Disclamer : Rien ne m'appartient, ni Harry Potter, ni l'histoire
Titre : Long Shadows
Auteur : Cithara
Traducteur : Ange Phoenix
Résumé : Le jour de l'anniversaire de la chute de Voldemort, Severus avait séduit Harry et l'avait entrainé pour passer une nuit en sa compagnie. Peu de temps après, il avait quitté le pays, décidant d'embrasser sa liberté retrouvée. Des années plus tard, il était retourné en Angleterre et avait découvert qu'il avait laissé derrière lui plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Aujourd'hui, alors qu'il devait expier ses erreurs, Severus devait essayer de gagner une place dans la vie d'Harry et prouver qu'il en était digne.
Bêta : Ange Phoenix
Autorisation : J'ai l'autorisation de traduire toutes ses fanfictions
Note : h.t.t.p.s : / / discord . gg / zFp2PHTxDR
Long Shadows
Chapitre 4
Severus regardait Potter griffonner des tonnes de notes devant lui. Le visage de l'homme était en effet marqué par la concentration, sa lèvre inférieure tenue entre ses dents. Severus l'observait depuis un certain temps et était à la fois agacé d'être ignoré et excité par ce geste apparemment anodin.
Rien n'avait été dit à propos de leur précédente rencontre et Potter n'avait rien fait de plus que d'être professionnel depuis que Severus était arrivé chez l'homme. Ils avaient longuement parlé de la baguette que Potter allait créer et, même si Severus était intéressé, il détestait être traité comme un client comme les autres.
Le feu dans les yeux de Potter lorsqu'ils s'étaient disputés durant leur dernière rencontre était de loin préférable au froid dû au professionnalisme que l'homme mettait en place avec insistance. Severus n'avait pas encore réussi à comprendre le problème de Potter, mais il savait que quelque chose lui pendait au nez.
« Nous allons donc utiliser du hêtre commun pour le bois », dit Potter, en mettant sa plume de côté et en rejoignant ses mains devant lui pendant qu'il regardait Severus.
« C'est inhabituel », dit Severus. Il n'avait jamais entendu parler d'un tel bois utilisé pour la fabrication des baguettes auparavant.
« Il a une grande flexibilité et dans la tradition des arbres, il est associé à la créativité et à la connaissance. Il sera un excellent support pour une magie associée à la création de potions. »
« Intéressant. »
Potter fit un signe de tête et dit : « Si vous voulez bien vous lever, je dois prendre quelques mesures. »
Severus résista à l'envie de dire quelque chose de grossier et se soumit plutôt à la demande de Potter. Celui-ci sortit de derrière le bureau, brandissant un mètre ruban et Severus se redressa un peu plus.
Potter mesura son bras de baguette du poignet au coude, puis le mesura dans son intégralité. Il déplaça le mètre ruban sur la poitrine de Severus et mesura ensuite la largeur de ses épaules.
Ils étaient aussi proches qu'ils l'avaient été il y a des années et Severus était sûr de pouvoir détecter le léger soupçon d'un rougissement sur les joues de Potter. « Très minutieux, Potter », murmura doucement Severus et un muscle de la mâchoire de Potter se contracta légèrement.
« Certains d'entre nous aiment faire les choses correctement », dit Potter, en levant les yeux au ciel. Il y avait là un défi, mais Severus ne pouvait pas tout à fait discerner ce que c'était.
« Je me demande si tu te donnes autant de mal pour tous tes clients. »
Les yeux de Potter se rétrécirent. « Ne vous flattez pas. » Il se retira derrière son bureau et nota les mensurations de Severus avec quelque chose d'un peu moins contenu dans sa posture.
« Tu aurais fait tout le travail de flatterie pour moi... autrefois », dit Severus, se demandant quel genre de réaction il pourrait provoquer chez l'homme.
