Salut !
Et un nouveau chapitre, un !
Bonne lecture !
Pilou.
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Chapitre 3 : Ananas en folie
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Nanami bailla un bon coup et regarda avec satisfaction ses devoirs rangés en tas nets sur son bureau. Elle avait fini tous son travail scolaire pour la semaine suivante et était donc tranquille pour tout le week-end. Ce qui était cool parce qu'elle avait repris l'écriture de fictions, seulement de petits OS pour le moment et rien d'au-dessus de sa tranche d'âge, qu'elle essayait d'écrire d'abord en japonais, puis en français et enfin en anglais. Elle devait pratiquer ses trois langues pour pouvoir rester fluente. Elle avait aussi réussi à convaincre ses parents de lui acheter un dictionnaire japonais-italien et une grammaire et un Bescherelle italiens. Elle essayait donc aussi d'écrire ses histoires en italiens, mais ce n'était pas évident. En tout cas, c'étaient de bons exercices et ses parents la prenaient pour une linguiste précoce. C'était plutôt cool parce qu'ils acceptaient de la laisser prendre des cours en ligne pour les langues qui l'intéressaient à condition qu'elle maintienne de bonnes notes à l'école. L'histoire et la géographie n'étaient toujours pas son truc, mais elle parvenait quand même à avoir des notes acceptables dans ces matières parce que le niveau demandé d'un élève de primaire était incroyablement bas comparé à celui de collège ou lycée. Son écriture s'était nettement améliorée au fur et à mesure qu'elle s'habituait à sa main gauche et elle pouvait même s'amuser parfois à écrire à l'envers avec les hiragana et katakana. Les mathématiques et les sciences étaient un jeu d'enfant pour elle parce que c'était vraiment du basique donc elle n'avait pas trop de soucis à se faire de ce côté.
Elle jeta un œil à son horloge et constata qu'elle avait du temps avant le dîner, alors elle prit le livre qu'elle lisait en ce moment, un sur la mythologie japonaise, et s'affala dans son lit. La lecture était la chose la plus merveilleuse du monde.
D'autant plus que Mukuro lui demandait souvent de lui raconter des histoires, quand ils ne parlaient pas de l'extérieur ou de ses leçons. Après sa décision d'aider le gamin, elle était devenue nettement moins réticente à l'idée d'interagir avec lui. Après tout, il était juste un gosse ne connaissant rien du monde extérieur et voulant apprendre et échapper à son quotidien de cobaye. Il refusait de montrer ses faiblesses quand il était conscient, mais, avec elle, il pouvait être un enfant et en apprendre plus sur le monde qui l'entour. Et elle avait commencé à s'attacher au petit garçon qui grandissait plus puissant et amer chaque jour qui passait. Elle était probablement la seule chose qui l'empêchait de craquer totalement et qui maintenait le peu de foi en l'humanité qu'il possédait. Parce qu'il savait pour sûr que quelqu'un, dehors, était de son côté et le traitait comme un humain. Il savait que les ténèbres dans lesquelles ils survivait n'étaient pas la norme et qu'il pouvait y échapper pour vivre au soleil. Et maintenir cet espoir, cette lueur d'humanité et de bonté, était un but pour lequel elle travaillait volontiers. Même si ça ne l'empêchait pas de lui jouer des tours de temps à autre ou de l'engager dans un concours de celui qui est le plus sarcastique, il devenait remarquablement bon à ce jeu d'ailleurs.
_ Nami !
_ J'arrive !
Elle finit son paragraphe et marqua sa page avant de descendre les escaliers et de s'installer à la table de la cuisine.
_ Tu as finis tes devoirs ?
_ Oui, papa.
_ Bien. Comment s'est passée ta journée ?
_ Comme d'habitude. Je suis allée à l'école, j'ai écouté les profs, j'ai pris des notes et je suis rentrée à la fin des cours.
_ Tu t'es faites des amis ? demanda sa mère en posant la nourriture sur la table.
_ Non.
Sa mère soupira avant d'échanger un regard avec son père. Et c'était un regard qui disait qu'elle n'allait pas aimer ce qu'ils allaient lui dire. Son père prit la parole :
_ Nami, tu dois vraiment commencer à te faire des amis. Je sais que tu as du mal à t'associer aux autres, mais fais un peu d'effort.
_ Les garçons veulent pas être amis avec des filles et les filles sont pathétiques. Non merci.
_ Nami, dit sa mère. Avoir des amis est important, tu ne peux pas rester seule toute ta vie.
_ Vous avez prévu un truc.
Sa mère soupira avant de hocher la tête.
_ On voudrait que tu te trouves un club.
_ Tir à l'arc.
_ Le tir à l'arc est solitaire, pas en équipe. On veut dire un club où tu interagiras avec d'autres enfants.
_ Quoi ?
_ Un sport d'équipe ?
