Salut !
Bonne lecture.
Pilou.
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Chapitre 5 : Entraînement.
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Nami grogna alors qu'elle essayait de rester endormie. Elle essaya de se tourner sur le côté pour s'enfouir encore plus sous les couvertures, mais un poids sur elle l'en empêcha. Elle ouvrit lentement les yeux et vit une tête aux cheveux bleus posée sur elle. Elle se souvint alors que Mukuro était venu au beau milieu de la nuit.
Elle bâilla en regardant l'heure et constata qu'il était presque midi. Il était vraiment temps de se lever. Elle secoua l'épaule de Mukuro et il grogna avant de se redresser lentement. Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui avant de la fixer.
_ Bonjour Mu.
_ Ciao, Nami-chan.
_ Tu peux descendre manger avec moi ou passer par la fenêtre pour sonner à la porte, comme tu veux.
_ Je vais prendre la fenêtre.
Elle hocha la tête avant de se lever et d'ouvrir le volet. Ensuite, elle s'habilla rapidement alors que Mukuro partait. Elle passa aux toilettes, puis descendit les escaliers et salua son père qui lisait dans le salon.
_ Bonjour Nami, bien dormi ?
_ Yeah. Contente d'être en week-end.
_ Est-ce que Mukuro va venir aujourd'hui ?
_ Je pense, oui. Pourquoi ?
_ Maintenant que son plâtre est parti, je pensais faire un petit test, lui contre toi.
Elle se figea et regarda son père comme s'il avait perdu la tête. Mukuro avait battu Hibari Foutu Kyoya ! Certes, il avait gagné de justesse, mais il avait gagné. Elle n'avait aucune chance.
_ Tu sais que Mu est plus fort que moi.
_ Nami, tu es douée avec ton épée. Je te forme depuis que tu as trois ans, je pense vraiment que tu peux tenir tête à Mukuro ou au jeune Hibari.
Elle allait protester quand on sonna à la porte. Elle partit ouvrir et fit entrer son ami qui se hâta de retirer ses chaussures et d'aller dans le salon.
_ Ah, Mukuro, fit son père. On parlait justement de toi. Ça te dirais de te mesurer à Nami-chan ? Elle refuse de penser qu'elle est forte.
Mukuro les regarda tour à tour et Nami secoua la tête, elle savait qu'elle perdrait si elle l'affrontait. Le garçon sourit à son père et répondit joyeusement :
_ Pourquoi pas ! Je trouve aussi que Hime-chan se sous-estime beaucoup trop.
Le traître ! Elle lui jeta un regard noir et il lui fit un sourire innocent. Elle n'y croyait rien, il était vraiment amusé. Son père frappa dans ses mains avec un sourire et dit :
_ Merveilleux, on pourra faire ça après manger. J'ai quelque bô que tu peux utiliser si tu veux.
Mukuro hocha la tête avec un sourire avant d'entraîner Nami à l'étage, les retournant dans sa chambre en attendant que le repas soit prêt. Nami se tourna aussitôt vers lui et demanda :
_ Pourquoi tu as accepté ? Tu sais que tu es plus fort.
_ Nami-chan, je t'ai vu te battre contre ton père et tu n'es pas faible. Je veux juste que tu le comprennes.
Elle lui jeta un regard noir avant de s'asseoir devant sa table basse avec une moue boudeuse.
_ Ta voie de l'Asura te rend quand même plus fort.
_ Si tu veux, je promets de ne pas l'utiliser.
Il s'était assis en face d'elle et la fixait avec intensité. Elle soupira avant de hocher la tête.
_ Très bien.
Peut-être que c'était pour le mieux qu'il n'utilise pas sa voie. Elle se demandait s'il arriverait à se battre correctement sans cette béquille. Après tout, les Estraneo l'avaient rendu fort psychiquement mais physiquement... Il était un enfant mal-nourri avec peu d'entraînement physique. Son esprit savait peut-être comment se battre, mais pas son corps. Il allait devoir se rendre compte de cette faiblesse rapidement avant qu'il ne se fasse battre par quelqu'un, comme Hibari, qui passait son temps à entraîner son corps au combat. S'il continuait à trop se reposer sur les pouvoirs de son œil, il allait finir par se faire écraser par Hibari lorsqu'ils s'affronteront encore.
Pour le moment, le Démon était en train de réaffirmer son autorité sur les délinquants depuis qu'il était sorti de l'hôpital une semaine plus tôt. Mais il allait finir pas réclamer un nouveau combat contre Mukuro et elle n'était pas certaine du vainqueur quand ça arrivera. Hibari était fort et devenait plus fort après chaque combat, il évoluait rapidement en affrontant tous les adversaires qu'il pouvait trouver. Mukuro était stagnant et se reposait uniquement sur les capacités que lui procurait son œil.
_ Nami...
Elle sortit de ses pensées et retourna son attention sur Mukuro. Il semblait hésiter à demander quelque chose. Puis, il se redressa et dit :
_ Tu sais, quand j'ai récupéré tes connaissances, j'ai remarqué que beaucoup d'elles, particulièrement le français et l'anglais, venaient de souvenirs brouillés. Et parmi ces connaissances, il y en a qui sont de niveau collège ou lycée, j'ai vérifié dans des manuels pour être sûr. Il y avait aussi beaucoup de souvenirs brouillés, sans qu'il n'y ait de discontinuité dans tes souvenirs récents.
