Pardoooooon pour ce retard ! J'étais persuadée d'avoir déjà posté ce chapitre, et me rend compte de mon erreur 1 an plus tard. J'espère qu'il vous plaira, que vous vous souvenez encore de l'histoire, et que cette fin sera à la hauteur de vos attentes !


Bucky ne se trouvait pas dans son bureau quand Sam arriva le mardi matin. Natasha et Steve étaient là, par contre, commençant à sortir leurs dossiers et allumer leurs ordinateurs, mais ne manquèrent pas de lui lancer des sourires complices lorsqu'il passa la porte. Il les fixa un instant, à tour de rôle.

– Très bien. Comment vous savez ? soupira-t-il.

Il n'avait rien dit – pas encore. Il attendait qu'il se passe autre chose, quelque chose d'officiel comme un vrai rendez-vous plutôt qu'un baiser volé sur le palier, pour annoncer quoi que ce soit.

– Donc il s'est passé quelque chose, dit Natasha, retrouvant une expression neutre.

Le brun haussa un sourcil, réajustant son sac sur son épaule.

– Pourquoi vous auriez souri comme ça sinon ?

– Bucky est arrivé de bonne humeur il y a un quart d'heure pour nous annoncer tout sourire qu'il allait poser des jours de congé.

– Des jours de congé ? Pour de vrai cette fois ?

– On va pas t'en dire plus, Wilson, il ne faudrait pas gâcher la surprise.

– D'accord…

Il déposa ses affaires dans son propre bureau de l'autre côté du couloir et n'eut pas à attendre longtemps avant que son téléphone ne vibre. « Tu fais quelque chose ce week-end ? » demandait Bucky. Quand il confirma que non, il n'avait rien prévu à part des cadeaux de Noël de dernière minute et de profiter de sa semaine de vacances, son… peut-être amant ? lui conseilla vivement de garder les choses telles qu'elles. L'agent dut bien finir par se lancer dans son travail, perplexe, et l'attitude de son collègue quand il revient de Frigga savait où, l'air nonchalant mais refusant de dévoiler quoi que ce soit, ne fit qu'augmenter le mystère. Il devint évident, la journée passant, que les Danvers savaient de quoi il retournait, mais ni Natasha ni Steve ne pipèrent mot – la première avec son aisance habituelle d'espionne mêlée au soulagement de voir la situation entre eux se dénouer, le second avec son aplomb d'ami d'enfance qui ne voulait pas gâcher la surprise.

Le soir venu, Bucky toqua à sa porte avec des bières comme promis, et Alpine, parce que forcément, et ils limitèrent les contacts physiques devant les enfants, même si les deux mini-Wilson pouvaient sentir un secret dans l'atmosphère et les regards qui s'attardaient. Loïs et Sasha jouèrent, dînèrent, prirent leur douche et allèrent se coucher sous l'œil vigilant et attendri de papa et celui attentif de Bucky, qui avait pris l'habitude, à force, et qui se fondait dans la routine.

Ils s'échouèrent sur le canapé pour discuter mais les contacts se multiplièrent, un peu plus longs à chaque fois, et des doigts s'emmêlèrent, petites caresses cachées au creux de la paume, avant de remonter le long du bras, de la courbe d'une épaule pour se perdre dans des cheveux. Les baisers avaient l'amertume et le sucre de l'alcool, mais la douceur et la tendresse de l'attente, de la confiance et de la certitude qui s'étaient construites entre eux au fil des mois. C'était bon et légèrement pressant quand les dents venaient titiller la peau dans un coin du cou, laissant une marque foncée et arrachant un soupir ou quand une main se glissait sous le tee-shirt, attirée par la chaleur du torse – et la découpe des muscles aussi, il fallait bien l'avouer, parce que leur métier continuait de requérir un entraînement physique.

Sam colla son front à celui de Bucky et retrouva dans son expression la même satisfaction qui réchauffait sa poitrine. Il enroula les mèches qui recommençaient à gagner en longueur autour de ses doigts et sentit une main se glisser contre sa joue, un pouce caresser son visage. Ils restèrent ainsi en silence, savourant le moment, la présence de l'autre et la joie d'enfin avoir la permission d'effectuer tous ces petits gestes.

– Tu restes dormir ? souffla-t-il finalement.

– C'est risqué comme question, s'amusa Bucky.

– Pas avec mes gosses dans la chambre d'à côté.

– Quelle façon de faire retomber toute la tension, rigola Bucky en reculant la tête au moment où Sam s'avançait pour placer un suçon sous le col de tee-shirt.

Celui-ci grogna en réponse, ce qui fit redoubler le rire de son amant. Il le taquina en se maintenant hors de sa portée encore un peu, voyant le jeu et l'envie monter dans les yeux de Sam, pour se rendre avec plaisir quand il l'agrafa au dossier du fauteuil, fermant les yeux et s'abandonnant dans le contact. L'autre le sentit frissonner quand il effleura délicatement la naissance de son cou avec ses dents, sa moustache laissant une traînée de chatouillis au passage, testant la peau à cet endroit et tenant le tissu gênant au loin. Chaque baiser léger, s'attardant à peine, arrachait une nouvelle palpitation et Sam, ne pouvant se retenir d'en profiter maintenant qu'il avait Bucky dans ses bras, poussa les limites de la tentation et étira les gestes taquins en longueur et Bucky, ne pouvant s'empêcher de vibrer pour plus maintenant qu'il avait Sam pour lui, pressa une main sur son crâne et appuya juste un peu pour approfondir le contact, enfin. Un sourire se dessina contre sa peau avant que la chaleur ne se répande, libératrice, et il enroula son bras prothétique autour de sa taille comme un soupir réjoui lui échappait. Sam le regarda avec une lueur de fierté qui semblait direoui, c'est moi qui t'ai mis dans cet état, et il lui vola ses lèvres pour lui rendre la pareille.

