Série spéciale fête de la musique : au lieu d'un mot, écrivez un texte basé sur un titre de chanson, en dix minutes.
Pas peur du ciel (Soan) - 142 mots
La première fois qu'il avait proposé à cette curieuse jeune femme, aux beaux yeux verts et aux longs cheveux de soleil, de monter à bord de son avion, il avait été surpris qu'elle accepte aussi vite. Pire encore, elle avait acquiescé avec une sorte d'avidité impatiente. Il n'avait pas compris. Quel genre de personne accepterait de monter dans cet engin bizarre, à part les casse-cous et les inconscients ?
En fait, il ne pouvait pas le savoir, mais le ciel était la maison de Daisy. Elle y avait vécu pendant des siècles. Elle avait longtemps traversé ces immenses étendues bleues aux nuages blancs moutonnants. Elle avait arpenté le ciel avec ses petites ailes garnies de plumes, jusqu'à ce que ses pouvoirs célestelliens lui soient ôtés. Elle était clouée au sol depuis des décennies, mais elle n'avait pas peur du ciel. Elle l'aimait.
/
Un trou dans les nuages (Michel Rivard) - 187 mots
Il y avait beaucoup de fumée au-dessus du cratère où dormait la ville de Kilimagmaro. Daisy se trouvait dans le ciel sans ses ailes, pour la troisième fois depuis le début de son périple. Cette fois-ci, elle était assise sur le dos de Grizius le dragon blanc, le vieux gardien de Kilimagmaro. La jeune Gardienne, vêtue de l'armure sacrée des dracoguerriers, se pencha pour croiser le regard du dragon à travers la fente de son casque. Grizius lui rendit son regard, puis redressa la tête vers Barbarus qui était sur le point de détruire la ville.
"Tu ne peux pas mourir maintenant, petite Gardienne, dit-il. Tu as toi aussi un village à protéger."
Et il l'expulsa de son dos tandis que l'attaque de Barbarus le tuait sur le coup.
La chute vertigineuse de Daisy créa un trou dans les nuages de vapeur qui flottaient au-dessus de Kilimagmaro. Mais la mort de Grizius créa un gouffre encore plus grand dans le coeur de la jeune Gardienne et surtout, ses paroles... "Toi aussi tu as un village à protéger." Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas vu Chérubelle.
/
Je veux le monde (1789, Les Amants de la Bastille, Nathalia) - 203 mots
Il avait tellement aimé les mortels, ces êtres que tous, livres sacrés comme Célestelliens millénaires, décrivaient comme des créatures lâches et faibles, impures. Lui, Corvus, n'avait pas vu tout cela. Sans être aveugle à leurs imperfections et leur arrogance, il avait vu la lumière, la clarté qui brillait en chacun d'entre eux. Il les aimait... il les aimait tellement ! Et cet amour, qui était loué avec hypocrisie par son peuple qui les méprisait, causa sa perte.
Quand les mortels le trahirent.
Quand ils le livrèrent à l'Empire Klenfer.
Quand il fut torturé pendant des années.
Et quand il finit par se libérer, il n'eut qu'un seul désir :
"Je veux le monde ! cria-t-il."
Il voulait le monde pour le détruire, malgré sa semblable célestellienne qui essayait de le sauver. Faible et sotte créature. Il avait l'impression de se voir, même si cette Gardienne était une fille, et que ses cheveux étaient ondulés au lieu de lisses. Il avait l'impression de se voir jeune, plein de cette détermination et de cette rage à protéger les mortels. Comme elle serait déçue en découvrant leur vraie nature ! Il valait peut-être mieux la tuer... Ainsi, elle ne souffrirait pas comme lui, il avait souffert.
