Salut !

J'espère que le chapitre vous plaira.

Pilou.

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Chapitre 4 : Oiseau contre Ananas.

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Le Lundi venu, elle était assise à sa place dans la classe en train de lire lorsque le professeur entra. Le silence se fit et elle rangea son livre.

_ Bonjour. Aujourd'hui, nous accueillons trois nouveaux élèves qui viennent d'arriver à l'orphelinat de Namimori. Faites-leur un bon accueil, d'accord ?

Elle se figea alors que tous les autres se mettaient à discuter sur les possibles nouveaux élèves. Elle ne pouvait pas avoir raison, pas vrai ?

Mais trois personnes entrèrent et celle de tête dit joyeusement :

_ Bonjour ! Je suis Rokudo Mukuro et voici mes cousins, Joshima Ken et Kakimoto Chikusa. On a tous les trois huit ans. Ravis de vous rencontrer !

En y réfléchissant, elle aurait dû le voir venir. C'était assez évident, surtout considérant qu'elle était la seule amie de Mukuro et la seule personne qu'il connaissait à l'Extérieur. Donc qu'il soit venu ici ne devrait pas être aussi étonnant.

Elle blâmait quand même Murphy. Et elle dit aussi adieu à sa vie tranquille et à toute chance de ne pas être mêlée à la mafia lorsque Reborn arrivera. Il allait forcément remarquer le puissant Brouillard qu'était Mukuro et essayer de le recruter. Et ses amis seront forcément considérés eux aussi. Donc elle allait attirer son attention, qu'elle le veuille ou non. Elle n'avait plus qu'à espérer que Mukuro sera suffisant pour la protéger et que Reborn acceptera leur refus.

Mais de qui elle se moquait ? Reborn ne prenait pas « non » comme réponse. Il allait les harceler tout les quatre jusqu'à ce qu'ils craquent. Elle haïssait vraiment Murphy. Et les Entités. Et la mafia.

Et c'était sans compter sur l'animosité qu'il y avait entre Mukuro et Hibari dans le manga. Elle était quasiment certaine qu'ils allaient se mettre sur le gueule dès qu'il se rencontreront. Mukuro avait déjà montré sa possessivité envers elle et Hibari ne laissera jamais passer une occasion d'affronter quelqu'un de fort. Et Mukuro était fort. Elle espérait juste les convaincre tous les deux de ne pas faire trop de dégâts et de limiter les combats à une fois par jour.

Elle ignora le reste de la classe pendant les cours, écoutant et prenant soigneusement des notes en silence dans son coin. Elle faisait de son mieux pour ignorer son meilleur ami assis à côté d'elle et les deux autres qui avaient pris position derrière eux, comme des gardes. Elle remarqua néanmoins qu'ils avaient du mal à prendre des notes. Savoir comment écrire en théorie ne voulait pas dire qu'ils avaient la pratique nécessaire pour y arriver efficacement en pratique. Elle allait probablement devoir les aider à travailler les cours et leur écriture. Savoir quelque chose n'était pas la même chose que comprendre cette chose.

Lorsque la récréation arriva, elle sortit de son sac son livre et les deux mangas qu'elle gardait dedans, au cas où elle voudrait lire autre chose, et sortit dans la cour. Elle s'installa sous un arbre et attendit. Elle leva les yeux quand une ombre coupa le soleil et vit Mukuro avec ses deux amis. Son ami avait l'air insouciant et détendu mais elle pouvait voir l'incertitude dans son regard, elle le connaissait suffisamment bien pour reconnaître ces détails. Elle écarta les bras et Mukuro sourit avant de s'asseoir joyeusement entre ses jambes, le dos contre elle de manière qu'elle puisse poser sa tête sur son épaule. Elle reprit son livre le positionnant pour qu'ils puissent lire en même temps. Elle désigna les deux mangas aux deux autres et dit simplement :

_ Ne les abîmez pas.

Ils s'assirent après que Mukuro ait acquiescé et se mirent aussi à lire sans un mot. Ils étaient comme ça depuis un petit moment lorsque quelqu'un les approcha.

