Coucou tout le monde!

Me voici de retour pour un nouveau chapitre!

Un grand merci à mes reviewers et encore une fois, désolé pour l'attente. J'ai eu un moment de "syndrome de page blanche" qui j'espère se résolve doucement.

Choixpeau de fic: ta review m'a fait chaud au coeur :) j'ai toujours peur de ne pas rester fidéle aux caractères des personnages, surtout quand j'écris sur le couple Hermione/Sirius. Mais pour l'instant, le personnage le plus difficile à rendre fidèle aux livres, je pense que c'est Rogue. Il est tellement complexe et sarcastique que c'est dur de maintenir le niveau TT.

Je sais que je suis pas doué pour l'orthographe. Les fautes sont une vraie plaie pour moi. J'admets que j'ai du mal à demander de l'aide ( plus par timidité que par envie) c'est pour ça que je n'ose pas chercher une beta. :/

En tout cas, j'espère que la suite te plaira toujours autant!

Je vous laisse à votre lecture! A très vite!


POINT DE VUE DE SIRIUS.

De toutes les idées stupides que j'ai eue un jour, celle-ci peut se targuer d'être dans le top cinq.

La nuit fut encore plus courte que la précédente, et pas seulement à cause de ses cauchemars qui était beaucoup moins nombreux. Les cris d'Hermione m'ont réveillés qu'une seule fois après l'avoir rejointe dans le lit, mais j'ai fait un bond de surprise, je me suis pris un coup de coude dans les cotes et le plat de sa main dans la figure tellement elle s'est débattue. La veille, il y avait la porte entre nous qui atténuait les premiers cris, me permettant de me réveiller sans me faire transpercer les tympans. Là, je me demande si je ne suis pas devenu sourd de l'oreille gauche et je crois bien que je vais avoir un cocard sous l'œil gauche.

Par contre, la seconde fois ou je me suis réveillé, je me suis rendu compte qu'Hermione parlait dans son sommeil. Je ne sais pas à qui elle s'adressait dans son rêve, mais ça devait être assez chaud si je prends en compte les gémissements qu'elle a eu. Et malgré moi, mon corps a réagi et il m'a fallu beaucoup de sang froid pour calmer mes ardeurs. Ça m'a plutôt perturbé qu'elle ait ce genre de rêve et j'ai eu beaucoup de mal à retrouver le sommeil après ça.

Dès les premiers rayons de soleil, j'ai fini par me lever et j'ai filé dans mon appartement pour me prendre une bonne douche et me libérer un peu de cette pression qui ne m'a pas quitté d'une bonne partie de la nuit. C'est peut-être pas très classe, mais je reste néanmoins un homme normalement constitué et avec des besoins à assouvir.

Une fois sortit de la douche, je constate en me lavant les dents qu'elle n'a pas épargné mon visage. J'ai toujours su que ma lionne avait une certaine force après la gifle qu'elle m'avait administrée durant l'été de sa cinquième année, mais je l'ai peut-être sous-estimé. Comment je vais justifier le bleu maintenant ? L'ironie du sort veut que je ne connaisse aucun sort de beauté pour le camoufler. J'ai jamais jugé utile d'apprendre ce genre de chose, mais va peut-être falloir que je révise mon jugement. Tant pis, je dirais que c'est Peeves qui m'a joué un sale tour.

Après m'être préparé, je sors de mon appartement en baillant. La pirate m'informe qu'Hermione est partie deux minutes plus tôt. Je prends donc la direction de la grande salle en repensant à la nuit dernière. Je me demande de qui rêvait Hermione. Savoir qu'elle est capable de faire ce genre de rêve m'amuse beaucoup. Mais je suis surtout intéressé de savoir avec qui elle se rêve. Je ne compte pas le lui demander, du moins pas de suite. Il vaut mieux garder ça pour moi pendant un temps.

Je finis par atteindre l'antichambre de la grande salle en passant par un passage secret, et je me faufile dans la grande salle par la petite porte. Je me glisse entre Hermione et Filius, là ou j'ai pris l'habitude de m'asseoir et je les salue poliment.