Elle grimaça lorsqu'il se tue pour l'observer et elle porta sa main gauche à la droite par réflexe, se souvenant de ce qu'il s'était passé quand elle avait voulu écrire ce qu'elle savait. Mukuro remarqua bien sûr le mouvement et fixa sa main un instant avant de demander doucement :
_ Est-ce que les souvenirs brouillés sont ceux d'une autre vie ?
Elle serra sa main abîmée un peu plus fort à ça. Bien sûr qu'il allait comprendre ! Il n'était pas idiot et son pouvoir s'appelait littéralement « six chemins de réincarnation » il ne pouvait que croire à la réincarnation. Qu'est-ce qu'elle allait faire ? Est-ce qu'elle pouvait ne serais-ce que lui répondre ? La dernière fois, ça lui avait cassé la main.
Il sembla cependant prendre son silence pour une réponse et demanda :
_ Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je t'ai dis pour mes voyages en enfer.
Elle grimaça en entendant le ton qui montrait son sentiment de trahison et de déception.
_ Je...
Elle prit une inspiration et décida de parler prudemment, se préparant à arrêter au moindre signe de danger. Elle ne voulait pas perdre sa voix ou s'étouffer parce qu'elle s'apprêterait à dire quelque chose d'interdit.
_ Je ne sais pas si j'ai le droit d'en parler. Quand j'ai essayé d'écrire ce que je savais, ma main s'est cassée. Je ne veux pas découvrir la pénalité si j'essaye de parler...
Il sembla comprendre et hocha la tête. Il fixa sa main droite, couverte de cicatrice et avec le pouce dans un angle étrange. Il savait qu'elle ne pouvait pas saisir d'objet avec cette main parce qu'elle n'arrivait plus à bouger correctement son pouce et la force dans ses doigts étaient énormément diminuée.
_ Je comprends... Tu avais quel âge ? Il s'est passé quoi ? Comment peux-tu te souvenir ?
Elle prit une nouvelle inspiration et énonça prudemment :
_ J'avais presque vingt ans. J'ai eu un accident de voiture, je sais que je suis tombée dans le coma un moment mais après ça... Je me suis juste réveillée un jour dans un berceau, dans le corps d'un nouveau-né. Les premières années, je me demandai très souvent si ce que je vivais était juste un produit de mon imagination, un rêve provoqué par mon coma. Mais... J'ai appris des choses que je ne connaissais pas avant et je sais que je n'aurais pas pu le faire si c'était vraiment un rêve comateux. On ne peux pas rêver de ce qu'on n'a pas vu auparavant...
Elle secoua la tête pour sortir de ses pensées. Il lui arrivait encore, généralement lorsqu'elle déprimait un peu et que son ancienne vie lui manquait, de penser que c'était juste un rêve. Cependant, elle savait que ce qu'elle vivait maintenant était sa réalité et qu'elle n'en sortira que les pieds devant.
Elle pouvait voir que Mukuro réfléchissait à ses paroles et elle se demandait s'il allait deviner le reste. Elle ne savait vraiment pas si elle aurait le droit de lui en parler.
_ Ta théorie du multivers, celle que tu m'as expliquée et que tu utilises souvent pour tes fictions, elle dit que certaines personnes sont capables de capter ce qu'il se passe dans des Univers ou Mondes proches. Tu écris que c'est de là que viennent la plupart des histoires qui arrivent dans les rêves de leurs écrivains. Comme Harry Potter, LoTR ou même Black Butler. Tu écris aussi que ce que voient les voyants ou les médium vient d'univers proches de celui où ils se trouvent qui ont une ligne de temps avancée par rapport à eux.
_ C'est la théorie général que j'utilise, oui. Où veux-tu en venir ?
_ Tu l'as dis toi-même, tu ne peux pas rêver quelque chose que tu ne connais pas. Hors, au début, tu m'as dis que je pouvais être le produit de ton imagination. Ça veut dire que tu as déjà du m'imaginer, pas vrai ? Et tu as maudit Murphy dès que tu m'as vu, comme si tu me reconnaissais. Ça veut dire que tu m'as déjà vu quelque part, pas vrai ? Tu as lu quelque chose où j'étais.
Elle ne répondit pas, ce fut une réponse suffisante pour Mukuro. Il hocha la tête alors qu'elle se demandait ce qu'il allait se passer. Elle savait qu'elle ne pouvait pas parler de KHR, sa main était un rappel suffisant. Mais peut-être...
_ Quand j'ai compris dans quel pétrin j'étais, je me suis jurée de ne pas me mêler de ce que je sais qu'il va se passer. Je comptais passer inaperçu et éviter les autres comme la peste. Et puis, le premier rêve est arrivé.
_ Au moins, ça explique pourquoi tu semblais ravie de me voir. Est-ce que tu me considère vraiment comme ton ami ?
_ Si je ne te considérais pas comme Mien, je ne t'aurais pas empêcher de te retrouver chez les Vindices pour le restant de tes jours, ne pouvant sortir qu'en possédant des gens. Si je ne te considérais pas comme Mien, je n'aurais jamais partagé mes connaissances et j'aurais simplement respecté la chronologie en faisant tout ce qui était en mon pouvoir pour t'éviter. Tu es à moi, mon ami et la chronologie peut aller se faire mettre. C'est la vraie vie, pas un stupide manga. Tu es une vraie personne, pas un personnage avec lequel je n'ai aucun lien. Je n'ai pas passé toutes ces années à t'aider à grandir et à garder ton humanité pour rien. Tu es une personne, mais surtout un gamin qui avait besoin de quelqu'un et si je dois être ce quelqu'un, alors ainsi soit-il. Au moins, ça donne un sens à cette vie que j'ai reçu.