_ Akane-chan ?

Elle leva la tête et vit la princesse paillette avec son amie devant eux. Derrière elles, il y avait plusieurs élèves qui les regardaient étrangement.

_ Qu'est-ce qu'il y a ?

_ Est-ce que tu connais Rokudo-kun ?

Elle hésita un instant à répondre, parce que c'était assez clair qu'elle le connaissait. Puis, décida de pointer l'évidence à la princesse paillette.

_ Non, j'ai juste l'hab... l'habitude de laisser des gar... garçons inconnus s'asseoir sur moi et li... lire mon livre.

Le bégaiement réduisait un peu son sarcasme, mais le message était passé. Kyoko rougit brusquement et Hana leva les yeux au ciel. La brune demanda d'un ton blasé :

_ Est-ce que tu sais comment est-ce qu'on peut comprendre ta réponse, Akane-san ?

_ J'en ai parfait... parfaitement conscience, Kurokawa-san, répondit-elle joyeusement.

_ Est-ce que vous n'êtes venues que pour poser des questions aux réponses évidentes ? demanda Mukuro.

Kyoko jeta un œil à son amie avec hésitation avant de répondre timidement :

_ Je me demandais juste si Akane-chan te connaissait, parce qu'elle est toujours toute seule et refuse de venir jouer avec les autres.

_ Peut-être qu'elle choisit de ne pas jouer avec vous parce qu'elle...

_ Mu, ne parles pas pour moi s'il te plaît, fit-elle doucement, sentant qu'il allait essayer de blesser la fille. Et Sa... Sasag... Sasagawa, je ne vais pas avec les autres enfants parce que leur immat... immaturité me tape rapidement sur le système et je n'ai abl... absolument pas les mêmes intérêts que les autres filles. Kurokawa-san est la seule à avoir une chance mi... minime d'avoir mon attention mais là ent... encore, elle est plus académique que moi.

_ Dis plutôt que c'est parce que t'es stupide et tu t'es rendue compte que...

Mais Mochida n'eut pas le temps de finir sa phrase. Mukuro s'était levé pour lui décocher une droite qui l'envoya au sol avec un bruit de craquement. Le garçon eut un sourire mauvais à l'intention du kendoka, qui se tenait la joue, dont la pommette était cassée, sous le choc. Nami soupira, sérieusement, est-ce que cet idiot devait toujours l'ouvrir au pire moment possible ? Elle voulait juste passer du temps paisible avec son ami et possiblement ennuyer la princesse paillette avec trop de sarcasme.

_ Insulte encore ma princesse et tu le regretteras, paysan.

La douleur sembla rattraper Mochida parce qu'il éclata en sanglots et Nami soupira. Elle ne voulait pas gérer ça, mais Mukuro était sa responsabilité alors elle allait devoir agir.

_ Mu... je peux me défendre toute seule, tu sais ?

_ Kufufu. Je sais, Hime-chan, mais en tant que ton chevalier, c'est à moi de faire comprendre aux paysans que tu es hors limite.

Il retourna vers elle en sautillant joyeusement, ignorant totalement l'enfant qui pleurait ou les adultes qui accouraient. Il s'assit de nouveau contre elle avec un large sourire.

_ Tu es ma princesse après tout.

Elle poussa un soupir alors qu'un des professeurs les approchaient et leur demanda :

_ Que s'est-il passé ici ?

Elle pinça Mukuro pour l'empêcher de répondre et parla le plus clairement possible :

_ Mochida m'a insultée, Mu a réagi. Vous savez que lui et ses cousins sont récemment devenus orphelins et je suis la seule personne qui reste à Mu alors il est légèrement surprotecteur.

La prof regarda Mukuro qui fit son regard le plus innocent possible tout en serrant Nami contre lui. Il le faisait plutôt bien en plus... Et Ken et Chikusa rajoutèrent au tableau en se rapprochant aussitôt d'eux, comme pour les protéger. Chikusa avait toujours son visage impassible et Ken avait un air renfrogné.