Potter le regarda, le visage contrôlé et pincé. « Les choses changent », dit-il, un léger frémissement dans sa voix. « Maintenant que cela est fait, je commencerai les travaux préliminaires quand j'aurai rassemblé tout ce dont j'ai besoin et ensuite — »
« J'ai apporté ce livre pour Josh », interrompit Severus, se demandant s'il pouvait piquer Potter d'une autre manière.
Potter cligna des yeux pendant un moment, puis dit : « C'est très gentil. Merci. Je le lui donnerai plus tard. »
« Je ne peux pas le lui donner moi-même ? Il y a un chapitre particulier que j'aimerais porter à son attention. »
« Il n'est pas là. »
« Où est-il ? »
« Pourquoi vous en préoccupez-vous ? » demanda Potter en croisant les bras. « Il n'a rien à voir avec vous. »
Cela semblait un peu hostile, même pour Potter. « Je l'aime bien. Le sentiment semble être réciproque », dit Severus, appréciant le jeu des émotions qui traversaient le visage de Potter.
« Si vous pensez que je vais vous laisser vous promener ici, passer du temps avec mon fils alors — »
« À quoi vous opposez-vous exactement ? Avez-vous peur qu'il m'apprécie plus que vous ? » demanda Severus en souriant, regardant la colère envahir les traits de Potter.
« Vous êtes vraiment un salaud, vous savez ça ? »
« C'est ce qu'on m'a dit plusieurs fois. Pourquoi ça vous dérange autant ? » demanda Severus. Il avait trouvé un point sensible et il comptait le presser jusqu'à ce qu'il saigne.
« Je n'ai pas à m'expliquer devant vous. »
« C'est son père ? » interrogea Severus, et les yeux de Potter papillonnèrent. « Son autre père, bien sûr. L'homme s'y opposerait-il ? Avez-vous encore des contacts avec lui ? »
« Vous devez sortir de chez moi », dit Potter, en se déplaçant autour de lui et en ouvrant la porte du bureau. « Trouvez quelqu'un d'autre pour faire votre baguette. »
« Est-ce que c'était une mauvaise rupture ? » questionna Severus, se sentant plutôt heureux d'avoir enfin incité Potter à faire preuve d'autre chose que de l'indifférence. « Est-ce qu'il vous a brisé le cœur ? »
« Si vous ne partez pas maintenant, je vous jure que je ne serai pas responsable de... »
« Était-ce votre premier amour ? Avez-vous encore l'espoir qu'il vous reviendra un jour ? Voyez-vous son visage à chaque fois que vous regardez votre fils ? »
La poitrine de Potter commençait à s'élever de haut en bas alors que sa respiration devenait plus difficile et Severus savait qu'il avait touché exactement le bon nerf. Il se rapprocha, sentant un frisson le traverser à la vue du regard de Potter, comme s'il s'approchait d'une vipère enroulée prête à frapper.
« Pouvez-vous encore vous souvenir de la sensation de son membre en vous ? » chuchota-t-il.
Plus vite qu'il ne pouvait cligner des yeux, il fut plaqué contre le mur, les poings de Potter serrés autour de ses robes. « Il est de toi, espèce de salaud », siffla Potter, passant au tutoiement sous la colère. « C'est ton fils. »
Le monde sembla se taire. Il ne pouvait plus entendre le tic-tac de l'horloge ornée sur la table de Potter, ni la respiration laborieuse de Potter. Il sentait seulement la pression sur sa poitrine à l'endroit où Potter le maintenait contre le mur, mais au-delà de cela, il n'y avait plus grand-chose qui le reliait à la réalité.
« Tu mens », chuchota-t-il.
« Crois ce que tu veux, cela n'a pas d'importance », dit Potter, relâchant sa prise sur les robes de Severus et prenant du recul. « Tu ne t'approcheras plus jamais de lui. »
« Il ne peut pas être... »
« Eh bien, il l'est », dit M. Potter, sa voix étant basse et dangereuse. « Il est né le 17 mai 2001, est-ce que ça aide ? Peux-tu remonter jusqu'à la date de sa conception ? »
« Mais ce n'est pas possible — »
« Je ne suis pas là pour m'expliquer devant toi. Je t'ai déjà dit une fois de sortir de chez moi, je ne vais pas me répéter ».
