Lorsque Sirius émergea, il était presque onze heures. Il constata l'absence d'Hermione et attrapa le petit mot sur l'oreiller. Il sourit en le lisant. C'était attendrissant. Hermione le remerciait pour cette nuit et l'informait qu'elle passait la journée avec les septièmes années passant leur ASPICS la première semaine d'octobre. Le sourire aux lèvres, Sirius paressa au lit pendant un bon quart d'heure, tentant par la même occasion de faire le point.
Sirius ne se voilait pas la face. Il s'était enticher d'Hermione et ce, depuis longtemps. Elle n'était alors qu'une jeune fille, mineure, aussi brillante et belle qu'agaçante, autoritaire et moralisatrice. Il avait été pleinement conscient de l'immoralité dans lequel il s'enfermait, pour autant, il n'avait jamais essayé de combattre ses sentiments. Ils étaient là et il les acceptait tels qu'ils étaient. Il ne l'avait pas crié sur tous les toits bien évidemment, mais il ne les avait pas niés non plus. A quoi bon ? S'il les reniait, il reniait alors tout ce qu'il n'avait jamais été : quelqu'un d'entier et d'honnête.
Lorsqu'il était revenu de derrière le voile, Hermione était venu lui rendre visite une fois à Ste Mangouste, accompagnant Harry. Il avait été secoué en la voyant. Elle était plus pâle et plus maigre que deux ans auparavant et ses yeux ternes n'avaient plus aucun éclat. Du Trio, elle était celle qui avait été le plus marqué par la guerre à ses yeux. Il avait tenté d'obtenir des réponses, mais tous étaient restés évasifs.
Lorsqu'il l'avait vu à l'enterrement de Nymphadora et Fred, il avait eu le cœur serré. Hermione avait pleuré silencieusement durant la cérémonie, essuyant ses larmes d'un revers de la manche à chaque fois qu'elles lui faisaient l'affront de glisser sur ses joues. Il l'avait vu présenter les condoléances à Remus et Andromeda. Il l'avait vu faire de même avec la famille Weasley, sauf avec George, ce qui avait surpris Sirius d'ailleurs. Il se souvenait parfaitement du regard que George avait échangé avec Hermione. Il était lourd de sens, plein de souffrances, autant pour l'un que pour l'autre. Pourtant, Sirius n'avait pas le souvenir que les jumeaux et Hermione aient étés proches. Des souvenirs qu'il en avait au square, Hermione passait son temps à sermonner les jumeaux sur leurs inventions qu'elle qualifiait de dangereuses.
Puis à son procès de réhabilitation. Sirius savait que les Weasley et Harry seraient là pour témoigner. C'était un simulacre de procès, Kingsley Shaklebolt étant le nouveau ministre et connaissant la position de Sirius par rapport à Voldemort, c'était plus un procès vitrine qu'autre chose. Mais il fut surpris qu'Hermione vienne témoignait aussi. Ce jour là, elle avait mise en avant son statut de née-moldue et avait assuré que Sirius ne lui avait jamais fait de mal et qu'il n'avait aucun préjugé sur les statuts de sang. Sirius lui avait été reconnaissant, mais il n'avait pas eu l'occasion de lui parler ce jour-là.
Durant les semaines qui suivirent, il ne l'avait plus revu. Harry lui assurait qu'Hermione allait « bien », mais qu'elle avait des choses à régler. Il lui avait résumé ce qu'Hermione avait fait pour protéger ses parents avant leur cavale dans l'Angleterre et il avait été stupéfait par son courage. Pas qu'il en avait un jour douté, mais Hermione le surprenait chaque fois un peu plus.
Un matin d'aout, il avait reçu la visite d'Harry et de Minerva. Harry lui parla de l'état psychologique préoccupant d'Hermione et des crises qu'elle avait commencé à faire. Hermione ayant refusé de rejoindre les Aurors avec eux – ce qui d'ailleurs avait soulagé un peu Harry – Minerva lui avait proposé le poste de défense contre les forces du mal à Poudlard. C'était là qu'il rentrait en jeu. Minerva lui proposa le poste de professeur de métarmophose. Sirius avait été surpris. Il avait même laissé échappé un rire.
« Vous me voyez en professeur ? » s'était-il moqué hilare. Devant le regard sévère de Minerva, il fronça les sourcils. Il avait d'abord cru à une blague, mais Harry et Minerva lui demandèrent alors une faveur. Il devrait veiller sur Hermione, Harry et Ron ne pouvant le faire de leur côté. Sirius avait accepté sans hésitation. Harry lui avait fait promettre de ne rien dire à Hermione à ce sujet, assurant qu'elle le prendrait mal. Ils convinrent donc de garder cette discussion sous silence.