_ L'idiot l'a mérité pour avoir attaqué la princesse de Mukuro-sama ! Pyon.

La prof soupira avant de dire calmement :

_ Je comprend que vous puissiez être perturbés par les événements récents, mais ce n'est pas une raison de recourir à la violence.

_ Je sais, madame, fit Nami. J'essayerais de le modérer.

La prof hocha la tête, mais avant qu'elle ne puisse continuer, probablement pour les punir, une voix se fit entendre :

_ Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

Tout le monde se tourna vers Hibari qui venait d'arriver et Nami poussa un long soupir. Ça allait tellement mal finir. Elle répondit quand même :

_ Mu a cassé la joue d'un idiot qui l'avait mérité, Hibari-sempai.

Hibari se tourna vers Mukuro qui le fixait avec intérêt, toujours en la tenant de manière possessive.

_ Herbivore, je suis le seul à pouvoir punir les idiots herbivores. Kamikorosu.

Elle soupira de nouveau avant de dire :

_ Si vous vous battez, évitez les dégâts collatéraux par pité et pas plus d'une fois par jour. Et Mu, arrête de serrer aussi fort, je commence à ne plus avoir de sensations dans le bras.

_ Désolé, Hime-chan.

Mukuro se leva avec un sourire joyeux avant de se tourner vers Hibari, son sourire devenant celui d'un prédateur devant sa proie. Les autres eurent le bon sens de s'éloigner rapidement, même les professeurs ne voulant pas se mettre le démon de Namimori à dos. Tout le monde avait peur de Hibari. Nami se souvint soudain de quelque chose et lança en français :

_ Mu ! Que physique.

_ Je sais, Hime-chan, répondit-il dans la même langue.

Puis Hibari attaqua. Il voulait voir la force du nouvel herbivore. Mukuro lui rendit son sourire féroce et attaqua à son tour en utilisant sa voie d'Asura pour obtenir le dessus, il allait montrer qu'il était plus fort que ce paysan et le seul digne de sa princesse. Nami les regarda avec un air blasé et se pinça l'arrête du nez. Elle savait que ça finirait comme ça. C'était pour cette raison qu'elle n'était pas allée sur le toit immédiatement, elle espérait ainsi retarder la rencontre entre Hibari et Mukuro. Mais visiblement, Murphy la haïssait vraiment.

Elle regarda le combat avec les deux subordonnés de Mukuro et reconnu que son ami était doué. Mais Hibari avait quand même légèrement le dessus sur lui. Elle se tourna vers les deux autres et demanda tout bas :

_ Où est son trident ?

_ Mukuro-sama l'a laissé dans son sac, répondit Chikusa.

_ Tch... Il n'en a pas besoin pour battre ce faiblard.

_ Peut-être, mais c'est quand même son arme habituelle. L'un de vous deux devrait peut-être aller lui chercher. Hibari-sempai n'est pas faible.

Ils la regardèrent avec une méfiance évidente. Elle savait qu'ils la toléraient parce que Mukuro était son ami, mais ils ne lui faisaient absolument pas confiance. Cependant, elle marquait un point. Ken se leva et partit rapidement vers la classe pour récupérer l'arme de son boss. Mukuro l'aurait bien faite venir à lui-même, mais Nami lui avait dit qu'utiliser ses illusions devant des civiles était une très mauvaise idée. Pendant que le garçon y allait, Nami sortit son portable de sa poche pour envoyer un message à sa mère, les deux idiots allaient probablement se blesser et devoir être envoyés à l'hôpital.

Hibari avait totalement le dessus sur son adversaire quand Ken ressortit de l'école et lança le trident vers Mukuro. Le garçon l'attrapa facilement et bloqua un coup en laissant échapper son rire habituel.

_ Kufufu. Merci Ken. Et si on passait aux choses sérieuses, paysan.

_ Arrête de parler et bats-toi, herbivore.

Nami se pinça encore l'arrête du nez, ils étaient aussi irrécupérable l'un que l'autre ! Et elle ne voulait pas savoir ce que la rencontre entre Mukuro et Belphegor allait donner, avec leur manie à tous les deux de traiter les autres comme des paysans.