- Bonjour à vous aussi Siri… Commença Filius souriant en tournant la tête vers moi, Mais, qu'est-ce qui vous est arrivé ? Demanda-t-il aussitôt en remarquant mon bleu sous l'œil.

Je soupire. La journée va être longue…

POINT DE VUE D'HERMIONE.

La nuit fut un peu plus reposante que la précédente. Je n'ai fait que deux cauchemars et les deux fois, Sirius s'est montré très présent. Il a calmé mes pleurs et m'a rassuré malgré mon entêtement à le rejeter. Je m'en veux d'être aussi faible et de me montrer ainsi devant lui. Mais en même temps, je lui suis vraiment reconnaissante de ce qu'il fait pour moi depuis le début de l'année scolaire. Plus encore depuis ces deux dernières nuits. Sirius est vraiment adorable et je me rends compte que je ne lui rends pas la tâche facile en me comportant avec lui comme une peste.

Je ne sais pas si c'est la proximité de Sirius dans le lit qui a changé la donne, mais le rêve qui a suivi mon cauchemar était plutôt érotique. Je ne pensais pas que je serais capable d'avoir ce genre de songe après mes cauchemars. Dans un sens, ça me rassure, car ça me montre que je peux rêver d'autre chose que de la guerre.

En me réveillant, j'étais seule dans ma chambre. Il m'a semblait entendre la porte du portrait se refermer. Je me suis aussitôt levé et j'ai filé à la douche avant de me préparer. J'ai fini par rejoindre la grande salle après un dernier regard rapide vers le cadre posé sur la petite table du salon, entre le canapé et le fauteuil.

En arrivant dans la grande salle, j'ai salué poliment mes collègues qui arrivent presque en même temps que moi et je m'assois à côté du professeur Rogue, place que j'occupe désormais tout le temps. Ce dernier me jette un regard en biais mais me dit rien. Je lui adresse un petit sourire, consciente qu'il ne demandera jamais comment je vais. Ce n'est pas son genre. Il m'a dévisagé une fraction de seconde, à incliner légèrement la tête.

- Granger, dit-il platement en guise de bonjour.

- Bonjour professeur Rogue, vous avez l'air d'être en forme aujourd'hui, dis-je enthousiaste.

Il ne me répond pas, mais j'ai fini par m'y habitué en une semaine. Rogue n'est définitivement pas du matin. Le fait est qu'il prononce déjà mon nom est un exploit en soit. Je prends même ça comme un privilège venant de lui car je suis la seule personne à qu'il prononce ne serait-ce qu'un mot.

Après la crise dans les couloirs ou il a assisté, je m'étais attendu à recevoir quelques piques venant de lui, mais il n'en fut rien. Là encore, il ne fait aucun commentaire après ma crise de la veille. Je lui en suis reconnaissante en un sens et c'est bien pour ça que je n'insiste pas et que j'évite de lui parler à nouveau. Je me contente de préparer mon petit déjeuner alors que Rogue s'enfile des tasses et des tasses de cafés. Pas étonnant qu'il soit irascible en cours après ça.

Sirius se glisse à côté en saluant tout le monde. Je tourne la tête vers lui et lui adresse un petit sourire timide. Mais Filius semble choqué et l'interroge. Intriguée, j'attends d'avoir le fin mot de l'histoire.

- Peeves m'a joué un mauvais tour, voilà le résultat, s'amuse-t-il a répondre.

Je fronce les sourcils et alors qu'il tourne la tête dans ma direction, je remarque son œil. Je palis dangeureusement, prête à parier que je ne suis pas si innocente que ça dans cette histoire. Il m'adresse un clin d'œil avant de se préparer lui aussi son petit déjeuner. Je baisse les yeux sur mon bol de chocolat chaud, le cœur lourd de culpabilité, qu'est-ce que j'ai fait ?

POINT DE VUE GENERAL.