Potter se dirigea vers la porte, la tenant ouverte, un masque de fureur sur le visage. Les pieds de Severus semblèrent bouger de leur propre volonté et avant qu'il n'ait pu l'enregistrer complètement, il se tenait devant la maison de Potter alors que la porte était claqué fermement derrière lui.
Son propre sang battait dans ses oreilles et il était faiblement conscient des vagues qui s'écrasaient sur le rivage en contrebas. Ses paumes de main le piquaient et il avait l'impression de n'avoir utilisé qu'un porteloin particulièrement puissant.
Ce n'était pas possible. Potter l'avait dit juste pour qu'il arrête de parler. Le garçon n'était pas de lui, il ne pouvait tout simplement pas l'être. Il ne lui ressemblait pas du tout, c'était juste... un autre enfant.
Il se mit à marcher, ayant besoin de s'éloigner de la maison de Potter le plus vite possible. Il se fraya un chemin le long des falaises, le vent étant une distraction bienvenue dans ses pensées. Il avait besoin de vérifier cette absurdité, il avait besoin d'une sorte de test semblable à ceux que les moldus utilisaient pour déterminer la filiation. Mieux encore, il avait besoin de parler à quelqu'un qui savait avec certitude quelle était la vérité.
Il marchait déjà vers Lulworth, pourquoi ne pas aller chez Draco et voir ce que l'homme avait à dire sur cette histoire ridicule ? Il envisagea de s'y rendre, mais il avait besoin de cette promenade pour l'aider à organiser ses pensées.
Mais... cela voudrait dire que Josh avait été conçu en août dernier... à peu près au moment où il avait couché avec Potter à la soirée d'anniversaire. Pourtant, cela ne voulait rien dire. Il était sûr que Potter avait des hommes qui remplissaient son lit tous les soirs, comment pouvait-il se distinguer d'une telle foule ?
Il y avait une longue marche jusqu'à chez Draco et quand il arriva, ce fut en début de soirée. Il était fatigué et en colère, furieux contre Potter d'avoir raconté un mensonge aussi éhonté. Ses coups avaient été accueillis par un Draco perplexe, qui l'invita à entrer au moment il ouvrit la porte.
« Tu veux bien me dire ce que tu crois faire en faisant ainsi irruption chez moi ? » demanda Draco, les bras croisés sur sa poitrine.
« Je veux une réponse honnête », dit Severus, la voix tremblante. « Le morveux de Potter est-il mon fils ? »
Draco était silencieux, figé alors qu'il le regardait. « Qui te l'a dit ? » dit-il finalement.
« Potter lui-même », Severus cracha. « Sans doute dans une tentative futile de me provoquer. Je sais que c'est un mensonge honteux et je... »
« C'est ton fils », confirma Draco, la voix basse, la posture rigide.
« Ne sois pas ridicule », se moqua Severus. « Bien sûr qu'il ne l'est pas. »
« Il. Est. Ton. Fils », répéta Draco, ponctuant chaque mot, ses yeux flamboyant comme ceux de Potter.
« Foutaises. Tu es tombé dans le panneau que Potter t'a monté. Je n'aurais jamais cru que tu serais aussi crédule. »
« Je n'ai jamais compris ce que Harry voyait en toi », dit Draco en s'approchant et en regardant Severus comme s'il était un spécimen sur une table de laboratoire.