Au final, Mukuro cassa plusieurs os à Hibari mais écopa d'un bras cassé et de plusieurs bleus. Le Démon de Namimori perdit quand même face à l'Illusionniste Démoniaque. Mukuro se tenait droit et fier avec un sourire joueur alors que Hibari était par terre avec un regard meurtrier braqué sur lui, les deux étaient ensanglantés. Ça avait été une victoire de justesse et Mukuro n'avait probablement gagné que grâce à son trident et à son pouvoir spécial, mais il en était quand même très fier.

_ Kufufu, j'ai gagné, paysan.

_ Tch, tu perdras la prochaine fois, herbivore.

Nami se leva et se dirigea vers eux avant de donner un taquet derrière la tête à Mukuro.

_ Sérieusement, il va falloir vous emmener tous les deux à l'hôpital maintenant.

_ Pour quoi faire ?

_ Ton bras, idiot. Et Hibari-sempai, Mu doit bien être le seul autre carnivore à Namimori, reconnais-le. Ta stupide fierté ne t'aidera pas à le battre.

Hibari se renfrogna mais ne répondit pas alors que deux ambulances arrivaient pour transporter les deux idiots à l'hôpital.

_ Hime-chan, qu'est-ce que c'est ? Demanda Mukuro à voix basse.

_ Des ambulances, j'ai envoyé un message à ma mère pour lui dire que vous auriez tous les deux besoins de soins.

_ Des soins ? Où ? Par qui ?

_ Oui, des soins. Ton bras est cassé et tu as pleins de bleues et peut-être d'autres blessures. Donc, tu vas venir avec moi à l'hôpital et te faire soigner par les médecins.

_ Tu me jure qu'ils me feront rien ?

_ Je te jure. Ils vont te faire passer des radios et te mettre un plâtre. Je ne sais pas s'ils opéreront pour réparer l'os, je suis loin d'être une experte, mais s'ils le font, je serais là et ma mère aussi.

_ Je ne veux pas qu'ils m'ouvrent, cria-t-il toujours à voix basse.

_ Il ne fallait pas te battre dans ce cas. Écoutes, même s'ils t'endorment, je te laisserais te glisser dans mon esprit pour regarder et intervenir s'ils font quelque chose qui ne te plaît pas, okay ?

Il hésita mais fini par hocher la tête avant de la suivre vers l'une des deux ambulances. Hibari avait déjà était installé dans l'autre qui était partie. Nami avait profité du combat pour aller récupérer son sac et celui des trois autres dans la classe afin qu'ils puissent tous suivre Mukuro à l'hôpital après le combat. Ken et Chikusa suivaient leur leader en regardant les ambulanciers avec méfiance et un peu d'anxiété. Nami était juste soulagée de voir que sa mère était dans le véhicule.

Lorsqu'ils furent tous à l'intérieur, l'un des hommes voulu mettre une IV à Mukuro, mais il s'éloigna brusquement.

_ Qu'est-ce que c'est ?

Ce fut sa mère qui répondit calmement :

_ C'est juste des anti-douleurs, pour ton bras.

_ Je n'en ai pas besoin.

_ Tu es sûr ?

_ Certain.

Elle hocha la tête avant de faire signe à l'homme avec elle de s'écarter. Elle s'assit face à Mukuro et demanda calmement :

_ Est-ce que tu permets que je t'examine pour voir quel genre de blessures est-ce que tu as ?

Mukuro jeta un regard à Nami qui hocha la tête.

_ C'est ma mère, Mu, dit-elle en italien, elle ne te fera rien de mal.

Il hésita encore avant de hocher la tête vers sa mère. Akane Tsukina sourit doucement avant de commencer à examiner le bras droit de Mukuro, qui était effectivement cassé. Elle lui fit retirer son haut et examina ses côtes et sa respiration. Apparemment, il avait aussi deux côtes fêlées mais rien de casser à ce niveau là. Il avait plusieurs bleus sur le haut du corps, mais rien de trop grave là. Sa cheville gauche était foulée, mais pas cassée et une simple attelle suffira dans ce cas. Elle immobilisa son bras et sa cheville avant de se tourner vers sa fille.

