braqués sur le bouquet et... Merlin, si seulement je pouvais le cacher dans ma sacoche !
"Je sais que t'es encore avec Quinn mais... enfin, bon..."
Mais c'est pas comme si ça allait durer, compris-je aussitôt le fond de ses pensées. Avec tous ces bruits au sujet d'Alain, Adélaïde et moi, ça ne m'étonne pas que tout le monde anticipe notre rupture prochaine. Je baisse les yeux sur le bouquet entre mes mains et essaye de cacher mes émotions.
"On se revoit en cours," me dit-il avec un sourire charmeur.
Et je me retrouve à hocher mécaniquement la tête en le voyant partir, les mains dans les poches. Aussitôt, Prisc est à mes côtés, encore plus excitée qu'elle l'était quand je l'ai laissée.
"Oh MERLIN ! Elles sont à tomber !
-Qu'est-ce que j'en fais ?! m'exclamé-je, un peu paniquée soudainement. Il faut que j'aille les mettre dans notre dortoir !
-Ouais, bonne idée ! dit-elle en se mettant à marcher en direction de notre dortoir et je la suis. Tu veux que je les tienne, ma poule ?"
Elle comprend sans doute que je suis gênée par les regards qui se portent sur mes fleurs et j'hésite un moment, ne voulant pas que les rumeurs la prennent pour cible, mais elle m'assure que ça lui ferait bien plaisir qu'on apprenne à Roger qu'elle a reçu des fleurs par quelqu'un d'autre.
"Ca fera pas de mal qu'il soit un peu jaloux !
-T'es cruelle, commenté-je en souriant.
-N'empêche que tu dois bien avouer que c'était chou de t'offrir des fleurs, Brian lâche pas l'affaire !
-Je ne me rappelle pas que tu disais ça quand c'était Keir qui continuait à courir après Blanchet alors qu'elle était en couple !
-Bon... ok, j'avoue, c'était romantique ! fait-elle en rigolant. Keir est un chieur mais il est romantique !"
xOxOxOxO
"Alors, Rossi, t'as kiffé les fleurs ?"
Je lance un regard de travers à Fanny qui a glissé insidieusement sa pique en passant dans l'allée mais je reporte bien vite mon attention sur le chaudron qui boue sur notre table. Evidemment, bien assez de monde sont déjà au courant pour le cadeau de Brian et je n'arrive pas à croire que ce soit si intéressant pour qu'ils en parlent. Leurs vies doivent être bien ennuyantes.
Ayant oublié momentannément quel ingrédient il fallait que je découpe pour rajouter à notre confection, je retourne à mon livre et essaye de me concentrer sur la recette.
"Alain t'a offert des fleurs ? me demande Adélaïde.
-Non."
J'hésite un peu à m'étendre sur la question mais elle me regarde comme si ça l'intéressait vraiment, et je ne veux pas la vexer en parraissant froide. Le sujet ne m'enchante pas particulièrement mais autant que ce soit moi qui en parle plutôt que les autres. Alors, je pousse un soupir et précise :
"C'est Brian qui m'en a offert.
-Oh, je vois, répond-elle en riant avant de deviner, moment gênant.
-On peut dire ça, oui !
-Faut pas que tu les écoutes, en tout cas, me dit-elle, je sais ce qu'ils disent sur toi mais c'est n'importe quoi, c'est juste une bande d'abrutis qui n'ont rien de mieux à faire que de brasser de l'air. Al et toi formez un très joli couple !"
Je ne sais pas quoi répondre alors je me contente de lui sourire, touchée et soulagée qu'elle ne partage pas l'avis populaire. J'avais bien du mal à l'imaginer participer au lynchage que je subis mais l'entendre le confirmer me délivre d'un peu du poids qui pèse dans mon ventre. Je lance un petit coup d'oeil à Al qui, un peu plus loin dans la salle, est penché sur son chaudron. Je l'ai à peine vu aujourd'hui, tout le monde est si agité et les secondes filent à une vitesse déconcertante. On a à peine passé quelques minutes ensemble entre les cours. Je pense aux cadeaux enrubannées au fond de mon sac, me demandant si c'est une si bonne idée de les lui offrir. Pourquoi est-ce que tout ça est si compliqué ?
"T'inquiète, Brian, entendis-une Serdaigle lancer à la table devant nous, tu vas bientôt pouvoir pécho ! Je la sens chaude !"