– Du coup, tu restes dormir ? répéta-t-il quand il eut récupéré son souffle.

– Oui, répondit l'autre, l'embrassant une nouvelle fois.

– Une vraie petite pieuvre, titilla Sam, sentant le bras dans son dos, celui dans ses cheveux et les jambes enroulées autour des siennes se serrer un peu plus.

Il se blottit contre lui sans se faire prier.

– J'en profite, depuis le temps.

– Oh, je ne te blâme pas.

Ils purent en profiter encore longtemps, toute la fin de la soirée et toute la nuit, endormi dans les bras l'un de l'autre, même si pas un vêtement ne bougea, la pensée des deux silhouettes de l'autre côté du mur les refroidissant tous les deux. Alpine dormit au pied du lit.

Sam eut le plaisir de se réveiller auprès d'un Bucky encore endormi, respirant paisiblement, et d'apprécier toute la sérénité du moment et le calme de ses traits détendus. Il dut partir avant que les enfants ne soient levés pour éviter toute confusion, et ils arrivèrent séparément au SHIELD, mais il ne manqua pas, avant de disparaître dans les escaliers, de glisser à son amoureux de préparer un sac pour un week-end avec des vêtements pas trop chauds et de prévenir les deux angelots que leur semaine chez l'autre parent commencerait plus tôt cette fois. Au regard surpris, puis suspect, qu'il reçut, il confirma qu'il avait prêté attention au calendrier – oui, l'escapade tombait pendant la semaine d'Alex qui viendrait les récupérer le vendredi au lieu du samedi, ils s'étaient arrangés. Sam récupérerait ses enfants le vendredi suivant en conséquence.

Le jour J le trouva devant sa porte, un sac de sport sur l'épaule et l'air curieux. Il avait embrassé ses enfants un peu plus tôt et avait put s'assurer de lui-même que son ex-partenaire était d'accord avec ce plan, ce qui ne fit qu'augmenter sa suspicion.

Ses interrogations ne trouvèrent pas plus de réponse et Bucky, jurant de le tourmenter, écrivit l'adresse sur un papier pour la montrer au chauffeur du taxi, son compagnon restant dans le flou. Mais la curiosité montait, la méfiance aussi un peu, s'échappant par des piques qu'il lui lança pendant tout le trajet et qui ne rencontrèrent que des taquineries égales, peu informatives.

La voiture les déposa devant un aéroport.

Sam fit de son mieux pour capter la destination du terminal vers lequel Bucky se dirigeait, enchaînant les portiques de sécurité, mais les panneaux défilaient trop vite. Ce n'est que lorsqu'il s'arrêta dans un café près d'une zone de départ, lui conseillant de prendre quelque chose parce qu'ils avaient dix heures devant eux, et que la voix robotisée annonça dans les hauts-parleurs que l'embarquement pour Buenos Aires ouvrait, que la suspicion atteint son paroxysme :

– Tu sais que je n'ai pas de visa pour l'Argentine ?

– Tu en as un, en fait. Le SHIELD vous en a tous fait quand j'en ai eu besoin d'un, au cas la situation dégénérait.

– Mais ceci n'a rien à voir avec le boulot n'est-ce pas ?

– C'est un rendez-vous, Wilson.

– Bien sûr, parce que c'est commun de traverser un continent pour un premier rendez-vous. Tu mets la barre haut, Barnes.

– Qu'est-ce que tu veux, je suis juste cetextraordinaire.

C'est pour ça qu'on voyage en commercial plutôt qu'en jet privé ?

– Gardons les jets pour les urgences. Est-ce que tu as vraiment envie d'expliquer à Tony pourquoi on a besoin qu'il nous prête un avion pour un week-end ?

– Je ne suis au courant de rien, moi, je n'aurais rien pu expliquer. Mais je suis sûr que l'interrogatoire aurait été hilarant.

Ils finirent par embarquer, s'installer dans leurs sièges, argumentèrent sur le film à regarder. Sam n'abandonna pas l'idée de lui soutirer des informations, mais n'eut pas plus de succès que précédemment. La nuit tomba par la fenêtre et les lumières diminuèrent. Ils réussirent plus ou moins à dormir, Sam utilisant l'épaule de Bucky comme oreiller, Bucky posant sa tête par-dessus la sienne. Heureusement pour eux, la majorité du vol se passa dans leur sommeil et ils ne sentirent pas les heures s'étirer comme leurs voisins de rangée qui s'agitaient en vain. Leurs membres étaient ankylosés quand ils s'éveillèrent et ils sortirent de l'aéroport dans un état semi-comateux.