« Je te demande pardon ? »
« Il me disait que tu étais différent de la façon dont la plupart des gens te percevaient. Il disait que tu étais bien plus que le personnage que tu présentais au reste du monde. Je lui disais qu'il était fou, qu'il voyait ce qu'il voulait voir, mais il n'écoutait jamais. Mais après cette nuit-là... il ne t'a plus jamais revu de la même façon. »
« Tu crois que je me soucie de l'opinion que Potter a de moi ? »
« Je suis absolument certain que non. Je pense que tu ne t'es jamais vraiment soucié de quelqu'un d'autre que toi-même. Tout le monde parle de toi comme si tu étais une sorte de héros — le courageux espion qui a risqué sa vie pour servir la Lumière. Mais c'est un tas de conneries, n'est-ce pas ? Tu n'as jamais rien fait pour quelqu'un qui ne t'aurait pas profité en premier lieu ».
« Je ne suis pas venu ici pour me faire sermonner par un ancien élève », déclara Severus, sentant sa lèvre se recourber en ricanant.
« Non, tu es venu ici pour vérifier quelque chose que tu sais déjà être vrai », répliqua Draco, sa voix prenant une tournure dangereuse.
« C'est peu probable. Potter a sans doute eu une foule d'amants. Comment aurait-il pu choisir un père potentiel dans cette liste ? » demanda Severus avec véhémence.
Le regard de Draco le troubla pendant un moment et Severus ne s'était pas senti aussi menacé depuis longtemps. Il pouvait battre le blond, il en était sûr, mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été placé dans une telle position.
« Tu as été son premier », révéla Draco, sa voix étant à peine sous contrôle.
Severus cligna des yeux, surpris, comme si Draco l'avait frappé dans le ventre. Ce n'était pas possible. « Non », dit-il en secouant la tête. « Non, je ne l'ai pas était. »
« Tu ne saurais pas la vérité si elle te mordait le cul ! » dit Draco avec colère. « Tu étais son premier, espèce de connard. Tu veux savoir autre chose aussi ? Tu étais son dernier. »
« Mais qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Severus, sentant qu'il aurait aussi bien pu avoir la conversation dans une langue étrangère.
« Après cette nuit avec toi, il n'y a eu personne d'autre. » Draco se rapprocha à nouveau et Severus se sentit acculé contre le mur. « Tu vois, tu l'as tellement blessé qu'il a cru que c'était ça, le sexe. Il ne pouvait pas imaginer que le sexe pouvait impliquer autre chose que ce que tu lui montrais et il s'est juré de ne plus jamais se soumettre à ce genre de choses. »
« Ce n'est pas... »
« Il t'a attendu », dit Draco, la colère transperçant sa voix, « il voulait que tu sois son premier parce qu'il pensait que tu te souciais de lui. Il voulait que sa première fois soit quelque chose de spécial, mais tu ne lui as montré que de la douleur et de l'humiliation. Tu l'as sali d'une manière que tu ne peux même pas imaginer et maintenant tu as l'audace de venir ici et de le remettre en question ».
Draco s'arrêta et l'analysa de haut en bas, sur toute la longueur, le corps de Severus. « Tu me dégoûtes », dit-il dans un murmure. « Il aurait mieux valu pour tout le monde que tu ne reviennes jamais. Tu devrais réfléchir à cela et te demander si l'Angleterre est vraiment le bon endroit pour toi. Maintenant, sors de chez moi. »
Deux renvois en un jour étaient suffisants pour n'importe quel homme, alors Severus se retourna et partit, les mots de Draco résonnant dans ses oreilles. Il réapparut dans son appartement au Chemin de Traverse et s'affala dans un des fauteuils.
Son esprit tournait et il eut l'impression d'avoir été frappé par une méchante souche de grippe sorcière. Ses mains étaient moites, son pouls était rapide et sa bouche était sèche. Il ne pouvait pas assimiler tout ce qu'il avait entendu au cours des deux dernières heures et il ne savait même pas comment s'y prendre pour faire une telle chose.
Il n'avait pas pu être le premier de Potter. C'était inconcevable. L'homme avait une série d'admirateurs, il aurait pu faire son choix parmi eux.
Il te voulait, murmura une voix au fond de son esprit. Tu savais qu'il te voulait, tu savais comment il te regardait à l'époque, tu savais ce qu'il ressentait pour toi.