Et voilà qu'à présent, il avait investi le lit de la jeune femme. Sirius soupira. Il se surprenait lui-même parfois. Il n'avait rien tenté envers Hermione et devait par moment ce faire violence pour ne pas laisser quelques pulsions naturelles prendre le dessus. Il était clair qu'Hermione n'avait pas besoin de ça en ce moment.
Sirius soupira.
En un peu plus d'une semaine, il avait remarqué certains détails troublants concernant Hermione.
Elle ne se promenait que rarement dans les couloirs, elle évitait par-dessus tout le sixième étage, et elle ne passait par l'antichambre de la grande salle que lorsqu'elle n'avait pas le choix et à chaque fois, ses yeux devenaient humides. Et puis, il y avait eu ce cadre qu'elle avait caché lorsqu'il était venu la rejoindre.
Sirius tourna la tête vers la table de nuit ou elle l'avait rangé. Il fixa le tiroir, tiraillé entre sa curiosité et le souhait de lui laisser son intimité. Que cachait-elle ? Il en était sur, il y avait quelque chose qu'elle ne disait pas. Quelque chose qui ne facilitait pas sa guérison de l'âme. Après deux bonnes minutes à tenter de se raisonner, Sirius céda à la curiosité. Tant pis.
Il ouvrit le tiroir et y trouva le cadre, posé sur une boite rectangulaire. Il jeta un coup d'œil à l'entrée de la chambre avant de ce saisir de la photo encadrée. C'est là qu'il comprit, et il se décomposa. Il ne pouvait s'empêcher de regarder la photo magique, autant attristé que déstabilisé. De toutes les personnes qu'ils avaient imaginées sur la photographie, il n'aurait jamais parié une mornille sur celle-là.
Hermione était dans les bras de Fred Weasley. Du moins, il supposa qu'il s'agissait de Fred. Elle avait du être prise entre la sixième et la septième année d'Hermione. Elle était habillée galamment comme le jumeau. Sirius supposa que la photo avait été prise dans la chambre du rouquin, au Terrier. Fred déposait un chaste baiser sur les lèvres d'Hermione avant de se tourner vers la photo en souriant. Sirius était perdu. Hermione avait été en couple avec l'un des jumeaux ? Harry ne lui en avait pourtant rien dit. Cela pouvait aussi expliquer pourquoi elle était aussi mal. Mais cela expliquer aussi la réaction qu'elle avait eue en étant face à George à l'enterrement de Fred.
Sirius reposa la photo là ou il l'avait prise et referma le tiroir. Il s'était redressé dans le lit, son cerveau tournant à plein régime. Pourquoi Hermione cachait-elle le cadre ? Pourquoi personne n'avait mentionné la relation d'Hermione et Fred ? L'animagus finit par se lever, le cœur lourd. Mine de rien, voir Hermione dans les bras d'un autre – Même mort – lui avait mis le moral dans les chaussettes.
Sirius regagna son appartement après avoir enfiler son bas de survêtement. Pas sur que McGonagall apprécie de savoir qu'un de ses employés se promène en caleçon dans un couloir.
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Le soir venu, Sirius interpela Ginny après le repas alors que celle-ci s'apprêter à regagner la tour avec ses camarades. Cette dernière ne put cacher sa surprise, se rappelant que la dernière discussion avec Sirius avait été houleuse.
- Allez-y, je vous rejoins, dit-elle à ses amis.
Sirius s'assura que personne n'était dans les parages avant de demander à Ginny.
- Dis-moi, est-ce que tu sais par hasard, si Hermione sortait avec quelqu'un ses deux dernières années? demanda Sirius calmement.
Ginny haussa un sourcil interrogateur avant de froncer les sourcils d'un air accusateur.
- Je croyais qu'il n'y avait rien entre Hermione et toi ? lui dit-elle un peu sèchement.
- C'est le cas. Alors ? s'impatienta-t-il.
- Pourquoi tu veux savoir ça ? demanda Ginny en croisant les bras.
Sirius se retint de l'étrangler. Il n'appréciait pas le ton condescendant de la rouquine. A ses yeux, elle n'était rien de plus qu'une petite merdeuse. Malheureusement pour lui, c'était la meilleure amie d'Hermione et la petite amie de son filleul, il n'avait donc pas le choix, il devait prendre sur lui.
- Je ne sais pas, je me dis que peut-être, Hermione a perdu un petit-ami durant la guerre, dit Sirius en haussant les épaules.