– On va vers où ? demanda Sam, tandis qu'ils débouchaient sur la rue ensoleillée mais encore relativement calme.

Une vague de chaleur les heurta de plein fouet : le début de l'été. Sam voulait juste un café, une douche froide et une sieste, mais la curiosité se raviva d'un cran quand Bucky appela un taxi dont il avait déjà le numéro, plutôt que de héler un de ceux de l'aéroport, pour lui montrer une fois de plus une adresse écrite à la main plutôt que de laisser son partenaire l'entendre. Comme si ça allait l'aider, dans un pays dans lequel il n'avait jamais mis les pieds et dont il connaissait à peine la langue.

Ils furent déposés devant un hôtel pas si loin de la mer. Le bâtiment de pierre rose dominait la rue et s'ouvrait par des portes en verres et des guirlandes lumineuses. Bucky avait apparemment réservé une chambre – quand avait-il eu le temps de préparer tout ce voyage, c'était une autre question – et le duo fut plus que ravi de laisser tomber leurs bagages sur le sol et leurs corps courbaturés sur le lit. Ils sombrèrent pour une heure ou deux.

Sam se sentait déjà plus frais quand il émergea – le câlin dans lequel ils avaient tous les deux naturellement glissé devait aider – et la douche finit de le revigorer. Ils prirent un petit-déjeuner à la cafétéria de l'hôtel et il demanda encore une fois :

– Pourquoi est-ce que tu m'as amené là particulièrement ? Autre que le date. Pas que je n'apprécie pas mais…

Bucky resta silencieux un instant, son regard englobant les alentours : les tables rectangulaires et les chaises assorties, les touristes discutant ou dormant à moitié, les paniers de couverts et les machines à café.

– Je suis resté ici quand j'étais sous couverture, annonça-t-il finalement et la franchise de son expression, ainsi que sa quiétude, tranchait avec le poids que la révélation posa sur les épaules de son collègue.

– Qu'est-ce que… Il y a… ?

– Il ne se passe rien, t'inquiète.

La perplexité de Sam transparut parfaitement dans le regard qu'il lui lança.

– Je voulais justement te montrer que ce n'était pas si terrible. Pas si grave, même si j'étais sous la menace. Je suis venu et j'ai pu profiter de la chambre et du restaurant exactement comme on le fait maintenant. Pas la panique que tu t'imagines.

Il cligna des yeux.

– Tu avais Hydra sur le dos !

– Yep, et regarde où ça m'a mené. Ce n'est pas vraiment le genre de situation ingérable que tu imaginais ?

– Je…

Bucky étendit son bras sur la table pour lui attraper la main, la serrer dans la sienne. Ses yeux étaient doux.

– Tu ne réussiras pas à me faire penser que je me suis trop inquiété, fit Sam.

– Mais est-ce que j'arriverai à stopper l'inquiétude ?

– Tu es une vraie guimauve, Buck.

L'autre lui répondit d'un grand sourire.

Ils prirent à nouveau un taxi et s'éloignèrent de la capitale vers le sud du pays. La ville défila un temps pour être remplacée par de la végétation, des champs verts et des arbres bordants la route. Arrivés à un village, ils continuèrent à pied, longeant la côte et admirant l'Atlantique. La conversation s'écoulait aussi naturellement que l'écume sur le sable. Les touristes se faisaient plus rares par ici et Sam se risqua à glisser un bras autour de la taille de Bucky en marchant, ce qui fit éclore un sourire supplémentaire. Bucky l'entraîna finalement sur une petite crique entourée de rochers. Poser les sacs dans un coin, enlever les chaussures, rouler le bas des pantalons et s'avancer dans l'eau froide de l'océan.

Évidemment qu'ils finirent par s'éclabousser, c'était juste trop tentant ! Jouer l'un avec l'autre, se chercher, se toucher et s'enfuir, rire ensemble comme des adolescents, tremper ses vêtements au passage et sentir le tissu coller à la peau, mais voir que c'était aussi le cas pour son amant. Finir par retirer les tee-shirts qui se servaient plus à rien de toute façon, et profiter de ne plus avoir à cacher les regards appréciateurs qui étaient malvenus du temps de l'amitié – à peine quelques jours plus tôt.

Ils pique-niquèrent les pieds dans le sable, des sandwichs achetés en ville, et Bucky continua à raconter :

– J'ai fait un stock de photos de touristes à Buenos Aires le premier jour pour internet puis je n'y ai plus remis les pieds. Je venais marcher ici le matin, profiter du calme, de l'air frais, parfois je discutais un peu avec des gens du village. J'ai même pu améliorer un peu mon espagnol depuis le lycée.

– Maravilloso. ¿Te encantó ?

– Ça m'a beaucoup plu, oui. Ça change de bosser sur de l'espionnage dans un décor aussi paisible plutôt que dans un bureau.

– Tu vas pas me dire que fuir à cause de ces deux types t'a réellement fait prendre des vacances.

– Nope. Il y avait toujours un doute sur ce qu'il se passait avec vous, si vous étiez en danger… Pas vraiment du repos.

– Ah ! Voilà, tu vois, toi aussi !