« Tais-toi », se gronda Severus, en enfouissant sa tête dans ses mains. « C'est un sacré menteur. »
Tu l'as blessé, tu sais que tu l'as fait.
Il secoua la tête, essayant d'arrêter ses pensées.
Tu lui as pris ce que tu voulais et ne t'es pas soucié de ce que cela aurait pu lui faire. Tous ces bruits qu'il faisait n'étaient pas dus au plaisir, ils étaient dus à la douleur.
« Il aurait pu m'arrêter quand il le voulait ! » se mit en colère Severus.
Il ne voulait pas te décevoir, il était si désespéré de te faire plaisir. Il n'avait pas connu autre chose, il ne voulait pas admettre son inexpérience.
Severus leva la tête, ses ongles s'enfonçant dans son crâne alors qu'il regardait droit devant lui. Le garçon avait voulu lui parler avant qu'ils ne fassent quoi que ce soit, il avait essayé de lui dire, de le faire savoir pour que Severus soit prévenant.
Tu ne voulais pas écouter. Tu ne voulais pas entendre quoi que ce soit qui puisse t'empêcher de réclamer ton prix.
« Ce n'était pas ma faute », chuchota Severus, la bile montant dans sa gorge.
Tu l'as fait saigner.
« Oh mon Dieu. »
Monstre.
La semaine suivante s'écoula dans une sorte de flou. Severus n'avait pas quitté ses appartements une seule fois et s'était assis, jour après jour, dans son fauteuil devant le feu, passant en revue des choses dans son esprit. Il revoyait sans cesse la nuit de la fête d'anniversaire, se sentant de plus en plus malade à chaque fois.
Il essayait de rationaliser, de défendre ses actions, mais la culpabilité s'était néanmoins installée. Il pensait à la façon dont il avait manipulé Potter dans son lit, à la façon dont il avait joué avec les sentiments de l'homme pour lui, à la façon dont il n'avait pas pensé à autre chose qu'à son propre désir.
En plus de cela, il savait maintenant qu'il avait un fils. Il comprenait maintenant ce sentiment de familiarité qu'il avait ressenti avec Josh, il comprenait l'étrange connexion qu'il avait ressentie alors qu'aucun autre enfant n'avait jamais réussi à le faire sortir de l'indifférence.
Le garçon avait six ans. Severus avait manqué toute sa vie jusqu'à présent et Josh n'avait aucune idée de qui il était. Ils étaient des étrangers l'un pour l'autre et, à en juger par sa dernière rencontre avec Potter, l'homme n'avait aucune intention de le laisser s'approcher à nouveau de Josh.
Cela n'aurait pas dû être un problème, Severus n'aurait pas dû s'en soucier, mais il s'était rendu compte que c'était le cas. Il n'avait jamais envisagé d'être père et son temps à enseigner à des hordes de morveux n'avait rien changé à cela. Peut-être que s'il n'avait pas rencontré Josh, les choses auraient été différentes, le garçon n'aurait été qu'un vague concept qu'il aurait pu repousser au fond de son esprit, mais il avait rencontré le garçon. De plus, il l'aimait bien.
Était-il possible qu'il puisse avoir une relation avec lui ? Le garçon apprendrait-il un jour la vraie nature de leur relation ? C'était peu probable, surtout si Potter faisait tout ce qu'il pouvait pour les éloigner l'un de l'autre.
Il y avait eu une réponse, bien sûr. Il faisait simplement de son mieux pour ne pas l'admettre. Il devait faire amende honorable. S'il pouvait faire comprendre à M. Potter qu'il regrettait ce qui s'était passé, peut-être cela ouvrirait-il la voie à la réconciliation.
Il n'était pas dans sa nature de ramper, ni de s'excuser. Il était naturellement sur la défensive et avait toujours eu le sentiment que s'excuser auprès de quelqu'un mettait tout le pouvoir entre les mains de cette personne. Ce n'était pas une position dans laquelle il voulait particulièrement se retrouver.