Sirius semblait de bonne humeur et faisait la conversation pour quatre. Rogue s'enfilait du café se retenant à grande peine d'étrangler Black qui parlait beaucoup trop et bien trop fort selon lui quant-à Hermione, elle n'avait pas relevé la tête vers Sirius, se contentant de grignoter une tartine, pensive.

De la table des Gryffondors, Ginny observait la scène en silence, délaissant son petit déjeuner.

- Gin', tu vas finir par aller en classe le ventre vide ! prévint Dean en engloutissant une viennoiserie.

- Et en plus, on a cours avec Rogue ce matin, gémit Neville au bout de sa vie.

- Arrêtes de fixer la table des professeurs, soupira Amy Winchester, une amie de Ginny en septième année.

Amy et Ginny partageait leur dortoir depuis leur première année. Les deux filles étaient proches, sans pour autant empiéter sur la vie privée de l'autre. L'année précédente, Amy avait été envoyé par son père à Ilvermorny, l'école de magie américaine. Sa famille avait prit la fuite après l'attaque du ministère et la prise de pouvoir de Voldemort. Amy en avait longtemps voulu à son père de l'avoir forcer à partir. Elle était directe, trop honnête pour son propre bien et assez sarcastique. Pour autant, elle ne manquait pas de courage. Elle faisait une tête de moins que Ginny, elle était un peu ronde, mais dégageait un charme certain.

- Pourquoi tu regardes Hermione ? finit par lui demander Neville.

- C'est à cause de la rumeur sur Le professeur Black et elle ? demanda Amy.

- Ce n'est qu'une rumeur, il y a rien entre eux, lança Ginny sur la défensive.

- Pas la peine de nous sauter à la gorge, clama Amy.

- Désolé c'est juste que… parfois je ne la comprends pas… souffla Ginny.

- Ouais moi non plus. Faut dire que le Sirius Black il est quand même sexy, affirma Amy en regardant à son tour vers la table des professeurs, je ne comprends pas qu'elle soit si proche de lui et qu'elle ne lui saute pas dessus…

Dean recracha son jus de citrouille par le nez, faisait rire la tablée alors que Lavande lui jetait des regards dégoutés avant de l'enguirlander.

- Il a l'âge d'être son père ! et le tien aussi par la même occasion, réprimanda Ginny.

- Et alors ? J'en aurai rien à carrer de ce petit détail de rien du tout, fit-elle en haussant les épaules. Au contraire, il doit avoir une certaine expérience en la matière si tu vois ce que je veux dire… sourit Amy malicieusement.

Les regards choqués qu'elle reçu la firent franchement rire. Seul Ginny démeurait pensive.

- Sérieusement, vous devriez voir vos têtes ! Au moins, je peux pas enlever aux américains d'être beaucoup moins puritains que les anglais sur ce point ! dit Amy en riant.

- A bien y réfléchir, je crois que Sirius n'a eu personne dans sa vie depuis presque deux décennies, fit Ginny en fronçant les sourcils.

Amy cessa de rire et fit des yeux ronds à l'aveu de Ginny. Les regards des Gryffondors se posèrent sur elle, curieux de savoir pourquoi elle pouvait affirmait une telle chose.

- Déjà, pourquoi tu l'appelles par son prénom ? Et ensuite, comment tu peux savoir ça ? demanda Amy en fronçant les sourcils.

- Sirius est le parrain d'Harry, avoua Ginny, et je pense ne pas me tromper car il a passé douze ans à Azkaban, puis trois ans en cavale et deux ans « mort », dit elle en mimant un guillemet avec ses doigts.

- Je te l'accordes, ça n'a pas du lui simplifié la vie pour avoir des rapports sexuels, fit Amy après réflexion.

- Sérieusement, le mec fait abstinence depuis au moins dix-sept ans ? Je lui tire mon chapeau, fit Seamus en sifflant.

- Ou bien, il prends du bon temps avec Hermione, comme le dit la rumeur, fit Amy en haussant les épaules.