– Bien sûr moi aussi, imbécile. Moi aussi je me porte mieux en te sachant en sécurité. Mais je vais pas aller fouiller les archives du SHIELD… Infiltrer le bureau de Fury…

– On a hésité à pister ton téléphone, avoua-t-il. Est-ce que j'ai dépassé une limite ?

– Non, j'avoue que j'aurais sans doute fait la même chose à ta place.

– Mais arrête de changer d'avis toute les deux secondes ! s'exclama Sam. Si tu aurais la même chose, quel est le problème ? Qu'est-ce que tu essaies de me dire ?

– Que je vais bien. Et qu'il ne faut pas que tu croies les peurs qui te tournent dans la tête.

Sam le fixa, peu impressionné, mais son visage finit par se briser en un sourire et il s'esclaffa.

– Ouch. Droit au but là où ça fait mal.

– Si on fait vraiment ça, si on s'engage vraiment là-dedans… Avec notre boulot, on va avoir plus d'une occasion d'avoir peur, répondit Bucky simplement.

– J'arriverai pas à arrêter d'avoir peur pour toi, à vouloir vérifier que tu n'as rien. On peut apprendre à dealer avec ça.

Bucky hocha la tête, Sam continua.

– Mais cette fois-ci, c'était pas juste une mission, parce que c'était Hydra. Et parce que je sais pourquoi tu es parti la première fois, et je ne pouvais m'empêcher de me demander…

– Je ne suis plus amoureux de Steve depuis des années, souffla-t-il, appuyant ses propos d'un baiser rapide sur sa bouche, pour faire bonne mesure.

– Oui mais moi…

Bucky écarquilla les yeux et le silence s'étendit, surpris, timide. Sam sentit cœur accélérer, les pulsations fortes et marquées, et il dut détourner le regard de son amant qui sondait son expression, à la recherche d'un indice, ou d'une confirmation.

– Je ne suis pas amoureux de Steve non plus, tenta-t-il, pour alléger l'atmosphère.

– Encore heureux…

– Mais, je sais pas… On vit à deux étages d'écart depuis des années. Tu viens tellement squatter chez moi que c'est comme si on était coloc'. On se voit au bureau toute la journée, tu gardes mes enfants avec moi, parfois tu viens même les chercher chez Alex, ou à l'école. Oh Frigga, qu'est-ce qu'iel doit penser ? réalisa-t-il avec un rire gêné.

– Qu'on est en couple depuis plus longtemps que ce n'est le cas ?

Buchy continuait à observer Sam, Sam observait la mer, sentant ses joues chauffer. Le premier avait une boule dans la gorge, ne réalisant pas ce qu'il se passait – déjà ! enfin ! – ayant du mal à croire que tout cela avait été déclenché par un enlèvement mais découvrant, avec une once de surprise, qu'il l'attendait, qu'il l'avait retenu aussi et qu'il y était prêt. Le second sentait les doutes s'envoler à mesure qu'il parlait et l'évidence se révéler à lui un voile se levait dont il n'avait pas remarqué la présence auparavant et l'assurance se dressait avec lui, chaude et douce, l'encourageant à poursuivre. Il se demanda dans un éclair d'étonnement depuis combien de temps il en était ainsi, quand est-ce que leur relation avait commencé à glisser vers une telle nouveauté.

– Tu te rappelles, quand on était en mission à Miami, fit-il dans une inspiration soudaine, le nombre de fois où on a feint une dispute pour passer hors de soupçon. Cette fois où j'ai prétendu être un inconnu qui te draguait à un bar pour garder un œil sur la porte et que je te soufflais des conneries à l'oreille pendant que tu te retenais de rire. Et que tu m'as fait une crise de jalousie après, quand les voleurs voulaient sortir, pour alerter la sécurité et qu'ils voient la porte du fond ouverte.

– Je me rappelle surtout que tu as craqué avant moi.

– La bataille qui en a suivi était épique et personne n'a rien remarqué.

– Quoi, tu es tombé amoureux de moi en voyant mes talents pour attraper des escrocs ?

– J'ai réalisé que j'étais amoureux de toi quand tu as vu que j'étais blessé, que tu as pressé une compresse sous ma chemise et que tu m'as embrassé à pleine bouche pour justifier notre position devant les clients qui passaient. Et que tu ne m'a pas lâché jusqu'à ce qu'on rentre à l'hôtel même si j'étais parfaitement capable de marcher tout seul.

– Il fallait bien tenir cette compresse en place, et ça aurait été trop suspect sinon, lâcha Bucky, mais il était touché.

– J'ai réalisé que c'était loin d'être la première fois qu'on agissait comme ça, mais que c'était toujours sous couvert d'une mission. Et que j'en avais envie même quand on allait tous les deux bien et qu'on était posé sur mon canapé.

– Bordel, c'est vrai, rit son compagnon.

– Pourquoi tu sembles surpris ?

– J'ai réalisé que j'étais amoureux de toi, commença-t-il et l'entendre fit redresser la tête de Sam, pour lui faire face, enfin, quand je me suis retrouvé tout seul devant l'océan, loin de vous, et que vous me manquiez tous mais toi d'une façon différente que les autres.

Une flamme d'émotions brilla dans ses prunelles, mais il choisit l'humour :

– Ça fait même pas une semaine, mec, et tu m'emmènes déjà ici.