Le côté le plus têtu de lui-même insistait toujours sur le fait qu'il n'y avait pas lieu de s'excuser de toute façon. Pourquoi devrait-il faire pénitence parce que Potter était une petite vierge pathétique sentimentale ? Il n'avait pas été obligé de rentrer à la maison avec Severus ce soir-là, il n'avait qu'à pas garder leur enfant.
Ces pensées avaient tourné et tourné dans la tête de Severus pendant toute la semaine, créant en lui une telle agitation qu'il avait pensé qu'il pourrait en devenir fou. Finalement, après avoir passé une journée entière au lit, ce qu'il n'avait pas fait depuis sa vingtaine, il avait décidé de se ressaisir et de faire face à la situation.
Espérant que Potter n'avait pas eu les moyens de changer les sorts, il apparut à Ringstead et commença à marcher jusqu'à la maison de Potter. C'était un signe encourageant, alors qu'il s'approchait, de pouvoir encore voir la maison. Il se dirigea vers la porte d'entrée, sentant son cœur battre dans sa poitrine.
« Ce n'est que Potter », se dit-il en grognant, maudit soit-il s'il laissait ce gosse avoir de l'effet sur lui.
Il a tout à fait le droit de vous faire de l'effet, résonna sa voix intérieure. Damné s'il ne devenait pas sacrément irritant. Laisse ta fierté à la porte, tu n'as pas le droit de l'être.
Il prit une profonde inspiration et frappa fermement, attendant quelques instants en entendant des mouvements à l'intérieur. La porte s'ouvrit en grinçant et plutôt que de voir Potter le regarder, il se retrouva accueilli par Josh.
« Professeur ! » dit le garçon avec enthousiasme. « Papa a dit que tu ne reviendrais pas, mais je te connaissais — »
« Josh, qui est-ce ? », dit la voix de Potter dans le couloir et le pouls de Severus lui sauta à la gorge lorsque l'homme se présenta.
« Potter, je — » commença Severus.
« Josh, peux-tu monter dans ta chambre ? » dit Potter, et le petit garçon regarda son père avec un froncement de sourcils.
« Mais papa... »
« Maintenant, s'il te plaît », dit Potter, un léger frémissement dans la voix.
Josh regarda alternativement Severus et Potter, mais il n'était manifestement pas assez bête pour pousser à bout son père. Il se mit à souffler et à repartir dans le couloir, le tonnerre de ses pieds sur les escaliers retentissant quelques instants plus tard.
« Dégage de ma propriété », dit Potter, sa position ferme.
« Je veux te parler », dit Severus, en se rappelant de ne pas hésiter.
« Dur. »
« On ne peut pas laisser les choses comme elles sont. »
« Pourquoi ? Qu'est-ce qui a changé ? »
« Tout ! »
« Rien qui ne doive te concerner. Josh a réussi les six premières années de sa vie sans toi, il passera le reste de sa vie sans toi. »
« Et si je ne veux pas de ça ? » demanda Severus, sentant sa colère grandir.
« Qui se soucie de ce que tu veux ? Qu'est-ce qui te fait croire que tu as des droits ? Maintenant, je te le redemande — sors de ma propriété. »
Potter allait fermer la porte, mais Severus y enfonça son pied, recevant un regard noir.
« Je jure devant Dieu que je te maudirai s'il le faut », dit Potter, et Severus se rappela que l'homme avait finalement vaincu Voldemort. Il pouvait sentir la puissance qui déferlait de Potter par vagues et il dut admettre qu'une petite partie de lui s'inquiétait que Potter mette sa menace à exécution.
« Cinq minutes, c'est tout ce que je demande », dit Severus, dégoûté d'en être réduit à mendier.
« Qu'est-ce qui te fait croire que je vais te donner cinq secondes ? » demanda Potter, les joues rougissantes de colère.
Severus prit une profonde inspiration et essaya de se contrôler. Il n'avait qu'une seule chance ; s'il la gâchait, il savait qu'il ne s'approcherait plus jamais à moins de 100 miles de Potter.