Le Serdaigle me regarde tout spécifiquement et je serre la mâchoire avant d'inspirer lentement et de rabaisser les yeux sur mon livre.
C'est à cause d'eux, d'eux tous, si tout est si compliqué.
xOxOxO
Quand Alain m'attend à la fin du cours, il a les mains dans les poches et fixe le bout de ses chaussures. Je n'ai pas besoin de voir son visage en entier pour savoir qu'il rumine quelque chose, et je sais, au fond de moi, je sais que c'est à cause de moi. Une énorme boule de culpabilité grandit dans mon ventre et je souris à Adélaïde quand elle me souhaite bon courage. Après avoir été plus de deux ans sa copine, elle doit sentir bien mieux que moi ses humeurs noires.
Je m'approche de lui, obsédée par une terrible envie de m'excuser dés que j'ouvre la bouche mais je n'ai aucune idée de comment lui expliquer pourquoi on s'intéresse à nous comme ça. Je ne sais même pas ce qu'il a pu entendre. A chaque fois que j'entends mon nom prononcé par une voix à peine connue, l'histoire est différente. Une fois c'est lui qui me trompe, la suivante c'est moi.
"Hey...," lui dis-je.
Il lève les yeux sur moi et se redresse un peu, mais le sourire qu'il me lance est une bien pauvre réplique de celui auquel j'ai droit, d'habitude. Mes deux mains se cirspent sur la sangle de ma sacoche et je cherche quoi lui dire pour apaiser la tension. Il faudrait sans doute que je lui parle, que je lui demande ce qu'il ressent encore pour Adélaïde, pourquoi il est avec moi, mais ça me parait si égoïste. J'ai voulu tenter ma chance seulement quelques mois après sa rupture avec elle, je ne pouvais pas décemment m'attendre à une relation normale, et le mettre au pied du mur est... ce serait vraiment égoïste et je ne peux pas me résoudre à faire ça.
"J'ai quelque chose pour toi, m'apprend-il avant de sortir un paquet de son sac, Joyeuse Saint-Valentin, Scar.
-Oh ! Merci, répondis-je en le prenant dans mes mains, un peu surprise.
-Tu me remercieras une fois que tu l'auras ouvert, j'espère que ça va te plaire."
Je le fixe un moment, frigorifiée par son ton neutre, mais je prends sur moi et commence à déballer le paquet, mais il profite certainement du fait que je ne le regarde plus pour me demander bizarrement si c'est le premier cadeau que je reçois.
"Genre, jsais pas..., fait-il, des fleurs, peut-être ? Beaucoup de filles reçoivent des fleurs aujourd'hui alors, je sais pas, peut-être que...
-On te l'a dit, deviné-je. On t'a dit que Brian m'avait offert des fleurs.
-Toute la journée."
J'acquiesce, comprenant mieux son attitude. Je ne demande même pas qui lui en a parlé, je ne dois pas connaître la moitié des concernés. Que peuvent-ils en tirer, je l'ignore complètement mais l'objectif était certainement de me faire passer pour une fille adepte des double-jeux. Au moins, maintenant, Alain a une raison tout à fait légitime de me larguer, et il pourra leur faire à tous le plaisir de retourner avec Adélaïde. Et à nouveau cette affreuse sensation de brûlure rampe dans ma gorge, annonçant des pleurs prochains mais, heureusement, je sais me contrôler.
"Il me les a offertes, ce matin, lui expliqué-je, et... il est parti aussitôt.
-D'accord, d'accord, répond-il en soufflant et en s'approchant enfin de moi, je te fais confiance, de toute façon ! Désolé, je suis con, je t'ai interrompue alors que tu ouvrais mon cadeau, vas-y, ouvre-le !"
Je force un sourire, et je me félicite d'être si douée à ça, surtout ces derniers jours. Je finis d'ouvrir le paquet et en ressors un superbe foulard écru aux minuscules motifs d'hirondelles bleu marine, et je me mets en rire quand j'y trouve aussi une boite de chocolat.
"Je t'ai aussi acheté des chocolats, lui confié-je, c'est vraiment cliché, désolée, j'aurais dû penser à quelque chose de plus original...
-Rien de mal à être un peu cliché ! s'exclame-t-il, aussitôt de meilleure humeur, avant de m'embrasser et de reprendre, le foulard te plait ? C'était dur à choisir, il y avait beaucoup de choix !
-Il est super joli," lui assuré-je.