Ginny roula des yeux.
- De ce que j'en sais, Hermione n'a pas eu beaucoup de petits-amis. Elle est sortie avec Krum, elle a eu un léger flirt avec McLaggen en sixième année, du moins, cet abruti a essayé mais il a vite été éconduit. Hermione n'est pas du genre à s'intéresser à la gente masculine, elle a toujours été beaucoup plus préoccupée par ses études et la guerre contre Tu-Sais-Qui, lui appris Ginny.
Sirius fronça les sourcils. Ginny n'était donc pas au courant pour Hermione et Fred ?
- Et ton frère ? suggéra Sirius en restant très évasif.
- Ron ? Non. Je sais que Ron a voulu, mais là encore, Hermione l'a éconduit. Ron pense qu'elle a seulement besoin de temps… assura Ginny.
Sirius ne répondit rien à ça, la laissant croire ce qu'elle voulait. Pour sa part, il était persuadé que même Rogue avait plus de chance que Ron d'avoir une relation avec Hermione. Ce qu'il fallait l'avouer ne risquait pas d'arriver de sitôt.
- Ecoute, j'apprécie ce que tu fais pour Hermione, dit Ginny après un moment d'hésitation, vraiment, insista-t-elle. Mais si tu penses que l'état d'Hermione est lié à une déception sentimentale, alors t'es complètement à côté de la plaque. Hermione a été torturée par Greyback et ta chère cousine ! Cette harpie lui a fait tellement de mal qu'Hermione n'arrive pas à se remettre ! Même si elle le voulait, Hermione ne pourra jamais oublié, fit Ginny avec une pointe d'amertume dans la voix.
Sirius fronça les sourcils. Ce n'était pas la première fois qu'il y avait des sous-entendus de ce genre, mais personne ne lui expliquait pourquoi.
- Comment ça ? demanda Sirius piqué au vif.
- Bellatrix a fait un petit « cadeau » à Hermione, répondit Ginny sarcastique. Devant l'incompréhension de Sirius, elle finit par lâcher. Hermione ne veut pas qu'on en parle et Harry ne voulait pas que tu le saches. Il avait peur que tu culpabilises ou un truc du genre, souffla Ginny, mais a-t-on avis, pourquoi Hermione porte-t-elle toujours des T-Shirt à manche longues ? Je veux bien qu'on soit en Ecosse, mais il fait étonnement chaud encore, tu ne trouves pas ?
Devant le mutisme de Sirius, Ginny soupira.
- Je dois y aller. Je ne t'ai bien sur rien dit sur Hermione et le « cadeau » de Bellatrix, dit-elle en partant pour regagner la tour des Gryffondors.
Pas de doute, Ginny était une sacrée peste à ses yeux. Mais cette conversation avait néanmoins eue le mérite de révéler deux choses à Sirius. La première, Ginny n'était pas au courant de la relation d'Hermione et Fred. Peut-être était-ce la même chose pour tout le monde ? Ce qui pouvait aussi expliquer pourquoi Hermione avait éconduit Ron. La seconde, c'est que Bellatrix ne s'était pas contenté de quelques doloris avec Hermione. Sirius serra les poings à cette pensée. Il ne restait donc plus qu'à découvrir ce qu'était le « cadeau » en question.
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Hermione n'avait pas croisé Sirius de la journée, mais elle ne s'en formalisa pas. Après tout, Sirius avait le droit de faire ce qu'il voulait de son temps libre. Une petite part d'Hermione se demandait s'il était avec Pénélope alors qu'elle franchissait la porte de son appartement. Elle finit par hausser les épaules. Finalement, elle n'était pas sur de vouloir connaître la réponse.
La jeune femme profita de ce lap de temps libre qui s'offrait a elle pour sortir le journal et de préparer le nécessaire à papeterie. Après un long soupir, elle s'attela à la tâche.
10 septembre 98.
Cher journal,
Je me rends compte qu'hier, j'ai abordé certains points que je peine à parler avec les gens.
J'ai écris une lettre à mes parents ce matin, mais je suis assez pessimiste au fait d'avoir une réponse.
Papa a toujours été borné et je pense qu'il ne me pardonnera jamais. J'ai bon espoir que maman, une fois sa colère passée, apaise les choses. Je ne sais pas vraiment si je supporterais l'idée de renoncer une deuxième fois à eux. Ils ont fait tellement de choses pour moi que j'ai le sentiment que je leur dois quelque chose en retour. Je me souviens lorsque j'ai reçu ma lettre d'admission à Poudlard. Papa refusait catégoriquement l'idée que je parte loin de la maison. A force de patience et de persuasion, maman à réussi à le convaincre que c'était la meilleure chose pour moi. Que je trouverais certainement plus facilement ma place là-bas. Il faut dire que j'ai toujours eu du mal à me faire accepter par mes camarades moldus quand j'étais enfant. J'étais trop « bizarre » pour eux.
