Que faire maintenant ?
Ces yeux fixaient le plafond sans vouloir ciller. Elle se sentait vide. Depuis combien de temps était-elle réveillée ? Elle n'aurait pu le dire, les minutes devenaient des heures et les heures, des jours. Cela faisait bien deux semaines qu'Amelia se cachait dans un appartement non loué. Elle ne savait plus quoi faire, sa vie s'était toujours résumée à l'agence, son équipe et sa mère. Qu'allait-elle devenir à présent, le monde actuel ne présentait pas d'intérêt à ses yeux. Pour l'instant, elle se contentait de survivre. L'idée de se rendre lui avait effleuré l'esprit, mais elle ne supportait pas l'idée de mourir pour le bon plaisir d'un homme. Les seuls effets personnels qui lui restait été une photo d'elle et de son équipe à l'âge de 6 ans et la clef du tiroir du bureau de sa mère qui pendait encore à son cou. Elle avait également récupéré de l'argent en liquide et un faux passeport qu'elle avait préalablement caché en cas de coup dur. Heureusement elle avait aussi pensé, il y a quelques années, à mettre toute sa fortune sur des comptes offshore, ça lui aurait fait les pieds que le gouvernement fasse main base dessus.
Son estomac se mit à gronder, elle avait fini ses réserves de nourriture la veille. Lentement, elle ferma les yeux, et si elle se laissait tout simplement mourir. Comme ça c'est elle qui avait le contrôle. Cette pensée lui fit froncer les sourcils, que dirait Louis s'il la voyait maintenant !
Prise d'une pulsion soudaine, elle se redressa. Le geste avait été si rapide qu'elle eut un bref vertige. Elle gagna la petite pièce d'à peine 3m2 qui lui servait de salle de bain et elle s'aspergea le visage d'eau. Ses yeux rencontrèrent leur reflet, et une idée sous-jacente lui vient en tête.
Il restait quelqu'un, enfin peut-être, cette personne pourrait lui donner de nouveaux objectifs ou pas enfaite c'était un peu comme un coup de poker, si ça ne fonctionnait pas ce sera finit pour elle.
Appuyer contre le lavabo, sa main droite se mit à trembler subtilement. De toute façon, elle n'avait plus rien à perdre.
- Allons rencontrer mon père ! commanda-t-elle à son reflet comme pour se convaincre elle-même.
Il fallait qu'elle quitte l'Angleterre, alors pourquoi pas les États-Unis ? Elle se mit à réfléchir à sa fuite du pays. Premièrement, elle devait changer son apparence. Amelia songea à couper ses cheveux et les teindre, mais elle ne put s'y résoudre, sa mère avait toujours aimé sa chevelure, elle voulait les garder tels quels en sa mémoire. La jeune femme opta donc pour une perruque rousse foncée coiffée en carré court. Elle se maquilla également en utilisant des techniques de contouring afin de changer la physionomie de son visage et se vieillir d'une vingtaine d'années de plus. Elle s'affubla également de lentilles de couleur marron. Pour ses vêtements, elle décida d'adopter un style passe partout. Costumé ainsi, même le système de reconnaissance faciale le plus au point de pourrait pas l'identifier formellement.
Fière de son travail, la jeune femme quitta l'appartement et se rendit en transport en commun dans l'aéroport le plus proche. Elle partit de Londres pour 7h40 de vol. Sur le chemin, elle avait croisé des patrouilles de polices qui avaient certainement eu son signalement, mais son déguisement fonctionna et personne ne la remarqua. C'est donc plutôt sereine qu'elle embarquât à bord de l'avion qui la mènerait à New York, la ville qui ne dort jamais.
Le vol fut tranquille, pas trop de turbulence, aucun voisin de siège sans gêne ni d'enfant qui pleure. Malgré cette accalmie, Amelia ne se résolut pas à dormir. Elle passa les huit longues heures en étant pleinement réveillée. Elle pensait à la suite des évènements, elle se disait qu'elle ne pouvait pas rentrer en contact directement avec le milliardaire. Elle voulait d'abord en savoir plus sur lui quel genre d'homme il était, ce qui l'aimait, si c'était vraiment son père et sa position face aux enfants cachait depuis 22 ans. Bon, clairement, cette réponse-là, il y avait peu de chance qu'elle l'obtienne avant de lui parler. Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à des choses comme : « Et si c'était un monstre lui aussi ? Et s'il ne me croyait pas ? Et si maman c'était trompé et si, etc.. ? »
Le mieux serait de trouver un séquençage de son ADN et de le comparer au sien. C'est ça, la première chose qu'elle ferait.