Ginny ne répondit rien, mais elle repensait à la discussion de la veille. Et si Hermione et Sirius avaient bien une liaison qu'ils tentaient de cacher ? Harry serait probablement furieux quand il le découvrirait. Si c'était le cas, Sirius profitait de l'état émotionnel d'Hermione et c'était répugnant. Ginny garda ses conclusions pour elle, mais elle se promit de garder un œil sur tout ça. Si Sirius franchissait la ligne rouge, elle avertirait Harry.

*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*x*

- Sirius !

L'animagus s'arrêta alors qu'il sortait de la grande salle. Hermione l'avait rejoint en trois grandes enjambées et se glissa devant lui.

- C'est moi n'est-ce pas ? demanda-t-elle, ton œil, ajouta la jeune femme devant le haussement de sourcil du maraudeur.

Sirius lui adressa un sourire malicieux.

- Pourquoi ? Tu veux jouer à l'infirmière avec moi ? demanda-t-il taquin.

- Je suis sérieuse, gronda Hermione en roulant des yeux.

- Tu t'es débattue assez violemment cette nuit et j'ai pris un coup par inadvertance, avoua-t-il en lui souriant tendrement.

Hermione pâlit et se confondit en excuses, les larmes aux yeux. Sirius s'approcha aussitôt d'elle pour la prendre dans ses bras et lui assurer qu'il n'y avait aucun problème. Alors qu'il la tenait toujours dans ses bras, il glissa près de son oreille.

- Par contre, ce serait sympa que tu laisses croire en l'histoire de Peeves. C'est plus viril et sa soignera mon égo, dit-il moqueur.

Hermione se recula et lui mit une légère tape sur le bras, faisant rire Sirius.

- Décidemment, c'est ton passe-temps favoris de me cogner, rit-il amusé.

- Sirius, dit une voix masculine.

Hermione qui s'était mise à rire s'arrêta net et tourna la tête en direction de la voix. Malefoy les regardait tour à tour, impassible.

- Oui ? demanda Sirius en fronçant les sourcils.

- Je peux te parler ? Demanda Malefoy stoïque.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit l'héritier des Black.

Mais Malefoy regardait Hermione avec hésitation. La jeune femme comprit qu'il ne voulait pas parler devant elle. Elle comprenait. Elle avait beau mettre de l'eau dans son vin lorsqu'ils étaient en cours, elle ne le portait pas dans son cœur. Leur animosité était réciproque, et Hermione était convaincue qu'il s'était passé trop de chose entre eux pour qu'un jour, ils puissent s'entendre.

- On se voit plus tard Sirius, dit Hermione en tournant les talons. Malefoy, le salua-t-elle de la voix la plus neutre possible.

- Hermione attends… l'appela Sirius.

Mais l'ancienne gryffondor ne répondit pas et fila à travers les couloirs en direction de sa salle de classe.

La journée se passa bien malgré la fatigue d'Hermione. Elle passa même un peu trop vite à son goût.

Elle avait demandé à Sirius d'assurer le cours de révision des septièmes années à sa place puisqu'il était hors de question de redemander à Rogue après ses allusions de la veille. C'est à reculons qu'elle se rendit à l'infirmerie ou elle avait rendez-vous avec le psychomage.

Lorsqu'elle entra, elle croisa Parkinson qui en sortait. Les deux jeunes femmes se toisèrent en silence avant que chacune ne reprenne sa route sans s'être adressé les paroles. Hermione détestait cordialement Pansy, encore plus depuis la bataille de Poudlard ou elle avait tenté d'inciter les élèves à livrer Harry à Voldemort. En classe, elle prenait sur elle et tentait d'être le plus impartial possible. L'avantage, c'est que Pansy faisait profil bas et rasait les murs partout ou elle allait.

- Ah, Hermione vous voilà ! s'exclama Pomfresh en s'approchant d'elle à la vitesse de l'éclair.

Si Hermione avait espéré passer inaperçu, c'était loupé. Théodore Nott et une élève de quatrième année tournèrent la tête dans sa direction. Hermione se sentit rougir de honte et hésita à faire demi-tour.

- Le psychomage vous attend, affirma Pom-Pom en encerclant Hermione d'un bras qui se voulait réconfortant.