_ Aime pas le sport. Et ma main empêche ceux de balle.
_ Un club de littérature ?
_ Pour enfants de huit ans ? Il y aura un adulte supervisant nous prenant pour des attardés et nous faisant lire des livres nuls.
_ La plupart des enfants ne sont pas aussi avancés que toi, Nami.
_ Je sais. Raison de plus pour ne pas interagir.
_ Pourquoi pas un club de théâtre ? Tu pourras interagir et apprendre à t'exprimer en public, fit son père. Tes professeurs disent que tu bégayes souvent en classe lorsqu'ils t'interrogent et quand tu dois parler à des étrangers, donc faire du théâtre te permettra sûrement de corriger ton élocution.
Elle fronça les sourcils, c'était donc à ça qu'ils voulaient en venir. Les sports collectifs qui n'impliquaient pas un ballon ou n'étaient pas considérés comme majoritairement masculins étaient quasiment inexistants et ils savaient qu'elle refuserait un truc intellectuel parce que les enfants de son âge sont des idiots. Ou plutôt, ils ont l'intelligence d'enfant de leur âge. Elle n'avait rien contre le théâtre, pas vraiment, sa mère précédente en avait fait en amateur et il lui arrivait très souvent d'aller filmer les représentations. Elle aimait bien lire des pièces et les regarder, mais c'était parce qu'elle restait en spectatrice, pas en actrice. Elle détestait être sur le devant de la scène et préférait largement être cachée dans les balcons avec une caméra pour filmer et juste regarder. Et elle n'aimait pas interagir.
_ J'ai pas le choix ?
_ Non. Il y a un petit club de théâtre pour enfant de sept à onze ans à Namimori. Ça sera le mercredi après-midi et le samedi.
_ Mais je n'aime pas interagir.
_ Il le faudra bien, ne serait-ce que pour te faire un minimum de liens avec d'autres êtres humains. Les livres ne peuvent pas les remplacer.
Bien sûr que si les livres pouvaient remplacer les êtres humains ! Ils étaient bien plus intéressants et elle n'avait pas à interagir. Son comportement et son asociabilité lui faisaient d'ailleurs penser qu'elle pouvait être un Nuage. À vrai dire, elle ne savait pas trop si elle était plus un Nuage qu'un Brouillard, mais son lien avec Mukuro pointait plus vers le Brouillard. Cependant, elle pensait que si elle avait les deux, alors leurs forces devraient être à peu près égales.
Elle soupira longuement, peut-être qu'elle pourrait convaincre l'adulte en charge de la laisser s'occuper de l'aspect technique ou de lui donner un tout petit rôle. Elle n'avait pas beaucoup de mémoire et préférait ne pas gâcher trop de temps à mémoriser des répliques de dialogue, surtout si elle devait les dire à haute voix. Ce n'était pas de sa faute s'il lui arrivait souvent de bégayer lorsqu'elle s'exprimait en public. Elle n'avait juste pas l'habitude de parler, même avec ses parents. Il lui arrivait même parfois de le faire quand elle parlait à Mukuro et ils se connaissaient depuis longtemps ! Ça n'avait rien à voir avec son manque de sociabilité, juste sa tendance à ne pas parler.
Elle termina de manger sans un mot de plus et partit se coucher d'assez mauvaise humeur.
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Le premier cours de théâtre a été un désastre. Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Le professeur leur avait fait lire des textes à voix hautes et bien sûr, il avait fallu qu'elle soit la seule à bégayer sur la moitié des mots. Les autres gosses avaient rit. Elle n'avait pas du tout aimé ça et les aurait cogné si le prof ne l'en avait pas empêchée. Peut-être que ces cours allaient l'aider à passer son blocage quand elle voulait cogner quelqu'un ? Ça serait bien leur seul utilité.
Parce que la loi de Murphy était universelle, certains des autres membres du club allaient à son école et avaient parlé à leurs amis de la séance. Du coup, maintenant, les autres élèves pensaient qu'elle ne parlait pas à cause de son bégaiement léger et qu'elle était juste timide et non pas simplement aussi sociable que Hibari Kyoya. Donc, une partie ricanait en essayant de l'imiter quand elle parlait et une autre essayait de la débarrasser de sa « timidité » en étant amicaux et en essayant de l'attirer dans leurs jeux. Et bien entendu, parmi le deuxième groupe, il y avait la princesse Kyoko.
Sa réponse, quand elle n'avait pas réussi à en cogner un, avait été de mettre sa musique dans ses oreilles et de se réfugier sur le toit de l'école pendant les pauses avec un livre. Il se trouvait que Hibari y allait aussi et n'aimait pas être dérangé mais il la laissait venir. Peut-être que c'était parce qu'ils s'étaient partagés ce toit dans le parc les dernières années quand ils étaient forcés de socialiser ? Elle ne savait pas vraiment. Mais elle était contente qu'il la laisse lire tranquillement sur le toit, loin des autres gosses.