L'avion finit par se poser et lorsqu'Amelia descendit sur le tarmac, elle se dit que jamais plus elle ne pourra revenir en Angleterre et qu'elle n'avait, officiellement, plus de « chez elle ». Elle trouva un cybercafé à proximité de l'aéroport et y commanda un chocolat chaud ainsi qu'un accès internet pour vingt minutes. De là, en sirotant doucement le nectar chocolaté, elle essaya de pirater son géniteur, sans grand succès malheureusement. Son père étant un génie ses pare-feu ne ressemblait à rien de connu à l'heure actuelle. Amelia plissa les yeux, contrariés. Si elle ne pouvait récupérer aucune donnée de la source principale, elle devait essayer de trouver une seconde source aussi complète. Elle cogita une minute et la réponse lui vient d'elle-même : Le SHIELD. Cette organisation secrète, enfin plus ou moins, avait certainement pas mal d'informations sur leur Iron Man national et peut-être bien même un séquençage ADN. Le problème c'est que l'organisation n'était piratable que depuis l'enceinte de leurs murs. Mais le meilleur dans tout ça c'est que la brune savait très bien ou se trouvait un de leurs trois principaux QG, car sa propre ex-agence surveillait constamment les agissements du SHIELD. C'est donc sans grande surprise qu'elle partit à Washington, ayant eu son quota d'avions pour la journée, la jeune femme décida de louer une voiture de faire la route elle-même.
Amelia aimait regarder la route défilée sous ses yeux, cela lui vidait sa tête si d'ordinaire si encombrée. La radio crachait la chanson « Ride » de twenty one pilote, l'index de la belle brune battait le rythme sur le volant et la jeune femme se surprit même à fredonner.
Ce voyage-ci lui sembla passer en un éclair, c'est donc dans un battement de cils qu'elle se retrouva face au Triskelion ou Triskel pour les initiés. Amelia observa un moment les personnes entrer et sortir du bâtiment. Ils étaient tous habillés professionnellement les hommes en costume et les femmes en tailleur. C'était un problème, car la jeune femme ne possédait actuellement pas les vêtements adéquats pour ne pas éveiller les soupçons. Elle repéra alors un petit café non loin du complexe ou les employés semblaient souvent venir pour décompresser. Elle s'y rendit donc et attendit qu'une femme de sa corpulence aille aux toilettes. Ce n'est qu'après une bonne demi-heure qu'une jeune femme de son gabarit se leva et se dirigea vers les toilettes, Amelia la suivit d'un air nonchalant et la bloqua dans les cabinets. Avant même que sa victime n'eut le temps de crier, l'espionne lui comprima la trachée, et ce suffisamment longtemps pour qu'elle s'évanouisse, mais pas qu'elle en succombe. La brune enferma la femme dans une des cabines après l'avoir dépouillé de ses vêtements et sortie par la petite fenêtre qui donner dans une ruelle peu empruntée.
Il était actuellement treize heures moins le quart, dans une quinzaine de minutes tous ceux qui sont partis manger à l'extérieur vont affluer vers le bâtiment. Elle profitera de ce moment pour se glisser parmi eux.
Dix minutes plus tard le rassemblement qui se dirigé vers le Triskel lui donna raison et comme convenu elle se faufila parmi les travailleurs. Équipée du badge d'accès qu'elle avait soutiré à la pauvre dame encore certainement coincée dans les toilettes, elle passa les portiques de sécurité sans problème. Une fois n'est pas coutume, Amelia pénétra dans les premières toilettes qu'elle croisa sur son chemin. Vérifiant bien qu'il n'y avait personne, la jeune femme se faufila sans le conduit de ventilation. Heureusement que les normes américaines obligeaient ce type de conduit à être assez large pour laisser passer une femme. Dedans elle progressait lentement en rampant de peur de faire trop bruit. Elle réussit sans difficulté à atteindre une salle renfermant des serveurs informatiques. Après avoir évalué que la salle n'était pas piégée, c'est avec une certaine souplesse qu'Amélia sortit du conduit. Elle devait certainement être un chat dans une vie antérieure.
Elle entreprit alors de se connecter à la base de données qui se trouvait devant elle et elle copia tout ce qu'elle put trouver sur Antony Stark alias IronMan. C'est au moment précis où elle détacha sa clé USB du port, qu'une alarme assourdissante se fit entendre dans tout l'édifice. Amélia était sûre que ce n'était pas son craquage informatique qui avait été repérer elle avait pris toutes les précautions nécessaires. Selon toute logique, cela devait être celle à qui elle avait emprunté l'identité qui avait donné l'alerte. Evidemment, elle n'allait pas demeurer indéfiniment dans les toilettes. La belle brune ne demanda pas son reste et grimpa à nouveau dans les conduits. Que ne fut pas sa surprise en découvrant des petits robots à l'intérieur en train de scanner le périmètre.
- C'est une blague ! grommela-t-elle ironiquement entre ses dents.
Un peu plus loin dans une salle de contrôle, un petit groupe de personnes, dont le directeur actuel du SHIELD Nicholas Fury, prirent connaissance de la situation.
- L'intrus est dans un conduit du rez-de-chaussée nord, informa une brune à la carrure austère.
- Agent Romanoff occupez-vous en ! commanda le directeur.
- Bien Monsieur !
- Rogers allez y aussi, on ne sait pas sur qui ou quoi on peut tomber, ajouta Fury.
- D'accord.