Papa a mis du temps à accepter que j'étais une sorcière. Pas parce qu'il avait peur de ce monde inconnu dans lequel il était plongé malgré lui, mais parce qu'il ne voulait pas me voir partir loin d'eux. Il avait peur de me perdre, et je crois que ses craintes étaient justifiées. Au final, nous nous sommes perdus, chacun de notre côté. Depuis un mois, je n'arrête pas d'y penser. Je me demande si je ne devrais pas abandonner le monde magique et sauver ce qu'il y a encore à sauver de ma famille. Mais l'idée de perdre Harry et Ron… Rien que d'y penser, je n'arrive pas à concevoir ma vie sans eux. Alors j'espère et j'attends. Peut-être que papa finira par me comprendre.
Mes cauchemars sont toujours là, toujours plus réels nuit après nuit. Je me souviens de chaque détail de ma captivité au manoir Malefoy. J'entends encore le rire hystérique de Bellatrix. Sa voix fluette qui résonne dans tout mon être. Je sens son souffle nauséabond effleuré mon oreille. Je ressens les frissons d'horreur qui m'habiter à ce moment là. J'entends encore les sanglots de Malefoy, recroquevillé dans un coin, regardant sa tante me torturer, sans qu'il ne fasse rien pour me venir en aide. Et puis… Je sens encore le poignard qui effleure lentement ma peau le long de mon bras avant de s'enfoncer profondément dans ma chair. La douleur insupportable, mes hurlements à n'en plus finir. Mon envie de mourir pour que ça s'arrête. Je me rappelle de tout, chaque nuit. Inlassablement.
Bellatrix m'a-t-elle condamnée à me souvenir d'elle jusqu'à la fin de ma vie ?
Le psychomage veut que je lui en parle. A lui. A mes amis. C'est impossible. Alors je le fais à toi.
Comment pourrais-je parler de ça à un homme qui n'a pas vécu ce que j'ai vécu ? Comment pourrait-il m'aider alors qu'il n'a pas subi ce que j'ai subi. Je me demande ou est-ce qu'il était durant la guerre. Sans doute avait-il planqué sa belle gueule en attendant que ça se passe.
Quant-à Harry et Ron. Je ne veux pas les ennuyer avec ça. Harry a vécu des moments traumatisants et pourtant, il garde la tête haute. Il s'en sort plutôt bien je trouve. Et si je lui parle du manoir, je sais qu'il culpabilisera, ce que je ne veux pas. Quant-à Ron, il doit lui-même traversé le deuil de Fred, et si je suis honnête envers moi-même, je ne veux pas me confier à lui de peur de lui donner accidentellement de faux espoirs. J'ai bien compris qu'il espérait toujours qu'il puisse se passer quelque chose entre nous malgré mon rejet ferme.
Et puis, peut-être devrais-je parler de Lui ?
Non, pas encore. Je n'en ai pas le droit. Pas après comment ça s'est terminé.
Hermione referma le journal, les larmes aux yeux. Comme la veille, elle le rangea dans le tiroir avant de filer à la douche.
Il était aux alentours de vingt-et-une heure trente lorsque la porte de l'a chambre s'ouvrit, laissant apparaître Sirius avec un bas de pyjama. Hermione qui lisait tranquille, haussa un sourcil interrogateur en le voyant arriver. Ce dernier, pas gêné pour deux noises alla s'allonger du côté droit, à la place vacante. Hermione réprima un sourire. Cela faisait que trois jours que Sirius venait dormir dans son appartement, pourtant, elle avait l'impression que ça faisait une éternité. Elle aurait du être gênée par sa présence dans son lit, le torse dénudé, mais pourtant, ce n'était pas le cas.
Toutefois, Hermione devait parlé à Sirius avant que cette nouvelle manie devienne une habitude. Autant pour le bien de Sirius que pour le sien.
- Sirius ? L'interpella-t-elle en reposant son livre sur ses genoux, par-dessus le drap.
- Oui ? demanda-t-il en s'installant confortablement.
- Je… Comment dire… souffla Hermione soudain gênée.
Sirius tourna la tête vers elle, arquant un sourcil interrogateur. Qu'Hermione soit à court de mot pour une conversation était suffisamment rare pour être noté et entouré dans un calendrier ! Tout comme ça ne le rassura pas sur la suite de la conversation.