Lorsqu'elle parla à ses parents des problèmes qu'ils lui avaient attiré en la forçant à entrer dans ce foutu club, ils lui dirent juste que ça allait passer et que le club était toujours une bonne idée pour lui permettre d'améliorer son élocution. Elle arrêta totalement de leur parler pour le restant du mois, ce qui était remarquablement facile pour elle. C'était enfantin et totalement puérile, mais elle n'aimait pas être entourée de sales gosses ! Elle avait son niveau de tolérance et être la seule adulte au milieu de gosses immatures était fatiguant en temps normal. Ce n'était pas la peine de jeter de l'huile sur le feu en la mettant sur le devant de la scène.
Elle continua donc le club, et se défoula sur les cibles au tir à l'arc. Elle était toujours gauchère, mais son incapacité à tenir son arc de la main droite l'avait faite passée en droitière. Ce n'était pas super de viser avec le mauvais œil, mais le défit l'occupait et la discipline la calmait étrangement. Tout comme imaginer que c'était les autres gosses du club à la place des cibles. Elle devait vraiment passer beaucoup trop de temps avec Mukuro pour avoir ce genre de pensée.
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Elle ouvrit les yeux dans la pièce blanche avec Mukuro en face d'elle.
_ Kufufu. Ça fait un moment Murphy-chan.
_ Ouais.
_ T'as l'air d'excellente humeur.
_ Sans déconner ? Je te jure, je passe beaucoup trop de temps avec toi si je commence à penser que c'est okay d'avoir envie de massacrer les idiots qui m'entourent à l'école.
_ Qu'est-ce que les paysans t'ont fait, Principessa ?
_ Mes parents ont trouvé que c'était une bonne idée de m'inscrire à un stupide club de théâtre pour corriger mon léger bégaiement et me forcer à interagir avec d'autres êtres humains. La première séance, le prof nous a fait lire des textes à voix hautes, j'ai bégayé comme à chaque fois que je lis un truc à voix haute et les autres se sont moqués. Depuis, à l'école, soit on se moque de mon bégaiement, soit on essaye de devenir mon ami pour me sortir de ma prétendu timidité. Je ne suis pas timide, j'ai juste pas envie de perdre mon temps avec eux ! Et ceux qui se moquent sont juste idiots et j'ai parfois envie de les cogner !
_ Tu n'as qu'à les tabasser.
_ Je t'ai déjà dis que j'arrivais pas à frapper les autres. Je bloque à chaque fois.
_ Je peux peut-être t'aider de ce côté.
Elle le regarda avec un air sceptique. Elle voyait mal comment il pouvait aider.
_ Dis toujours.
_ Ce n'est pas un bloc physique mais mentale. Mes pouvoirs sont mentaux. Je peux trouver le bloc et t'en débarrasser.
_ Tu ne vas pas entrer dans ma tête.
_ Je serais juste à la surface pour voir ce qui ne va pas. Tu auras juste à essayer de me frapper, je verrais ce qui se passe et je pourrais aider. Et comme ça, tu pourras apprendre aux paysans qu'on ne se moque pas impunément de toi.
_ J'aurais des ennuis avec les profs. Et puis, j'ai trouvé un coin tranquille où passer les pauses et où personne n'osera aller.
_ Vraiment ? Comment tu peux en être sûre ?
_ C'est le territoire de Hibari. Je ne le dérange pas parce que je lis et qu'on est aussi insociable l'un que l'autre, donc il me laisse rester sur le toit et sa présence suffit à faire fuir tout le reste des élèves.
_ C'est ton ami ?
Elle leva les yeux au ciel à ça. Sérieusement, ce n'était pas parce qu'elle n'avait pas peur de Hibari qu'elle était son amie. Et c'était elle ou il sonnait étrangement possessif dans sa question ?
_ Bien sûr que non. On ne s'est jamais adressé la parole, mis à part quand il me disais de descendre du toit du toboggan dans le parc.
_ Je vois.
Et là, il sonnait satisfait. Elle supposait que c'était normal pour lui d'être possessif de sa seule amie, mais ça pourrait être un problème plus tard s'il s'en prend à tous ceux avec qui elle voudrait éventuellement interagir. Elle sentait qu'elle allait devoir avoir une discussion sur le sujet avec lui à un moment ou un autre. Même si ce n'était pas vraiment important pour le moment, vu qu'ils ne se voyaient qu'en rêve.
_ Mais pouvoir te défendre est important, Murphy. Laisse-moi t'aider. Promis, je n'irais pas voir tes souvenirs.
Elle le fixa avec méfiance. Elle ne savait pas si le laisser ne serait-ce qu'à la frontière de son esprit était autorisé ou non. Et s'il voyait l'un de ses souvenirs de son ancienne vie par accident ? Après tout, l'origine de son problème se trouvait dans son ancienne vie.