– Eh, ça fait même pas une semaine parce que je l'ai pas vu arriver, mais maintenant ? Qui sait quand j'ai commencé à te voir différemment.

– Donc si je t'avais embrassé plus tôt, disons l'autre soir chez moi après la convention de Carol, tu aurais réagi comment ?

– J'aurais… été surpris. Paniqué peut-être ? J'ose espérer que ça m'aurait fait ouvrir les yeux et que j'aurais répondu.

Sam retint un pouffement et l'embrassa, pour de vrai cette fois. Ils finirent avec du sable dans les cheveux et les vêtements.

Leur balade se poursuivit le long des rochers puis vers l'intérieur du village, jusqu'à une petite maison excentrée. Ses murs en pierre cachaient trois pièces meublées simplement, une chambre, une salle de bains et une salle de vie, d'apparence simple et chaleureuse mais Sam ne doutait pas qu'ils cachaient, comme toutes les planques du SHIELD, suffisamment d'armes et de haute-technologie pour s'infiltrer dans un avion et fuir le pays en deux temps trois mouvements.

Ils passèrent la soirée dans la même bulle, marchant dans le village, dînèrent dans un petit restaurant à touristes, croisèrent des habitants qui reconnaissaient Bucky.

– Au fait, comment ça se fait que tu aies pu revenir ici alors que la mission est terminée ? demanda Sam quand il rentrèrent, plus tard.

– Faveur de Hill. Ce n'est que pour une nuit de toute façon.

Ils prirent des couvertures et s'installèrent dans le jardin pour regarder les étoiles.

– Tu as une idée de laquelle est quoi ?

– Non, aucune. Au pire il doit exister des applications, proposa l'homme aux cheveux mi-longs.

– Ou alors… Un contexte si romantique…

Celui au cheveux courts roula sur le côté, de façon à se retrouver collé au torse de son amant, sur lequel il fit courir un doigt joueur. Un inspiration brusque coupa le silence tandis que la poitrine se soulevait, et il sourit. Une main entoura sa nuque pour l'entraîner dans un baiser.

Les lèvres commençaient à être familières déjà, même s'il ne se lassait pas de les explorer, mais elles charriaient une intensité nouvelle dans laquelle il plongea. Le bras prothétique s'enroula autour de lui, pressant toute la longueur de leurs deux corps l'un contre l'autre, la main de sa nuque descendit dans son dos, remonta sous son tee-shirt, laissant un filet de frissons courir sur son échine. Il avait l'impression de ne plus pouvoir se passer de son contact, depuis ce premier baiser dans leur immeuble son désir l'enivrait, et se sentir autant désiré en retour, avoir la permission de couler ses mains contre son torse, d'arracher un soupir de bonheur dans le mouvement…

– Je… peux ?

– Mmhmh

…de lui passer le vêtement encombrant par-dessus la tête et de se noyer dans la chaleur de sa peau, d'en explorer chaque centimètre lentement, de savourer la caresse, de soupirer dans son oreille… Ça lui faisait tourner la tête, et il aurait pensé avoir passé l'âge.

C'était à celui qui enflammait le plus l'autre et tous les coups étaient permis. Ou, plutôt, toutes les caresses étaient bienvenues.

Sam embrassa le creux de sa mâchoire et Bucky étendit son cou pour lui laisser plus d'accès. Il suça un endroit sensible derrière son oreille pour obtenir, en réponse, une jambe qui se faufila entre les siennes, des hanches qui se calaient contre lui et une cuisse qui appuya là où il fallait. Sentir son érection frotter contre la sienne le coupa, un instant, et il se retrouva à respirer profondément en le regardant, admirant les pupilles dilatées dans la lumière faible de la nuit, pour se faire renverser un souffle plus tard, son haut volant par-dessus ses épaules en un geste rapide, sa peau frémissante allongée dans l'herbe humide par des bras tendres et amoureux qui apprécièrent clairement de se balader entre ses abdos et ses épaules. Son jean devenait trop étroit et Bucky en avait conscience, parce qu'il ondula contre lui.

– Ça t'amuse, hein ?

– Beaucoup…

Il s'allongea sur lui et déposa sur sa joue un baiser beaucoup plus calme en comparaison du reste, le serra fort et blottit sa tête dans son cou. Sam retira l'élastique de ses cheveux pour y emmêler ses doigts.

– Tu sens bon, murmura le premier contre son épiderme.

– Je pense que je ne vais pas tarder à prendre ton odeur, ouais, souffla le second dans son oreille.

Sa main continua de caresser son torse, avant qu'un pouce ne se glisse sous sa ceinture, envoyant des ondes électriques dans son ventre et sa poitrine. Un gémissement lui échappa comme le doigt l'effleurait, ne franchissant jamais l'élastique de son boxer, une limite salvatrice et terrible à la fois.

– Putain, Barnes ! s'envola dans les airs alors que les dents de son amant prenaient le relais sur son téton, que le pouce appuyait un peu plus fort, un peu plus bas, que les autres doigts commençaient à le rejoindre, qu'un genoux titillait l'intérieur de sa cuisse.

– Tu veux ?

– Dans un lit, s'il te plaît.