_ Nami, je suis contente de voir que tu t'es enfin faite un ami. Même si j'aurais préféré le rencontrer dans d'autres circonstances.

_ Essaye donc de te mettre entre Hibari et un bon combat. Enfin, Mu lui a mis une raclé donc...

Ils arrivèrent avant que la conversation ne puisse aller plus loin et Mukuro fut emmené faire des radios. Il refusa cependant de laisser Nami hors de son regard et Ken et Chikusa refusèrent catégoriquement de quitter ses côtés, ce qui ennuya grandement les médecins, mais comme la mère de Nami était le docteur s'occupant de son cas, ils réussirent à rester avec le garçon.

Comme Nami l'avait deviné, ils durent opérer le bras pour la fracture mais Mukuro réussi, elle ne savait comment, mais se doutait qu'il avait utilisé un peu de Flammes, à leur faire faire seulement une anesthésie locale plutôt que générale, il avait une très grande tolérance à la douleur. Ken et Chikusa ne pouvaient s'empêcher d'être agités dans l'espace d'observation et Nami ne savait pas vraiment comment les calmer. Enfin, peut-être que ça les fera réfléchir à deux fois avant de se battre stupidement. Ou au moins, ils feront attention à ne rien se casser.

Trois heures plus tard, ils étaient tous les quatre dans une chambre, le bras de Mukuro dans un plâtre et sa cheville dans une attelle. Nami s'assit sur son lit à côté de lui et il se laissa aller contre elle. Ken et Chikusa s'assirent de l'autre côté de leur chef.

_ Je n'aime pas l'hôpital.

_ Je sais. Mais c'est là qu'on se fait soigner. Si tu ne veux pas revenir, alors ne te blesses plus.

_ Tu ne veux pas plutôt me dire de ne pas me battre de nouveau ?

_ Non. Je sais que Hibari et toi, vous serez incapable de vous empêcher de vous mettre sur la gueule. Hibari voudra t'affronter parce que tu es fort. Tu voudras l'affronter parce qu'il t'amuse.

_ Hum... C'est vrai qu'il est amusant, le petit oiseau.

Elle soupira de nouveau mais laissa passer, elle savait que ça allait se passer comme ça de toute façon. Elle lui serra la main avant de dire :

_ Fais attention, okay ? Ne te fais pas blesser et ne le tues pas, c'est tout ce que je te demande.

_ Promis. Je gagnerais tous mes combats sans rien me casser.

Elle hocha la tête avant de sortir son livre de son sac. Sa mère lui avait dit qu'elle les ramènera tous les quatre chez eux quand elle aura fini sa journée alors ils l'attendaient là. L'orphelinat où restaient Mukuro et ses amis avait déjà été prévenu de ce qu'il s'était passé.

_ Qu'est-ce que tu vas faire pour le staff de l'orphelinat ?

_ C'est à dire ?

_ Ils n'ont pas une règle contre les combats ? Dès ton premier jour d'école aussi...

_ Je vais juste les manipuler légèrement s'ils posent un problème.

_ Comme tu l'as fait avec les docs ?

_ Oui.

Il savait qu'elle n'aimait pas qu'il utilise ses Flammes pour manipuler les gens. Mais elle savait que dans certains cas, c'était plus pratique de les utiliser.

_ Évites juste que ça devienne une habitude, on pourrais finir par te remarquer.

_ Je suis prudent, je veux autant que toi que la mafia ou les Vindices se pointent ici.

Elle hocha la tête et resta silencieuse, restant simplement assise contre lui. Finalement, Mukuro dit :

_ Tu ne commentes pas sur ma présence à Namimori.

_ En y repensant, c'était évident que tu viendrais ici. Je suis la seule personne que tu connais à l'Extérieur, après tout.

_ Est-ce que ça te dérange ?