_ Tu jures de ne pas regarder plus loin que la surface ?
_ Juré ! Si je mens, j'vais en enfer.
_ De ce que tu m'as dis, t'es déjà allé quatre fois aux Enfers.
_ Six fois. Et je te promets de ne pas regarder.
Elle soupira, soit ça fonctionnait, soit ça ratait. Elle espérait juste ne pas se retrouver avec une pénalité comme avec sa main. Et puis, au moindre signe de problème, elle pouvait toujours arrêter, pas vrai ? Elle soupira de nouveau avant de se lever et de s'avancer.
_ Okay.
Il sourit avant de se lever et de se mettre en face d'elle.
_ D'accord, je vais utiliser mes Flammes pour voir la surface de ton esprit et quand je te le dis, tu essayes de me cogner le plus fort possible.
Elle hocha la tête et leva les poings. Il la fixa dans les yeux avec son seul œil visible et elle cru sentir quelque chose effleurer sa tête, c'était une sensation vraiment étrange. Il hocha la tête et elle se reprit. Elle recula son poings droit en prévision d'une bonne Droite et frappa. Mais elle s'arrêta à mi-chemin, le bras soudainement lourd. Mukuro cligna à ça et pencha la tête sur le côté, l'air pensif.
_ Alors ?
_ Je crois savoir où est le problème, même si je ne peux pas en voir l'origine.
_ T'as dis que tu regarderais pas.
_ Les souvenirs remontent parfois à la surface quand certains stimuli sont perçus. Le souvenir qui est remonté est totalement brouillé, je ne peux pas le voir. Il est noyé sous un brouillard indigo aux reflet violets. Vraiment étrange...
_ Oh.
Est-ce que ça voulait dire que son passé était caché à tout Brouillard qui essayerait de regarder ? Si c'était le cas, elle pouvait peut-être laisser Mukuro voir des choses de l'extérieur dans son esprit comme il lui avait demandé plusieurs fois.
Le garçon fronça les sourcils en se concentrant et elle sentit quelque chose changer dans son cerveau, ou esprit. Elle ne savait pas ce que c'était, ses souvenirs n'étaient pas altérés ou quoi que ce soit mais elle pouvait sentir que quelque chose était différent.
_ Vas-y, réessaye.
Elle hocha la tête et lui décocha une Droite. Il se baissa juste à temps pour ne pas se la prendre dans la tête. Elle cligna des yeux, surprise un instant, avant de trébucher à cause du mouvement et de tomber vers lui. Il la rattrapa sans problème et l'aida à retrouver son équilibre.
_ Tu vois ! Maintenant, tu peux cogner ceux qui t'ennuient.
_ Merci...
_ De rien ! Maintenant, raconte-moi une histoire !
_ Tu en veux une particulière ?
Il réfléchit un instant avant de hocher la tête. Il lui saisit la main et l'emmena vers son coin de la pièce où il l'assit avant de s'allonger, la tête sur ses jambes croisées.
_ Je veux une de Pratchett. Elles sont amusantes.
_ Okay.
Elle réfléchit un instant avant de se mettre à raconter « Le Faucheur » qui était l'un des tomes les plus courts du Disque-Monde et donc elle aura peut-être le temps de tout raconter. Et si elle bégaya un peu ou s'emmêla dans ses mots, Mukuro ne commenta pas.
Passer un peu de temps avec Mukuro lui faisait parfois oublier le monde extérieur et les enfants qu'elle devait supporter tous les jours. Elle ne savait peut-être pas ce qu'était un ami ou une amitié classique, mais elle savait qu'elle considérait le garçon comme étant son ami. En plus, il était loin d'être idiot. Inéduqué, oui, mais pas idiot. Donc il était plus supportable que d'autres.
Certes, il avait enfuit ses émotions et sentiments au fond de son être pour éviter que les Estraneo ne s'en servent contre lui, mais il faisait des progrès. L'élever n'était pas facile, et il régressait un peu à chaque fois qu'il était envoyé en Enfer, mais elle ne lâchait pas prise. Et il faisait lui aussi des efforts pour essayer d'aller mieux.
Il se relâchait quand il était avec elle, essayant de se comporter comme l'enfant qu'il était. Et elle faisait en retour un effort pour être social parce qu'elle s'était attachée et le considérait comme Sien. Il était son ami et elle acceptait de laisser tomber ses barrières autour de lui et de parler plus qu'elle n'aimait le faire. Elle était peu bavarde et n'aimait pas s'exprimer. Même avec ses parents, elle avait tendance à leur répondre par des grognements ou onomatopées plus ou moins affirmative ou négative et ne parlait que quand c'était vraiment nécessaire. Mais avec Mukuro, elle était prête à faire un effort parce que le gosse avait besoin d'elle. Et peut-être qu'elle avait un peu besoin de lui.