– Oooh, s'il te plaît ? Je t'ai vraiment rendu tout gentil avec mes doigts, hein ? fit Bucky, lesdits doigts titillant sa peau brûlante.

Pour tout réponse, Sam mit la main dans la poche arrière de son jean et put apprécier de le voir rougir alors qu'il serrait la courbe de sa fesse. Bucky secoua la tête avec un rire léger et finit par se relever, permettant à Sam de faire de même. Ils récupèrent leurs vêtements et les baisers reprirent dans la chambre, derrière l'intimité de la porte contre laquelle s'écrasèrent des gémissements de plaisir et quelques jurons.

Plus tard, les habits disséminés sur le sol, une serviette humide reposant sur la table de chevet, Sam traçait des motifs abstraits sur le torse de Bucky, détendu contre son épaule, évitant de toucher les cicatrices. Leurs membres emmêlés ne se distinguaient qu'à la couleur de leurs peaux, tant ils avaient réduit l'espace entre eux à néant.

– Est-ce que j'ai été un peu trop fort ? chuchota Sam, en repassant sur un suçon à sa taille, sur lequel ses dents avaient imprimé une trace.

– Non. Je savais déjà que tu voulais me manger de toute façon.

– Ok. Top.

– Quoi, tu veux recommencer à me dévorer comme ça ?

Sam lui fit un clin d'œil, embrassa sa tempe, et s'enfonça dans l'oreiller. Le silence leur laissa le temps de sombrer un peu plus dans le sommeil.

– Ça te va si on fait du tourisme à Buenos Aires demain ? Avant de reprendre l'avion.

– Niquel. On peut trouver un restau au bord de l'eau pour le déjeuner… Je t'invite.

– Mmh. Tu sais comment t'occuper de ton mec, Wilson.

– Dit celui qui a organisé tout le week-end.

– Il fallait bien marquer le coup… Surtout si tu étais là à crusher sur moi sans rien dire.

– J'avoue que… L'attente en valait la peine.

– Je t'aime, murmura Bucky et même s'il le savait déjà, même s'ils en avaient parlé dans l'après-midi, l'entendre illumina quand même le visage de Sam d'un sourire bienheureux.

– Je t'aime, retourna-t-il.

Ils s'endormirent dans le câlin.

Ils purent jouer aux parfaits touristes le lendemain, visitant le centre historique de la capitale, prenant des photos et des glaces, profitant simplement de la journée. L'ambiance de vacances était coupée par occasions par un souvenir de la fuite de Bucky, bien qu'en parler devienne plus facile comme le temps passait. La conversation revenait aisément entre eux.

Le vol occupa la nuit du dimanche au lundi : posant le pied sur le sol new-yorkais, la perspective d'une sieste occupait toutes leurs capacités mentales. Ce n'est que tard dans l'après-midi qu'il purent aller toquer chez les Danvers. Carol était sortie rejoindre Maria et leur appartement avait le calme d'une journée créative, Natasha à la guitare et Steve au pinceau. Alpine retrouva son maître avec joie et vint ronronner près de ses chevilles.

– Alors ?

– Vous saviez, n'est-ce pas ? accusa Sam.

– Disons que voir Bucky refuser pour vous deux quand on a proposé un dîner samedi soir a éveillé notre suspicion, confirma la rousse.

– Et puis Buck avait trop besoin qu'on lui confirme que c'était une bonne idée et qu'il n'allait pas trop vite, lança le blond. Tu imagines, depuis le temps !

Ils s'installèrent tous les quatre sur le canapé, des tasses de chocolat en mains.

– Depuis le temps que quoi ? s'étonna le concerné. C'était la première fois que je t'en parlais.

– Ah mais, avant que tu ne m'en parles, j'ai dû vous regarder vous tourner autour pendant des mois. Je pensais déjà que quelque chose allait se passer au réveillon… Mais chacun va à son rythme comme on dit…

– Le réveillon… Le réveillon du nouvel an ?

– Mais c'était il y a un an pratiquement ! s'exclama Sam. Je n'avais même pas réalisé qu'il me plaisait à ce moment-là.

– Et moi non plus…

– Chacun à son rythme, sourit Natasha. On allait pas s'immiscer là-dedans. Et puis, finalement, la peur de le perdre a fait le travail, n'est-ce pas ?

Les deux amants échangèrent un regard où se reflétaient gêne et surprise équitablement.

– J'aurais pu faire sans la partie où tu disparais, j'avoue, soupira Steve, incapable de tenir sa langue. Mais au moins ça vous a fait ouvrir les yeux.

Les siens s'attardèrent sur Bucky une seconde de trop, et son meilleur ami y vit passer une lueur de tristesse vite balayée.

– Juste, évite de nous refaire le coup, ok ?

Le brun acquiesça. Il savait ce que pensait le dessinateur, la même question qu'il lui avait posé des dizaines de fois mais qu'il n'articula pas ce jour-là. Steve semblait résigné. La main de Sam caressa distraitement son poignet, comme s'il avait partagé sa pensée, et Natasha sirota une gorgée de sa boisson, manifestement indifférente, mais elle appuya un peu plus son épaule contre celle de son partenaire.

– Steve, je peux te parler une seconde ?

La confusion flotta dans les airs, valsant avec le doute, mais l'homme se leva prestement et suivit son ami dans une chambre, dont il ferma la porte. Bucky déglutit.