Il la fixa, comme cherchant la moindre trace de mensonge, et elle garda les yeux braqués dans son œil bleu. Il finit visiblement par trouver ce qu'il cherchait car il lui sourit joyeusement avant de se lever et de prendre sa position préféré, allongé à côté d'elle avec la tête sur ses genoux.
_ Tu es à moi, Murphy-chan. Je suis bien content de ne pas avoir suivi mon plan initial, je ne veux pas être enfermé de nouveau.
_ Je m'en doute.
_ Cependant... Est-ce que tu me vois vraiment juste comme un enfant ? Plutôt qu'un égal...
Elle hésita un instant. Elle était toujours mentalement une adulte, même si son corps influençait parfois ses actions. Et Mukuro... Elle le voyait comme un ami, mais aussi comme un enfant dont elle avait la charge.
_ Tu as trop vécu pour réellement être un enfant. Mais, même si tu n'es plus innocent, tu reste jeune et ignorant du monde. Je sais que tu n'es pas un enfant normal, et je ne te ferais pas l'insulte de te traiter comme tel, mais j'ai aussi conscience d'être plus vieille que toi, de savoir plus de chose que toi, et d'avoir une expérience et maturité que tu ne possèdes pas encore. Tu es un ami, mais aussi ma charge. Peut-être qu'on pourra être égaux un jour, mais non, on ne l'est pas aujourd'hui. Je suis désolée...
Il se renfrogna en réfléchissant à ses paroles. Il était claire qu'il n'aimait vraiment pas ça, mais il comprenait, d'un certain point de vue.
_ Je vois... Ne t'excuse pas. Au moins, tu ne me traite pas comme si j'étais stupide.
Elle hocha la tête en passant une main dans ses cheveux.
_ En parlant de notre relation... N'essaye pas de contrôler mes actions.
_ Comment ça ?
Elle le fixa dans les yeux avec sérieux :
_ Je suis ma propre personne, tout comme tu es ta propre personne. Être protecteur et un peu possessif est une chose, l'être au point d'être toxique en est une autre. Tu n'as pas ton mot à dire sur comment je vis ma vie ou avec qui j'interagis. Tout comme je n'ai pas mon mot à dire sur les même sujet. On peut partager nos opinions et essayer de convaincre l'autre, mais au final, on doit accepter que l'autre est sa propre personne et peut prendre ses propres décisions. Je refuse qu'on devienne co-dépendant au point du toxique, tu m'entends.
Il se renfrogna, semblant réfléchir sérieusement à ses paroles.
_ Je n'aime pas te partager.
_ Il faudra apprendre. Je ne suis peut-être pas la plus social des personnes, mais il m'arrivera de vouloir interagir avec d'autres personnes, voir de vouloir me faire des amis. Et tu me laisseras faire.
Il n'aimait vraiment pas ce qu'elle disait, ou son ton autoritaire, mais il avait conscience que ce n'était pas un point sur lequel elle allait changer d'avis. Il grommela :
_ C'est au sujet du piaf, pas vrai ?
_ Pas que. Mais, oui, Hibari en fait parti. On n'est peut-être pas amis, mais on a une relation neutre que j'aimerais poursuivre. Je sais que tu aimes te battre contre lui, mais ne t'avises pas d'agir comme un idiot jaloux et possessif en essayant de l'éloigner de moi.
Il croisa les bras en faisant une moue boudeuse, le regard résolument pointé ailleurs que son visage. Elle resta silencieuse, attendant patiemment qu'il arrête de faire l'enfant et accepte sa volonté. Au bout de plusieurs minutes, il hocha la tête avec réticence.
_ D'accord... je n'interviendrais pas dans tes relations personnelles...
_ Merci.
Cela fait, elle jeta un œil à la porte de sa chambre, espérant que son père n'avait rien entendu, même si les bruits de cuisine en-dessous d'eux signifiaient qu'il était occupé à autre chose. Mukuro remarqua clairement son inquiétude car il la rassura aussitôt :
_ Ne t'inquiète pas, j'ai mis une barrière de Brouillard pour détourner l'attention de la porte quand je suis entré.
Elle poussa un soupir de soulagement en hochant la tête.
_ Merci.
_ Est-ce que j'étais le personnage principal ?
_ Non.
_ Tu peux me dire qui ?
_ C'est S...
Elle s'arrêta brusquement en sentant sa gorge se serrer brutalement. Elle prit plusieurs inspirations, essayant de ne pas s'étouffer. Mukuro la regarda avec inquiétude alors qu'elle se calmait finalement.
_ Je...
Elle toussa un peu et prit la bouteille d'eau qui était à côté de son lit pour se dessécher la gorge avant de reprendre :
_ Je ne peux pas le dire.
_ La mafia va venir ici.
Elle ne répondit pas, elle n'en avait pas besoin. Mukuro soupira en fermant les yeux.
_ Tu ne veux pas être mêlée à la mafia. Je ne veux pas y retourner, je préférerais la détruire avant d'y remettre les pieds volontairement. Mais il va falloir qu'on deviennent plus fort tous les quatre si on veut avoir une chance de leur échapper. Ils remarqueront forcément que je suis un Brouillard puissant et ils essayeront de me soumettre, ils n'hésiteront pas à utiliser les Miens pour m'atteindre.