Il le prend de mes mains et me l'entoure lui-même autour de mon cou, dégageant mes cheveux, une fois fait, puis il dépose un second baiser sur ma bouche. Il est vraiment le garçon parfait. Beau, gentil et tellement attentionné, c'en est presque douloureux.
"Bon, fais-je en ouvrant ma sacoche, à mon tour, maintenant !"
xOxOxO
"Je vais vraiment finir par buter cette pute de Baxton !"
Blanchet vient s'assoir juste à côté de moi pour le repas du soir et la rage irradie de tous ses pores. Les gens autour de nous évitent de la regarder, ayant peur qu'elle se défoule sur eux, et elle pique un morceau de pain d'une petite à côté de moi, sans qu'elle ne pipe une protestation. Je souris, désolée, à la fillette et pioche un morceau de pain moi-même pour le lui donner. Ni Prisc, ni Sam ne sont avec moi. Prisc est certainement avec Roger qui lui a demandé de la suivre dans une salle de cours vide, de laquelle ils ne sont toujours pas ressorti, et Sam est allée manger avec Raphaël. Alain m'a proposée de manger avec lui à la table des Serdaigle mais j'ai refusé, craignant bien trop que les autres élèves de Serdaigle se mettent à parler sur nous et qu'il les entende. Visiblement, ils ne disent rien autour d'Alain, mais si je suis là, je doute beaucoup qu'ils se taisent bien longtemps.
"Jennifer ? m'enquis-je en retournant vers ma sœur. Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Elle m'a collée ! Visiblement, ça lui suffit pas de s'être tapé mon mec, et d'avoir fait renvoyer Keir !
-Pourquoi t'a-t-elle collée ? m'étonné-je.
-J'ai giflé une meuf. Deux fois. Et bien sûr, cette sale fouine m'a vue !
-T'as giflé quelqu'un ?!
-Je ne sais pas si t'es au courant, mais ça fait des jours qu'on bave sur toi ! Cette fille a tenu à venir me raconter comme quoi tu étais si jalouse de l'ex d'Al que t'as couché avec le blond, là, qui te drague... Selon elle, Al est toujours à fond sur Adélaïde et tu le supportes pas.
-Ah."
Je retourne à mon plat de riz et à ma cuisse de poulet.
"Al est au courant de tout ça ? me demande Blanchet.
-Au courant de quoi ?
-De toutes les rumeurs qui circulent sur toi à cause de lui ?
-Ce n'est pas à cause de lui, m'agacé-je, et non, il n'est pas au courant.
-Pourquoi tu lui dis pas ?
-Si ce ne sont que des rumeurs, ça ne sert à rien qu'il le sache, répondis-je, et si c'est la vérité, alors, ce sera juste pire.
-Je pense vraiment pas que Al ressente encore quoique ce soit pour son ex, Scar, mais si c'est le cas, alors t'es en droit de le savoir ! Tu ne vas quand même pas le laisser se servir de toi ?!
-Les gens finiront par passer à autre chose.
-Les gens ne sont pas le problème."
Mon appétit est complètement inexistant mais je me force à avaler quelques grains de riz que j'innonde en buvant un grand verre d'eau. Je suis juste pressée que tout le monde arrête de parler de ça.
"Tu as reçu quelque chose pour la Saint-Valentin ? dévié-je alors le sujet.
-Des fleurs et des chocolats par-ci, par-là, mais rien de sensas, m'autorise-t-elle à parler d'autre chose.
-Keir t'a envoyé quelque chose ?"
Elle ne dit rien et la mâchoire serrée, elle se serre un verre d'eau gazeuse.
"Que dal. On dirait bien que le jeu est fini.
-Blanche... ce n'était pas un jeu...
-Quoi d'autre ? Quand je lui laisse une chance et me dis qu'il est finalement peut-être pas juste un connard qui m'a prise pour son prochain défi, il me zappe complètement et va plutôt s'amuser avec sa grosse pouffiasse de blondasse !
-Ah, Lilian ?
-Lilian, ouais, lâche-t-elle en levant les yeux au plafond, cette pouffe. Elle doit se prendre pour une tigresse, la dernière fois que j'ai parlé à Keir, elle m'a agressée comme si elle était sa meuf.
-Elle ne l'est pas, lui assuré-je, du moins, pas que je sache."
Ma sœur me regarde de ses yeux noirs perçants puis hausse les épaules.
"Ouais, je m'en fous, de toute façon."