_ Non. Du temps que tu n'attires pas la mafia ici, ça ne me dérange pas. Tu es mon ami, je ne vais pas te laisser tomber.

_ Donc tu vas nous aider à nous adapter à l'Extérieur.

_ Oui. Où est ton trident ?

_ Caché par une illusion.

Elle hocha la tête et ils retombèrent dans le silence. Elle reconnaissait que c'était plutôt sympa d'avoir son ami en chaire et en os plutôt que de le voir uniquement dans ses rêves. Il était peut-être un sociopathe avec des tendances violentes, mais il était aussi son meilleur ami. Une fois qu'elle accordait sa confiance et considérait quelqu'un comme son ami, elle était loyale et ne les abandonnait que s'ils la rejetaient ou la trahissaient. Mukuro avait besoin d'elle et elle ne l'abandonnera pas.

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-sSs-

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Sa mère les ramena le soir venu. Elle leur servit un goûter avant de s'asseoir avec eux à la table de la cuisine.

_ Donc, Nami, depuis quand est-ce que tu connais Mukuro-kun et ses amis ?

_ Ils sont arrivés aujourd'hui à l'école.

_ Je sais ça. Mais je sais aussi que tu n'accordes pas ta confiance facilement.

_ Internet. Mu et moi on discute depuis longtemps et il se trouve qu'ils ont atterri dans l'orphelinat le plus proche. Je ne suis amie qu'avec Mu, Ken et Chikusa le suivent.

_ Je vois. Pourquoi ne pas nous l'avoir dit ? Tu sais qu'on s'inquiète de ta solitude avec ton père.

_ Parce que vous ne considérez pas ceux que je rencontre sur internet comme de vrais amis ou des personnes dignes de confiance.

Sa mère hocha la tête, c'était vrai après tout. Elle se tourna vers les trois garçons. Les signes d'abus et de maltraitances étaient tellement visibles que s'en était presque douloureux. Mais elle doutait qu'ils fassent confiance au moindre adulte de ci-tôt. Elle ne savait pas ce qu'il leur était arrivé, mais une chose était sûr, Nami était la seule en qui le leader, Mukuro, avait confiance. Plus tard, elle allait demander à sa fille si elle pouvait convaincre les trois garçons d'accepter une prise de sang pour voir quels vaccins ils avaient reçu et s'ils avaient des carences alimentaires. Mais, en attendant, elle allait les laisser tous les quatre un peu tranquille.

_ Si vous montiez dans la chambre de Nami ?

Nami hocha la tête et entraîna son ami vers l'étage, les deux autres garçons suivant. Elle poussa un soupira de soulagement en refermant la porte de sa chambre derrière eux. Mukuro et ses amis s'assirent autour de la table basse au centre et elle les rejoignit rapidement.

_ Ta mère ne pose pas beaucoup de questions, commenta Mukuro.

_ Mu, elle est une doctoresse spécialisée en pédiatrie, les soins pour enfants. Elle peut voir dans votre comportement et votre état physique que vous venez tous les trois d'un milieu difficile. Elle sait aussi que les enfants venant de familles abusives ou violentes ont du mal à faire confiance à qui que ce soit, particulièrement les adultes. Elle ne pose pas de question parce qu'elle sait qu'elle n'aura pas de réponse de votre part et que je garderais tes secrets.

Il hocha la tête avant de demander :

_ Est-ce que tu penses qu'elle fera quelque chose ?

_ Je ne sais pas. Peut-être qu'elle essayera de me demander de vous convaincre de passer quelques tests médicaux, pour voir si vous avez besoin de traitements spéciaux.

_ C'est à dire ?

Elle réfléchit un instant. Si elle tombait sur trois enfant sortant clairement d'une situation abusive, qu'est-ce qu'elle testerait en premier ? Ou plutôt, d'après ce qu'elle savait de la situation de Mukuro et ses amis dans le manga, qu'est-ce qu'il serait sage de tester en premier ?

_ Probablement des prises de sang pour voir vos vaccinations, de possibles carences alimentaires et probablement si vous avez des allergies.

_ Vaccination ?