_ J'ai quelque idées, en me basant sur le manga et les fanfic.
_ Il y a des fanfiction dessus ?
Elle eut un sourire amusé et répondit sagement :
_ Il y a des fanfictions sur absolument tout. Si tu peux y penser, tu le trouveras sur internet.
Il fit une grimace et commenta :
_ Je trouve ça perturbant qu'on ait pu écrire sur moi comme ça.
Puis il la fixa soudainement avec un œil critique.
_ Est-ce que tu as écrit des histoires sur moi ?
Elle rougit brusquement en se souvenant de la seule fiction qu'elle avait faites sur KHR. Mukuro écarquilla les yeux et dit :
_ Tu l'as fait !
_ Ce n'était pas vraiment sur toi. C'était un cross-over avec Harry Potter et Tom Riddle s'est retrouvé dans le manga et le point de vue était basé sur lui plus qu'autre chose donc... De toute façon, je ne suis jamais arrivée au moment de l'apparition de Mukuro dans l'histoire.
Il leva un sourcil à ça et demanda curieusement :
_ Est-ce qu'au moins, j'étais fort dans le manga ?
_ Il avait les entrées en scène les plus cools lors des combats.
Il hocha la tête à ça avec un sourire satisfait. Puis, il se rendit compte de ce qu'elle avait dit et se renfrogna.
_ T'as pas répondu.
_ Il n'était pas LE plus fort, mais il était définitivement dans les plus forts. Le personnage était juste un peu trop arrogant à mon goût, il avait trop confiance en ses capacités et ça lui a coûté plus d'une fois.
Il se renfrogna encore une fois mais elle pouvait voir qu'il était content qu'elle fasse la différence entre le personnage et lui.
_ Tu ne peux pas être plus précise ?
_ Je ne pense pas, non.
Avant qu'il ne puisse dire autre chose, le père de Nami appela :
_ Les enfants ! À table !
Ils se levèrent et descendirent pour manger. Ils discutèrent principalement de l'école autour du repas. Lorsqu'ils eurent fini, Nami monta dans sa chambre pour se changer, enfilant sa tenu d'entraînement avant de redescendre et de sortir dans le jardin, le traversant rapidement jusqu'au petit dojo au fond. Son père était déjà en train de montrer à Mukuro les exercices d'échauffement qu'il lui avait enseigné dès ses trois ans. Elle se mit à les faire à son tour, s'étirant et courant deux fois autour du dojo pour se mettre dans le rythme.
Lorsqu'ils se furent échauffés, Nami prit un boken et Mukuro un bô et Yukine se mit entre eux en tant qu'arbitre.
_ Je rappelle, aucune blessure grave, le premier à se rendre à perdu.
Son père ne comptait jamais les points. Dans la famille, ils étaient épéistes de génération en génération et apprenaient à se battre pour un champ de bataille, pas pour des compétitions. Le vainqueur était toujours le dernier debout. C'était dur, mais efficace. Elle se mit en garde, compensant sa main faible avec une prise d'une main sur son épée et observa Mukuro faire de même. Sa position était faible au niveau de ses pieds et il favorisait son côté droit avec son bô. Il était plus habitué à manier son trident qu'un bô classique donc elle devait surtout faire gaffe à des attaques de percée.
C'est alors qu'elle observait Mukuro en attendant le début du combat qu'elle se rendit compte qu'elle n'aurait jamais remarqué ce genre de détails dans sa vie précédente. Son père lui avait fait travailler ses capacités d'observation sans relâche et l'avait faite regarder très souvent des vidéos de combats en lui disant de prévoir le gagnant ou les actions des deux combattants en se basant uniquement sur leur langage corporel. C'était la première fois qu'elle se rendait vraiment compte des résultats de cet entraînement.
_ Commencez.
Son père s'écarta et elle fonça, choisissant d'ouvrir avec une frappe verticale vers le haut, essayant de le déséquilibrer. Mukuro para, mais comme elle l'avait vu, il était mal ancré sur ses pieds et il fit un pas en arrière pour récupérer son équilibre. Elle n'eut cependant pas le temps de profiter de la faille car il attaqua avec son bô vers sa tête. Elle esquiva de côté et le déséquilibra encore en donnant un coup horizontale vers son ventre découvert par son mouvement.
Mukuro savait se battre mentalement, se rappela-t-elle, mais son corps n'avait pas les réflexes et les muscles nécessaires pour appliquer correctement les mouvements. S'il n'utilisait pas sa voie d'Asura, elle pouvait gagner.
Ils échangèrent des coups rapides pendant un moment, Nami faisant de son mieux pour profiter des nombreuses ouvertures dans les défenses de Mukuro et Mukuro essayant de battre son amie sans utiliser sa voie. Il l'avait sous-estimé et il ne savait honnêtement pas s'il pouvait gagner comme ça. Nami lui sourit innocemment, elle savait que plus Mukuro avait l'air amusé, plus il était frustré et désespéré. Elle se demandait vraiment s'il allait utiliser sa voie. Elle dégagea brutalement le bô et frappa son ventre de la pointe de son boken. Mukuro recula face au coup et trébucha, se déséquilibrant assez pour qu'elle puisse frapper sans obstacle, ce qu'elle fit, lui donnant un coup du plat de son arme dans le coude pour lui faire lâcher le bô. Mukuro avait une bonne tolérance à la douleur, mais même lui avait des réaction instinctives, comme lâcher un objet quand on se faisait mal au coude ou au bras. Un troisième coup dans ses côtes, accompagné d'un coup de pied dans l'un de ses genoux, suffit à l'envoyer à terre. Elle donna un rapide coup de pied dans le bô pour l'éloigner et plaça l'autre pied sur la poitrine de Mukuro, la pointe de son boken sur son cou.