Hermione eut envie de le lui arracher alors qu'elle sentait le regard des deux élèves sur elle. Pour la discrétion, on repassera. Hermione se laissa guider comme un automate vers une porte au fond de l'infirmerie. En entrant elle remarqua l'homme qui ne devait pas avoir plus de trente ans, grand, une belle carrure et les cheveux bruns. Il était très séduisant.

- Miss Granger, dit-il en se levant de derrière son bureau, le visage souriant et admiratif.

Il contourna le bureau et se dirigea vers elle pour l'accueillir.

- Entrez je vous en prie, prenez place, dit-il en lui désignant le petit canapé beige.

La jeune femme le dévisagea un moment avant de regarder le canapé. C'était tellement cliché qu'elle dut se retenir pour ne pas rire. De mauvaise grâce, elle s'assit sur ledit canapé et croisa les bras contre sa poitrine, mal à l'aise.

- Alors, que puis-je faire pour vous ? demanda le psychomage avec douceur.

- J'en sais rien, répondit-elle au tac-au-tac.

- Commencez par me dire pourquoi vous êtes là, sourit l'homme.

- Parce que j'ai promis à mes amis que je viendrai vous voir.

- Et pourquoi ça ?

- Parce qu'ils s'inquiètent pour moi, souffla Hermione agacée.

- Et pourquoi ça ? demanda-t-il.

- Je n'en sais rien, vous n'avez qu'à le leur demander, finit-elle par dire avec agressivité.

Hermione se sentit rougir de honte. Elle s'était emportée et le pauvre psychomage en faisait les frais. Alors qu'elle allait s'excuser, elle le vit avec un sourire contrit. Il lui parla pendant cinq bonnes minutes en tentant de lui faire comprendre que ce n'était pas parce qu'elle était là qu'elle était faible ou qu'elle avait un problème. Il tenta de grappiller quelques informations et finit vite par comprendre qu'Hermione n'avait simplement pas l'habitude de se confier. A trop écouter les problèmes des autres, elle avait fait-fi de ses propres sentiments.

Après quarante-cinq minutes de discussion, Hermione n'avait pas lâché beaucoup de choses sur ce qu'elle ressentait. Elle avait rapidement mentionné ses nombreux cauchemars, sans pour autant rentrer dans les détails. Elle avait mentionné qu'elle avait été torturée et qu'elle avait perdu des êtres chers durant la guerre sans plus.

Devant les réponses évasives de la jeune femme et des difficultés qu'elle avait à se confier, il parvint à lui faire accepter de coucher ce qu'elle ressentait sur du papier. Il lui donna un cahier à la couverture en cuir et lui posa comme seule condition d'écrire tout les jours dedans. Ils se donnèrent rendez-vous le mardi suivant.

En sortant, Hermione ne se sentait pas mieux. Elle ne se sentait pas plus mal non plus. Elle se sentait juste idiote avec son cahier sous le bras. Elle se rendit à son appartement afin de le déposer et fila jusqu'à la grande salle pour le souper. Elle picora dans son assiette sous l'œil inquiet de Sirius qui lui résuma rapidement ce qu'ils avaient vu en cours de révisions.

- Avec tes notes, c'est allé plutôt rapidement en fait. Ils se débrouillent bien, lui dit-il d'une voix rassurante.

Elle acquiesça d'un signe de tête distraite. Elle ne pouvait s'empêcher de penser au petit cahier à la reliure en cuir noir qui l'attendait sur sa table. Elle avait beau réfléchir, elle ne savait pas quoi mettre dedans. Du moins, elle ne savait pas par quoi commencer. Elle avait bien eu un journal, mais cela faisait un an qu'elle n'avait plus mis son nez dedans. Avec la guerre, cela était devenu le cadet de ses soucis.

- Et sinon, j'ai roulé un de ses patins à Minerva, elle en était toute retournée ! lui dit Sirius, la sortant de sa torpeur.

- Hein ? QUOI ? s'étrangla-t-elle en réalisant ce qu'il venait de lui dire.

- Jalouse ? sourit-il narquois.