_ C'est... Une injection d'un produit qui protège contre certaines maladies comme... Je sais plus vraiment, ça protège juste contre des maladies et certains vaccins sont obligatoires chez les enfants. D'autres sont juste recommandés.

_ Tu en as reçu.

_ Ouais. Ma mère les fait en générale. C'est juste une piqûre.

_ Allergie ?

_ Si certains aliments ou matériaux vous rendent malade.

Il hocha la tête. Il lui faisait confiance. Peut-être même un peu trop confiance, qu'est-ce qui lui disait qu'elle ne le conduira pas dans une mauvaise situation pour lui ? Ce n'était pas sain d'avoir autant confiance en quelqu'un, ou de dépendre à ce point d'une personne. Elle soupira avant de sortir son cahier de son sac et de dire :

_ On ferait bien de se mettre au travail. Je sais que vous avez toutes mes connaissances scolaires, mais savoir quelque chose n'est pas la même chose que comprendre et vous devez travailler votre écriture.

Ils sortirent à leur tour leurs affaires, Ken grommelant un peu à l'idée de travailler. Ils tombèrent rapidement dans un rythme où les trois garçons lui posaient des questions et où elle répondait comme elle pouvait. Chikusa apprenait rapidement, même si il avait des difficultés en histoire. Ken avait un bon esprit pour les math, mais son orthographe et sa grammaire étaient horribles. Mukuro comprenait facilement et rapidement tout ce qu'elle leur apprenait et était ambidextre, il avait juste à travailler sur son écriture et le côté pratique de certaines matières. Sans surprises, ils étaient tous les trois au point concernant les sciences, particulièrement la biologie.

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-sSs-

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Sa mère finit effectivement par lui demander de convaincre Mukuro et les autres d'au moins faire un test sanguin. Elle en discuta longuement avec eux et ils finirent par accepter, à condition que le prélèvement se passe chez Nami, ce que sa mère accepta. Au final, ils durent tous les trois recevoir les vaccins standards, Mukuro passant en premier une semaine avant les deux autres, juste pour s'assurer que c'était sans danger. Ken avait une légère allergie au lait de vache et à l'argent, mais il était le seul à avoir ce genre d'intolérance. Ils avaient tous des carences alimentaires et devaient donc prendre des compléments. Encore une fois, Mukuro prit le traitement avant les deux autres pendant une semaine pour tester avant de les autoriser à faire de même.

Lorsqu'ils retournèrent à l'école, tout le monde parlait de comment Mukuro avait battu Hibari. Les élèves avaient plus peur de lui que de Kyoya, ce que Nami trouvait à la fois amusant et ennuyeux. Elle savait juste que dès que Hibari sortira de l'hôpital, il essayera de nouveau de battre Mukuro. Au moins, maintenant on la laissait tranquille et elle pouvait s'asseoir sous un arbre pour lire avec Mukuro sans qu'on ne vienne l'importuner. Elle emmenait désormais des livres pour tout le monde. Ken aimait les manga, Chikusa préférait les romans en tout genre et Mukuro lisait ce qu'elle lisait en même temps qu'elle.

Un point positif était qu'elle avait réussi à convaincre ses parents que le théâtre n'était plus nécessaire. Elle avait un ami donc n'avait plus besoin de socialiser avec des enfants qui ne l'intéressaient pas.

Étrangement, Mukuro et elle n'avaient pas partagé un seul rêve depuis leur rencontre physique. Elle devait avouer que ça lui manquait un peu, ces moments seul à seul avec Mukuro, mais ils se voyaient tous les jours à l'école et il l'accompagnait toujours chez elle pour faire ses devoirs avec ses deux subordonnés, donc ce n'était pas comme s'ils ne se voyaient pas régulièrement. Mais les rêves avaient été spéciales...