Mukuro grogna en montrant les dents, mais se laissa quand même aller sur le sol.
_ Okay, j'ai perdu.
Elle lui fit un large sourire avant de lui tendre la main pour l'aider à se relever.
_ Ton équilibre est horrible, il faut vraiment que tu revois la position de tes pieds quand tu te bats, commenta-t-elle.
Son père eut un reniflement amusé à ça.
_ Il n'y a pas que son jeu de jambe qui est mauvais. À ce niveau, c'est étonnant que tu ai battu Hibari. Tu as de bons instincts et tes réactions ne sont pas mauvaises, mais tu n'as clairement aucun entraînement formel.
Mukuro serra les dents mais ne dis rien face à la critique. Il s'était rendu compte tout seul qu'il ne faisait pas le poids sans son œil. Le père de Nami poursuivit pensivement :
_ Tu devrais faire du karaté. Ils enseignent le maniement du bô lorsque tu as un niveau suffisant.
_ Je me bats généralement avec un trident, pas un bô.
_ Donc plus du Sojutsu ou du Naginatajutsu... Hum... Il y a un dojo qui enseigne le maniement d'une naginata à Namimori auquel tu peux t'inscrire. Je te conseil tout de même de lier ça à du karaté, ça ne peut que t'aider.
Mukuro hocha la tête et répondit :
_ Je vais y réfléchir. Merci du conseil.
_De rien, petit. Maintenant, allez faire vos étirements avant de vous laver.
Ils hochèrent la tête et Mukuro suivit l'exemple de Nami, imitant ses exercices de récupération.
Lorsqu'ils furent tous les deux propres, ils montèrent un goûter dans la chambre de Nami et s'assirent autour de la table. Mukuro mit une nouvelle barrière de Brouillard et se renfrogna aussitôt en repensant à leur combat.
_ Tu sais te battre mentalement, mais ton corps n'est pas entraîné. C'est pour ça que tu as perdu.
_ Je sais. C'est ce que tu voulais dire quand tu disais que l'autre se reposait trop sur ses capacités. Sans l'œil je ne suis pas très fort.
_ Exactement. Mais si tu t'entraînes physiquement et que tu apprends à te battre sans ton œil, alors ta voie d'Asura deviendra l'exception et non pas la règle. Et ça te rendra plus fort lorsque tu l'utiliseras.
Il hocha la tête pensivement. Il ne savait pas si les clubs pouvaient l'aider mais ça ne lui coûtait rien d'essayer. Il voulait être assez fort pour protéger les Siens et échapper à la mafia.
_ D'après toi, quelle serait la meilleure discipline pour Ken et Chikusa ?
Elle y réfléchit un moment, essayant de se souvenir du manga. Elle ne se souvenait plus vraiment des détails, juste de l'histoire en générale et des personnages, mais de ce qu'elle se souvenais...
_ Ken est plutôt polyvalent avec ses dents, mais en générale, je dirais la boxe ou le kick-boxing. Pour ce qui est de Chikusa, son arme principale est son yoyo mais ça fonctionne difficilement dans un combat au corps à corps donc je le verrais bien faire de l'aïkido.
Mukuro hocha la tête en notant ça dans un coin de son esprit. Il allait voir avec les deux autres et se renseigner sur les clubs disponibles à Namimori.
_ Est-ce que tu peux te défendre sans ton sabre ?
_ Non. Je voulais faire de l'aïkido, mais avec ma main droite c'est trop compliqué. Je suppose que je peux chercher autre chose, mais il faut que j'évite les chocs violents dans ma main.
Il hocha la tête pensivement et se fit une note mentale de chercher quelque chose qui pourrait convenir à sa princesse. Peut-être qu'il pouvait créer une poche pouvant contenir un sabre en utilisant ses Flammes, comme le sac de Hermione dans Harry Potter. Il devait juste convaincre la poche qu'elle était plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur et à ancrer la suggestion. Il allait définitivement y réfléchir plus en profondeur.
_ Mu, si tu pouvais éviter de dire à qui que ce soit que je me souviens de ma dernière vie et au sujet du manga...
_ Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien à personne.
Elle poussa un soupir de soulagement et le remercia avec un sourire. Après ça, la conversation s'arrêta et elle sortit un livre, s'installant dans son lit. Mukuro la rejoignit rapidement et ils se mirent à lire en silence.
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-sSs-
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Au final, ce fut sa défaite face à Hibari le lundi suivant qui convainquit Mukuro de s'inscrire aux deux clubs que lui avait conseillés le père de Nami. Il ne s'était rien cassé parce qu'il avait fait attention, mais ses bleus allaient mettre des semaines à disparaître et il ne supportait vraiment pas l'air satisfait et supérieur qu'abhorrait le maudit piaf. Et bien sûr, s'il entrait dans un club, ses deux subordonnés allaient faire de même. Ken choisit le kick-boxing et Chikusa s'orienta plutôt vers le kenpô. Nami, elle, ne s'inscrivit à aucun club, préférant se consacrer au kendo et au tir à l'arc. Son père lui avait dit qu'elle était presque prête pour apprendre l'école familiale et elle était vraiment excitée à l'idée d'enfin connaître les techniques qui se passaient de génération en génération dans sa famille. Son père avait toujours refusé de lui en donner le nom, disant qu'elle le découvrira bien assez tôt.
