Re-coucou tout le monde !
Alors, comme promis, le chapitre suivant ! Les autres devraient également arriver vite, on ne va pas tous les publier le même jour parce que c'est quand même du boulot mais on va faire ça rapidement :).
Merci pour ta magnifique review, Lo, ça fait immensément plaisir de savoir que tu apprécies toujours autant nos histoires et merci d'avoir laissé ton petit mot :) Elles seront toujours là quand tu auras un petit coup de mou -et bientôt, elles seront même terminées ahah. Pleins de bisous.
Chapitre 31
« T'as une de ses tronches, lâche Seb. On dirait que t'es passé sous le magicobus.
-Tu veux un anti-gueule de bois ? propose Raph.
-Déjà pris... »
Mon cerveau cherche désespérément à sortir de ma boite crânienne, cognant avec insistance contre elle. La lumière me perce les yeux et le moindre mouvement de mes cheveux me donne envie de serrer les dents de douleur. Affalé sur le banc de la Grande Salle, j'attends impatiemment que cette fichue potion fasse effet.
« C'est vrai ce qu'on raconte ?! jaillit Lilian.
-Qu'est ce qu'on raconte ? s'étonne Raph.
-Que Blanchet et lui se sont pelotés à la bibliothèque, répond Seb.
-Qu'elle lui a littéralement sauté dessus, corrige Lil' avec colère, pour qui elle se prend cette pouffe ?! Je vais lui arracher les yeux !
-C'est p'têtre un peu excessif ! fait prudemment Raphaël.
-Oh toi hein ! aboie-t-elle, t'es bien placé pour me donner ce genre de conseils !
-Hé ! Calme-toi ! riposte Sébastien, j'ai pas besoin qu'on me hurle dans les oreilles de bon matin. »
Je lève le pouce d'approbation, la tête résolument plongée dans mes bras.
« De toutes façons, j'te rappelle que tout le monde sait qu'il l'a jeté.
-JETE ?! s'exclame Raphaël, nooon c'est sérieux ?!
-T'es vraiment toujours le dernier au courant, ricane Sebastien. »
Au moins dans l'affaire, je ne perds pas la face. Je ne suis pas tombé dans le panneau. Lilian pose sa main sur mon épaule, je pousse un grognement. Qu'on me laisse cuver en paix par les couilles de Merlin ! Elle décide néanmoins de s'assoir à côté de moi et de me laisser entendre qu'elle est désolée pour moi, qu'elle trouve que c'est dégueulasse qu'on puisse me faire ça pour se venger. Je relève la tête, et crache avec colère.
« La ferme.
-Je comprends, t'es furieux, hoche-t-elle la tête, mais...
-Une bonne chose de fait ! Nous interrompt Greg discutant avec Moira, j'ai bien fait ! Il devait savoir !
-Mais ce n'était pas à toi de le lui dire, réprouve Moira, mais à elle.
-Scarlett aurait jamais demandé à Alain s'il allait rompre avec elle !
-C'quoi c'thistoire ? marmonné-je.
-Des rumeurs, explique Moy, qui étaient vraiment...
-Qui crachait sur Scar, et son couple, coupe Greg. Et à cause d'elles ça a bien failli exploser ! »
Je relève la tête. Fronçant les sourcils. Exploser ? Exploser tous mes efforts ? Réduire en bouillie mon œuvre ? Je me redresse brusquement, avalant un morceau de pain, et enjambe le banc. Je vais te retrouver l'enfoiré qui sabote mes efforts et le réduire en charpie. Lui faire bouffer sa langue, le pendre par les pieds et le faire cracher des excuses. L'exterminer.
« Keir ! Hé mais où tu vas ? »
OoOo
« Je... je... je suis dé.. dé...désolée...
-Pardon ? J'ai pas bien entendu... tendis-je l'oreille.
-JE SUIS DESOLEE !
-Ah ben tu vois, tout de suite c'est mieux ! ricané-je en jouant avec ma baguette. »
Amanda Denisson, une copine d'Adélaïde, chiale toutes les larmes de son corps, les cheveux plaqués sur ses joues moites et la tête en bas, à dix pieds du sol. Elle tente de remettre sa jupe en place pour cacher sa culotte. Adossé au mur je la regarde sangloter comme une pauvre p'tite victime.
« Et pourquoi t'es désolée hein ?
-J'aurais... j'aurais pas dû dire que Scarlett et Alain allaient rompre, et qu'elle était une pauvre... une pauvre fille !