- Quoi ? Pas du tout… se défendit-elle aussitôt.

- C'est ça oui… ajouta-t-il moqueur.

- Hum… Si tu veux mon avis, ça ne devait pas être si mémorable que ça, sinon elle serait plus enthousiaste… sourit Hermione en regardant par-dessus la tête de Sirius.

Ce dernier fronça les sourcils et tourna la tête dans la direction opposée. Le regard incendiaire que lui lancer Minerva lui fit froid dans le dos alors que Filius semblait s'étouffer dans son rire. Sirius grimaça. Filius pouvait être une vraie commère parfois.

Hermione pouffa de rire alors que Sirius se tassait sur sa chaise.

- Sors moi de ce merdier… S'il te plait, lui murmura-t-il dans sa barbe.

Hermione laissa échapper un rire alors qu'elle se penchait sur l'épaule de Sirius pour le camoufler de son mieux.

- Sérieusement, tu as refais ma journée ! lui dit-elle hilare.

- Ravi que ça t'amuses, marmonna-t-il en prenant un air boudeur.

- Peut-être qu'elle attend que tu lui… roule un patin… maintenant, lui dit-elle moqueuse.

Sirius fit des yeux ronds en regardant Hermione.

- J'espère que tu n'insinues pas que je devrais… Non ! Non, c'est hors de question. Souffla-t-il en secouant la tête de droite à gauche.

Hermione éclata d'un grand rire, amusée par sa réaction.

A la fin du repas, alors que Sirius se servait pour la troisième fois consécutive du brownie sous les yeux effarés d'Hermione qui le compara un instant à Ronald, ils furent dérangés par l'interruption de la jolie blonde, Pénélope Deauclaire. Cette dernière s'adressa à Sirius sur un ton mielleux qui donna la nausée à Hermione alors que son cœur se serra. Sirius adressa un sourire charmeur à Pénélope alors qu'elle s'installait sur la chaise laissé vacante par Filius, partit cinq minutes auparavant.

Hermione regarda la blonde qui discutait avec Sirius sans même se rendre compte qu'elle était là, elle aussi. Enfin, Hermione n'était pas dupe, Pénélope savait parfaitement qu'elle était là, mais elle n'avait clairement pas l'envie de la mêler à la conversation. Sirius lui répondait avec gentillesse, ce qui fit grincer des dents Hermione qui regardait la scène sans pouvoir faire autrement. Lorsque Pénélope proposa à Sirius de faire une promenade nocturne, ce dernier accepta au grand désarroi d'Hermione.

Sirius finit par se tourner vers Hermione en souriant.

- Je te rejoins plus tard, dit-il avec douceur.

- Pas la peine, répliqua Hermione plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu, profites de ta soirée, ajouta-t-elle avec un sourire forcé en tentant de sauver les pots cassés alors que Sirius fronçait les sourcils devant le changement de ton d'Hermione.

Hermione n'attendit pas plus et se leva, quittant la grande salle à grandes enjambées pour regagner son appartement. Pour des yeux experts, il n'était pas difficile de voir qu'elle fuyait. Mais fuir quoi ? Sirius avait tout à fait le droit de vivre sa vie et fréquenter qui il voulait. Hermione serra les poings avant de se décomposer. Par Merlin, elle n'était quand même pas… jalouse ?

En rentrant dans son appartement, elle se mit à faire les cents pas. Ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas être jalouse. Pas de Pénélope. Pas à cause de Sirius. Sirius n'était qu'un ami, rien de plus ! Elle ne l'aimait pas, elle aimait… Son cœur se serra à nouveau alors qu'elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Son regard embué finit par se poser sur le petit cahier noir sur la table. Elle s'approcha et se laissa tomber sur l'une des chaises encadrant la table.

Après quelques minutes immobiles, la jeune femme finit par chercher son nécessaire à écriture et de s'installer plus confortablement. Après un moment d'hésitation, elle commença.

9 septembre 98.

Cher journal,

Comme me la conseiller le psychomage, je me mets à poser mes pensées sur du papier.