« Parce que tu es un bon père, et je pense que tu ne te pardonnerais jamais si tu laissais passer l'occasion de faire savoir à Josh qui est son autre père. »
Les yeux de Potter se troublèrent dans les siens pendant une minute et Severus pouvait voir les émotions combattre dans leur profondeur. Finalement, il secoua la tête en poussant un lourd soupir et se retourna, passant dans le couloir pour aller vers son bureau.
Comme la porte ne lui avait pas été claquée au nez, Severus prit cela comme une invitation à le suivre. Une fois dans le bureau, Potter jeta quelques breloques silencieuses puis se mit devant son bureau, les bras croisés, l'expression dure.
Maintenant qu'il était là, que Potter avait effectivement concédé de lui parler, Severus se retrouva sans voix. Ce n'était pas une position dans laquelle il se trouvait habituellement et il détestait avoir l'impression que Potter avait toutes les cartes en main.
« Alors, es-tu ici pour demander un test de paternité ? Es-tu ici pour me dire que je ne recevrai pas un centime de toi pour le soutien de Josh ? » demanda Potter, quelque chose de si implacable dans son langage corporel que Severus se demandait s'ils arriveraient un jour à avoir une conversation civilisée.
« Non », dit-il d'une voix rauque. « Je crois qu'il est de moi. »
« Généreux de ta part », cracha Potter.
« J'ai cru comprendre que... j'étais la seule personne avec qui tu avais... été. »
La dureté disparut instantanément du visage de Potter, laissant place à une vulnérabilité stupéfiante qui prit Severus par surprise. Ses bras avaient glissé de leur position repliée sur sa poitrine pour s'enrouler autour de son abdomen et en l'espace de quelques instants, il était apparu plus petit et plus jeune.
« Eh bien », chuchota Potter, « voilà ».
Il se retourna, les épaules courbées, et Severus fixa le dos de l'homme pendant quelques instants, se demandant comment procéder au mieux.
« Si j'avais su — »
Potter se retourna une nouvelle fois pour lui faire face, les yeux rouges de larmes non versées. « Quoi ? Ça aurait été différent ? »
« Je — »
« Tu t'en serais soucié ? Tu m'aurais épargné une seconde réflexion ? »
« Je n'ai pas réalisé — »
« Non, tu ne l'as pas fait. Bien que j'aie essayé de te le dire, bien que tu aies pu voir que j'étais nerveux... ça m'a fait mal... tu m'as fait mal. »
Severus sentit sa bouche se dessécher. C'était une chose pour Draco de l'avoir confronté à sa transgression, mais c'en était une autre de l'entendre des lèvres de Potter.
« J'étais tellement en colère contre moi-même », poursuivit Potter. « J'étais tellement en colère de m'être trompé, de m'être tellement trompé. Tu sais que je me croyais vraiment amoureux de toi ? »
Severus avait l'impression que quelqu'un l'avait frappé. L'aveu de Potter atterrit sur lui comme une tonne de briques. Il savait, bien sûr, que Potter l'avait pris en grippe, mais il avait imaginé que c'était simplement un coup de foudre malencontreux, le produit de sentiments adolescents mal placés.
« Je ne pensais pas que tu ressentais la même chose, bien sûr », poursuivit Potter, l'effort de se contrôler faisant trembler sa voix, « mais je pensais que peut-être tu avais ressenti un petit sentiment de considération pour moi. J'ai vite compris que ce n'était pas le cas. »
« J'étais vraiment un idiot. J'avais tous ces... fantasmes stupides sur ce que ça pourrait être avec toi. J'imaginais que tu serais... lent... et doux, que tu prendrais le temps de me laisser apprendre ce que j'aimais, ce que tu aimais. J'imaginais que ce serait si différent et puis... quand c'est arrivé... il était très évident que tu ne ressentais rien pour moi, j'étais juste un corps disponible ».