-Tu vois quand tu veux ! Tu sais être raisonnable !
-S'il... s'il te plaît, laisse-moi... laisse-moi descendre... supplie-t-elle
-Huuuum... Non, craché-je. J'pense que tout le monde a hâte de voir que tu portes des culottes Pucca.
-Keir ! Bordel mais qu'est-ce que tu fiches ?! »
Je tourne mon regard sur Al qui déboule à grandes enjambées. Tiens la classe est sortie en avance du cours de Sortilèges. Les élèves lèvent les yeux sur les fesses d'Amanda qui gémit comme une fouine tandis que les rires et les regards se retournent contre elle. Sardonique, j'admire mon œuvre avant de lever les yeux au ciel devant sa mine de préfet outré et complètement dépassé par la situation. Typique.
« On s'amuse gentiment ça se voit pas ?
-Fais la redescendre ! m'ordonne-t-il. Et t'as deux heures de retenue !
-Mon vieux tu vas pas m'coller alors que j'défends ton honneur ? m'offusqué-je. Très bien, c'est toi qui vois ! »
Amanda touche presque le sol quand je relâche le sort et qu'elle tombe brutalement sur le ventre. Alain me lance un regard nullement dupe, j'hausse les épaules. Avant de me pencher sur cette p'tite conne qui essuie son visage et rabaisse sa jupe en reniflant. Vissant mon regard dans le sien humide pour lui dire d'une voix dure.
« Et fais passer le mot à tes p'tits copains.
-Je... j'irais le dire ! Tu... tu te ferais renvoyer pour de bon !
-Mais ma grosse, sifflé-je avec un sourire, j'attends que ça.
-Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête ! marmonne Al.
-Mon vieux, c'est ce qu'ils s demandent tous. »
OoO
« Alooors qu'est-ce que vous faites de beau les tourteaux ? »
Scar pique un fard brutal tandis, à ma plus grande satisfaction. Les bras posés sur chacune de leurs épaules je me penche sur le sujet de toutes leurs attention. Une dissertation sur l'histoire d'une énième guerre de Gobelins. Comme c'est touchant... Et totalement pitoyable.
« Mec, tu crains, elle va te larguer si tu pense que la guerre du treizième siècle c'est un truc romantique ! Franchement tu m'déçois, j'croyais t'avoir mieux éduqué ! m'apitoyé-je sur son épaule, Scar, va falloir que tu fasses quelque chose !
-Dis Keir... J'ai entendu dire pour Amanda, commence-t-elle avec hésitation.
-Noon pas de ça avec moi ma p'tite, ton copain m'a déjà remercié en me collant jusqu'à la fin de la semaine ! lancé-je un regard faussement blessé dans sa direction.
-Quoi ? Il aurait fallu que j'applaudisse ?
-C'était le minimum !
-Jamais tu t'arrêtes, s'esclaffe-t-il.
-Hé Keir, on peut se parler ? »
Je lève les yeux lentement sûr de trouver Blanchet devant la table. Elle a les bras croisés et un air décidé et presque agacé plaqué sur son visage. Je la dévisage, j'aimerais la détester, la faire payer. Lui dire d'aller se faire foutre. Je serre la mâchoire, retenant la réplique cinglante. Et croise le regard insistant de Scarlett. Je pousse un soupir avant de lâcher du bout des lèvres :
« S'tu veux. »
Je lui emboite le pas, laissant mes yeux suivre le mouvement de ses cheveux alors qu'elle m'entraîne hors de la bibliothèque. Une fois dans le couloir elle se retourne sur moi et je m'adosse contre le mur, prêt à la voir cracher son venin. J'préfère autant qu'elle m'insulte en face plutôt qu'elle participe à un plan foireux de ma sœur pour me faire payer.
« Ailein m'a écrit, commence-t-elle.
-Vraiment ? grincé-je, elle est déçue que votre p'tite vengeance ai pas marché ?
-Ce n'était pas une vengeance ! s'exclame-t-elle. Pour qui tu m'prends ?!
-Et je suis censé te croire ? Tu m'prends vraiment pour un crétin.
-Et moi ? J'étais censée te croire moi quand tu clamais à tout le monde que tu étais amoureux de moi mais que tu me pourrissais la vie ?
-Ecoute, grincé-je avec lassitude, je suis désolé okay ? Je comptais pas te faire de la peine. Voilà l'affaire est close, je m'excuse.