Je ne sais pas par quoi commencer. Mettre des mots sur ce que j'ai vécu est tellement compliqué.

Il ne se passe pas un seul jour sans que je ne repense à ce que nous avons vécu, Harry, Ron et moi.

Il ne se passe pas une seule seconde sans que je me demande si les choix que j'ai fait été les bons.

Il ne se passe pas une seule seconde sans que je ne ressente ce vide en moi.

Le vide qu'il a laissé. Ce que je ne peux pas partagé.

C'est compliqué d'en parler. Je sais que je ne pourrais jamais le faire. Ron m'en voudrait, et je ne le supporterais pas. Je croyais qu'il avait accepté mon rejet dans la chambre des secrets, lorsqu'il a voulu m'embrasser. Il m'affirme comprendre mais je vois bien dans ses yeux que ce n'est pas le cas. Harry m'a dit qu'il me laissait du temps car il pensait que c'est ce que j'avais besoin après la guerre. Harry a compris que je ne verrais jamais Ron autrement qu'un ami, qu'un frère. Il ne me la pas dit clairement, mais il l'a laissé sous-entendre.

Ma vie est devenu tellement chaotique que je ne sais même pas par quoi commencer.

J'ai finalement rendu leurs souvenirs à mes parents cet été. Ils étaient furieux lorsqu'ils ont réalisés ce que j'avais fait. Mes parents m'en veulent tellement qu'ils m'ont posés un ultimatum. La magie ou eux. J'ai beau avoir tenté de les rassurer, de leur avoir certifié que ce que j'avais fait été pour les protéger, ils n'ont rien voulu entendre. Charlie est venu avec moi et il a tenté de m'aider à apaiser la situation, mais rien n'y a fait.

Mes parents sont toujours en Australie. Ils organisent leur retour en Angleterre, mais ils ont refusés mon aide. Pour eux, j'en ai déjà assez fait. Ils me manquent chaque jour qui passe. J'ai tellement besoin d'eux. Pourquoi ne comprennent-ils pas que je voulais simplement les protéger de Voldemort ? Est-ce si égoïste de ma part d'avoir voulu les préserver de tout ça ?

Une larme tomba sur la page. Hermione se leva et partit chercher un mouchoir.

Parler de ses parents était plus douloureux qu'elle ne l'avait pensé. A part Charlie, personne n'était au courant des détails. Tout ce que les autres savaient, c'est qu'elle avait rendu la mémoire à ses parents et qu'ils étaient un peu en colère contre elle. Elle n'avait pas voulu qu'Harry culpabilise. Elle n'avait pas voulu que les Weasley la prennent en pitié alors qu'ils avaient déjà le deuil d'un des leurs à faire.

Elle s'installa à nouveau sur sa chaise et décida de changer de sujet. Elle n'était pas encore prête à approfondir ses sentiments sur ce sujet épineux.

Le professeur McGonagall m'a proposé un poste de professeur ! J'ai accepté. Ron a été déçu que je n'intègre pas l'académie des Aurors avec eux, mais je ne me sentais pas de me battre à nouveau. Harry c'est bien gardé de me dire que Sirius allait y enseigner aussi ! Je me demande pourquoi ?

D'ailleurs, je ne sais pas tellement ce qu'il s'est passé, mais Sirius est devenu adorable. Il est très attentionné et prévenant avec moi. Mais c'est un aussi un crétin qui se laisse embobiner par cette idiote de Deauclaire.

Se rendant compte de sa dernière phrase, Hermione jeta un sort pour l'effacer, mais rien ne se produisit. Elle fronça les sourcils et réitéra la formule mais toujours rien. Elle poussa un juron en se rendant compte que le journal avait été spécialement conçu pour ne pas pouvoir revenir sur ce qui avait été écrit. Peut-être une forme de thérapie ? Elle haussa les épaules. De toute façon, ce n'est pas comme si Sirius allait le lire. Oui, tout à fait. Il ne le lirait jamais !