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Le lendemain, lorsqu'elle alla à l'école, elle ignora les autres enfants comme d'habitude et s'assit sur un muret pour lire en attendant le début des cours. Mais, lorsque trois gamins vinrent l'interrompre, pour essayer de lui prendre son livre, en disant qu'elle était trop stupide pour lire en français (et honnêtement, d'où venait l'idée que bégayer signifiait être stupide ? Elle était dans le top cinq de la classe ! ) elle se leva, s'avança vers le garçon qui commandait les deux autres, et le frappa de toutes ses forces entre les jambes. Il poussa un cri de douleur parfaitement satisfaisant en se pliant en deux et elle retourna s'asseoir avec son livre. Peut-être qu'ils allaient la laisser tranquille maintenant.
Elle fut interrompue même pas une minute après, quand l'un des profs se précipita vers le garçon qui n'arrêtait pas de chialer.
_ Mochida-kun, qu'est-ce qui t'arrive ?
_ C'est Akane, madame, fit l'un des deux garçon en la pointant. Elle lui a donné un coup de pied.
La prof se redressa et la fixa avec désapprobation.
_ Akane-chan, pourquoi est-ce que tu as fait ça ?
_ Il me tapait sur les nerfs. Je suis peut-être patiente et pacifique, j'ai aussi mes limites. Et comme vous ne les réprimandez pas lorsqu'ils se moquent de moi ou essayent de me prendre mes livres, alors que je me suis plainte plusieurs fois, j'ai réglé le problème moi-même. Être pacifique ne veut pas dire que je me laisserais faire éternellement.
Et elle était plutôt contente d'avoir réussi à dire sa tirade sans bégayer une seule fois. Elle s'était plainte, plusieurs fois, mais les professeurs disaient que les autres voulaient juste qu'elle s'intègre un peu plus ou jouer avec elle. Ils ne semblaient pas se rendre compte que les enfants étaient des êtres cruels qui se moquent et s'en prennent à tout ce qui est différent. Il n'y avait qu'à voir Sawada pour savoir que les profs étaient incapables de différencier des jeux d'un passage à tabacs en bonne et due forme. Et puis, elle n'allait pas s'excuser pour avoir frappé Mochida. Cet idiot était un sexiste et un playboy dans le manga, elle ne l'avait jamais supporté.
Son raisonnement, parfaitement raisonnable, ne suffit pas à convaincre la prof et elle fut punie, mais au moins, le message était passé, peut-être qu'ils allaient arrêter de l'emmerder maintenant.
_ L'herbivore a des crocs.
Elle leva la tête de son repas pour regarder Hibari qui la fixait du haut de son perchoir au-dessus de la porte menant au toit.
_ Il m'irritait.
_ Je me demande si tu ferais une bonne carnivore...
Elle montra sa main droite après avoir retiré son gant.
_ Je ne peux pas me battre.
_ Tch. Excuse.
Elle haussa les épaule et remit sa mitaine avant de reprendre son repas. Elle n'allait pas non plus se battre contre Hibari ou le laisser savoir qu'elle faisait du kendo avec son père. Elle se demandait d'ailleurs comment elle se débrouillera à l'entraînement du soir. Peut-être qu'elle devrait songer à reparler à ses parents ? Non, pas encore.
Soudainement, une douleur vive lui traversa la tête et elle porta la main à sa tempe. Ce n'était pas Hibari qui l'avait frappée, vue qu'il n'avait pas bougé de son perchoir. Non, ça venait de l'intérieur. Elle grogna en se massant la tête alors que la migraine laissait place à un sentiment de joie et autre chose qu'elle ne reconnaissait pas, mais ça ne lui appartenait pas. Elle ferma les yeux un instant, essayant de chasser les vertiges qui la submergeaient, et vit brièvement une salle de laboratoire avec des corps autour d'elle en entendant le rire de Mukuro. Elle rouvrit les yeux et prit une inspiration pour effacer l'image de son esprit et essayer de ne pas rendre son déjeuner. Savoir que son meilleur ami allait tuer toute sa famille était différent de voir les corps. Elle n'aimait pas voir du sang dans la réalité, dans des films ça allait, mais la réalité était différente. Elle n'avait pas de problème avec les petites blessures et coupures, mais ce qu'elle avait aperçu était un massacre pur et simple.
Un liquide chaud au goût de cuivre lui tomba sur les lèvres et elle porta une main à son nez, qui saignait abondamment. Elle sentit alors une main sur son épaule et leva la tête pour voir Hibari.
_ Infirmerie, maintenant.
Elle hocha la tête et referma son bento et le mit dans son sac avant de se relever. Elle eut un vertige et faillit tomber, mais le garçon la rattrapa et l'emmena jusqu'à l'infirmerie où il la laissa à l'infirmière. Elle pouvait faire avec une sieste maintenant. Et avec un peu de chance, elle ne recevra pas d'autres images de Mukuro.