Ce ne fut cependant qu'un an plus tard qu'il l'assit dans le dojo en face de lui pour lui montrer l'art familiale.
_ Ce que je vais te montrer est le meilleur style de combat au sabre qui existe. De maître en apprenti, chaque figure n'est montrée qu'une seule fois. Si l'élève est digne du style, il n'a besoin de rien d'autre pour les comprendre et les réutiliser.
Elle sentait qu'elle savait où ça allait venir. Pourquoi est-ce qu'il fallait que le style de sa famille soit le même style que Yamamoto Takeshi ? Elle haïssait Murphy. Mais elle allait quand même apprendre le style, parce que c'était celui de ses ancêtres.
_ C'est pour cela que cette école est considérée comme invincible. Je l'ai apprise de ton grand-père en même temps que Yamamoto Tsuyoshi, le chef du restaurant de Sushi et un autre qui est mort il n'y a pas longtemps.
Elle hocha la tête, comprenant pourquoi ses parents aimaient aller manger du sushi. Elle-même n'aimait pas le poisson, donc ils lui faisaient toujours à manger avant d'y aller, ce qui faisait qu'elle n'avait jamais eu à interagir avec Yamamoto Takeshi en dehors de l'école.
_ Il s'agit du Shigure Soen Ryu. Je vais te montrer les huit katas, le huitième étant la clef du style.
Elle hocha de nouveau la tête et son père se leva. Elle se concentra pour ne pas manquer une goutte de la démonstration, elle n'aura pas d'autres chances. Même si elle était sûre de pouvoir demander à Mukuro d'ancrer le souvenir dans son esprit pour qu'elle ne l'oublie pas, elle ne voulait pas tricher, pas là-dedans. Elle allait retenir les huit katas et créer sa propre forme quand elle en aura l'occasion. Elle voulait faire honneur au style de sa famille. Elle allait aussi devoir trouver un moyen pour utiliser ses Flammes de Brouillard pour améliorer les mouvements, si elle les débloquait un jour.
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-sSs-
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Elle était assise dans sa chambre avec Mukuro, lisant tranquillement dans son lit quand une pensée lui vint.
_ Dis, Mu, tu peux invoquer des animaux avec ta troisième voie, pas vrai ?
_ Oui. Pourquoi ?
_ D'où viennent les animaux ? Et est-ce que tu peux dresser un animal et l'invoquer à volonté ? Et est-ce que tu peux invoquer n'importe quel type d'animal ? Qu'en est-il d'animaux fantastiques, comme les dragons ou licornes ?
Il la fixa un instant avant de se mettre à y réfléchir sérieusement.
_ Tu sais quoi ? Je n'en ai pas la moindre idée.
_ Il faut qu'on fasse des tests.
Il hocha la tête. Il pouvait voir l'avantage de dresser un animal pour divers besoins ou d'avoir des créatures mythiques. Il ne s'était personnellement jamais demandé d'où venaient les animaux qu'il pouvait invoquer. Il savait juste qu'il pouvait le faire et qu'il pouvait aussi réanimer les cadavres d'animaux s'ils étaient assez frais.
Ils sortirent rapidement, Nami emportant de quoi prendre des notes, et se rendirent dans un parc un peu isolé et peu fréquenté. Mukuro plaça une barrière de Brouillard autour d'eux pour qu'on ne les dérange pas et Nami s'assit sur un banc, sortant son carnet.
_ Okay, premier test, invoque quelque chose et essaye de le renvoyer d'où il vient. Ce serait bien notre veine de réussir à invoquer un dragon mais de ne pas pouvoir le renvoyer.
_ Vrai.
Il invoqua un lapin noir et réussi à le renvoyer sans problème. Elle hocha la tête et fit une note dans son carnet.
Mukuro invoqua ensuite un jeune chiot et lui accrocha un collier au cou avant de le renvoyer et d'essayer de l'invoquer de nouveau. Il lui fallu quelque essais avant de réussir à obtenir le même chiot que la première fois. Il recommença plusieurs fois après coup jusqu'à être capable d'invoquer ce chiot en particulier à chaque fois. Il décida aussi qu'il était mignon et qu'un berger allemand faisait un bon chien de garde, alors il le garda. Il allait le dresser avec soin pour qu'il puisse protéger sa princesse. Il pouvait bien sûr le forcer à obéir, mais il avait appris sa leçon avec sa voie d'Asura. Trop se reposer sur son œil était stupide. De toute façon, il éprouvait plus de satisfaction à battre le stupide piaf sans utiliser son œil, ce qu'il arrivait à faire maintenant la plupart du temps lors de leurs rendez-vous à la fin des cours.
Il recommença l'expérience avec un jeune singe, un chaton et une jeune chauve-souris. Elle ne savait pas pourquoi il avait invoqué la chauve-souris, juste qu'il la trouvait adorable et cool. Elle le voyait plus avec un corbeau, mais bon, c'était lui qui décidait.