-Et c'est tout, voilà tu t'excuses et c'est fini ? »
Elle me dévisage avec incrédulité. Je soupire, passe ma main dans mes cheveux. Agacé de devoir me traîner devant elle pour implorer le pardon. Si c'est le seul moyen pour qu'elle aille mieux...
« Ouais... ben j'vois qu'Ailein avait raison, marmonne-t-elle en baissant les yeux. Tu cherches juste à t'amuser.
-A m'amuser ? A m'amuser ? répété-je avec incrédulité, mais de quoi tu parles exactement ?! Je cherchais pas à m'amuser ! Okay ?!
-Alors tu cherchais quoi, hein ?! braque-t-elle son regard sur moi. Parce que moi je suis un peu perdue là ! Tu veux sortir avec moi, tu m'dragues décemment, et après tu me jettes ?! Tu parles ! J'en ai vraiment ras-le-cul des mecs minables et des enflures ! »
L'insulte me fouette le sang, je me redresse pour me planter devant elle. Je détache chacun de mes mots pour les lui marteler dans le crâne.
« Je ne suis pas comme tes enflures de p'tits copains okay ? Parce que tu sais quoi Blanchet ? Moi au moins je suis amoureux de toi. Et tu le sais trèèèès bien alors arrête un peu de m'comparer à ces connards ! »
Son visage devient de marbre, et elle décroise ses bras. Portant sa main à ses cheveux, les triturant tout en me dévisageant intensément. Cherchant à sortir mes tripes de mes yeux pour les examiner. Je lâche un ricanement désabusé avant de passer ma main sur mon visage et de détacher mon regard du sien. Je me rappelle très exactement la dernière fois que je lui ai dit. J'avais seize ans, je suis venu lui demander de m'accompagner au bal de Noël. Elle m'a ri au nez.
« Je te l'ai dit, la première fois.
-J'pensais pas que t'étais sincère, murmure-t-elle lentement.
-Parce que j'étais un gamin ?
-Parce que t'étais un p'tit con.
-D'accord, ben tu sais quoi, grincé-je, j'crois qu'on a plus rien à se dire. »
Je tourne les talons, enfonçant mes mains dans mes poches. Poings serrés. J'entends ses talons frapper durement le sol, elle me suit à grandes enjambées. Sa voix m'apostrophe, me frappant à nouveau comme une gifle.
« Alors quoi t'as plus envie maintenant ? Ya plus assez de challenge ?
-Non mais de quoi tu parles ? me retourné-je, t'as eu ce que tu voulais non ?! Je me suis excusé, je vais plus me mêler de tes affaires ! »
Elle m'attrape le bras, me forçant à m'arrêter pour lui faire face. Je me dégage, la foudroyant du regard, blessé, agacé et lassé de tout ça. Elle me fixe avec insistance, comme si soudainement elle découvrait quelle tronche j'avais réellement. Je préfère regarder ailleurs. La voir si loin en étant si proche me brûle la peau d'un sentiment de manque étouffant.
« J'étais pas venue pour te faire payer, si ça avait été le cas crois moi j'm'y serais pas pris comme ça.
-Qu'est-ce que tu m'veux alors Blanchet ?
-Que tu sortes avec moi. »
J'écarquille les yeux avant de froncer les sourcils.
« C'est ça ouais.
-Quand t'es pas un crétin fini t'es plutôt décent comme mec, et j'avais envie de tenter le coup mais après tu t'es mis à m'ignorer !
-J'avais envoyé Ailein comme pitbull j'te rappelle.
-Je n'ai rien fait ! Elle pensait juste me protéger, riposte-t-elle, pourquoi tu crois que je suis venue t'embrasser après ? Parce que toutes les autres approches ont lamentablement échoué ! »
Je la dévisage, incrédule. Elle ne ment pas. Et j'ai appris à connaître le moindre plissement de son visage sous le coup de toutes les émotions. Elle ne ment pas. Quoi alors... tout ça c'était une embrouille à cause de ma sœur ? J'vais la tuer.
« Alors comme ça tu critiques mes techniques de dragues brutal mais tu emploies exactement les mêmes pour me forcer à sortir avec toi, lâché-je avec un sourire amusé.
-Okay c'est tout ce que tu as à dire ? lève-t-elle les yeux au ciel.
- Ouais. »
Je m'empare de son visage, l'embrasse avec toute l'incrédulité, le plaisir et l'euphorie qui me saisissent. Elle passe ses bras autour de mon cou, se pressant contre moi. Et tous ses rejets, ses cris et ses insultes en valent décidément le coup.