Mais pourquoi est-ce qu'elle avait vu ça et ressenti un instant sa joie ? Ça n'était jamais arrivé avant, même quand il avait de fortes émotions. Ils ne se voyaient que dans leurs rêves. Est-ce que c'était parce qu'elle l'avait laissé dans sa tête pour la première fois ? Elle ne savait pas, mais elle blâmait totalement Murphy.
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Ses parents l'avaient récupérée à l'école après un appel de l'infirmière et elle avait fini la journée chez elle, avec du chocolat et un livre. Sa migraine avait assez diminué après sa sieste pour qu'elle puisse fonctionner normalement. Elle avait toujours mal à la tête, mais c'était supportable et rien qu'elle ne pouvait facilement ignorer. Ils avaient eu une discussion sur son comportement avec Mochida, mais elle leur avait expliqué clairement qu'elle était arrivée à sa limite avec l'idiot et qu'il l'avait clairement cherché. Et comme ses parents connaissaient son incapacité à frapper d'autres personnes et sa réticence face à la violence, ils pouvaient la croire. Qu'elle ait été énervée au point de réussir à frapper le garçon était une preuve indéniable qu'ils devaient intervenir avec l'école. Ce qu'ils firent sans problème, son père était professeur de lycée, il avait une certaine influence. Du coup, les professeurs surveilleront mieux les autres autour d'elle. C'était une bonne chose parce qu'elle ne supportait pas les sales gosses.
Lorsqu'elle s'endormit après manger, elle ne fut pas surprise de voir Mukuro. Elle fut cependant un peu surprise de se retrouver dans une clairière avec un étang entouré de saules-pleureurs.
_ T'as refais la décoration.
_ Kufufu ! Tu aimes ?
_ C'est calme.
Il lui fit un large sourire, c'était le plus heureux qu'elle ne l'avait jamais vu. Il tourna sur lui même en montrant le paysage autour d'eux avec un rire joyeux.
_ Je suis enfin libre ! J'ai vu l'Extérieur et je compte y rester ! Le soleil, l'air, les couleurs ! Tu ne m'avais pas dis que c'était aussi magnifique.
_ Je suis contente pour toi. Et je ne t'ai pas dis parce que, pour moi, c'est des acquis auxquels je ne pense plus vraiment. J'aurais pu faire sans les images par contre.
_ Pardon ?
_ Vers midi, j'ai eu une migraine et j'ai aperçu brièvement ce que tu voyais et senti ta joie. C'était assez perturbant d'ailleurs.
_ Oh. Désolé. Ça t'arrive souvent ?
_ Non, c'était la première fois. Peut-être parce que je t'ai laissé dans ma tête.
_ Peut-être, oui.
Il sembla hésiter à ajouter quelque chose et elle leva un sourcil.
_ Tu... Tu n'es pas effrayée ou dégoûtée parce que tu m'as vu tuer ? Je sais que tu es Civile et tout, donc...
Elle soupira et secoua la tête. C'était étrange de le voir aussi hésitant avec des insécurités comme ça, mais elle pouvait comprendre qu'il craigne qu'elle l'abandonne. Elle le prit donc dans ses bras et dit calmement :
_ Tu m'as dis dès le début que tu comptais tous les tuer et je n'ai pas fuis. Pas que je puisse fuir vu qu'on n'a aucun contrôle sur cette connexion, ce qui est assez frustrant. Mais ce n'est pas le sujet. Tu es qui tu es et tu avais une bonne raison de tuer les Estraneo. Je ne vais pas te condamner pour t'être libéré et vengé, tu en avais le droit. Mais si tu t'en prends à des innocents, là, je ne te pardonnerais pas.
_ D'accord... Merci.
Elle lui sourit avant de l'attirer vers un arbre et de s'asseoir avec lui contre le tronc.
_ Donc, est-ce que tu as d'autres enfants avec toi ?
Il grimaça légèrement et elle vit un éclat de colère passer dans son regard. Il se laissa glisser vers le sol jusqu'à être allongé avec sa tête posée sur les genoux de Nami.
_ Seuls deux avaient encore la volonté de vivre. Le reste était soit mort, soit tellement abîmé au point que les tuer était une merci.
_ Tu t'en es chargé.
_ C'était le moins que je puisse faire. Je suis le plus fort, mais je ne suis pas devenu assez fort assez vite pour tous les sauver.
Elle pouvait voir que ce constat le rongeait de l'intérieur. Elle passa une main dans ses cheveux et lui saisit l'une de ses mains avec un sourire rassurant :
_ Tu as fait tout ce que tu pouvais. Tu n'es qu'une personne et personne ne te demande d'être capable de sauver tout le monde. Personne ne devrait avoir le poids de ce genre de responsabilité sur les épaules. Tu es humain, tu ne pourras pas sauver tous ceux qui en ont besoin. Le plus tôt tu comprendras ça, le mieux ce sera. Ne te blâme pas pour ne pas avoir été assez fort, assez vite, blâme ceux qui sont réellement responsable pour ces atrocités. Parce que, que tu le reconnaisses ou non, tu es une autre victime parmi tous les enfants qu'ils ont massacrés.