Un mois après l'arrivé du trio, elle était en train d'essayer de dormir dans sa chambre. L'été arrivait et les vacances avec lui, même s'ils avaient encore cours pour quelques semaines. Mais le lendemain était un samedi et elle espérait pouvoir faire une grasse-mâtiné, si seulement elle arrivait à dormir. Elle entendit soudainement un bruit venant de sa fenêtre et se leva pour aller voir. Il y avait un petit tapotement au volet à l'extérieur. Elle se saisit de la manivelle et remonta le volet roulant pour tomber dans des yeux vairons, un bleu et un rouge. Elle se hâta d'ouvrir la fenêtre pour laisser entrer son ami et la referma derrière lui, tout comme le volet.

Elle se tourna vers son ami et murmura :

_ Qu'est-ce que tu fais ici ?

_ Les rêves me manquent. Je veux être seul avec toi.

Elle cligna, surprise, mais sourit. Les rêves lui manquaient aussi après tout, et pendant la journée, Ken et Chikusa étaient toujours avec Mukuro. Elle prit son ami dans ses bras et murmura :

_ Ils me manquent aussi. Il faudra voir si on peut rétablir la connexion.

Il lui rendit son étreinte avec force avant de la guider vers le lit. Elle s'allongea sous les couvertures et il la rejoignit, se blottissant contre elle.

_ Nos Flammes sont toujours liées, même si les tiennes ne sont pas totalement actives.

_ Est-ce que tu peux sentir quel type de Flamme j'ai ?

_ Brouillard pour sûr. Et tu as aussi de fortes Flammes de Nuage secondaires. C'est tout ce que je peux sentir. Peut-être que si tu deviens active, les rêves reviendront.

_ J'en doute, ils étaient là quand je n'étais pas active, alors pourquoi est-ce qu'ils auraient besoin que je le soit maintenant ? De toute façon, je ne pense pas avoir la Volonté nécessaire pour les activer ou même les manifester.

_ Tu as de la volonté.

_ Pas assez. Je peux vouloir des trucs, mais je n'ai pas vraiment de vrai Volonté.

_ Il n'y a rien que tu serais déterminée à avoir, même si ça te tue ?

_ J'ai un instinct de survie, je ne ferais jamais rien qui puisse me mettre en danger, pas volontairement. Je tiens trop à la vie pour la sacrifier pour quoi que ce soit. Et je suis trop blasé pour avoir une vrai Volonté.

_ Même si tes amis sont en danger, tu n'essayeras pas de les sauver ?

_ Le seul ami que j'ai, c'est toi, et tu es plus fort que moi. Tu n'as pas besoin de moi pour te protéger. Et si tu te retrouves dans une position où tu as besoin d'être sauvé, je serais la dernière personne à pouvoir le faire.

_ Tu n'es vraiment pas mauvaise avec un sabre. Je t'ai vu te battre contre ton père, tu es douée. Tu ne devrais pas te dévaloriser comme ça.

_ Il n'empêche que tu es plus fort que moi.

Il hocha la tête contre elle.

_ Vrai. On trouvera bien quelque chose pour t'activer.

_ Je n'ai pas vraiment besoin de mes Flammes.

_ Je sais, mais je serais rassuré de savoir que tu peux te défendre avec tes Flammes si besoin est. Je ne serais pas toujours là pour te protéger, Hime-chan. Tu connais la loi de Murphy mieux que moi.

_ Si quelque chose doit mal se passer, ça se passera forcément mal.

_ Donc il vaut mieux se préparer au pire en espérant pour le meilleur.

_ Le pire étant que la mafia nous trouve.

_ Exactement.

Elle soupira avant de s'enfoncer plus dans sa couvertures en y pensant. Elle trouvait l'idée de jouer avec des illusions intéressante et amusante, mais elle ne savait pas si s'activer était une bonne idée. Et c'était sans compter sur le fait qu'elle savait qu'elle n'avait pas la Volonté nécessaire pour manifester ses Flammes.

Elle soupira de nouveau et ferma les yeux.

_ On verra ça cet été. Dors.

_ Comme tu veux, Murphy-chan.

Elle eut un sourire amusé et essaya de nouveau de dormir. Le sommeil lui vint beaucoup plus rapidement avec le petit illusionniste à ses côtés.

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Merci d'avoir lu !

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Pilou.