– Juste, avant de t'expliquer quoi que ce soit, je veux que tu saches que ça s'est bien passé avec Sam, et que je suis persuadé que ça va continuer à bien se passer. Je suis heureux, ok ?

– Tu avais besoin d'être en couple avec un homme que tu ne savais même pas que tu aimais il y a quelque mois, pour m'expliquer pourquoi tu es parti ?

Bucky hocha la tête et prit une inspiration.

– C'est bien de ça dont on va parler, n'est-ce pas ? Tu vas enfin me dire pourquoi tu as disparu à l'époque, et pourquoi tu es parti plutôt que de nous demander de l'aide ?

– Je vais t'expliquer pourquoi j'ai eu besoin de partir après que tu m'aies demandé d'être ton témoin pour le mariage avec Peggy. Mais ça n'a rien à voir avec l'histoire du chantage de Hydra, précisa-t-il, s'asseyant sur le lit. Ça, c'était réellement parce que je voulais pas vous mettre en danger.

– Et quand tu me disais que tu avais juste besoin d'un week-end pour prendre l'air et te détendre, c'était pour quoi ?

– C'était pas vraiment un mensonge. En fait, c'était même la vérité : j'avais besoin de prendre l'air.

Un silence. Steve s'assit à côté de lui, se retint de poser une main sur son épaule, sachant que le geste fermerait son ami sur lui-même plutôt que de l'encourager. L'hésitation était palpable dans les deux camps.

– Tu sais, dit-il doucement, si tu ne veux rien me dire, je peux l'accepter. On avait dix-huit à l'époque, Buck, on faisait tous des conneries. Tu ne pouvais pas savoir que tu allais être enlevé après…

– Certes, mais j'aimerais que tu arrêtes de te sentir coupable à cause de ça, fit-il, roulant des yeux.

– Eh, j'ai fait des progrès sur ce point ! Sérieusement Bucky, ça fait vingt ans.

– Ok.

Il prit une nouvelle inspiration, accrocha ses yeux aux siens, rassembla son courage il se sentait complètement ridicule à stresser pour un crush d'adolescent à quarante ans.

– Je suis tombé amoureux de toi, à l'époque.

Steve écarquilla les yeux, mais Bucky continua avant qu'il ne puisse exprimer sa stupéfaction. Ou son embarras, c'était selon.

– J'étais amoureux de toi avant que tu ne rencontres Peggy, même. C'est pour ça que j'ai arrêté de te traîner à des doubles rendez-vous tout à coup, ou que je n'allais plus à des rendez-vous, même seul. Et je ne savais pas comment t'en parler parce que… On parlait de filles parfois, mais on n'avait jamais parlé de garçons, je ne savais pas que j'étais gay, merde je n'avais aucune idée de ce qui m'arrivait, je n'étais même pas totalement convaincu que c'était possible tu vois ? Je me disais qu'il fallait que je trouve le courage de tout t'avouer, mais je l'ai pas trouvé et tu as rencontré Peggy, tu as eu un coup de foudre pour Peggy et tu avais besoin d'en parler à ton meilleur pote, et même si j'avais l'impression de te mentir constamment, c'était le pire moment pour te faire une déclaration. Je pouvais pas te faire ça alors que tu te cassais la tête pour l'inviter à danser.

– Merde, Bucky, je suis désolé.

– J'étais heureux pour toi, tu sais, poursuivit-il avec un sourire dont il n'avait même pas besoin de forcer la franchise, pour son plus grand plaisir. J'étais heureux de te voir aussi content et de pouvoir t'entendre raconter tes histoires et te soutenir, parce que j'étais toujours ton meilleur ami, tu vois ? A la fin, ça n'avait pas tellement d'importance que je sois amoureux de toi en plus de t'aimer, parce que le résultat serait le même dans tous les cas. Du coup, je me suis dis que j'allais juste attendre que ça passe, je finirai bien par rencontrer quelqu'un moi aussi et tourner la page et, si ce n'était pas le cas quand tu romprais avec Peggy, alors tu serais assez célibataire pour que je t'avoue tout.

– Mais je t'ai dis que je voulais la demander en mariage et tu as réalisé que je ne romprais peut-être jamais avec elle, alors que tu m'aimais encore.

– Ouais.

– Et je t'ai demandé d'être mon témoin alors que… Je suis vraiment désolé. Ça a dû faire mal.

– Mais c'est terminé, c'est de l'histoire ancienne.

Cette fois, Steve jeta un bras sur ses épaules et l'attira contre lui en un demi-câlin.

– Je disais la vérité, j'avais vraiment besoin de m'éloigner un peu de tout ça pour réfléchir. Il fallait que je décide ce que je voulais faire, et ce que je voulais être aussi, parce que je n'avais toujours aucune idée de si j'aimais les mecs, ou pas. Le plan était de trouver un bar et d'inviter quelqu'un à danser comme je l'ai fait tant de fois avec des filles, mais d'inviter un garçon cette fois, et de ne pas avoir de double rendez-vous pour éviter la pression.

– Je t'en aurais pas voulu tu sais, si tu me l'avais dit. Je me serais pas enfui. J'aurais été surpris…J'ai été surpris quand tu m'as fait ton coming-out, mais ça n'aurait rien changé.