Il resta silencieux un long moment. Elle pouvait voir qu'il voulait protester son statu de victime, mais il reconnaissait la vérité dans ses paroles. Il ne pourra pas se débarrasser facilement de son sentiment de culpabilité, mais il allait essayer. Il murmura :
_ Ken et Chikusa sont les deux seuls à avoir survécus. Et ils me voient comme leur leader...
_ Tu les as sauvé, c'est normal qu'ils te voient comme leur chef. Ils sont aussi des enfants perdu dans un monde cruel, bien sûr qu'ils suivront celui qui les a libéré. Même s'ils ne se rendent pas compte du poids qu'ils mettent sur tes épaules. La question, est, est-ce que tu veux prendre la responsabilité de leur survie ?
_ Je sais ! Mais je ne sais pas grand chose sur l'Extérieur et comment on est sensé s'y comporter. Et je ne sais pas encore quoi faire maintenant qu'on est libre. Comment est-ce que je peux les guider quand je ne sais pas, moi-même, où je vais ?
Et elle savait que ça devait être difficile pour le garçon de reconnaître être complètement perdu, lui qui se targuait d'être le meilleur. Mais il savait aussi qu'il pouvait être honnête et vulnérable avec elle, qu'elle l'aiderait comme elle pouvait.
_ Qu'est-ce que tu veux faire ?
_ Je ne sais pas. Je sais juste que je hais la mafia et que trois enfants seuls, clairement non-Civiles, se feront remarquer rapidement par les autres familles. Bien sûr, je peux toujours toutes les détruire, raser la mafia serait une bonne chose parce que c'est de leur faute. Même les soi-disant bonnes Famiglie sont coupables, parce que ce sont elles qui ont bannis la Balle de Possession, parce qu'ils en avaient peur et qui ont donc poussé les adultes à expérimenter sur nous. Donc ils méritent d'être rasés.
_ Je ne pense pas que partir en guerre contre la mafia soit une bonne idée.
Oui, elle risquait de changer drastiquement les choses en empêchant Mukuro de finir en prison, mais elle avait décidé qu'elle se foutait royalement de la ligne de temps et de l'histoire. C'était la vrai vie, Mukuro était son ami, sa responsabilité, alors elle n'allait pas le laisser perdre sa liberté durement acquise alors qu'elle pouvait l'en dissuader. Elle ne voulait pas être impliquée avec la mafia et les trucs dangereux, mais rien ne l'empêchait d'aider son ami comme elle pouvait, même si ce n'était qu'en lui donnant des conseils.
_ Pourquoi ?
_ Parce que, tu as huit ans et il y aura forcément des gens plus forts que toi qui pourront t'arrêter et te prendre ta liberté. La destruction d'Estraneo n'aura probablement pas d'impact important sur la mafia en générale parce qu'ils étaient déjà des parias. Cependant, si tu détruis d'autres Famiglie plus importantes qui ont des territoires, tu vas créer un déséquilibre dans les pouvoirs et ça pourrait conduire à une guerre des territoires pour obtenir ceux qui seront soudainement libres. Ce genre de chose serait mauvais pour la mafia, mais aussi les Civiles qui vivent sur ces territoires et ça attirera l'attention de la police de la mafia. C'est quoi leur nom déjà ?
_ Vindices. Ils arrêtent ceux qui brisent l'Omerta. Donc, tu penses que si j'essaye de détruire la mafia, je finirais par me faire arrêter par les Vindices et enfermer dans leurs cellules.
_ Oui. Et il n'y a pas que toi dans l'équation, il y a aussi Ken et Chikusa qui te suivent. Ce n'est pas que ta liberté que tu mettras en jeu, mais la leur aussi. Maintenant, il faut que tu détermines ce qui est le plus important pour toi. Votre liberté ou votre haine.
_ Ma liberté, répondit-il sans hésiter. Je ne veux plus jamais être enfermé loin du soleil.
_ Donc, tu as ta réponse.
Il hocha la tête et un silence pensif s'installa entre eux. Puis, Mukuro dit doucement :
_ Tu sais, j'ai lu mon dossier. En fait, j'ai neuf ans et j'en aurais dix le 9 Juin.
Elle cligna les yeux, surprise, puis hocha la tête. Elle ne se souvenais pas vraiment de la chronologie de l'histoire, mais elle savait qu'il avait quinze ans quand Tsuna en avait quatorze et que l'Arc de Kokuyo se passait quelque part dans la deuxième année de collège. Donc, ça correspondait à peu près à ce dont elle se souvenais.