L'expérience suivante fut d'essayer d'invoquer un runespoor, le serpent à trois tête de Harry Potter. Ils ne voulaient pas se faire cramer par un dragon et une licorne risquait de s'énerver en étant invoquée et d'essayer de les empaler. Cependant, il n'arriva qu'à faire venir des serpents classiques. Ils essayèrent ensuite d'invoquer un kitsune, mais là aussi, seuls des renards normaux répondirent à l'invocation. Et lorsqu'il tenta le dragon, il tomba sur un dragon de commodo.
Le reste de l'après-midi après ça fut passé à invoquer divers animaux et à voir le niveau de contrôle que Mukuro avait sur eux avec son œil. Lorsque le garçon fut fatigué, il rentrèrent chez Nami et Mukuro fit une sieste qu'il considérait comme bien méritée, Nutt, sa chauve-souris, endormie dans ses cheveux et Saito, son chien, couché au pied du lit. Nami leva les yeux au ciel en voyant ça avant de s'asseoir à son bureau pour revoir ses notes et essayer de déterminer s'il y avait d'autres test possibles. Peut-être qu'ils pouvaient mettre une caméra autour du cou d'un animal invoqué, la dissimuler avec des flammes et le renvoyer d'où il venait avant de l'invoquer de nouveau plus tard pour voir ce qu'il avait filmé...
Lorsqu'ils firent ça avec un pigeon, ils eurent une magnifique vue des toits de Paris. Ils purent déduire de plusieurs expériences avec divers animaux que Mukuro pouvait invoquer n'importe quelle espèce de n'importe où dans le monde. Ils découvrirent aussi qu'il pouvait envoyer les animaux dans des lieux précis quand il le voulait.
Il se pourrait qu'il ait envoyé un éléphant au milieu de Londres avec Nutt qui filmait les réactions dans les airs. Ce n'était pas comme si on pouvait tracer ce pouvoir facilement. Et la vidéo avait été hilarante. De toute façon, les anglais pensaient qu'il s'était enfui d'un zoo, bien qu'aucun zoo n'ait reporté de disparition.
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Le reste des années passa relativement calmement. Mukuro, Ken et Chikusa s'habituèrent bien à la vie civil, tout en s'entraînant régulièrement avec leurs armes de prédilections dans un parc abandonné et en allant à leurs divers clubs. Ken s'était inscrit au football en plus du kick-boxing et Chikusa avait commencé à jouer de la guitare acoustique. Mukuro s'était aussi pris d'intérêt pour la guitare électrique et en jouait souvent chez elle. Nami n'avait rien ajouté à sa liste d'activité extra-scolaire, même si Mukuro insistait pour qu'elle médite pour essayer de déverrouiller ses Flammes. Elle savait qu'elles étaient là, mais elle n'avait juste pas la Volonté nécessaire pour les réveiller. Alors, elle se contentait de travailler sur sa technique à l'épée, le Shigure Soen Ryu que lui avait enseigné son père. Elle était fière d'avoir réussi à se rappeler et à reproduire les huit formes sans l'aide de Mukuro. Ça ne l'avait pas empêché de demander à son ami de bien ancrer le souvenir dans son esprit après qu'elle ait réussi à exécuter tous les katas. On n'était jamais trop prudent et elle voulait être sûre de ne jamais oublier.
Saito était devenu un excellent chien de garde et ses parents avaient accepté qu'elle le garde chez eux pour Mukuro, du temps qu'il restait dans le jardin. Il les accompagnait à l'école et restait tranquillement à l'entrée jusqu'à la fin des cours. Il se pourrait que Hibari l'ait recruté une ou deux fois pour traquer des briseurs de règles. Mukuro et lui avaient une relation étrange de rival, ils se battaient quasiment tous les jours de la semaine après les cours, mais s'entendaient aussi comme larrons en foire quand il s'agissait de s'occuper de Nutt ou Saito. Nami avait d'ailleurs conseillé à Mukuro d'invoqué un petit oiseau jaune, comme ceux du manga, pour le donner à Hibari. Il avait essayé de massacrer Mukuro mais on le voyait depuis lors en permanence avec l'animal qu'il avait nommé Hibird, à la plus grande hilarité de Nami. La relation des deux garçons étaient étrange, mais elle fonctionnait pour eux et ils savaient tous les deux que seul l'autre pouvait présenter un vrai défis à Namimori et leur permettre de devenir plus fort en se battant l'un contre l'autre.
Nami était juste contente que Mukuro n'essaye plus de l'empêcher de passer du temps avec le préfet quand il était occupé ailleurs. Ils ne se parlaient peut-être pas souvent, mais tenaient tout de même à leur relation tacite.
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Peu avant les vacances d'hiver avant leur première année de collège, et l'arriver imminente de Reborn, Mukuro souleva un problème qui amusa beaucoup Nami.
Ils étaient tous les quatre assis à la table de la cuisine en train de manger un goûter avant d'aller faire leurs devoirs à l'étage, quand Nami remarqua que Mukuro semblait perturbé. Elle avait remarqué qu'il était distrait récemment et il venait moins souvent dormir avec elle la nuit, ce qui était, en soit, étrange vu qu'il venait quasiment toutes les nuits. Ses parents avaient d'ailleurs remarqué cette habitude mais n'avaient rien fait d'autre que de donner LA discussion à Nami en lui disant de ne pas faire de bêtise. Et bien entendu, ils avaient aussi dis à Mukuro qu'il pouvait manger avec eux le matin et le soir mais de prévenir à l'avance s'il restait. Elle adorait vraiment ses parents et leur attitude plus détendue que la norme. Mais, en même temps, ils étaient encore trop jeunes pour penser à autre chose que dormir.