– Sauf que ça aurait changé quelque chose pour moi : je ne voulais pas me réveiller à trente ans et réaliser que j'avais manqué ton mariage parce que je ne savais pas quoi faire de mes sentiments.

– Autant pour manquer le mariage. J'aurais pas dû acheter cette bague en premier lieu.

– On avait dix-huit à l'époque.

– Du coup, Sam ?

– Apparemment, j'ai un truc pour les agents extra-gouvernementaux têtus comme une mule.

– C'est quand même drôle, parce que je ne t'ai plus vu une seule fois avec une femme après ça.

– Qu'est-ce que tu veux, j'ai appris pas mal de trucs sur moi depuis.

Au salon, Sam se décida finalement à abandonner toute apparence, et demanda à Natasha :

– Combien de fois tu as eu envie de me secouer, en me voyant paniquer devant nos recherches, ou devant Fury, parce qu'on avait pas de nouvelles de lui ?

– Beaucoup trop pour ton propre bien, Wilson. Si vous n'étiez pas ensemble à Noël, j'aurais trouvé un moyen de vous réunir sous une branche de gui.

– La bonne vieille méthode, plus efficace que Tinder.

Natasha rit légèrement.

– Je suis contente pour vous, n'empêche. Vous en aviez envie et besoin. Et ça va faire du bien à Steve d'avoir le fin mot de cette histoire, même après tout ce temps, dit-elle, désignant la porte d'un signe de tête.

– Tu… Tu es au courant ?

– J'ai deviné. En soit, c'était pas si compliqué d'additionner deux et deux, une fois que j'ai eu leur version de l'histoire à chacun. Il n'y a pas tellement de raisons qui pousseraient un meilleur ami à partir en apprenant que son pote veut se fiancer. Je suis juste contente que cette histoire se termine bien, et d'y avoir trouvé ma famille au passage.

– Oh, Nat…

Elle ouvrit les bras et ils se coulèrent dans un câlin.

– Tant qu'on y est… amorça Sam. Peut-être qu'il serait temps d'arrêter de taquiner Carol et Peter sur leur relation…

– Ouais… Ça, je m'en veux de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Je suis bie, et même si Steve est hétéro, tu es bi aussi, Bucky est gay, Sharon est lesbienne, ce n'est vraiment pas la représentation qui manque dans notre entourage. Mais je suis quand même tombée dans le piège.

– On y est tous tombés, hein. C'est vraiment pas facile d'éduquer des gosses.

– Non mais, tu vois, j'ai réalisé qu'elle était ma fille et que je lui avais jamais parlé de mes romances passées. Steve et moi, on n'a pas fait plus que de lui montrer des films et lui dire qu'on l'aimera quoi qu'il en soit et qu'on serait toujours fiers d'elle, alors que je sais que ça manque à un enfant d'avoir des conversations ouvertes et bienveillantes sur…

– Eh, j'ai pas fait mieux. Mais je compte bien lui parler de mon nouveau copain, hein. Ne pas me cacher devant elle. Et puis, peut-être qu'elle nous dira qu'elle est hétéro…

– Je crois que Melissa et Arthur en doutent beaucoup.

– Même si elle l'est, ce type d'éducation ne fait jamais de mal.

– Nope.

Leurs partenaires respectifs revinrent dans la pièce, le bras de Bucky autour des épaules de Steve comme ils le faisaient souvent, et se posèrent entre eux. La soirée se poursuivit sur des sujets plus légers.

Juste avant qu'ils ne partent, Steve attira Sam légèrement à l'écart pour le prendre dans ses bras.

– Tu vas me dire que je n'ai pas intérêt à le blesser sinon tu vas me le faire regretter ? blagua celui-ci.

– Non. Juste… Merci. Lui brise pas le cœur s'il te paît.

– T'inquiète. Je n'y compte pas, loin de là, répondit Sam, la voix pleine de sincérité et de joie.

– Même quand vous ne serez plus dans la phase « tout est nouveau et tout est beau et rose », hein.

– T'inquiète, répéta-t-il.

Et si Bucky et Natasha, se tenant encore dans l'entrée, entendirent toute la discussion, ils n'en parlèrent pas entre eux. Un clin d'œil pouvait si facilement passer inaperçu…

Sam déposa Bucky devant sa porte une nouvelle fois. Il aurait pu rentrer il n'avait aucune raison de se dépêcher. Mais il se séparèrent malgré tout après un baiser plein d'assurance et de promesses, parce qu'ils avaient aussi besoin de temps pour eux-mêmes et leur routine.

Sam monta les escaliers, Bucky le regarda s'éloigner avant de refermer sa porte.

– Oh, mais c'est pas trop tôt, grommela une voix qu'il reconnut très bien, même à travers le battant.

La mamie du quatrième étage grimpait les marches pour une fois : l'ascenseur était en panne. Ses genoux n'étaient plus ce qu'ils avaient été et elle s'appuyait sur la rampe, mais souriait quand même :

– Avec le temps qu'ils passent fourré l'un chez l'autre ces deux-là !

Bucky rit doucement.


Et voilà ! J'espère que ça vous a plu, et que ça a pu vous donner un peu de douceur 3