Je ne sais pas pourquoi Sirius est comme ça avec moi. Mais j'apprécie beaucoup cette facette de lui que je découvre petit à petit. Jusqu'à récemment, je ne gardais pas de très bons souvenirs de lui, mais depuis une semaine, il est devenu un véritable pilier. C'est une vraie bouffée d'oxygène et je crois qu'il ne se doute pas qu'il soit devenu aussi important à ma vie.

Ma vie ? L'ironie du sort veut que je n'étais pas certaine de vouloir rester dans ce monde. J'ai voulu partir. Deux fois. A croire que je ne suis pas assez courageuse pour mettre un terme à toute cette mascarade. Ne serait-ce pas injuste pour tous ceux qui sont morts alors qu'ils ne demandaient qu'à vivre ? Et je sais qu'Il m'en voudrait de choisir le chemin de la facilité. C'est juste que je suis tellement fatiguée de tout. Même de mon corps qui me trahit. De ces putains de crises que je fais sans arriver à me contrôler. De ces putains de cauchemars que je fais inlassablement pour me rappeler l'horreur. Fatiguée de moi qui m'entête à vouloir continuer à dormir sans potion dans l'espoir de revoir son visage rien qu'un instant. Parce que dormir d'un sommeil sans rêve, c'est comme être mort. Et je ne veux pas y prendre goût parce que peut-être qu'alors, je franchirais le pas.

Oui, j'ai envie de lâché prise. Mais ce ne serait pas aujourd'hui.

Après tout, la journée n'est pas finie.

Hermione referma le journal intime et le rangea dans un tiroir du buffet.

Elle fila à la douche et se glissa sous les draps. Elle n'entendit pas Sirius se faufiler une heure plus tard à côté d'elle. Elle ne le vit pas la regarder dormir pendant de longues minutes avant de sombrer à son tour dans un sommeil profond.

Trois cauchemars. Au premier, Hermione avait été surprise de se retrouver dans les bras réconfortant de Sirius. N'avait-il pas passé la soirée avec Pénélope ? Le deuxième cauchemar fut violent et Sirius eut le loisir de comprendre que c'était Bellatrix qui l'avait torturé. Il n'était pas au courant de ce détail, mais Hermione avait finalement glissé dans un murmure que Bellatrix ne la quitterait jamais vraiment, pas après ce qu'elle lui avait fait. Sirius supposa des doloris, après tout, c'était la spécialité de sa cousine. Il ne pouvait pas s'imaginer qu'elle pouvait être encore plus sadique et cruelle. Il l'avait bercé jusqu'à ce qu'elle s'endorme à nouveau, priant pour que sa chère cousine brûle en enfer par la même occasion. La troisième, il avait entendu les noms de Greyback et Malefoy dans le sommeil de la jeune femme, sans pour autant en comprendre d'avantage. Il l'avait finalement réveillé alors qu'elle commençait à se débattre, juste avant qu'elle ne se mette à hurler.

Le lendemain, Hermione fut la première réveillée. Elle resta cinq bonnes minutes allongée, contemplant par la même occasion le visage du brun endormi à ses côtés. Elle avait beau apprécié Sirius, elle commençait à se demander si elle ne devait pas mettre des distances entre eux. Après tout, si Sirius s'enticher de cette blondasse de Serdaigle, celle-ci risquait de ne pas apprécier de savoir que Sirius partageait le lit d'une autre chaque nuit, quand bien même ce fut totalement platonique. Et puis, même si ça ne faisait qu'une semaine, Hermione avait fini par réaliser qu'elle s'attacher beaucoup trop au maraudeur et elle ne voulait pas risquer de souffrir inutilement en s'amourachant peut-être un jour de lui.

Le mercredi, Hermione n'avait pas de cours, du moins pas officiellement, sauf pour ce mois-ci. Elle donnait encore des cours aux septièmes années, les aidants à réviser les ASPICS. Elle finit par se lever, laissant Sirius dormir. Après tout, le pauvre avait lui aussi eu des nuits perturbées à cause d'elle.

La jeune femme fila à la salle de bain pour se préparer et quitta l'appartement après avoir laissé un petit mot sur son oreiller à l'attention de Sirius.