- Hermione, inutile de prendre des gants avec moi. Si tu as quelque chose à me dire, dis-le simplement, dit-il d'une voix douce.
- Hum… Pas que ta présence me dérange, c'est même tout le contraire ! Mais, je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée que tu passes toutes tes nuits ici, dans le même lit que moi, souffla Hermione en rougissant.
- Tu as peur que Ginny l'apprenne ? demanda Sirius en fronça les sourcils.
- Ginny ? Quoi ? non ! En fait, je m'en fiche un peu de ce qu'elle peut bien penser de ça mais… Disons que je ne suis pas certaine que Penelope apprécie de savoir que tu passes tes nuits avec moi, finit par lâcher Hermione aussi stoïque que pouvait l'être Malefoy par moment.
- Péné… Commença Sirius en fronçant les sourcils. Hermione, tu ne serais pas jalouse par hasard ? sourit-il soudainement.
- Pourquoi le serais-je ? dit-elle en haussant les épaules.
- A toi de me le dire, dit Sirius avec son sourire le plus charmeur.
-Je ne le suis pas Sirius, c'est juste que je ne pense pas que cette situation soit… disons saine, fit Hermione en haussant les épaules avant de reprendre son lit dans ses mains.
- Comment ça ? lui demanda-t-il.
- Sirius, c'est évident que tu lui plais. Et si j'étais à sa place, je ne suis pas certaine que j'apprécierais de savoir que mon flirt dorme avec une autre femme, fit Hermione comme si c'était évident.
Sirius sourit. Il avait le sentiment qu'Hermione tentait de connaître le fin mot de l'histoire avec la professeur d'étude des moldus. C'était amusant. Il aurait presque pu croire qu'elle était jalouse. Enfin, il l'aurait cru s'il n'avait pas découvert qu'elle avait quelqu'un d'autre en tête depuis tout ce temps.
- Pénélope ne m'intéresse pas Hermione, finit-il par dire en enfonçant la tête dans l'oreiller.
Hermione le dévisagea, les yeux ronds. Elle attendait qu'il argumente, qu'il lui explique pourquoi, mais Sirius était devenu aussi muet qu'un strangulot. Qu'il pouvait être agaçant parfois.
- Pourquoi ? demanda-t-elle après un moment de silence.
- Pourquoi quoi ? fit Sirius en la regardant sans comprendre.
- Pénélope est une femme magnifique pourtant, lui fit remarquer Hermione.
- C'est vrai, affirma Sirius.
Hermione se retint de l'étouffer avec son propre oreiller. Il n'aurait pas pu lui dire le contraire ? Non, elle n'était pas jalouse. Absolument pas.
- Alors pourquoi ? insista Hermione.
- Quoi ? Je dois avoir une raison ? fit Sirius en fronçant les sourcils.
- C'est juste que… Tu es gay ? finit par demander la jeune femme en fronçant les sourcils à son tour.
- Quoi ? s'étrangla Sirius en se redressant d'un bond. Mais ou est-ce que tu es allé chercher ça ? finit-il par dire en tentant de garder son calme.
- C'est probablement la seule explication rationnelle. A bien y réfléchir, je ne t'ai jamais vu flirté avec une femme… argumenta Hermione.
Sirius ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez avec sa main gauche, tentant de garder son calme. Etait-elle donc à ce point-là aveugle ? Lunard lui avait pourtant assuré qu'il était aussi gauche que James dans ses techniques d'approches alors comment n'avait-elle pas pu le remarquer ? Remarque, ça expliquerait pourquoi elle l'acceptait aussi facilement dans son lit.
- Et le fait que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de me préoccuper de ma vie sentimentale ne t'as pas effleuré l'esprit je suppose ? Je te rappelle que j'ai été innocenté qu'il y a trois mois. C'est difficile d'approcher une femme avec un passif d'évadé d'Azkaban et toutes les forces d'Aurors à ma poursuite, lui dit-il calmement.
Hermione acquiesça d'un signe de tête. Ce qu'il disait tenait la route. Elle préferait ne pas insister sur ce sujet, mais Sirius n'en avait pas fini pour autant.
- Pénélope est peut-être une très belle femme, mais elle n'est clairement pas mon genre. Si ça peut te rassurer, aucune petite-amie potentielle ne viendra te botter les fesses de jalousie parce que je partage ton lit, sourit Sirius.
Hermione sourit. Au diable sa bonne conscience, elle préférait profiter de la présence de Sirius tant qu'elle le pouvait.