Une seule larme coula sur la joue de Potter et Severus sentit ses entrailles se serrer. Il ne pensait qu'à la façon dont il avait été brutal, à la façon dont il avait montré à cet homme que de l'agressivité. Pour la première fois depuis longtemps, il ressentait de la honte.
« Tu n'as pas à t'inquiéter », dit Potter, la voix dure une nouvelle fois, « ce que j'ai pu ressentir pour toi il y a tant d'années est mort cette nuit-là ».
Il secoua la tête et relâcha une longue et lente respiration, puis il se mit debout devant la fenêtre, les bras toujours repliés autour de son corps, se protégeant. Severus l'observa, sachant qu'il n'avait pas le droit de dire quoi que ce soit, qu'il n'y avait aucun moyen de se défendre.
« Quand j'ai découvert que j'avais Josh, j'étais terrifiée », dit M. Potter, calmement. « Mon premier instinct a été de me débarrasser de lui. Pourquoi aurais-je voulu une partie de toi ? »
Severus broncha devant l'honnêteté de l'homme, bien qu'il ne puisse pas dire qu'il le blâmait.
« Je suis venu te le dire », dit Potter en se retournant pour affronter Severus à nouveau, Snape ne pouvant cacher sa surprise. « Tu m'as dit que tu quittais le pays. »
D'autres pièces du puzzle se mirent en place et Severus se souvint de l'époque dont parlait Potter. Il avait supposé, à l'époque, que l'homme était venu pour essayer de poursuivre une relation, mais, en y réfléchissant, il se souvint que Potter avait semblé agité et bouleversé.
« À ce moment-là, je n'étais toujours pas sûr de le garder, mais je pensais que tu avais le droit de savoir. Tu étais si hostile, si déterminé à me faire savoir que je ne comptais pas pour toi, je ne pouvais pas me résoudre à te le dire. J'ai quitté ta maison ce jour-là en pensant qu'il valait mieux que je me débarrasse du bébé, mais... au fil des jours, j'ai commencé à me sentir de plus en plus lié à lui. »
Après un moment de pause, M. Potter poursuivit : « Je ne savais même pas que c'était possible, mais j'aurais dû savoir que je serais une exception bizarre à la règle. J'ai parlé à Drake, il était... Je n'aurais pas pu faire face sans lui. Il m'a dit qu'il me soutiendrait et j'ai commencé à penser que je pourrais peut-être y arriver. La première fois que j'ai senti Josh bouger... Dieu, j'ai eu l'impression que le monde s'était arrêté. J'ai alors su que je ferais tout ce qu'il fallait pour le garder en sécurité et le protéger, que je l'aimerais plus que tout au monde ».
« Et tu crois que le meilleur moyen de le faire, c'est de le garder loin de moi ? » demanda Severus avec précaution.
« Ça a assez bien marché ces six dernières années. »
« Il n'a jamais demandé ? »
« Il a eu des questions. Je ne doute pas qu'il en aura d'autres à l'avenir, mais je préfère répondre à ses questions plutôt que de te laisser entrer dans sa vie. »
« De quoi as-tu si peur ? »
« Tu n'es pas un homme de confiance », répondit Potter, et Severus ressentit le coup plus vivement qu'il n'aurait voulu l'admettre.
« Je ne lui ferais pas de mal », insista-t-il.
« Pourquoi t'en soucier ? Tu détestes les enfants ! Pourquoi voudrais-tu faire partie de sa vie ? »
« Parce que c'est mon fils ! Je ne savais même pas qu'il existait jusqu'à il y a quelques semaines et j'accepte que ce soit ma faute, mais j'aimerais avoir la chance de la rectifier. »
Et voici le quatrième chapitre qui a remporté les votes du sondage sur mon discord !
La fanfiction commence à devenir très très intéressante, vous ne trouvez pas !? On l'attendait tous ce moment !
En tout cas, merci à vous pour vos follows, vos favoris et vos reviews !
Et je vous dis, à la prochaine !