Elle se pencha vers son ami en lui mettant une pichenette dans le bras et demanda à voix basse :
_ Qu'est-ce que t'as ? T'es bizarre depuis un moment.
Il se tourna vers elle et fronça les sourcils avant de marmonner :
_ Rien... C'est juste des pensées bizarres.
_ Quelles pensées ?
Il jeta un regard à Ken et Chikusa avant de se pencher et de murmurer dans son oreille :
_ J'ai parfois envie de mettre mes lèvres sur les tiennes et je sais pas pourquoi, c'est perturbant.
Elle le fixa un instant, se demandant s'il était sérieux, mais son air mal à l'aise était réel. Elle prit une inspiration pour s'empêcher de rire face à son ignorance absolument adorable et lui tapota l'épaule.
_ Je pense que vous avez tous les trois besoin d'une petite discussion avec ma mère.
_ Il y a un problème ?
Elle pouvait voir qu'il était inquiet à l'idée de devoir aller à l'hôpital. Leur phobie collective face aux établissements de soin n'avait pas disparu en quatre ans. Ils acceptaient de se faire examiner et soigner par la mère de Nami mais refusaient catégoriquement de mettre les pieds à l'hôpital s'ils avaient le choix.
_ Non, rien de grave. Juste une explication qui devrait répondre à pas mal de vos questions. Je vais juste la chercher, okay ?
Il hocha lentement la tête, l'air incertain et elle se leva. Elle se rendit dans le bureau de sa mère où elle travaillait quand elle n'était pas de garde et toqua au battant de la porte pour attirer l'attention de la femme.
_ Nami. Est-ce qu'il y a un problème ?
_ Mu et les autres auraient besoin d'une leçon sur les merveilles de l'adolescence et du développement hormonal.
_ Oh. On ne leur a rien dit à l'orphelinat ?
_ Apparemment non.
Sa mère hocha la tête et se leva pour se rendre dans la cuisine.
_ Si tu allais lire dans ta chambre pendant que je leur parle, je doute qu'ils soient confortable avec ta présence.
_ Okay.
Elle monta les escaliers et laissa les garçons à la merci de sa mère sans la moindre hésitation.
Deux heures plus tard, Mukuro entra dans sa chambre avec un air encore plus perturbé qu'avant. Lorsqu'il la vit, il devint soudainement rouge pivoine et évita soigneusement son regard. Il se laissa tomber par terre devant la table basse et grommela :
_ Tu aurais pu me prévenir.
_ Désolée, je pensais qu'on t'aurais expliqué à l'orphelinat ou que tu aurais déjà lu ça quelque part.
Il lui jeta un regard noir mais rougit aussitôt et baissa le regard sur la table en triturant un des crayons qui étaient posés dessus.
_ Est-ce que tu comptes sortir avec quelqu'un ?
_ Pas avant mes seize ans, non. Je n'ai aucun intérêt pour un adolescent conduit par ses hormones. Pourquoi ?
Il haussa les épaules et marmonna quelque chose qu'elle ne comprit pas.
_ Pardon ?
Il releva la tête et la fixa, ignorant ses joues rouges.
_ J'ai dis que je ne voulais pas que tu me laisses tomber si tu sors avec un autre garçon.
Elle leva les yeux au ciel et fit le tour de la table pour s'asseoir à côté de lui et le serrer contre elle. Il lui rendit aussitôt l'étreinte, bien que toujours rouge.
_ Idiot, je ne t'abandonnerais pas tant que tu voudras de moi à tes côtés. Et puis, ce n'est pas comme si je connaissais des masses de garçons, c'est juste que je n'ai pas envie de m'engager dans une relation avant mes seize ans.
Il hocha la tête et se laissa aller contre elle. Il referma ses bras autour d'elle de manière possessive et déclara :
_ Tu es à moi. Et dans quatre ans, tu seras toujours à moi et à personne d'autre.
_ Non. On en a déjà parlé, tu te souviens ? Je suis ma propre personne et rien ne m'oblige à avoir avec toi une autre relation que celle que l'on a déjà. Je sortirais avec qui je veux et tu n'as pas ton mot à dire là-dedans.
_ Mais...
_ Pas de mais.
Il lui jeta un regard noir mais resta serré contre elle, reposant sa tête sur son épaule. Elle était plus amusé qu'autre chose par son comportement et elle le trouvait absolument adorable quand il rougissait. Surtout avec Nutt qui pointait le museau hors de sa coiffure en forme d'ananas.
_ Donc tu ne penses pas pouvoir me voir comme ça dans quelques années ?
_ Je n'en sais rien. Je t'ai pratiquement élevé, Mu... Je te vois déjà dans un sens familiale, donc je ne pense pas pouvoir te voir comme un potentiel petit ami. Un frère dont je suis très proche, définitivement, mais probablement pas comme amant.
Il hocha la tête avec une moue boudeuse, qui se transforma rapidement en une expression pensive.
_ Je suppose que je peux accepter ça.
Elle hocha la tête, satisfaite. De toute façon, avant qu'il ne puisse songer sérieusement à avoir une relation avec qui que ce soit, ils allaient devoir survivre le débarquement de mafieux qui allaient envahir Namimori. Ce n'était vraiment pas gagné.
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Voilà !
Avis ?
Pilou