_ Je vois. Et les deux autres ?
_ Ken aura neuf ans en Juillet et Chikusa a eu neuf ans en décembre.
_ D'accord. Est-ce que tu veux que je te raconte une histoire ?
_ Est-ce que tu pourrais d'abord me laisser regarder tes connaissances ? Juste pour lire, compter et calculer, comme ça je pourrais les donner à Ken et Chikusa. Et peut-être aussi tes deux autres langues... Je peux même te passer mes connaissances en Italien !
Elle hésita un instant avant de hocher lentement la tête. Elle sentit de nouveau ses Flammes l'effleurer et se concentra sur ce qu'il avait demandé. Elle sentit aussi le nouveau langage, ou du moins ce qu'elle ne connaissait pas encore, s'installer dans sa tête ce qui lui donna une légère migraine, mais elle pouvait facilement l'ignorer. Lorsqu'il se retira, il lui sourit et dit :
_ Merci.
_ De rien.
_ Je veux le conte des Trois Frères.
Elle eut un sourire amusé avant de faire ce qu'il demandait. Au moins, il n'allait pas se faire immédiatement enfermer par les Vindices.
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Le samedi suivant, deux jours après l'évasion de Mukuro, elle se permit de faire la grasse-mâtiné et ne se leva pas avant onze heures. Lorsqu'elle descendit, sa mère était en train de faire à manger pendant que son père regardait les infos. Elle n'y prêta pas attention jusqu'à ce que le présentateur ne dise :
_ Un événement étrange a pris place cette nuit. En effet, des bâtiments de Tokyo se sont retrouvés avec des peintures d'ananas multicolores sur leurs façades et une vue du ciel montre un ananas bleu géant recouvrant une partie de la ville. On ne sait pas encore qui a fait cela, mais il s'agit clairement du travail d'un groupe déterminé.
Elle arrêta d'écouter le présentateur en voyant les images des peintures. Elle resta interdite un instant avant d'éclater de rire. Elle n'en revenait pas qu'il l'ait réellement fait !
Elle ne prêta pas attention à ses parents qui étaient surpris de sa réaction, même s'ils trouvaient aussi que la farce était assez amusante, si ce n'est surprenante. C'était vrai qu'elle riait rarement aussi librement, mais là, c'était juste hilarant. Mukuro allait avoir ses remerciements la prochaine fois qu'elle le verra.
Ce qui fut le soir même. Le garçon l'attendait dans la clairière avec un air purement satisfait sur le visage.
_ Alors Murphy-chan, est-ce que mon cadeau t'a plu ?
Elle lui sourit largement avant de lui donner une petite tape dans l'épaule.
_ Tu es pas croyable ! Je ne pensais pas que tu le ferais réellement. Ou même que tu t'en souviendrais.
_ Tu m'as lancé un défis, Principessa, et je l'ai relevé avec joie.
_ Comment tu as fais ?
Il hésita un instant, semblant soudainement inquiet, avant de répondre lentement :
_ Il se pourrait que j'ai manipulé mentalement tous ceux que j'ai pu croiser à Tokyo pour qu'il volent de la peinture et se chargent de tout peindre. Et si quelqu'un essayait de les arrêter, alors je les contrôlais aussi pour les ajouter à la main d'œuvre.
Elle se renfrogna un peu à ça. Contrôler les gens comme ça ne se faisait tout simplement pas. C'était mal poli et incroyablement rude.
_ Même si j'aime le résultat, je n'aime pas ta méthode. Mais pour cette fois, je passe, parce que c'est amusant.
_ Je ne contrôlerais personne sans ta permission, c'est promis. Sauf, bien sûr, s'il n'y a pas d'autres solutions.
_ Okay. Tu as décidé de ce que vous alliez faire tous les trois ?
_ Oui. J'ai même trouvé un endroit où rester.
_ Tant mieux.
Ils continuèrent de discuter et Nami finit par lui raconter ce qu'il se passait dans le tome trois de Harry Potter.
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-sSs-
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Le Lundi venu, elle était assise à sa place dans la classe en train de lire lorsque le professeur entra. Le silence se fit et elle rangea son livre.
_ Bonjour. Aujourd'hui, nous accueillons trois nouveaux élèves qui viennent d'arriver à l'orphelinat de Namimori. Faites-leur un bon accueil, d'accord ?
Elle se figea alors que tous les autres se mettaient à discuter sur les possibles nouveaux élèves. Elle ne pouvait pas avoir raison, pas vrai ?
Mais trois personnes entrèrent et celle de tête dit joyeusement :
_ Bonjour ! Je suis Rokudo Mukuro et voici mes cousins, Joshima Ken et Kakimoto Chikusa. On a tous les trois huit ans. Ravis de vous rencontrer !
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Merci d'avoir lu !
Votre avis ?
Pilou.
